Un chapitre un peu plus mignon, aujourd'hui !
Merci pour les commentaires auxquels je n'ai pas pris le temps de répondre !
Chapitre 77
La première chose qui frappa Mikan quand elle descendit de l'avion, sa main crispée sur celle de Papa qui se tenait tout près d'elle, c'était qu'il y avait plein de couleurs, à Uzushio, et qu'il faisait chaud.
Itachi avait insisté, quand ils étaient partis de Konoha, le matin, pour qu'elle enfile sa jolie robe légère avec des petites fleurs et des bretelles fines en lui disant qu'elle aurait très chaud en arrivant. Comme il faisait froid, elle n'y avait pas vraiment cru, mais il avait eu raison.
Le soleil tapait fort partout et le sol aux couleurs du sable paraissait briller de mille feux. Heureusement, Papa avait pensé à lui mettre son chapeau de paille et ses lunettes de soleil assorties à celle d'Itachi : elles avaient la même forme et les montures étaient de la même couleur et c'était beaucoup trop cool.
Le nœud du chapeau sous son manteau lui donnait un peu un air bizarre, mais c'était vite oublié, parce que Maman lui avait verni les ongles des pieds dans un joli rose bonbon.
C'était impressionnant de voir tous ces gens qui virevoltaient en tous sens, qui se poussaient, se sautaient dessus avec l'air d'être heureux de se retrouver, mais l'odeur du soleil qui chauffe le sol, le vent chaleureux qui soufflait et balayait l'île lui ôtait toute sa peur.
De toute façon, elle était avec Papa et Itachi. Rien ne pouvait lui arriver avec ses personnes préférées de tous les temps (avec Parrain et Maman, mais ils n'avaient pas pu venir en vacances avec eux parce que Parrain et Papa étaient encore fâchés.
Dans un coin de sa tête, Mikan se rappela que les vacances, c'était le meilleur moment pour mettre le reste de son plan à exécution et que c'était sûr et certain, quand ils reprendraient l'avion pour rentrer, Papa serait amoureux d'Itachi.
Et elle avait déjà quelques idées pour déclencher les événements qu'elle voulait.)
En attendant, alors qu'elle patientait le temps que le taxi arrive, calée tout contre Papa, elle regardait les gens.
Il y en avait de toutes les formes et de toutes les couleurs, des gens aussi foncés que du chocolat noir, d'autres dorés et brillants et elle ne savait plus où donner de la tête, tellement il y avait de choses à voir partout.
Ils sentaient comme Maman quand elle va à la piscine, la crème contre les coups de soleil et ils avaient tous des valises grosses comme elle, mais ils revenaient de la ville alors qu'eux venaient juste d'arriver.
— Dis, Papa, pourquoi les gens ils s'en vont alors que les vacances, elles commencent seulement maintenant ?
Déportant son attention vers sa fille qui se collait contre lui, Nagato baissa les yeux, un léger sourire sur les lèvres.
C'était déjà un soulagement d'avoir rangé dans un placard et pour quelques semaines tout à la fois son arme de service et ses costumes de travail. Dissimulé comme les deux autres sous un chapeau, ses yeux sensibles protégés par une paire de lunettes, sa peau blanche tartinée de crème solaire, il esquissa un léger sourire en répondant.
— Il y a des gens qui vont en vacances à d'autres moments, comme ça, ils peuvent laisser la place à ceux qui ne peuvent venir que l'été, comme les enfants qui sont à l'école le reste de l'année.
— Maître Iruka, il va me manquer pendant les vacances, mais pas du tout, en fait. Il m'a donné plein de devoirs à faire, mais j'avais dit que j'avais pas le temps de faire des calculs, parce que, ben Itachi il veut qu'on aille faire de la plongée.
Cette idée avait réjoui Mikan et l'avait empêchée de dormir la veille. Le sourire de Nagato devint un peu douloureux au souvenir de sa fille qui avait sautillé jusqu'à une heure du matin, incapable de calmer l'impatience qui montait en elle.
De ce qu'il en savait, Kyoshiro, son copain de l'école, avait beaucoup ri d'elle parce qu'elle n'avait jamais vu la mer. Elle était donc impatiente de pouvoir la contempler et mieux encore, de pouvoir aller dedans, puis dessous, au moins pour faire taire son camarade qui ne pourrait plus utiliser ce levier pour se moquer à ses dépens.
— Tu feras quand même tes devoirs, intervint Itachi avec un rire. C'est important de faire de son mieux à l'école, Mikan. Et Papa me disputerait si je t'empêchais de travailler pour l'école pendant les vacances.
Gonflant ses joues d'indignation, elle essaya de négocier encore un long moment, argüant qu'elle aurait tout le temps du monde lorsqu'elle serait chez Mamie, ou quand elle serait chez Maman, mais ni Itachi ni Nagato ne craqua.
Le temps qu'ils parviennent jusqu'à l'hôtel, elle tenta plusieurs formes de marchandage qui, à vrai dire, amusèrent les adultes qui n'avaient de toute façon pas l'intention de céder.
Même s'il était en vacances, Itachi avait prévu d'en profiter pour travailler également. Il avait des scénarios à apprendre, son retour de congés ouvrant sur son entrée sur les plateaux pour donner une conclusion à la saison 4 de Lust Valley, série dans laquelle il incarne le personnage d'Art.
Le satyre gérant d'un hôtel de luxe et possédé par le Diable lui avait manqué. Il pensait vraiment que l'histoire avec le père Danzo l'aurait refroidi pour incarner de nouveau Art à l'écran, mais ce n'était pas le cas. Quand Jiraiya lui avait donné les scénarios des prochains épisodes, il avait senti une certaine impatience monter en lui, à peu près autant que Mikan était impatiente d'envoyer bouler Kyoshiro en lui expliquant qu'elle, elle avait nagé avec des poissons et vu du corail en vrai. Et ce n'était pas peu dire.
Les bizarreries du mois de juin et le comportement étrangement distant de Nagato semblaient s'atténuer à présent qu'ils avaient franchi la frontière et il était très loin d'en être déçu.
— Mais c'est les vacances, larmoya Mikan.
La voix chevrotante, la lèvre tremblante, oh, comme il aurait été facile de se faire avoir par ce jeu d'actrice finement exécuté. Mais l'un comme l'autre l'avait trop souvent vue être réellement triste pour se laisser prendre au jeu, et s'ils cédaient parfois à ses faux-semblants, quand ça ne concernait pas quelque chose d'aussi important que l'école, cette fois-ci, ils se contentèrent d'échanger un regard amusé par-dessus leurs lunettes de soleil, tous les trois entassés sur la banquette arrière du taxi.
— Tu as une mauvaise influence sur ma fille, asséna Nagato d'une voix légèrement ennuyée. Elle commence à jouer la comédie aussi bien que toi et bientôt, je ne saurai plus faire la différence.
C'était un compliment. Tout du moins, Itachi choisit de le recevoir comme tel. Il esquissa un demi-rictus en tapotant sur le chapeau de Mikan qui s'indignait que ce n'était pas de la comédie et qu'elle ne voulait vraiment pas faire ses devoirs.
— Elle est encore loin d'avoir mon talent, se vanta-t-il.
Le sourire de Nagato s'affaissa un quart de seconde, pas assez pour qu'Itachi puisse le noter. C'était justement ce qui lui avait posé un problème, ces dernières semaines : Itachi était un acteur époustouflant, un menteur né. À présent, il avait résolu son dilemme, définitivement.
C'était certain, Itachi n'avait pas la moindre idée de qui était son oncle. Et Nagato se refusait à être celui qui le lui apprendrait, d'autant plus qu'il n'était plus sur cette enquête. Elle avait ruiné sa vie une fois et il ne laisserait pas Madara Uchiha avoir une telle emprise sur son avenir.
Pour l'instant, il allait profiter de ses vacances, faire le plein de soleil, de rire et de bonne humeur.
Et, compte tenu du programme chargé dressé par Itachi, il aurait largement l'occasion de collecter assez de souvenirs.
Distraitement, il se rappela de prendre des photos pour les envoyer à sa mère – et à Konan, tout de même, un peu avec l'objectif dissimulé de lui faire comprendre que c'était lui qui offrait ses premières vacances à Mikan et que c'était la faute de son ex-femme si elle n'était pas du voyage.
La première semaine passa tellement vite qu'ils eurent à peine le temps de dire « ouf ». Quand les deux hommes laissaient Mikan à des activités pour les enfants, c'était pour visiter les musées du coin, partir en randonnée, ou simplement ménager des moments de calme pour qu'Itachi puisse travailler.
Durant ces moments, Nagato en profitait pour se balader seul sur l'île. Il avait découvert une forme d'art martial dont il avait entendu parler sans parvenir à s'y initier sur le continent et, l'espace d'un soupir contrarié, il avait regretté de ne pas avoir pensé à réserver un créneau, pendant que Mikan était en train de faire de la voile.
Dans le courant de la semaine suivante, malgré toutes les prévisions et tous les plans d'Itachi, ils se retrouvèrent coincés derrière des barrières, avec l'impossibilité de traverser une artère principale, la route bloquée par du personnel policier.
C'était une place que Nagato n'enviait pas à ses collègues d'outremer. Il se trouva que le cortège que les hommes en uniforme protégeaient était celui de la Princesse Mito qui, chaque année, aux alentours de la mi-juillet, sortait dans les rues pour visiter son peuple.
Bien entendu, Mikan avait été émerveillée au-delà des mots par la femme d'âge mûr, aux longs cheveux auburn, au port altier et à la garde-robe impressionnante.
Quand ils purent aller s'installer à la terrasse d'un café, Mikan n'attendit qu'à peine la fin de la prise de commande par la serveuse avant de se tourner vers Itachi en sautillant à moitié sur sa chaise.
— C'était qui ? Elle est belle, elle a des grands cheveux super cools et puis sa couronne était géniale, elle brillait de partout ! Dis-moi, dis-moi, dis-moi ! Dis-moi c'était qui !
En disant ça, elle tirait sur le bras d'Itachi qui finit par lui retourner une œillade agacée, alors que Nagato soupirait bruyamment en lui demandant de se calmer, parce qu'elle attirait les regards et les rires des autres badauds attablés.
Récupérant son bras, Itachi resta immobile le temps que la serveuse revienne déposer leur commande, faisant signe à Mikan qu'il lui répondrait après. La dame mit des boissons fraîches et un assortiment de glaces devant eux, Nagato la remercia gentiment et Itachi déchaussa ses lunettes, repliant les branches pour les reposer doucement sur la table.
— C'est très malpoli de continuer à parler quand un serveur vient, expliqua Itachi. Ce sont des personnes, Mikan. Il faut être gentil avec eux et ne pas faire comme s'ils n'existaient pas.
— Pardon, répondit l'enfant en retroussant une lèvre désolée à l'idée de se faire réprimander et d'avoir mal agi.
Itachi l'excusa d'un regard, puis il lécha la glace qui commençait à fondre.
— Quant à la jolie dame, il s'agit de la Princesse Mito. C'est elle qui gouverne la principauté d'Uzushio, ou tout du moins en partie.
— Wah, souffla Mikan.
Il était inutile de préciser qu'à ce stade de la conversation, elle avait déjà le museau couvert de glace au chocolat. Nagato bougea, attrapa la serviette en papier pour tenter de nettoyer les dégâts, mais Mikan esquiva le geste avant de se pencher un peu plus vers Itachi que continuait de lui parler de l'île.
— Une principauté, c'est une sorte de royaume dirigé par un prince ou une princesse. Elle peut avoir un lien de vassalité avec un autre état – c'est-à-dire qu'elle peut être au service d'un autre état, pour simplifier. Uzushio est une principauté qui dépend du Pays du Feu et elle est gouvernée par une femme. Actuellement, c'est la Princesse Mito qui a soixante-deux ans. Quand elle ne pourra plus régner, elle passera le relais à sa petite-nièce.
Mikan fronça les sourcils et laissa à Itachi le temps de lécher la goutte de glace à la vanille qui menaçait de couler sur ses doigts, puis il croqua directement dans la crème glacée. C'était un de ses péchés mignons. Par chance, il avait des dents en bonne santé et était assez peu craintif, il pouvait donc se permettre de croquer dans des aliments froids sans risque.
Une goutte de glace à la vanille s'attarda au coin de sa bouche et il la lécha, se tournant vers Nagato pour lui adresser un sourire avant de revenir vers Mikan qui demandait :
— Mais pourquoi ce sera pas sa fille la grande Princesse ?
— Parce que la Princesse Mito n'a jamais eu d'enfant et ne s'est jamais mariée.
Il haussa les épaules.
— Elle n'a probablement pas rencontré de personnes dont elle est tombée amoureuse, ce sont des choses qui arrivent parfois. La famille royale Uzumaki est–
— Elle s'appelle comme nous, interrompit Mikan, ses yeux luisant de milliers d'étoiles. Papa, est-ce qu'on est de la famille de la Princesse ?
Nagato secoua la tête, la voix un peu enrouée quand il continua :
— Non, ma chérie. Uzumaki est un nom courant à Uzushio. Tu pourras demander à Mamie, je suis sûr qu'elle saura te dire à quel moment notre famille s'est installée au Pays du Feu, mais nous avons des ancêtres très lointains qui ont vécu ici, il y a longtemps.
Il déglutit, puis laissa Itachi continuer.
— La famille royale est suffisamment grande pour que la Princesse ne se soit jamais sentie seule, en tout cas. Et elle n'a jamais eu besoin d'un consort pour être une bonne souveraine.
C'était une femme qui valait vraiment l'engouement de ses concitoyens. Elle était d'une dignité et d'un calme à toute épreuve et pouvait lutter à armes égales avec les plus grands politiciens de leur pays. Cela faisait déjà plus de quarante ans qu'elle régnait à la suite de sa mère et elle était considérée comme l'une des meilleures dirigeantes que l'île eût portées depuis des siècles.
— Mais dans les dessins animés, toutes les princesses, elles ont un amoureux, souffla Mikan. Je suis triste pour Princesse Mito. Ça doit être nul, de pas avoir d'amoureux.
Puis, paraissant passer du coq-à-l'âne, Mikan engloutit le dernier morceau de son cornet et lança une nouvelle conversation, demandant à Itachi s'il pensait qu'elle serait une bonne princesse.
Caché derrière ses lunettes de soleil, Nagato n'écoutait pas vraiment. Quand il était plus jeune, il avait entendu sa mère suivre les tribulations de la famille royale d'Uzushio avec beaucoup d'attention. La sœur cadette de Mito était partie avec un roturier et, déshéritée, elle avait choisi de vivre sur le continent avec son mari. D'après ce que Nagato avait retenu, elle n'avait jamais divorcé, s'adaptant tant bien que mal à sa vie loin de la cour avec son époux.
La Princesse Mito, quant à elle, avait fait scandale quand elle était montée sur le trône sans avoir trouvé consort. Ashina, son père, avait pourtant essayé de la marier et de la pousser à épouser un jeune homme de la noblesse du Pays du Feu, mais elle s'y était refusée, argüant que les inconvénients d'une telle union surclassaient largement ses avantages.
La population d'Uzushio, d'abord réticente, avait finalement brandi la Princesse Mito comme la preuve de leur avance sur les questions des mœurs, là où tant d'autres états étaient encore si traditionalistes, le Pays du Feu compris.
Il n'était donc pas vraiment étonnant que les Zobs d'Or se tiennent sur l'île des Tourbillons, tout bien réfléchi. Il s'agissait principalement d'une provocation de la part des organisateurs, d'après ce qu'avait compris Nagato à force de fréquenter des pornstars. Le genre pornographique avait longtemps été exclu des distinctions remises lors du festival du cinéma d'Uzushio, connu pour porter aux nues des films d'avant-garde.
Comme un pied de nez à tout ce snobisme, comme le qualifiait Kiba, la première cérémonie des Zobs d'Or s'était tenue en parallèle et, au fil des ans, elle avait gagné en notoriété. C'était à un point tel que même la Princesse Mito avait reconnu que c'était une cérémonie importante pour l'économie de son île.
Sans aller jusqu'à prétendre que la dirigeante avait accueilli l'idée à bras ouverts, elle ne l'avait au moins pas interdite. La promotion de l'événement était bien entendu toujours exclue, mais la cérémonie en elle-même avait une assise légale à Uzushio.
C'était une bonne chose, Nagato se surprit à penser. Quand il voyait l'énergie qu'Itachi consacrait à sa carrière, il ne parvenait plus à se dire que c'était un genre de petite envergure, réservé aux acteurs sans talent.
Et peut-être, même s'il ne l'admettrait jamais, peut-être qu'il comprenait mieux la passion de Kakashi.
Le rappel de son collègue lui tordit un peu les entrailles et il laissa ses yeux dériver de nouveau vers le profil d'Itachi alors que ce dernier discutait avec Mikan, l'écoutant vraisemblablement raconter les décrets qu'elle ferait passer si elle était à la tête d'un pays – des frites à la cantine, moins de mathématiques à l'école et plus de leçons de bagarre.
Maître Dai n'avait pas tari d'éloges à propos de l'apprentissage de sa fille. Elle était vive, comprenait bien et avait à cœur de faire les choses convenablement. C'était rassurant de la savoir entre de bonnes mains. Distraitement, il nota qu'il fallait absolument qu'il ramène un cadeau à Zetsu, pour le remercier de lui avoir mis le problème devant les yeux, sans quoi Nagato aurait probablement continué de l'ignorer.
Deux jours après cette rencontre fortuite, Mikan n'avait pas ôté de son esprit l'envie d'être une princesse aussi classe que Mito. Une princesse qui ferait des clés de bras et qui n'aurait pas besoin d'un prince pour venir la sauver quand elle aurait des ennuis. Des ennuis qu'elle irait par ailleurs chercher toute seule.
Elle avait décidé que ce serait elle, désormais, qui raconterait une histoire à son père pour l'endormir. Alors Nagato l'écoutait, amusé, narrer les tribulations sans queue ni tête de la Princesse Yuzu et de son écuyer Shiro.
Cet après-midi-là, il avait laissé Mikan en compagnie d'Itachi, c'était le jour de la plongée. Cette activité garantissait, Nagato l'aurait parié, une rencontre entre la princesse Yuzu et une sirène dès le soir même.
Aux alentours de dix-huit heures, après le retour d'Itachi et Mikan qui étaient actuellement à la salle de bains pour se débarrasser du sel, quelqu'un sonna à la porte de la suite dans laquelle Itachi les avait fait séjourner quand il avait réservé l'hôtel. La suite garantissait à chacun un peu d'intimité puisqu'elle possédait trois chambres immenses, mais également la possibilité de se s'installer tous les trois pour partager des jeux de société, le soir, ou d'écouter les histoires de Mikan.
Quand Nagato ouvrit la porte, ce fut pour se retrouver face à un groom d'étage qui avait les bras chargés de chaises et de draps pliés dessus. Il lui lança une œillade éberluée et toussota un peu, redressant le menton.
— Dame Mikan a demandé qu'on lui apporte du matériel pour fabriquer une cabane dans sa chambre.
Toujours scié, Nagato se décala pour laisser l'homme entrer et se diriger directement vers la pièce dans laquelle s'était installée sa fille. Rapidement le groom fut suivi par deux autres personnes tout aussi chargées qui déposèrent leur colis et repartirent aussi sec, non sans faire une petite révérence à Nagato qui referma la porte en marmonnant « cette gamine est trop gâtée, je suis en train de créer un monstre ».
Pour autant, il s'amusa à fabriquer la cabane avec les draps et les chaises, déplaçant les lourds meubles pour leur dégager suffisamment d'espace. Évidemment, celui qui y prit le plus de plaisir, ce fut Itachi qui, avant de pénétrer pour la première fois sous les tissus tendus, jeta une œillade adorable à Nagato pour prononcer « je n'avais jamais construit de cabane avec mes couvertures ! ».
— Nous allons mourir de chaud, avertit Nagato. Ce genre de construction, c'est mieux en hiver, vous savez.
Il n'obtint aucune réponse et se résolut à suivre les gloussements qu'il entendait à l'intérieur. Foutu pour foutu, autant aller crever de chaud avec eux.
À aucun moment il ne se douta qu'à l'instant où il franchissait l'embrasure dans les draps, il permettait à Mikan d'accomplir une étape supplémentaire dans sa mission secrète pour le faire tomber amoureux d'Itachi.
A bientôt !
