Bonssoir! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de Noël!
Alors je sais que j'avais dit pour le 14 Décembre, mais ce n'était pas possible à ce moment-là. Considérez cela comme mon cadeau de Noël en retard ~
Je vous souhaite une bonne lecture, et n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez avec une petite review!
Chapitre 3 : Rien qu'une soirée
Ils avaient fouillé le plus possibles les dix premiers kilomètres de Firone, mais aucun signe d'un sac perdu, et l'hypothèse qu'il fut volé revint souvent. Pourtant, Link refusait d'abandonner les recherches et Auryn. Il comprenait qu'elle veuille retrouver son bien, et s'était juré de l'aider jusqu'à ce que ce soit fait. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu'il ferait face à des idiots des villages voisins venus dérober les voyageurs qui passaient par la forêt.
Link devait retourner à la bergerie aider Fahd, et puis il avait un diner à préparer. Auryn avait prévue de discuter un peu avec les habitants du village, fuyant Iria depuis que cette dernière avait constaté que Link lui faisait visiter les alentours. Une remarque avait suffi pour lui faire comprendre que la fille était jalouse. La jeune femme aurait voulu lui dire qu'elle ne comptait pas lui voler et qu'elle partirait aussi vite que possible une fois son but atteint.
Mais elle était seule, et personne ne devait savoir pourquoi elle était ici, autrement que pour raconter des histoires sur le monde, et en apprendre de nouvelles. Et puis, tout se déroulait selon ses plans. Elle se rapprochait de Link, et lui la rapprochait du temple du temps avec leur recherche de son sac. Toujours plus loin chaque jour, et bientôt, ils atteindraient les ruines. Là, elle ferait en sorte de revenir avec lui, et de provoquer un accident. Car elle devrait disparaitre de leur vie peu de temps avant de prendre possession de l'épée. Sinon ils seraient tous capable de la voir… Et seule la croyance de sa mort lui permettrait de retrouver sa liberté.
Elle avait sa lyre, et le champ des tempêtes que son père lui avait appris serait parfait pour déclencher la terreur au village, et faire passer un vulgaire accident pour un décès. Oui, elle avait tout prévu. Rien ne la retiendrait.
« Alors comme ça, tu dines avec Link ce soir ? » La voix la fit sursauter, et Auryn se tourna vivement vers cette dernière. Iria…
« Euh… Je… Oui. C'est un problème ? » Demanda la princesse de l'entre deux.
« Tout dépends de ce que tu comptes lui faire. » Auryn haussa un sourcil qui vint se perdre dans sa chevelure blonde. « Oh, ne fais pas l'innocente, tout le monde a vu que tu lui tournais autour… Je suis désolée, mais aussi mignon soit-il, il ne te suivra jamais à la capitale, et tu ferais mieux d'abandonner. Ce n'est pas un homme pour toi. »
« Pas un homme pour moi ? De quoi parles-tu ? » Répondit Auryn avec un ton hésitant et fragile. Celui d'une conteuse d'histoire.
« Tu as plus que certainement été envoyée ici par ton père pour te trouver un mari. Aucun soldat n'a voulu de toi c'est ça ? Ou bien c'est toi qui n'en veux pas, et tu cherches quelqu'un. Mais ça ne marchera pas. Link a vécu ici toute sa vie, et il est dans sa famille. Tu ne l'en arracheras pas. »
Le discours aurait pu être intimidant si Auryn était vraiment ce qu'elle prétendait être. Mais Auryn ne contait les histoires que par habitude des veillées Gerudo, et pas parce qu'elle était une érudite dans l'âme. La blonde à la longue chevelure soupira, avant de se tourner complètement vers la Toalienne, et l'allure hésitante disparue au profit d'un air totalement stoïque.
« Ecoutes, Iria, je ne suis pas là pour marcher sur tes plates-bandes. Link connait la forêt, et c'est ton père qui m'a envoyé vers lui pour retrouver mes affaires perdues. Maintenant, si cela ne te convient pas, je te propose d'aller en parler aux deux hommes concernés. Je n'ai aucun ordre et aucune remarque à recevoir d'une fille qui se croit supérieure pour j'ignore quelle raison. » Auryn claqua sa langue contre son palais, et tira sur la bride de Naboo pour commencer à s'éloigner. « Oh, et tu apprendras que nos titres et nos capacités ne valent rien, dans la vie, seuls nos actes, comptent. Et tout ce que tu m'as montré pour l'instant, ce fut de l'arrogance et de l'égoïsme. »
Elle s'était ensuite éloignée sous les jérémiades de l'adolescente. Jouer les ingénues oui, mais se laisser marcher dessus pour une querelle aussi futile que l'attirance d'un homme, c'était hors de question. De toutes façons, elle serait partie bien avant que quiconque ne le remarque. Dés l'épée en main, elle ne serait plus qu'un souvenir de passage ici.
S'éloignant de la cabane et retournant près de la fontaine anciennement féérique, Auryn se posa en tailleur sur le sol, et sorti une large toile de cuir. C'était une carte de la forêt, qu'elle s'exhortait à dessiner depuis le début de ses promenades sur place, puis avec Link. C'était un bon moyen de faire avancer les choses, et ainsi, lorsqu'elle irait seule pour de vrai, elle ne prendrait pas le risque de se perdre.
C'était son plus grand défaut, décrit par absolument tous ceux qui l'avaient entrainé. Son sens de l'orientation était si misérable qu'il ne valait mieux pas la laisser seule dans un endroit inconnu. Ses entrainements avaient été supervisés par les sorcières dans le temple de l'esprit, au cœur du désert. Et ces dernières, bien que prête à ne rien dire sur la façon de gérer ses ennemis, avaient passé leur temps à lui hurler la direction à prendre, ou bien le fait qu'elle retournait sur ses pas.
Ce souvenir lui tira un début de sourire nostalgique, alors qu'elle reprenait le bâton de fusain, et traçait les quatre chemins différents qu'ils avaient arpentés. Le berger aussi, avait constaté qu'elle ne savait jamais où aller, comme s'il lui était impossible de se repérer dans l'espace. Pourtant, une fois qu'elle avait fait les chemins, elle s'en rappelait parfaitement, comme si le paysage et la route s'imprimait sous ses paupières. C'était à n'y rien comprendre.
Elle passa la fin d'après-midi à tracer des chemins, des forêts, des passages étroits et autres symboles sur la toile de cuir, caressant Naboo de temps en temps. Le soleil commençait son ascension pour aller se coucher lorsqu'elle mit un point final à son œuvre. Elle avait passé trois longues heures à retracer les courbes de leur balade sur sa carte, et elle devrait en rajouter demain… Jusqu'à ce que le temple soit en vue.
Constatant que l'heure était venue de rejoindre son rendez-vous, la demoiselle décida de s'apprêter un peu plus joliment. Voir ici qu'elle fit seulement un brin de toilette, et tressa ses cheveux en deux branches larges, qu'elle laissa libre ensuite. Se pointant devant son cheval, ce dernier henni.
« Quoi ? ça ne te plait pas ? » Nouvel hennissement de la bête. « T'es difficile aussi, je ne suis pas une princesse… Bon. Oui, j'en suis une, mais pas comme ça. Je ne me prélasse pas des heures dans un bain et je ne porte pas trente-six robes différentes… » L'animal s'ébroua avant de produire un nouveau son. « Que je fasse un effort de politesse ? Tu veux quoi ? Que j'apporte des fleurs ? » L'animal parut rouler des yeux. « Plus ? Mais tu veux quoi ? Une bouteille de lait ? Du miel ? ça coute une blinde, et ma bourse ne va pas aimer ! » L'animal recommença son étrange manège. « D'accord, je passe prendre un truc à la boutique… »
Et elle râla, comme si l'animal l'avait forcé à faire ce geste. N'importe qui aurait put dire qu'elle était folle, et que Naboo ne lui avait jamais répondu. Mais c'était quelque chose qu'elle possédait depuis sa naissance. La seule chose qui lui rappelait vraiment d'où elle venait. Un don qu'elle partageait avec sa mère.
Auryn parlait aux animaux.
Parfois ça s'avérait utile. Contre les loups qui voulaient la manger, ou les ours qui la trouvaient sur leur territoire. Parfois… C'était plus un fardeau. Les chèvres de Link avaient toutes été traumatisées, discutant entre elles que sa présence était malsaine, qu'elle ne devait pas exister. Certaines créatures se préoccupaient de son essence vitale très différente de la leur, d'autres s'en fichaient. Les deux pattes, comme ils les appelaient, étaient rarement capable de discuter avec eux, alors quand ça arrivait, ils ne se refusaient pas au dialogue.
Les poules du village cocorico avaient fait de très bonnes informatrices, par exemple. Naboo, lui, passait son temps à lui rappeler qu'elle était un être vivant avec un cœur, qu'elle devait s'amuser, s'habiller de telle ou telle façon. Un papa poule. Là, il lui rabâchait les oreilles qu'elle devrait plutôt prendre des brioches et de la gelée royale, afin de plaire un peu plus au jeune homme qui se démenait déjà pour elle.
Auryn était ravie de l'attention particulière de son cheval. Mais parfois, c'était très lourd. Link ne devait pas la toucher, il devait juste être un outil et rien de plus. Si elle se laisser toucher par le jeune homme, alors la mission risquait de devenir compliquée. Et elle ne pouvait pas se le permettre. Passant d'un pas rapide devant la cabane perchée du jeune homme en question, une odeur de poulet rôtis la fit frémir. Il fallait qu'elle se dépêche de passer au village pour prendre les cadeaux de politesse.
À défaut d'avoir de la gelée royale, elle obtint un délicieux miel parfumé à la pêche, ce qui était étrange, et une grande brioche. Elle quitta le village sous le regard noir d'Iria qui ramassait du bois avec ses frères pour chez eux, et se rendit jusqu'à la cabane perchée. L'espace d'un instant, elle se rendit compte que son sac et son sarouel allait être compliqué pour grimper, et se dit qu'au pire, si elle déchirait quelque chose, ça ne changerait rien à sa vie.
C'est sans aucun dégât sur ses vêtements qu'elle arriva au sommet de l'échelle, et toqua trois coups. Un « Entre » lointain fut entendu, et la demoiselle poussa la porte. Ses prunelles turquoise firent alors plusieurs allers-retours entre les nombreuses mezzanines reliées entre elles par des échelles. La première, au-dessus de sa tête à gauche, semblait être un petit salon avec une bibliothèque. La seconde, vers la droite, était une cuisine avec une table basse, et probablement des coussins.
Link était sur la mezzanine cuisine.
L'ancienne princesse regarda de nouveau son sarouel, et poussa un soupir à fendre l'âme, avant de se mettre à grimper. Vivement qu'elle apprenne à se téléporter avec une fée, elle allait tuer quelqu'un si on lui faisait passer tout le temps par des échelles. Arrivée au dernier barreau, la main solide qui fut tendue vers elle lui parut salvatrice, et elle fut tirée sur le plancher par Link comme si elle n'était qu'une plume.
Il va me vexer avec sa force, celui-là…
Après tout, elle était une guerrière, entrainée et éduquée par l'ancien peuple des Gerudo. Une héritière du désert. Et pas une fille fragile de la campagne. Mais non. Lui, la soulevait comme si c'était aussi facile que de soulever un bambin. Pas très normal pour un simple berger. Mais que pouvait-elle y faire ?
« J'ai apporté une brioche et un peu de miel… Je me suis dit que venir les mains vides n'auraient pas été très poli » avoua Auryn avec un air gêné. Mais mentalement, elle pestait contre son cheval.
« C'est vraiment très gentil, mais tu n'aurais pas dû, je t'invitais, ce n'était pas pour que tu apportes le repas. » avait répondu Link en prenant ce qu'elle avait amené dans un sourire. Il déposa les deux sur un plan de travail, et surveilla son four. Le feu chauffait la pièce et embaumait cette dernière du parfum délicieux d'un poulet rôtis, et, elle en était certaine, de pomme de terre et navets.
« Ça sent délicieusement bon… » Un aveu, un vrai. Pas de mensonge, et pas de jeu sur sa personnalité non plus. Link éclata de rire, et la remercia.
« J'espère que tu as faim, j'en ai fait pour quatre ! » Mais Link ne connaissait pas encore Auryn, il ne savait pas que son corps consommait absolument tout, tout de suite. Et elle avait faim. Très faim.
Et contrairement à ce qu'elle pensait, la soirée ne fut pas ennuyeuse. C'était presque problématique de constater que Link n'était pas juste un berger stupide. Il avait des idées, inventait des outils pour améliorer le quotidien de tout le monde, connaissait les alentours comme sa poche à cause de ses vadrouilles en solitaire…
Il expliqua qu'il s'était enfui, vers l'âge de douze ans, pour se faire percer les oreilles au village cocorico malgré l'interdiction de son tuteur, et qu'au final, il avait été engueulé seulement pour la fuite, et pas le piercing. C'était une anecdote sympathique, qui poussa Auryn à parler un peu d'elle malgré sa volonté de rester fausse.
Alors elle parla de sa nourrice – Nabooru – qui avait passé des heures entières à hurler sur un meuble verrouillé en pensant qu'elle y était, alors qu'elle ravageait les placards à biscuits à l'autre bout de la pièce. Il avait parlé du village, elle avait parlé de la citadelle… Il lui avait servi quelques anecdotes sur place, et elle lui avait livré l'histoire de ce peuple disparu de femme guerrière, dans le désert. Il l'avait cru, et elle avait aimé discuter avec lui.
Et c'était vers une heure du matin qu'elle avait quitté la cabane, remerciant Link, les yeux brillants, pour rejoindre son cheval et quitter le coin pour se rapprocher de la fontaine de Firone. Le berger était resté perché en haut de l'échelle sans un mot, l'observant parler toute seule… Ou bien parlait-elle aux chevaux ? C'était possible.
« Depuis quand tu écoutes aux portes toi ? » Les hennissements avaient répondu à cette question. « Non mais n'importe quoi, c'était juste une soirée… » Là, Epona avait soufflé par les nasaux. « Ne t'y met pas, toi aussi… Oh et puis vous dites n'importe quoi. » Elle avait pris sa monture par le col, et l'avait alors entrainé vers la forêt.
Lorsqu'il alla se coucher, Link se demanda si sa nouvelle amie était un peu folle. Mais malgré ce questionnement, il n'aurait pour rien au monde échangé sa soirée avec elle. Sa maison possédait encore les effluves de leur diner, et du parfum étrange de la demoiselle, mélange de sable chaud, de pluie et de fleurs de pêcher.
Aucun cauchemar ne vint l'ennuyer, et il rêva de cette tribu de femme dans le désert, vêtue de sarouels rouge et chassant des créatures terrifiantes. Il se voyait visiter un campement, dans une vieille cité construite à même la pierre. Il y avait toute une armée, arborant des lances et des arcs, s'alignant devant une sorte de piédestal, sur lequel reposait un trône.
Sur ce dernier, il y avait un homme immense, à la peau mate et aux yeux jaunes. Il avait une immense tignasse rousse qui lui tombait dans le dos comme une crinière, et son torse nu était couvert de tatouage blancs. Il portait de nombreux bracelets aux biceps, tous en or, ainsi qu'une large couronne sertie de rubis sur la tête. Son sarouel était, lui aussi, décoré d'or.
À ses côtés, une femme splendide était perchée sur l'accoudoir, et semblait être son opposé lumineux. La peau très pâle, une chevelure blonde parsemé de blanc, et des yeux argentés. Elle portait une robe presque hylienne, bleue, qui se dégradait du clair au sombre, s'achevant sur une teinte presque noire. De longues manches cachaient ses bras, et une couronne d'argent siégeait sur son front, comme de la vigne.
Dans son rêve, Link s'imagina voir les parents d'Auryn. Mais le rêve finit par s'estomper avec le chant du coq, et le fait qu'il devait aller travailler.
De son côté, Auryn s'était perchée sur l'étrange rocher surélevé au milieu du village, sa lyre en main, et composait quelques morceaux de façons aléatoire. Perdue dans ses pensées, ce furent les exclamations des enfants en dessous d'elle qui l'en tirèrent. Ils réclamaient une histoire. Jouant le rôle d'une conteuse, ne pas le faire parce qu'elle torturait sa culpabilité serait louche, c'est pourquoi, elle obtempéra.
« Vous voulez quel genre d'histoire ? Une romantique ? Une avec de l'action ? De la magie ? »
Les réponses fusèrent, et elle ne sut pas pourquoi, elle se retrouva à conter une véritable histoire, et non une simple légende. Ainsi, elle parla de cet enfant perdu, accompagné de deux fées, qui vola un masque magique pour s'amuser, et fut possédé par l'esprit qu'il contenait. Déferlant la colère de l'artefact sur une ile, un peu plus loin, derrière la forêt interdite, appelée Termina.
Auryn expliqua que le pauvre garçon perdu était forcé par le masque à faire toutes ces horribles choses, et que, le jour du solstice d'été, il avait prévu de faire s'écraser la lune sur la ville. Il avait corrompu quatre de ses anciens amis, les changeant en monstre sous les ordres du masque, et avait lancé un décompte pour que personne ne puisse arrêter ce carnage.
Mais, quelqu'un d'insoupçonné, dont le cœur était pur et courageux, surgit de la forêt, et déjoua les plans terrifiants du masque. Il libéra un à un les quatre amis, et ensemble, ils tinrent la lune qui s'écrasait, le temps que l'enfant de la forêt combatte l'enfant perdu et le libère de l'emprise qu'il subissait.
Fénir, qui était un garçon bien vif, posa la question à laquelle tout le monde pensait.
« Mais… Pourquoi tu ne nommes jamais tes personnages ? C'est tout inventé, je suis sûr. Ton héros, il n'existe même pas ! » Ce discours fut repris par Anaïs, et bientôt, même Balder, le plus stoïque de la bande, commença à critiquer son récit.
« Allons… Vous n'allez pas me dire que vous n'avez reconnu les protagonistes de cette histoire… Si ? » Auryn jouait sur les mots, les enfants étaient bien plus manipulables que les adultes, et leur orgueil était facile à nourrir. L'ancienne princesse savait qu'aucun de ces trois-là n'avait de noms à la bouche.
« Pff, bien sûr que si ! » Et voilà, c'était si facile que Fénir était tombé dans son piège direct. Une petite voix timide se fit entendre, cela dit.
« C'est… C'était… Le masque de Majora… » Colin, le fils du chef, dont l'audace se mesurait encore sur une échelle de plume. Il y eut des railleries…
« N'importe quoi. Comme si tu pouvais savoir ce genre de chose. Colin, arrête de frimer, ce n'est pas ton genre. » Commença Anaïs. Le petit blond commença à se rétracter, baissant la tête.
Mais le sourire d'Auryn voulait tout dire.
« En fait… Colin a parfaitement raison. Et puisque vous voulez des noms, les voici. Vous devez connaitre les légendes sur les enfants perdus en forêts. Les skull kids. L'enfant perdu en était un, accompagné de son ancienne fée, et le masque qu'il déroba pour jouer appartenait à un protecteur de magie noire. Le masque de Majora posséda l'esprit de ce petit garçon, et manqua de lui faire perdre tous ses amis… » Colin, sincèrement heureux d'avoir eu une bonne réponse, comme s'il subissait un devoir d'école, rendit son sourire à la conteuse d'histoire.
« Et le héros qui a sauvé Termina, qui était-ce ? » Reprit Balder, loin d'avoir perdu le fil.
Le visage d'Auryn devint soudainement triste, et ses yeux furent prit dans le vague. L'appel d'un souvenir pareil était toujours aussi douloureux. Le premier souvenir de cette quête qui allait s'achever dans une tragédie. L'étreinte rassurante serrait encore ses épaules, lorsqu'elle y pensait. Mais ils n'étaient pas faits pour se croiser de nouveau.
« Il s'agissait d'un garçon de la forêt, cette forêt magique qui donnait à chacun de ses enfants, une fée pour gardienne. Mais ce petit garçon, était le seul à ne pas avoir de fée. Parce qu'il était destiné à être bien plus qu'un enfant de la forêt. C'était le héros du temps… »
Et les enfants laissèrent des exclamations de joie fuser après avoir découvert ce fait. Au même instant, à la bergerie, Link cessa d'éternuer après une longue série digne d'un loup se roulant dans un tas de pollen.
