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Chapitre 64

Sa main droite fusa, s'écrasa contre l'autoradio pour couper court au discours insipide du journaliste économique et il cracha un lot impressionnant d'insultes en tout genre, enclenchant son clignotant, vérifiant que la route était bien dégagée avant de s'engager et faire demi-tour.

À côté de lui, son bras droit ne réagit ni au coup ni au flot de jurons qui résonna dans l'habitacle de la voiture, bien trop habitué.

— C'est impossible, siffla le conducteur, le rendez-vous ne peut pas s'être tout bonnement évaporé.

L'homme roux qui parvenait à garder son calme alors que le brun fulminait haussa les épaules, ses yeux revenant sur la tablette sur laquelle il consultait l'emploi du temps de son meilleur ami.

— Pourtant, répliqua-t-il, imperturbable, c'est bien ça. Ce midi, tu as ton déjeuner avec ton père et c'est tout.

Cette réponse ne convint pas à Sasuke qui appuya davantage sur l'accélérateur, passant une vitesse et Juugo se tassa un peu sur la portière.

— Ce n'est pas une raison pour taper un 150 sur le périph, Sasuke.

— Tu veux que je te dise, répondit le jeune homme en levant le pied malgré tout, je suis persuadé que c'est ce fils de pute de Masshiro qui a convaincu Père de ne pas me laisser assister au CA.

Il avait probablement raison, mais Juugo s'abstint de répliquer, se contentant d'un geste difficile à interpréter.

— Tu n'es pas pressé, temporisa-t-il. Tu n'as que vingt-et-un ans… De toute façon, Masshiro n'a probablement pas dû forcer beaucoup pour convaincre ton paternel d'annuler ta présence.

Pour toute réponse, Sasuke grogna sourdement, résistant à l'envie de redonner un coup d'accélérateur. Juugo avait très certainement raison et c'était ça, plus que le reste, qui posait un problème à l'héritier des Sharingan Industries.

— Qu'est-ce qu'il veut de plus ? marmonna-t-il. J'ai fait tout ce qu'il attendait de moi. Depuis dix ans, j'ai tout donné pour faire oublier la fuite de l'autre connard, qu'est-ce qu'il attend de plus, putain ?

Il crispa les mâchoires, un air profondément dégoûté se peignant sur ses traits. C'était l'éternel débat et les deux amis savaient très bien quelle était la réponse à la dernière question. Au fond de lui, Fugaku n'avait toujours pas admis la défection de son fils aîné. Il lui gardait la place au chaud et Sasuke n'assurait l'héritage que par intérim.

— Il m'a dit « quand tu auras ton diplôme », alors j'ai bossé comme un fou, j'ai obtenu mon diplôme avec deux ans d'avance, et c'était pas assez. Il m'a dit « redresse le marché est », j'en ai fait un de nos secteurs de production les plus prolifiques, on engrange des plus-values tellement incroyables qu'on est repassés entre les mains de la brigade financière l'été dernier parce qu'ils ont voulu vérifier qu'il n'y avait pas fraude, ça n'était pas assez. Qu'est-ce que je dois faire de plus, hein ? Qu'est-ce que je dois putain de faire pour qu'il me considère à la hauteur ?

— Je ne sais pas. Par contre, te calmer pour éviter de nous coller dans le décor, ce serait une bonne idée.

Un rapide coup d'œil vers son ami lui indiqua qu'il avait tourné au verdâtre à le voir slalomer entre les voitures qui n'allaient pas assez vite à son goût.

— Y a un radar dans le coin, signala Juugo d'une voix blanche, lève le pied, s'il te plaît.

Exhalant bruyamment, Sasuke consentit à ralentir et à adapter sa conduite parfois trop sportive.

Quelques minutes passèrent alors que Sasuke s'engageait sur la bretelle qui lui permettrait de rejoindre le bureau de son père. Juugo verrouilla la tablette et saisit son regard quand son ami s'arrêta à un feu.

— Essaie de calmer le jeu avec Masshiro. Ça ne me plaît pas plus qu'à toi, mais l'actuel numéro 2 des Sharingan Industries, c'est lui.

L'exclamation méprisante qui échappa à Sasuke en disait long sur ce qu'il pensait de la position de Bajin Masshiro. L'homme qui suscitait autant de dédain était assez nouveau dans le paysage des Sharingan Industries. Présent au conseil d'administration, l'homme avait un peu plus de soixante ans et était parvenu à se hisser rapidement au rang de bras droit de Fugaku Uchiha en à peine six ans.

C'était sans aucun doute l'aura de respectabilité de cet individu qui jouait énormément dans la confiance que lui offrait le père de Sasuke, mais depuis lors, le cadet avait l'impression que son objectif s'éloignait et que toutes ces manigances échoyaient à Bajin Masshiro.

— J'y arrive pas, susurra Sasuke. Je suis persuadé qu'il cache quelque chose de bien sale, personne ne peut être aussi parfait !

Son propre père, derrière son auréole, souffrait d'une terrible réputation de tyran qui rejaillissait partout où Sasuke passait. Et le cadet ne pouvait pas nier qu'il avait sacrément dérouillé dans son enfance, quasiment autant que son aîné. Pas de la même façon.

Pourtant, les Sharingan Industries mettaient un point d'honneur à présenter patte blanche au public : une famille parfaite, des prises de parole immaculées, des discours bien rodés, rien n'allait de travers, chez les Uchiha.

D'ailleurs, si quelqu'un s'était avisé de demander à quiconque, le couple Uchiha n'avait jamais eu qu'un seul enfant. Les anecdotes racontées par les uns, par les autres, entremêlaient des histoires arrivées à Itachi, d'autres à Sasuke. À eux deux, ils formaient le fils parfait, l'héritier absolu.

Et ça rendait Sasuke furieux.

Il se doutait bien que toute cette comédie servait un but, mais il ne parvenait pas à découvrir lequel. Et plus encore, il voulait savoir quelles histoires sordides dissimulait Bajin Masshiro, quels foutus squelettes il cachait dans son placard et quels étaient les vices qui étaient lissés, polis, rendus politiquement corrects.

L'agence de détectives à laquelle il s'était adressé – il avait trouvé les coordonnées dans le bureau de son père – n'était pour l'instant parvenue à rien. Il n'y avait aucun point de chantage disponible. Rien du tout. Et ça le rendait fou.

Le reste du trajet se passa dans un silence profondément pensif, Juugo jetant régulièrement de petites œillades inquiètes en direction de son meilleur ami.

C'était aussi en partie son caractère impulsif et colérique qui freinait sa présentation en conseil d'administration. Seul un imbécile renierait les compétences qu'avait montrées Sasuke. Cependant, cette fougue mal contenue jouait en sa défaveur et, peu importait le ton avec lequel Juugo le lui signifiait, il continuait à n'en faire qu'à sa tête.

— Ça me rend dingue qu'il préfère encore Itachi alors qu'il a brisé le cœur de Maman en partant. Moi, je suis encore là et j'ai fait tout ce qu'il m'a dit. Je ne comprends pas pourquoi il ne me préfère pas.

Juugo avait connu Sasuke quelques mois après la disparition de son aîné et il savait qu'il n'y avait pas que Mikoto qui avait eu le cœur brisé par cette disparition. Même s'il n'en parlait que peu, quand il évoquait son frère, Sasuke laissait filtrer un peu d'admiration déçue, suffisamment pour que Juugo finisse par la noter.

L'histoire n'avait pas été bien difficile à reconstituer, au fil des années. Sasuke reprochait à son frère d'être parti, mais il savait qu'il lui en aurait bien plus voulu d'être resté. L'ambigüité de ses sentiments envers Itachi ne faisait que renforcer davantage la colère qu'il éprouvait pour leur père, encore accentuée quand il réalisait que malgré ça, tout ce qu'il faisait, il le faisait dans l'unique but de plaire à son paternel.

Quand il coupa le moteur, à sa place de parking, il secoua la tête.

— L'influence de Bajin Masshiro n'est pas une bonne chose. Ça se ressent sur la société et je n'aime pas ça.

Juugo haussa les épaules en déverrouillant sa ceinture de sécurité, suivant le mouvement de son meilleur ami.

— Tu ne pourras pas le déboulonner. Le mieux, c'est encore d'arrondir les angles et d'opter pour les compromis. Enfin, au moins le temps que tu parviennes à racheter des parts des Sharingan Industries pour devenir un actionnaire incontournable.

— Ouais, pour ça, il faut que je détienne plus que les pauvres actions sans droit de vote que je possède, mais Père refuse de m'en céder.

Sasuke descendit de la voiture et claqua la portière, se dirigeant rapidement vers les ascenseurs, laissant le soin à son meilleur ami de le poursuivre et le rejoindre dans la cabine. Quand la porte se referma, la montée commença et Sasuke s'observa dans le miroir. Costume trois-pièces gris, manteau trois-quarts léger et élégant, chaussures cirées, rien n'était de travers, il réajusta son veston, tirant sur l'ourlet, enleva un cheveu qui traînait sur son épaule gauche et regarda le reste de sa mise. Sa montre connectée au poignet affichait un « 11 : 14 » et quatre SMS en attente qu'il ignora.

Il déplaça une mèche imaginaire sur le bord gauche de son visage, ajusta la droite et observa ses traits. Objectivement, il était plutôt bel homme. Il évitait absolument de laisser ses cheveux pousser, parce qu'avec les cheveux longs, il ressemblait autant à son père qu'à son frère et ça l'énervait.

Il avait fière allure, décréta-t-il avant d'examiner le reflet de Juugo. Lui aussi présentait bien, ils étaient tous les deux très bien assortis. Le rouquin à ses côtés était son meilleur ami depuis presque dix ans. Il avait juré de l'accompagner jusqu'à ce qu'il atteigne ses objectifs et était, depuis lors, un soutien inestimable et son conseiller, son assistant – et le type qui lui tenait la cravate quand il avait trop picolé en afterwork et qu'il allait vomir ses tripes, mais ça, il préférait ne pas trop y penser.

La porte de l'ascenseur s'ouvrit au dernier étage de la tour Sharingan Industries et Sasuke souffla avant d'en sortir d'un pas décidé, traversant le hall et ignorant le secrétaire qui le hélait en disant « Monsieur, vous ne pouvez pas entrer, Monsieur Uchiha est en réunion ! »

Repoussant le bras qui le saisit avec force, forçant le secrétaire à reculer en titubant, Sasuke empoignant la clenche de la porte.

— Moi, il me recevra.

Il pénétra avec fracas dans le bureau de son père. Ce dernier leva les yeux vers lui alors que, penché par-dessus son épaule, Bajin Masshiro continuait sa phrase, baissant la voix. Les mots « maintenant qu'il est mort », « pieds et poings liés », « aucune marge de manœuvre » émergèrent du discours, à plusieurs secondes d'intervalle, et Fugaku hocha sèchement la tête pour lui signifier de se taire quand Sasuke fut suffisamment à portée pour entendre la conversation.

— Sasuke, soupira Fugaku d'un air ennuyé. Que puis-je pour toi ?

— Vous avez annulé ma présence au conseil d'administration de cet après-midi ! s'agaça Sasuke sans daigner regarder le bras droit de son père.

— En effet.

Du coin de l'œil, l'héritier des Sharingan Industries vit son meilleur ami se poster en retrait à l'entrée du bureau, alors que Bajin Masshiro reculait de plusieurs de pas, laissant le père et le fils face à face.

Inébranlable, Fugaku tendit un regard dur vers son cadet.

— Que puis-je pour toi ? répéta-t-il.

— Laissez-moi accéder au conseil d'administration de cet après-midi.

— Non. Autre chose ?

Le ton désinvolte de son père enragea Sasuke qui tendit la main, et d'un balayage énergique de la surface, il envoya promener ce qui se trouvait sur le bureau.

— C'est toujours non, signifia Fugaku qui n'avait même pas frémi face au geste de colère. Faire un caprice ne t'ouvrira pas les portes de la réunion.

— Mais qu'est-ce qu'il faut que je fasse, putain, pour que vous m'accordiez votre confiance ?

— Commence déjà par te calmer, jeune homme, intervint Bajin Masshiro. Ce n'est pas en te comportant comme une diva que tu parviendras à tes fins.

Sasuke braqua sur lui un regard si fougueux, si sombre que Fugaku en fronça légèrement les sourcils, soupirant un peu.

— Sasuke, ce comportement est inadmissible, ton frère n'aurait jamais–

Fugaku n'eut pas le temps de finir sa phrase, Sasuke tournant les talons en jurant de tout son souffle, claquant la porte derrière lui. Juugo adressa aux deux hommes un regard plein d'excuses et s'apprêta à sortir quand la voix du PDG le retint.

— Juugo, il est des choses que Sasuke n'est pas encore prêt à prendre en main. Veille à le canaliser, au moins aujourd'hui, je te prie.

— Oui, monsieur Uchiha, bien sûr. Bonne journée.

Précipitamment, le rouquin s'en fut, s'inclina discrètement dans leur direction. Il retrouva Sasuke dans le parking alors qu'il écumait sa rage, faisant les cent pas. Il finit par se calmer au bout de quelques minutes infiniment longues et, s'appuyant contre l'aile gauche de sa voiture, il grimaça.

— Je ne le supporte pas, ce type, il faut que je trouve un moyen de le dégager fissa.

Juugo approuva avant de lui proposer d'aller passer l'après-midi au Kusanagi, quitte à faire faux bond à son père pour le déjeuner.


— Oh bon sang, mais qu'est-ce que c'est que cette horreur ?

Itachi venait d'arriver dans les vestiaires quand la voix de Kiba résonna derrière lui, moqueuse. Étonné, le colocataire de Nagato jeta une œillade par-dessus son épaule pour enjoindre son ami à préciser sa pensée pendant que celui-ci le regardait de pied en cape.

C'était extrêmement rare de voir Itachi si mal habillé. Il portait un jeans un peu trop large pour lui et un pull en laine d'une couleur qui jurait avec son teint et Kiba secoua la tête en plissant des paupières.

— T'as perdu un pari ou quoi ?

Se tournant vers l'autre acteur, Itachi dévoila la présence d'une belette sur l'avant du pull et, tirant sur les bords du vêtement pour l'examiner, il finit par papillonner longuement des cils.

— Que reproches-tu à ma belette ?

Le plaisir non feint qui se lisait sur le visage d'Itachi empêcha Kiba de répliquer méchamment. Passant ses doigts sur ses joues mal rasées, il analysa le vêtement plus en détail.

— C'est fait main ?

— Oui, sourit Itachi. C'est la mère de Nagato qui me l'a tricoté.

— Han, il porte le pull de Mamie, que c'est mignon, charria Kiba avec un immense rictus taquin.

Il s'approcha, tendit une main vers le vêtement, tâta longuement les épaules et le torse d'Itachi.

— Ok, il a l'air maxi confort, il est super doux, convint Kiba, en s'arrêtant sur les pectoraux de son ami. Tu fais de la muscu ? T'as pris des épaules et des pecs, j'ai l'impression.

Retirant le pull et le pliant pour le ranger délicatement dans son casier, Itachi approuva, laissant les yeux de Kiba l'examiner.

— Oui, Zetsu m'a fait un programme d'entraînement quand j'étais en arrêt, pour que je garde une activité physique et je n'ai pas arrêté avec la reprise du travail.

Il s'attela à défaire la ceinture qui maintenait son jeans en place, le retira promptement alors que Kiba s'éloignait un peu pour se changer à son tour.

— Tu es en train de devenir encore plus beau gosse, jugea-t-il, faut que je fasse gaffe, tu vas me voler la vedette, avec ta jolie gueule et ton corps parfait. Je devrais demander un programme d'entraînement à Zetsu aussi.

— Sakura devrait carrément lui demander un devis pour des programmes personnalisés pour tout Akatsuki, plaisanta Itachi.

Kiba approuva d'un mouvement de tête, puis il laissa échapper un sourire.

— On sort, après le boulot ? Un petit verre en terrasse ?

Désolé, Itachi grimaça, refermant son casier, et enfila son peignoir.

— Je vais à la salle de sport de Zetsu, ce soir, Nagato veut m'y retrouver. Il s'est mis en tête de me donner des cours très sérieux d'autodéfense pour que je puisse me protéger, depuis l'histoire… Tu sais…

Il exhala, puis examina Kiba de haut en bas. Si Itachi avait pris le parti de traquer tous les poils qui poussaient sur son corps pour les éliminer sans distinction, son ami n'avait pas vraiment la même politique et certains demeuraient franchement installés. Kiba agita ses fesses dans un mouvement de hanches, puis tira la langue.

— Ce que tu vois te plaît ?

Le petit rire qui envahit la pièce froissa Kiba, mais il préféra ne rien en montrer, recentrant la conversation. Il était évident qu'Itachi ne cherchait pas à le vexer, ce n'était pas son genre. Doucement, Kiba s'étira.

— Du self-défense, alors ?

— Oui, confirma Itachi. Nagato pense que ça pourrait m'aider pour le tournage d'Un flic à Vice-City, en plus. Et il n'a probablement pas tort. Ses enseignements sur la façon de tenir une arme m'avaient beaucoup aidé, je me suis senti bien plus confiant dans le rôle. Il a vraiment à cœur de m'aider.

— Ou alors, il cherche un prétexte pour se rouler au sol avec toi et t'immobiliser sous lui sur un tatami.

Kiba joua des sourcils d'un air entendu et libidineux, Itachi leva les yeux au ciel.

— Me considère-t-il comme un fils ou veut-il me sauter avec enthousiasme ? J'aimerais que tu te décides.

Le rire-aboiement de Kiba résonna dans les vestiaires, puis, terminant de se dévêtir, il suivit Itachi jusqu'aux costumes, pour récupérer la tenue du jour.

— Je joue sur les deux tableaux, comme ça, peu importe le choix final, je pourrais dire que j'avais raison, expliqua-t-il avec un clin d'œil.

Le sourire d'Itachi illumina son visage et il porta un regard empli d'affection à son ami.

— C'est vrai que ça me manque, les verres en terrasse, consentit-il. Ça fait un moment qu'on n'est pas sortis tous ensemble pour discuter.

Kiba haussa les épaules, tint la porte à Itachi pour qu'il entre dans la pièce.

— La dernière fois, c'était à l'anniversaire de Sakura, mais t'as vite disparu avec ce pompier. C'était comment, au fait ? Je t'ai pas demandé, ça m'était sorti de la tête…

— Pas à la hauteur de mes espérances et il m'a fait un suçon dans le cou.

Roulant des yeux, Itachi s'approcha du cintre marqué de son nom de scène pour récupérer sa tenue de tournage.

— Et Nagato m'a reproché mon manque de prudence le lendemain. Il s'est inquiété pour moi, il craignait que j'aie disparu.

Kiba dodelina de la tête.

— Faut dire qu'il a dû avoir une sacrée frayeur avec le fou furieux. Nous non plus, on n'était pas tranquilles, lorsque Sakura nous a annoncé la nouvelle. Bon sang, c'est vraiment dingue… Autant je savais qu'on se faisait pas que des amis quand on s'engageait dans le métier, autant je pensais pas que ça pouvait aller jusqu'à là.

Il hésita, sa main tremblant sur le crochet du cintre qu'il s'apprêtait à saisir, puis il coula une œillade en biais à Itachi.

— À vrai dire, je suis plutôt content que Nagato ait décidé de te donner des cours d'autodéfense, ça me rassure. Je serais pas jouasse, s'il t'arrivait quelque chose d'autre.

C'était là typiquement Kiba. Il avait une manière bien à lui d'exprimer son affection envers ses amis et Itachi lui sourit, lui rendant cette affection avec plaisir.

— Je ne savais pas qu'il pratiquait à un niveau tel qu'il pouvait enseigner, se questionna Kiba.

Comprenant son erreur au moment où Kiba la pointa, Itachi s'insulta de tous les noms dans le confort de son esprit. Bon sang, l'ancienne appartenance aux forces spéciales de Nagato était un secret et c'était vraiment trop bête de se trahir comme ça.

— Il fait beaucoup de sport, contourna-t-il, mais j'imagine qu'il me servira de partenaire et que c'est, en réalité, Zetsu qui me donnera des cours. Il a fait partie de l'armée, après tout.

— Oui, dit comme ça, ça paraît plus logique ! … Mon costume, c'est un nœud papillon et c'est tout, signala Kiba avec une pointe d'étonnement en tendant l'accessoire. Je suis censé jouer le rôle d'un homme d'affaires qui fait passer des entretiens d'embauche à une nouvelle secrétaire.

Surpris, Itachi dézippa sa housse pour en tirer un minishort en lycra et une brassière assortie. Il cligna des paupières, orienta ses yeux vers son ami.

— Sakura est préoccupée, ces temps-ci, non ?

Cette erreur d'étiquetage les tint amusés toute la journée, alors que Sakura, mortifiée, fit tout ce qu'elle put pour se faire pardonner, expliquant qu'elle avait sacrément besoin de véritables vacances.


À bientôt !