Le chapitre tant attendu !

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Chapitre 28

Le saxophoniste prit une respiration entre deux morceaux, consultant les musiciens qui l'accompagnaient pour s'accorder avec eux avant d'avancer vers le bord de la scène pour reprendre.

Madara tapa le rythme des premières mesures, se délectant du son si savoureux de l'instrument à vent, les paupières closes, puis reporta son attention sur son neveu.

— On parle de moi, on parle de moi, mais toi, fils, que se passe-t-il ? Tes yeux luisent drôlement et je suis certain que ce n'est pas le vin.

Itachi esquissa un sourire, trépignant d'impatience de raconter tout ce qui lui était arrivé depuis leur dernière rencontre, avant l'audience où Deidara avait superbement retourné le procès en leur faveur.

Pour se faire prier un peu, il prit pourtant le temps de terminer son dessert, se délectant de ce parfait à la framboise et au chocolat noir, avant de lever le nez vers son oncle.

— Il s'est passé tant de choses, j'ai l'impression que cela fait des mois entiers que nous ne nous sommes pas vus, finit-il par dire sous l'œillade pressante de Madara.

L'homme d'affaires se laissa aller contre le dossier de sa chaise, posant ses mains croisées contre le bord de la table, repoussant son assiette pour avoir plus de place.

— Tout d'abord, nous avons presque gagné le procès pour le divorce. Le juge nous accordera très certainement la garde de Mikan.

Si Madara nota le pronom, il ne le releva pas, laissant Itachi lui retracer la séance avec fougue.

— Deidara a été brillant, annonça Itachi comme s'il s'agissait d'une évidence. Il est parvenu à dévoiler l'adultère de telle sorte que c'était beau à voir. Mon colocataire ne se sentait pas bien, mais il a réussi à rester digne toute l'audience. Nous aurons bientôt les conclusions du juge, mais Deidara est très confiant et je me fie totalement à son appréciation.

Son enthousiasme parut s'affadir, néanmoins, quand il continua à raconter que Nagato avait choisi de faire un test de paternité, ayant appris par la même occasion le début de la liaison entre son ex-épouse et son meilleur ami. Madara pinça les lèvres.

— Quelle tristesse de ne pas pouvoir se fier à son frère, compatit l'homme avec beaucoup d'émotions. J'éprouve beaucoup de pitié pour ton colocataire, il doit se sentir si incomplet, à présent, si seul…

Itachi hocha la tête avec circonspection, avant de tapoter inconsciemment le rythme de la musique sur la table, du bout de son ongle.

— Quand doit-il recevoir les résultats ?

L'acteur dodelina de la tête.

— Il les a reçus aujourd'hui.

— Pourquoi n'es-tu pas à ses côtés ?

Itachi écarta cette idée d'un geste de la main qui atterrit sur son verre. L'empoignant, il fit doucement tourner le liquide, humecta sa bouche en détournant les yeux, les posant sur un point au-dessus de l'épaule de son oncle, maltraitant sa lèvre inférieure avec gêne.

— Ce n'était pas ma place. C'était un moment entre lui et Mikan, je n'ai pas eu envie de m'imposer.

Il baissa les rétines, laissant un silence flotter entre eux et Madara se demanda un instant si le colocataire se rendait compte de la chance qu'il avait d'avoir à ses côtés quelqu'un d'aussi attentionné et prévenant.

— Et toi, qu'est-ce que tu en penses ?

Ramenant son regard sur son oncle, Itachi haussa les épaules.

— Je ne sais pas, est-ce vraiment important, le sang ? Si ça avait une telle importance, je ne ressentirais pas ce que je ressens pour vous, ou pour Jiraiya. Je l'éprouverais pour mon père, mais je ne ressens que mépris pour lui… La famille qui compte vraiment, c'est celle qu'on choisit.

Embarrassé, il baissa de nouveau les yeux.

— Non ? demanda-t-il comme s'il y avait une mauvaise réponse à apporter à cette question.

— Tu as raison, fils, je suis d'accord avec toi. Et j'espère que tu sais que tu es de la famille, pour moi.

Se fendant d'un sourire plein d'affection, Itachi releva la tête, savourant le regard fier que portait sur lui Madara. Et le moment passa, laissant place à un nouveau morceau du saxophoniste, moins intimiste. Alors l'oncle essaya de détendre l'ambiance : les deux étaient gênés par les effusions et les démonstrations d'affection.

— Que s'est-il passé d'autre, dans ta vie ?

Se reprenant, Itachi se positionna différemment sur sa chaise, écartant légèrement les jambes, puis il se pencha en avant.

— On a commencé le tournage d'Un Flic à Vice-city, ça y est ! Et Jiraiya avait une surprise pour moi… Je ne m'y attendais pas, j'ai failli perdre mes moyens… Purple, mon personnage, travaille en partenariat avec sa compagne, Yellow, sur une affaire criminelle qui les conduit à s'infiltrer dans le milieu de la pornographie. Et Purple se retrouve engagé comme acteur, mais il ne sait pas du tout faire et ça met sa couverture en péril. Et Fade, sentant son potentiel, décide de lui apprendre… Je ne m'attendais pas du tout à retrouver Hagoromo Ôtsutsuki dans le rôle de Fade !

Madara écarquilla les paupières, surpris.

— Tu devais être content…

— Oui, je ne m'y attendais vraiment pas. Il avait raccroché, mais Jiraiya m'a dit qu'ils s'étaient contactés et qu'Hagoromo avait demandé s'il n'y avait pas une place pour lui dans un film avec moi… Vous vous rendez compte, mon oncle, il voulait tourner avec moi spécifiquement !

— Qui ne le voudrait pas ?

La question rhétorique fit sourire Itachi.

Parfois, quand il ne parvenait pas à trouver le sommeil, il essayait de s'imaginer avec qui il aurait pu discuter aussi librement de son métier, là-bas. Qui n'aurait pas tenté de le dissuader, de le faire changer de carrière ? Qui aurait simplement accepté, sans le juger ?

Ici, il avait trouvé Madara.

— Eh bien, répondit-il tout de même pour rétablir la vérité, il y a Hamaki Mimura…

— Voyons, tu sais aussi bien que moi qu'il est simplement jaloux que ton talent l'ait éclipsé.

— Ça, concéda Itachi, et l'idée que mon sexe soit plus grand que le sien.

Riant de bon cœur, l'homme d'affaires considéra son neveu avec affection, l'incitant à reprendre son récit et entrer dans les détails du tournage.

Alors Itachi expliqua avec fougue l'ensemble de sa journée de travail, l'hallucination qu'il avait cru avoir quand Hagoromo était entré sur le plateau, les difficultés que Sakura avait eues à le canaliser, tellement il était surexcité.


L'unique lumière qui luisait dans l'appartement provenait de la chambre de Mikan, sa veilleuse baignant le couloir des escaliers dans une lueur aux couleurs changeantes et cela faisait déjà un moment qu'elle était couchée, laissant son père complètement seul dans le silence.

Il n'y avait le moindre mouvement, pas le moindre son. Itachi était sorti pour son dîner mensuel avec son oncle laissant, Nagato totalement seul avec lui-même et ce maudit courrier qu'il avait ignoré jusqu'à ce que sa fille fût couchée.

Il n'avait pas voulu l'ouvrir devant elle, il avait craint sa réaction s'il voyait que les résultats n'étaient pas ceux qu'il espérait. Quand il avait rabattu sur elle la couverture, humant l'odeur d'agrumes qui se dégageait des cheveux de l'enfant, il n'avait pas souhaité se rendre immédiatement vers le courrier, repoussant toujours un peu plus le moment de sortir la feuille sentence de son écrin de papier.

Quand il était finalement parvenu à exécuter ce simple geste – simple, mais si dur –, il avait senti ses yeux brûler, ses jambes céder sous son poids et il avait pris appui sur le canapé pour réussir à s'y glisser avant de tomber.

Le bord de ses paupières avait chauffé longuement avant qu'il ne consentît à laisser les larmes dévaler ses joues, retenant le moindre bruit afin de ne pas alerter sa fille, garder pour lui ce qu'il traversait.

Par le passé, deux fois il avait réalisé avec brutalité qu'il était père.

La première fois, c'était le jour de l'accouchement. Quand il avait tenu Mikan dans ses bras, alors qu'elle venait seulement de naître, qu'elle avait encore le morceau de cordon ombilical sur le ventre, il avait vu son monde s'éclaircir, il s'était senti tiré hors de la noirceur dans laquelle il se trouvait depuis la mort d'Obito.

C'était plus qu'une bouffée d'air, c'était une décharge de tendresse et de vie qui l'avait traversé de part en part, le laissant muet d'amour pour Konan et pour cet être si petit, si fragile. Pendant un instant, il n'avait plus su si c'était lui qui portait sa fille ou si c'était elle qui le portait.

Ce jour-là, il avait compris qu'il venait de rencontrer l'amour de sa vie, que personne d'autre ne pourrait compter davantage pour lui, qu'elle était toute son existence et il l'avait rendue aux infirmières avec réticence, déçu de voir que le moment avait duré si peu de temps, empressé d'être au suivant. Et dans son trouble, dans son émotion, il avait oublié de s'enquérir de l'état de Konan.

Elle en avait ri, le lendemain, quand il était revenu, lui demandant, cette fois, comment elle se portait. Les infirmières s'étaient présentées dans la chambre une heure plus tard et il avait refusé de lâcher Mikan, la contemplant avec des yeux émerveillés, ne pouvant s'empêcher de penser qu'il était incroyable qu'il fût à l'origine d'une si jolie petite fille.

La seconde fois qu'il avait pleinement réalisé qu'il était père, Mikan avait deux ans et demi. Les trente mois précédents, il les avait traversés dans cette sorte de flou halluciné, partagé entre la fatigue, l'émerveillement et un sentiment incroyable d'impuissance, somnolant au travail entre deux photocopies, des cernes énormes dévorant son visage et celui de son épouse.

Les rares soirées en amoureux qu'ils avaient pu faire, ils avaient été si épuisés qu'ils avaient, la plupart du temps, piqué du nez sur le canapé sans sortir, riant à voix basse le lendemain et se promettant mieux la prochaine fois.

Et ce jour-là aurait dû être un jour comme les autres. Ils étaient de sortie, en famille, tous les trois – accompagnés par Yahiko – et Mikan et Konan s'étaient éloignées quelques minutes pour conduire la petite aux toilettes. Et quand elle l'avait appelé, quand elle avait crié « PAPA ! », il s'était reconnu spontanément, il n'y avait eu aucune latence et il s'était surpris à penser que c'était le meilleur nom qu'il n'eût jamais porté.

Il avait observé son enfant courir vers lui et chuter, encore mal à l'aise sur ses appuis. Le mouvement en avant qui l'avait saisi avait été retenu par Yahiko « tu dois la laisser apprendre à se relever seule, elle ne s'est pas fait mal » et effectivement sa merveille s'était redressée, frottant ses genoux en gonflant ses joues d'un air vexé, foudroyant le chemin du regard comme s'il avait fait exprès de la faire tomber, puis elle avait oublié ses griefs en voyant que son père attendait plus loin.

Elle avait donc repris sa course avant de se jeter au cou de son père qui l'avait emportée dans ses bras comme si elle ne pesait rien, alors qu'elle était cruciale pour le lester au sol, à cette nouvelle vie si loin du terrain, de l'action.

Rien n'avait pu gâcher le bonheur qu'il avait ressenti quand sa princesse l'avait appelé Papa ce jour-là. Ce n'était pourtant pas la première fois, mais celle-ci avait compté, plus que n'importe quelle autre, parce que pour une fois, il n'avait pas hésité, il avait su au plus profond de lui que c'était ainsi que les choses devaient être.

Les paumes de ses mains trouvèrent ses yeux pour les essuyer longuement et une nouvelle salve de larmes jaillit quand il empoigna de nouveau le papier, tremblant, relisant les résultats. La feuille s'humidifia et il la replia, la rangeant dans l'enveloppe lorsqu'il se rendit compte à quel point Itachi avait eu raison : ça n'avait aucune espèce d'importance.

Parce que, peu importe ce que disaient ces résultats, vraiment, peu importe, Mikan était son enfant, parce qu'il s'était un jour senti père et que ce sentiment ne l'avait jamais quitté.

La porte de la chambre de Mikan s'ouvrit un peu plus grand sans qu'il s'en aperçût et ce fut le bruit des pieds de sa fille qui l'alerta quand elle s'approcha, traînant derrière elle Monsieur Nours. Tournant la tête, il fit ce qu'il put pour dérober à ses yeux inquiets les larmes qui coulaient sur ses joues.

— Papa, chuchota l'enfant en s'approchant plus près, tu t'es fait mal ? T'es triste ? Tu veux un bisou magique ?

Elle lui porta un regard ensommeillé et il tendit les bras pour l'attraper, l'enserrer en hochant la tête, enfouissant son nez dans les cheveux de sa fille pour s'enivrer de son odeur, alors qu'elle resserrait ses bras sur lui.

— Je t'aime, ma chérie, murmura-t-il.

— Moi aussi, je t'aime.

Il la garda longuement dans ses bras, savourant l'étreinte et laissant doucement toute sa colère quitter son corps, calant sa respiration sur celle de l'enfant qui finit par se rendormir.

La portant jusqu'à sa chambre, il la recoucha, ramenant les couvertures sur elle, admirant à quel point elle était mignonne. Il déposa un baiser sur son front, un sourire sur les lèvres.

Ce fut à ce moment-là qu'il décida de faire le deuil de son mariage. Peu importait Konan, peu importait Yahiko, il lui restait Mikan. Et elle, rien ni personne ne pourrait la lui prendre.


La veille de la dernière audience avant la prononciation du divorce, Yahiko ne prit même pas la peine de taper avant de franchir la porte du bureau de Nagato, sachant très bien qu'il pourrait rester des heures entières sur le seuil sans que son ami l'invitât à entrer.

Il déposa les dossiers qu'il lui ramenait dans la corbeille à traiter, portant son regard sur les cheveux rouge sombre qu'il pouvait apercevoir par-dessus l'écran :

— On aurait besoin que tu t'occupes de ça assez rapidement, c'est plutôt urgent.

Il ne savait jamais si Nagato l'entendait ou pas. La première fois qu'il avait simplement laissé un dossier, il avait vraiment cru que l'ex de sa petite amie pousserait la rancune jusqu'à l'effacer au boulot, nier le travail qu'il lui apportait, mais le dossier avait été traité et avait reparu sur le bureau de Kakashi. Le suivant avait connu le même parcours, terminant sa course chez Tenzô. Jamais une demande faite par Yahiko ne lui revenait directement et il perdait parfois quelques minutes à essayer de trouver ce qu'il avait réclamé parmi toute la paperasse qui s'accumulait.

Alors bien sûr, il faisait partie des forces d'intervention, il passait beaucoup de temps à l'entraînement, beaucoup de temps sur le terrain, mais ça n'empêchait pas les enquêtes de devoir être menées, les comptes rendus de devoir être rédigés et tout ce beau foutoir finissait par le rendre fou.

Il s'attarda quelques minutes dans le bureau de Nagato, tanguant d'un pied sur l'autre et sa main se leva pour fermer la porte. Il prit place sur une chaise et décida de voir lequel des deux pouvait gagner au jeu du silence.

Oui, il avait totalement mérité le sort qui lui était réservé et c'était sans doute encore trop tendre, mais quand il s'agissait du boulot, des vies étaient en jeu, il ne fallait pas que leurs histoires personnelles vinssent interférer. Pour l'instant, il n'avait pas eu de soucis, mais ça pouvait arriver : parfois, ça se jouait à quelques minutes et s'il les passait à courir après des dossiers parce que Nagato avait décidé de l'effacer du paysage, ça allait le contrarier.

Il déglutit doucement et se jeta finalement à l'eau :

— Je sais que tu m'en veux et tu as raison de m'en vouloir, mais je souhaiterais vraiment qu'à défaut de garder ton amitié, je puisse continuer à faire mon travail correctement.

La main que Nagato laissait sur sa souris glissa sur le tapis, il cliqua quelque part sur son écran avant de rapprocher son clavier pour commencer à taper quelques lignes, la touche tabulation frappée à intervalles réguliers alors que son autre main naviguait sur le pavé numérique.

— Je veux dire, merde, on est pas n'importe qui, ici… Je suis dans les forces spéciales, j'ai des vies entre mes mains et toi aussi.

Nagato se leva, ouvrant le tiroir coulissant dans lequel il rangeait ses dossiers, recherchant une chemise particulière à la lettre K de son classement. Quand il trouva, il laissa un sourire satisfait étirer ses lèvres et il retourna s'asseoir, revenant vers son écran.

Il fallait admirer sa façon de faire, convint Yahiko avec agacement. La plupart des gens, quand ils souhaitaient ignorer quelqu'un, se contentaient de ne pas regarder dans sa direction. Nagato, lui, ne faisait pas ça. Ses yeux passaient sur la silhouette de son ancien meilleur ami et le traversaient, le rendant transparent.

Pinçant les lèvres, Yahiko attendit une réaction quelconque pendant encore une dizaine de minutes, durant lesquelles il envisagea de lui demander pardon sans parvenir à trouver une formulation qui rendrait justice à ce qu'il ressentait.

Le lendemain, il y aurait la dernière audience du procès. Le divorce serait prononcé, en faveur de Nagato, et Konan perdrait probablement tout. Les prochains mois allaient s'annoncer particulièrement difficiles pour leur couple déjà malmené par le comportement indécent de la divorcée tout au long de la procédure.

Bien malgré lui, Yahiko lui en voulait de la façon dont Nagato avait tout appris. Il savait qu'elle n'était pas totalement responsable, si Mikan les avait surpris, mais il aurait souhaité avoir une chance de s'expliquer avec son ami sans être mis devant le fait accompli par un avocat.

Finalement, résigné, il finit par se lever, comprenant que Nagato ne dirait rien. Il prit le plus de temps possible pour se redresser sur ses pieds et lui tourner le dos, avança d'un air abattu vers la porte. Il posa la main sur la poignée.

— J'aurais pu comprendre.

La voix de Nagato fit sursauter Yahiko qui se tourna vers lui d'un bloc, pour vérifier qu'il lui parlait bel et bien. Le regard toujours braqué vers son écran, Nagato orienta rapidement ses yeux vers son ancien ami, s'assurant d'avoir son attention. Il n'était pas question pour lui de se répéter.

Et cette fois-ci, l'œillade ne traversa pas Yahiko, elle le cloua sur place.

— Vraiment, continua-t-il, j'aurais pu comprendre que tu sois tombé amoureux de mon épouse. J'aurais été particulièrement mal placé pour te juger, vu que j'étais moi-même amoureux d'elle.

Yahiko nota le passé, se réjouit d'avoir enfin réussi à établir un dialogue. Il voulut répliquer, mais préféra attendre un peu plus.

— J'aurais aussi pu comprendre qu'elle finisse par tomber amoureuse de toi. J'aurais même pu, avec du temps, vous pardonner qu'elle me quitte pour toi.

Nagato braqua son regard sur lui, dur, colérique, transpirant la haine.

— Cependant… Jamais je ne te pardonnerai d'avoir profité de mon deuil pour coucher avec mon épouse. Jamais je ne pardonnerai à Konan de m'avoir privé de toi quand j'avais désespérément besoin de mon frère.

Il se leva et Yahiko eut un mouvement de recul alors qu'il passait près de lui pour récupérer un des dossiers qu'il avait abandonnés dans la corbeille.

— Mikan, prononça Yahiko d'une voix tremblante.

— Mikan est ma fille. Et jamais je ne vous pardonnerai de m'avoir fait douter de ça au point que je doive vérifier qu'elle porte bel et bien mes gènes.

Il consulta sa montre, restant debout près de son ancien ami.

— Je te laisse trois minutes pour t'exprimer. Après ça, tu seras mort à mes yeux.

Yahiko prit une énorme respiration et, réalisant que tout ce qu'il pourrait dire ne servirait à rien, il baissa la tête.

—Je ne voulais pas que ça finisse ainsi et j'aurais préféré que tu me frappes, prononça-t-il dans les quelques secondes qui lui restaient. Je suis désolé pour tout le mal que j'ai pu te faire. Tu me manques et tu me manqueras toujours. Je t'aime.

— Ton temps est écoulé, sors de ma vie.

Abattu, Yahiko pivota les talons et, la main sur la poignée, il hésita, mais se tourna finalement :

— Est-ce qu'on peut au moins essayer de communiquer pour le boulot ?

Nagato s'était déjà replongé dans le travail, annihilant totalement sa présence de son esprit.


À bientôt !