27/07/21 NDA : Bonsoir ! En direct de mon nouveau chez moi ! Oui ! Et cela ne fait qu'un mois que vous avez eu le précédent, c'est un tour de force, hein ? Certes, j'ai deux jours de retard sur ce que j'avais prévu, mais pour ma défense, je n'avais pas prévu de ne brancher l'ordinateur que ce matin.
Et attention, le prochain est déjà prêt, lui aussi. Bon, il ne faut pas exagérer, je n'en aurais pas d'autres tout de suite, mais je prends un peu d'avance tant que j'y parviens. J'ignore s'il y a toujours des lecteurs, cela dit, j'espère…
Je vous souhaite donc une bonne lecture, et n'hésitez pas à mettre des reviews, si ça vous plait, si au contraire, vous n'aimez pas, quel qu'en soit la raison, donnez-moi votre avis sur cette histoire !
*Yeux de chiens battus*
Chapitre 6 : Le rêve doit prendre fin
Auryn était arrivée à la fin du printemps dans le village de Toal. À présent, les feuilles des arbres prenaient des teintes de coucher de soleil et s'échouaient sur le sol en pluie. Et deux forces s'opposaient en elle depuis le premier baiser qu'elle avait échangé avec Link.
Même si les voleuses Gerudo n'étaient pas très branchées romance, le fait est qu'elles lui avaient expliqué ce que c'était, comment on se sentait. Un supplément au désir charnel. Et Auryn avait très bien compris qu'elle était amoureuse. D'ailleurs, c'était cette partie d'elle qui était consciente la plupart du temps. L'ancienne princesse continuait à conter toutes sortes d'histoires aux enfants du village, déjeunait avec son compagnon vers midi à la bergerie, puis tous deux partaient en balade jusqu'au coucher du soleil. Parfois, Link chassait le gibier avec les autres hommes, tandis qu'elle aidait aux champs.
C'était une vie paisible, routinière, et elle aimait ça. Elle aimait le regarder cuisiner leur repas du soir, et le baiser qu'il posait sur son front au moment de la servir. Elle aimait leurs discussions endiablées sur les outils qui pourraient améliorer leurs vies à tous, Mais aussi cet instant magique où il la prenait par la taille, et l'emmenait se coucher. Il avait fait de cet endroit sa maison.
Elle se sentait terriblement bien, jouissant d'une vie simple, et de chaque attention de celui qu'elle reconnaissait comme le seul amour qu'elle aurait dans sa vie. Et cela n'avait pas été facile à admettre au début. Leur première nuit avait été conflictuelle, entre angoisse et envie. Mais nager en plein rêve avait une fin. Et chaque jour, la culpabilité et le devoir se rappelait à elle un peu plus.
Naboo n'avait plus dit un mot, comme elle le lui avait ordonné. Mais Auryn sentait dans le regard qu'il posait sur elle la douleur et l'affliction. Et elle savait pourquoi. Elle perdait beaucoup de temps. Et le temps était si précieux dans son cas. Mais comment le deviner après tout ? Le monde était si paisible, rien ne semblait annoncer le désastre de la prophétie dans les mois à venir.
Pourtant cette menace pesait toujours au-dessus de sa tête.
Lorsque Link ouvrit les yeux, après le chant du coq, il constata que sa moitié ne dormait déjà plus. Mais avait-elle dormi, au moins ? Elle semblait de plus en plus tourmentée. La serrant un peu plus dans ses bras, avant qu'elle n'ait eu le temps de dire un mot, il embrassa son front, puis sa joue, et enfin, ses lèvres.
« Tu n'as pas dormi cette nuit non plus, n'est-ce pas… ? » Auryn secoua doucement la tête.
« Non… »
« C'est cette histoire de noces qui t'inquiète ? Tu sais très bien que je me fiche de ce que disent les autres. Nous sommes ensembles, pas besoin de se marier si tu ne le veux pas… » Link était compréhensif, et tendre, et il savait comment lui remonter le moral. Mais il ignorait que la remarque de Rusl sur leur couple avait déclenché autre chose chez celle avec qui il passait ses nuits depuis des mois.
Ce n'était pas la peur de l'engagement, qui vrillait les tripes de la guerrière. C'était ce que cela représentait. Le mariage, c'était pour toute une vie. Et elle n'avait pas, toute une vie. Elle n'avait plus que six moi pour sauver les trois mondes, sinon, tout éclaterait. Et pour cela, Auryn devait quitter Link et partir à la recherche de l'épée qu'elle n'avait pas récupérée lors de la tempête. Ensuite, elle devrait retrouver les porteurs des fragments de la triforce, qui pouvaient être n'importe où.
Seulement six mois pour ça. Penser à se marier, c'était inconcevable. Mais elle avait mis la main dans un engrenage bien particulier, celui d'une relation amoureuse, et elle ne savait pas comment en sortir. Non. Elle ne voulait pas en sortir. Et c'était la chose la plus égoïste qui soit. Sacrifier leurs trois mondes pour sa propre personne, pour Link, qui la rendait heureuse chaque jour.
« Ce n'est rien, ça passera » Annonça la métisse. Le regard de Link se fit plus perçant sur elle, avant de renoncer à la faire parler. Il l'embrassa une fois encore sur le front, avant de se lever pour préparer le petit déjeuner. La laissant seule sous la couette, avec ses tourments.
Car Link aussi, disparaitrait avec les trois mondes. Il s'était déjà retrouvé blessé la veille en voulant secourir les enfants de singes farceurs, il ne survivrait pas à la collision entre leurs trois mondes. Rien n'existerait plus. Se retournant dans leur lit, elle enfonça la tête dans l'oreiller, poussant un soupir de désespoir. Cette situation ne pouvait plus durer. Il fallait qu'elle y mette un terme au plus vite, et qu'elle parte remplir sa mission.
Auryn fini par se lever et s'habiller, une tunique un peu longue, une ceinture, les sandales. Elle restait dans le style vestimentaire le plus simple, rien qui ne puisse trahir sa véritable nature. Elle avait déjà les oreilles plus courtes que la moyenne, c'était suffisant. Se coiffant en une queue de cheval, elle était déterminée à mettre les choses en route, lorsqu'en montant pour discuter sur la mezzanine cuisine, Elle fut surprise.
Link l'avait soulevée de l'échelle comme si elle n'était qu'une plume, avant de la serrer contre lui et l'embrasser dans le cou. Sa détermination fondit comme neige au soleil.
« Est-ce que ça va un peu mieux ? » Un soupir franchit les lèvres de la guerrière, qui hocha la tête.
« Oui, bien mieux, merci, mon amour. »
oOoOoOo
« Alors, la princesse Zora fut rendue à sa famille, après que l'animal favoris de leur clan l'ait recraché et guéri. »
Les enfants de Toal raffolaient toujours de ses histoires, heureusement d'ailleurs, cela dit, elle avait de plus en plus de mal à les raconter. La culpabilité était un véritable poison qui s'insinuait partout dans ses veines. Et elle ne pouvait déjà plus déloger la boule dans son ventre.
« Dis, tu vas épouser Link ? » La question eut le même effet qu'un seau d'eau sur sa tête, et elle en eu la nausée. Pourtant, c'était innocent, Balder cherchait juste à savoir quand aurait lieu la prochaine grande fête, au final. Et beaucoup, parmi les toaliens, pariaient sur leurs noces. Dans un autre contexte, une autre dimension, son cœur savait déjà la réponse. Et celle qu'elle donna fut aussi douloureuse qu'honnête.
« Je l'épouserais s'il me le demande… » Mais je ne lui laisserai pas le temps de poser genou à terre.
Elle passa ensuite le reste de la journée à jouer avec les enfants, continuer de raconter des histoires, toutes plus chevaleresques les unes que les autres. Elle avait apporté un peu de pain avec du jambon et du fromage à Link et Fahd pour le déjeuner, et tous trois avaient discutés, avant qu'elle ne prenne congé et ailles à la cueillette avec Tama et les autres femmes du village. Une journée bien tranquille, paisible, et si loin de la mission qui lui avait été confiée. Tant et si bien qu'elle s'était sentie horriblement coupable d'y prendre plaisir, malgré la fatigue, et le contexte.
Lorsqu'elle paya le pot de miel à la boutique, peu avant le coucher de soleil, on lui posa la question maudite, disant qu'elle ne devait pas trainer, sinon le jeune homme risquait de se lasser, ou encore qu'elle devrait lui donner un fils. Auryn se contentait de sourire, gênée, et de rire nerveusement. Les commères ne la croyaient pas prête à devenir une épouse et une mère au foyer. Celles qui s'attendaient à ce qu'Iria soit aux cotés de Link à sa place la faisait passer pour une courtisane qui profitait de la situation et disparaitrait ensuite.
Ce qui était dur à encaisser n'étaient pas tant les propos tenus, mais le fait que quelque part, elles avaient raison. Elle avait profité de la situation, largement même, jusqu'à laisser son cœur paresser aux côtés du berger comme s'il n'y aurait qu'eux deux jusqu'à la fin des temps. Alors qu'elle allait devoir partir, elle le savait, et le village tout entier allaient détruire l'image qu'il avait d'elle… Elle le savait.
Tout aurait été plus simple si elle s'était faite passer pour morte lors d'une tempête, si elle n'avait pas craqué une seule fois. Si elle n'avait pas accepté cette première invitation à diner. Peut-être alors, le masque serait-il resté en place, et son cœur de marbre. Mais à présent, lorsqu'elle rentrait le soir, elle pensait à la cabane comme leur chez eux. Leur maison. Quittant la boutique pour rejoindre cette demeure, elle passa le petit portique sans même se douter un seul instant que ses bonnes résolutions allaient devoir s'accélérer. Son cœur rata un battement lorsque ses yeux croisèrent les nuages noirs au-dessus de la forêt de Firone.
Le pot de miel s'éclata en morceaux sur le sol.
Terminant sa marche, et se jetant sur la bride de Naboo, Auryn s'élança sur son dos pour rejoindre la Fontaine. Les yeux rivés sur le ciel, le cœur battant, ce n'est qu'à cet instant qu'elle se rendit compte que Naboo avait été seul attaché à l'arbre, et qu'Epona était donc forcément avec Link.
« Dépêches toi ! » Ordonna la princesse à l'étalon gris.
Mais presque arrivé à la fontaine, l'animal pila net, et la blonde dut se retenir à son col pour ne pas basculer en avant. Pour autant, au lieu de l'engueuler, son regard fut attiré par la raison de son arrêt. Link, Iria et Colin, au milieu de l'eau, entouré par des cavaliers maudits, sur des sangliers. Sa moitié prit un coup sur la tête et fut jeté à l'eau, tandis que les bêtes s'en prenaient aux deux autres. Epona s'était retranchée dans un coin, encore blessée de la veille.
Auryn couvrit sa bouche avec ses deux mains, retenant le cri de rage qui menaçait de sortir. Elle ne pouvait pas intervenir, il ne fallait pas intervenir. Tendue à l'extrême au point de serrer ses jambes sur la selle de Naboo jusqu'à lui faire mal, son cœur se mit à battre à toute vitesse. Elle avait ses cimeterres à portée de main, pourtant, elle ne pouvait que contempler la scène.
À la supplique de Naboo, qui commençait vraiment à souffrir de ses côtes, elle descendit de son dos, et fit quelques pas vers la fontaine, les yeux brillants. Link était toujours inerte dans l'eau, heureusement, sa tête dépassait, il pouvait respirer. Finalement, elle franchit la limite une nouvelle fois et se laissa tomber à genoux dans l'eau froide pour venir le relever.
« Link, pardonne moi… Je n'avais pas le droit… » Le prenant contre sa poitrine, la main sur sa joue, qu'elle tapota doucement, elle essaya de le réveiller. Embrassant sa bouche, ses tempes, son nez, agissant avec une tendresse remarquable tout en l'appelant. Et elle y parvint… « Link, reviens à toi, Link, s'il te plait… » Le toalien papillonna des yeux, blême, avant de se redresser en un sursaut.
« Iria ! » Il dû prendre quelques secondes pour se resituer, sans savoir que ce cri avait déjà causé une fissure dans le cœur de celle qui avait tout renié pour lui. « Je… Iria et Colin, ils ont été emmenés, je n'ai rien pu faire et… Tu les as vu ? » Une nouvelle fissure, alors qu'elle secouait la tête.
« Non. Il n'y avait que toi, allongé ici… »
Link savait, après avoir vécu ces derniers mois avec Auryn, quand elle mentait à contre-cœur. Parce que dans les yeux turquoise de cette dernière se reflétait soudain toute la peine du monde. Mais il n'avait ni le temps ni le cœur à la ménager, ou à essayer de la comprendre. Peut-être était-ce à cause de la tension avec Iria qu'elle mentait sur ce qu'elle avait vu. Il s'en fichait, au final. Iria ne méritait pas ça, et Colin non plus. Il pensait qu'Auryn l'aurait compris, qu'elle n'était pas aussi égoïste. Il ne chercha pas plus loin, et quitta ses bras.
« Laisse-moi. Je vais les chercher. » Il se leva, titubant un peu d'abord, avant de se secouer. Puis, il l'abandonna sur place en se mettant à courir, pensant que les monstres avaient emporté ses amis à travers la forêt.
Auryn tarda à se relever, le cœur lourd et la tête pleine de bourdonnement et de questions, mais lorsqu'elle comprit que la direction qu'il prenait était aussi celle des nuages sombres, elle se mit à courir derrière. Il ne fallait pas qu'il atteigne la noirceur du royaume du crépuscule, sinon son âme serait perdue. Elle qui pouvait se vanter d'être particulièrement rapide et forte, une fois encore, l'homme qu'elle avait choisi d'aimer la dépassait largement.
Etait-ce l'adrénaline ? Le fait que ses amis soient en danger ? Qu'Iria le soit… ? Son cœur se serra dans sa course, et Auryn répéta en mantra, des « non » tout en sachant que ça ne changerait rien à ce qu'il s'était produit. Il était trop rapide, et c'était terrible, parce qu'elle savait que ça ne lui causerait que du tort.
« Link je t'en prie reviens ! » Hurla-t-elle.
C'était comme si, soudainement, ils avaient inversé les rôles. Elle était partie, elle aussi, et aux yeux du Toalien, c'était à travers la tempête, se mettant en danger. Sauf que la tempête était de son fait, c'était sa magie à l'œuvre… Là, non. Et Link courait à sa perte. Le cœur battant la chamade, avec plusieurs centaines de mètres entre eux, elle le vit cependant s'arrêter à l'orée de la forêt, devant un immense mur noir.
« LINK ! » Elle continua de courir, mains en avant, prête à repousser de toutes ses forces les ténèbres qui envahissaient l'endroit pour protéger l'homme qu'elle aimait. Oui, elle se fichait désormais éperdument de montrer ses talents, tout ce qu'elle voulait, c'était qu'il s'éloigne du mur. « LINK ! JE T'EN PRIE VA-T-EN ! » Elle hurlait à en perdre haleine, et il se retourna, ne comprenant pas cet air horrifié qu'il voyait, cette terreur dans sa voix. Craignait-elle tant qu'il retrouve Iria ?
Et soudain, quelque chose de brûlant se saisit de lui, et il baissa la tête pour voir une gigantesque main noire agrippée à son ventre. Il essaya de tourner la tête vers le mur, comprenant que la chose venait de là. Il sut alors pourquoi la jeune femme voulait le retenir depuis le début. Ce n'était pas contre Iria. Ça n'avait jamais été contre son amie. Parce qu'Auryn était aussi généreuse et douce qu'il l'avait vu dans leurs moments les plus intimes. Non. Elle avait menti parce qu'elle savait ce qui était arrivé. C'était pour le protéger lui.
Et Link culpabilisa d'avoir mal compris les intentions de la conteuse d'histoire.
« LIIINK ! » Elle était si proche, bientôt elle pourrait le toucher, il suffisait juste d'encore quelques mètres, et elle accéléra sa course, bras tendus vers lui. Elle ne pouvait pas le laisser se faire emporter, il finirait damné, une âme dispersée au vent. Elle ne supporterait pas de le perdre, pas comme ça, pas après avoir vécu ces quelques mois avec lui. Si les trois mondes devaient être sauvés, lui devait rester en vie, c'était son seul souhait.
Le Toalien tendit sa main droite vers elle, sentant l'étreinte démoniaque lui compresser tout le corps, et croisa le regard de sa bien-aimée.
« Pardonne moi Auryn… » Il murmura ces mots d'une voix aimante et désolée, avant de se faire emporter de l'autre côté.
La princesse de l'entre deux eu à peine le temps d'effleurer ses doigts avec les siens qu'il avait disparu. Et son corps tout entier percuta le mur d'ombre, redevenu aussi solide que s'il n'y avait jamais eu de passage. Le choc fut violent, et elle glissa le long de la pierre noire, avant de frapper dessus avec ses poings.
« NON ! » Elle hurla à maintes reprises, des larmes de rages et de désespoirs coulant sur ses joues pâles. Haletante, malade, hystérique, elle continuait de frapper contre le mur, mais à part s'écorcher les mains, rien ne se produit.
« Pourquoi… Link… Pourquoi toi… Si je ne t'avais pas approché tu serais vivant… Tu serais… Toujours là… » Elle se laissa totalement choir au sol, et, la tête dans le sable, elle hurla de nouveau toute sa détresse. « Ahhhhhhhh ! » Des prunelles turquoise s'écoulaient d'énormes larmes. Le cœur brisé pour de bon, Auryn pleura, et jura, jusqu'à ce que la nuit ne tombe enfin.
Assise sur ses talons, les yeux rivés sur le mur désormais fermé qui menait au crépuscule, elle semblait hagarde. Son cœur s'était déchiré à l'instant même où elle avait compris. Elle n'avait pas été assez rapide, pas assez forte pour sortir Link de l'étreinte maudite. Il devait probablement avoir disparu à présent. Et de lui, ne resterait que les souvenirs tendres qu'elle chérissait plus que sa propre vie.
Link n'existait plus.
« Pas de sentiments, pas de pitié. Ce monde n'est pas le tien et ne le sera jamais… C'est à cause de lui que tu es condamnée… » Répéta-t-elle dans un murmure déchirant.
Car, sous ses paupières se glissait le souvenir d'un homme qui venait juste de la quitter pour un voyage inconnu. Arrachant le poignard d'opale qui était accroché à sa cuisse, de son fourreau, elle renifla, en posant la pointe de ce dernier sur son cœur. Auryn ravala ses larmes, et s'entailla assez profondément, pour marquer une ancienne rune.
Union.
« À toi qui m'as offert les plus beaux moments que je puisse vivre, je prête serment. Pour toujours et à jamais, dans cette vie, et les prochaines si les déesses me l'accordent, il n'y aura que toi… Link… Je serais tienne aujourd'hui, et demain, et dans le néant, je te retrouverai… » Elle acheva sa rune, laissant couler le sang de son cœur devant cette porte infranchissable, et versa de nouvelles larmes. « Attends-moi… J'arrive bientôt… »
Lorsqu'elle se releva, les yeux rouges et du sang sur sa tunique, elle était cependant résolue. Elle accomplirait la mission que les sages lui avaient confiés, car telle était sa destinée, puis, elle s'endormirait à tout jamais. Elle irait rejoindre l'être qu'elle avait aimé de tout son cœur et de toute son âme, en dépit de sa situation.
Tremblante, et le cœur en miette, elle se mit pourtant en route, rejoignant Naboo qui l'attendait, à quelques mètres de là. L'animal lui avait laissé le temps de faire son deuil, et il ne dit mot lorsqu'elle monta sur son dos, silencieuse et pleurant toujours. Il la guida jusqu'à l'ancien temple de la lumière en ruine, où l'attendait son destin. Le rêve avait pris fin de la plus brutale des façons.
Son cœur était désormais aussi fragilisé que l'équilibre entre les mondes.
