Bonjour tout le monde ! Ravie de vous retrouver pour la suite du procès !
Toutes les questions qui m'ont été posée en anonyme trouveront leurs réponses, si je ne vous réponds pas, c'est principalement parce que vous posez de bonnes questions auxquelles je peux pas répondre sans dévoiler l'intrigue !
Merci d'avoir été si enthousiasmés par le chapitre précédent !
Chapitre 25
À la mention de son nom, Yahiko redressa vivement la tête, sentant son cœur rater un battement dans sa cage thoracique, un cube glacé tombant lourdement sur son estomac. Automatiquement, ses yeux trouvèrent la nuque tendue de Nagato et il voulut ouvrir la bouche, prononcer un mot, mais que pouvait-il dire ?
Ses rétines glissèrent sur l'avocat qui continuait de le fixer, puis sur Itachi qui s'était assis suffisamment près pour pouvoir voir ses mains trembler. Il essaya de nouveau de parler, mais ne put pas plus que la première fois et sa vision se voila un peu.
— Monsieur le juge, intervint précipitamment Maître Ryôtenbin, cette allégation est particulièrement culottée. Monsieur Nakamura doit-il répondre à l'appel de son nom, ce qui correspondrait à un aveu, ou faire un refus de témoignage devant un juge, ce qui pourrait lui valoir des soucis dans l'exercice de sa profession ?
— C'est pertinent, trancha le juge Sarutobi.
Deidara fronça les sourcils et feignit de rechercher dans ses notes avant de soupirer.
— Pardonnez-moi, je me suis un peu précipité. Ce n'était pas Yahiko Nakamura que je voulais convoquer, mais Karin Hôzuki. Puis-je la faire entrer ? Elle doit patienter dehors.
Hiruzen accorda la permission, relâchant le bouton qui activait son micro pour pousser un soupir discret. Donc l'épouse aurait eu un amant ? Cela changeait drastiquement la donne, surtout s'il s'agissait effectivement du meilleur ami, c'était moralement discutable, plus que louer une chambre dans un appartement appartenant à un acteur de X.
La femme qui entra avait une allure singulière, à n'en pas douter : une partie de son crâne était rasée, le reste de ses cheveux avait une couleur semblable à celle de Nagato, entre le roux et le rouge, elle portait un minishort et des rangers sur une tunique aux manches longues et au dos ouvert. N'a-t-elle pas froid ? s'interrogea Nagato en fronçant les sourcils.
Ce ne fut pas cette allure qui fit grimacer Maître Ryôtenbin. Il connaissait Karin Hôzuki de réputation. Ses services étaient hors de prix et normalement, Nagato Uzumaki n'aurait jamais pu payer la moitié des gens en présence. Par réflexe, l'avocat de Konan tourna la tête vers le colocataire qui soutint une fois de plus son regard. Évidemment, ça devait être cet homme qui payait.
Karin Hôzuki tendit un geste de la main et une moue amusée à Itachi en passant et celui-ci se renfrogna légèrement, plissant le nez. Elle franchit la barrière, salua le juge, puis Deidara, avant de s'installer.
— Présentez-vous, exigea le juge.
— Karin Hôzuki. Détective privée.
Yahiko, abattu, sentit ses muscles se décontracter d'un coup. Avachi sur le banc, il comprit à ce moment qu'il ne pourrait pas refuser la convocation de l'avocat de son meilleur ami. Il y eut un semblant d'espoir qui vibra dans son cœur quand Maître Ryôtenbin intervint :
— Monsieur le juge, il est nécessaire de rappeler que le nom de naissance de Karin Hôzuki est Uzumaki.
— En effet, rebondit Deidara, je vous remercie pour cette précision tout à fait cruciale. J'ai versé au dossier – vous en avez reçu un exemplaire dans votre bureau et je ne doute pas que vous l'ayez longuement consulté avant de vous présenter devant la cour – toutes les pièces attestant que, bien qu'ils portent le même nom, ils ne sont pas de connivence. La neutralité de Madame Hôzuki ne peut donc être remise en cause, je suis celui qui les a présentés.
Et Deidara ne regrettait absolument pas d'avoir demandé son numéro à Itachi. Évidemment que ce dernier avait gardé les références de cette agence de détectives et il était heureux que son ancien petit ami fût à ce point conservateur.
— Donc, reprit-il quand le juge confirma ses dires après avoir examiné les pièces tendues par Deidara, Madame Hôzuki, je vous ai contactée il y a quelques semaines déjà. Pourriez-vous expliquer au juge et à mon confrère pour quelles raisons ?
Karin plongea une main dans une de ses poches pour un tirer un chewing-gum qu'elle glissa entre ses lèvres avant de mordre dedans avec amusement.
— Votre client a appris de la bouche de son enfant que sa femme le trompait avec son meilleur ami.
La déconfiture sur les visages conjoints de Yahiko et Konan était presque jouissive, mais ce n'était rien face aux rouages que Deidara devinait s'enclencher dans l'esprit d'Onoki et de l'étincelle qui vacilla dans ses yeux quand il comprit qu'il avait perdu. L'avocat de Nagato hocha la tête pour l'inciter à continuer.
— L'enfant a dit à son père avoir vu récemment Yahiko Nakamura et Konan Uzumaki échanger plusieurs baisers.
— Définissez « récemment », coupa Onoki en perdant un peu les pédales.
Karin consulta le juge du regard qui hocha la tête.
— Répondez à la question peu conventionnelle, je vous prie.
— Quelques semaines, prononça Karin. Mais vous emballez pas, rajouta-t-elle à l'adresse de l'avocat de Konan, la gamine a aussi affirmé que son parrain profitait de l'absence de son père pour venir chez eux et qu'elle les avait surpris avant même l'abandon du domicile.
Nagato serra les mâchoires, les poings et les paupières. Il sentit les tremblements de colère qui s'emparaient de lui et Itachi glissa sur le banc derrière lui, portant une main à son épaule, se penchant pour murmurer quelque chose au creux de son oreille. Yahiko vit les tremblements de son ami s'apaiser et il pinça les lèvres, quelques larmes perlant au bord de ses yeux.
— Cependant, reprenait Karin, de telles accusations ne peuvent être portées sur les mots d'une enfant, donc votre client et vous-même avez souhaité que j'accumule des preuves, ce que j'ai fait. J'ai des clichés, des témoignages, des relevés de compte… Nous avons comparé les absences déclarées de Madame Uzumaki – son mari les répertoriait scrupuleusement dans son agenda – et les dépenses faites par Monsieur Nakamura. Ça coïncide.
— Comment Monsieur Uzumaki a réagi, quand vous lui avez confirmé l'imposture conjointe de son épouse et de son meilleur ami ?
— Le terme d'imposture n'est pas neutre, protesta Onoki, ça influence le témoin.
Le juge hocha la tête et Deidara leva une main en signe d'excuse.
— Je reformule : comment Monsieur Uzumaki a-t-il réagi quand vous lui avez communiqué les preuves de l'adultère de son épouse ?
Karin se tut quelques instants. Elle examina la mine incrédule de la future ex-épouse qui scrutait la silhouette de son mari, probablement en se demandant comment il avait pu garder pour lui cette information si longtemps – la détective avait bien vu que l'autre Uzumaki était un être plutôt sanguin et impulsif. Le contrôle qu'il avait dû exercer sur lui-même était une épreuve surhumaine pour quelqu'un avec un tel tempérament, ça forçait le respect. Rien qu'actuellement, constata-t-elle, il faisait preuve d'un calme honorable, étant donné qu'il avait enfin la possibilité d'aligner son prétendu meilleur ami en lui en collant une et qu'il ne le faisait pas, laissant la voix de son colocataire le raisonner, alors que ce dernier continuait à chuchoter à son oreille.
— J'ai vu beaucoup d'histoires d'infidélité, dans ma vie, raconta Karin. Les principales affaires que je traite sont soit des coucheries, soit des recherches d'enfants fugueurs. Mais j'ai rarement vu un époux trompé réagir comme Monsieur Uzumaki. La plupart nient d'entrée de jeu, m'accusent de mentir, de mal faire mon job, mais pas lui. Il a simplement porté une main à une de mes photos pour la regarder et a dit « ça explique tout… ». Il était dévasté, mais quelle dignité, chez cet homme. La seule chose à laquelle il pensait, c'était à protéger son enfant de tout ça.
Deidara se tourna de nouveau vers son client qui ferma durement les yeux et hocha la tête pour donner son accord. L'avocat avait été clair : si c'était trop difficile pour son client, s'il risquait de perdre le contrôle de son calme, il arrêterait l'interrogatoire du témoin à ce moment, c'était bien suffisant pour pouvoir convoquer Yahiko et le faire avouer devant l'audience, réduisant ainsi toute chance de retraite.
— Et qu'avez-vous découvert à propos de cette liaison, Madame Hôzuki ? Durée, fréquence de rencontres, peut-être même les projets de ce couple ?
— Eh bien, leur liaison a commencé il y a un peu plus de huit ans–
Nagato souffla bruyamment et retint sa respiration, sentant son corps trembler avec force. Deidara tourna le regard vers lui, fronçant les sourcils.
— Monsieur Uzumaki, ça va ?
Il hocha la tête, incapable de parler, fermant les paupières quand un « quelle comédie ! » provint de Konan. La prise sur son épaule se raffermit il glissa les doigts sur la poigne. Karin humecta ses lèvres et continua.
— Au début, ce n'étaient pas des rencontres régulières, jusqu'à il y a trois ans, à peu près, où la double vie de Madame Uzumaki est devenue plus concrète, avec des rendez-vous secrets hebdomadaires. En janvier dernier, elle a commencé à parler de divorce.
Les ongles de Nagato s'enfoncèrent dans le poignet d'Itachi qui grimaça de douleur et retint le mouvement d'esquive qui lui venait. Deidara hocha la tête.
— Je vous remercie pour votre temps, Madame Hôzuki. Cher confrère, souhaitez-vous interroger le témoin ?
— Je n'ai pas de question.
Karin quitta la salle d'audience, laissant derrière elle un silence à couper au couteau. Maître Tanaka pivota de nouveau vers l'assemblée, plongeant ses yeux dans ceux de Yahiko.
— Monsieur Nakamura, je me vois contraint de renouveler ma demande à votre encontre. Je vous prie de bien vouloir vous installer dans ce fauteuil, afin que je vous soumette quelques questions.
Yahiko hésita, vraiment. Il se demanda s'il ne valait pas mieux risquer la mise à pied, déserter son poste, quitter la salle d'audience. Cependant, s'il entrait dans l'arène, il pourrait saisir le regard de Nagato, lui montrer combien il était désolé que tout ceci se passe ainsi.
Le représentant de Konan lui signala qu'il devait le faire, alors, lentement, pas vraiment capable de contrôler ses mouvements, il se leva pour se diriger vers la place que lui désignait l'autre avocat. Malgré lui, en passant, il fusilla Itachi du regard. Sans lui, cet avocat n'aurait jamais mis le nez dans ses affaires et… S'installant lourdement, il se fustigea. C'était lui qui avait commencé. S'il n'avait pas totalement trahi son frère d'armes, il ne serait pas assis là. Il déglutit et accepta de tendre le cou vers l'avocat.
— Déclinez votre identité, ordonna le juge.
— Yahiko Nakamura. Lieutenant de police.
— Monsieur Nakamura, confirmez-vous les informations révélées par Madame Hôzuki ?
Il avait vraiment envie de pleurer quand il répondit.
— Oui, s'étrangla-t-il.
Il toussa un peu et s'agita sur son fauteuil. L'avocat s'approcha pour lui dire à voix basse – mais parfaitement audible dans le silence à couper au couteau :
— Détendez-vous, Monsieur Nakamura, nous ne sommes pas là pour faire votre procès, vous vous débrouillerez avec votre conscience pour ça.
— Ma conscience, murmura Yahiko. Je suppose, oui.
— Cette liaison a donc bien commencé il y a huit ans.
— À peu près, oui.
— Avez-vous eu des relations avec d'autres femmes durant ces huit ans ?
— Oui.
— En même temps que votre liaison avec Madame Uzumaki ?
— Oui. Pas toutes. Je pensais que certaines pourraient m'aider.
Deidara feignit de ne pas comprendre.
— Vous aider ? Vous aider à quoi ?
— À mettre fin à… À mettre fin à ça.
Yahiko tourna la tête pour tenter de saisir le regard de Nagato, mais celui-ci refusait obstinément de lui accorder de l'attention, fixant ses yeux sur la silhouette de Konan un peu dépassée par les événements. Il sentit son cœur se serrer.
Voilà pourquoi il aurait voulu ne pas être mêlé à tout ça, voilà pourquoi il n'avait pas souhaité prendre parti. Tout ce qu'il tairait nuirait à son meilleur ami. Tout ce qu'il dirait nuirait à la femme qu'il aimait. Équilibriste, marchant sur un fil, il devait choisir quoi dire, quoi taire pour faire le moins de mal possible et il savait que c'était parfaitement impossible. Et il s'était mis dans cette situation tout seul.
— À cette liaison.
— Mais vous ne l'avez pas fait ?
— S… Si, plusieurs fois. M… Mais je ne suis jamais parvenu à…
— Tenir votre engagement ? suggéra Deidara avant de jeter un regard sur le juge qui lui retourna une œillade sévère. Pardonnez-moi, je retire. Vous avez donc plusieurs fois essayé de mettre fin à votre liaison sans parvenir à maintenir cette décision.
— C'est ça.
— Comment cette liaison a-t-elle commencé ?
Yahiko déglutit.
— Je… Konan est venue chez moi, un jour, elle était très inquiète parce que… Parce que…
Vas-y, pensa Nagato en serrant davantage ses doigts sur le poignet. Dis-le, espèce de fils de pute.
Il réalisa que ses ongles crispés blessaient son colocataire, il changea de main pour serrer dans une position plus adaptée, liant leurs doigts avec reconnaissance. Heureusement que Deidara avait eu l'idée de garder Itachi toute la matinée. Hinata et Sakura avaient accepté de décaler certaines scènes pour qu'Itachi pût venir le soutenir. Quand il repartirait, à la fin de l'audience, Zetsu prendrait le relais, pour s'assurer qu'il ne restait pas seul, pour faire barrage. Connaissant le coach sportif, il devait déjà être en train de faire les cent pas à l'extérieur de la salle, aux côtés d'Ebisu qui attendait les retours.
— Parce que Nagato traversait une période difficile. Et j'étais moi-même très inquiet. Et ça a dérapé.
— Dérapé ? Que signifie « dérapé » dans un tel contexte ?
— Nous avons couché ensemble, répondit Yahiko en tremblant.
— Donc votre meilleur ami, le mari de Madame Uzumaki, traversait une période difficile… Quel genre de période difficile ?
— Stress post-traumatique, avoua Yahiko.
— Donc mon client était dans une phase de stress post-traumatique, il se débattait, j'imagine, avec des pensées morbides – peut-être suicidaires ? – un événement difficile, des réminiscences, des cauchemars, peut-être ? Et, inquiète de ça, Madame Uzumaki est venue vous trouver pour en parler. Et vous avez couché avec l'épouse de votre meilleur ami.
— Oui, souffla Yahiko.
Et formulé ainsi, ça le faisait se sentir encore plus sale.
Deidara se tourna vers le juge, d'un air étonné.
— Et mon confrère reproche au colocataire de mon client de manquer de morale, soupira-t-il. C'est vraiment le monde à l'envers…
Du coin de l'œil, il vit Yahiko baisser la tête approuvant la réplique sans s'en rendre compte.
— C'était avant ou après la naissance de Mikan ? reprit Deidara.
— Quelques… Quelques mois avant… Je ne saurai pas vous dire combien, je n'ai pas compté.
— Je vous remercie, j'imagine que mon confrère n'a pas plus de questions à adresser au témoin.
Maître Ryôtenbin considéra Deidara d'un air mauvais en secouant la tête.
— Vous pouvez vous retirer, Monsieur Nakamura.
Le cœur lourd, peiné, Yahiko se leva, cherchant à saisir le regard de son meilleur ami, mais ce dernier feignait toujours qu'il n'existait pas. Il franchit la barrière, les mains moites, la tête basse et quand il voulut s'asseoir à sa place habituelle, la voix de Nagato retentit :
— De l'autre côté. Va de l'autre côté.
Le danger qui vibrait dans sa voix fit glisser une sueur froide contre la colonne vertébrale de Yahiko et il traversa la salle pour s'installer près de sa maîtresse qui lui adressa un regard malheureux et désolé. Elle n'avait pas voulu qu'il souffrît autant lors de ces audiences. Jamais elle n'avait souhaité lui faire du mal, bien au contraire.
— Voici la réalité de la situation, monsieur le juge, reprit Deidara d'une voix forte.
Tous les regards se braquaient de nouveau sur lui.
— Là où Maître Ryôtenbin parlait de ménage avec un acteur de X, je révèle une simple colocation avec un homme tout à fait dans les normes, droit, doté d'un grand sens moral et qui a à cœur de maintenir l'enfant qui vit chez lui hors de son univers professionnel non pas honteux, mais réservé aux adultes.
« Là où mon confrère évoquait une épouse dévastée, je découvre une épouse infidèle. Quand je m'attendais à devoir défendre un homme presque monstrueux, je me retrouve avec un client brisé, trahi par son meilleur ami et la femme qu'il aime toujours bien malgré lui, trouvant tout de même la force de continuer pour protéger son enfant du divorce, qui a tout mis en œuvre pour être le plus disponible pour cette petite, pour l'épargner et ne pas l'impliquer.
« Là où Madame Uzumaki évoquait un homme passif et éteint, je trouve un père de famille dynamique, aux états de service brillants, montrant les trésors d'énergie qu'il déploie au quotidien.
« Là où je pensais me mêler d'une histoire de divorce classique, durant laquelle je devrais minimiser les conséquences d'un abandon de domicile, je découvre que la faute n'est pas pour mon client, mais pour la plaignante.
« Et la négligence de mon confrère – pardonnez-moi, Maître Ryôtenbin, entre négligence et malhonnêteté, j'ai choisi la négligence, dites-moi si vous préférez être malhonnête – la négligence de mon confrère, donc, l'a conduit à ignorer le fondement même de la décision prise par mon client de quitter le logement conjugal, à savoir un conseil donné par celui qu'il ignorait être l'amant de son épouse, les preuves ont été versées au dossier. Il n'y a qu'un pas entre cette information et l'idée que peut-être Mme Uzumaki essayait de pousser son mari à la faute par le biais de son amant, pas que je ne franchirai pas ici sans la moindre preuve.
— Non, s'écria Yahiko, non, c'est faux ! Nagato, je te jure que… Je te jure que je ne t'ai pas suggéré ça avec l'intention de te nuire, je ne voulais pas, je n'ai jamais voulu, j'essayais seulement d'être un bon ami et–
— Ne vous adressez pas à mon client, Monsieur Nakamura, vous êtes dans une salle d'audience, pas au troquet du coin, siffla Deidara. Vous parlez quand on vous y autorise. Si vous aviez quelque chose à dire, il fallait le faire lorsque c'était votre tour de parole.
Le juge approuva et Yahiko, mortifié, baissa les yeux. Les deux amis avaient les rétines baignées de larmes et le juge Sarutobi soupira en secouant la tête. C'était peut-être cet aspect-là du métier qui lui manquerait le moins, quand il serait à la retraite. Deidara finit par s'appuyer sur la barrière pour énoncer.
— Compte tenu de tous ces éléments, mon client souhaite obtenir le divorce pour faute et demande à récupérer sa maison, la garde de son enfant et que son ex-épouse lui verse une somme symbolique en guise de dommages et intérêts. Également, il ne souhaite pas qu'elle conserve son nom. Ce sera tout pour nous.
Comme s'il s'agissait d'un signal, Nagato se leva, salua son avocat, puis le juge et il quitta la pièce précipitamment, Itachi le suivant promptement. La porte claqua une première fois et Deidara se tourna vers son confrère, avec un sourire ironique.
— Je vous souhaite bien du plaisir pour défendre une telle chose durant la prochaine audience. Sans mauvais jeu de mots, bien sûr.
Comme il était entré, Deidara récupéra ses affaires, salua le juge et sortit, tel un prince. Sarutobi éclata d'un rire contenu avant de porter sur son ami un regard désolé.
— Je t'avais prévenu qu'un excès de confiance pouvait être fatal, à ton âge. Des jeunes loups prêts à mordre l'alpha vieillissant, il y en a plein et ce petit est prometteur. On se reverra dans trois semaines.
À l'extérieur de la salle numéro 3, Zetsu était assis depuis presque une heure aux côtés de l'ancien avocat de son ami. La nervosité qui s'était emparée de lui l'avait forcé à tendre l'oreille, prêt à débouler dans cette salle pour empêcher Nagato de tuer Yahiko à tout moment, se demandant s'il aurait le temps d'agir avant le moindre coup, se demandant s'il souhaitait réellement le faire.
À intervalles réguliers, les différents témoins étaient entrés, mais seule Karin, la détective méga canon, était sortie. Elle lui avait tapoté la tête au passage en ricanant un « Zen, mon pote, il est très bien, ton Nagato, il gère ! », mais ça ne l'avait pas vraiment rassuré. Il connaissait son ami, tout de même, et l'inquiétude était valable.
Du coup, quand Nagato sortit en trombe, talonné par Itachi, Zetsu bondit sur ses pieds, se jetant sur lui, pour saisir son visage entre ses mains et l'examiner, fouillant au fond de ses yeux pour savoir comment il était et s'il gérait, avant de le serrer dans ses bras.
— C'est mon champion, ça, scanda-t-il avec fierté, ouais, c'est mon champion, c'est bien, t'as tout géré, t'as maîtrisé ta colère, t'as–
— Ruiné ma main, coupa Itachi en montrant son poignet dans lequel apparaissait encore des marques d'ongles enfoncés avec rage.
— Pardon, murmura Nagato d'un air penaud.
Zetsu écarta ça d'un geste empressé.
— Mah, on s'en fiche, t'as besoin de tes mains, pour bosser ? Je crois pas. Y a pas de mort, c'est déjà un petit miracle.
Nagato esquissa un pâle sourire alors qu'Itachi protestait pour la forme, commençant une argumentation avec Zetsu. Ebisu se leva de son siège, s'inclinant doucement devant Nagato.
— Je voudrais vous remercier pour cette affaire. J'ai beaucoup appris lors de ces quelques réunions en compagnie d'un avocat comme Maître Tanaka. J'en ressors grandi. Et je pensais sincèrement ce que j'ai dit en début d'audience, j'aurais voulu être capable de vous offrir la défense que vous méritiez.
— Merci d'avoir essayé, répondit Nagato avant de se tourner vers la porte qui s'ouvrait de nouveau sur Deidara.
Ce dernier attendit qu'elle fermât complètement avant de s'approcher de son confrère pour enserrer ses épaules et affirmer :
— La punchline finale, elle était parfaite, j'en connais un qui va enrager pendant un moment, c'était tellement jouissif, presque mieux que le sexe.
Une moue sceptique parcourut le visage d'Itachi et Deidara croisa les bras.
— Je t'assure, c'était mieux que du sexe.
— Que va-t-il se passer, maintenant ? demanda Nagato, vaguement inquiet.
— Le juge va prendre trois semaines pour trancher, peser le pour et le contre. Lors de la prochaine audience, l'avocat de votre ex pourra éventuellement tenter d'affaiblir le jugement en présentant une défense et une réponse, mais vous saurez ce qu'il advient de votre enfant dans trois semaines. En attendant, c'est repos. Pour vous, en tout cas, moi, je vais réfléchir à des contres pour éviter de le laisser déployer une défense trop invasive. Mais vous, détendez-vous. Vous avez été très bien.
Se penchant pour être plus discret, il murmura :
— Demandez à Tsuki de vous sucer. Fermez les yeux, imaginez que c'est la femme de vos rêves et savourez simplement, je vous jure que ça vous détendra, il est doué.
Nagato s'empourpra, bafouilla, la scène se glissant insidieusement dans son esprit et Deidara éclata d'un rire amusé en le voyant si mal à l'aise.
— Je plaisante, bien sûr. En tout cas, à présent, vous pouvez laisser tomber les faux-semblants. Évitez simplement de frapper Nakamura tant que le divorce n'est pas prononcé par le juge.
Le temps de cette conversation, le groupe s'était mis en marche vers l'extérieur et souriant à son client, Deidara se décala pour aller discuter avec son confrère, lui prodiguer quelques conseils supplémentaires pour qu'il pût s'améliorer, laissant Nagato recueillir le soutien de ses amis.
Ils n'étaient pas loin de la sortie lorsque la voix de Yahiko résonna dans le hall, attirant sur eux tous les regards – s'il y en avait encore qui ignoraient les cinq hommes aussi beaux que charismatiques, s'imagina Deidara.
— Nagato, attends !
L'homme interpelé passa outre le cri et continua à avancer, si bien que Yahiko força l'allure pour saisir son poignet et l'empêcher de franchir le seuil. Nagato se figea, les quatre autres aussi, à retardement.
— Nagato, je t'en prie, je voudrais seulement que tu m'écoutes. Je–
Il se tut, ravala sa phrase, ses excuses, ses suppliques en même temps qu'un surplus de salive. Les yeux de Nagato se posèrent sur lui, puis sur la main qui enserrait son poignet et Yahiko le lâcha en reculant, une terreur sourde vibrant dans son cœur.
Le regard braqué sur lui était glaçant, noirci de haine, de désir de mort, de dégoût et de mépris. Il ne tenta pas de les rattraper alors qu'ils se remettaient en route, ignorant parfaitement l'interruption et Yahiko resta dans le hall, encore tremblant.
À bientôt !
