Bonjour tout le monde ! Merci d'avoir lu et commenté le précédent chapitre !

Attention, quelques Content Warning pour celui-ci : mention de sang, de violence et de meurtre d'enfants.


Chapitre 69

La portière de la voiture claqua et Yahiko fouilla dans la boîte à gants pour en tirer un gyrophare qu'il s'empressa de plaquer sur le toit après avoir abaissé la vitre. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas eu à le faire, mais le geste restait naturel et c'est sans y penser qu'il lança son véhicule en dehors du parking souterrain de l'immeuble où se trouvait l'appartement qu'il partageait avec Konan.

Quand il tourna en direction du commissariat, il activa le gyrophare qui émit un son strident accompagné d'une lueur vive et s'il grimaça en imaginant la façon dont l'alerte criarde allait résonner dans la rue entière, il l'oublia bien vite en croisant d'autres véhicules des forces de police qui remontaient l'avenue en sens inverse, elles aussi illuminées et empressées.

Arrivé dans le parking du commissariat, il se gara en vrac sur la place qui lui était assignée, prenant à peine le temps de retirer le gyrophare – ça ne risquait de toute façon pas grand-chose – et il pressa le pas vers l'ascenseur.

Il lui sembla que l'engin prenait des heures entières pour se mettre en branle et une nervosité certaine s'empara de lui alors qu'il réfléchissait. Compte tenu du nombre de voitures qu'il avait vues filer le temps de son trajet, quelque chose de vraiment grave était en train de se passer. Le ton de Kie laissait entendre toute sa concentration et son sérieux.

Consultant sa montre, Yahiko estima à moins de quinze minutes le délai entre l'appel de son subordonné et son arrivée. Ils étaient encore dans les temps.

La porte de l'ascenseur s'ouvrit sur le hall de commissariat et la frénésie ambiante l'atteignit de plein fouet. Des brigadiers en uniforme se pressaient partout, le standard téléphonique paraissait submergé par les appels, que ce soit celui destiné aux civils comme ceux pour les collègues et les têtes d'enterrement qu'arboraient les agents qu'il croisait n'étaient guère réjouissantes.

Sans prendre le temps de tergiverser ou d'arrêter un seul d'entre eux pour avoir des détails sur la situation, Yahiko se dirigea directement dans le bureau du commissaire, qu'il ouvrit à la volée pour pénétrer dans l'espace exigu.

— Nakamura, salua Hanzô, bien, parfait.

Avisant les autres gradés des forces spéciales, Yahiko hocha vaguement la tête puis il s'installa dans un coin, toute sa concentration pointée vers son supérieur. C'était nécessairement grave s'ils avaient tous été convoqués en même temps.

Le commissaire prit une inspiration plus profonde que les précédentes, puis il se leva, sans doute pour être sûr que tous les agents groupés dans l'espace exigu de son bureau puissent percevoir sa voix.


Le chemin vers la banlieue extérieure où avaient eu lieu les échauffourées se déroula dans le silence le plus complet, chacun étant en train de se concentrer.

La situation était catastrophique. Tout s'était dégradé une heure trente plus tôt, à peine. Les premiers tirs avaient résonné et, dans une cité où tout était propice à mettre le feu aux poudres, tout avait très vite dégénéré, malgré les forces de police qui s'étaient rendues sur les lieux.

S'ils étaient parvenus à circonscrire les événements en bouclant le quartier au mieux, des barrages avaient été forcés et des brigadiers étaient morts. Le nom de Rock Lee se murmurait dans le commissariat et c'est un pli contrarié qui se formait sur les visages de tous les agents dépêchés sur place.

Leur rôle serait de parvenir à calmer la situation, quitte à user de la force, d'arrêter les francs-tireurs, les profiteurs et de récupérer le quartier qui avait échappé au contrôle de la police.

Ils étaient parés à des chamboulements dans le genre, même s'ils avaient peu souvent eu l'occasion d'intervenir. Chacun connaissait son rôle, chacun savait ce qu'il avait à faire. Compte tenu du périmètre à sécuriser et à reprendre, il leur faudrait des heures entières pour y parvenir, malgré le concours des autres équipes des forces spéciales qui avaient été dépêchées sur les lieux.

Il s'agissait avant tout d'être rapides et efficaces.

Les mains serrées sur son arme, le regard perdu sur Kakashi qui se concentrait, Yahiko se remémora une dernière fois les plans du quartiers, le cœur battant calmement, au repos. Une telle situation de guerre n'aurait pas dû se présenter, pensa-t-il. Pas à cet endroit. Les éléments ne convergeaient pas. Bien que la cité fût sous surveillance constante, à part les habituels trafics de drogues et les affrontements réguliers entre gangs de petites frappes, rien n'avait laissé entendre qu'une crise de cette ampleur pouvait subvenir.

Cela signifiait que tout le monde, civils comme truands, serait extrêmement tendu. Il leur faudrait donc évaluer la situation et les risques avec rapidité. Éviter les bavures. Beaucoup de citoyens dans ces tours possédaient des armes, ou cherchaient à se faire justice eux-mêmes.

Quand leurs regards se croisèrent, Kakashi hocha la tête.

Il n'y avait, en réalité, pas vraiment besoin de mots, pour l'instant. La plupart d'entre eux gardaient leur oreillette en attente loin de leurs tympans. Chacun rivait ses yeux sur la route qui était avalée par la conduite agressive et maîtrisée de Mui.

Ils avaient ordre de quadriller le secteur et de tout inspecter pour écarter la menace. Ce ne serait qu'après que les enquêteurs reviendraient sur les lieux pour tenter de comprendre ce qui avait mis le feu aux poudres et avait déclenché l'hécatombe décrite par le standard. Les blessés se comptaient par dizaines, à des niveaux de gravité différents et il était encore difficile d'évaluer le nombre de morts, mais il y en avait.

Une goulée d'air rapide et profonde gonfla les poumons de Yahiko alors que les gyrophares qui signalaient le début de la zone en quarantaine se distinguaient dans la nuit noire seulement auréolée par les lumières de l'éclairage public.

Le véhicule ralentit et Yahiko se redressa, prêt à distribuer ses ordres.


Hidan n'était là que depuis quelques minutes, scrutant avec attention l'agitation dans l'école primaire qui avait servi de bureau de commandement toute la nuit, s'attardant sur les badauds qui circulaient la tête basse et les épaules voûtées.

Il était venu dès qu'il l'avait pu et il n'avait pas le cœur à rire. Le jour était levé depuis quelques heures, déjà. L'odeur que le vent charriait était chargée de fer et de poudre, elle dégageait des effluves de brûlé et si les événements paraissaient sous contrôle, il lui semblait entendre encore le crépitement de flammes qui avaient sans doute dévoré des poubelles et des voitures, rendant l'atmosphère du quartier en partie irrespirable.

Ce fumet perdurerait des semaines, s'incrustant sur les vêtements, dans les souvenirs des civils qui en avaient probablement trop vu quand il croisait leurs regards. Une exhalation tendue lui échappa alors que l'agent de sécurité près de lui s'agitait, s'impatientant.

Finalement, Yahiko émergea de l'école par la porte principale, toujours en tenue. Hidan saisit entre trois doigts le mégot qu'il avait entre les lèvres et il le jeta au sol, l'écrasant du bout de sa chaussure, ses yeux suivant la course de l'agent des forces spéciales jusqu'à lui.

S'il avait retiré le casque à vision nocturne, les marques laissées par les sangles sur les bords de son visage montraient que cela ne faisait vraiment pas longtemps qu'il s'était délesté de cet équipement. Sa démarche empressée ne dévoilait rien de la fatigue qu'il devait ressentir, mais elle se lisait dans ses yeux bleus cerclés de noir et paraissant les renfoncer dans leurs orbites : son équipe – et toutes les autres – avait travaillé toute la nuit avec acharnement pour sécuriser un endroit déjà hostile à une présence policière.

Il avait le teint verdâtre quand il lui fit signe de s'avancer pour le rejoindre. Sans prononcer un mot, Yahiko guida Hidan vers une tour en particulier, l'entraînant à sa suite dans une volée de marches les conduisant au cinquième étage de l'immeuble jusqu'à une porte.

— Ici, signala Yahiko en désignant la troisième et Hidan avança avec soin pour éviter de piétiner le moindre indice. Le légiste n'est pas encore passé, je voulais que tu confirmes avant.

Attentif, quelque chose dans le ton employé par le lieutenant des forces spéciales l'incita à redoubler de concentration. Il analysa la porte défoncée, puis il entra dans la pièce, un long couloir qui desservait un appartement de trois pièces.

Le premier seuil qu'il franchit l'amena dans un salon où quatre cadavres gisaient. Au sol, des fragments de grenade flash paraissaient jurer avec les cartes à jouer couvertes d'éclaboussures de sang. Il tiqua, s'accroupit pour examiner d'un peu plus près les morceaux qui restaient sur le carrelage, puis il s'orienta vers les trois morts de la table, vers celui du canapé.

Il connaissait ces visages. Ses rétines les parcoururent avec attention alors qu'il pinçait les lèvres, se redressant pour tourner la tête vers Yahiko qui le fit s'enfoncer davantage encore dans l'appartement, jusqu'à une chambre.

Deux cadavres supplémentaires semblaient avoir partagé la même balle et le même lit. D'un hochement de menton Yahiko désigna le couchage et Hidan le contourna, analysant la pièce. Le tueur était entré rapidement, semblait-il, et les victimes n'avaient probablement rien vu venir. Il longea le bord du lit, évitant le soutien-gorge qui traînait sur le sol, puis il posa ses yeux sur les corps avant de grogner.

— Chôseki Tanzaku, confirma-t-il.

Il attrapa le regard de Yahiko qui parut soudainement encore plus fatigué, vu comment ses épaules s'affaissèrent.

— C'est une exécution, proposa Hidan comme hypothèse et Yahiko hocha la tête.

— Oui, c'est la conclusion à laquelle je suis a parvenu aussi.

Hidan revint vers lui quand une agitation inattendue provint du couloir. La police scientifique était en train d'arriver, ils sortirent donc pour leur laisser le champ libre pour le travail. Chacun d'eux salua les agents qu'ils connaissaient, ponctuant ces politesses d'un « sale journée qui s'annonce », puis ils regagnèrent finalement le rez-de-chaussée, quittant l'immeuble, en silence.

Tous les indices qu'ils avaient recueillis pour l'instant donnaient à penser qu'il s'agissait effectivement d'une exécution pure et simple. Durant leur reconnaissance, les forces spéciales étaient parvenues à isoler et identifier sept foyers qui répondaient à ces critères.

— Tous les lieutenants connus du réseau ont été assassinés, offrit Yahiko.

Hidan eut un pâle sourire.

— Le côté positif, c'est que mon enquête est bouclée.

— Le côté négatif, réagit Yahiko, c'est que ton trafic a été repéré par quelqu'un qui avait les moyens techniques et financiers de coordonner une attaque d'une telle ampleur. Ça ne peut pas être un hasard si toutes les têtes pensantes de Tanzaku sont mortes la même nuit.

Il déglutit, tentant de calmer l'intuition qui fourrageait sous son crâne, pressant presque sa cervelle. Ne pas se précipiter. Ne pas sauter aux conclusions sans preuve. Il secoua la tête quand Hidan demanda s'ils avaient une idée de qui avait pu faire ça.

Le lieutenant de la police militaire eut un mouvement nerveux, puis il passa une main dans ses cheveux et tira une nouvelle cigarette de son paquet, proposant à Yahiko qui hésita avant de finalement refuser.

— Te mets pas la rate au court-bouillon, murmura Hidan. Je sais à quoi tu penses et tu as probablement raison, mais nous n'avons pas la moindre preuve. Ça va tacher à quel point, cette histoire ?

Le cliquetis de son briquet résonna dans le silence que Yahiko prit pour laisser passer un civil. Il recracha sa première bouffée au visage du lieutenant des forces spéciales, s'excusa rapidement en agitant la main pour dissiper le nuage de fumée.

— Ça va être moche, devina Yahiko. Y a pas mal de dégâts matériels, des pertes civiles, quelques bavures. Mes gars et moi avons appréhendé des suspects et nous n'avons pas fait de dommages mais toutes les équipes ne peuvent pas en dire autant.

Il prit une pause et baissa la voix.

— L'agent Lee est mort.

Il ne le réalisait pas encore totalement. Rock Lee était pourtant un brigadier efficace et sans histoire. Pas au niveau pour ses ambitions, mais il travaillait dur pour tenter d'y parvenir, il avait tout ce qui faisait un bon policier. La surprise se lut sur les traits d'Hidan et son bras se relâcha un instant.

— Merde, jura-t-il. On sait comment ?

Yahiko secoua la tête, incapable de parler. Pour l'instant, c'était difficile de dire comme il était mort. Une enquête serait ouverte prochainement, bien sûr, mais elle ne serait pas prioritaire, face au désordre ambiant.

— On va demander ce que les caméras publiques de son secteur ont filmé, mais…

— Ouais, comprit Hidan. C'était du travail de pro, dans l'appartement de Tanzaku. Ils auront pas laissé de traces de leur présence.

— Y avait des enfants, lâcha finalement Yahiko. Gentetsu Annin était le père de deux enfants. Ils ont été abattus sans hésitation. Ils ont nettoyé tout le monde, sans faire d'exception. J'ai entendu des collègues dire qu'ils avaient trouvé un nourrisson.

Quand il avait découvert son propre spectacle macabre, Yahiko avait dû prendre sur lui pour rester dans le rôle, pour ne pas simplement se détourner pour aller rendre le contenu de son estomac. Les gamins n'étaient pas beaucoup plus jeunes que Mikan et quelque chose lui avait retourné les tripes lorsqu'il avait fait ce constat.

D'ordinaire, dès qu'il se trouvait en opération, il posait un verrou dans son esprit, il cloisonnait sa vie privée pour qu'elle ne se déverse pas dans sa vie professionnelle, pour rester malgré tout imperturbable et alerte – il en allait de la vie de ses hommes, de sa vie, parfois même de la sécurité nationale. Pourtant, cette fois, la pensée avait filtré et il lui avait fallu mobiliser des ressources extraordinaires pour se concentrer sur l'objectif.

— C'est vraiment moche, commenta Hidan d'une voix distante. T'es salement verdâtre, remarqua-t-il, tu devrais peut-être aller te reposer un peu.

D'un mouvement de tête, Yahiko refusa. Il n'avait pas fini le job, il y avait encore beaucoup à faire et il ne pouvait tout simplement pas se permettre de se relâcher, pas quand un tel acte criminel annonçait quelque chose d'horrible qui se préparait.

— Rentre au commissariat, au moins, insista Hidan d'un ton inquiet. Hatake est encore là, de toute façon, on pourra gérer avec ton second pendant que tu fais le rapport préliminaire au chef.

Cédant, Yahiko finit par baisser la tête et rejoindre le poste de commandement en compagnie d'Hidan, confiant la suite des opérations à son second.


Quelque chose heurta la fenêtre de sa chambre, le réveillant en sursaut, tendu, la nuque orientée vers la vitre et il lui fallut une poignée de secondes pour émerger totalement du sommeil profond dans lequel il était plongé, observant la grive au plumage brun et rougeâtre qui le regardait fixement, installée sur la rambarde de protection de la vitre. L'animal pencha la tête et émit un chant charmant qui, bien qu'atténué par l'épaisseur du carreau, sonna magnifiquement à l'oreille de Nagato.

Il relâcha les épaules, contemplant l'oiseau avec une pointe d'émerveillement, un léger sourire au bord des lèvres, puis il sembla réaliser que le jour était déjà haut dans le ciel. Une agitation nouvelle le saisit alors qu'il se tournait précipitamment vers son réveil, lisant qu'il devrait être au travail depuis plus d'une heure. Son mouvement fit s'envoler la grive, mais il n'y prêta pas vraiment attention, s'extirpant de son drap avec rapidité, jurant avec force.

Comme il était seul à l'appartement pour quelques jours, Itachi étant parti sur un tournage à l'extérieur avec l'équipe d'Akatsuki Productions, profitant du retour des beaux jours, et Mikan étant chez sa mère, Nagato avait abusé de sa console de jeu, la veille. Il s'était couché extrêmement tard, visiblement sans régler son réveil.

Il décida de sauter le petit-déjeuner et sortit de chez lui dès qu'il fut propre et fonctionnel. Il descendit le plus rapidement possible, les treize étages, saluant Asuma au passage, puis il s'engagea dans la rue, pressant le pas jusqu'au commissariat.

Son rendez-vous avec Dai Maito s'était passé à merveille et malgré son retard, il était d'une magnifique humeur. Il avait la certitude, à présent, que Mikan serait prise en charge par une personne de compétence et c'était tout ce qui comptait.

En plus, il avait pu bien avancer dans l'intrigue de son jeu, la veille, il touchait enfin au dénouement et allait pouvoir connaître les tenants et les aboutissants de l'histoire.

Si Itachi l'avait sermonné par textos quand il avait remarqué que ses messages étaient encore lus à des heures tardives et s'il avait été immédiatement soupçonné de profiter d'être seul pour augmenter son temps d'écran, son colocataire l'avait vite excusé, vu que lui-même était toujours debout à une heure presque matinale.

Le reste de la conversation avait donc tourné sur le séjour d'Itachi et particulièrement sur les tentatives de drague maladroites qu'il subissait de la part du Marais local. Plus amusé que gêné, Nagato avait beaucoup ri et était finalement parti se coucher quand son colocataire avait cessé de répondre à ses messages.

Ce fut donc dans cet état d'esprit qu'il passa les portes automatiques du commissariat, sentant son sourire glisser sur ses lèvres quand il perçut l'ambiance électrifiée et pesante qui régnait, symbolisée dans les airs graves qu'arboraient les collègues. Certains avaient les yeux légèrement rougis. De nombreux bouquets de fleurs avaient jailli sur le bureau de l'agent Lee et Nagato sentit son cœur s'arrêter, ses mains trembler quand les premiers murmures atteignirent ses oreilles.

Quand il comprit que quelque chose de grave s'était déroulé pendant la nuit, qu'il y avait eu une intervention des forces spéciales, qu'il y avait eu des blessés, son premier réflexe fut de traverser l'ensemble du commissariat sans prendre le temps de passer par son office.

Il se jeta dans l'open-space de son équipe d'antan, alarmé, inquiet, un voile épais devant les rétines et il s'arrêta net quand il tomba nez à nez avec le commissaire et Yahiko qui parlaient à voix basse au milieu de la vaste pièce.

— Yahiko, est-ce que ça va ? interpela-t-il.

Les yeux des deux hommes se posèrent sur lui et son ancien ami hocha la tête. Il avait une large coupure sur la joue et elle suintait toujours un peu, il paraissait plus fatigué que jamais et ses rétines sans vie glissèrent sur Nagato, le temps qu'il réfléchisse.

— Tout le monde est ok, répondit-il. Les autres sont encore sur les lieux.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Nagato d'une voix pressante.

Échangeant un regard avec le commissaire, Yahiko finit par s'avancer vers son ancien meilleur ami, plaquant sa main sur son sternum pour le faire reculer jusqu'au seuil. La prise était ferme, mais facile à éviter, pourtant, Nagato laissant le mouvement l'entraîner vers la sortie alors que le rouquin secouait la tête.

— Reste en dehors de ça, supplia Yahiko en lui portant un regard lourd d'avertissements.

Suffoqué par ce qu'il lut dans les yeux de son ex ami, Nagato laissa la porte se refermer sur lui.

Il rejoignit finalement son bureau, mais ne parvint pas réellement à se concentrer sur ce qu'il faisait, ses pensées tournées vers ses anciens camarades toujours sur le théâtre de l'opération qui avait eu lieu dans la nuit.

Un rapide examen du bulletin d'informations local lui apprit qu'une multitude de fusillades avait éclaté dans un quartier à l'extérieur de la ville et que la situation avait suffisamment dégénéré pour qu'un bilan lourd commence à émerger.

Ça ressemblait à un scénario malheureusement assez classique de règlements de compte entre bandes rivales dans une cité où il était très facile de mettre le feu aux poudres, mais ça ne collait pas de ce qu'il savait de la zone. Il était sous surveillance depuis un long moment, à présent, il n'était pas possible que ça ait échappé à l'antigang, impossible que la situation soit à ce point hors de contrôle.

Et pourquoi Yahiko lui avait-il spécifié en ces termes de ne pas s'occuper de cette histoire ? Qu'est-ce qu'il avait raté ?


Merci et à bientôt !