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Chapitre 68

Shino Aburame n'avait même pas eu le temps de poser son manteau sur la patère prévue à cet effet dans son office.

La porte s'ouvrit à la volée, entraînant avec elle ses deux collaborateurs en train de se disputer vivement, tellement fort qu'il lui semblait presque que les murs vibraient.

Entre Karin et Suigetsu Hôzuki, ça avait toujours été comme ça, d'aussi loin qu'ils se souviennent. Ils étaient allés à l'école ensemble tous les trois et étaient bons amis, la plupart du temps, c'était d'ailleurs pour ça qu'ils avaient décidé de monter cette agence de détectives privés et de s'associer. Pour autant, les disputes vives et régulières de Karin et Suigetsu n'avaient pas diminué en nombre, résonnant sans cesse partout où ils passaient.

Parfois, Shino se demandait s'ils s'était mariés uniquement pour pouvoir conclure les disputes dans un plumard. Il était fatigué de les entendre se chamailler à longueur de temps, surtout qu'il venait à peine de rentrer de congés. Il n'avait pas vraiment envie de trancher dès le matin dans ce conflit, peu importe quel pouvait être son objet, cette fois.

Les écoutant d'une oreille distraite alors qu'ils s'envoyaient les pires horreurs au visage, il alluma la machine à café, y glissant une capsule, regardant les voyants clignoter jusqu'à se stabiliser, signalant que la cafetière était prête à fonctionner. Il glissa une tasse sur le support, enclencha le bouton et se détourna pour allumer son ordinateur, toujours indifférent aux hurlements de Karin qui paraissait furieuse.

Il lui fallait passer voir le cabinet d'experts comptables qui s'occupaient d'eux. Il y allait une fois par mois pour déposer l'ensemble de leurs papiers et il déléguait avec beaucoup de plaisir cette administration assommante qu'aucun des détectives de l'agence ne pouvait faire. Ils n'avaient pas les moyens de recruter un personnel administratif qui pourrait gérer à la fois leurs plannings et leur argent, donc il s'occupait lui-même du secrétariat, puis déléguait la gestion de leurs comptes à des professionnels.

Quand le ronron de la machine à café s'interrompit, il revint vers elle et saisit la tasse, humant avec délice les effluves de la boisson. C'étaient des dosettes spéciales, qu'il achetait dans une petite boutique planquée au centre-ville. Il ne les partageait avec personne, d'ailleurs.

Par réflexe, il évita le téléphone de Karin qui alla s'écraser dans le cadre qui contenait ses plus jolis papillons, puis il tira son siège pour s'y asseoir, allumant l'écran de l'ordinateur et posant sa tasse sous le sous-boc que sa mère lui avait fabriqué quand il avait ouvert l'agence. Il tapa son mot de passe et avala une première gorgée de café, double-cliquant sur l'icône du navigateur internet.

Une fois que tout ça fut fait, il accepta de porter son attention sur le couple qui se déchirait au milieu de son bureau.

— Puis-je faire quelque chose pour vous ? murmura-t-il.

Il n'en fallut pas plus pour que les deux amoureux cessent de s'écharper pour s'asseoir sur les deux chaises qui étaient d'ordinaire réservées aux clients.

— Dis-lui qu'il ne peut pas faire ça, supplia Karin en lui portant un regard inquiet par-dessus ses lunettes. Il en va de notre réputation, on peut pas la foutre en l'air comme ça, on a travaillé trop dur !

Suigetsu secoua ses cheveux et plaqua avec force sa main sur le bureau.

— Mon client a le droit de savoir, ça peut l'aider pour l'objectif qu'il vise ! Il en va aussi de notre réputation, de quoi on aura l'air si on se met à dissimuler des infos, comme ça ?

— Mais arrête, grommela Karin, tu veux juste te faire bien voir de ton bourgeois, c'est tout ! T'en as rien à faire de la réputation de la boîte, tu veux seulement te placer !

— Parce que toi, tu veux pas seulement te faire bien voir de tes bourgeois aussi ? Tu devrais t'écouter, on dirait une dinde, « Monsieur Uchiha » par ci, « Monsieur Uzumaki » par là… S'ils te plaisent tant, va donc leur proposer un plan à trois et fous-moi la paix !

Shino soupira bruyamment alors que Karin, indignée, manquait de lever sa main pour la coller directement dans « la face de poisson avarié » de son mari.

— Expliquez-moi quel est le problème, souffla Shino. Parce que pour l'instant, je n'entends que votre comédie fatigante habituelle.

Les deux détectives face à lui échangèrent un regard colérique alors que Suigetsu se renfonçait dans son siège, laissant à son épouse le soin d'expliquer à leur ami quel était l'objet de leur conflit.

— Tu te souviens de l'affaire Uchiha ? Fugaku Uchiha était venu nous trouver pour retrouver son fils aîné et il comptait sur notre plus grande discrétion tout à la fois sur sa demande et ce que nous trouverions…

Cette réflexion était, à l'évidence, destinée à Suigetsu qui la reçut avec un grognement que Shino ignora, gardant ses yeux braqués sur Karin qui continua son explication.

— Itachi Uchiha est venu nous trouver il y a peu de temps, pour le divorce de son colocataire, Monsieur Uzumaki. Ils ont tous deux demandé la même discrétion, principalement du fait que Monsieur Uchiha ne souhaite pas que sa localisation parvienne à son père. J'ai signé une clause de confidentialité au nom de l'agence sur cette affaire, en présence de l'avocat, Deidara Tanaka. Elle s'appuie sur la loi de protection de la vie privée des personnages publics.

Shino hocha la tête avec dignité, puis il croisa les mains, lançant un regard plein de regrets à son café. Quelque chose lui disait qu'il ne pourrait pas le déguster chaud, dans le calme, en consultant ses mails comme à l'accoutumée.

— Il se trouve que pendant tes vacances, nous avons été contactés par Sasuke Uchiha.

— Il y a trop d'Uchiha dans cette histoire, commenta Shino. C'est qui, celui-là ?

Suigetsu toussa en se redressant pour intervenir :

— C'est l'actuel héritier des Sharingan Industries, s'enorgueillit-il. Il nous a mandatés pour enquêter sur un de ses collaborateurs qu'il juge douteux.

Karin roula des yeux si fort que son mari marmonna quelque chose auquel elle répondit d'un coup de coude dans les côtes.

— C'est le second fils de Fugaku Uchiha, le frère cadet d'Itachi Uchiha.

Shino ferma douloureusement les yeux. Il commençait à sentir quel était le problème. Karin confirma :

— Et cet imbécile de Suigetsu veut lui communiquer des informations personnelles sur mon client sous prétexte qu'il veut se faire bien voir de l'héritier des Sharingan Industries !

Sa voix résonna dans le bureau, plus aigüe que d'habitude, plus sonore et l'agitation qui la traversait finit par se lire dans ses mouvements nerveux.

— Eh bien oui, parce qu'avoir dans notre poche le futur PDG de la société la plus prolifique du pays, c'est pas salir notre réputation, bien au contraire ! Tu sais qu'ils mènent régulièrement des enquêtes sur leur personnel, il pourrait très bien nous confier l'ensemble de ces investigations quand il sera PDG, ce serait un sacré coup de pouce à notre réputation, justement ! Et j'ai des infos qui peuvent lui servir pour atteindre cet objectif, objectif pour lequel je suis actuellement en train d'enquêter ! Ne pas la donner, c'est aussi une entorse à notre éthique !

Retirant ses lunettes dont il replia les branches pour les poser sur son bureau, Shino considéra ses deux amis et garda le silence. Longuement.

Difficile de trancher entre les deux, alors qu'il savait qu'ils attendaient son positionnement pour agir. Les raisonnements et les arguments étaient valables, d'un côté comme de l'autre. Suigetsu n'avait pas tort, recevoir le sceau de validation des Sharingan Industries était un bonus non négligeable. Cependant, ils n'avaient pas la certitude que Sasuke Uchiha les choisirait vraiment pour ses enquêtes RH.

Qui irait faire confiance à une agence qui avait bafoué une clause de confidentialité ? Clairement, Karin avait de bonnes raisons de s'énerver contre son époux. Bien au-delà d'une très improbable attirance sexuelle pour l'un ou l'autre des clients qu'elle avait eus, la menace d'un procès pour une entorse à la loi de la vie privée des personnages publics, l'accusation menée par Maître Deidara Tanaka n'avait rien de réjouissant. Puis se mettre à dos un tel avocat était la pire idée du monde. Le cercle des avocats était très fermé et les rumeurs couraient vite.

— Je donne raison à Karin, pour cette fois, finit-il par prononcer. Et si tu fermes pas ton clapet, Suigetsu, tu pourras te considérer comme extrêmement viré. Et j'en parlerai à ton frère.

La menace de son licenciement avait tiré un sourire à Suigetsu, mais ce rictus retomba vite quand Shino mentionna Mangetsu. Maugréant, pestant, le détective finit par hocher la tête de mauvaise grâce.

— Très bien, je ne dirai rien. Par contre, si mon client s'approche de la vérité, je ne ferai rien pour l'en empêcher. On est bons ? demanda-t-il à sa femme.

Elle redressa ses lunettes sur le bout de son nez et hocha la tête. Heureusement, Shino et Karin savaient pertinemment que Suigetsu respecterait cette décision, même s'il le ferait visiblement la mort dans l'âme.


La musique filtrait à travers la porte-fenêtre du salon, faisant flotter dans les airs la ritournelle entêtante d'un vieux slow, et, un doux sourire aux lèvres, Nagato dodelinait de la tête, accoté à la rambarde de la terrasse.

L'heure avait tourné sans qu'il s'en rende compte, laissant filer la soirée et il était déjà près d'une heure du matin. À l'intérieur de l'appartement, Zetsu discutait à grand renfort de gestes avec Sakura et Kiba, pendant que Deidara, Hinata et Kisame fixaient l'écran de la télé en cherchant quel serait le prochain morceau sur lequel ils s'agiteraient en rythme.

L'avocat était fin bourré. Il tanguait dangereusement au moindre mouvement et Hinata le retenait à chaque fois par réflexe, lui évitant de s'écrouler et de se blesser en heurtant un meuble.

Nagato avait décidé de sortir sur la terrasse pour s'aérer et profiter de la fraîcheur de la nuit, loin de l'atmosphère étouffante de l'appartement et, de fil en aiguille, il s'était retrouvé à contempler la petite assemblée par la fenêtre, un étrange vague à l'âme se saisissant de son cœur au souvenir des conversations qui avaient ponctué la soirée.

Autour d'un jeu à boire destiné à délier les langues, ils s'étaient avoué des secrets qu'ils n'auraient jamais dit à personne en temps normal.

Le claquement des talons d'Itachi sur la terrasse sortirent Nagato de sa rêverie et il lui adressa un sourire, chantonnant toujours les paroles de la musique qui s'échappait du salon. Quand son colocataire arriva à ses côtés, il tourna la tête vers lui.

— J'ai dansé mon premier slow sur cette chanson, révéla-t-il, ses yeux se chargeant de douceur.

— Vraiment ?

Itachi sembla redoubler d'attention envers la chanson, ses rétines parcourant Nagato, puis il fronça les sourcils.

— J'ai du mal à t'imaginer adolescent en train de danser sur cette musique.

Nagato pouffa.

— Je te montrerai des photos, j'en récupérerai la prochaine fois que j'irai chez Maman. On pourra se moquer de moi ensemble.

— Pourquoi devrais-je me moquer ? s'étonna Itachi. Je ne suis pas ce genre de personnes.

Il ne parvenait pas à se figurer comment avait été son colocataire, lorsqu'il avait vingt-cinq ans de moins. Pour lui, Nagato était Nagato, identique à ce qu'il était à présent, peut-être avec moins de cheveux blancs et une peau plus lisse, mais il ne réussissait pas à imaginer le résultat.

— C'est parce que tu ne sais rien de mon magnifique appareil dentaire, de mon acné persistante et de mes cheveux longs et permanentés avec cette mèche extraordinaire qui me tombait sur les yeux.

— Sérieusement ? coassa Itachi en s'étouffant un peu dans sa salive.

Le rire de Nagato résonna sur la terrasse, attirant momentanément l'attention de leurs amis qui restaient à l'intérieur.

— Peut-être pas pour la permanente, détrompa-t-il avec amusement. La puberté a été ingrate avec moi. Et avec mon look.

Un silence glissa, durant lequel Itachi tenta une nouvelle fois d'imaginer un Nagato juvénile, mais il finit par renoncer quand son colocataire soupira avec un peu de tristesse au fond des yeux.

— Cette musique me rappelle des souvenirs… Tu vois, je ne pensais pas que ça me ferait encore mal vingt-cinq ans après.

— La fille dont tu parlais tout à l'heure ? demanda Itachi du bout des lèvres.

C'était rare que Nagato se laisse aller à ce point. Il s'épanchait rarement sur ce qu'il ressentait, particulièrement quand c'était négatif. Le policier hocha la tête rapidement.

Un peu plus tôt dans la soirée, le jeu à boire les avait tous menés à raconter les circonstances de leur première fois. Itachi avait admis avec chagrin avoir blessé sa partenaire, lors de sa première fois – chose qu'il imputait tout à la fois à la taille de son sexe, à son manque d'expérience et à une connaissance limitée de l'anatomie féminine.

Nagato avait raconté comment une camarade de classe lui avait pris sa virginité pour gagner un pari. Il avait simplement omis de préciser qu'il avait été très amoureux de cette camarade et qu'elle lui avait brisé le cœur.

— J'étais très amoureux d'elle, finit-il par dire. Et j'ai dansé mon premier slow avec elle, sur cette chanson. Je trouvais ça romantique de lui déclarer ma flamme sur cette musique.

Il secoua la tête.

— Quand elle m'a quitté, le lendemain, j'ai été malheureux pendant des mois entiers. J'ai mis du temps à m'en remettre et à cesser d'avoir peur des femmes qui montraient de l'intérêt pour moi. Quelques mois plus tard, je suis entré à l'école de police et je refusais toutes les avances qu'on me faisait à cause de ça.

Il ricana avec aigreur et Itachi garda le silence. Même s'il comprenait le chagrin qu'avait dû ressentir Nagato au moment où il avait découvert le pot aux roses, il trouvait ça exagéré garder vive une rancœur vieille de presque vingt-cinq ans. Au moins, ça confirmait bel et bien que son colocataire était l'être le plus rancunier qu'il n'ait jamais côtoyé.

— Et toi ? demanda Nagato. Tu as dit que ta première fois était avec une femme, mais je te pensais homosexuel.

L'inspecteur était l'une des rares personnes à prononcer ce mot en entier. La plupart des gens disaient plutôt qu'il est gay, de l'autre bord, qu'il préfère les hommes, mais Nagato n'avait pas peur de prononcer « homosexuel » et ça réchauffait chaque fois un peu plus le cœur d'Itachi. Nagato prononçait ces mots avec tellement de naturel qu'Itachi se sentait accepté et bienvenu et, vraiment, l'amour se contentait d'un rien.

Il approuva et esquissa un sourire.

— Je le suis. Cependant, d'où je viens, l'homosexualité n'existe pas vraiment et je ne pense pas que mes parents aient un jour compris que je ne m'intéresse pas aux femmes.

Il fit une pause rapide, intrigué par un rire plus fort que les autres et il découvrit Deidara, hilare à cause de l'alcool, les fesses par terre. Nagato et Itachi échangèrent un regard et décidèrent de passer outre d'un haussement d'épaules synchrone.

— J'appréciais cette fille un peu plus que les autres, reprit Itachi, alors j'ai cru que c'était de l'amour. Elle était très amoureuse de moi, mais cette première fois lui a fait peur, je pense.

— C'est à cause de la taille de ton sexe que tu as voulu faire du porno ?

Itachi hésita, notant que Nagato devait être finalement un peu ivre lui aussi, pour poser une telle question sans hésiter et sans rougir. Il prit son temps pour réfléchir avant de répondre.

— D'une façon ou d'une autre, ça a eu une influence sur mes choix. Ceci dit, tous les acteurs n'ont pas un pénis disproportionné.

L'adjectif n'était pas vraiment flatteur et Nagato considéra Itachi avec un œil nouveau. Cette phrase signifiait-elle qu'il était gêné par ses vingt-six centimètres ?

— Je sais, ponctua l'inspecteur avec un instant de retard, Zetsu m'a touché deux mots de la taille du sexe de Kiba. Ce qui est bien trop d'informations à mon goût.

Ce fut au tour d'Itachi de glousser avec amusement, ravi de retrouver le Nagato qui lui était familier. Il sembla réaliser avec un peu de retard ce que l'inspecteur avait dit.

— Attends, tu as dit que… Tu as dit que cette fille t'avait brisé le cœur et qu'ensuite tu étais entré à l'école de police… Est-ce que ça signifie que tu n'as eu que deux partenaires sexuelles dans ta vie ?

Le vague mouvement d'épaules de Nagato ne signifiait rien, aussi Itachi choisit de ne pas l'interpréter. Il se rapprocha un peu plus, baissa la voix.

— Je ne vais pas te juger, tu sais.

Le policier garda le silence, déglutissant sans un bruit et Itachi détourna le regard. Étonnamment, la conversation le mettait mal à l'aise. Deux partenaires sexuels, c'était en deçà de sa moyenne journalière et il peinait à comprendre comment il était possible de se satisfaire de si peu. Cependant, le penser de cette façon était émettre un jugement et il n'aimait pas ça.

Il secoua la tête, parcourant du regard l'ensemble de la terrasse pour trouver quelque chose qui lui permettrait de changer de sujet. Son salut provint d'Hinata qui passa la tête par la terrasse, appelant Nagato pour qu'il vienne la rejoindre : il était son partenaire préféré pour les jeux de rythme.

Nagato confirma son retour à l'intérieur avec un sourire puis il se tourna vers Itachi. Le rictus se para de reconnaissance et le policier leva la main pour la poser sur l'épaule de son colocataire avant de la glisser le long du bras jusqu'à saisir la main qu'il pressa doucement.

— Je sais que tu ne me juges pas. J'aimerais quand même que tu gardes cette information pour toi.

Itachi hocha la tête et ils se dirigèrent ensemble vers le salon, ne réalisant pas vraiment que leurs mains se lâchèrent uniquement lorsque Nagato prit place aux côtés d'Hinata.


La vibration du téléphone résonna sur le bois de la table de chevet, arrachant à Yahiko un grognement sourd qu'il étouffa dans son oreiller avant de lever lourdement la main pour la poser sur les reins de Konan.

La peau sous ses doigts était douce et veloutée. Il savait qu'elle sentait et goûtait la vanille et un sourire amoureux vint ourler ses lèvres toujours enfouies dans le coussin. Il effleura la cambrure, remonta le long de la colonne vertébrale, savourant les frissons qui naissaient sous ses caresses. Quand il atteignit la nuque, Konan finit par émerger de son sommeil avec difficulté.

— Y a ton réveil qui sonne, chérie, souffla Yahiko.

Les gestes tout aussi engourdis que ceux de son amant, Konan tâtonna sur la table de chevet pour saisir son téléphone et l'observer.

— Il est deux heures du matin, soupira-t-elle avec difficulté. C'est le tien, pas le mien.

Sauf qu'il n'avait pas mis de réveil, il n'était pas de service avant le jour suivant. Soudainement alerte, il se redressa dans son lit et attrapa son portable, le visage crispé dans une moue intriguée quand il constata que ce n'était pas une alarme qui le faisait vibrer, mais un appel du commissariat. Il décrocha d'un mouvement rapide.

— Je ne suis pas de service, offrit-il à Kie quand il reconnut sa voix, appelle Kakashi.

Désolé, lieutenant, répondit l'autre policier, mais il va falloir venir quand même, alerte générale ! Y a eu du mouvement, vous devez venir immédiatement !

Le ton était pressé, lapidaire, la phrase suffisamment vague pour que Yahiko s'extirpe des couvertures instantanément, raccrochant et déposant un vague baiser sur l'épaule de Konan en récupérant ses vêtements pour les enfiler avec empressement.

— Je dois y aller, prononça-t-il. M'attends pas. Je sais pas quand je rentre.

— Sois prudent, murmura Konan à moitié ensommeillée. Je t'aime.


À bientôt !