Bonjour, bonjour !
Bon, alors, à partir d'aujourd'hui et pendant quelque temps, la publication risque d'être chaotique, parce que je n'ai pas encore fini tout ce que je devais finir pour la fac et que je n'ai plus de chapitres d'avance… Donc en attendant de pouvoir me replonger dans l'écriture pour reprendre de l'avance sur vous, ce sera probablement difficile pour moi de tenir les délais. Voilà, s'il y a du retard, sachez que je m'en excuse ! Je vais faire en sorte que ça n'arrive pas, bien entendu, mais je préfère prévenir.
Chapitre 65
Une exhalation échappa à Fugaku quand il replia le journal qui titrait sur les dernières mesures économiques annoncées par le gouvernement. Il porta un regard dur sur la silhouette de son épouse – elle avait vieilli prématurément, avec la disparition de leur fils aîné, elle traînait sa peine, oscillant entre espoir et inquiétude. Ça faisait longtemps qu'il ne désirait plus sa femme. Leur union avait été un mariage de raison, dans lequel ils auraient tous deux pu plus mal tomber. Elle avait commencé à vieillir après la naissance de leur second enfant et Fugaku n'y avait pas vu de problème. Les plaisirs du corps n'étaient pas de ceux qu'il trouvait respectables, c'était par devoir avant tout qu'il avait si souvent cédé à l'appel de la chair de son épouse.
À présent que le devoir était rempli, ils faisaient chambre à part. Cependant, il ne pouvait pas s'empêcher d'éprouver une répulsion certaine face à la tristesse charriée par Mikoto. Ses cheveux gris, ses cernes, son teint pâle, elle n'était plus aussi jolie qu'avant la disparition d'Itachi.
Bien malgré lui, Fugaku reprochait cette fugue à son épouse. Il était évident qu'elle avait rendu leur aîné faible à force de le couvrir de petites attentions délicates et de l'aimer. Son premier fils avait tout le potentiel nécessaire pour prendre sa suite, pour devenir quelqu'un de puissant, si seulement sa mère ne lui avait pas donné toutes ces émotions imbéciles qui avaient brouillé son intellect et l'avaient transformé en être sensible.
Quand Itachi finirait de faire son caprice adolescent, il reviendrait à la maison. Il ne restait plus qu'à espérer qu'il n'avait pas perdu son temps ces dix dernières années. Cette fichue loi de la protection de la vie privée des personnages publics entravait toutes les recherches qu'il avait entamées pour retrouver son fils, mais Fugaku se targuait de très bien le connaître. Il n'avait pas pu rester inactif, il serait sûrement diplômé des meilleures écoles, même si ce n'est pas dans le domaine des finances ou de la gestion. Dans ce cas, il saurait sans doute rattraper son retard.
Le silence régna sur la vaste salle à manger un long moment, alors que, paupières closes pour ne plus voir l'air défait de Mikoto, Fugaku demeurait pensif. Il fallut encore quelques minutes pour que Sasuke franchisse les portes, la démarche chancelante, vêtu de ses habits de la veille, empestant l'alcool et le tabac froid.
— Bonjour, Maman, lança-t-il d'une voix éraillée en se penchant pour déposer un baiser sur les cheveux de sa mère.
— Bonjour mon chéri, répondit-elle avec un sourire. As-tu passé une bonne soirée ?
Et c'était précisément ça que Fugaku n'aimait pas. Sa femme ne sermonnerait pas leur fils pour la dégaine qu'il osait présenter à leur table, alors qu'elle laissait clairement entendre qu'il avait une fois de plus perdu sa nuit au Kusanagi, un club privé aux mœurs au mieux douteuses.
Si Mikoto s'était montrée à ses côtés, lorsqu'il avait tenté d'éduquer ses enfants, ces travers n'existeraient pas. Bien sûr, Fugaku savait que son héritier ne se droguait pas, ne fréquentait pas de filles de joie et buvait rarement à outrance. Cependant, il se montrait en compagnie de personnes qui agissaient de la sorte et c'était déjà trop.
— Père, salua Sasuke d'une voix froide.
— Fils… Est-ce dans cette tenue qu'il est convenable de passer à table ?
— Je n'ai pas l'intention de m'installer, je venais seulement dire bonjour à Maman. J'ai beaucoup à faire, aujourd'hui.
— Vraiment ? s'étonna Fugaku.
Sasuke hocha la tête, tirant tout de même une chaise de la longue table pour se servir un café.
— Compte tenu des directives du gouvernement, il faut que je revoie ma stratégie, pour déterminer si nous restons dans la même trajectoire, ou si nous dévions un peu, afin d'anticiper les conséquences. En plus, lors de la clôture de la bourse, hier, les résultats n'étaient pas vraiment satisfaisants, j'ai passé une bonne partie de la nuit à essayer de comprendre ce qui était arrivé. Le marché est sensible, ces temps-ci.
Voyant que son fils n'avait pas l'intention de remettre sur le tapis son exclusion du conseil d'administration, Fugaku se permit un léger hochement de tête suffisant.
— Un constat similaire m'est parvenu. Je n'ai malheureusement pas d'explications, mes analystes n'ont pas encore achevé leur travail.
Sasuke finit d'avaler son café, puis il se releva.
— Très bien. Pourriez-vous me communiquer les résultats quand vos analystes auront terminé ?
Une nouvelle fois, Fugaku, toujours aussi étonné par le revirement de comportement de son fils, approuva avec fermeté.
La chaise de Sasuke racla le sol quand il la replaça correctement et il s'approcha de nouveau de sa mère, embrassant sa joue, cette fois.
— Ne m'attends pas pour dîner, Maman, je rentrerai tard.
— Passe une bonne journée, mon chéri.
Sasuke tendit un dernier regard à son père avant de quitter la salle à manger, laissant un soupir silencieux franchir ses lèvres pendant qu'un des domestiques s'approchait de lui pour lui annoncer que son bain était prêt.
Regagnant sa chambre, il prit le temps de calmer le dégoût que lui inspirait son père, avant de retirer ses vêtements qu'il abandonna à même le sol et de plonger dans la baignoire fumante.
Suigetsu les avait rejoints, Juugo et lui, en fin d'après-midi, pour annoncer que, bien qu'il ait creusé partout, il n'avait rien trouvé sur Bajin Masshiro. Rien du tout. Pas le moindre couac. La seule chose de notable chez l'homme était un tatouage sur l'avant-bras, une ligne qui faisait le tour et formait un cercle.
Et ça n'arrangeait pas l'héritier des Sharingan Industries.
Juugo avait alors soupiré qu'il ne restait plus qu'une solution, mais ça déplaisait à Sasuke. Le plan de Juugo consistait à attendre son heure et l'héritier n'était pas connu pour son infinie patience. Suigetsu avait hoché la tête pour donner raison au bras droit de Sasuke.
L'autre solution, avait dit le détective privé qui s'était pris d'affection pour les deux hommes, était de feindre la résignation. Se plier aux exigences, laisser Masshiro baisser sa garde et frapper quand l'occasion se présenterait.
Sasuke avait opté pour cette idée, mais que faire si l'opportunité de répliquer ne se manifestait jamais ? Son impossibilité d'accéder aux actions avec droit de vote était un autre frein. Il avait fait le tour des actionnaires – ou presque, grimaça-t-il dans son bain – et tous se pliaient aux directives de Fugaku en refusant de vendre même une partie, ou d'échanger contre des actions sans droit de vote, ce qui n'aurait aucune incidence sur l'argent engrangé avec les dividendes.
Sur ses épaules pesaient des responsabilités énormes. La sous-direction du secteur est était une charge de travail monstrueuse. Il bossait jour et nuit pour être à la hauteur, sa vie privée s'en ressentait puisqu'il n'en avait strictement aucune. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait de rencontrer quelqu'un, de construire une relation avec une personne pour qui il aurait des sentiments. C'était certain, il ne ferait pas un mariage de raison comme ses parents.
Sasuke adorait sa mère et il détestait la voir dépérir, se plier aux exigences indécemment élevées de son père, gérer en même temps le désespoir qu'elle ressentait.
Sans crier gare, il haït son frère de toute son âme pour laisser leur mère sans nouvelle. Itachi pourrait au moins avoir la correction d'être mort, pour que Mikoto puisse faire son deuil sans avoir un espoir fou qu'un jour, il finirait par taper à la porte.
La seule pensée qui restait omniprésente dans l'esprit d'Itachi alors qu'il était en train de haleter difficilement, ses poumons écrasés par le poids de Nagato, c'était qu'à un moment donné, il ne savait pas lequel, la situation lui avait totalement échappé.
Les doigts de son colocataire enserraient ses poignets en une prise qui l'empêchait parfaitement de se mouvoir, Nagato était installé quelque part au niveau de son bassin et tout, absolument tout rendait cette situation incroyablement inconfortable.
D'abord, il y avait la position. Allongé sur le dos contre un tatami, incapable de bouger les bras ou les jambes, Itachi avait une conscience vive des zones de leurs corps qui se touchaient. Ce n'était pas seulement la peau chauffée par les frottements au niveau de ses poignets, il y avait bien plus. Leurs bassins se touchaient, le ventre d'Itachi était recouvert par Nagato et, vu que ce dernier tenait fermement ses mains pour l'empêcher de bouger, leurs visages étaient extrêmement proches, assez pour qu'il sente le souffle de son colocataire se perdre sur sa bouche, son nez et son cou par à-coups rapides.
Une odeur âpre de sueur régnait dans l'arrière-salle où ils avaient élu domicile le temps de l'entraînement. Elle émanait des deux hommes au sol, mais pas uniquement. Itachi laissa ses rétines glisser sur les mèches rousses parsemées de fils blancs et collées sur les tempes à cause de la transpiration, puis il remarqua la lueur taquine au fond des yeux de Nagato, son fin sourire moqueur et il le trouva beau, ainsi. Il fit claquer sa langue.
— Je ne comprends pas, j'ai fait comme tu m'as dit, pourtant. Comment me suis-je retrouvé en position de faiblesse ?
— Trop lent, rétorqua Nagato en lâchant les poignets. Tu réfléchis trop entre deux gestes et c'est tout à fait normal, bien sûr, rassura-t-il en se redressant.
Ensuite, il y avait ça. Avant de se relever pour recommencer le face à face, Nagato tenait absolument à rester assis sur ses hanches pour lui expliquer quels étaient les points à améliorer. Et si Itachi faisait tout ce qu'il pouvait pour demeurer entièrement concentré sur les recommandations prodiguées par l'inspecteur, c'était très difficile. Parce que Nagato était sur son entrejambe, exactement là où il aurait voulu le trouver en temps normal, alors que ce n'était pas le moment ni l'ambiance et c'était perturbant.
Bien entendu, il ne pensait à rien de sexuel – ou du moins s'y efforçait-il –, il se dévouait totalement à l'entraînement, mais ces quelques secondes avant que Nagato se relève pour lui tendre une main de soutien étaient propices à laisser son esprit vagabonder vers des chemins plus charnels.
Pour finir, c'était un peu frustrant de toujours se retrouver bloqué parce qu'il ne parvenait pas à cesser de réfléchir entre deux étapes, évaluant sans cesse la force qu'il mettait dans ses gestes, se demandant s'il allait pouvoir réagir, si son corps était bien placé, ses jambes suffisamment fléchies. Il avait vu Nagato envoyer valser des hommes plus grands que lui dans la ruelle, ça avait paru tellement facile, comme s'il suffisait de connaître les bons mouvements et de les appliquer, à l'aide d'une recette magique. Il essayait de copier les postures, il était doué pour imiter, c'était son métier. Pour autant, il continuait de se retrouver les fesses sur le tatami, totalement maîtrisé, incapable de bouger sous peine de se blesser.
— On va s'arrêter là ? proposa Nagato en consultant l'horloge. Il commence à se faire tard.
Se redressant sur ses coudes, Itachi tourna les yeux vers le mur derrière lui et il refusa la suggestion.
— Encore une fois, je suis sûr que je peux y arriver.
Nagato se releva, libérant son colocataire de son poids, puis il lui tendit sa main, secouant la tête.
— Non, on s'arrête là. Tu finiras par réussir, je n'en doute pas une seule seconde, c'est uniquement le temps de prendre les automatismes.
Constatant que l'inspecteur ne changerait pas d'avis, Itachi exhala discrètement et saisit la main tendue, se redressant à son tour. Au moment où il fut sur ses pieds, Zetsu passa la tête par la porte :
— Vous êtes décents ? demanda-t-il avec un rire au fond de la voix.
Nagato roula des yeux en pivotant vers son ami.
— Que se passe-t-il ?
— Y a Hatake qui zone au cardio en faisant croire qu'il vient s'entraîner, expliqua Zetsu. Apparemment, il a appris que tu donnais des cours de self-défense à Itachi, donc il prétend vouloir tester la salle pour pouvoir lui parler.
Le grognement sourd et mécontent de Nagato résonna dans l'arrière-salle, il marmonna quelque chose de profondément insultant envers son ancien équipier et Itachi posa une main sur son épaule.
— Ça ne me dérange pas, tu sais. Ça fait partie de mon métier. Et j'ai eu des fans plus… bizarres…
Il cilla, Nagato ne sut pas s'il parlait de Danzô ou d'autres désaxés dans le même genre. Quelque chose pulsa contre ses tempes, qu'il identifia à retardement comme de la colère en l'encontre de toutes ces personnes qui avaient fait que Kakashi, le mec capable de poser des jours de congés pour regarder la cérémonie des Zobs d'Or, paraisse être sain d'esprit. Il finit par secouer la tête.
— Comme tu veux, c'est toi la star, après tout.
Il se déroba au contact de la main sur son épaule puis se détourna, se dirigeant d'un pas peut-être trop nerveux vers la douche. Perplexe, Itachi chercha Zetsu du regard et ce dernier secoua le menton, en signe d'impuissance.
— Me demande pas, je suis pas dans sa tête, y a des fois, il réagit de façon super bizarre et je peux pas expliquer. Je t'ai déjà raconté l'histoire de la vieille à la fête foraine ?
Entraînant Itachi jusqu'aux vestiaires en le tenant par les épaules, Zetsu entreprit de détailler cette anecdote à grand renfort de mimiques.
Quand Yahiko arriva au travail ce matin-là, il ne s'attendait absolument être convoqué toute affaire cessante dans le bureau du commissaire. Ni Kakashi ni Tenzô ne purent le renseigner sur ce que voulait le chef et Mui haussa les épaules, n'ayant pas plus de réponses.
Un peu inquiet, le lieutenant s'empressa d'avaler les dernières gorgées de son café au lait avant de jeter le gobelet de carton dans la poubelle de son office, puis il fit demi-tour, s'engageant dans le commissariat pour remonter directement dans le bureau de son supérieur.
Il toqua à la porte et entra, saluant d'abord Hanzô, puis Nagato et Neji qui étaient déjà présents pour, vraisemblablement, présenter un rapport concernant une enquête qu'ils menaient conjointement. Neji était en train de terminer sa phrase « il s'agissait bien d'un suicide et si les circonstances pointent en direction de la banque pour avoir effectivement surchargé notre homme de travail, c'est entre les mains de la partie civile de voir si elle veut déposer une plainte auprès du procureur pour homicide involontaire ». Nagato hochait la tête à intervalles réguliers, appuyant les dires du jeune inspecteur.
Le commissaire fit signe à Yahiko de s'avancer et congédia Neji, pour qu'ils échangent de place et que le lieutenant puisse prendre un siège pour s'installer. Quand la porte se referma, Hanzô ne tarda pas à annoncer la bonne nouvelle :
— Hidan vous réclame, Nakamura, il a trouvé les liens que vous pressentiez entre votre enquête et son trafic. Votre intuition se confirme !
Il y eut quelques secondes de flottement, Yahiko chercha des réponses du côté de Nagato qui lui fit signe qu'il n'en savait rien et, lorsque leur supérieur fronça les sourcils d'un air suspicieux, cela revint finalement à l'esprit du lieutenant : il avait prétexté des soupçons de liens entre le trafic d'armes sur lequel Hidan enquêtait et la pègre pour pouvoir assister à la confrontation entre Itachi et Danzô, afin de témoigner son soutien à Nagato, fidèle à la promesse qu'il lui avait faite.
— Ah bon ? s'étonna-t-il. Ah, c'est… surprenant. Je veux dire, mes intuitions ne sont pas brillantes, ces temps-ci. J'attends votre ordre, Monsieur le Commissaire.
Humectant ses lèvres, Hanzô considéra les deux agents qui se tenaient dans son bureau avec beaucoup d'attention et un air grave finit par se peindre sur son visage.
— Je ne sais pas qui s'amuse à remuer la merde, ces temps-ci, pesta-t-il, mais ça bouge beaucoup trop pour être honnête. D'abord Kamui refait surface…
Yahiko papillonna des cils.
— Quoi ? s'inquiéta-t-il. Que voulez-vous dire ? Ça fait longtemps que Kamui a été absorbé par la pègre, je ne comprends pas, quelqu'un a refondé Kamui ?
Et il n'était pas au courant ? Comment se faisait-il que le dossier n'ait pas déjà atterri sur son bureau ? Pourquoi n'avait-il pas été informé alors que Nagato paraissait savoir de quoi il retournait ? Il secoua la tête et fit la moue, mais il fut interrompu dans son monologue intérieur par la voix de son ancien meilleur ami.
— À ma remise de médaille, éclaircit-il avec une grimace, un journaliste a posé une question sur Kamui. J'ai mis Kakashi sur le coup, Monsieur le Commissaire, il enquête toujours.
La veille, après avoir salué avec enthousiasme le talent d'Itachi, Kakashi l'avait pris à part pour le tenir informé à propos de ce Killer Bee. Le portrait qu'il en avait brossé était celui d'un de ces fouille-merdes qui ne comprenait pas pourquoi l'État gardait des secrets et qui voulait absolument faire exploser toutes les vérités, y compris celles qui n'étaient pas bonnes à dire et mettaient en péril des vies. Journalistes de guerre, grands reporters ou paparazzis, pour Nagato, tous valaient autant que les autres. Killer Bee avait été le disciple d'une épine dans son pied quand il était lieutenant, Gyuki Hachibi. Mais le jeune élève ne semblait pas avoir suivi les traces de son maître, puisqu'il vivotait d'articles de test de sextoys et d'interview de pornstars dans la rédaction de Porn Mag.
— Il en a après Tsuki, expliqua-t-il à Yahiko, c'est un journaliste de Porn Mag qui essaie de trouver de quoi vendre son torchon.
Puis, revenant vers le commissaire, il soupira.
— Mon colocataire est une star du porno plutôt reconnue, il n'est pas passé loin d'être le premier acteur de X homosexuel à obtenir la plus haute distinction du genre. D'après ce que Kakashi a trouvé en furetant, Killer Bee est à la recherche d'un scoop qui pourrait compléter une interview que Tsuki a donnée récemment et dans laquelle il est sous-entendu que lui et moi sommes amants.
— L'êtes-vous ? demanda le commissaire, un peu décontenancé.
— Non, Monsieur le Commissaire.
La réponse, claire et nette, ne souffrait aucune contradiction.
— Et c'est bien cela qui me pose problème. Il est probablement venu à la conférence de presses pour moi, pour me tester, ou pour s'annoncer. Mais bon, on les connaît, les fouineurs de poubelle dans son genre. Quand il se rendra compte qu'il n'y a strictement rien à dire sur ma relation avec Tsuki et qu'elle est purement amicale, qu'il n'y a pas de scoop, il cherchera ailleurs.
Il y eut un silence et Hanzô exhala.
— Une dernière fois, Uzumaki, qu'est-ce que votre colocataire cache avec cette loi ?
— Je ne dirai rien, Monsieur.
Yahiko, sortant enfin de sa stupéfaction en découvrant que Kakashi prenait encore ses ordres auprès de Nagato, secoua la tête.
— Quel rapport entre Killer Bee, Tsuki, Kamui, le trafic d'armes et la pègre ?
— Aucun, assura Nagato. Je pense plutôt à une coïncidence qui nous a mis en alerte, parce qu'on est tous très tendus. Les trois frères arrêtés pour l'arnaque à la carte bleue n'ont pas de lien avec les points connus de la mafia, il n'y a aucune trace numérique d'une quelconque affiliation et même en les traquant sur le darkweb, nous n'avons rien trouvé. Killer Bee, Tsuki et Kamui, c'est une coïncidence, si ça sort aujourd'hui. Par contre, c'est très inquiétant qu'il y ait des accointances entre la mafia et le trafic d'armes d'Hidan…
Il se fit violence pour ne pas proposer au commissaire de le remettre sur l'affaire, mais depuis le pôle financier et ses poings se crispèrent sur le bureau. Les deux autres hommes échangèrent un regard, Yahiko eut un mouvement de menton pour refuser ce qu'il voyait luire dans les yeux de Hanzô et ce dernier finit par se rejeter en arrière.
— Bon, très bien. Nakamura, vous prenez un ou deux de vos gars avec vous et vous allez rejoindre la police militaire pour les aider dans leur enquête. Gardez votre unité prête à intervenir, vigilance constante. Uzumaki, vous continuez comme d'habitude.
— Oui, chef.
D'un même mouvement, ils se levèrent et Yahiko avança en direction de la porte pour l'ouvrir. Ce fut au moment où il abaissa la poignée que la voix du commissaire les retint tous les deux.
— Vous faites du bon boulot, les gars, continuez comme ça.
Nagato et Yahiko échangèrent un sourire satisfait puis ils repartirent chacun dans une direction, tous deux plongés dans des pensées similaires, lesquelles étaient imbibées de regret au souvenir de la mort d'Obito.
Voilà, à dans trois jours, j'espère !
