Bonjour tout le monde ! Merci pour vos retours qui me font toujours autant de bien !


Chapitre 29

Le sifflement qu'émit Deidara à l'approche de son client résonna dans tout le couloir, attirant sur lui les attentions de tous ceux qui étaient réunis. D'un air appréciateur, l'avocat tourna autour de Nagato, examinant les vêtements qu'il portait avec minutie, avant de lever les yeux sur lui.

— Canon, pour un vieux machin, sourit Deidara.

Rosissant, il prit place aux côtés de son avocat, n'adressant pas la moindre œillade à Yahiko et Konan qui se trouvaient pourtant en face de lui, avant de remercier Deidara pour le compliment, précisant que c'était Itachi qui avait insisté qu'il porte cette tenue pour la dernière audience.

Avec un rire amusé, Deidara lui tapota la cuisse.

— Quelquefois, son snobisme de haut bourgeois prétentieux a un intérêt.

Konan s'agita sur le siège, tentant d'attirer l'attention de son ex-mari. Il accepta, alors de jeter un regard sur l'allure de son ex, constatant avec une pointe de satisfaction que cette fois-ci, c'était elle qui paraissait misérable. Elle avait les yeux cernés et rougis, comme si elle avait passé sa nuit à pleurer, ses épaules étaient voûtées et elle avait le teint pâle.

Lui, au contraire, était frais comme jamais. Il avait vraiment l'impression qu'aujourd'hui était le premier jour de sa nouvelle vie et il avait hâte de s'y jeter à corps perdu. Deidara acheva sa réplique :

— Il a un sacré coup d'œil, avec vous, en tout cas. Vous devriez le laisser faire plus souvent.

Amusé, Nagato sourit :

— Donnant-donnant, je le laisse m'habiller et en échange je lui prépare à manger ? Je suis sûr qu'il serait d'accord. Je vais aller boire un verre avec Sakura, se rappela-t-il. La semaine prochaine.

Konan se renfrogna. Donc il en était là. Déjà. Quelque chose d'insidieux mordit son cœur alors qu'elle se disait qu'elle aurait bien aimé qu'il la regrettât plus longtemps. Cela dut se voir sur son visage, parce qu'à ses côtés, Yahiko fronça les sourcils, s'éloignant un peu d'elle. Elle s'étrangla sur le commentaire de Deidara.

— Ah oui ? C'est bien, ça lui fera un peu de compagnie et à vous aussi.

— Oui, je me sens un peu seul, ces temps-ci. Être avec une compagnie plus jeune risque de me fatiguer un peu, elle nous a prévu un programme chargé.

— C'est tout à fait son genre de planifier longtemps avant ce genre de rencontres, confirma Deidara. Ça la rend un peu nerveuse.

Oubliant sa rancune envers Konan, Yahiko écarquilla les paupières en échangeant un regard avec elle, alors que les deux autres ne semblaient pas remarquer le malaise que provoquaient leurs conversations.

Étaient-ils réellement en train de discuter du prochain plan cul de Nagato en plein milieu de ce couloir ? Avec une actrice de X ? Qui avait vingt ans de moins que lui ? Et qui, en plus, se trouvait être l'assistante personnelle de son colocataire, avec tout ce que ça implique de contact physique entre eux ? Yahiko papillonna des cils. Non, ça ne ressemblait absolument pas à Nagato, ce n'était pas possible qu'il eût changé à ce point au contact de cette bande d'amis.

Ce fut Konan qui intervint, se raclant la gorge :

— Dois-je vous rappeler que nous attendons le juge qui statuera sur notre divorce ? C'est exagéré, non, de parler de ton prochain rendez-vous coquin ?

Éberlué, Nagato sentit sa bouche bayer, alors qu'il braquait sur elle un regard dur. Il s'apprêtait à répliquer que pas du tout, que ce n'était pas un rendez-vous coquin, que Sakura ne l'intéressait pas comme ça, puis il se souvint de justesse que c'était son ex-épouse qui lui posait la question et qu'il ne lui devait rien, d'autant plus qu'elle était avec son amant, à l'heure actuelle, ce foutu traître d'ex meilleur ami.

— À ta place, je ne l'aurais pas tentée, cette réflexion, sourit-il, dans la mesure où ta main se trouve actuellement sur la cuisse de l'homme avec qui tu as fauté.

— Outch, grimaça Deidara avec amusement.

Maître Ryôtenbin secoua la tête, un peu dérouté par la réflexion de sa cliente, qui était, effectivement, parfaitement déplacée. Lui n'avait rien entendu de sexuel dans cette conversation et il ne comprenait pas pourquoi Konan et Yahiko l'avaient perçu ainsi. Lentement, il se pencha vers elle pour lui signifier de garder pour elle ce type de commentaires s'ils étaient lancés sur de simples suppositions comme c'était le cas, présentement.

— Vous savez très bien, Madame Uzumaki, que votre ex-mari n'est pas ce genre de personnes. N'oubliez pas qu'il peut encore apaiser le jugement en corrigeant ses exigences, ne le provoquez pas.

Pinçant les lèvres, Konan donna raison à son avocat et se tourna vers Nagato.

— Pardonne-moi, je te prie. Ma remarque était déplacée.

Nagato la considéra un instant avant de lever les yeux au ciel et de l'ignorer, voyant le juge arriver.

Ils s'installèrent tous dans la salle dans un bel ensemble, se répartissant de chaque côté et Hiruzen Sarutobi alluma le micro, lançant les habituelles salutations, avant d'ouvrir son dossier et de soupirer longuement en analysant les deux partis.

— Bien, commençons… Il semble relativement évident que, compte tenu de la défense orchestrée par Maître Tanaka, le divorce pour faute demandé par Madame Onishi ne tient plus, Maître Ryôtenbin.

L'usage de son nom de naissance heurta Konan, lui montrant que le juge avait tranché en sa défaveur. Elle échangea un regard avec son avocat qui grimaça, réellement désolé pour elle. Il ne perdait jamais, en temps normal, et il n'avait pas pu anticiper l'arrivée de Deidara. Il s'était montré tout à la fois négligent et malhonnête, d'abord en considérant que son adversaire conserverait un avocat incompétent, ensuite en ignorant volontairement l'adultère de sa cliente, dont il était bien évidemment parfaitement au courant. Il pinça les lèvres en hochant la tête.

— Il est évident, continua le juge en lui portant un regard sévère, que j'ai également préféré l'explication de Maître Tanaka plaidant votre négligence et espérant que vous n'ayez pas été malhonnête. Monsieur Uzumaki.

Nagato se leva avec déférence.

— Monsieur le juge ? demanda-t-il.

— Lors de la dernière audience, votre avocat, en votre nom, a montré ses exigences. Êtes-vous revenu sur votre opinion ? Que souhaitez-vous, aujourd'hui, à présent qu'est passée l'émotion ?

Le policier prit quelques secondes, comme avait demandé Deidara. Le discours qu'il allait prononcer avait bien entendu été préparé et il avait eu amplement le temps de le répéter pour pouvoir sembler naturel en le récitant.

Quand Deidara avait lu les exigences de Maître Ryôtenbin, il avait soupiré, en traitant son ancien maître de croûton prévisible et périmé. Puis il avait longuement expliqué que durant la dernière audience, il était possible de revenir sur les demandes et que c'était probablement la stratégie du vieil avocat : cela permettait de faire passer celui qui demande le divorce pour une personne compatissante et altruiste et de donner l'impression à celui qui n'allait rien avoir qu'il suscitait la pitié.

Et c'était exactement la stratégie que Deidara avait choisie. Retourner chacune des armes de son vieux professeur contre lui, y compris celle-ci.

— J'ai réfléchi, Monsieur le juge, prononça Nagato. À présent que la vérité est rétablie, la seule chose que je souhaite est de pouvoir avancer et tourner la page de ce mariage. Je veux donner le meilleur à mon enfant, continuer à faire de mon mieux, peut-être avancer dans ma carrière. Je suis fatigué de me battre avec mon ancienne épouse. Et je ne souhaite pas que ce combat épuisant ait des conséquences sur la vie de ma fille. Aussi, en accord avec Maître Tanaka, j'ai décidé de modifier mes exigences.

Onoki eut un rire et porta sur la silhouette de Deidara un regard à mi-chemin entre l'exaspération et le respect. C'était drôlement bien joué, ça. Quel dommage que ce petit n'eût jamais rien entendu aux valeurs du corps des avocats, aux exigences de respectabilité du métier, parce qu'il était véritablement exceptionnel quand il traitait ses affaires. Le vieux magistrat n'avait aucun mal à reconnaître une de ses stratégies, plutôt efficaces, en outre, permettant de faire passer les exigences réelles pour des cadeaux à l'adversaire. Il en avait usé plusieurs fois. Jamais il n'aurait cru que ça se retournerait contre lui avec tant de force.

— Je souhaite toujours vendre la maison, reprit Nagato, et propose à mon ex-épouse de récupérer l'argent de la vente au prorata de ce qu'elle a effectivement payé. Elle peut, si elle le désire, garder les meubles sans compensation financière, je n'en ai pas besoin, j'ai tout le nécessaire dans mon logement. J'aimerais choisir personnellement l'agence qui s'occupera de la vente. Également, je renonce à la somme de dommages et intérêts que je voulais qu'elle me verse. À la place, je souhaite qu'elle la reverse à une association de protection des travailleurs du sexe, afin d'expier le tort qu'elle a fait à mon colocataire en l'obligeant à dévoiler quelque chose qu'il n'avait pas envie d'exprimer – ce qui était parfaitement son droit.

Il laissa un silence passer. Konan le considéra avec attention, se demandant à quel moment son ex-mari était devenu aussi machiavélique et Yahiko pressa sa main avec douceur, murmurant une parole de réconfort dans son oreille.

— Pour finir, je souhaite conserver le système de garde alternée pour notre fille que nous avons instauré jusqu'à l'officialisation de notre divorce. Seul un monstre priverait un enfant de sa mère et si mon ex-épouse n'est pas la meilleure des femmes, elle reste pour Mikan la meilleure des mères et il n'est pas question pour moi de lui retirer ça. Cependant, je ne souhaite pas la laisser utiliser le nom de mon clan.

— C'est très généreux à vous, Monsieur Uzumaki, approuva le juge. Je suis heureux de vous savoir revenu à des sentiments plus apaisés. Vous pouvez vous asseoir.

Nagato s'exécuta et le juge Sarutobi porta un regard à la volée, pour croiser les yeux de chacune des personnes présentes, avant de s'arrêter sur son ami.

— Maître Ryôtenbin, avez-vous quelque chose à opposer à ces demandes ?

— Non, Monsieur le juge, elles sont très raisonnables. Je souhaiterais remercier Maître Tanaka, jeune confrère, pour sa clairvoyance sur cette affaire, et également Monsieur Uzumaki pour sa bienveillance envers ma cliente malgré tout.

Et ça lui coûtait de prononcer ces paroles, ça lui coûtait tellement.

Le juge confirma sa décision, fixant une somme de dommages et intérêts relativement basse, choisissant une association parmi la liste remise par Maître Tanaka. Elle serait donc contrainte de verser l'équivalent des loyers payés par Monsieur Uzumaki depuis leur séparation, en plusieurs fois si elle ne pouvait pas tout régler d'un coup, à l'association « Putes, pas soumises » gérée par Ino Yamanaka.

Nagato précisa qu'il souhaitait utiliser Kagemane Immobilier comme intermédiaire dans la vente de la maison, le juge le rajouta au dossier, puis l'audience fut terminée.

Il ne leur fallut que quelques minutes, au sortir du tribunal, pour rejoindre le cabinet de l'avocat. Sur le chemin, le policier incita Deidara à changer de voie quand il aperçut le père Danzô qui distribuait des tracts, affirmant à son représentant qu'il aimait mieux éviter l'homme d'église, vu qu'il n'avait pas tenu sa promesse de passer et qu'il ne souhaitait pas qu'il insistât. Riant de bon cœur, comprenant parfaitement, Deidara s'était laissé faire.

Nagato manqua de s'étouffer en contemplant la somme sur la facture, se retenant à son siège.

— Il pourra vraiment payer ça ? pâlit-il subitement, encore plus gêné qu'il ne l'était lorsque son colocataire avait suggéré de régler les frais du divorce.

Même s'il avait la rancune tenace, Nagato pouvait voir que c'était bien trop cher payé pour obtenir le pardon d'avoir simplement eu peur de dévoiler quelle était sa profession.

— Vous inquiétez pas pour lui, c'est un des acteurs les mieux rémunérés de l'univers du X. Et la sortie VR de Time Travel cartonne, j'ai vu les chiffres, c'est assez fou, Jiraiya a eu du flair !

Nagato grimaça.

— Yerk, Akatsuki Productions a sorti des films en réalité virtuelle ?

Deidara, installé au fond de son siège, se balança un peu, jouant avec un coupe-papier.

— Oui, ça rend les gens totalement fous, ils adorent ça ! On a d'abord testé avec un porno gay, mais vu comme ça marche, on va probablement l'étendre à nos films hétéros, ça va permettre de bien rattraper le manque d'engouement du public pour le SOD. Sex On Demand, précisa-t-il en voyant l'air perplexe de Nagato. Certains de nos acteurs acceptent de tourner des scènes avec des amateurs qui en font la demande et qui repartent avec le film.

— C'est vraiment pas un monde que je comprends, soupira Nagato.

Il prit congé peu de temps après, retournant au commissariat, soulagé que la procédure de divorce fût enfin achevée.


Cette fois, ç'en était trop, décréta Asuma en mordant pensivement son bâton de réglisse, comparant avec attention les dernières lettres insultantes qui avaient été reçues par le propriétaire de l'appartement 1301.

Tant pis. Il s'était promis de ne de rien faire tant qu'il n'était pas sûr que la procédure de divorce était passée — l'inspecteur Uzumaki ayant, comme l'avait déjà précisé Itachi, d'autres soucis actuellement – mais les courriers étaient devenus de plus en plus violents, de plus en plus insultants, et il craignait réellement pour la vie d'Itachi.

Alors tant pis. Il y perdrait peut-être son boulot, mais il avait laissé ces menaces planer depuis trop longtemps. Alors bien sûr, il comprenait que prévenir la police était compliqué, dans la mesure il ne pouvait pas mentionner le nom de son protégé, mais Nagato, lui, Nagato saurait se dépatouiller d'une telle histoire. Il saurait sortir Itachi de ce pétrin.

Asuma avait bien remarqué, dès les premiers échanges avec l'inspecteur, que ce n'était pas un simple officier de la brigade financière. Très peu d'entre eux avaient le permis port d'armes – et son œil avisé avait su reconnaître la légère déformation sous la veste de Monsieur Uzumaki. Très peu d'entre eux étaient capables de faire voltiger un homme comme il l'avait fait sous le coup de la colère.

Intrigué par ce qui était arrivé ce jour-là, Asuma avait passé un ou deux coups de fil, pour savoir ce qu'il en était et Chiriku lui devait un service, alors il lui avait communiqué quelques infos, assez pour que le gardien comprît à qui il avait affaire.

Ça avait été un soulagement pour lui d'apprendre que Monsieur Uchiha était sous la protection d'un ancien gradé des forces spéciales. Puis Asuma s'était souvenu que Monsieur Uchiha n'était pas en permanence sous la surveillance de Nagato, qu'il y avait trop de moments où il allait et venait, insouciant, méprisant le danger qui couvait dans ces lettres agressives.

S'il approuvait Itachi quand celui-ci affirmait qu'il ne pouvait pas réagir à toutes les menaces de mort qu'il recevait, celles-ci avaient quelque chose de dérangeant. Les propos étaient devenus plus violents, plus insultants, et pourtant, il y avait un calme et une mesure inouïs qui transpiraient des collages mis sous pli.

L'homme – ou la femme – qui envoyait ces lettres avait franchi une étape à la période de Noël, quelque chose avait dû se produire, quelque chose qu'il ne pouvait pas identifier. Les menaces avaient changé. Si, au début, il s'agissait de donner à l'acteur de X ce qu'il méritait, la personne désaxée se sentait désormais investie de la mission de protéger le monde entier d'Itachi, sous-entendant qu'elle était prête à tout.

Et Asuma était réellement très inquiet de la désinvolture avec laquelle Itachi considérait ces courriers, comme si ce n'était pas important.

Alors, quand Nagato franchit la porte d'entrée avec Mikan, Asuma fit la première chose qui lui passa par l'esprit, il interpela l'inspecteur :

— Inspecteur Uzumaki, puis-je m'entretenir avec vous, s'il vous plaît ?

Ce ne fut qu'après avoir prononcé cette phrase et reçu une œillade sincèrement curieuse de la part de Nagato qu'il s'aperçut qu'Itachi se trouvait derrière lui, rentrant pour une fois en même temps.

L'acteur le foudroya du regard et il sourit.

— Bonsoir Itachi, j'espère que vous allez bien.

— Très bien, de quoi souhaitez-vous parler ?

— J'ai… J'ai reçu une contravention un peu injuste, mentit Asuma.

Itachi le considéra avec suspicion, restant derrière Nagato tout le temps qu'il s'approchait du comptoir, un peu usé, mais suffisamment de bonne humeur pour accepter de jeter un œil au procès-verbal.

— Montrez-moi, sourit l'officier de police.

Asuma sortit la contravention qu'il avait reçue quelques jours avant – et pour laquelle il était totalement responsable, il n'avait pas fait attention au panneau qui avait été renversé par un chauffard et il avait stationné son véhicule sur une place réservée.

— Alors voilà, expliqua-t-il, c'est très injuste parce que le panneau était renversé.

Tout au long de son monologue, il tapota un rythme sur le comptoir, observant en périphérie de son regard Itachi qui se détendait.

Pourtant, au bout d'un instant, Nagato fronça les sourcils, se tendant légèrement, ses rétines glissant sur les doigts pour les contempler frapper trois courts, trois longs, trois courts. Toute sa concentration passa dans les yeux d'Asuma, puis il finit par soupirer.

— Pour un PV de stationnement, je ne peux pas faire grand-chose. C'est pressé ? Ça peut attendre demain ?

— J'imagine que oui, accepta Asuma.

— Je vous appellerai demain depuis le bureau et on parlera de ça.

Son hochement de tête paraissait désigner le morceau de papier que le gardien présentait. Asuma sourit, rassuré et Nagato se dirigea vers l'ascenseur, demandant à Mikan de bien vouloir cesser de râler après le menu du soir – qui ne lui plaisait pas – et questionnant Itachi sur comment s'était passée sa journée.

Impatient de raconter à demi-mot la scène qu'il avait tournée avec son idole, Itachi oublia aussitôt Asuma, sa contravention et même l'audience du procès qui avait eu lieu. Et à vrai dire, Nagato aimait mieux ça. Il écouta d'une oreille distraite le babillement de son colocataire, entrecoupé par celui de sa fille, passant de l'un à l'autre, rompu à l'exercice depuis le temps : il avait développé une certaine aptitude pour être à plusieurs endroits à la fois.

Mikan s'empressa, une fois franchie la porte de l'appartement, d'aller se laver, pendant qu'Itachi terminait le récit de sa journée avec fougue, expliquant que s'il n'avait pas le Zob d'Or, cette année, au moins, il aurait eu le privilège de tourner avec l'un des plus grands acteurs de X de ce siècle. Quand il s'interrompit, il réalisa qu'il avait totalement oublié de demander à Nagato comment avait fini l'audience.

Dans un sourire, Nagato l'excusa. Il comprenait l'excitation que devait ressentir son colocataire à l'idée de travailler avec une personne qu'il admirait depuis toujours et il se força à ne pas mettre d'image sur ce qui signifiait « travailler » pour Itachi. Quelque chose serra légèrement son cœur, les souvenirs de la salle d'audience revinrent dans son esprit, il ne se sentit pas aussi dégoûté que les premières fois qu'il y avait repensé malgré lui.

— Plutôt bien, admit-il. Maître Tanaka m'a fait passer la facture.

Tâtant ses poches, il sortit le papier et hésita à le tendre à Itachi qui finit par s'en emparer pour l'ouvrir.

— Il a dit que tu pouvais payer en plusieurs fois, précisa-t-il avec une grimace. Tu es sûr que tu ne veux pas que… C'est une grosse somme. Je… Je te rembourserai.

— Pas la peine. Je lui ferai un virement demain, c'est pas très cher payé. Mikan reste avec nous ? demanda-t-il enfin, impatient de connaître les résultats.

— Oui, confirma Nagato. On maintient la garde alternée.

Le sourire éclatant qu'eut Itachi trouva un écho sur son visage, puis le plus jeune des deux finit par se détourner, précisant qu'il allait continuer à travailler un peu dans son bureau. Quand la porte se ferma derrière lui, Nagato sentit son rictus fondre. Sans s'en rendre compte, ses doigts tapèrent le même rythme que celui d'Asuma.

Trois courts. Trois longs. Trois courts.

SOS.


Bon, petite annonce pour la fin : je m'octroie dix jours de vacances sur la publication d'ACAT, le temps de reprendre un peu d'avance sur l'écriture et de terminer un truc important pour les cours – la joie du master, hahaha, j'ai un truc à faire pour mon mémoire qui est assez important. Oui, bon, j'admets, c'est un peu méchant de faire une pause là, mais c'est la fin du premier arc – et le début du deuxième, comme vous pouvez vous en douter !

Nous nous retrouverons donc le 20 février !