25/08/21 NDA : Bonjour, c'est rare, mais je respecte le délai que je me suis imposée. J'avais dit un mois, et le voici. J'espère que l'histoire vous plait, ou même vous tire quelques larmes. J'essaie de rendre la situation le plus réel possible, malgré sa nature fantaisie.
S'il vous plait, une petite review, toute petite même… L'aumône pour une auteur en perdition…
Chapitre 7 : Le destin des mondes entre les mains
Le pas de Naboo était lent, pour une fois, il n'osait pas brusquer sa cavalière, qui continuait de pleurer en silence. De nombreuses perles de sang s'évertuaient à couler sur son buste, tachant sa tunique de façon régulière, tandis qu'ils traversaient la forêt de Firone pour la mener aux ruines. Ils y étaient presque, mais le cheval n'avait pas encore osé dire mot, ne voulant pas troubler le deuil de la princesse, qui était de plus en plus amorphe.
Mais une fois devant le temple, où pierres et boue s'entremêlaient, et que les vestiges de la dernière tempête se laissaient voir, il finit par prononcer d'une voix solennelle.
« Je suis navré pour ta perte. » L'animal espérait que peut-être, cela réveillerait de nouveau l'instinct guerrier en elle. Mais la réponse d'Auryn le fit trembler.
« Moi aussi… Naboo. » Aucune vie n'habitait cette voix pourtant si noble. Auryn aurait bien pu prendre la place de Link, le résultat aurait été le même. Passant une jambe par-dessus la selle, elle se laissa ensuite glisser jusqu'au sol, les sandales soulevant un léger flot de poussière au choc.
La princesse de l'entre-deux se mit en route, grimpant les marches couvertes de mousses et de feuilles mortes d'un pas saccadé. Arrivée sur le parvis, elle se retourna, les prunelles turquoise cherchant la direction de Toal, avant de se poser sur la rivière qu'elle avait faite déborder. Elle avait peut-être sauvé Link, ce jour-là, mais elle l'avait condamné aujourd'hui. Un nouveau sanglot menaça de s'échapper d'entre ses lèvres, et elle couvrit sa bouche d'une main.
C'est là qu'elle le vit.
A son poignet droit se trouvait le bracelet de force de Link. Et les souvenirs de sa provenance refirent surface avec force.
oOoOoOo FlashBack oOoOoOo
Le bras gauche de Link reposait sur ses cuisses nues, alors qu'elle appliquait un baume à la châtaigne dessus. En souhaitant récupérer les affaires volées par les singes, puis, en désirant libérer ces derniers, il s'était blessé au poignet, ainsi qu'au dos. Mais Auryn avait quelques atouts dans sa manche, pour ce qui était des blessures. La plaie sur la colonne de sa moitié était désormais couverte d'onguent, et des feuilles larges et odorantes avaient été posées dessus.
À présent, elle se chargeait de son poignet. C'était une belle entaille, et elle avait dû nettoyer convenablement avant d'appliquer l'onguent, pour ne pas risquer une nouvelle fièvre. Là, avec application, et à l'aide d'une cuillère en bois, elle étalait la crème parfumée à la châtaigne sur la plaie, avant de resserrer les bords.
Link grimaçait et serrait les dents, mais il ne se plaignait pas. A vrai dire, il la regardait faire avec une certaine admiration. Encore une chose dont elle semblait avoir l'habitude. « J'ai l'impression que quoi que je fasse, tu sais réparer derrière, finalement… Es-tu sûre d'être une conteuse d'histoire ? » Il souriait malgré la douleur, un peu moqueur.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » Avait-elle demandé.
« Et bien, que ce soit des onguents cicatrisants, ou chasser, ou travailler dans les champs, grimper dans les arbres… Tu as de multiples talents, j'aime bien. »
« Et toi un talent certain pour te faire mal en voulant protéger les autres… » Elle commença alors à enrouler un bandage de lin encore tiède autour de la plaie, liant tout le poignet du berger avec douceur.
« Peut-être que c'est pour que tu t'occupes de moi ? » Auryn roula des yeux, avant de venir serrer le bandage, ce qui fit grogner un peu son compagnon. Mais après lui avoir rendu son bras, il vint récupérer son bracelet de force, prêt à le remettre.
« Ah non, même pas en rêve. »
« Quoi ? » Il tiqua, tandis qu'elle lui prenait des mains, rapprochant son visage du sien.
« Je ne vais pas te laisser remettre ça, je changerai ton bandage demain matin, faut que ça respire. Je le garde en attendant. » Elle était ferme, et Link abdiqua. Ou presque.
« D'accord, mais à une condition. » Soulevant un sourcil interrogateur, il poursuivit sur sa lancée. « Que tu le portes toi. »
Et sans attendre un quelconque avis de la part de celle qui partageait sa vie, il vint nouer les lacets de cuirs du bracelet autour du bras nu d'Auryn. Profitant de cette proximité pour embrasser son épaule.
« Tu es fou… »
Il rit, avant d'embrasser sa clavicule cette fois, puis il remonta, embrassant derrière son oreille, puis cette dernière, qu'il aimait beaucoup, car plus courte que celles des hyliens classiques. Elle était métisse, bien qu'il ignore de quelle tribu elle venait. Et après l'oreille, il redescendit, baisant sa mâchoire, sa joue, le bout de son nez, et enfin, saisissant ses lèvres pour l'embrasser langoureusement.
oOoOoOo Fin du Flash Back oOoOoOo
Il l'avait aimé cette nuit-là, encore…
Et pourtant, même après avoir jouit sous ses caresses, elle ne s'était pas endormie. Son corps et son cœur de plus en plus noué par la culpabilité. Si elle avait su que ce serait leur dernière nuit ensemble, elle l'aurait gardé éveillé contre elle, et lui aurait tout dit. A quel point elle était heureuse de l'avoir rencontré, de l'avoir choisie et embrassé… Qu'il l'ait choyée…
De nouvelles larmes jaillirent de ses yeux, alors qu'elle se détournait de l'horizon et entrait finalement dans les ruines. Contrairement à sa visite précédente, ce fut comme si son cœur meurtri savait exactement où aller. Et plus elle avançait, plus son corps se couvrait de marques lumineuses et mauve. Mais la chaleur divine qui l'envahie ne fut pas assez forte pour la réchauffer. Elle avait froid en dedans.
Peut-être était-ce parce qu'elle n'avait désormais plus rien à perdre, ou parce que la dernière raison de vivre qui subsistait en elle, était la réussite de sa mission… Mais trouver l'ancienne porte du temps fut tout aussi rapide. Et devant l'immense soleil représenté sur le mur, elle sortit l'écrin d'or qui ornait son cou, ce triangle aux encoches de cristal, prêt à accueillir les trois triforces. Le médaillon brilla, aussi pâle que l'astre lunaire au dehors, et le mur gronda, tandis que la pierre se décalait pour dévoiler l'ancien passage vers le royaume saint.
C'était étrange de trouver la clairière d'une forêt au milieu d'une pièce fermée. Une sorte de cours intérieure, finalement. Il y avait des arbres tout autour, et la végétation semblait s'être emportée, n'ayant plus personne pour l'entretenir. Ainsi, du lierre grimpait sur les murs, et venait couler au-dessus de l'autel, le plafond des lieux formant une voute centrale.
L'épée de légende lui faisait face.
Elle avait croisé son porteur, quelques siècles plus tôt, lorsqu'elle était à une époque où son père vivait encore, et les gerudo aussi. Si elle avait pensé, à ce moment-là, que le garçon lui plaisait, cette pensée avait été balayée par l'ouragan qui avait ravagé son cœur. Link, le jeune berger, ce garçon si naturel, gentil et drôle, qui avait voulu l'aider avant toute chose, et dont les yeux saphir hanteraient sa mémoire à tout jamais.
Avançant encore, jusqu'à atteindre la plateforme hexagonale où reposait le socle, et Excalibur. Auryn posa ses mains tremblantes sur le pommeau de l'épée et ferma les yeux, versant les dernières larmes qu'elle s'autorisait avant d'inspirer longuement. Alors seulement, elle prononça d'une voix brisée, la prophétie qui la liait à cet endroit.
« Par les larmes d'Hylia et la force de Din, naquit l'élue. Elle sera guidée par les étoiles, et déversera le Saint Graal sur les trois royaumes, pour que la paix et l'équilibre reviennent à nouveau. Et de sa vie elle paiera pour les pêchés autrefois commit par ceux qui ont brisé leur promesse envers les déesses » Les murs tremblèrent à la fin de sa tirade, et une brise glaciale fit soulever les feuilles automnales des arbres autour.
L'épée se mit à luire, et bientôt, l'éclat fut si blafard, qu'Auryn fut contrainte de fermer les yeux pour ne pas finir aveugle et de lâcher l'épée pour se couvrir le visage. La température changea. Il faisait plus chaud, plus sec aussi, et l'odeur forestière était devenu aussi poudreuse que si de l'encens se consumait en grand quantité.
Lorsque les turquoises furent dévoilés de nouveau, elles se posèrent sur un vieil homme bien portant, une tunique blanche sous un large manteau doré. Il avait l'air sévère, et surtout, il n'était pas seul. La princesse de l'entre deux était finalement arrivée à destination, dans le royaume saint. Les lieux ne semblaient pas subir les affres du temps, et la seule source de lumière présente provenait de sous ses pieds…
Pieds qui n'étaient plus dans des sandales, mais dans des babouches de soie ornementés d'or et de rubis. L'armure royale reposait désormais sur elle. Ses bras étaient couverts de manches en velours rouges, maintenu par des sangles de cuir et d'or, à un bustier d'or blanc, qui descendait jusque sous ses seins, gravé des armoiries d'Hylia. Elle portait un sarouel blanc très larges, et serrés aux chevilles par des bracelets. À sa taille, une ceinture de cuir, avec un pan décoratif rouge, sur lequel étaient brodés les symboles de la famille royale Gerudo.
Ses cheveux n'étaient plus noués en une tresse, mais en une queue de cheval très haute, retenue par un bijou qu'elle supposait être en or, et elle sentait, près de ses oreilles, les plumes d'Hylia…
« Nous t'attendions, Auryn, fille de Vesperina et de Ganondorf Dragmir… Princesse de l'entre deux. » La voix du sage était grave et un peu rauque, il avait cet air solennel et triste de ceux qui confient des missions à des innocents et les regardent mourir ensuite. « Je suis Rauru, l'ancien sage de la lumière. » Auryn s'inclina respectueusement, le cœur lourd.
« Moi, Darunia, ancien sage du feu » Les perles turquoise douloureuses se tournèrent vers l'immense goron à sa droite. Il avait la figure sévère, et la voix rauque. Elle s'inclina de nouveau.
« Et je suis Saria, ancienne sage de la forêt. » Auryn fit volte-face, et offrit une révérence à la fillette vêtue de vert. « Nous sommes les derniers encore en vie. »
« Tu n'as que trop tardé à te rendre dans le royaume saint. » Auryn se crispa aux paroles du vieillard, mais se contenta de hocher la tête. Oui, elle avait tardé, trop, et elle s'en voudrait jusqu'à ce que sa vie soit offerte en échange.
« Le royaume du crépuscule a commencé à s'implanter dans celui de la lumière. » La voix bourrue et rauque du Goron lui fit baisser la tête.
La fillette aux prunelles d'emeraude s'avança alors, un paquet de lin entre les mains, qu'elle découvrit, pour dévoiler un fourreau d'or blanc sertie de pierreries colorées. « Voici la galactic sword, l'arme des déesses. Avec elle, tu pourras réunir les fragments de la triforce, et ouvrir le Saint Graal. »
Auryn s'agenouilla devant la petite kokiri, gardant la tête basse, et tendit les mains, paumes vers le haut, afin de recevoir le présent. Sa mère lui avait répété de faire très attention lorsque l'épée rentrerait en contact avec elle. Même si ce n'était qu'un lointain souvenir, elle se rappelait avec exactitude de ce qu'elle avait dit. L'arme des cieux était aussi pure que maléfique, et elle serait certainement tentée par le pouvoir, lorsque cette dernière serait entre ses mains. Sa mère, la reine, lui avait dit que lorsque ça arriverait, elle devrait se battre contre cette ambition. Que seules sa sagesse et son courage devraient primer contre cette pensée.
Mais au lieu de sentir cette soudaine bouffée de pouvoir et d'envie à assouvir. Auryn n'eut droit qu'à une nouvelle fissure au cœur. C'était à cause de cette épée, de cette destinée, que Link et elle n'étaient plus ensembles. Ils n'auraient jamais dû l'être. Et par sa faute, parce qu'elle devait réussir cette mission, elle s'était rendue à Toal, et elle l'avait croisé. Elle l'avait aimé, et parce que le mal prenait possession des lieux, elle l'avait perdue.
Une bouffée de colère envers les princesses de la lumière et du crépuscule s'empara d'elle. Si ces deux là avaient été moins stupides, elle n'aurait jamais eu à quitter son royaume, parcourir le temps, et venir récupérer les trois triangles sacrés. Peut-être aurait-elle pu vivre comme une enfant normale, et rencontrer Link lors d'une balade dans le monde de la lumière, sans crainte de retarder sa mission colossale.
Elle aurait eu le droit de l'aimer sans ce fardeau insupportable.
« Relève toi, Auryn. » Obéissante à l'ordre de Rauru, elle trembla cependant, et une énième larme roula sur sa joue pour venir s'échouer sur le fourreau de l'épée, avant qu'elle ne la glisse dans son dos. Les sangles furent rapidement nouée au plus serré, pour que jamais elle ne le perde. « À présent, retourne dans ton temps, et récupère les trois fragments de la triforce. Hâte-toi, le temps nous est compté… Lorsque l'éclipse totale s'achèvera, les mondes rentreront en collision. »
La princesse déglutit, avant d'inspirer longuement et hocher la tête. Elle savait compter en cycle lunaire, à peu près, bien qu'il soit plus simple d'avoir le ciel sous ses yeux lors du décompte. Cela dit, elle parvint à estimer le temps qu'il lui restait. Deux mois et demi, environs. Peut-être quelques jours de plus, ou de moins. Et ensuite, une fois qu'elle aurait réussi sa tâche, elle rejoindrait Link dans l'au-delà.
En un battement de cils, Auryn était de nouveau dans la clairière, autrefois antichambre du temple du temps. L'épée harnachée dans son dos, elle fixa Excalibur avec une sorte de nostalgie au fond des yeux. Le héro du temps lui aurait été d'une grande aide… Peut-être, même, aurait-il été plus rapide qu'elle pour sauver son amour… ?
Non.
Link aurait été plus rapide que lui, aussi. Il était plus fort, plus rapide, plus noble. Il était tendre, parfois même enjôleur. Sa main vint essuyer les quelques larmes traitresses qui coulaient sur ses joues à son souvenir. À peine 24h plus tôt, elle était encore dans ses bras, et son souffle chaud effleurait sa frange, et à présent, son âme avait dû se perdre dans les limbes, ou se disperser au firmament.
Relevant sa manche droite, elle observa le bracelet de force de son amour, toujours noué à son poignet. La culpabilité revint à la charge, et Auryn soupira douloureusement. Tirant sur les lacets de cuir, elle dénoua le bracelet lentement, avant d'en écarter les bords pour voir l'intérieur. C'était tanné sobrement, mais elle voulait y glisser quelque chose.
Avec la pointe de son poignard, elle commença à graver la même rune que sur sa poitrine, désormais presque couverte par le bustier d'or. Lorsque le marquage fut satisfaisant, elle s'entailla l'index sur sa lame, et retraça la rune avec son sang sur le cuir. La princesse était sûre que de cette façon, le serment serait respecté. Une union interdite…
Entre un mort et une vivante.
Mais elle le rejoindrait bientôt, elle l'avait promis. Embrassant le cuir, elle le déposa sur l'autel de l'épée de légende, juste devant les inscriptions sacrées et se détourna de ce dernier, le cœur gros. Voilà.
Il était temps de partir…
