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Chapitre 22
Une bourrasque de vent plus froid s'engouffra sous ses vêtements, pénétrant le tissu de son écharpe, et Nagato frissonna longuement, reliant son arrêt de tramway à l'avenue qui le ramènerait chez lui. L'air s'était chargé de cette senteur particulière qui annonce une chute de neige et, portant son regard sur les téléphériques dont il distinguait les lumières, il se prit à sourire.
Il aimait cette saison depuis l'enfance. Le mois qui précédait les fêtes de fin d'année s'emplissait toujours d'odeurs délicieuses et les décorations qui fleurissaient sur les devantures des magasins mettaient son cœur en joie.
Se rappelant de comment il allait passer Noël cette année, il perdit son sourire, ses yeux revenant sur le trottoir en avisant une plaque de verglas.
Sa mère le lui avait confirmé, ils seraient tous les cinq réunis pour réveillonner et Nagato s'était senti pâlir quand Fusô lui avait annoncé, ravie, que Yahiko avait accepté de venir passer Noël avec eux, tant elle avait insisté. Oh bien sûr, Nagato n'avait pas révélé à sa mère que son soi-disant meilleur ami était en fait l'amant de sa femme, ça avait été trop dur à prononcer, il espérait encore que Mikan se fût trompée, qu'il eût interprété ce qu'elle avait affirmé, et Maître Tanaka avait été formel : sans preuve, pour l'instant, personne ne devait agir, il fallait faire comme si de rien n'était.
Alors Nagato avait forcé sa voix à prendre des accents ravis pour dire à sa mère « c'est très bien, un Noël en famille » et Itachi, qui était en train de se vernir les ongles sur la table à manger, avait levé des yeux amusés vers lui, quand il avait raccroché.
— Je fêterai Noël avec Jiraiya, avait-il dit. Si jamais tu cherches une excuse pour pas y aller, on va probablement s'enivrer au champagne en regardant moqueusement les films de la concurrence.
— C'est pas cette même concurrence qui a eu le grand prix que vous vouliez ?
— C'est justement pour ça qu'on va se moquer, avait rétorqué Itachi d'un ton plein de sagesse contrebalancée par son air amusé.
Pourtant, à présent qu'il sortait du cabinet de Maître Tanaka, une certaine lassitude s'emparait de lui et prenait le pas sur la colère qu'il aurait dû ressentir. Il avait fait la rencontre de Karin Hôzuki, détective privée, qui avait confirmé la tromperie. Elle avait ricané un « en plus, ils sont même pas discrets » et Deidara avait demandé à Karin de continuer de les suivre, de récolter des informations, pour établir le dossier le plus solide possible.
C'était humiliant, vraiment. Les photos étalées devant lui avaient été prises dans un restaurant où Konan avait toujours refusé d'aller, affirmant qu'ils étaient beaucoup trop chers pour ce qu'ils avaient à la carte voir son meilleur ami porter un regard si amoureux à sa femme dans ce décor appuyait les mensonges auxquels il avait cru sans les questionner, parce qu'il avait eu confiance et ce fut finalement sa propre naïveté qu'il s'était retrouvé à maudire dans le cabinet de l'avocat.
Ce jour-là, c'était encore Zetsu qui se chargeait d'aller récupérer Mikan à l'école. Il avait affirmé qu'il voulait rendre service, mais la petite fille s'était empressée de raconter à son père combien Zetsu aimait bien regarder la maîtresse de l'autre classe. Alors, avec une moue sceptique, Nagato avait hoché la tête vers son ami, ponctuant d'un « rendre service, hein, bien sûr », plus amusé que vexé.
Maître Tanaka avait été parfaitement clair : pour lui, il n'était pas question de signaler le changement d'avocat avant la troisième audience, il n'avait pas l'intention de laisser Maître Ryôtenbin se préparer et ça passait par entretenir de fausses relations cordiales avec Yahiko. Deidara lui avait dit avec un rictus, « je sais que vous êtes capable de faire semblant, vu que vous laissez Itachi penser que vous êtes comptable ».
Avisant le prêtre de la paroisse à côté en difficulté, Nagato s'approcha prudemment avec un sourire, l'homme tournant vers lui un regard étrange. Il fallut quelques instants au policier pour comprendre que l'ecclésiaste portait un œil de verre, en plus de sa cicatrice sur le menton.
— Puis-je vous aider ? proposa-t-il en tendant la main vers l'homme.
— Oh, je vous en prie, remercia le prêtre avec un sourire. Je n'avais pas vu la plaque de verglas, avant de me garer là, expliqua-t-il en désignant sa vieille voiture aux couleurs camel, je suis bien embarrassé pour ramener mes courses. Je prépare une soupe pour les démunis, il me manquait des ingrédients. Quelques paroissiens et moi-même allons la distribuer ce soir, dans le parc.
Nagato s'empara du sac de courses, qu'il cala sous son bras, tendant l'autre à l'homme afin qu'il pût s'y tenir pour traverser la plaque de verglas sans chuter.
— Vous êtes bien aimable, mon fils. Aurons-nous la chance de vous voir venir nous aider, ce soir ? Cela me permettrait de vous instruire sur le diable et ses intentions.
— Ça aurait été avec plaisir, mais j'ai beaucoup à faire, malheureusement.
Le prêtre fronça les sourcils, observant avec attention le profil de l'homme qui s'était porté à son secours.
— Vous semblez grandement soucieux, puis-je vous aider à y voir plus clair ? Pour vous remercier de l'aide généreuse et désintéressée que vous venez de m'offrir.
Nagato soupira, suivant les instructions du vieil homme pour le conduire jusqu'à l'entrée de son église.
— Disons que j'ai l'esprit encombré, ces temps-ci, céda le policier en poussant une porte. Mais je ne veux pas vous embêter avec ça. Ça me fait déjà du bien de savoir qu'il existe des personnes comme vous.
Souriant, l'homme récupéra son sac de courses et s'inclina légèrement devant Nagato.
— Si jamais vous avez besoin, venez donc ici et demandez le père Danzô. Je saurai me rendre utile.
Le policier le remercia chaleureusement, avant de sortir, son sourire se transformant quand il repensa à l'insistance de l'homme à propos du diable. Il rentra finalement chez lui, restant quelques instants derrière la porte pour écouter les chamailleries de Zetsu avec Mikan, surpris par la présence étouffée d'autres rires qu'il ne parvenait pas à identifier.
Il poussa le battant, accueilli par le spectacle de Mikan mettant Zetsu à terre – il avait énormément accompagné le mouvement – sous les regards hilares d'Itachi et quelques-uns de ses amis. Papillonnant des cils, Nagato réceptionna sa fille qui se désintéressa bien vite de Zetsu pour se jeter dans les jambes de son père et lui raconter sa journée.
Il finit par la reposer quand son téléphone vibra dans sa poche et il roula des yeux en voyant le nom de son ex-femme s'afficher sur l'écran.
— Bonsoir, mon amour, que me vaut le déplaisir ? décrocha-t-il avec aigreur.
Autour de lui le silence se fit instantanément, les conversations en sourdine lui parvenaient étouffées, les amis de son colocataire ayant décidé de chuchoter, Zetsu récupérant Mikan pour qu'elle allât s'asseoir avec les autres, pour laisser à Nagato la place pour discuter avec Konan et retirer ses vêtements d'hiver.
— Quel accueil contradictoire… Je voulais t'appeler parce que quelque chose me turlupine… Mikan a mentionné une des amies de ton colocataire, Hinata… Nous sommes bien d'accord qu'à présent que tu sais comment cette… femme… gagne sa vie, il n'est plus question de la laisser s'occuper de notre enfant ?
Nagato tourna les yeux vers Hinata. Ses prunelles se posèrent sur Mikan, l'empêchant de rétorquer de façon sèche, puis il se pencha pour délacer ses chaussures.
— Nous ne sommes pas d'accord, soupira-t-il. Quand c'est ma semaine, je gère Mikan et qui l'entoure comme je le souhaite. Si tu voulais t'occuper de mes fréquentations, il fallait rester mariée avec moi.
— Oh écoute, il ne s'agit pas de nous, il s'agit de donner le meilleur à notre fille et je ne suis pas sûre que cette femme corresponde à ce que nous avions défini en ayant Mikan.
Les chaussures volèrent dans l'entrée, il retira son manteau, qu'il abandonna sur le dossier d'une chaise.
— Ma réponse ne changera pas. Si c'était tout ce que tu avais à me dire, je vais–
— Je suis inquiète, avoua Konan.
Et Nagato était prompt à la croire. Il consentit à la laisser développer.
— Hinata est tout de même une actrice de X prisée et réputée. Si elle va la chercher à l'école, que des gens la reconnaissent, quelle image auront-ils de notre fille ? Je ne voudrais pas que ce genre de relations que tu as nuise à Mikan et tu sais combien les associations d'idées sont rapides. Ta mère m'a dit que tu avais l'intention de déménager, alors il vaut peut-être mieux freiner les contacts de suite. Ça évitera que Mikan s'attache trop à des personnes que tu ne seras plus amené à fréquenter par la suite, et ça lui épargnera un chagrin inutile.
S'avançant dans la cuisine, il saisit un verre, ouvrit le robinet pour l'emplir d'eau, avant de soupirer bruyamment, abandonnant son gobelet plein pour s'engouffrer dans sa chambre et mener la fin de sa conversation sans blesser personne.
— Bon, Konan, maintenant ça suffit. Admettons. Admettons que quelqu'un reconnaisse Hinata, il se passera exactement la même chose que lorsque Maître Iruka a reconnu Itachi, réalisa-t-il. C'est-à-dire strictement rien. Mais si tu veux jouer au contrôle des fréquentations, je trouve que tu as des idées vraiment immondes depuis que tu t'es rapprochée d'Hanae et je ne veux pas de ce genre de pensées nauséabondes près de ma fille. Donnant-donnant ? Tu arrêtes de fréquenter ta meilleure amie ?
— Hanae ne vend pas son cul, elle n'est pas une actrice de la dégradation de l'image de la femme et elle n'est pas–
— J'ai plein de choses à faire plus intéressantes que t'écouter, je te souhaite une bonne soirée.
Il prit un plaisir immense à raccrocher au nez de son ex-épouse, laissant un petit sourire étirer ses lèvres quand il ignora l'appel suivant. Il abandonna son téléphone dans sa chambre, avant de la quitter pour s'approcher du groupe et saluer Kisame, Kiba et Hinata, et Mikan lui tendit un regard curieux :
— C'était Maman ?
— Oui, ma chérie, c'était Maman.
— Vous vous disez quoi ?
— Disiez, corrigea Itachi sans y penser.
— Vous vous disiiiez quoiiii ? reprit Mikan en sautillant sur les genoux d'Oncle Zetsu.
Nagato fit semblant d'hésiter et de céder sous le regard suppliant de sa fille.
— Elle a reçu une lettre du Père Noël qui demande si tu es sage chez Papa aussi. Alors j'ai dit à Maman que j'allais vérifier que tu avais bien pris ta douche et fait tous tes devoirs.
L'enfant porta sa main à sa bouche, comme prise en faute, puis elle sauta à bas de Zetsu pour se précipiter vers sa chambre (« Ne cours pas dans les escaliers, Mikan », grogna Itachi) afin de finir les devoirs qu'elle n'avait pas faits pendant l'étude. Amusé, Nagato regarda la porte de la chambre se fermer puis il ricana.
— Ça marche à tous les coups à cette période de l'année.
— Et en vrai, elle voulait quoi ? grogna Zetsu en se renfrognant d'un coup.
Malgré lui, Nagato tourna les yeux vers Hinata, avant de secouer la tête.
— Rien qui ne vaille la peine qu'on s'y attarde. Par principe, je dirai non à tout ce qu'elle me demande.
— Bah tu m'étonnes, aboya Kiba en serrant Hinata contre lui. Itachi nous a touché deux mots de ton histoire, sérieux, elle abuse. Quoi ? C'est pas parce que je suis acteur de X que j'ai pas de race.
— Un point pour l'homme des cavernes, signala Kisame. Dans mon univers, ne pas respecter un contrat, c'est le déshonneur total. Donc tu as mon soutien.
— Ton univers ? interrogea Nagato sans comprendre.
— BDSM, ricana Kisame.
Fermant les yeux, Nagato décréta qu'il ne voulait pas de cette information, mais remercia tout de même les deux autres acteurs pour le soutien, Itachi soupira finalement en portant ses rétines sur sa montre.
— Vous voulez rester dîner ? C'est Nagato qui cuisine.
Pendant les quinze jours qui suivirent, Nagato parvint à éviter de se retrouver seul avec Yahiko, esquivant ainsi toute envie subite de lui casser la figure qui aurait pu ruiner ses chances lors de l'audience du 28 décembre.
Il avait bien entendu prévenu Zetsu de ne pas agir contre son ancien meilleur ami, et le coach sportif avait accepté de mauvaise grâce en sifflant « par contre, dès que l'audience est passée, octogone et je lui démonte la face pour ton honneur ».
Karin Hôzuki cherchait toujours à cumuler des preuves et les appels réguliers de Maître Tanaka le rassuraient énormément. Travaillant de concert avec Ebisu, ils avaient réussi à monter un dossier béton et l'orchestration de la séance avait bien avancé.
Depuis le repas qui avait eu lieu chez Nagato et Itachi, Zetsu s'entendait suspicieusement bien avec Kiba, les amenant à passer beaucoup de temps ensemble. Le policier jaugeait cette connivence d'un œil mitigé, ravi pour Zetsu qui avait toujours eu beaucoup de difficulté à se faire des amis et vaguement inquiet de l'association des deux.
Lorsque Yahiko frappa à la porte de son bureau, il prit le temps de se composer un visage presque anxieux avant de l'inviter à entrer d'une voix fatiguée. Croiser son regard lui donna envie de se jeter en avant pour lui éclater la tronche, mais il se contenta de sourire quand l'autre lança :
— On se voit quasiment plus, en ce moment, dis donc…
— Je profite au maximum de Mikan, répondit Nagato avec une grimace, quand c'est ma semaine.
Yahiko tira une chaise pour s'asseoir, claquant un journal sur le bureau – qui titrait « Renforcement de la loi de protection de la vie privée : le bras de fer s'achève » – et les yeux de Nagato survolèrent le sous-titre « Les syndicats de police s'indignent de la décision du Sénat, reprochant au texte de saper le travail des agents », puis il observa de nouveau le rouquin qui soupirait.
— Ouais, je suis désolé, avec toutes ces conneries, j'ai pas eu une minute à moi. Ça va mieux, avec Itachi ?
Nagato saisit le quotidien pour le déplier et se rendre à la page de l'article pour le lire en grommelant – sincèrement – après cette nouvelle loi qui venait étendre encore l'arsenal juridique pour la protection des grands de ce monde qui souhaitaient cacher des choses aux enquêteurs.
— J'ai cédé du terrain. Vu qu'Ebisu n'est absolument pas convaincu de gagner, je préfère que l'ambiance soit bonne quand elle est là. Enfin, écarta-t-il en désignant le journal. Au moins, je comprends pourquoi le commissaire voulait tant pour qu'on finisse les Sharingan Industries au plus vite.
— C'est un scandale, rebondit Yahiko sans paraître insister sur le divorce. Comme si c'était pas assez difficile de mettre la main sur les méchants, maintenant, la justice va aller dans leur sens. Ça me fout hors de moi !
— Le syndicat va faire quelque chose ?
— J'sais pas, j'ai pas eu le temps d'y passer, vraiment, on est toujours en mission. Tu veux que je prenne des renseignements ? Je te donnerai ce que j'ai à Noël…
Feignant l'étonnement, Nagato sourit :
— C'est vrai que tu seras là, ça me fera plaisir. Quand ma mère m'a dit qu'elle avait invité Konan, j'ai eu un peu peur, mais je suis rassuré de savoir que tu seras présent, ça permettra d'éviter les disputes ! On fait une petite soirée chez moi, pour Nouvel An, tu voudras venir ?
À vrai dire, c'était assez facile de faire semblant. Les automatismes ne s'étaient pas perdus, les plaisanteries finirent par arriver toutes seules et pendant quelques instants, il oublia la traîtrise, il oublia la douleur qu'il avait ressentie en entendant Mikan, en voyant les photos, et il eut l'impression de revenir des années en arrière.
Quand Yahiko quitta son bureau sur un éclat de rire, Nagato laissa le sien mourir, et le chagrin le frappa avec force. Effectivement, leur relation était comme ça depuis la naissance de Mikan. Quelque chose lui serra soudainement le cœur, alors qu'il se souvenait des paroles de Maître Tanaka : « Ça peut vous blesser, ce que Karin va trouver. Elle va gratter loin… Vous allez peut-être découvrir que votre meilleur ami vous trompe depuis des années. »
Un frisson d'horreur remonta le long de son dos, se perdant sur sa nuque et le forçant à fermer les paupières.
Combien de fois avait-il entendu « C'est vous, le père ? » d'un air étonné, les yeux se portant sur Yahiko avec stupeur ? Combien de fois avait-il dû expliquer que oui, lui aussi était roux comme son ami quand il était petit, qu'il avait foncé avec l'âge ? Que oui, Mikan était sa fille ? Comment pourrait-elle être celle de son meilleur ami ?
Il mordit l'intérieur de sa joue pour s'empêcher de grogner de rage et de pleurer, se forçant à penser à autre chose, à ne pas revenir sur ça, Mikan était son enfant, il en était certain. Mikan était son enfant, par-delà les gènes et ça ne changeait rien si elle n'était pas vraiment de son sang, c'était tout de même son bébé, sa princesse et son rayon de soleil. N'est-ce pas ?
Pourtant, quand il franchit le seuil de chez lui, plusieurs heures plus tard, le doute continuait de le ronger. Prenant sur lui, il se força à aller taper à la porte du bureau d'Itachi, malgré un accord tacite qui disait qu'il ne poserait jamais un orteil dans cet antre de la pornographie. Il évita soigneusement tous les posters, les DVD et la vidéo mise en pause – yerk, pensa-t-il tout de même – pour tortiller ses mains en cherchant ses mots, les yeux rivés sur le visage de son colocataire.
— Tu fais souvent des analyses de sang, posa-t-il comme base de réflexion.
Itachi hocha la tête, faisant pivoter son fauteuil vers Nagato qui n'avait vraiment pas l'air bien dans ses pompes.
— Oui, tous les quinze jours. Pour vérifier qu'aucune maladie ne circule sur les plateaux. Certains de mes collègues ont une vie privée intense.
— Ils sont discrets ? Dans ce laboratoire, ils sont… Ils sont discrets ?
Approuvant avec fougue, Itachi entreprit de raconter l'anonymat dont les tests étaient entourés dans la base du laboratoire, la diffusion des résultats d'une part auprès de Jiraiya, d'autre part auprès des acteurs – c'était contractuel et c'était la seule information sur la santé de son personnel qui était communiquée, en outre.
Jiraiya demandait également des contrôles de toxicomanie, mais c'était principalement dû à des problèmes survenus sur le tournage quelques années plus tôt, après qu'un des acteurs fut revenu sur les plateaux shooté à la cocaïne après une soirée particulièrement mouvementée.
Quand il finit sa tirade, Nagato hocha la tête, baissant les yeux.
— Et… Est-ce qu'ils font les tests de paternité ?
— Les tests de paternité ? Mais pourq… Mikan est ta fille, rassura-t-il immédiatement. C'est certain.
— Je veux seulement que tu répondes à ma question, pas que tu me lances des paroles creuses pour lesquelles ni toi ni moi n'avons de certitude. Ose me dire que ça ne t'a jamais effleuré l'esprit.
Capitulant, Itachi soupira.
— Ce serait mentir. C'est vrai que j'y ai déjà pensé. Mais réfléchis bien, si les tests reviennent négatifs, qu'est-ce que tu feras ?
— J'en sais rien, confessa Nagato. J'en sais rien, je crois que j'ai besoin de me rassurer et de me dire qu'il y avait quelque chose de réel entre Konan et moi. Qu'il y a eu quelque chose d'heureux dans notre histoire et que tout n'est pas un échec.
Avisant l'air perdu de son colocataire, Itachi secoua la tête.
— Bien sûr que c'était réel. Même si… Même si Mikan n'avait pas ton sang, tu es son père et tu l'aimes comme ta fille et…
Il se tut finalement, secouant la tête.
— Ils font les tests de paternité, confirma-t-il. Mais je t'en conjure, réfléchis bien avant de le faire. Mikan est bien trop mignonne pour payer un possible négatif dont elle n'est pas responsable. Elle t'aime si fort, ne prends pas le risque de la blesser.
Nagato soupira bruyamment, attrapant le courrier que lui tendait Itachi – où il trouverait toutes les informations du laboratoire afin d'effectuer les tests –, notant au passage que son colocataire était de toute évidence en bonne santé. C'était la seule bonne nouvelle de la journée, pensa-t-il avec dépit.
À bientôt !
