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Chapitre 30

Le sommeil l'avait fui pendant plus d'une heure, bien après le repas et la soirée passée au calme, le rythme de l'ongle d'Asuma sur le bois de son comptoir cognant contre son crâne avec un soupçon d'angoisse. Il avait tourné le message codé dans tous les sens, en alerte, se disant que s'il n'avait pas formulé cette demande à haute voix, c'était pour une raison précise.

Quand le réveil avait sonné, il s'était extirpé de son lit, chassé par les pensées morbides qui avaient peuplé ses rêves et il avait repris le cours de sa routine en ne montrant pas le fil de ses réflexions à son colocataire – étonnamment alerte si tôt le matin.

Il s'installa près de lui, surpris, lui portant une œillade scrutatrice et Itachi sourit.

— Dernier jour de tournage avec Hagoromo.

Nagato porta un regard à Mikan, attrapant sa serviette pour essuyer son menton qui dégoulinait de lait alors qu'elle essayait de mettre le plus de céréales possible dans sa bouche, il offrit un sourire un peu forcé à son colocataire.

— J'ai cherché sur internet qui était cette personne. J'ai regretté d'avoir fait ça, admit-il. Ma mère me disait que la curiosité est un vilain défaut et elle avait raison. Je dois passer par Kagemane Immobilier, ce soir, annonça-t-il, pour la vente de la maison. J'ai rendez-vous avec Naruto.

— Tu veux que je récupère Mikan ? Ou c'est Zetsu qui s'en charge ?

— Je peux demander à Zetsu si tu as beaucoup de travail…

Itachi refusa, disant que ce serait avec plaisir qu'il passerait par l'école sur le chemin du retour.

Ils finirent de se préparer puis descendirent, Nagato saluant au passage Asuma, croisant son regard avec attention. Mikan commença à expliquer ce que Maître Iruka avait prévu à l'école le même jour, mettant fin à cet échange. Impatiente d'être en classe, elle tira la main de son père pour tenter de le faire aller plus vite, trépignant tant qu'elle le pouvait. Le professeur avait, pour la journée, décidé d'abandonner les enseignements traditionnels pour consacrer tout le temps à des activités manuelles. Une journée sans lecture, sans écriture et sans calcul, c'était la classe rêvée pour Mikan qui voulait déjà y être.

Itachi les quitta au croisement, s'éloignant lui aussi d'un pas guilleret et Nagato l'observa par-dessus son épaule, ne pouvant s'empêcher de froncer les sourcils, cessant d'écouter le babillement de sa fille pour se plonger dans ses pensées, se détachant de la description minutieuse que faisait Mikan des peintures qu'elle avait décidé de faire, bien partie pour inonder tout le monde de nouveaux dessins.

Il la déposa auprès de Maître Iruka, souriant à l'instituteur.

— C'est Itachi qui viendra la récupérer ce soir, précisa-t-il à l'enseignant qui s'étrangla sans élégance dans sa salive en le remerciant pour l'information.

Nagato eut un mouvement de latence et il prononça, un peu gêné :

— Il est célibataire, vous savez.

Son annonce tomba dans l'oreille d'Iruka qui ne sut pas vraiment quoi en faire, papillonnant des cils, alors que Mikan rejoignait ses camarades après avoir embrassé son père.

— Je dis ça comme ça, rajouta Nagato. Il a l'air de vous plaire, alors…

— Merci pour l'information, sourit Iruka, mais je pense que je n'en ferai rien.

Iruka soupira, tentant de mettre de côté le rouge qui montait à ses joues au même rythme qu'il envahissait celles de Monsieur Uzumaki.

— De toute façon, il n'est pas intéressé, rajouta Iruka en déglutissant.

Nagato haussa les épaules.

— Dommage. Vous êtes quelqu'un de bien et lui aussi. Vous méritez d'être heureux.

— Je vous remercie, répondit Iruka, la voix étranglée par l'émotion.

La cloche de l'établissement sonna, rappelant l'enseignant à ses devoirs et Nagato finit par prendre congé, faisant demi-tour pour retourner à la résidence Phénix, une pointe d'inquiétude pulsant dans son allure rapide.

Il franchit la porte de l'immeuble et sa démarche empressée fit réagir le gardien qui cligna des yeux.

— Vous vouliez me parler ? demanda Nagato en arrivant sur le comptoir. Que se passe-t-il ?

Asuma lui fit signe de venir derrière et il s'exécuta, poussant la porte rapidement.

— Fermez-la, je vous prie, demanda le gardien en jetant des regards dans le hall de l'immeuble pour s'assurer qu'ils étaient seuls.

Finalement, il invita à Nagato à s'asseoir dans un long soupir, prenant lui-même place sur la deuxième chaise de son bureau, à proximité du tiroir dans lequel il avait accumulé toutes les lettres.

Il prit un moment supplémentaire, durant lequel il resta muet, examinant le visage de l'inspecteur pour savoir comment il allait lui annoncer ça.

— Tout d'abord, ça va être brutal, mais j'ai pas le temps de faire dans la finesse. Itachi est acteur de X.

Nagato cilla, hocha la tête.

— Je sais.

Soulagé, Asuma se détendit immédiatement, frottant ses yeux, riant légèrement.

— Voilà qui va grandement me faciliter la tâche. Il y a quelques années, son adresse a fuité sur certains médias en ligne, des communautés de fans undergrounds. J'ai fait ce que j'ai pu pour colmater la fuite, mais un certain nombre de fans ont conservé son adresse.

Il désigna son bureau.

— La plupart des colis et cartons qui sont reçus par la résidence Phénix sont à son attention. Ce sont des cadeaux, des déclarations d'amour, des propositions de plan cul ou de tournage amateur… J'ai vu des demandes en mariage passer, aussi…

Étudiant le local étroit, Nagato constata qu'il était encombré de colis en tout genre, de tailles et de consistance différentes, certains paraissaient mous, d'autres d'une extrême solidité. Sur certains d'entre eux étaient posées des caisses de plastique emplies d'enveloppes.

— Sa communauté s'étend sur plusieurs centaines de milliers de personnes. Alors, bien sûr, toutes n'écrivent pas, mais… Quand il s'est installé, il a exigé que sa vie professionnelle n'interfère pas avec sa vie privée.

— Il ne répond pas à ses fans, comprit Nagato.

Et à vrai dire, le policier ne voyait pas bien ce que ces gens pouvaient espérer comme retour. « Merci pour le sextoy, je l'ai testé, pas de problème pour le plan cul, quand vous voulez » ? Un frisson d'horreur le traversa de part en part, alors qu'il frottait son visage pour écarter cette hypothèse. Il ne s'était toujours pas vraiment fait à l'idée.

— Eh bien, je ne sais pas ce qu'il fait à Akatsuki Productions, enchaîna Asuma, mais effectivement, les lettres qu'il reçoit ici ne sont lues que par moi, elles ne remontent jamais jusqu'à lui puisqu'il ne souhaite pas que sa vie professionnelle et sa vie personnelle se mélangent.

— Montrez-les-moi, exigea le policier.

Asuma lui offrit un air perplexe et Nagato soupira.

— Vous me parlez du courrier de fan d'Itachi, mais hier vous avez clairement mentionné qu'il y avait un problème. Montrez-moi les lettres.

Le tiroir coulissa et Asuma les attrapa, les tendant à Nagato qui farfouilla dans ses poches pour trouver un mouchoir dans lequel envelopper ses doigts avant de saisir la liasse de papiers.

Il les examina, tour à tour, les lut avec attention, puis, arrivé à la dernière, il leva les yeux vers Asuma.

— Ça colle la chair de poule, confirma Nagato. Je vois. Vous en avez parlé à Itachi ?

— Oui, il a refusé de prendre ces lettres au sérieux et m'a interdit de vous en toucher le moindre mot.

— Il est complètement inconscient ou quoi ? siffla le policier avec colère.

Son regard revint sur les lettres, l'énervement grandissant de la personne qui menaçait, les caractères découpés et la façon dont ils étaient collés. Attrapant la première, il l'analysa de près à la lumière, une moue sceptique sur le visage, puis il secoua la tête en retournant le papier pour continuer son examen.

À première vue, il n'y avait rien de particulier. Le papier était ordinaire et les lettres probablement découpées sur les publicités distribuées dans les boîtes de tout le monde. Même un relevé d'empreintes partiel pourrait donner lieu à une fausse piste. À l'odeur d'amande, il reconnut une colle bon marché achetable dans n'importe quelle grande surface et les pliures n'étaient pas assez appuyées pour que les lettres eussent été fermées avec un ongle ou un doigt, retirant ainsi le moindre espoir de retrouver de l'ADN.

La moue sur son visage s'accentua.

— Ok, donc on a affaire à quelqu'un d'une grande minutie. Ces menaces sont pensées et pesées, il ne s'agit pas seulement d'un fan insatisfait d'un dernier film qui enverrait un courrier sous le coup d'une impulsion, conclut-il. Il y a de la colère, énormément de colère, mais ça a changé récemment, la résolution de l'homme s'est davantage accentuée… En tout cas, il est très sérieux.

— J'avais à peu près ces conclusions, se rassura Asuma. Je me suis refait les films de surveillance de la résidence pour savoir qui déposait ces lettres vu qu'elles ne sont pas affranchies, mais il joue avec les angles morts des caméras pour atteindre les boîtes aux lettres, donc je ne le vois pas sur les bandes. Ce n'est pas moi qui suis parano, alors.

Souriant, Nagato lui porta un regard amusé.

— Ou alors, nous sommes deux paranos, c'est possible aussi. Mais il vaut mieux un peu de paranoïa qu'un cadavre. Je peux les prendre ?

Asuma hésita, puis il croqua dans son bâton de réglisse.

— Des gens me doivent des services, précisa Nagato. Je vais chercher discrètement.

Le gardien hocha la tête.

— Merci, souffla-t-il. Je suis très inquiet.

— Je suis là, je vais veiller sur lui.

— Et c'est un réel soulagement. Voulez-vous que je vous envoie les bandes de vidéo surveillance, aussi ?

Nagato approuva en se relevant, glissant les lettres dans un sachet hermétique avant de jeter le mouchoir qui avait protégé ses doigts.

— Je veux bien. Avez-vous noté les dates auxquelles ont été reçues ces lettres ?

— Scrupuleusement, oui.


Sur le plateau d'Akatsuki Productions, trois pas derrière la caméra et les techniciens, Sakura retenait son souffle, les yeux rivés vers les deux acteurs qui se donnaient la réplique, incapable d'en perdre une miette.

Le silence s'était fait épais, profond et une tension inédite régnait. Personne n'osait faire le moindre mouvement de peur de briser la synergie qui s'était créée entre Itachi et son idole. C'était le point crucial, c'était une scène importante du film, celle où Fade aidait Purple à sortir de ses limites, celle où le personnage campé par Hagoromo Ôtsutsuki comprenait qui était réellement l'agent Purple et décidait malgré ça de tout faire pour le transformer en un excellent acteur.

Itachi avait énormément stressé pour cette scène, parce que les indécisions de Purple, ses hésitations et ses peurs faisaient écho à ses propres ressentis et il avait la curieuse impression de se mettre à nu comme jamais.

S'il était censé être rompu à l'exercice – il était plus que cocasse pour un acteur de X de craindre la nudité –, quelque chose en lui l'avait rendu moins sûr de lui, moins naturel et c'était la treizième prise, déjà. Ce chiffre toujours plus gros pesait sur sa confiance en lui et ils avaient fait une pause extrêmement longue, durant laquelle Hagoromo l'avait pris à part, pour tenter de savoir ce qui se grippait lorsqu'il fallait jouer cette scène, lui prodiguant mille encouragements.

— Je n'en sais rien, récita Itachi sur le plateau. Vous est-il déjà venu à l'esprit que peut-être, peut-être je n'étais pas fait pour ça ?

Hagoromo s'approcha jusqu'au repère vert marqué par une croix sur le sol et Itachi compta un demi-temps avant de s'écarter pour s'appuyer sur un bureau, ses yeux posés sur un symbole rouge qui guidait son regard pour le rendre fuyant.

— Peut-être que c'est moi, le problème, chuchota-t-il.

Jiraiya baissa les yeux sur le scénario en souriant et quelqu'un à sa droite déglutit en constatant qu'il ne suivait pas le dialogue inscrit, que c'était une improvisation.

Sakura, quant à elle, hocha la tête avec conviction. Si Itachi commençait à improviser, ça voulait dire qu'il était revenu dans le rôle. Il avait enfin compris Purple et était parvenu à s'imprégner du moment de doute de son personnage, pour le colorer comme il le fallait.

Hagoromo s'approcha, le saisissant par le bras et il se dégagea, se retournant pour plonger ses rétines dans celles de son idole.

— Pourquoi m'avez-vous choisi ? demanda-t-il, le regard trouble.

Le vieil acteur fit un pas de plus, appuyant ses mains de chaque côté d'Itachi, le dévisageant d'une œillade transperçante.

— Ce que tu étais avant ne m'intéresse pas, répliqua Hagoromo, parce que ce que tu pensais être n'était pas la voie qui est faite pour toi. Tu n'es pas un flic dans l'âme, Purple. Tu es cette petite chienne que tu t'empêches d'être parce que tu as peur d'aimer ça. Je l'ai su dès que mes yeux se sont posés sur toi.

— Je ne suis pas une petite chienne, contredit Itachi en tournant la tête vers un autre repère inscrit dans le sol.

Hagoromo tendit la main, la glissant sur la joue de son partenaire pour le forcer à ramener son regard vers lui, collant leurs corps.

— Vraiment ?

Ses doigts glissèrent sur la braguette d'Itachi, l'ouvrant délicatement, bouton par bouton. Il finit par plonger la main dedans, caressant le sexe gorgé de sang.

— Pourquoi est-ce que tu bandes si fort, alors ?

« Il bande ! » se réjouit Sakura en mordant dans ses lèvres alors qu'elle regardait la main d'Hagoromo glisser le long de la verge tendue. « Il l'a fait ! »

Et il était temps. Jiraiya commençait à penser au recours à une médication, pour parvenir à ce résultat. C'était terriblement insultant pour Itachi d'avoir dû l'envisager et ça n'avait bien entendu pas aidé à l'apaiser. Sakura laissa un sourire fleurir sur son visage, fière de son ami. Elle retint comme elle put le gémissement satisfait qui venait au bord de ses lèvres alors que ceux d'Itachi emplissaient le plateau au fur et à mesure que la main accélérait ses mouvements.

— Qu'est-ce que tu es ? demanda Hagoromo avec un sourire sadique.

— Je… Ah… Je…

Les mains d'Itachi quittèrent le bureau, saisissant les épaules d'Hagoromo, et Sakura croisa les doigts. C'était la dernière ligne droite. Le moment où Purple cédait à sa vraie nature, où il cessait de se débattre pour enfin convenir qu'il aimait ça, le sexe, toucher des hommes, l'univers du porno.

— Qu'est-ce que tu es ? interrogea de nouveau Hagoromo dans la peau de Fade.

Itachi autorisa Purple à céder plusieurs longues secondes après, appuyant son front contre l'épaule de son idole, et il prononça d'une voix claire :

— Je suis une petite chienne. Par pitié, prends-moi.

Hagoromo laissa un rire remonter le long de sa gorge et fit glisser le pantalon sur les hanches d'Itachi, l'incitant à se retourner contre le bureau.

— COUPEZ ! scanda Jiraiya dans son mégaphone. Elle est bonne, on la garde !

Soudain, ce fut l'effervescence sur le plateau. Hagoromo s'éloigna d'Itachi qui remonta son pantalon pour rejoindre Sakura. Quand il arriva près d'elle, Jiraiya lui fit signe :

— Sakura, finis-le, on reprend après manger, je veux qu'il soit capable de bander correctement. Tsuki, tu étais très bien, bien mieux que dans les autres prises, mémorise bien cet état d'esprit, je veux que tu sois dans le même après la pause. Hagoromo ?

La vieille pornstar s'approcha, Itachi s'installant dans son siège réservé, alors que Sakura se glissait entre ses jambes. Hagoromo sourit aux deux jeunes avant de se laisser tomber dans la chaise à la gauche de Jiraiya, observant les autres acteurs qui se mettaient en place dans le décor et s'échauffaient.

— C'est plus de mon âge, tout ça.

— Vraiment, ricana Jiraiya, tu ne feras croire à personne que tu ne t'amuses pas.

Le rire d'Hagoromo était un peu éraillé, mais sincère lorsqu'il porta un regard sur Itachi qui crispait sa main dans les cheveux de Sakura, paupières closes, accompagnant doucement le mouvement de son assistante.

— C'est vrai que je m'amuse bien. C'est un final qu'il fallait que je fasse, non ? Passer le relais à un jeune talentueux… Il ira loin, ce petit.

Fier comme un paon, Jiraiya se redressa pour bomber le torse.

— C'est mon gamin, ça, précisa-t-il. J'ai toujours su qu'il avait les moyens de crever l'écran. Je te parie que dans trente ans, ce sera devenu une icône du X, presque autant que toi.

Hagoromo hocha la tête avec fougue.

— Il pourrait même aller plus loin, j'en suis sûr. Par contre, j'ai un doute, d'un coup, en revoyant la configuration des lieux, t'es sûr pour l'enchaînement de positions ?

Sakura se redressa, crachant dans un mouchoir ce qu'elle avait dans la bouche et se permit d'intervenir.

— Monsieur Ôtsutsuki a raison, Ji', l'enchaînement est pas bon. Yerk, je déteste en avoir plein les dents.

— Pardon, s'excusa Itachi d'une voix lointaine.

Il reprit rapidement une contenance, termina de reboutonner son pantalon et glissa dans son peignoir qui servirait à le protéger. Jiraiya lui porta un regard paternel et fier, avant de considérer Sakura un instant.

— Viens me montrer comment tu ferais, toi. Itachi, va manger, je ne voudrais pas me faire engueuler par Nagato parce que tu n'aurais pas eu le temps de déjeuner.

— Qui est-ce ? demanda, curieux, Hagoromo qui se leva en même temps qu'Itachi pour le suivre jusqu'à la salle de pause.

Kiba, Hinata et Kisame étaient déjà là, à croire qu'ils ne bossaient jamais, s'amusa Itachi. Hagoromo s'installa sur un siège alors que l'autre s'approchait du frigo pour récupérer sa boîte à déjeuner.

— C'est mon colocataire, répondit Itachi en tirant une chaise avant de s'asseoir pour ouvrir son repas.

L'air déconfit qui passa sur son visage attira l'attention de ses amis et il cligna longuement des paupières, avant de tendre une moue dépitée à Hagoromo.

— Et il n'était visiblement pas dans son assiette en préparant les repas, hier soir, s'amusa-t-il en dévoilant le contenu de son déjeuner à son idole.

Hagoromo ne retint pas le rire qu'il eut en découvrant une jolie belette au fond de la boîte. Kisame s'approcha pour observer l'animal de nourriture et Kiba éclata d'un rire un peu fou.

— Ah quel dommage, s'amusa-t-il, il t'a confondu avec sa fille de sept ans. Tu le vis comment, ton séjour dans la « tu es comme mon fils » zone ?

— En plus, renchérit Kisame, il n'a même plus l'excuse d'être perturbé par son divorce, vu qu'il a gagné.

Hinata se fendit d'un sourire désolé, Itachi roula des yeux.

— Arrêtez, je ne suis pas intéressé, de toute façon. C'est mon colocataire, reprit-il à l'attention d'Hagoromo. Et en bon père de famille, il m'a grondé quand il a su que parfois, le midi, je n'avais pas la possibilité de déjeuner. Je vis avec lui et sa fille, une semaine sur deux. C'est très amusant, la colocation. Sauf quand je me fais disputer pour d'étranges raisons.

— Comme regarder une rediffusion du journal du hard en plein après-midi ? questionna Kiba.

— Par exemple, oui. Mikan n'était pas là et il faut bien que je me tienne au courant, tout de même, ce n'était pas pour le plaisir, c'est pour le travail.

Hagoromo eut un sourire qui retomba brutalement.

— Ton assistante, demanda-t-il en se souvenant de l'air qu'avait Sakura, pourquoi… J'ai l'impression qu'elle fait ce métier par contrainte.

Un silence épais tomba sur la salle de pause et le vieil acteur déglutit.

— Pardonnez-moi, je ne voulais pas m'immiscer dans les affaires internes d'Akatsuki Productions.

Kisame soupira.

— Disons que c'est compliqué. C'est une ancienne de chez Orochimaru.

— Ah, je vois, rétorqua Hagoromo d'un ton polaire. Un sacré tordu, celui-là, concéda-t-il.

Changeant de sujet – il n'avait clairement pas besoin des détails – il interrogea les autres sur leurs parcours, leurs aspirations, afin d'évaluer à quoi ressemblait la relève. Il était confiant, le porno avait un bel avenir devant lui et plus chacun d'eux parlait, plus cette impression se confirmait.


À bientôt !