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Chapitre 61

— Putain de bordel de merde, la pharmacie ! J'ai oublié la pharmacie !

L'exclamation sonore résonna dans l'appartement 1301 dès l'instant où Nagato referma la porte, les bras chargés des paquets de courses qu'il était allé chercher après le travail. Itachi était en train de vider le lave-vaisselle qu'ils avaient mis en route avant de partir et il sursauta à l'entente du juron agacé qui franchit les lèvres de son colocataire.

Comme celui-ci rentrait tard, Itachi s'était chargé de changer les draps dans la chambre de Mikan, n'osant pas s'aventurer dans celle de Nagato pour faire de même avec son lit. Une tentative de repas cuisait doucement et Itachi ne pouvait qu'y lancer une œillade peu convaincue. D'habitude, c'était Nagato qui se chargeait d'effectuer ce genre de tâches. Il s'était essayé à la confection du plat préféré de l'inspecteur, mais il n'était clairement pas certain que ça ait l'allure que ça aurait dû avoir.

— Tu as préparé le repas ? remarqua Nagato en humant l'air. Ça sent bon.

— Merci, sourit Itachi. Je ne garantis pas que l'odeur et le goût seront en adéquation. J'ai fait la lessive et j'ai refait le lit de Mikan, rajouta-t-il alors que son colocataire se dirigeait vers les escaliers après avoir abandonné les courses près de la cuisine. Je ne me suis pas approché de ta chambre, à part pour y déposer des draps propres.

— Merci, soupira Nagato avec soulagement. Laisse-moi m'occuper de ranger les courses, je reviens dans deux minutes.

Itachi hocha la tête. De toute façon, si une tâche ménagère contenait le mot « rangement », il évitait de s'en approcher, l'inspecteur ayant un sens de l'ordre très différent du sien. Comme c'était plus important pour Nagato qu'à ses yeux, il avait accepté avec beaucoup de plaisir de se décharger de ce genre de corvées.

Son minuteur lui signala que le moment était venu de baisser le feu et de rajouter les tomates à la préparation. Il essuya ses mains sur le torchon avant de s'approcher de la cuisinière, tournant le bouton en examinant les flammes, se demandant vaguement à quoi correspondait exactement « feu doux ». Il décréta que là où il délaissa le bouton, c'était très bien, puis il empoigna le saladier dans lequel il avait laissé les tomates coupées en dés. Il les incorpora doucement à la préparation, touilla avec acharnement et commença à nettoyer le plan de travail, mettant ce qu'il avait utilisé et dont il ne se servirait plus dans le lave-vaisselle.

Il savait que Nagato n'aimait pas le désordre et, l'ayant vu faire à de nombreuses reprises, il se doutait que s'il ne rangeait pas au fur et à mesure, il risquait de déclencher une dispute, compte tenu de la fatigue qui pesait sur les épaules de son colocataire.

Quand ce dernier se montra, Itachi était revenu devant son plat qu'il goûtait avec circonspection, relativement content du goût. La cuillère dans une main, la salière dans l'autre, il déposa la première pour approcher avec entrain la seconde dans le but d'ajuster l'assaisonnement – comme le préconisait Fusô sur le long texto en majuscules qu'elle lui avait envoyé avec la recette. Ce fut au moment où il basculait la salière que la voix de Nagato le saisit, à moitié couverte par le froissement des sachets en papier kraft qu'il fouillait pour ranger les courses.

— Est-ce que tu avales ?

La salière resta un peu trop penchée. Il la redressa avec un « Oups ! Zut ! » sonore, contemplant le petit amas blanc qui s'était formé sur le dessus d'une tomate. D'un coup de cuillère, il retira la plus grande partie de l'excédent de sel, avant de se tourner vers Nagato qui attendait une réponse.

— J'ai envie de te dire oui, mais je suis quasiment sûr qu'on ne parlerait pas de la même chose.

— De médicaments, précisa Nagato en croisant son regard. Je parle de médicaments. Je dois passer à la pharmacie, je vais récupérer du paracétamol.

Il en faisait une consommation assez minime, mais ce n'était pas une raison pour ne pas pallier toutes les situations qui pouvaient se présenter.

— Alors non, corrigea Itachi en attrapant l'éponge humide pour retirer les épluchures et les éclaboussures du plan de travail.

Nagato interrompit son tri des courses pour le contempler sans comprendre. Ses doigts restèrent un long moment en suspens au-dessus du papier kraft qu'il s'apprêtait à saisir pour le mettre à la poubelle de recyclage. Sa nuque ne bougea qu'à peine pour incliner sa tête vers la droite.

— Mais à quoi tu disais oui, alors… ?

Itachi détourna les yeux, Nagato comprit, sentit le rouge lui monter aux joues. Il déglutit.

— Oh.

Un raclement de gorge plus tard, il se recentra.

— Est-ce que tu as besoin de quelque chose en particulier à la pharmacie ?

— Du spray anesthésiant pour la gorge.

Cette fois, Nagato hésita, déplaça inutilement plusieurs objets, puis mordilla ses lèvres.

— Est-ce que je vais le regretter, si je te demande pourquoi ?

Itachi haussa un sourcil et prit son temps pour expliquer, puisqu'il lisait un SMS en même temps. Lui jetant un regard rapide, il répondit :

— Non, tu ne le regretteras pas. C'est la saison qui veut ça. Mes allergies. J'ai tout le temps mal à la gorge, ça gratte.

— Oh, oui, bien sûr. Évidemment.

Il esquissa un sourire et s'empressa de terminer le rangement pour pouvoir dresser la table pour deux. Quand ce fut fait, il s'installa, et faisant mine de pianoter sur son téléphone, il en profita pour observer à la dérobée les gestes d'Itachi. Tourné aux trois quarts, l'acteur ne présentait à son colocataire que son profil, lui permettant tout de même de suivre son regard qui passait de son portable à son plat, l'air concentré et attentif, murmurant les mots qu'il lisait.

— Ça va être trop salé, se reprocha-t-il en touillant frénétiquement le contenu du récipient.

Il y avait de la déception dans sa voix et Nagato sourit.

— Je mange très salé, ça ne me gênera pas.

— Ta mère m'a dit, justement, de ne pas mettre trop de sel parce que tu resales systématiquement sans avoir goûté avant.

— Ma mère… ? C'est son curry à la tomate ?

Itachi hocha brièvement la tête et Nagato s'appuya contre le dossier de sa chaise, portant un œil nouveau sur son colocataire. La lumière de la pièce vacilla au moment où un coup de tonnerre vibra dans l'air et, d'un même mouvement, ils se tournèrent vers la terrasse pour observer la pluie diluvienne qui persistait.

— Il est vraiment juste au-dessus, commenta Nagato.

Ça eut le mérite de le distraire puisqu'il garda son regard sur les silhouettes décharnées de montagnes qu'il apercevait par la baie vitrée et qui se découpaient nettement à chaque éclair.

L'orage qui restait au-dessus d'eux avait bel et bien été annoncé, mais aucun des deux n'attendait qu'il fût si puissant. Bien entendu, ils n'étaient pas inquiets : vivant proches des montagnes, ils avaient l'habitude des orages violents, les nuages s'accumulant avec une déconcertante facilité à l'approche du pic Hokage, identifiable par sa hauteur incomparable.

Nagato se détendit et reporta ses yeux sur Itachi qui apportait les dernières touches à son plat avant de le poser sur la table.

Quand ils furent tous deux servis, ce fut avec beaucoup de gratitude que l'inspecteur commença sa dégustation. Il se brûla, bien entendu, puis, lorsqu'il eut fini de noyer la brûlure de sa langue sous un grand verre d'eau, il porta ses yeux sur Itachi :

— C'est bon, complimenta-t-il. Merci. C'est mon plat préféré.

— Je sais, sourit Itachi, c'est pour ça que ta mère m'a donné sa recette. Elle a précisé qu'il ne fallait pas que je m'en serve pour te courtiser. Es-tu si facile à séduire pour qu'un curry suffise ?

Le sourire de Nagato se transforma en rire, pendant lequel il réfuta. Le reste du repas, Itachi raconta ses mésaventures culinaires, et expliqua toute la difficulté qu'il avait eue à arriver à ce résultat – bien trop salé à son goût, mais que son ami mangeait avec beaucoup de plaisir.

Quand ils eurent débarrassé la table, comme à leur habitude, ils décidèrent de s'installer sur le canapé, chacun vaquant à ses occupations. Vers vingt-trois heures, Itachi finit par relever le nez de son livre pour l'orienter vers Nagato, observant son profil avec beaucoup de tendresse, qu'il veilla à effacer scrupuleusement lorsque son colocataire se tourna vers lui, pour s'enquérir de ce mouvement soudain.

— Tu n'as pas pris rendez-vous chez le médecin pour faire retirer tes points.

— Je l'ai fait faire à l'infirmerie du commissariat. Tu devrais peut-être aller te coucher, tu as vraiment l'air fatigué.

— Je voudrais finir mon chapitre, annonça Itachi. Le nom de l'assassin va être dévoilé, je veux savoir qui c'est. Je pense que c'est le chocolatier.

Pivotant vers lui, Nagato l'encouragea du regard à développer son raisonnement et Itachi saisit l'occasion, se rapprochant de lui jusqu'à le toucher pour lui désigner une partie du texte qu'il alla chercher dans le chapitre précédent.

— Tu vois, cette phrase, là, elle paraît anodine, mais pour moi, elle n'est pas fortuite. L'autrice n'a pas voulu placer un simple élément de décor.

Nagato tendit la main pour la poser sur celle d'Itachi et orienter le livre vers lui. Il lut la phrase à plusieurs reprises, pendant qu'Itachi continuait son exposé, déplaçant son genou jusqu'à ce qu'il touche celui de Nagato.

— L'arme du crime a une forme particulière.

Sur les pages, du bout du doigt, il traça la forme qu'il visualisait.

— Et de ce que je comprends de la description, ça ressemble sacrément à une fourchette à tremper, qui est un ustensile de chocolatier. Donc c'est lui le coupable.

Nagato leva les yeux sur le plafond et l'examina un moment.

— Il se peut aussi que la fourchette dont tu parles ait été utilisée par quelqu'un d'autre. Que l'arme du crime soit reliable à ton suspect ne veut pas dire qu'il est bien celui qui en a fait usage, Détective Itachi Holmes.

Itachi fit claquer sa langue, malgré lui amusé par le surnom.

— Peut-être, mais il avait un mobile et il n'avait pas d'alibi solide. Je suis sûr que c'est lui. Et puis, dans le style de l'autrice… Chaque fois qu'elle mentionne le crime, il y a le champ lexical du sucre !

Nagato le poussa légèrement du genou, lui lança une œillade taquine :

— Mais tu triches, là, signala-t-il. Si tu vas chercher les indices dans la forme et pas dans le fond, ça compte pas.

— Oh, se souvint Itachi par association de pensées, j'ai appris que Dan Katô allait venir pour dédicacer son prochain livre ! La rumeur court que ce sera le dernier opus des aventures de l'inspecteur Nobody.

— Tu l'aimes bien, ce personnage, il me semble.

Nagato s'y perdait un peu, entre les livres et les films dans lesquels Itachi jouait. Mais l'inspecteur Nobody était un des personnages fétiches de Dan Kâto et il lui semblait qu'Itachi lui avait déjà combien il aimait ces récits. Quelquefois, il craignait de se mélanger les pinceaux et de donner l'impression qu'il n'écoutait pas ce que racontait l'acteur. Ce dernier sourit, s'éloignant finalement, reprenant son livre.

— Oui. S'il y a une adaptation cinématographique, un jour, j'essaierai de passer le casting.

Un peu surpris par l'affirmation, Nagato cilla, mais il ne releva pas alors qu'Itachi reprenait le fil de sa lecture, ponctuant la fin d'un « Je le savais ! » triomphant.


L'endroit ne rutilait pas, constata l'homme en ponctuant son examen d'un reniflement méprisant, et il était à l'image de tous les habitants qu'il côtoyait depuis maintenant deux jours.

Son transfert avait eu lieu sans heurt, et on lui avait annoncé qu'il devrait prochainement passer en audience préliminaire, durant laquelle un juge lui demanderait une nouvelle fois s'il était certain de ne pas désirer d'avocat. Il affirmerait encore sa détermination à ne pas se défendre. De toute façon, il ne suivait pas la loi des hommes, mais la loi de Dieu.

Descendant dans la cour sous la surveillance de plusieurs gardes, il prit le temps de se dégourdir les jambes et de profiter du beau temps qui revenait enfin après une longue absence. Une odeur de bitume humide tenace s'accrochait même dans les coins d'herbe, et malgré les regards lourds qui pesaient sur sa nuque quand il s'agenouillait pour prier, il se sentait bien.

Il n'éprouvait aucun remords. Du temps avait passé, lui laissant le soin de panser ses plaies, de réfléchir à ses actes et, plus il y consacrait d'énergie, plus il se persuadait de son bon droit. Il avait eu raison d'agir comme il l'avait fait.

Il fit son tour et ferma les yeux, un immense sourire sur les lèvres. Tsuki avait eu raison, quand ils s'étaient confrontés. Oui, Danzô le désirait, mais il avait su résister à la tentation, il avait su vaincre ce désir malsain pour rester dans le droit chemin et il avait fini par voir la vérité sur le jeune homme habité par le Diable : il ne souhaitait pas être sauvé. Il s'était laissé corrompre. C'était une âme perdue. Danzô aurait voulu le secourir. Peut-être pourrait-il, pendant le procès, peut-être que quand il s'exprimerait, quand il développerait la parole de Dieu, alors il serait entendu.

Une dernière tentative pour sauver le mécréant, justement parce qu'il l'aimait, sans quelconque malice, quoiqu'avec tendresse. Itachi était un enfant perdu que le Diable avait saisi dans ses filets, le persuadant qu'une vie de péché était mieux. Puis il s'était installé dans ce corps et l'en déloger avait échoué, à cause de la corruption du Malin qui s'était répandue jusqu'à l'inspecteur Uzumaki, une âme vraiment pure, qui, bien hélas, était tombée comme beaucoup d'entre eux, par excès d'altruisme.

Secouant la tête, Danzô finit par émerger de ses pensées et, la démarche claudicante, il s'avança jusqu'à l'intérieur de la prison, laissant les gardiens l'encadrer pour éviter que les autres détenus lui sautent à la gorge. On lui avait expliqué que c'était à cause des événements. Des prêtres qui avaient touché des enfants.

Ces confrères, Danzô ne les reconnaissait pas comme élus de Dieu, ce n'était que des satyres qui volaient son habit, se paraient d'atours saints pour mieux exercer leurs tromperies. Lui Pape, il aurait sans détour excommunié tous ces pécheurs, il les aurait envoyés affronter la justice humaine et la justice divine sans une once de remords.

Mais il n'était pas Pape, et ses gardiens s'organisaient pour qu'il ne paie pas l'addition laissée par d'autres.

Il retourna dans sa cellule et consacra le reste de sa journée à la prière. L'endroit qui lui servait de chambre était exigu, sale et peu accueillant, mais il n'en avait cure. Il n'avait aucunement besoin de confort superflu.

Alors, bien sûr, les draps sentaient l'humidité et l'urine, la couverture était rêche et grattait. Les toilettes avaient parfois du reflux, il ne pouvait pas ouvrir la fenêtre pour aérer et il n'avait pas encore le droit d'aller à la bibliothèque sans être accompagné par un de ses gardiens. Cependant, il occupait cette cellule seul, ce qui lui évitait de fricoter avec des assassins en tout genre, des mangeurs d'humains et des violeurs d'enfants, comme c'était le cas à la Prison de Sang.

Il se demanda si le projet que Dieu avait pour lui n'était pas, finalement, d'essayer de purifier les âmes de ces criminels. Il y réfléchit longuement, contemplant ses codétenus par la fenêtre alors qu'ils rejoignaient chacun leur cellule.

Depuis la tour de guet, les gardiens pénitenciers surveillaient le retour de la promenade et s'assuraient que les sbires du Malin regagnaient leurs chambres alors que sonnait la fin de l'heure du repas.

Danzô faisait partie des prisonniers qui recevaient leur plateau directement en chambre. Il se nourrissait donc après les autres, se contentant de restes, se convainquant qu'il avait bien entendu traversé bien pire dans sa vie. À vrai dire, ça lui rappelait un peu le séminaire.

Quand tous les condamnés furent enfermés, sa porte s'ouvrit, le gardien entrant avec son repas qu'il déposa sur le lit. Il dîna vite et retourna à ses prières, abandonnant le plateau vidé de son contenu sur le seuil de sa cellule.

Il se mit au lit tôt et parvint à s'endormir rapidement, la tête emplie d'idées pour amener les autres prisonniers vers Dieu, investi d'une nouvelle mission.


Le sursaut qui saisit Nagato le fit se redresser, haletant, couvert de sueur et fébrile. Tentant de reprendre son souffle, il passa une main sur ses tempes pour en essuyer la transpiration, puis il se réinstalla dans son lit, les yeux rivés sur le plafond qu'il examina avec minutie, pour le peu qu'il en voyait.

Le silence régnait sur l'appartement et son réveil indiquait qu'il était près de quatre heures du matin. Ses bras retombèrent le long de son corps et ses mains se lièrent sur son ventre, ses pensées mêlant à la fois le souvenir de son rêve et l'idée qu'il avait un train à prendre pour partir en formation.

Il mit quelques minutes à retrouver une respiration normale et ses pensées suivirent alors qu'il espérait ne pas avoir fait de bruit et réveillé Itachi qui avait le sommeil léger. Se tournant, changeant de position pour faciliter son endormissement, Nagato soupira.

Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas fait de rêve érotique aussi intense. Si les contours de son rêve commençaient à s'estomper, affadissant ses couleurs, la satisfaction qui emplissait son cœur le fit sourire. Au moins, son inconscient semblait prendre du bon temps, c'était déjà ça de gagné.

Il se sentait si bien qu'il ne tarda pas à replonger dans le sommeil, le scénario de son rêve en trame de fond de ses pensées, oubliant totalement sa formation.


Il était près de quatre du matin quand la porte grinça, sortant Danzô de son sommeil. Dans l'encadrement de l'entrée, deux silhouettes se découpaient, inquiétantes dans le silence qui les collait.

— Messieurs, murmura-t-il, il y a un souci ?

Aucun des hommes ne lui répondit, le dernier refermant la porte. Il tenta de se redresser, mais son mouvement fut contrarié quand le plus de lui tira sur ses chevilles pour le faire glisser sur le matelas, le second s'approchant rapidement, grimpant sur le lit.

La peur commença à monter en lui lorsque l'homme s'installa sur sa cage thoracique, les genoux entravant ses bras. Comme il le put, il tenta de se débattre, les jambes immobilisées et de toute façon toujours affaiblies par la balle qui lui avait explosé le genou.

— Mais qu'est-ce que–

Une main immense se ficha sur sa bouche, la seconde vint bloquer son nez. Il écarquilla les yeux et gigota de plus belle pour essayer de se défaire du poids de l'homme sur son torse.

Rapidement, l'air vint à manquer. Ses doigts sans force se serrèrent sur les draps, tentèrent de se soulever pour attraper l'agresseur, se dégager, chercher à prendre une respiration goulue. Il supplia Dieu de lui venir en aide, essaya de défaire ses jambes de l'emprise qui le saisissait, mais il ne put pas.

Le temps passa. Le peu d'oxygène lui tournait la tête et il se sentait partir, en même temps que ses sphincters, sollicités par le manque d'air et la peur, lâchaient, mouillant son pantalon d'urine.

Ses doigts bougèrent un peu plus, sans énergie.

Puis ce fut fini.


À bientôt !