Le commandant Yage avait pris son temps pour lire les rapports que lui avait fourni le commandant Corn. La surprise passée, elle avait profité du temps accordé pour longuement réfléchir à la suite des événements et à la proposition qu'elle se devait de faire à son supérieur.

Le commandant qui connaissait le grand amiral de réputation, était surpris, vraiment surpris. Cela ne correspondait absolument pas au grand amiral Thrawn : l'abandon du vaisseau, mais aussi le sacrifice de la flotte pour que l'Empire puisse savoir. De toute évidence, le commandant Corn avait raison, il fallait rester dans la zone.

Si la planète vivante n'était pas la clé de la victoire, il est évident que la zone aurait probablement une réponse sur la question fondamentale : « d'où viennent les Vongs ? » C'était la clé pour gagner la guerre. Et le commandant ferait tout ce qui est en son pouvoir pour que l'empire apporte à la nouvelle république ces informations. En effet le commandant Yage savait pertinemment depuis la chute de Bastion, et ceci malgré la victoire de Borosk, l'empire était incapable de repousser les Vongs. En retransmettant au grand amiral Pealleon ces informations, cela permettrait à l'Empire de ne plus être le débiteur de la nouvelle république. Seule sa loyauté sans faille envers le grand amiral, l'avait empêché de rejoindre le moff Flenick.

Pendant ce temps, en passerelle, le commandant Corn et le lieutenant Darkjam tentaient de mettre à jour les cartes spatiales impériales de l'astro–navigateur.

Corn était satisfait que l'astro-navigateur avait accepté l'importation. Le message l'inquiétait toujours, mais il comptait utiliser un droïde sonde autonome pour tester la route hyperespace. C'est à ce moment que le commandant Yage entra sur la passerelle et se dirigeât vers eux.

— Corn, où en sommes nous ?

— Sur la bonne voie pour rentrer, même s'il y a encore de nombreux ajustements à faire avant.

— De quel type ?

— Les cartes ont finalement été converties et mise ensemble. Cependant, la précision est trop faible pour espérer voyager en hyperespace en toute sécurité.

— N'a-t-on pas des systèmes de sécurité suffisant pour éviter les accidents ?

— Bien sûr, mon capitaine, mais il ne faut pas oublier que ce sont pour des situations d'urgences. De plus que se passerait-il si nous nous sommes trompés et que finalement nous nous retrouvions à nouveau dans une zone non couverte par les cartes ? J'avais pensé envoyer un droïde sonde tester la trajectoire, mais le central-opération m'a signalé que nous avions tout utiliser pour accélérer la cartographie des planètes du système.

— Dans ce cas envoyons une navette en éclaireur.

— Nous n'en avons pas beaucoup et le risque est élevé.

— Voyez avec le commandant Durang toutes les options possibles. Demain, à la première heure, réunion d'état-major, vous y présenterez vos différentes solutions pour prévenir le grand amiral Pealleon et lui demander ses ordres.

— Mon capitaine, partagez-vous mon avis sur les découvertes ?

— Disons que le grand amiral tranchera en fonction des besoins de la flotte, mais j'appuierai votre idée.

Sur ce, le capitaine quitta la passerelle.

Salle de briefing n°1 :

La discussion était plutôt animée, depuis près d'une heure, Corn et Durang, expliquaient les trois possibilités qu'ils avaient documentées. La première qui était de loin la plus risquée était d'activer l'hyper-propulsion et tenter de rentrer avec le faiseur de veuve. La seconde proposition était de faire des sauts de puce de système à système en espérant que les Vong ne leur tomberait pas dessus. C'était moins risqué, notamment en termes de sécurité de navigation, mais beaucoup plus long. La troisième était d'envoyer une navette où on aurait intégré les cartes. Aussi risqué que la première, seul le nombre de mort changerait en cas de problème. Il y avait aussi le problème qu'en cas d'échec, il serait impossible pour la frégate de le savoir. Les autres officiers supérieurs semblaient perdus. La discussion allait recommencer comme la dernière fois. Incapable de se mettre d'accord sur l'une des possibilités, bien que Corn et Durang soient d'accord sur la troisième. Le capitaine finit par dire :

— Messieurs, l'envoie d'une navette vers Yaga Mineur est l'option retenue. La réunion est terminée, Corn et Durang, restez !

Surpris les autres commandants se levèrent rapidement. Le ton de la voix du capitaine, ne laissait aucun doute quant au fait de ne pas discuter l'ordre donné. Elle fit demander le lieutenant Barn et le lieutenant Darkjam.

Une fois les commandants adjoints partis et les deux lieutenants présent, le commandant Yage expliqua rapidement son plan. La mission de Barn avait donc deux objectifs : rejoindre la flotte et obtenir les ordres du grand amiral. Il avait un délai d'un mois standard, passé ce délai, la solution deux était retenue.

Le capitaine Yage quitta alors la salle de briefing, où elle se retrouva nez à nez avec plusieurs commandants qui essayaient d'obtenir des informations. Cela mit le capitaine encore plus de mauvaise humeur.

À l'intérieur, la discussion allait de bon train, Corn sympathisa vite avec cet officier, tout en regrettant qu'il n'en ait pas plus. Il ne l'avait pas dit au capitaine, mais si elle n'avait pas trouvé de volontaire, il l'aurait fait lui-même.

Elle avait demandé au commandant Corn de faire un rapport synthétique des découvertes et d'y mettre en annexe les documents qu'il lui avait remis six mois plutôt.

Le commandant Durang devait faire un rapport sur les différentes batailles menée par la frégate depuis le départ, ainsi que sur le passage en hyper-espace et le compte rendu des opérations menaient dans le secteur avec l'état des troupes et du matériel.

Le lieutenant Darkjam fut chargé de préparer une exportation des cartes de navigation.

Le capitaine se chargea d'y rajouter son rapport et ses conclusions. Puis elle fournit la datacard qu'elle avait au préalablement chiffré avec sa clé de commandement au lieutenant Barn. Ce dernier reçu l'ordre de ne fournir ces documents qu'au grand amiral en personne, en insistant sur la sensibilité de ceux-ci.

L'astro-navigateur de la navette fut synchronisé avec celui de la frégate. Moins d'une journée plus tard, tout était près pour le grand saut.

Sur le pont d'envol, l'équipe technique venait de terminer la vérification de la navette quand le capitaine entra, suivi des commandants Corn et Durang ainsi que du Lieutenant Barn. Ce dernier avait enfilé sa combinaison de vol. Quelques minutes plutôt, la capitaine lui avait remis le caisson sécurisé dans lequel se trouvait la datacard chiffrée.

Les quatre officiers montèrent à bord, fournissant au lieutenant des conseils pour le voyage et pour l'arrivée. Puis ils laissèrent le pilote qui commença la procédure de décollage, dès que les officiers supérieurs avaient quitté la navette.

La rampe arrière se releva. Puis la navette décolla. Une fois sortie du hangar, les deux ailes se mirent en position de vol tandis que la navette accélérait et s'éloignait du « faiseur de veuve ».

Les officiers supérieurs avaient regagné la passerelle et le poste d'observation. La frégate avait modifié sa trajectoire afin que la navette reste toujours dans le champ de vision.

S'étant éloignée de la frégate, la navette plongea en hyperespace dès que l'astro-navigateur eut fini de calculer la trajectoire. Les étoiles devinrent des traits.

Sur la frégate, rien ne changea. Après le départ de la navette, les exercices avaient repris. Pour éviter une baisse de motivation – avait justifié le capitaine à ses subordonnés surpris.

Barn était un anxieux. Le voyage devait durer environ 24 h standard. Cela faisait long, surtout seul. N'ayant pas grand-chose à faire, vu qu'en hyper-espace le pilotage était automatique, il entreprit de réviser le protocole militaire au cas où la mission serait un succès. Il ne souhaitait pas faire mauvaise impression devant le grand amiral lors de son entrevue. Le commandant Corn ne l'avait pas vraiment rassuré en l'informant qu'il ne serait pas surpris qu'il passe d'abord un temps avec le renseignement avant d'accéder au grand amiral. Il s'était fait des notes sur les principaux événements qui s'étaient produit depuis le départ de Yaga minor. Il se doutait bien que son identité serait vérifiée et sur-vérifiée avant de pouvoir accéder au commandant suprême de la flotte. Il se refusait à penser au cas où la navette n'arriverait pas à bon port. De toutes les façons, il allait réussir, ce serait bête d'échouer si près du but.

La navette réintégra l'espace normale, au terme du voyage. À peine arrivé, la radio se mit à grésiller. Le contrôle d'un destroyer l'avait déjà repéré. Les batteries de ce dernier suivirent sa trajectoire, tandis qu'il s'approchait du destroyer. Il eut le temps d'apercevoir de nombreux vaisseaux en réparation sur les chantiers. La flotte semblait avoir eu des revers. Il suivit la procédure impériale standard et fut autorisé à apponter sur le destroyer.

Arrivé dans le hangar, Barn comprit que le plus dur ne faisait que commencer. De nombreux storntroopers entouraient la navette. Remerciant intérieurement le capitaine d'avoir pensé au caisson sécurisé et au chiffrement, il enclencha la descente de la rampe, puis quitta la navette. Il se retrouva devant un officier qui lui notifia sa détention provisoire en attente de confirmation de son identité. Ce dernier loucha sur le caisson sécurisé dont il reconnut le modèle en dotation dans la flotte. Il exigea qu'il la lui donne. Ce que fit Barn sans aucune émotion visible.

Les storntroopers amenèrent le lieutenant Barn dans une salle vide proche du hangar. À l'intérieur, il n'y avait pas grand-chose, juste une grande table est une quinze de chaises. Barn reconnu une des salles d'attente utilisé par les pilotes. Il s'assit et attendit. Un infirmier vient lui faire une prise de sang afin de confirmer son patrimoine génétique. Mais Barn savait que depuis le faux retour du grand amiral Thrawn, cette méthode n'était pas vraiment efficace, surtout si quelqu'un avait modifié les archives. Il ne dit rien, se contentant de présenter son bras.

Après plusieurs heures, un homme du renseignement entra. Reconnaissable dans son uniforme violet clair, il aborda Barn avec un sourire et lui demanda de raconter son histoire. Barn se félicita d'y avoir autant réfléchit. L'officier ne l'interrompit pas une seule fois, noircissant plusieurs pages de notes. Seul parfois, le haussement d'un sourcil pouvait laisser sous-entendre son étonnement. Barn se doutait qu'il s'agissait là d'un moyen de déstabilisation et préféra ne pas en tenir compte.

À la fin, l'officier lui posa de nombreuses questions sur la situation de l'Empire. Questions auquel le lieutenant Barn n'arrivait pas à répondre. Quand il demanda à Barn ce qu'il pensait de la situation de Coruscant, ce dernier s'enflamma dans un discours contre les Vong ainsi que son envie et celle de ton l'équipage du « Faiseur de veuve » de libérer la planète. Sans aucune émotion, l'agent du renseignement se borna à lui répondre que la guerre était terminée, que les Vongs avait été vaincu et qu'ils étaient repartis avec Zonana Zekot dans la bordure extérieure.

Barn fut surpris et ne trouva rien à répondre. Un silence pesant s'abattit alors sur la pièce. Le lieutenant Barn terminant d'assimiler ce qu'il venait d'apprendre et l'officier du renseignement lui laissant un peu de temps.

Puis l'agent se fit expliquer plusieurs points qui lui semblaient ardus ou bizarres. Puis il quitta la pièce. Quelques minutes plus tard, un storntrooper lui apporta un repas. Il mangea seul en réfléchissant à la discussion qui venait de se terminer.

Pendant ce temps, l'agent faisait son rapport à sa hiérarchie. Le pilote l'avait convaincu et les analyses avaient confirmé que son identité était bien celle qu'il affichait. Il souhaitait cependant avoir accès aux documents se trouvant dans la valise sécurisée. Son chef n'était pas spécialement pour. Si c'était des documents réellement important, le grand amiral pourrait être fâché. Il savait que le commandant suprême de la flotte avait une attention particulière pour ce vaisseau. Il décida de contacter l'aide de camp du grand amiral. Après une courte discussion, il raccrocha et donna ses ordres à son agent.

Ce dernier retourna voir Barn avec la valise et lui ordonna de l'ouvrir. Barn refusa et se contenta de répondre à chaque fois que son contenu était réservé au grand amiral en personne. Libre à lui, de le communiquer ou pas aux renseignements une fois qu'il en aurait pris connaissance.

L'agent ressortit et se permit un sourire une fois dehors. Puis il fit signe aux storntroopers d'escorter le lieutenant vers la navette qui allait l'emmener vers le vaisseau amiral. Il lui rendit sa valise et lui souhaita un bon voyage.

La navette réintégra l'espace normal au-dessus de Bastion. Le Chimaera avait repris du service et il patrouillait au-dessus de la capitale en cours de reconstruction. Les chantiers avaient fait un beau travail, le destroyer semblait sorti de la construction. De loin, il était difficile de savoir où il avait été endommagé.

La navette se posa dans le hangar principal du Chimaera. L'officier de pont le salua et le conduisit directement dans les quartiers du grand amiral. Celui-ci était assis à son bureau en pleine discussion avec son aide de camp. Les deux hommes s'arrêtèrent de discuter quand le storntrooper de faction ouvrit la porte pour faire rentrer le lieutenant Barn. Le pilote s'avança et à bonne distance du bureau, se raidit dans un parfait garde à vous avant de saluer ses supérieurs tout en se présentant.

Le grand amiral lui fit signe de s'asseoir. Il jeta un dernier regard au rapport du renseignement. Puis lui fit signe de parler. Barn fit un résumé rapide des six derniers mois puis ajouta :

— Mon amiral, le capitaine Yage m'a demandé de ne vous fournir les documents qu'à vous seul. Ils sont extrêmement sensibles.

— j'en conviens fort bien, mais mon aide de camps est ma mémoire. Donnez-lui les messages.

— Le capitaine a beaucoup insisté. Seule votre clé peut ouvrir le coffre sécurisé et décoder les données.

— Naturellement, je reconnais bien là ce vieux sacripant. Mon aide de camp a tout ce qu'il faut.

Barn finit par donner le coffre à l'officier qui entreprit de l'ouvrir sous l'œil acéré du grand amiral. Il se permit de détailler un peu plus son supérieur. Il semblait encore assez faible et pale. Son passage dans la cave de Bacta sur le faiseur de veuve avait laissé des traces. Le grand amiral fit semblant de ne pas s'en apercevoir.

L'aide de camp mit la datacard du capitaine dans l'holo-terminal, puis entra la clé du grand amiral. Le capitaine Yage apparut alors. Son message était un court résumé de la situation à bord ainsi que de l'état de vaisseau. À la fin, l'aide de camps inséra la datacard du commandant Corn. Celui-ci replongea le grand amiral dans le passé. Une histoire qu'il connaissait, mais dont il n'avait jamais eu le mot de fin. Le grand amiral Thrawn avait toujours repoussé ces interrogations. Corn avait trouvé plus d'informations en six mois que lui en trente ans.

Pealleon écouta calmement ses deux vieux amis puis réfléchit pendant un long moment. Ni Barn, ni l'aide de camps n'interrompirent la réflexion de leur supérieur. Le grand amiral finit par se lever et se diriger vers la baie d'observation qui se trouvait derrière son bureau. Après plusieurs minutes à regarder le ballet des vaisseaux à l'extérieur, appuyé sur sa canne, il se retourna vers son aide camps.

Il lui donna plusieurs ordres concernant le faiseur de veuve, puis se tourna vers Barn.

— Commandant Barn, félicitation pour votre promotion. Vous recevrez, pour service rendu à l'Empire, la médaille de bravoure. Si vous le souhaitez, vous serez transféré au 201e.

— Merci, Amiral, je préférerais rester sur le Faiseur de veuve.

— Comme vous le souhaitez, vous pouvez disposer. Un de mes officiers va vous conduire à vos quartiers en attendant votre retour sur le faiseur de veuve. Je vous serrai grès de partager ma table ce soir.

— À vos ordres mon amiral !

Barn salua l'amiral et sorti. Le grand amiral resta encore quelques instants devant la baie avant de retourner à son bureau. Il fit prévenir le maître Jedi Skywalker que le vaisseau avait été retrouvé.