Bonjour tout le monde ! Merci d'avoir lu et commenté le chapitre précédent, je m'occupe des réponses aux reviews tout de suite !


Chapitre 58

— Tu devrais aller te coucher, suggéra Nagato en se tournant vers Itachi le temps que la télévision affichât l'écran de chargement de son jeu, il est déjà vingt-trois heures, tu vas être fatigué, demain.

À vrai dire, en pivotant en direction de son colocataire, Nagato avait plus parlé à ses pieds. L'étrange position dans laquelle il s'était installé pour lire, les jambes passées par-dessus le dossier du canapé, la nuque au bord de l'assise, paraissait très inconfortable à l'officier de police qui n'avait pas osé formuler la moindre question.

Remettant son livre sur son estomac, Itachi força sur ses abdos pour se redresser et croiser les yeux de Nagato, puis il tourna, libérant le dossier du canapé de l'étreinte de ses jambes pour aller poser sa tête directement sur les genoux de l'autre homme qui le regarda faire avec dépit.

— Je pensais pas vraiment à ça quand je te disais d'aller te coucher, prononça-t-il avec humour.

Itachi observa l'écran quelques secondes, hochant la tête vaguement pour désigner le jeu.

— Et te laisser seul en compagnie de ton démon ? J'ai passé dix jours à me reposer, souffla-t-il finalement avec beaucoup de sérieux. Veiller un peu avant la reprise, ça ne me fera pas beaucoup de mal.

— Nerveux ?

L'acteur hésita puis en convint d'un mouvement léger de la tête.

— Un peu. Qu'est-ce que tu vas faire, demain, toute la journée ?

Nagato grimaça. Idéalement, il faudrait qu'il tente de nettoyer la baie vitrée de la terrasse, qui commençait à se couvrir de pollen. Peut-être pourrait-il aussi prendre le temps pour faire du tri dans ses vêtements. Ou aller racheter une chemise, vu qu'il en avait perdu une récemment.

Il n'eut pas vraiment le temps de répondre à la question, une main se posant sur son bras gauche, précédée d'un « Papa… » énoncé d'une voix un peu triste.

Mikan avait parfaitement intégré qu'il fallait toujours se signaler à Nagato en approchant de lui, pour éviter de le prendre par surprise : ça pouvait être dangereux. Il mit le jeu sur pause, alors qu'Itachi se redressait au son de la voix et les deux adultes purent apercevoir la fillette dans son pyjama préféré, tenant contre elle Monsieur Nours. Elle avait les yeux ensommeillés, les cheveux emmêlés et quelque chose de malheureux traînait sur sa lèvre tremblante, retenant immédiatement toute l'attention de son père qui l'examina.

— Ma chérie, tu ne dors pas ?

Elle secoua la tête avant de se glisser sur les genoux de Nagato qui abandonna la manette de la console sur ceux d'Itachi pour refermer ses bras sur son enfant.

— Papa, répéta-t-elle, je veux pas aller à l'école, demain.

Elle baissa les yeux, retira Monsieur Nours de l'étreinte offerte par son père pour poser la peluche au même endroit que la manette. Il y avait tant de détresse dans sa voix qu'Itachi ne pensa pas à protester qu'il n'était pas une sorte de rangement fourre-tout.

Alarmé, Nagato se redressa, relâcha un peu son étreinte et se pencha pour observer le visage chiffonné de contrariété de son enfant.

— Eh bien, ma chérie, que se passe-t-il ?

Konan lui avait demandé s'il pouvait la garder deux semaines d'affilée, les horaires de son boulot ne coïncidant pas vraiment et il avait accepté sans problème, toujours heureux de pouvoir profiter plus encore de sa fille.

— J'ai fait une bêtise, avoua-t-elle finalement en baissant le nez vers le plancher. J'ai menti à Maître Iruka.

Itachi et Nagato échangèrent un regard surpris. S'il y avait bien une règle que Mikan respectait scrupuleusement, c'était celle qui disait qu'il ne fallait pas mentir – et celle disant qu'il fallait se brosser les dents après chaque repas.

— Raconte-moi, incita Nagato d'une voix douce alors que les yeux bleus de Mikan s'emplissaient de larmes.

Sous la lumière de la pièce, les ressemblances entre le père et la fille sautèrent aux rétines d'Itachi. Elle hésita sur les mots et elle finit par murmurer très bas :

— J'ai dit à Maître Iruka qu'on va à la plage pendant les grandes vacances.

Elle fit silence, tortilla ses mains d'inconfort et récupéra Monsieur Nours pour enfouir ses yeux dedans.

Au bout de quelques minutes d'un récit détaillé entrecoupé de larmes, les adultes finirent par reconstruire l'histoire. À l'école, son meilleur ami, Kyoshiro, s'était moqué d'elle parce qu'elle n'avait jamais vu la mer. Lui-même s'y rendait tous les étés, chez ses grands-parents et il estimait ça nul de n'être jamais allé à la plage.

Lassée des moqueries de son camarade qui avait finalement trouvé comment mettre l'enfant mal à l'aise, elle avait donc inventé des vacances futures à la mer avec son père, quand Maître Iruka avait demandé s'ils avaient des projets.

Elle n'avait pas osé en parler plus tôt, et, à présent que le week-end était fini, la culpabilité lui avait tordu l'estomac, l'empêchant de sombrer dans le sommeil.

Il fallut un peu de temps à Nagato pour réussir à la calmer, si bien que lorsqu'il sortit de la chambre de Mikan, après l'avoir recouchée, il était plus de minuit. Il retrouva Itachi happé par le jeu qu'il avait abandonné, ponctuant les coups que prenait le personnage jouable de « Zut ! » que Nagato ne put s'empêcher de trouver adorables.

Quand il s'installa de nouveau sur le canapé, Itachi enclencha la pause, pour diriger une œillade un peu frustrée sur son colocataire.

— Ça a l'air facile quand c'est toi qui joues, mais je suis nul, constata-t-il.

Nagato haussa les épaules.

— C'est uniquement que tu manques de pratique. Il y a une progressivité dans l'apprentissage du gameplay, et je suis quasiment à la fin du jeu, c'est normal que tu aies du mal.

— Mikan va mieux ?

— Elle s'est endormie, soupira Nagato. Cette rivalité avec le petit Kyoshiro, ça commence à devenir embêtant. Ce n'est pas la première fois qu'elle se met dans tous ses états à cause de lui, est-ce qu'il faut que j'en parle à son enseignant ?

Itachi réfléchit un instant, observant le profil de Nagato avec un peu trop d'entrain. Il finit par se détourner en soufflant par le nez.

— Je ne pense pas. Quand j'avais son âge, il y avait des grosses brutes à l'école… Ça n'avait pas grand-chose à voir. Je ne pense pas que ce soit du harcèlement scolaire.

— Tu as connu ça ? demanda Nagato avec douceur.

Itachi hocha la tête.

— Oui, quelques années. Mon père n'avait rien fait, confessa-t-il un instant après en déglutissant. Je l'avais informé de la situation et il n'avait rien fait.

Un ricanement aigre lui échappa.

— Pour lui, c'était une partie de mon éducation. Il avait interdit à ma mère de me prodiguer le moindre réconfort pour ces histoires.

Nagato serra les mâchoires, son doigt ripa sur une touche avec trop d'énergie.

— Je suis à deux doigts de l'insulter, grinça-t-il.

Itachi pinça les lèvres et eut un mouvement qui attira une œillade surprise sur lui.

— Je pensais que tu serais plutôt d'accord avec lui, admit l'acteur en détournant le regard. Les bizutages dans la police et les forces spéciales doivent être pires.

— C'est vrai, rétorqua Nagato. La différence, c'est qu'en entrant dans les forces spéciales, tu sais à quoi t'attendre. Quand tu signes, tu signes aussi pour ça. Et tous les bleus en prennent plein la gueule. C'est pour forger l'esprit de corps : tous dans la même galère, à force d'être sous pression, tu apprends à réagir pour le groupe, à penser à tes camarades avant de penser à toi. Il y a un objectif clair et déterminé. Et des limites à ne pas franchir. C'est durant cette période difficile que Yahiko et moi sommes devenus amis.

La colère monta en lui et il commit une erreur sur son jeu avant de jurer longuement et d'éteindre la console, rageur.

— Et clairement, ce n'est pas la même chose quand il s'agit d'enfants, que ce soit toi ou Mikan. En tant que père, je trouve que c'est immonde de ne pas réagir quand son enfant dit être victime de brimades.

Il souffla pour se calmer, alors qu'Itachi portait sur lui un regard que Nagato ne put interpréter.

— Comment t'en es-tu sorti ? demanda-t-il finalement.

— J'ai sauté des classes. Et si on y allait ? suggéra-t-il pour changer de sujet. Cet été, à la plage. Et si on y allait ? Comme ça, Mikan n'aura pas vraiment menti… Elle aura simplement… anticipé ?

Il était passablement inconfortable, pendant qu'il demandait une telle chose. Évoquer des vacances en commun de façon si directe, alors qu'il n'osait pas, encore deux semaines avant, y penser réellement, avait un aspect incongru. Nagato cilla, fronçant les sourcils. Il bougea et le cuir grinça sous lui.

— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée de couvrir le mensonge de Mikan. Elle doit apprendre à assumer les bêtises qu'elle fait.

Finalement, embarrassé, il finit :

— En plus, je n'ai pas les moyens de lui offrir des vacances à la mer, sinon, je l'aurais fait depuis longtemps. Déjà qu'avant mon divorce, c'était difficile d'imaginer partir en vacances en famille, maintenant que je suis tout seul…

Toujours gêné, il esquissa un demi-sourire en portant un regard sur son colocataire.

— Peut-être après la vente de la maison !

Itachi n'osa pas rappeler qu'il avait largement les moyens de les inviter, comprenant à quel point Nagato tenait à être capable d'offrir lui-même ce genre d'aventures à sa fille. Il laissa donc son ami retourner à son jeu sans intervenir davantage.


— UZUMAKI, DANS MON BUREAU, IMMÉDIATEMENT !

Nagato n'avait même pas encore complètement traversé le hall du commissariat quand la voix de son chef tonna. Il leva les yeux :

— J'ai rien fait, chef, je viens d'arriver !

Hanzô braqua sur lui un regard dur, mais Nagato était certain d'avoir vu un microsourire avant qu'il se détournât vers son office, refermant la porte. Surpris, Nagato prit tout de même le temps de saluer l'agent Lee d'un hochement de tête, ignorant Kamano qui grommelait un « bien fait » sorti de nulle part – et après, certains avaient le culot de dire que c'était Nagato le plus rancunier du commissariat.

Secouant la tête, l'inspecteur s'engagea vers le bureau du commissaire, s'arrêtant devant la porte quand il sentit son téléphone vibrer.

« Et si je vous amenais en vacances ? Mikan adorerait aller à Uzushio, c'est un endroit merveilleux ! »

Depuis qu'Itachi avait repris le travail, la veille, il était surexcité. Nagato ne l'avait jamais vu aussi joyeux que lorsqu'il avait franchi la porte de leur appartement et soupiré de bien-être, scandant un dynamique « je me sens beaucoup mieux ! ».

Bien entendu, Nagato avait compris qu'il parlait de sa frustration, pas de ses cauchemars et la nuit suivante lui avait donné raison, vu qu'ils s'étaient croisés aux alentours de trois heures du matin, Itachi tout à fait chiffonné par un rêve violent, Nagato revenant des toilettes.

Esquissant un sourire face au message, l'inspecteur prit le temps de répondre : « Je préférerais que tu ne penses pas à ma fille quand tu es en train de tourner », avant de taper à la porte du commissaire pour se signaler.

— Entrez !

Nagato poussa le battant pour finalement pénétrer dans le bureau, offrant à son supérieur un demi-sourire un peu inquiet quand ce dernier lui désigna un siège d'un mouvement vif.

L'inspecteur s'y installa prudemment, dévisageant le commissaire, cherchant sur son visage la moindre trace de quelque chose qu'il aurait pu faire, d'une contrariété surgie d'avant sa mise à pied. Il ne vit rien, déglutit doucement et Hanzô replaça son presse-papier, referma un tiroir, laissant le silence s'étendre entre eux, rythmé par le tic-tac insupportable d'une horloge accrochée au plafond.

Il se passa une dizaine de secondes avant que le commissaire appuie ses avant-bras contre son bureau, croisant ses doigts.

— J'aimerais croire que cette mise à pied vous a servi de leçon, commença-t-il.

Il n'alla pas au bout de sa pensée, laissant en suspens qu'il savait très bien que ce n'était pas le cas. Il baissa les yeux sur son bureau.

— Uzumaki, il y a deux façons, dans ce métier, de tirer son épingle du jeu et de finir à ma place. Soit on consacre toute son énergie à avoir une carrière irréprochable et sans trace, comme je l'ai fait.

Nagato se retint de rouler des yeux face au début de sermon, hochant poliment la tête.

— Soit on connaît les bonnes personnes, acheva le commissaire. Et je suis déçu de voir que vous entre tous avez choisi la seconde option.

— Quoi ? réagit Nagato sans comprendre. Mais que voulez-vous dire ?

Hanzô se redressa.

— Il semblerait que vous ayez dans votre réseau des personnes d'influence, si j'en crois l'appel que j'ai reçu, hier, m'enjoignant à vous récompenser pour votre conduite inqualifiable.

Nagato secoua la tête, sous le choc.

— Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler, commissaire. Toutes mes récompenses et toutes mes punitions étaient méritées, je ne comprends pas, je–

— Le commissaire divisionnaire m'a appelé pour me dire de vous donner une médaille ou un avancement.

Bouche bée, l'inspecteur balbutia un début d'intervention qui ne parvint pas à prendre forme, puis il accentua son hochement de tête.

— Je ne connais pas le commissaire divisionnaire, chef, je– Ce n'est pas… Oh… Je vois…

Sans doute Itachi avait-il parlé à son oncle des récents événements et celui-ci, comme tous les Uchiha, devait connaître les bonnes personnes et avoir les bons leviers pour accélérer sa carrière. Une façon de lui dire merci, probablement. Il se massa les yeux, exaspéré. Il avait horreur de ce genre de passe-droits, exactement comme son chef.

— Est-ce que je peux la refuser ? Je… Comme ça, je n'ai pas une récompense que je ne mérite pas et vous n'avez pas fait faux bond à votre supérieur ?

Hanzô claqua la langue.

— Pour cette fois, nous sommes dans la même galère. Donc je vais vous donner la médaille avec le sourire, vous allez l'accepter avec le sourire, on fera une poignée de main et une photo, et vous allez considérer que c'est une anticipation du boulot que vous allez abattre à partir de maintenant pour en être un minimum digne, parce que je vais vous faire trimer comme jamais.

Il exhala.

— Vu la tête que vous faites, je vous crois quand vous dites que vous n'y êtes pour rien. Qui est votre colocataire, Uzumaki ? Je ne suis pas stupide, ça doit venir de lui.

Nagato garda les lèvres scellées. Hanzô roula des yeux.

— Très bien, gardez vos secrets.

Il tendit la main vers le tiroir, pour en retirer le formulaire que son subordonné devrait remettre aux RH pour récupérer sa plaque et son arme. Nagato s'en saisit en remerciant le commissaire, puis il hésita, se levant à moitié.

— Kurosaki est mort ? demanda-t-il d'une voix blanche. J'ai vu ça aux infos pendant mon arrêt. Que s'est-il passé ?

— Il s'est pendu. C'était aux infos aussi.

L'inspecteur hocha la tête, achevant de se lever, les doigts crispés sur la feuille de papier.

Un silence embarrassé plana alors que les deux hommes échangeaient un regard lourd de sens. L'un comme l'autre savait tout ce que cette phrase cachait. Nagato se força à secouer la tête pour éloigner les idées qui se bousculaient dans son esprit, puis, enfin, il essaya de sourire, ne parvenant qu'à tirer une grimace crispée de son visage.

Il quitta le bureau, refermant la porte derrière lui, puis il plongea sa main gauche dans sa poche pour retirer son téléphone et consulter le SMS qu'il avait reçu d'Itachi : « Je ne pense pas à Mikan quand je suis en train de tourner », précisait-il, « je suis encore au maquillage. Tu n'as pas répondu à la question. ». Il soupira bruyamment dans le couloir, avant de s'engager sur le chemin qui le conduirait au bureau de Kotetsu et Izumo, tapotant une réponse évasive : « J'y réfléchirai. Est-ce que ton oncle a le pouvoir de me faire décorer ? ».

Sachant qu'il n'aurait pas de réponse immédiate, il rangea son portable et partit directement vers les ressources humaines, où il put récupérer sa plaque, son arme et une bonne dose de moqueries gentillettes.

Pour autant, il ne parvint pas à se départir du goût amer qui restait dans sa bouche, même longtemps après avoir rejoint son bureau et découvert la pile presque indécente de dossiers que le commissaire avait fait déposer pour lui – il ne plaisantait pas quand il disait qu'il allait le faire trimer.

L'impression tenace et dérangeante demeura alors qu'il consultait ses courriels, se rappelant de la formation à laquelle il devrait assister trois semaines plus tard.

Le suicide du sénateur Kurosaki était difficile à encaisser. S'il l'avait lu et appris pendant son arrêt, il n'avait jamais pris le temps de s'interroger sur ce que cela signifiait, principalement pour son ancienne unité. Même s'il n'était pas question pour lui de remettre le doigt dans ce genre d'affaires, la sensation d'inachevé demeurait chevillée à son corps, bien qu'il tentât par tous les moyens de s'en sortir.

Il soupira, referma sa boîte mail et attrapa le premier dossier de la pile pour s'y plonger.

Il ne releva la tête qu'aux environs de treize heures, quand son téléphone vibra avec la réponse d'Itachi : « Je ne sais pas s'il en a le pouvoir, mais il en avait l'envie, en tout cas. Et je suis d'accord avec lui. »

Exhalant par le nez, Nagato humecta ses lèvres, ne donnant pas suite à la conversation. De toute façon, tel qu'il connaissait son colocataire, il ne comprendrait pas pourquoi l'inspecteur était agacé de cette distinction.

Il se leva de son fauteuil, rempochant son téléphone, se dirigea vers la porte pour aller dans la salle de pause, laquelle n'était pas vide.

— Bonjour, Neji, salua-t-il.

— Oh bonjour Nagato ! Ravi de te savoir de retour, comment étaient ces vacances ?

— Longues et ennuyeuses, répondit-il avec un sourire alors qu'il s'approchait du frigo pour récupérer son déjeuner. Ne dis surtout pas au commissaire que c'étaient des vacances.

Neji frissonna d'un demi-rire contenu qui surprit Nagato. Il ne l'avait jamais connu aussi prompt à l'amusement. Quand il s'installa sur la chaise face à son collègue, celui-ci consentit à expliquer sa joie.

— Hinata a accepté de me revoir.

L'inspecteur de la brigade financière ouvrit sa boîte à déjeuner, adressa un nouveau sourire à son collègue.

— C'est une bonne chose, ça. Depuis combien de temps vous ne vous parliez plus ?

— Je n'ai jamais été très proche d'elle, admit Neji. Je ne suis pas très fier de moi, je n'étais pas tendre avec elle, dans notre enfance. Elle a quitté la famille à ses dix-huit ans, on a appris l'année suivante qu'elle était devenue actrice de X.

Le brun eut une grimace et il reposa la bouteille de métal dans laquelle il buvait. C'était une des excentricités de sa petite amie, ça : elle voulait absolument éviter les déchets plastiques.

— Elle ne m'a jamais raconté comment elle était devenue actrice, lança Nagato.

— Je ne sais pas non plus. Peut-être qu'elle m'expliquera quand je la verrai, samedi.

Ils échangèrent un nouveau sourire, avant de revenir sur une affaire pour laquelle ils devaient collaborer et qui n'avait miraculeusement pas de lien avec la pornographie : ils allaient enquêter sur un suicide suspect dans une banque de spéculation qui engendrait des pertes pharaoniques depuis quelques jours.


À bientôt !