Bonjour tout le monde ! Merci d'avoir pris le temps de lire le précédent chapitre !

Voici le nouveau : attention c'est une version non corrigée, il se peut qu'il y ait des erreurs d'orthographe ET des répétitions. Je me suis aperçue ce matin qu'on était vendredi et j'ai pas eu le temps de le corriger, je ferai un update ce soir !


Chapitre 23

Le bouchon se hissa hors du goulot de la bouteille de champagne avec un « pop » satisfaisant, et Madara émit un léger rire en récupérant la coupe que lui tendit le serveur pour la faire passer jusqu'à Izuna, avant de remettre la deuxième à Itachi et de garder la troisième entre ses doigts.

— À nos victoires, scanda-t-il, aussi minces soient-elles !

Les coupes s'entrechoquèrent, Izuna portant la coupe à ses lèvres avec réticence, n'y trempant qu'à peine les lèvres, alors que Madara vidait la sienne d'une traite. Il porta un regard à son cadet l'incitant d'un regard à s'asseoir.

— Détends-toi, petit frère. On a le droit de se reposer une soirée de temps en temps, surtout pour fêter une telle avancée.

— Si tu le dis, soupira Izuna de sa voix aux inflexions si dures avant de finalement prendre une position plus souple sur la chaise où il avait pris place. Comment se passent tes… tournages, Itachi ?

Surpris, haussant un sourcil face à la pause un peu insultante qu'avait prise Izuna, l'acteur consulta son oncle du regard qui lui fit signe de ne pas prêter attention au ton du dernier Uchiha présent. Itachi esquissa un sourire, reportant ses yeux sur le bras droit de Madara :

— Très bien, je vous remercie. Nous allons bientôt commencer le tournage d'Un flic à Vice-city, c'est un véritable tournant dans ma carrière. Je m'éloigne totalement du film pornographique classique, c'est un pari risqué.

— Vraiment ? s'interrogea Madara avec un sourire. En quoi ?

— Déjà, au début du film, mon personnage est hétérosexuel. En termes de performance personnelle, pour moi, c'est risqué, il y a des scènes de sexe réel avec ma partenaire.

— En quoi est-ce différent de la pornographie ? questionna Izuna, curieux bien malgré lui. Je pensais que la pornographie était déjà du sexe réel.

Itachi lui porta un regard d'autant plus surpris qu'il était rare d'entendre l'homme émettre des phrases de plus de quelques syllabes. L'acteur pensait que la différence entre le sexe et la pornographie était plutôt évidente, aussi fit-il très attention quand il répondit à ne pas vexer l'homme en le prenant pour un idiot.

— Il s'agit plutôt de reproduire une scène de sexe comme un film classique, mais sans tous les accessoires utilisés pour simuler la pénétration, elle sera véritable, c'est très différent de la pornographie.

Et c'est très inquiétant que vous confondiez sexe réel et pornographie, je plains vos partenaires, tut-il.

Et si le sexe classique avait tendance à l'ennuyer un peu, il n'en restait pas moins parfaitement conscient qu'il jouait des rôles dans des films et que ce qui ressortait à l'écran n'était absolument pas le reflet de ce qu'il se passait réellement sur les plateaux. Ou dans sa vie personnelle. Principalement parce qu'il n'avait aucune vie personnelle de ce genre.

— Ah bon, rétorqua Izuna en croisant les bras d'un air pensif. Eh bien, je me coucherai moins bête, je suppose.

— Et ton colocataire, dévia Madara, comment se porte-t-il ?

— Il a appris quelle était ma profession, grimaça Itachi avant d'avaler une nouvelle gorgée de ce fabuleux champagne. Il l'a assez mal reçu.

D'un geste, Madara exigea un second service, Izuna refusant une seconde coupe de champagne et prenant un regard plein de reproches de son frère.

— Tu devrais vraiment te laisser aller, parfois, s'exaspéra Madara. Dois-je intercéder en ta faveur auprès de lui ? revint-il vers Itachi qui se prit à sourire.

— Non, ça va mieux. Je crois qu'il commence à me pardonner. Il me parle de nouveau, en tout cas. Ce n'est pas encore aussi complice qu'avant, mais ça revient…

Il se tut une seconde, mordillant ses lèvres d'un air embarrassé, ses joues se colorant d'un peu de rose – il ne sut pas si c'était dû au champagne qui lui montait à la tête, ou s'il s'agissait de l'embarras.

— Je… Je crois qu'il me plaît. Mais je… Je ne sais pas, c'est peut-être seulement qu'il est paternel avec moi, et… Je vous avais dit qu'il s'assurait que je ne fasse rien qui me mette en danger…

Madara hocha la tête, son regard se faisant perçant et Itachi leva la tête vers lui.

— Ah non, mon oncle, ne menez pas une enquête qui me mettrait mal à l'aise. Je vous en prie, je connais ce regard, vous avez traumatisé mon dernier petit-ami.

— S'il est impressionné par si peu, il ne te mérite pas, trancha Madara avec un sourire. Mais très bien, si tu insistes, je ne mènerai pas d'enquête.

— J'insiste. Il ne sait pas qui je suis et je ne tiens pas à ce qu'il le sache. J'aime mieux qu'il pense à moi comme son coloc acteur de X.

— Alors tu espères qu'il finisse par regarder tes films et par se rendre compte qu'en fait, ça lui plaît ? ricana l'homme d'affaires.

Le rire trouva un écho à la fois chez Izuna et Itachi qui finit sa coupe sous la pression du serveur qui souhaitait le resservir.

— Ça fait scénario de mauvais film, ça, répondit l'acteur, amusé. Mais très honnêtement, il ne comprend déjà pas pourquoi je fais ce métier, je n'ose imaginer comment il réagirait si je lui expliquais que j'ai renoncé à ce que j'avais pour ça. Je ne pense pas qu'il pourrait comprendre que je fais seulement quelque chose que j'aime.

Izuna secoua la tête avec un soupir.

— Si c'était le cas, alors Madara aurait raison : il ne te mérite pas.

— De toute façon, nous n'en sommes pas là, et nous n'y serons probablement jamais, il est hétéro. Je suis seulement très satisfait qu'il accepte de me parler. Je ferai probablement une apparition à la troisième audience de son procès, annonça-t-il. Deidara voudrait que j'y aille, mais il souhaiterait que j'y aille en tenue de tournage.

— Totalement nu ? s'étonna Izuna. Ça fait mauvais genre, dans un tribunal.

Madara ne put retenir le fou rire qui lui échappa à la fin de sa réplique, imaginant son neveu pénétrer nu dans une salle d'audience, face à un juge qui avait probablement presque trois fois son âge. L'image cocasse resta imprimée sur sa rétine, intriguant son frère et son neveu, jusqu'à en pleurer. Quand il essuya le bord de ses yeux avec un soupir dans lequel flottait encore le son de son rire, il porta à son cadet un regard attendri.

— Tu vois, c'est exactement pour ça qu'il faudrait que tu te détendes plus. Tu es la personne la plus drôle que je connaisse.

Itachi contempla la complicité des deux frères avec un peu de nostalgie vissée au fond du cœur et, brutalement, Sasuke lui manqua. Il aurait aimé pouvoir conserver une relation aussi complice avec son cadet et le protéger comme Madara protégeait Izuna.

C'était peut-être l'approche de Noël, peut-être, mais il eut envie d'entendre le son de sa voix, de savoir comment il se portait et ses yeux se perdirent sur la table. Quand Madara lui demanda ce qu'il avait, il mentit, un pieux mensonge, prétendant être seulement fatigué. Son oncle ne le crut pas, mais n'en dit rien.

Quand Itachi rentra chez lui, il sentait vraiment l'alcool et ses lunettes ne suffisaient plus à maintenir son champ de vision parfaitement clair. Il s'écroula sur son lit, ravi d'avoir accepté que le chauffeur de Madara le raccompagnât, espérant qu'un verre d'eau finirait par se matérialiser sur sa table de chevet comme par enchantement.

Il se réveilla une première fois quelques heures plus tard, assoiffé, et un récipient plein d'une eau rafraîchissante avait fait son apparition à ses côtés, ses couvertures rabattues sur lui. Un sourire ravi naquit sur ses lèvres alors qu'il tournait ses yeux en direction de la chambre de son colocataire.


Le matin du 25 décembre, ce fut un coup de sonnette appuyé et impatient qui réveilla Nagato. Il mit quelques instants à se rappeler qu'il se trouvait dans sa chambre chez sa mère. Il avait fait la route de nuit, comme souvent, et pesté tout du long contre cette foutue neige qui l'obligeait à ralentir l'allure.

Se redressant dans son lit, il tendit l'oreille pour écouter sa fille s'écrier « Oooooh ! Le Père Noël il a laissé plein de cadeaux, ici ! », la voix de l'enfant bientôt ponctuée par celle de Yahiko. Nagato se laissa retomber sur son matelas en secouant la tête.

— Vous ne prenez même pas la peine de bien faire semblant, grommela-t-il à l'adresse de son plafond. Vous me prenez vraiment pour le dernier des cons.

La colère qui se réveilla le força à s'enfoncer un peu plus dans les couvertures, tâtonnant le sol près de son lit à la recherche de son téléphone portable. Quand il le déverrouilla, la lumière de l'écran le fit plisser les paupières alors qu'il accédait au milliard de messages que Zetsu lui avait envoyés pour savoir comment il allait, si ce n'était pas trop dur, dans quelle ville il souhaitait enterrer le corps de Yahiko, si ça pouvait attendre le printemps, histoire que la terre dégèle, s'il pensait, grâce à la photo, que la dinde qu'il s'était préparée était assez cuite, si ses cadeaux lui avaient plu, s'il avait déjà été arrêté par les flics et le dernier, finalement, qui disait : « J'dois appeler Itachi et Kiba pour qu'ils paient ta caution, c'est ça ? » auquel il répondit un « Relax, je me réveille à peine. ».

Consentant finalement à s'extirper de son lit douillet et confortable, il passa une main dans ses cheveux avant de se lever pour passer la porte de sa chambre et descendre les marches.

Arrivé en bas, il tomba sur Mikan qui se jeta sur lui et il scruta son visage à la recherche d'un quelconque indice qui indiquerait qui était le père de cette enfant, un trait héréditaire qui viendrait de lui et de seulement lui. Les yeux bleus de sa fille pouvaient aussi bien venir de lui que de Yahiko, et le nez retroussé, les quelques taches de rousseur venaient clairement du côté de Konan. Il se concentra pour écouter ce que disait l'enfant :

— … spère que le Père Noël m'a apporté la maison de la poupée !

— On verra ça après le repas, ma chérie, d'accord ? Tu me laisses dire bonjour à Mamie ?

Un sourire plus tard, il se tourna vers sa mère qui venait de s'approcher pour lui tendre l'enfant, embrassant sa joue au passage.

— Bonjour, Maman.

— Bonjour mon fils, tu es arrivé très tard, cette nuit, je t'ai entendu. Que s'est-il passé ?

— Beaucoup de neige… Je suis parti tard, aussi, je dois bien l'admettre.

Désapprouvant d'un mouvement de tête, Fusô soupira en replaçant Mikan sous son bras.

— Tu sais que je n'aime pas quand tu roules de nuit, pourtant… Va t'installer, j'espère que tu as faim !

À vrai dire, pas vraiment. S'il devait être honnête avec lui-même, passer tout un repas avec Yahiko, Konan, Mikan et sa mère, c'était dérangeant.

Les deux premiers passeraient sûrement tout leur repas à essayer au maximum d'éviter d'attirer l'attention sur eux, lui-même devant tout faire pour ne pas montrer à Yahiko qu'il savait tout et qu'il lui en voudrait probablement jusqu'à la fin de sa vie.

Le fait était que maintenant que les soupçons avaient effleuré son esprit, il ne parvenait plus à regarder son enfant comme avant, il y avait une certaine retenue en lui, il cherchait sans trouver un signe qui pourrait montrer qu'il avait tort de douter. Écoutant les conseils d'Itachi, il avait reporté à plus tard la possibilité de faire un test de paternité, se convainquant que ce n'était pas si grave, tentant de s'assurer qu'il était certain qu'elle était bien de lui, mais il n'y parvenait pas vraiment.

Et au milieu de tout ça, sa mère, qui détestait les conflits, ferait probablement tout pour ménager la chèvre et le chou, amplifiant sans le vouloir un malaise qui ne pourrait se dissiper que quand Nagato les aurait tous deux jetés hors de sa vie. Il n'avait rien dit à sa mère. Il craignait qu'elle ne comprît pas, qu'elle se rangeât du côté de ses deux ex. Il lui avait souvent semblé que sa mère préférait Yahiko qui avait tellement plus de qualités que lui-même. Et Fusô avait toujours eu un énorme faible pour Konan, en qui elle se reconnaissait quand elle était plus jeune. Alors, il s'était tu.

Peut-être avait-il eu tort, s'en voulut-il en se forçant à ne pas rejeter Yahiko qui s'approchait de lui pour l'enlacer en lui promettant son soutien durant le repas.

« J'en veux pas de ton soutien »

Sa voix intérieure se tut à l'approche de l'enfant qui s'installa près de lui et, s'assurant qu'elle avait bien mis sa serviette sur ses genoux, que ses mains étaient propres, Nagato sortit son téléphone pour consulter la notification qui venait de se signaler par un bip sonore.

Il éclata de rire et montra le téléphone à sa fille :

— Tiens, regarde, Itachi aussi fête Noël.

— C'est qui le monsieur à côté ?

Récupérant son téléphone, Nagato avisa son colocataire, l'air dépité, vêtu d'un splendide pull en laine à tête de renne aux couleurs criardes verte et rouge, le serre-tête assorti et l'homme d'environ soixante ans qui se tenait près de lui, l'enlaçant par le cou, bien plus souriant. Un bout de doigt passait sur l'objectif de l'appareil-photo. Le policier sourit à sa fille.

— C'est Jiraiya, son père adoptif. Tu sais, il nous en a parlé, de Jiraiya, c'est lui qui t'a donné ta caméra.

Elle hocha la tête, et reprit le téléphone de son père pour enclencher la caméra. Elle tira Nagato vers elle avec un « Souris, Papa ! » puis elle appuya sur le bouton, avant d'expédier la photo sous le regard de Konan qui papillonna des cils.

— Tu t'entends bien avec ton colocataire, lança-t-elle innocemment.

Forçant un sourire sur sa bouche, Nagato se redressa, tourna la tête vers la cuisine pour savoir ce que faisait sa mère. La conversation allait partir sur une pente glissante, il le sentait.

— Je n'ai absolument pas envie de répondre à ton interrogatoire, affirma-t-il d'une voix douce, pas devant Mikan, pas trois jours avant l'audience pour le divorce et certainement pas le jour de Noël.

— Maître Iruka, rebondit Mikan, il dit que c'est pas grave d'avoir des parents divorcés et que c'est pas parce que vous vous divorcez que ça veut dire que vous m'aimez plus. Et Maître Iruka, il aime bien Itachi, il est tout rouge quand c'est Itachi qui vient me chercher.

Nagato sentit son cœur se serrer une seconde. Il n'avait pas réalisé que sa fille pourrait craindre être la cause du divorce de ses parents, et l'idée du test de paternité lui effleura l'esprit un instant. Il retira sa main de près de sa fille et Yahiko réagit, en lui portant un regard plein de reproches, il changea de sujet :

— Ah bon ? Maître Iruka est amoureux d'Itachi ?

— Nan, répondit Mikan en saisissant son verre d'eau alors que Fusô revenait avec un plat immense entre les mains. Il le trouve beau, c'est pas pareil. Mais c'est vrai il est beau, pas vrai, Papa ?

— Euh… Maman, tu as besoin de moi ? détourna Nagato.

Sa mère posa une main sur son épaule pour l'empêcher de se lever, souriant et secouant la tête.

— Mais non, mon chéri, reste assis, je m'en occupe.

Il retint un grognement, Yahiko attira de nouveau l'attention sur lui :

— Pour Nouvel An, c'est chez toi, c'est ça ? Y aura qui ?

Nagato força une fois de plus son sourire, se disant qu'à la fin du repas, ses joues seraient endolories. Quand Fusô revint, pour apporter le dernier plat, elle amena également une distraction inattendue, réorientant les conversations sur Mikan en lui demandant ce qu'elle espérait avoir pour Noël.

L'enfant reporta son regard sur le sapin coloré et clignotant ainsi que le tas de paquets aux teintes acidulées, ses joues s'agrémentèrent d'une légère touche de rose alors qu'elle racontait à sa grand-mère exactement tout ce qu'elle espérait trouver sous le sapin, captivant l'attention des quatre adultes qui évitaient d'échanger des regards.

Fusô ne comprenait pas vraiment le comportement de son garçon. La dernière fois qu'ils avaient discuté de la situation, il lui avait expliqué qu'il voulait récupérer sa femme, mais ce n'était pas avec de la soupe à la grimace qu'il pourrait de nouveau charmer Konan, ni même en tenant coûte que coûte à rester dans cet appartement, certes magnifique, mais étrangement peuplé.

Non, vraiment, la mère de Nagato ne comprenait pas comment fonctionnait son fils. Il avait toujours eu des traits de personnalité qu'elle n'avait jamais su expliquer, mais tout de même, autant de contradiction était presque insultant. Elle finit par le pousser du genou pour qu'il arrêtât de jouer à ce drôle de jeu dont elle ne saisissait pas les règles et il lui retourna un regard empli de questions.

Le repas se déroula dans ce mélange sournois de tension et de tentatives de réconciliation entre les deux partis, rythmé par le babillement indifférent de Mikan, par les caresses retenues de Nagato qui ne parvenait plus à se comporter normalement avec elle et par les toussotements de gêne émanant de Yahiko.

La matriarche, toutefois, finit par comprendre, entre le plat et le dessert, les raisons pour lesquelles son fils se montrait aussi grincheux. Il était parti accompagner Mikan pour qu'elle se passât les mains sous l'eau, grimpant les escaliers, elle le suivant pour pouvoir lui toucher deux mots de tout ceci.

Bien entendu, il l'avait gentiment envoyé promener et, dépitée, elle était descendue par les escaliers, sans le moindre bruit. Quand elle était parvenue sur les dernières marches, elle s'était figée, horrifiée face au spectacle étrange de sa bru pendue au cou de celui qu'elle avait considéré comme un fils jusqu'à ce moment.

Dire qu'elle était choquée n'était rien : elle ne parvenait pas réellement à s'expliquer ce qu'elle voyait et elle allait protester, vivement les inviter à se séparer – pas de ça sous son toit, certainement pas, pour qui se prenaient-ils ? N'avaient-ils pas honte ? – quand une main autoritaire se plaqua sur sa bouche.

Elle tourna la tête pour croiser le regard violet de son fils qui contemplait le spectacle d'un air tellement dégoûté qu'elle le suivit sans protester. Ils s'enfermèrent dans sa chambre et, tendant l'oreille pour écouter le ruissèlement de l'eau provenant de la salle de bains, Fusô chuchota rapidement :

— Mais que se passe-t-il, bon sang ? Est-ce que j'ai bien vu ce que j'ai vu ?

— J'en ai peur, répondit-il sur le même ton. Mais surtout ne dis rien, je suis au courant de cette saloperie et mon avocat veut s'en servir dans le divorce, sans qu'ils puissent rien voir venir. J'ai absolument besoin que tu fasses comme si de rien n'était… Et puis, je… préférerais que Mikan n'assiste pas à ce genre de disputes…

Fusô se laissa tomber sur le lit encore défait de son fils, secouant la tête avec tristesse.

— Bon sang, mon chéri, je suis désolée, si j'avais su… Si j'avais su, je serais venue fêter Noël toute seule avec toi… Quand je pense que je les considérais comme ma famille ! se fâcha-t-elle en fronçant les sourcils. Comment osent-ils te faire ça, à toi ? Je suis furieuse !

Souriant, Nagato s'assit aux côtés de sa mère qui saisit ses mains, qui l'enlaça, qui l'embrassa sur le front.

— Tu ne méritais pas une telle trahison. Je suis désolée, désolée, de faire peser ça sur tes épaules, je me sens tellement mal…

Il ne répondit pas, entendant la porte s'ouvrit et Mikan apparut, les mains encore un peu humides.

— Papa, j'ai fini, on peut aller ouvrir les cadeaux, maintenant ?

Ses yeux étaient emplis d'une attente presque douloureuse et Nagato sentit toute sa colère s'évaporer. Ensemble, ils descendirent les marches, retrouvant Yahiko et Konan assis, et Fusô se crispa légèrement quand elle retourna dans la cuisine pour aller chercher le dessert.

— Bon, il est temps de passer à l'ouverture des cadeaux, lança-t-elle en revenant pour tenter d'apaiser l'atmosphère tendue.

Sous la table, elle agrippa les doigts de son fils en lui offrant un regard plein d'amour et de soutien. Mikan sauta à bas de sa chaise en criant de joie, se précipitant sur les cadeaux et Konan pivota vers sa fille, la retenant avant qu'elle plonge la tête la première dans le tas de cadeaux.

— Tu fais la distribution, ma chérie ?

L'enfant hocha la tête et tendit la main vers un premier cadeau cherchant l'étiquette. L'air concentré, elle déchiffra :

— Ya... hi... ko... Parrain ! C'est pour toi ! Le Père Noël il t'a apporté ça !

Yahiko reçut entre ses mains le paquet, puis, reconnaissant l'écriture de son meilleur ami, il lui adressa un immense sourire, auquel Nagato répondit en espérant que ce serait vite fini. En plus, il avait choisi un présent sympathique, pour cet immonde tas de mensonges. Même le cadeau pour son ex-femme était sympa. Exigence de Maître Tanaka : « ils ne doivent pas voir que vous avez changé votre esprit, il faut qu'ils soient persuadés que vous espérez toujours retrouver votre ex-conjointe. »

— Elle a fait des progrès, complimenta Fusô, c'est super.

Konan hocha la tête en récupérant d'un air surpris le cadeau qu'elle avait reçu, visiblement de son ex-mari. Elle lui porta un regard difficile à interpréter, avant de sourire à son ancienne belle-mère.

— Oui, c'est grâce à cette nouvelle école et son professeur.

— Maître Iruka est vraiment bien, confirma Nagato. Il est très compétent et il a les progrès de ses élèves à cœur. Quand je suis allé à la précédente réunion parents-professeurs, il avait l'air presque plus fier que moi de ses progrès.

— Quand sera la prochaine ? demanda Konan avec un sourire – sincère pour une fois.

Les yeux de Nagato revinrent vers elle.

— Début janvier, tu pourras être présente ?

— Probablement, oui, confirma-t-elle.

— ET TOUS LES AUTRES, ILS SONT POUR MOI ! scanda Mikan en sautant partout. WAOUH, IL EST ÉNOOOORME ! rajouta-t-elle en désignant un carton qui lui arrivait à peu près au niveau des yeux. On peut les ouvrir ? Dis, Maman, je peux les ouvrir ?

Konan n'eut même pas le temps de finir de hocher la tête qu'un large bruit de déchirement retentissait dans la pièce, alors que l'enfant s'attelait à l'ouverture de tous les cadeaux, ponctuant chaque découverte d'un « Waouh ! c'est trop génial ! ». Un instant, un instant à peine, les tensions s'envolèrent et les adultes échangèrent des œillades pleines de tendresse pour la fillette dont les cheveux étaient parsemés de morceaux de papier cadeau, de scotch et de Bolduc.

Elle avait laissé le plus gros pour la fin, posant avec minutie chaque cadeau qu'elle avait reçu en deux piles différentes : « Ça, c'est pour chez Papa », « Ça, c'est pour chez Maman ».

Quand elle parvint enfin au bout de l'immense pile (« elle est trop gâtée », avait soupiré Fusô et Nagato avait ri « tu es pour moitié responsable de ça, Maman »), elle tourna vers ses parents en désignant le paquet.

— J'espère que c'est la maison pour mes poupées !

Konan chercha le regard de son ex-mari pour essayer d'évaluer ses réactions et il haussa les épaules. La maison de poupée dont elle parlait était une structure en plastique modulable qui permettait d'agencer des pièces pour faire évoluer ses poupées. Hélas, ce cadeau était parfaitement hors de budget, que ce fût pour l'un ou l'autre des parents. Et l'énorme paquet qu'elle désignait avait été choisi et emballé par Itachi – plus vraisemblablement par les vendeurs du magasin qui l'avaient ensuite fait livrer à l'appartement.

Dégainant son téléphone, il activa le mode caméra afin de filmer la scène pour l'envoyer à son colocataire. Sur son écran, il y avait deux messages de Zetsu (« En attendant, ma dinde était bonne ! Puisqu'on parle de dinde, j'espère que Konan s'étouffe », « avec sa dinde, bien sûr ! »).

Un sourire en coin sur le visage, il activa l'enregistrement : les ongles de Mikan agrippèrent un bord de papier et elle déchira, avant de pousser un cri ravi, reprenant l'ouverture avec plus de hâte.

— Papa, s'écria la petite fille, t'as vu le Père Noël il m'a amené la maison pour mes poupées !

Malgré lui, il se redressa légèrement, heureux de s'entendre ainsi interpelé en premier pour exhiber ce cadeau et il lui sourit en continuant à filmer.

— J'ai vu, ma chérie, c'est super !

— OWIII, je vais pouvoir jouer avec Itachi !

La compréhension éclaira le visage de Yahiko et quelque chose d'approbateur glissa dans ses yeux – comme s'il avait quoi que ce soit à voir avec l'éducation de Mikan, cet enfoiré, comme s'il avait son mot à dire. Nagato déglutit, ravalant sa colère et ses yeux glissèrent sur Mikan à qui il adressa le plus large sourire possible :

— Tu dis bonjour à Itachi, ma chérie ? Je vais lui envoyer la vidéo !

— Mais Papa, t'es trop nul pour faire des films ! Itachi, t'as vu ? T'as vu ? Je l'ai eue ! T'avais raison, si j'suis très sage, le Père Noël, il me donne des cadeaux trop cools !

La vidéo fut envoyée promptement et Mikan retourna à ses cadeaux, ignorant parfaitement sa grand-mère qui lui demandait de venir prendre le dessert.


À bientôt !