Bonjour :)

Je suis ravie de vos retours sur le chapitre précédent ! Comme évoqué la semaine passée, vous plongez directement dans la suite avec celui du jour ! J'ai hâte d'avoir vos avis !

Gigibulle : bon lol je suis de retour un mercredi, fini les jours d'avance ^^mais ravie que le timing ait été aussi bon. Ah l'émotion était là c'est l'essentiel - elle sera aussi présente dans celui qui vient. Mais si lol pour Blondie ! Désolée si ce n'était pas évident ^^Mdr oui pour la rambarde, il était déjà de retour. Trop mignon la fin de ton commentaire :)

Caly : bienvenue et merci d'avoir commenté ! Touchée de lire que tu trouves ça bien écrit ;) On va y revenir à la dispute dans ce chapitre et je suis d'accord avec toi pour Ben... c'était pas sympa ! La relation avec Maz est un axe essentiel de l'histoire pour moi. Très bonne idée pour l'enfance de Rey, je me le note ;) J'espère que la suite te plaira !

Chapitre 13

Rey se colla au corps chaud qu'elle sentait contre le sien. Elle gémit d'aise et esquissa un petit sourire. Elle émergeait petit à petit et appréciait la douceur de ce réveil. Ben sentait bon et il était agréable de pouvoir le percevoir dès le matin. Elle s'étira.

« Tu as bien dormi ? murmura-t-il la voix encore lointaine.

-Oui. »

Il laissa un vague « hum hum » satisfait franchir ses lèvres mais n'eut pas encore le courage d'ouvrir les yeux pour la regarder. Il semblait apprécier flotter entre éveil et sommeil. Pour autant, elle constata vite que ses mains retrouvèrent le chemin de son corps. Elle le sentit glisser de son ventre à ses seins avec naturel et il se mit à les malaxer. Ses lèvres se déposèrent ensuite délicatement dans sa nuque.

« Je suppose que toi aussi, plaisanta Rey, car tu as l'air bien en forme. »

Elle eut à peine le temps de finir sa phrase qu'il jouait déjà avec l'élastique de sa culotte. Il tira dessus pour la descendre.

« Enlève-ça ! s'agaça-t-il. »

Le tissu finit par céder et Rey l'aida à le faire quitter son corps. Elle ne sut même pas où elle termina sa course, probablement enroulée dans la couette. Il n'attendit pas plus longtemps pour que sa main se pose sur son sexe et commence à la titiller. Elle ouvrit les cuisses et inspira pour se détendre, se laissant volontiers faire. Il appuya une première fois sur son clitoris qui s'éveillait de plus en plus sous les caresses prodiguées et elle poussa contre son pouce pour accentuer les sensations.

Ben bougea et se mit sur elle la tête dans son cou en laissant ses doigts contre sa chair, les faisant descendre encore plus bas. Il écarta davantage ses jambes et poussa en elle. Son autre main se dirigea sur son sein gauche. Il en titilla la pointe, la faisant rouler contre sa paume.

Elle gigota et posa ses mains sur ses épaules pour contenir son excitation grandissante. Il continua, dans des mouvements réguliers d'avant en arrière, d'enfoncer son doigt en elle. C'était glissant, elle sentait son humidité qui venait le recouvrir doucement et qui permettait au tout d'être si affriolant. Elle resserra les cuisses et poussa dans sa direction pour l'accompagner.

Le bras libre de Ben délaissa son sein pour se glisser sous son corps afin de la redresser. Elle se retrouva bientôt assise sur lui, à califourchon, son haut recouvrant tout juste sa main toujours active. Il la cala et elle ondula des hanches, son bassin suivant les gestes de ses doigts en elle. Elle griffa son t-shirt et poussa son pubis contre le sien pour s'y frotter. Elle aima la façon possessive avec laquelle il l'accueillit, la serrant contre son torse avec fermeté.

Elle gémit de plus en plus fort quand son plaisir monta crescendo. Elle osa aller plus loin et se mit à exercer une douce pression sur le renflement qu'elle sentait sous elle et qu'il ne se décidait pas à libérer. Puis, elle lâcha son épaule pour s'y glisser. Elle se saisit de son membre dur et entama un mouvement de va-et-vient. Il grogna dans son cou et elle écarta davantage son short pour l'en libérer totalement. Il était tendu entre eux, sa petite main qui s'activait toujours dessus avec de plus en plus d'entrain.

Il la bascula subitement et elle se retrouva à nouveau couchée sur le dos. Il saisit ses poignets et l'obligea à les garder près de sa tête. Il déposa un chaste baiser sur ses lèvres avant de remonter son haut au-dessus de ses seins. Il remit ses doigts en elle, elle se sentit de plus en plus sur le point de défaillir et s'avança dans sa direction. Il frotta son sexe dur contre son bas-ventre puis l'intérieur de sa cuisse et cette attitude renforça sa propre excitation. Elle avait envie de jouir et de le voir se libérer sur elle ensuite.

Il remonta encore et elle la sentit contre son ventre. Elle la saisit et recommença à lui donner du plaisir. Elle aima la sentir pulser dans sa paume, chargée de désir et de cet empressement à exploser. Elle y alla rapidement par des coups secs et d'autres plus doux.

Elle lâcha un petit cri et poussa son sexe contre lui pour qu'il en termine. Elle voulait que la chaleur s'arrête, être submergée par la vague du plaisir. Elle ouvrit la bouche et se libéra enfin. Sa jouissance se répandit dans tout son corps et la tension retenue sembla être enfin repu.

Satisfaite, elle comptait bien remercier son partenaire en lui offrant un aussi bon moment. Elle n'eut pas à attendre longtemps pour obtenir le but recherché. Il éjacula sur son ventre et le haut de ses seins avant de retomber bruyamment sur le côté.

« J'aime ce genre de réveil très stimulant.

-J'admets que je pourrais m'y faire rapidement, avoua Rey en observant le sperme sur elle.

-Je vais chercher de quoi t'essuyer. Tu pourras aller sous la douche ensuite. »

Après s'être correctement nettoyée, elle sortit de la salle d'eau toute fraîche et observa Ben, torse nu et assis, le dos collé à la tête de lit. Elle s'approcha et s'allongea à ses côtés. Elle le regarda de longues secondes puis se lança pour lui dire ce qu'elle avait sur le cœur et qu'elle retenait depuis la veille.

« Par rapport à hier, commença-t-elle, même si on a passé une excellente soirée et une nuit ensemble, la boule que j'ai dans l'estomac n'est pas encore totalement redescendue. Tes mots ont été durs mais justes, je suis forcée de le reconnaître. Mais ils m'ont aussi fait beaucoup de peine. »

Elle inspira longuement et fut rassurée qu'il n'ait pas bougé.

« J'aime ta façon de te comporter avec moi. Tu es prévenant, attentionné mais je ne supporte pas l'idée de ne pas exister aux yeux des autres. Je sais que c'est stupide et que ce qui compte c'est nous. Ce refus de parler de moi à tes amis ou ta famille je le conçois et je peux le comprendre, tu t'es très bien justifié là-dessus mais je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est aussi une façon de me dire « elle n'est pas suffisamment importante pour que j'en parle aux gens à qui je tiens. ». Autrement dit, je suis bloquée dans la case « plan cul ». Je n'ai peut-être pas été assez explicite mais je veux être plus que ça. Si ce n'est pas ce que tu désires, j'ai besoin que ça s'arrête maintenant et que tu me le dises tout de suite. »

Même s'il est déjà trop tard, pensa Rey.

« Ben, elle se décida à être totalement franche, tu m'invites à des rendez-vous, tu dis des choses qui me laisse penser à d'autres, tu m'embrasses, tu me prends la main en public, tu envoies tous les signaux que j'attends et qui me poussent à y croire mais, elle déglutit, tu ne concrétises pas. Est-ce à moi de le faire ? D'entreprendre le dernier pas, celui que nous n'osons pas franchir ? »

Elle ne pensait pas se tromper. Il avait été trop entreprenant, aussi ambigu qu'elle dans ses réponses pour qu'elle se soit fourvoyée à ce point. C'était impossible. Elle l'aimait et elle était persuadée que lui aussi. Il ne manquait que l'officialisation et elle sentait que le moment était venu. La dispute avait peut-être précipité les choses mais elle savait qu'il fallait le faire. Qu'ils ne pouvaient plus reculer, ils avaient suffisamment attendu et joué à se tourner autour sans clarifier une bonne fois pour toutes les choses. Ils devaient se mettre enfin ensemble.

« Cette histoire de case est fausse et tu as été très claire sur tes désirs, débuta Ben avec calme. Tout comme moi. Ton interprétation de mon comportement vis-à-vis de mes proches n'est pas la bonne. Ça voulait simplement dire que je ne savais plus où j'en étais avant de finalement comprendre et accepter ce qui était en train d'arriver. Je voulais d'abord faire le point avec moi-même avant de t'en faire part et réfléchir posément à comment m'y prendre. Hier, je me suis énervé et certaines de mes paroles ont dépassé mes pensées, je suis désolé pour ça. Je n'aurais pas dû utiliser tes craintes de cette façon, je me suis mal comporté et je regrette réellement d'avoir agi comme je l'ai fait. »

Elle cligna des cils plusieurs fois, sincèrement touchée.

« J'étais stressé par notre rendez-vous, reprit-il, et assez terrifié à l'idée de te voir pour être honnête et cette rencontre impromptue n'a rien arrangé. Si je n'ai pas parlé de toi à mes proches, c'est exactement pour l'inverse de ce que tu penses… Rey, je t'aime. »

Elle se figea et entrouvrit la bouche. Etait-elle sûre d'avoir bien entendu ? Il l'avait dit si naturellement, sans la préparer à l'avance en fixant le vide devant lui et elle n'osait pas lever les yeux de peur d'y lire ce qu'il venait de lui déclarer. Elle resta donc stoïque, incapable de penser ou de se mouvoir, trop étourdie pour ne serait-ce que l'envisager. Elle n'arrivait pas à y croire et aurait presque besoin qu'il le lui répète pour en être persuadée. Elle n'avait osé espérer une telle déclaration.

« Ca m'a foudroyé le jour où tu es apparue sur cette terrasse. C'était une telle évidence quand je t'ai vue et depuis j'essaie de te le faire comprendre mais c'est nouveau pour moi aussi alors j'étais hésitant et à chaque fois que je voulais me lancer, je reculais. Pourtant, tu étais plus que réceptive et ça aurait dû me rendre confiant mais passer l'étape suivante était compliquée, continua-t-il. »

Rey pensa à toute vitesse. Lui avait-elle involontairement forcé la main à assumer ses sentiments et à devenir un vrai couple alors qu'il n'en était peut-être pas encore prêt ? Venait-elle de tout gâcher à vouloir précipiter les choses ? Trop occupée à se poser toutes ces questions, elle ne remarqua pas qu'il la regardait.

« Cesse immédiatement de penser à toutes ces idées fumantes qui se croisent dans ton esprit. La dispute n'aurait rien changé, il se pencha vers elle, j'avais déjà prévu de te le dire depuis longtemps. Il lui caressa le visage tendrement, gardant son menton dans sa paume. J'avais besoin de te l'avouer et je ne suis pas déçu de l'avoir fait. Ni maintenant, ni de cette façon alors ne crois pas le contraire. Je n'aurais pas pu te faire une grande déclaration romantique. C'est davantage ton manque de réaction qui m'intrigue et c'est maintenant à moi de penser que tu es déçue de l'avoir reçu de cette manière. Je n'y ai pas mis les formes. »

Elle se reconnecta à la réalité, prête à répliquer mais il la fit taire en posant son index sur ses lèvres et en plongeant ses yeux dans les siens.

« Je t'aime. »

Les mots résonnèrent dans tout son être. Longuement, de manière répétée jusqu'à ce qu'un sourire vienne naitre sur sa bouche. Elle se redressa et vint s'asseoir face à lui, réalisant enfin pleinement ce qui venait de se produire. « Je t'aime », se répéta-t-elle intérieurement une nouvelle fois et cela effaça tout le reste. Elle tendit sa main dans sa direction et caressa sa joue du bout des doigts comme il venait de le faire avec elle.

« Tu m'aimes, murmura-t-elle doucement. »

Elle savait qu'il pouvait maintenant lire son bouleversement, le scintillement dans ses yeux humides face à l'émotion qu'il avait provoquée chez elle. Elle sourit tendrement et se pencha pour l'embrasser. Elle recula après avoir frôlé ses lèvres un petit moment mais choisit de rester près de lui, apposant son front contre le sien. Il leva son bras et sa main vint rejoindre celle toujours posée contre sa joue.

« C'est effrayant et beau en même temps, chuchota-t-elle enfin et j'ai attendu, espéré ces mots de ta part. »

Elle réalisa à quel point elle avait peur désormais. Elle avait avoué à Maz ne pas se sentir prête à les avouer à Ben et c'était toujours le cas malgré son envie de le rassurer sur la réciprocité des choses. Elle avait douté de lui, de son engagement suite à leur dispute, croyant naïvement qu'il était comme elle, effrayé à l'idée de perdre un être cher et donc bloqué pour se déclarer. Il avait été simplement timide, angoissé à l'idée de les lui confier. Elle s'était trompée sur toute la ligne, il voulait assumer. Celle qui en était incapable au final, c'était elle.

Elle venait d'apprendre également, qu'à son image, cette rencontre plus qu'impromptue le soir de son arrivée avait été un coup de foudre réciproque. Immédiat et sans équivoque entre eux. Elle sourit et laissa échapper un petit rire. C'était beau, tellement touchant et attendrissant. Elle s'écarta pour le regarder, pour plonger ses yeux dans les siens, laissant son pouce définir le contour de son visage.

« Ben »

Dans un élan, elle se pencha vers lui et plaqua sa bouche à la sienne. Il s'y précipita à son tour, l'encerclant de ses bras pour la rapprocher. Le contact se prolongea dans une étreinte qui signifiait tout et où les mots se révélèrent inutiles car les gestes, les sentiments parlaient pour eux. Elle finit par se détacher et lui sourit simplement, appréciant de voir une lueur nouvelle dans ses yeux. IL le lui rendit. Bouches closes et regards équivoques, ils se finirent par se perdre dans la contemplation de l'un et de l'autre.

/

« J'espère que Maz a bien trouvé mon mot ce matin sinon je m'attends à voir le FBI, le GIGN et Scotland Yard devant ma porte ! rigola Rey en entrant dans le salon dans sa tenue de la veille.

-Je crois que le fait que tu n'aies pas reçu le moindre SMS ou coup de téléphone indique déjà qu'elle sait que tu es ici ou tout du moins avec moi. Je n'ai pas la nature précise du contenu de ce mot, la rassura Ben depuis la cuisine.

-Rien que tu ne devrais savoir ! »

Elle lui fit un clin d'œil et rangea quelques affaires dans son sac avant de s'approcher. Il déposa un thé devant elle ainsi que de la brioche sur laquelle elle mit directement la main. Elle était tranquillement en train de déguster son copieux petit-déjeuner lorsqu'il sortit tout à coup une clé et un pass de sa poche et qu'il les déposa devant elle. Elle finit sa gorgée et l'interrogea du regard.

« Qu'est-ce que c'est ?

-Les clés d'ici. J'ai pensé, je sais que tu as souvent des longues pauses parfois entre différents cours, que tu apprécierais les passer ici pour te reposer ou travailler plutôt que de devoir rester à la fac. Sauf si tu en profites pour passer du temps avec tes amis.

-C'est le cas, elle tendit néanmoins la main pour s'en saisir, mais je ne vais sûrement pas renoncer à cette proposition ! »

Elle lui sourit et joua avec un instant en réalisant ce qu'elle avait dans les mains. C'était réellement sérieux entre eux désormais et ce constat lui rappela les doux mots prononcés un peu plus tôt. Si la déclaration l'avait complètement chamboulée, cette nouvelle initiative de sa part, autrement symbolique, ne la déstabilisa pas bien que tout aussi inattendue.

« Tu avais prévu ça depuis longtemps ? J'ai le sentiment que tu as fait un double des clés exprès pour moi. Ça me plaît, ça me plaît beaucoup que tu désires à ce point ma présence en ces lieux. Mais je note qu'il y a une option que tu n'as pas soumise alors qu'elle est la plus importante à mes yeux, celle de nous offrir la possibilité de passer plus de temps ensemble. Après tout, tu ne me feras pas croire un instant que nos temps libres en semaine ne se croiseront jamais.

-C'est effectivement ton double des clés dédié, reconnut Ben. La seule autre personne à en avoir un, c'est ma mère. Par simple précaution. Je l'ai depuis quelque temps mais je ne préciserai pas quand. Elle lui lança un regard joueur. Quant à l'option, cela aurait été un peu présomptueux de ma part et moins noble que les autres raisons.

-On se moque de la noblesse ! Elle se pencha vers lui et l'embrassa. Merci, je compte en faire bon usage. Il faudra tout de même me dire ce que j'ai ou non le droit de faire ici et si mes visites peuvent aussi se dérouler le soir, après les cours…

-Ca s'étudie, il lui sourit avec malice et il n'y a pas de règles appliquées ici. Sens-toi libre de faire ce que tu veux, d'être comme chez toi. Du moment que tu ne fous pas le feu, ni ne laisse la porte ouverte pour me cambrioler, ça me va.

-Je t'imagine déjà rentrer après une journée harassante et me retrouver étendue, complètement nue, sur ton canapé. Je suis sûre que ça te fera revenir plus vite. Je peux aussi opter pour une tenue qui ne laisserait pas de place, ou très peu, à l'imagination. Je n'ai pas encore eu l'occasion de te montrer ma collection. Toute neuve je le précise, je me la suis achetée lors d'une virée shopping. J'ai pensé à toi et tu seras le seul à la découvrir.

-Dans ce cas, je meurs d'impatience de voir ton défilé privé.

-Ben, elle sourit avec timidité soudainement moins à l'aise, j'ai une dernière interrogation. Avec ce que tu m'as dit ce matin et ceci, elle secoua les clés, dois-je comprendre que c'est officiel entre nous ? Je veux dire, balbutia-t-elle, je suis ta copine désormais ?

-Si tu tiens à mettre absolument un mot sur notre relation alors oui, pour moi, tu l'es.

-On est donc en couple toi et moi ?

-Si c'est ce que tu désires également alors oui. A mon sens, c'était le cas dès l'instant où je t'ai avoué mes sentiments et où tu les as acceptés.

-Tu n'es pas déçu ? osa-t-elle demander, cette question lui taraudant l'esprit depuis un moment.

-Comment ça ? Au contraire, je me sens libéré et heureux. »

Il lui caressa tendrement la main, manifestation évidente de son soulagement de pouvoir la garder près de lui. Elle bougea, un peu gênée par ce qu'elle s'apprêtait à lui dire surtout face à son sourire sincère.

« Je ne t'ai pas répondu, avoua-t-elle. A ta place, je l'aurais été. Déçu, je veux dire.

-Ce n'est pas mon cas. Tu le diras quand tu le voudras et si tu partages mes sentiments.

-Tu en doutes ? rebondit-elle aussitôt mais il ne dit rien, ce qui la troubla. Ils sont là, elle prit sa main et la déposa contre sa poitrine, je n'arrive simplement pas à les exprimer avec des mots pour l'instant mais tu es ici Ben, dans mon cœur. Tu sais, c'est la première fois qu'on me le dit comme ça. »

Il fronça des sourcils, ne comprenant pas où elle voulait en venir.

« C'est la première fois qu'on me dit « je t'aime » sans exiger quoi que ce soit en retour, simplement pour me le dire, pour m'exprimer le fait que je sois aimée. C'est juste de l'amour, continua-t-elle et, elle mouilla ses lèvres, c'est nouveau. C'est si beau mais également si perturbant. Je, elle hésita, je ne me sens pas à la hauteur. Je m'en veux de ne rien te dire alors que tu le mérites. »

Il se pencha vers elle, se saisit de sa tête et lui embrassa le front tendrement.

« C'est faux. Prends le temps dont tu as besoin. Je serai toujours là. J'ai hâte de t'entendre le dire mais je ne suis pas pressé. Je suis là, il serra le poing sur son cœur, et c'est tout ce qui compte.

-Tu es sûr ?

-Oui. Finis ton petit-déjeuner tranquillement, je te raccompagnerai ensuite chez ta tante. »

Elle acquiesça toujours un peu perplexe mais s'exécuta. Quelques minutes plus tard, elle dut finalement se résigner à partir pour rentrer chez Maz, ne pouvant décemment pas la faire patienter toute la journée. Elle remit son manteau et passa son sac autour de son bras quand son regard se posa sur le sien, celui de la photo qu'elle avait accrochée la veille. Elle hasarda un regard vers Ben qui finissait de se préparer à l'autre bout de la pièce. Avait-il vu sa première petite touche personnelle ?

Elle se rendit compte que la réponse se trouvait sous ses yeux quand elle remarqua en bas à gauche, à l'exact opposé de sa propre écriture, qu'un autre message avait été ajouté. Par réflexe, elle s'approcha. Avec visiblement le même feutre, il avait ajouté la date de la prise de vue. Elle sourit bêtement jusqu'au moment où elle remarqua qu'il se trouvait à ses côtés. Elle se redressa aussi vite.

« Tu avais raison, c'est bien mieux comme ça, nota Ben. Il va encore falloir le remplir et je crois avoir remarqué quelques clichés intéressants dans mon téléphone en consultant dernièrement ma galerie. »

Elle en avait presque oublié sa séance photo effectuée lors de sa première nuit ici. Il n'en avait encore jamais reparlé.

« Quoi, ça ne t'a pas plu ?

-Oh si, tu m'a permis d'avoir mon tout premier vrai rire en classe. Ça en a surpris plus d'un. Je m'ennuyais et cherchais à m'occuper et par dépit je voulais trier quand je suis tombé là-dessus. Autant te dire que j'ai été étonné.

-Ravie de l'apprendre mais j'ose espérer que mon shooting ne s'est pas retrouvé dans la corbeille de ton téléphone.

-Non, il a plutôt fait naitre chez moi d'autres idées. Tu étais plutôt mignonne là-dessus et mes pensées se sont donc éparpillées… »

Elle sourit et le laissa ouvrir la porte pour sortir.

/

« Te revoilà donc ! cria sa tante depuis la cuisine quand Rey posa un orteil dans l'entrée de la maison.

-Il n'aura pas eu à attendre très longtemps pour que tu fasses ce deuxième pas, se réjouit-elle en arrivant. La soirée s'est bien terminée ? Vous avez pu régler ça ? Ton absence me pousse à croire que oui mais avec vous, on n'est jamais sûr de rien. »

Maz roula des yeux et Rey se laissa reposer contre la porte en soufflant. Elle plongea son regard dans celui de sa tante.

« Il a avoué qu'il m'aimait, confia-t-elle d'une voix émue et l'œil brillant. Il a simplement dit « Rey, je t'aime » »

Elle se mit à rire bêtement, prête à pleurer de joie en se remémorant ce moment. Face à sa tante et désormais chez elle, elle s'autorisa à perdre le contrôle et à chérir ces mots. Elle n'avait pu résister à l'envier d'avouer ce secret à Maz, de le partager avec quelqu'un d'autre, de transmettre son bonheur. Cette dernière en resta sans voix.

« Je ne m'y attendais pas, avoua Maz toujours très étonnée.

-Moi non plus ! rebondit Rey en se redressant comme galvanisée tout à coup mais flottant toujours sur son nuage. Elle s'approcha d'elle.

-Tu as dû être pris de court ! Mais c'est une bonne chose, une excellente chose ! Oh ma Rey tu dois être si contente ! Elle prit ses mains dans les siennes avant de sautiller de joie comme une enfant. On va avoir un garçon à la maison ! Et pas n'importe lequel, celui qu'on essayait de conquérir ! Ça valait le coup de lui courir après celui-là ! »

Elle lui caressa le visage tendrement. Rey passa sa main devant sa bouche, se mordant la lèvre inférieure.

« Comment tu as réagi ? Qu'est-ce que tu lui as dit ? s'époumona Maz avec impatience. »

Rey se figea et perdit son sourire presque aussi vite, elle-même déçue de son manque de lucidité. Elle avait manqué de clarté face à sa déclaration.

« Je n'ai pas su répondre, j'étais comme paralysée. C'était si inattendu et il l'a dit comme ça, sans que je sois préparée alors j'ai…. Elle regarda sa tante. J'ai paniqué.

-Tu n'as absolument rien fait ? insista sa tante qui ne masquait pas sa déception.

-Je l'ai embrassé et regardé comme jamais auparavant pour qu'il comprenne à quel point j'étais heureuse. Je sais que ma réaction l'a intrigué…mais ça ne l'a pas repoussé pour autant. Elle ouvrit sa main et la clé de l'appartement de Ben se dévoila, tendue entre sa tante et elle sous les yeux médusés de cette dernière qui venait de faire le lien. Il m'a dit attendre que je sois prête à lui faire part des miens aussi clairement. »

Maz ouvrit la bouche.

« On est enfin en couple lui et moi. Cette fois, c'est officiel, je suis sa copine. C'est tout ce que j'avais attendu sans vraiment oser l'espérer !

-Tout de même, je l'espérais bien après une déclaration d'amour. Il y a mis les formes ?

-C'était tendre, incroyablement juste et en même temps terriblement spontané !

-Ce n'était pas prévu ?

-On était en train de parler tranquillement dans son lit ce matin. Ah oui à ce propos, on a enfin…. Elle secoua sa tête d'un geste équivoque pour se faire comprendre. Tu vois où je veux en venir ! Tu ne seras plus scandalisée de savoir qu'on avait toujours pas couché chez lui. Toi qui lui reprochais ses bonnes manières de n'avoir rien fait la dernière fois !

-Tu as baisé avec lui chez lui certes il était temps mais on s'en fout là ! Viens-en aux faits ! Tu as cette capacité effrayante de t'éparpiller à chaque fois ma chère nièce ! Dois-je te rappeler que je ne suis plus toute jeune et qu'il faut ménager mon cœur ? Alors, crache le morceau !

-On était en train de revenir sur notre mésentente d'hier, j'avais exposé mes arguments et mes revendications.

-Sur le fait d'exister ? Elle hocha la tête positivement. Bien, au moins ça je sais que c'est réglé puisque te voilà « girlfriend » de Ben Solo.

-Tatie ! Comment veux-tu que je finisse si toi aussi tu me coupes ! Et après on dit que c'est moi qui papillonne ! plaisanta Rey. Je disais donc que je lui ai fait comprendre que j'aspirais à plus avec lui….

-….et voilà la réponse qu'il t'a fournie ! S'enthousiasma Maz n'y pouvant plus.

-Oui, en quelque sorte. Tatie, il était juste timide et lui-même un peu paumé par ce qui s'est produit entre nous. Il attendait simplement de pouvoir me le dire ! Il se moque du statut couple ou non, de s'afficher ou même de le dire, ce qu'il veut c'est juste moi ! Le reste n'a que peu d'importance pour lui et je crois que je commence à comprendre.

-Tu es heureuse ?

-Tellement.

-Et tu ne voudrais pas lui dire les tiens ? »

Rey baissa les yeux.

« Je ne sais pas pourquoi j'ai si peur subitement. Il m'aime, je devrais être pleinement rassurée et pourtant maintenant, j'ai encore plus peur de le perdre. Et il l'a parfaitement compris. Il sait d'où me vient mon traumatisme et je sais qu'il a dû faire un effort conséquent, peut-être même prendre sur lui. J'ai conscience que je ne dois pas bloquer là-dessus et que je ne vais pas m'arrêter de vivre en raison de mes craintes. J'ai envie d'aller de l'avant mais pour moi aussi c'est nouveau. J'ai déjà eu des histoires mais pas comme celle-ci, pas en ayant conscience que ça irait loin, pas en étant si amoureuse… ça me tétanise ! Même si je suis sûre de mes sentiments.

-Il t'a donné du temps pourquoi ne pas le prendre ? Je ne pense pas que ce soit le premier « je t'aime » que tu reçois. En revanche, je crois que c'est le seul qui ait eu de l'importance. Savoure-le, savoure ta chance et tu verras que ça se fera naturellement. Tu n'étais pas obligée de l'avouer en même temps que lui. Il te l'a dit, tu lui diras quand tu seras prête, quand ça sera ton moment. Là, il s'agissait du sien.

-Ca ne l'éloignera pas de moi de le laisser attendre ?

-Non sinon tu l'aurais déjà su. Elle saisit sa main contenant le trousseau. Et il ne t'aurait certainement pas donné ceci. Tu vas vivre avec lui ?

-Non ! Ça serait bien trop tôt ! »

Sa tante la relâcha dans un « ouf » de soulagement.

« Ça m'aurait étonnée mais ce n'était pas très clair donc…

-C'est pour pouvoir aller chez lui pendant mes pauses la journée et se voir le soir en semaine. Organiser des rendez-vous coquins aussi.

-Mouis et y passer quelques nuits en dehors de sous mon toit, répliqua sa tante chagrinée.

-Tu désapprouves ? reprit Rey sérieusement.

-Non ! Evidemment que non ! Je suis simplement un peu triste de déjà te voir partir. Au final, je n'aurais pas beaucoup profité de toi. Il t'enlève déjà ! »

Rey la tira contre elle dans une tendre accolade.

« Ne dis pas n'importe quoi tatie ! Tu ne te réjouis plus ?

-Si et une part de moi est ravie de savoir que vous allez faire l'amour ailleurs, à ses voisins de vous entendre désormais ! Mais une autre espère vous voir souvent ici, tous les deux. Tu sais je suis une vraie tatie poule et ta présence auprès de moi est une bénédiction. Et te voir amoureuse, un ravissement. Je veux apprendre à le connaître mieux.

-Je ne suis pas partie. Je rappelle que je ne déménage pas.

-Je sais voyons, je ne suis pas sénile ! Elle repoussa Rey gentiment. Je m'apitoyais sur mon sort, nuance. Ta présence conservait ma jeunesse et mon entrain ! Maintenant je vais devoir faire comme toutes ces vieilles à négocier des déjeuners le dimanche midi. »

Rey explosa de rire.

« Tu racontes n'importe quoi !

-Et je vais devoir aussi composer avec Leia ! Elle voudra aussi vous avoir à dîner. Je vais entrer en concurrence avec l'une de mes amies les plus proches.

-Je te rappelle que, pour le moment, elle ignore encore tout de notre romance.

-Plus pour longtemps. Tu es une copine maintenant, plus le plan cul. Il va bien falloir qu'il te présente à sa mère et dans les formes !

-Leia me connaît déjà. Je te rappelle que je suis l'hystérique, mal polie de surcroît, qui vit à côté de chez elle.

-Elle oubliera ça dès le moment où Ben aura dit « Rey » et « copine » dans la même phrase. Tu as bien dû remarquer l'autre fois qu'elle aussi se morfond du célibat de son fils unique. C'est bien pour ça qu'elle l'a foutu dehors ! Au risque de tout compromettre ! »

Rey la dévisagea, choquée de cet aveu alors que Maz lui avait assuré des jours durant que le déménagement ne changerait rien.

« J'en apprends des choses en l'espace de peu de temps…

-Quoi ? Je suis bien obligée d'arrondir les bords sinon tu serais ingérable au quotidien ! Je pense à ma santé !

-Tu t'en sors bien.

-Donc, reprenons, comment il l'a dit ? « Rey, je t'aime » avec assurance ? Passion ? Vulnérabilité ? Il devait être tellement chou.

-Il l'était. Et je dirais avec fragilité et émotion. Le trémolo dans sa voix était indescriptible mais à jamais gravé dans ma mémoire. Elle sourit et se tourna vers elle. Je te dois des remerciements. Ben m'a dit pour les SMS. On est allés à la fête foraine hier soir.

-Tu as gagné un poisson rouge ? ironisa sa tante avec un sourire.

-Non mais on s'est sacrément galochés dans le photomaton et Ben a viré deux gosses à la grande roue pour qu'on se retrouve seuls. Bien la première fois que je regarde à peine la vue. Plus sérieusement, c'était une excellente soirée et ça m'a fait du bien. Ça m'a rappelé de bons souvenirs et c'est grâce à toi qui discute avec mon mec derrière mon dos. Je me méfierai à l'avenir.

-Dixit celle qui m'a caché des semaines durant que le garçon en question était le fils d'une vieille amie. On est quittes. »

Elles éclatèrent de rire avant de se mettre à japper d'excitation comme deux adolescentes.