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Chapitre 21
— Maman et Parrain, tu dis ?
— Voui. Avant, ils se fâchaient que quand t'étais au travail et que je fésais semblant de faire la sieste, parce que c'est nul la sieste. Maintenant, ils se fâchent tout le temps. Mais avec le bisou-câlin, tout va mieux !
L'enfant ne se rendit pas compte tout de suite de l'effet qu'avait eue son explication sur son père, mais quand elle s'en aperçut, elle se tut immédiatement et eut un léger mouvement vers l'avant, ses grands yeux bleus scrutant le visage considérablement pale de son papa, ses tremblements et la douleur qu'il y avait dans les prunelles violettes.
— Papa ? chuchota-t-elle. J'ai dit une bêtise ? Je t'ai fait mal ?
Fermant les paupières, serrant poings et mâchoires, il se força à sourire à sa fille, détendant sa main droite pour lui caresser la joue avec douceur.
— Mais non, ma chérie. Je–
Sa voix parut étranglée, Zetsu et Itachi échangèrent un regard. Ils n'avaient pas encore eu l'occasion de se rencontrer, jusqu'à présent, pourtant ils semblèrent se comprendre en un instant. Zetsu fit un mouvement vers la porte et Itachi se leva d'un bond, contournant Nagato et la table pour s'approcher de Mikan et s'accroupir près d'elle.
— Tu viens avec moi ? demanda-t-il. On va aller jouer dans ta chambre et je te raconterai tout.
Si Nagato n'avait pas été aussi pris dans la tempête qui s'était soulevée dans son esprit, il aurait noté la performance d'acteur de son colocataire qui sentait la rage émaner de lui par vagues et qui en avait peur. Pourtant, il ne montra rien du tout à sa fille qui finit par détourner son regard de son père et sourire à son copain :
— D'accord.
Itachi empoigna l'enfant, la portant à travers les escaliers, puis il pénétra dans la pièce fermant la porte derrière eux, au moment où le son de quelque chose qui vole en éclats les atteignait. Mikan finit par mollement se laisser tomber des bras d'Itachi, pour se diriger vers l'endroit de sa chambre où elle entreposait ses jouets.
Le silence épais et tendu qui régnait dans l'appartement fit monter des larmes à ses yeux et elle se jeta dans les jambes de son copain à la recherche de réconfort. Suffoquant à moitié, elle leva ses prunelles humides vers lui en crachotant :
— J'voulais pas faire mal à Papa, tu sais. Il va être fâché après moi. Et je, je, je…
Se baissant à son niveau, Itachi s'empara d'elle, l'enlaçant avec force pour la bercer, caressant doucement ses cheveux, les embrassant.
— Mais non, Mikan, tu n'as rien fait de mal, je te le jure. Papa est fâché à cause du travail.
Elle finit par se calmer, hoquetant comme elle le pouvait pour lui présenter son visage brouillé de larmes.
— Promis-juré ? demanda-t-elle.
— Promis-juré, tu n'as rien fait de mal, d'accord ?
Elle hocha la tête d'un air décidé et essuya ses joues avant de se serrer contre lui et d'aller farfouiller dans ses jouets en scandant « Alors on dit que toi, t'es un prince-acteur et t'es lui, et moi je suis dentiste-vétérinaire et t'es mon grand frère et quelqu'un il a volé mes chevals ».
Distraitement, il la corrigea, recevant entre ses mains une poupée aux allures masculines, alors qu'il se tournait vers la porte, une sombre inquiétude tapie au creux de l'estomac.
Lui qui pensait qu'il ne verrait plus jamais un regard aussi empli de fureur et de douleur que celui qu'il avait vu quand Nagato était venu le trouver à Akatsuki Productions, il se trompait. C'était rien, rien, face à l'ire brûlante qui avait brillé dans les yeux de son colocataire à l'instant même où il avait compris ce que révélait sa fille.
La porte trembla, Mikan s'interrompit dans ses explications pour froncer les sourcils et Itachi sourit.
— Un courant d'air, dit-il avant de tourner de nouveau des yeux inquiets vers le battant. Et pourquoi la princesse du royaume des Écureuils a voulu voler tes chevaux ?
— Parce qu'elle est nulle et méchante et pas jolie et qu'il faut un méchant pour faire une histoire, sinon ça marche pas.
— Dans les histoires d'amour, c'est pas obligé, rétorqua-t-il avec un sourire.
— Voui, mais on peut pas jouer des amoureux, tu veux pas être mon amoureux. Alors tu seras mon frère.
Elle haussa les épaules puis saisit sa main pour le secouer.
— Allez, viens jouer !
Alors il s'arracha à ses pensées, laissant à Zetsu le soin de gérer Nagato qu'il connaissait mieux et depuis plus longtemps. Tout allait très bien se passer.
Pourtant, dans le salon, Zetsu voltigeait à travers la pièce, s'écrasant durement sur une chaise qui se brisa sous l'impact, le laissant grommelant et endolori, alors que la porte d'entrée s'ouvrait à la volée.
Pendant quelques secondes, il chercha à se redresser avant de se lancer à la poursuite de Nagato qui descendait déjà les marches, trop enragé pour attendre l'ascenseur.
S'engouffrant à sa suite, Zetsu jura dans sa barbe, sautant les marches quatre à quatre, ne se souciant même plus de ne pas faire de bruit pour éviter d'alerter les voisins. Et c'était long, treize étages à dévaler, et en même temps si court. Quand il atteignit le troisième étage, il força davantage encore, constatant qu'il ne parviendrait pas à gagner de terrain.
— Eh merde, jura-t-il entre ses dents en arrivant au premier palier.
Il n'hésita qu'une seule seconde, évaluant d'un œil expert la hauteur de la chute, avant de franchir la barrière qui le conduirait directement au rez-de-chaussée. Quand ses pieds atterrirent, il prit un instant pour se stabiliser de nouveau, arrivé derrière son ami qui continuait sa course vers la porte.
Zetsu savait qu'il n'aurait aucune chance de le freiner s'il parvenait à sortir de la résidence.
— Nagato, arrête-toi ! cria-t-il en se jetant sur le dos de son ami pour tenter de l'immobiliser.
— Lâche-moi, ordonna l'autre d'une voix forte, portant les mains aux avant-bras de Zetsu qui enserraient son cou. Je vais lui faire la peau à ce fils de pute, lâche-moi !
La prise de Zetsu se resserra alors qu'il avisait le gardien, le hélant comme il pouvait en constatant qu'il les observait avec méfiance.
— Un peu d'aide, s'il vous pl–
Il n'eut pas le temps de terminer sa réclamation que Nagato le faisait basculer en avant, les faisant chuter rudement à terre tous les deux. Plus prompt à se redresser, le cocu laissa son ami exhaler de douleur avant de se remettre en marche.
Asuma, bien entendu, n'avait pas raté le boucan que la course-poursuite avait provoqué dans les escaliers, si bien qu'il était sorti de sa loge pour s'approcher. Il avait donc assisté, sur ses gardes, au saut de Zetsu – entraînement militaire, avait-il deviné – puis au dégagement de Nagato – forces spéciales, s'était-il étonné.
Et l'échange entre les deux belligérants était sans équivoque : peu importe qui était l'enfant de prostituée évoqué, si le locataire du 1301 sortait, il y aurait des morts. Et il n'en était pas question.
Immédiatement, il se mit en position, poings levés, genoux solidement ancrés, ne lâchant pas Nagato du regard.
— Si tu veux passer, mon con, va falloir en découdre, murmura-t-il.
Mais l'autre n'avait pas l'air d'être inquiété par cette idée. Il était suffisamment près pour qu'Asuma pût voir vibrer la rage jusque dans ses doigts et il retint son souffle. Puis Nagato perdit l'équilibre, saisi à la cheville par Zetsu qui n'avait absolument pas l'intention de le laisser sortir. La prise était ferme, assez pour déstabiliser Nagato qui lâcha des yeux Asuma rien qu'un instant.
Ce fut l'ouverture qu'Asuma attendait : entre le déséquilibre et la perte d'attention, son locataire était vulnérable. Il se jeta en avant, profitant de la déstabilisation pour inciter Nagato à aller rencontrer le sol face la première. Quand il fut à terre, Asuma appuya son genou entre les omoplates, forçant de tout son poids, ramenant le bras droit vers l'arrière, alors que Zetsu se redressait pour venir immobiliser les jambes en s'installant dessus.
— Dégagez, putain, se débattit Nagato tant qu'il put, dégagez !
L'ignorant, Zetsu s'épongea le front et souffla, souriant à Asuma.
— Eh bah merci, c'était joli, vu du sol, ancien militaire ?
— Yep, confirma Asuma en forçant un peu plus sous les secousses. Puis quelques années dans les forces spéciales. Sécurité extérieure.
— Allez vous faire foutre, putain, ponctua Nagato, bordel, cassez-vous !
Zetsu sourit, changea de position pour être plus confortable.
— Comment on passe de la sécurité extérieure au gardiennage d'immeuble ?
— Allez prendre le thé ailleurs que sur mon dos, laissez-moi tranquille !
Asuma appuya plus fort.
— Oh, on se calme, Monsieur Uzumaki, c'est vous qui nous forcez à prendre le thé sur votre dos.
— En plus, t'es pas hyper confortable des jambes, alors la ramène pas, rajouta Zetsu.
— Va tellement te faire foutre.
— J'espère que tu parles mieux que ça devant Mikan, gronda son ami.
Il fallut de longues minutes à Nagato pour arrêter de vociférer et de se débattre et finalement, ils le relâchèrent et le conduisirent à l'étage, où Itachi les attendait, faisant les cent pas, jetant par moments des regards aux débris de la chaise. Quand son colocataire entra, escorté par Asuma et Zetsu, il grimaça en direction des dégâts.
— Je suis désolé, je… Je la repaierai.
— Je ne les aimais pas vraiment, de toute façon, excusa Itachi d'une voix douce. Ça me donnera l'occasion de les changer.
Un regard reconnaissant plus tard, Nagato affirma qu'il avait besoin d'être un peu seul et Asuma laissa les deux autres en tête à tête, lâchant qu'il était en bas s'il y avait quoi que ce fût. Les deux portes claquèrent quasiment en même temps. Et le silence s'étala largement entre Zetsu et Itachi. Le premier finit par tendre sa main au second.
— Nous n'avons pas été présentés, du coup, je suis Zetsu. Je suis coach sportif, précisa-t-il. Et ma spécialité c'est mon pied dans ton cul si tu recommences à cacher des infos cruciales comme le fait que t'es acteur de X.
Itachi se pencha avec un demi-sourire pour murmurer à l'oreille de l'homme à la tache de vin :
— J'ai eu pire que ça à cet endroit.
Zetsu éclata d'un rire tonitruant, lui envoyant une grande tape dans le dos.
— Tu me plais bien, toi.
Il perdit son sourire, néanmoins, quand il porta son regard sur la porte derrière laquelle avait disparu Nagato.
— Je vais rester encore un petit moment, si ça te gêne pas. Au cas où.
Reconnaissant, Itachi hocha la tête.
— Oui, merci, je pense que je serais dépassé.
Se parant d'un air rassurant, Zetsu se jeta dans le canapé, tapotant la place à côté de lui pour inciter Itachi à venir près de lui.
— Maintenant, parlons des choses vraiment importantes : en tant que pro, conseillerais-tu Mon coloc est une pornstar comme première approche ?
Nagato balaya la pièce du regard une nouvelle fois pour s'assurer que tout était en ordre. Maître Tanaka allait bientôt arriver et, si Itachi lui avait certifié qu'il n'était pas nécessaire de faire le ménage de fond en comble pour recevoir Deidara, le policier voulait être certain que l'espace était tout de même agréable et propre.
Les dernières quarante-huit heures avaient été plus que délicates et la colère était tellement sourde qu'il avait déjà délégué à Itachi le moment où Yahiko viendrait récupérer Mikan pour la ramener chez sa mère. Et ça l'énervait de devoir laisser sa fille à ce sale traître. Meilleur ami, tu parles. Ça ne fait pas ça, un meilleur ami. Ou ça a au moins les couilles d'assumer.
Ces derniers jours, son vocabulaire s'était coloré de jurons qu'Itachi n'aurait jamais imaginés entre les lèvres de son colocataire. Parfois, subitement, il se frappait le front en grommelant « bien sûr, et j'avais rien vu, je suis vraiment un fils de con ! ».
Itachi restait persuadé que Nagato s'en voulait bien plus à lui-même qu'à quiconque d'autre. Il s'en voulait de n'avoir rien deviné, d'avoir fermé les yeux sur les indices, pourtant relativement évidents, tentant de se convaincre que jamais Yahiko ne pourrait lui faire une chose pareille. Et pour la première fois, quelques heures plus tôt, il avait conjugué ses sentiments pour son épouse au passé et Itachi avait senti quelque chose remuer en lui, sans s'y attarder outre mesure.
Deidara l'avait appelé pour lui demander s'il pourrait être présent, lui aussi. Il avait une stratégie à déployer et il était nécessaire qu'il soit là, uniquement lui, pas les autres amis. L'avocat n'avait confiance en personne dans l'entourage de Nagato, les considérant tous comme des ennemis potentiels.
Ebisu était arrivé, les bras chargés de dossiers, et Nagato lui avait ouvert la porte avec emphase, portant sur le visage cerné de l'incompétent un regard compatissant. Lui aussi savait ce qu'on ressentait dans une situation d'impuissance totale.
Tout ce petit monde était réuni autour de la table de la salle à manger, alors que Nagato faisait les cent pas, vérifiant qu'il y avait du café, des gâteaux, la possibilité de prendre des notes. Ebisu terminait de relire les fiches qu'il avait rédigées lors des audiences, pour s'assurer de passer un relais clair, net et précis : si le soulagement s'était vu sur son visage quand Nagato lui avait annoncé qu'il allait changer d'avocat, ça n'empêchait pas le commis d'office de vouloir le mieux pour son client.
Bien entendu, quand Ebisu était entré dans l'appartement et qu'il avait constaté qu'Itachi était présent, il n'avait pas su comment s'adresser à lui alors il avait évité autant que possible et la réciproque était vraie : de toute façon l'acteur de X n'avait pas grand-chose à dire à l'homme si coincé qui avait fini par baragouiner un « Mais vous connaissez Samui ? » auquel Itachi avait répondu par un sourcil haussé, avant de raconter qu'il l'avait rencontrée et qu'elle était à peu près comme ses seins : pas très naturelle, gonflée et plus jolie à l'écran qu'en vrai.
Nagato n'avait pas pu s'empêcher d'étouffer un rire et Ebisu avait rougi jusqu'à la racine des cheveux en maugréant un « moi j'aime bien » contrit, tellement bas qu'aucun des deux autres ne l'avait entendu.
À présent, Itachi était installé, feuilletant en parallèle le même scénario et un livre de témoignage d'infiltration écrit par un ancien des services secrets. Il finit par lever la tête vers son colocataire et siffler :
— Arrête de tourner comme un lion en cage, tu me déconcentres, je travaille.
— Va travailler dans ton bureau, tu as un espace entier pour faire ce genre de choses, rétorqua Nagato d'un ton tout aussi agressif.
Itachi soupira en lui portant une œillade sévère et Nagato grimaça avant de prononcer une excuse rapide. Il était tendu et il n'y avait pas que le divorce qui jouait. Le fait était qu'il avait perdu son meilleur ami deux jours avant et qu'il mourait d'envie d'aller lui expliquer sa façon de penser de manière brutale et douloureuse, mais qu'au lieu de ça, il avait dû garder son calme et feindre de n'être contrarié que par le divorce, au moins le temps de voir son avocat et que ce dernier se payait le luxe d'être en retard.
Pouvait-il réellement râler pour le retard ? Il interrogea du regard son colocataire qui avait refermé son livre et son scénario, secouant la tête.
— Pas d'inquiétude. Deidara est toujours en retard. Il adore se faire désirer, précisa Itachi en roulant des yeux.
— Tu sembles bien le connaître, releva Nagato en choisissant de tirer une chaise pour s'asseoir dessus.
Celle qui manquait lui rappelait douloureusement la forfaiture de son meilleur ami. Il battit un rythme nerveux avec sa jambe, s'attirant les regards agacés des deux autres, mais Itachi parut prendre sur lui pour répondre à la question sous-entendue.
— Oui, nous avons été relativement proches par le passé.
— Proches comment ?
Itachi hésita, puis mordilla sa lèvre, posant ses yeux sur le plafond.
— Nous nous sommes connus sur un tournage, lui et moi. Il faisait du hard pour payer ses études de droit et moi, j'avais déjà un début de carrière et quelques films à succès dans mon bagage.
Il esquissa un sourire, plongé dans des souvenirs visiblement assez agréables et Nagato retint une grimace de dégoût qu'il sentait poindre bien malgré lui.
— On est sortis ensemble quelques mois, aussi, rajouta Itachi. Il y a quelques années de ça.
Cette fois-ci, Nagato ne cacha pas son agacement.
— Donc mon avocat est l'ex de mon colocataire et une ancienne pornstar. Génial.
— Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il était une pornstar, rectifia Itachi, un peu gêné. Ce titre ne peut être accordé qu'aux personnes ayant obtenu des récompenses. Et ce n'est pas son cas.
— Contrairement à toi ? ironisa Nagato.
— Eh bien, oui, puisque tu en parles, contrairement à moi. Je comprends que tu n'aimes pas mon métier, mais évite de le dénigrer, je te prie. C'est difficile d'obtenir ces récompenses et je suis fier d'en avoir eu quelques-unes.
Nagato allait répliquer vertement, il s'apprêtait à dire que c'était bien plus facile d'avoir le prix de la meilleure avaleuse de sabres qu'une distinction, par exemple, honorant la bravoure d'un policier lors d'une intervention, comme lui avait eu, quand il était retourné sauver le cul de Yahiko, alors que tout laissait à penser que l'opération était fichue. Finalement, il choisit de s'abstenir : il n'en avait pas après Itachi – pour cette fois – et c'était injuste de lui faire payer les impostures de ce faux-frère de Yahiko.
— Excuse-moi, je…
Il se tut, secouant le menton, refusant de croiser les prunelles de son colocataire qui hocha sèchement la tête.
— C'est rien, je comprends que tu sois tendu.
— Cependant, intervint une voix provenant de la porte d'entrée, les incitant à se tourner dans un bel ensemble, ce dégoût pour le porno est un problème.
Deidara ferma le battant derrière lui, s'annonçant dans un « Boom, c'est moi ! » qui fit sourire Itachi. Il avança jusqu'à la table, dévisagea son ex d'un air dur avant d'observer l'espace.
— Mieux que le trou à rat où t'habitais avant. Je me présente, enchaîna-t-il en tendant sa main à Nagato qui la serra, Maître Deidara Tanaka. Monsieur Uzumaki, je présume ?
— Et mon avocat, compléta Nagato, comme vous l'aviez demandé. En quoi est-ce un problème que la pornographie me dégoûte ?
— Difficile de convaincre un juge qu'il n'y a rien de dangereux, si vous-même n'êtes pas convaincu.
Ebisu hocha la tête avec vigueur, attirant l'attention sur lui. Deidara le considéra un instant, empêchant Nagato de formuler une réponse.
— C'est le dossier ?
Il tendit la main et le feuilleta, papillonnant des cils quand il tomba finalement sur le suivi de carrière de Nagato. Ses yeux allèrent de l'homme jusqu'à son colocataire, puis l'avocat se tourna vers Itachi :
— Tu m'avais dit qu'il était comptable, marmonna-t-il. Peu importe, vous l'avocat de seconde zone, c'était quoi la stratégie que vous aviez prévu de développer ?
— Je n'en avais pas, se lamenta Ebisu. Pas la moindre piste.
Deidara finit par faire le tour pour s'installer sur une chaise, refermant le dossier, alors qu'Itachi disait « il y a du nouveau ».
Nagato expliqua, suivant la demande de son nouvel avocat, les révélations qui avaient été faites par Mikan, ponctuées de hochements de tête encourageants de Deidara qui ne cachait pas le sourire satisfait qui ourlait ses lèvres.
— C'est par-fait ! scanda-t-il en dévisageant son client. C'est vraiment parfait, je ne pouvais pas rêver mieux, la stratégie 3, c'était ma préférée !
— Vous en aviez trois ? s'étrangla Ebisu en remontant ses lunettes sur le bout de son nez.
— Sans avoir consulté le dossier, grommela Deidara comme si l'autre magistrat lui adressait un reproche, et seulement avec les rares infos de Tsuki, je n'avais pu imaginer que sept répliques. Mais la trois est définitivement la meilleure. Elle demande à tout le monde d'utiliser toutes ses compétences. La première chose à faire est d'avérer la tromperie. Pour ça, Tsuki, j'ai besoin de toi.
Ils échangèrent un regard, Itachi cilla, sourit et se leva.
— Je t'amène ça.
Le silence tomba entre eux et Deidara en profita, se balançant sur la chaise pour suivre à travers la vitre les farfouillements d'Itachi. Il en avait pour un moment à chercher, se réjouit Deidara. Il prit le temps d'observer Nagato qui se levait pour proposer du café à Ebisu puis, quand il réussit à saisir son regard, Deidara lança à voix basse :
— Il va vous retourner.
L'autre avocat toussota, crachota, des miettes de gâteau parsemèrent la table alors que Nagato tiquait, ne comprenant pas vraiment. Deidara sourit, désignant son ex d'un hochement de tête.
— Itachi. Il va vous retourner. Ce ne sera pas volontaire de sa part, mais il fait ce genre d'effet aux hétéros.
— Je l'avais entendu de façon plus vulgaire, s'amusa Nagato avant de lui proposer du sucre pour son café.
— C'est tout ce que ça vous fait ?
Haussant les épaules, le policier embarqua la boîte de sucre pour la poser sur la table.
— Qu'est-ce que vous voulez que je dise ? Que je m'insurge ? Ce n'est pas une prophétie inévitable, vous n'êtes pas un devin…
Deidara éclata de rire en saisissant la boîte pour déposer un sucre dans son café.
— Je peux prédire la défaite complète de votre ex-épouse, ça compte ?
— On mettra ça au mérite de son infidélité et de vos talents d'avocat, grimaça Nagato. Qu'attendez-vous de moi ?
À bientôt !
