Bonjour, bonjour ! Je vous remercie pour vos réactions face au précédent chapitre, elles étaient absolument géniales et j'adore vous lire si enthousiastes ! Moi qui me demandais si j'avais réussi à le cacher sans le taire, vous m'avez donné ma réponse, je vous remercie !

J'espère que vous prendrez plaisir à lire la suite !


Chapitre 18

La salle de sport attenante au commissariat était déserte à cette heure-ci. Il n'était pas loin de vingt-et-une heures et, à part quelques frimeurs qui tenaient à pousser de la fonte jusqu'à vingt-trois heures, la plupart des clients de Zetsu avaient quitté les lieux.

Il descendit du ring à la suite de Nagato, retirant ses protections, massant douloureusement sa nuque et, boitillant jusqu'à la table de repos, il soupira. Son ami était particulièrement tendu. La veille, il n'était pas venu et leur séance du jour avait été rude. Il n'avait rien dit, imaginant qu'il avait des choses à évacuer.

— Vas-y, raconte, ouvrit-il en épongeant son front avec sa serviette.

Nagato se débarrassa de son protège-dents, étirant ses bras, puis il jeta un regard par-dessus la table pour observer le coach.

— Mon coloc est une pornstar.

L'affirmation ne prit pas tout de suite naissance entre eux, tombant lourdement dans un silence où Zetsu chercha à situer un univers où cette affirmation pouvait sortir de la bouche de Nagato en ayant un sens qu'il pouvait comprendre immédiatement. Il avait vu un film qui portait ce titre, récemment, et ça finissait mal pour l'actrice qui campait le personnage qui énonçait cette phrase.

Mais ce n'était pas possible que Nagato eût maté son historique, il n'était pas venu chez lui ces dernières semaines. En plus, il veillait à toujours naviguer sur ce genre de sites de façon sécurisée : en privé et avec un rouleau de sopalin triple épaisseur à l'Aloe Vera à portée de mains. Et puis, cessa-t-il de paniquer, il était un adulte depuis longtemps, il n'y avait aucune raison pour laquelle Nagato accepterait de se prendre pour sa mère outrée qui l'aurait surpris en pleine séance de branlette.

Zetsu papillonna des cils.

Ou alors, Nagato demandait un conseil ? Après tout, il était célibataire – ou presque – et il vivait seul, il ne sortait pas beaucoup et cherchait peut-être un moyen moins violent d'apaiser ses tensions ? Mais ça ne ressemblait toujours pas à Nagato, il le connaissait depuis suffisamment longtemps pour pouvoir imaginer comment il se touchait sans trop de problèmes. Il était plutôt du type branlette à l'arrache sous la douche en sursautant au moindre bruit. Pas vraiment le genre de personnes à aller chercher des conseils de films X. En plus, Zetsu n'aurait pas vraiment suggéré Mon coloc est une pornstar à Nagato, il pouvait être sensible, le petit chou, et c'était loin d'être un chef-d'œuvre du porno. Très bien pour une séance d'habitué, mais pour un premier film, non.

Voyant que sa phrase n'avait pas vraiment l'effet qu'il espérait – il ne savait pas lequel, autre chose qu'un silence dérangeant qui flotterait entre eux comme s'il venait de s'exprimer en arabe littéraire –, Nagato s'affaissa sur la table, étouffant un cri dans son coude puis il releva la tête.

— Je ne sais pas à quoi tu penses, mais prends le sens le plus littéral qu'il soit à cette phrase. Mon colocataire, Itachi, est acteur de X.

— Oh… Je te demande pas comment tu le prends, j'ai encore mal.

— J'étais pire, hier, s'excusa-t-il. Je me sens tellement en colère !

Son poing se crispa autant que ses mâchoires, et il replongea dans son coude pour souffler lentement, alors que Zetsu posait sa serviette sur la table pour reprendre sa bouteille d'eau et avaler une longue gorgée.

— C'est si grave que ça ? questionna le coach. Il fait ce qu'il veut. Tant qu'il t'attend pas à poil sur le canap' en disant « Je veux ta bite », je vois pas le souci.

Nagato releva sèchement la tête.

— Quel dommage que tu sois pas le juge qui décide si je peux avoir la garde de ma fille, alors.

— Mikan, s'exaspéra Zetsu, j'avais oublié Mikan, pardon.

Passant une main sur son front, poursuivant son geste pour écarter des mèches qui lui tombaient devant les yeux, Nagato humecta ses lèvres, un peu pressé de foncer sous la douche. Il était couvert de transpiration de la tête aux pieds. Il avait hâte de rentrer chez lui, mais il appréhendait une rencontre avec Itachi. Il n'avait pas envie de lui parler. La veille, il avait réussi à esquiver l'homme et le matin même aussi, partant suffisamment tôt pour devancer l'alarme de son colocataire qui s'était endormi dans le canapé.

D'ordinaire, il le réveillait en s'en allant, mais il avait préféré faire comme s'il n'existait pas, pas certain de ne pas sentir une nouvelle vague de rage le saisir en croisant son regard.

— C'est dégradant, scanda Nagato. Que des pauvres types sans atout et des filles perdues s'orientent dans cette voie, c'est leur problème. Mais Itachi est intelligent. Je ne comprends pas comment il a pu choisir un métier comme celui-ci, c'est sale et c'est un reflet immonde de la sexualité, de l'amour et ça présente la femme comme un objet dont on peut disposer et…

La colère montait de nouveau, accompagnée d'une vague de dégoût quand les images qu'il avait vues vinrent se rappeler à son esprit.

— Bordel, jura-t-il entre ses dents.

— Tu comptes faire quoi ? Déménager ?

— Et donner du grain à moudre à l'avocat de Konan ? Certainement pas.

Il se ferma encore plus que possible, se sentant pris entre deux feux.

— J'en sais rien. Je n'ai pas envie de quitter l'appartement. Je suis en colère contre lui, un peu répugné, aussi, je pense. Mais…

— Mais tu l'aimes bien.

— Bah oui, admit-il. Pas aujourd'hui. Ni hier. Et probablement pas demain non plus. Mais de façon générale, oui, je l'aime bien. Et Mikan l'adore.

Son front rencontra sévèrement le plan de la table alors qu'il grognait « bordel, qu'est-ce que je dois faire ? Est-ce que je dois empêcher Mikan de lui parler ? » et Zetsu dissimula le plus vite possible son sourire pour ne pas s'attirer les foudres de son ami.

— Il aurait dû m'en parler, grommela Nagato.

— Ah c'est sûr que vu ton ouverture d'esprit sur le sujet, ça donne tout de suite envie de te le dire.

Recevant une œillade dure en retour, Zetsu soupira bruyamment, portant un regard sur l'horloge pour vérifier l'heure.

— T'es pas obligé de trancher de suite, de toute façon. Mais oui, il aurait dû t'en parler, au moins par rapport au divorce. Que dit ton avocat ?

— Il s'est caché dans son armoire en me voyant arriver. Littéralement. Je pense, grinça Nagato d'une voix ironique, qu'on peut conclure qu'il n'a pas la moindre idée de ce qu'il est censé faire. Et moi non plus. J'arrive pas à croire que c'est le même homme. Que celui qui boit de la verveine et se roule sur le canapé en lisant des polars soit aussi… Putain de merde, soit aussi capable de… C'est tellement pas le même homme.

— Et c'est normal, non ? souligna Zetsu fort à propos. Dans « acteur de X », y a également « acteur ».

— Tu parles, ricana Nagato, n'importe qui peut pousser des cris stridents en disant « oh oui, défonce-moi, défonce-moiiii ». N'allons tout de même pas croire que ce sont des rôles de composition.

Peu convaincu, mais bien décidé à ne pas contrarier Nagato alors qu'il était visiblement très en colère, Zetsu prit le parti de réorienter la conversation vers l'avocat.

— Donc Maître Ebisu te fuit.

— Oui, clairement. Déjà qu'il était terrifié par Onoki Ryôtenbin, là c'est fini. Il va probablement me suggérer de quitter l'appartement pour trouver autre chose, mais... Mais y a rien.

— Et tu n'en as pas envie, rappela Zetsu, parce que ton appartement est putain de cool.

— Puis c'est pratique pour ma fille... Si seulement je pouvais faire disparaître le colocataire…

Le coach haussa les épaules.

— Un peu de scotch, de la corde et une pelle, et ce sera vite réglé.

Souriant tant bien que mal, Nagato accepta que son ami tente de lui changer les idées et ils rirent ensemble un long moment sur les méthodes qu'ils pourraient employer pour dissimuler le corps.


Pourtant, le trajet jusqu'à la résidence Phénix fit remonter en flèche sa mauvaise humeur, au fur et à mesure qu'il réalisait que son avocat allait le lâcher sous peu, que Mikan était chez sa mère, que personne ne pourrait empêcher le désastre de la troisième audience.

La justice allait lui retirer sa fille. La meilleure défense qu'il avait était de dire « je ne savais pas » et ce ne serait pas suffisant pour convaincre un juge que son enfant était en sécurité avec lui.

Parce que le fait qu'il n'eût rien vu jusqu'à ce qu'on lui apprît prouvait qu'il n'était pas capable protéger Mikan. Et ce n'était pas comme s'il n'avait pas eu le moindre signe, le moindre indice.

Bien malgré lui, il repensa à toutes ces fois où quelque chose lui avait mis la puce à l'oreille et où il avait préféré une autre explication, même si tirée par les cheveux et il s'en voulut – toujours moins qu'il n'en voulait à Itachi de le lui avoir caché.

Avec un soupir contrarié, il leva les yeux vers le treizième étage de la résidence Phénix, agacé de voir que certaines lumières éclairaient l'appartement, preuve que son colocataire était sur place.

Depuis la nouvelle, Yahiko faisait le mort. Quand il l'avait mentionné à Zetsu, celui-ci avait suggéré l'existence d'une nouvelle conquête dans la vie du meilleur ami de Nagato et ce dernier avait grogné un « Il choisit bien ses moments, lui, ça pouvait pas attendre la fin de mon divorce ? » et le coach sportif avait haussé les épaules en affirmant que, comme pour toutes les précédentes, ça ne durerait pas assez longtemps pour qu'ils remarquassent son absence.

Elle se faisait sentir, pourtant, quand Nagato devait rentrer chez lui la gorge serrée, les mains tremblantes et avec l'idée implacable que sa fille allait lui être enlevée. Parce que son colocataire était acteur de X et que l'avocat de sa femme commençait à distiller dans la tête du juge qu'il s'était installé en ménage avec quelqu'un aux mœurs légères et immorales.

Alors il pourrait tant qu'il le pouvait nier le ménage : jusqu'à preuve du contraire, il n'avait jamais montré un quelconque intérêt amoureux ou sexuel pour les hommes en général, celui-ci en particulier. Et clairement, ça n'était pas près de changer, l'aspect « pornstar » de sa personne était suffisamment glaçant pour refroidir la moindre ardeur.

Il serait des plus aisés de rappeler au juge qu'une colocation n'était pas une mise en ménage, qu'ils n'étaient pas ensemble, bon sang, certainement pas. Cette idée était ridicule. Et ça le blessait considérablement que Konan eût pu utiliser une telle stratégie alors qu'elle savait très bien qu'il l'aimait encore de tout son cœur.

Elle le mettait en colère, c'était vrai, mais ça ne changeait rien à son désir d'être avec elle, et leur fille et parfois, il se prenait à espérer que tout ceci n'était qu'un horrible cauchemar, qu'il finirait par se réveiller aux côtés de son épouse et qu'elle se plaquerait contre lui avec douceur pour faire passer les sueurs froides.

L'ascenseur finit par s'ouvrir à son étage et il sortit, glissant sa clé dans la serrure de la porte. Il poussa le battant et se força à ne pas jeter le moindre coup d'œil sur le salon où il sentait que son colocataire se trouvait.

Lentement, Nagato rangea ses clés, puis retira son manteau, avant de se déchausser pour amorcer sa course jusqu'à sa chambre.

Lorsqu'il posa son pied sur la première marche, la voix d'Itachi tenta de le retenir, teintée de légers accents presque suppliants :

— Peut-on au moins en parler ?

— Non.

Il continua sa course comme si de rien n'était, sentant la colère remonter en flèche. La porte de sa chambre claqua derrière lui. Il ne sortit pas de la soirée.


Plusieurs choses arrachèrent Itachi à sa concentration, le dimanche suivant. Il était dans son bureau, en train d'essayer de travailler à la préparation de son futur rôle et il avait du mal à se s'investir dans le scénario.

Son prochain personnage serait un policier infiltré dans l'univers de la pornographie pour démanteler un trafic d'êtres humains et arrêter un assassin pour le meurtre d'un accessoiriste. Et c'était très différent de tout ce qu'il avait fait jusqu'à présent, il s'agissait cette fois-ci de mêler thriller, pornographie et scènes de sexe de films mainstream, mais en réel.

Jiraiya avait raison en disant que c'était casse-gueule et que ce film pourrait faire beaucoup de mal à sa carrière. Itachi n'oubliait pas que son Zob d'Or, il avait failli l'avoir pour son rôle dans un film PWP classique. C'était loin d'être aussi travaillé qu'Un flic à Vice-City, c'était seulement un opus facile de la série des Brutal Anal, et si les tournages le laissaient souvent lessivé, c'était plus à cause de la performance physique qu'à cause de la profondeur de son jeu d'acteur.

Et c'était d'autant plus frustrant d'avoir laissé Kimimaro obtenir ce prix.

Il en était là dans sa réflexion quand les sons familiers de Mikan qui rentre à la maison résonnèrent dans le salon et un énième soupir franchit ses lèvres. En temps normal, il allait l'accueillir pour écouter le récit de sa semaine chez sa mère, découvrir les nouveaux dessins qu'elle lui avait faits et qui juraient grandement dans son bureau, encadrant la vidéothèque où il avait depuis longtemps déplacé l'ensemble de sa collection de films X.

Mais cette fois-ci, c'était différent. Il leva les yeux sur la vitre pour regarder Nagato réceptionner son enfant et saluer Yahiko qui la ramenait une fois de plus.

C'était le cinquième jour. Nagato refusait de lui adresser la parole depuis cinq jours. Il avait bien fait des tentatives, espérant que parler permettrait de débloquer la situation, mais visiblement son colocataire n'était pas d'accord et préférait faire comme s'il n'existait pas.

Il passait de nouveau ses soirées complètement seul, cerné par le silence tendu qui régnait dans l'appartement, se nourrissant de nouilles instantanées et les repas partagés avec Nagato lui manquaient.

Il redoutait le moment où Naruto allait l'appeler pour lui dire que ses deux locataires allaient partir. Il ne voulait pas retourner à sa solitude. Il ne voulait plus d'une vie sans eux.

Pourtant, il avait beau réfléchir, il ne voyait aucun moyen pour arranger la situation. Si Nagato refusait absolument toutes ses amorces de discussion, il ne pourrait pas s'expliquer.

Itachi, cependant, n'avait pas réellement l'intention de s'excuser d'être qui il était. Il aimait son métier et ne comptait pas y renoncer ou le salir en prétendant l'exercer par dépit. C'était un choix qu'il avait fait à dix-sept ans, qu'il avait pu concrétiser à sa majorité et il en était heureux.

Par contre, il pensait réellement dire pourquoi il n'en avait pas parlé plus tôt et présenter ses plus plates excuses pour toutes ces fois où il avait voulu tout révéler et où les mots n'étaient seulement pas sortis, comme ce soir où, préoccupé de le voir recevoir si souvent des résultats émanant d'un laboratoire d'analyses médicales, Nagato lui avait demandé d'une voix douce et inquiète s'il était malade.

À ce moment-là, il aurait pu lui dire. Il aurait pu expliquer « Non, ce sont des prises de sang que je dois faire tous les quinze jours dans mon métier parce que je suis acteur de X, donc nous sommes testés régulièrement pour s'assurer que personne ne contamine les autres avec des maladies sexuellement transmissibles ».

Mais il s'était arrêté après le premier mot, un peu ému du soulagement qui était apparu sur le visage de son colocataire et il n'avait pas voulu voir, eh bien, le dégoût transformer cette expression. Et parce qu'il aimait que Nagato se préoccupât de lui, il n'avait pas eu le courage de dire qui il était.

Des coups frappés à la porte le sortirent de ses pensées, alors qu'il observait son colocataire terminer ses pancakes pendant que Mikan sautillait partout avec énergie en racontant à son père sa visite dans une écurie.

C'était donc Yahiko qui venait le voir. Le meilleur ami de Nagato passa la porte, ayant un léger mouvement de recul quand il constata que la décoration de la pièce était pour trois quarts constituée d'affiches de films peu conventionnels, d'accessoires vibrants et de DVD aux titres évocateurs.

— La vache, j'ai beau le savoir, ça fait un drôle d'effet, commenta-t-il en fermant le battant. J'étais présent au tribunal quand Nagato l'a appris, expliqua-t-il. Ça va ?

Itachi resta dans le silence, clignant longuement les paupières, tournant son fauteuil vers le nouveau venu qui grimaça un peu quand le mouvement dévoila le fond d'écran de l'ordinateur. Un homme d'une cinquantaine d'années dans une position lascive s'étalait sur toute la largeur de l'écran et sa nudité laissait voir qu'il possédait autre chose de vraiment large.

Yahiko papillonna des cils, un peu incrédule, et demanda sans trop pouvoir se retenir :

— C'est une vraie ?

Suivant son regard, Itachi resta quelques secondes à examiner le fond d'écran qui dévoilait son idole.

— Hagoromo Ôtsutsuki, il y a une vingtaine d'années, précisa-t-il. C'est une vraie photo, oui.

— Je parlais plutôt de sa… Hem…

Yahiko rosit, Itachi haussa les sourcils, considérant avec dépit la partie de l'anatomie d'Hagoromo que l'autre désignait d'un geste vague.

— J'imagine que tu n'es pas là pour me parler de taille de pénis.

Mal à l'aise, le policier se tortilla, essayant tant bien que mal de détacher ses yeux de l'érection pixellisée. Il finit par hocher la tête en ancrant son regard dans celui d'Itachi.

— À vrai dire, je voulais surtout vérifier que tout allait bien. Apparemment oui.

— Il refuse de m'adresser la parole, grogna Itachi en roulant des yeux. Je ne vois pas comment tu parviens à conclure que tout va bien.

Yahiko retint un commentaire cinglant pour répondre un tout aussi glacial :

— C'est mérité, tu crois pas ?

Agacé par la remarque malvenue, Itachi fit claquer sa langue. C'était une chose que ses amis le lui présentassent ainsi, mais il ne l'accepterait pas venant de quelqu'un qu'il tolérait à peine.

— Je ne pense pas avoir de leçon à recevoir de toi. Si c'était tout ce que tu avais à dire, tu peux sortir, je travaille.

Yahiko grimaça. Ça s'annonçait rude, si Itachi ne voyait pas le problème dans le secret dont il avait entouré sa profession.

— J'ai fait des recherches, relança-t-il. Je me disais que peut-être, on pourrait jouer sur la carte de la protection de la vie privée des personnages publics pour expliquer pourquoi tu avais décidé de cacher ton amour pour les rapports sexuels filmés. Je voulais pouvoir faire plaider le vice de forme, pour faire annuler cette information et pour que le juge n'en tienne pas compte. C'était un peu espérer une négligence improbable de l'avocat de Konan, mais bon… J'ai découvert avec stupéfaction que ce n'était pas ça que tu cachais.

Itachi garda le silence une fois de plus et Yahiko soupira.

— Je ne sais pas ce que tu protèges avec cette loi et je m'en fiche. Seulement, c'était l'unique moyen de faire en sorte que le juge Sarutobi soit clément, donc ta carrière sera prise en compte dans sa décision.

— Ce n'est pas moi qui refuse la conversation, cingla Itachi en fronçant les sourcils et Yahiko roula des yeux.

— Je me doute, je le connais. Laisse-le ruminer dans son coin, il n'est pas du genre à aimer qu'on lui force la main. Quand il sera prêt à entendre ce que tu as à dire, il t'écoutera. Et peut-être qu'il acceptera de te pardonner un jour. Peut-être. Parce que, pour lui, tu ne lui as pas simplement caché ta profession, tu as aussi ruiné ses chances d'obtenir la garde de Mikan et c'est probablement le cas.

Abattu, Itachi sentit la tension de ses épaules se relâcher, les muscles de sa nuque se détendant jusqu'à ce qu'il baissât la tête, chagriné. Il n'avait jamais voulu une telle chose.

« C'est tout à ton avantage qu'il perde. »

La voix de Madara résonna dans son esprit et il la chassa en fermant brutalement les paupières. Bien sûr que non, ça n'était pas à son avantage, ni de près, ni de loin. Pas si Nagato perdait à cause de lui. Pas si cette défaite lui faisait perdre l'affection de son colocataire, ses petites attentions et le soin qu'il mettait à prendre garde à lui. Son oncle avait tort, il n'y avait aucun bénéfice à se retrouver seul avec Nagato, si Mikan n'était pas avec eux, parce que sans sa fille, Nagato serait malheureux.

Il accorda raison à Yahiko d'un hochement de tête douloureux.

— J'espère qu'il me pardonnera, souffla-t-il. Je ne voulais pas lui faire de mal.

— Allez, viens, c'est l'heure du goûter, Mikan est sans doute impatiente de te voir.


À bientôt !