Le destroyer retourna dans le système. Les ordres du grand amiral avait légèrement évolué. Mais seul l'amiral les avait eus. Le commandant Malfois était légèrement agacé de ne pas avoir été mis au courant et l'amiral n'avait pas voulu lui dire plus avant la réunion avec les autres officiers supérieurs.

La réunion eut lieu quelques heures après le retour du destroyer. Corn convoqua les trois capitaines et les deux commandants. Après avoir transmis les félicitations du grand amiral, il entreprit de leur dévoiler les conclusions de l'état-major ainsi que les volontés de ce dernier. Les Tie du renseignement, embarqués lors de l'escale du « Victoire de Borosk » sur Bastion, allaient être le fer de lance de la nouvelle mission de l'escadre : retrouver les survivants du crash. Les trois capitaines reçurent chacun un secteur à scanner. Le destroyer disposant d'équipement plus puissant et plus fiable reçu une zone plus importante que les frégates.

Certains senseurs plus évolué, fourni par le haut commandement, furent mis en lieu et place des équipements classiques des frégates. L'opération demanda plusieurs jours de travail pour l'installation ainsi que pour la configuration. Le destroyer servit de cible étalon pour affiner le réglage de ces équipements. Une série d'exercices de détection fut même fait pour qualifier le personnel et réduire les risques d'erreurs.

En tant qu'ancien ingénieur, Corn supervisa personnellement les opérations sur le « faiseur de veuve » au grand dam de commandant adjoint ingénierie. Le maître principal Balèze fut plus que ravi de travailler une nouvelle fois avec son ancien chef.

Une fois les réglages effectués, les vaisseaux procédèrent au scan détaillé de la planète. À chaque fois qu'une zone semblait suspecte, les Tie renseignement, escorté par des chasseurs et des intercepteurs, faisaient un voir plusieurs passages sur zone tout en scannant de manière plus approfondie.

C'est ainsi qu'à une cinquantaine de kilomètres au sud du lieu du crash, fut découvert une série de galeries interconnectées qui abritaient des vies humaines. Un système ingénieux de brouillage les rendait "invisibles" depuis l'orbite. Une faible signature énergétique laissait sous entendre la présence d'une technologie du même type que celle de l'empire.

Sur ordre de l'amiral, les appareils ne restèrent pas sur la zone et continuèrent leur travail pendant plus de deux jours. Le commandant Malfois était aux anges, faire croire que l'on avait rien trouvé d'intéressant tout en préparant un plan.

Une nouvelle réunion eut lieu entre les officiers commandants et l'amiral sur la suite à tenir. L'amiral invita ses officiers à donner leur avis avant de donner le sien. Ainsi il pourrait ajuster son point de vue, mais aussi de se méfier des va-t-en-guerre de son équipe

Pour le commandant Malfois, s'ils s'agissaient d'impériaux, ils auraient déjà dû activer leurs balises de détresse. Donc soit des ennemis soit des traites, une démonstration de force était la meilleure solution.

Le commandant Virgal s'opposa farouchement à cette position. Pour lui, il se pouvait que les balises ne fonctionnent tout simplement plus où qu'il s'agisse d'autochtone que l'empire pourrait prendre son aile.

Le capitaine Yage posa la question pertinente d'une base de pirates non répertorié qui attend le départ de la force. Si c'était le cas, la présence de storntroopers serait indispensable.

L'amiral opta pour un faible détachement de storntroopers accompagnés par du personnel du service de récupération. Un second groupe, composait uniquement de storntroopers, se tiendra prêt au campement du « Fureur Impériale » à intervenir en cas de problèmes.

Les officiers acquiescèrent et donnèrent les ordres à leur unité. La prise de contact fut décidé pour le lendemain matin.

Au campement, l'ambiance était au beau fixe, chacun préparait son matériel en vue de la prise de contact. Les relevés avaient montré la présence de plusieurs entrées dont deux principales. La plus proche permettait à une navette de se poser sans trop de difficultés.

La première navette décolla avec l'équipe, tandis que le deuxième détachement de storntroopers terminait la vérification de leur matériel avant de monter dans la deuxième navette. Il était convenu que la deuxième décolle cinq minutes plus tard et soit ainsi en mesure d'intervenir rapidement.

Le commandant Virgal était à bord de la première navette. Il avait obtenu l'aval de l'amiral pour commander personnellement le détachement. Il espérait ne pas avoir besoin du second détachement dont l'existence le rassurait tout de même.

La navette se posa sur lieu dégagé près de la première de l'entrée. L'équipe se dirigea à pied vers la zone. Pas un bruit ne venait troubler le silence de la nature. L'entrée était bouchée par une pierre ronde qui ne semblait pas pouvoir être déplacé de l'extérieur. Parfait contre des animaux sauvages ou des tribus d'individus ne possédant pas la poudre, mais parfaitement inutile face aux blasters qui ne firent qu'une bouchée du roc.

Une fois la poussière retombée, plusieurs storntroopers entrèrent après avoir jeté une grenade aveuglante. Au bout de quelques mètres, ils mirent en joue un groupe de d'homme et de femmes possédant aussi des blasters E-11. Certains étaient trop jeunes pour avoir été sur le "Fureur".

Un des plus anciens ordonna en Basic de baisser les armes. Ce que fit le groupe, mais pas les commandos. Le commandant Virgal les dépassa et vint se placer devant l'homme. Il s'agissait du commandant Lemeneur. Il se présenta comme étant l'ancien commandant en second du « Fureur Impériale » et responsable de cette communauté de survivants composées aujourd'hui de plusieurs centaines de personnes.

Il convia le commandant à le suivre dans sa modeste demeure tout en faisant remarquer au commandant qu'il craignait toujours le retour de ceux qui avaient anéanti le « Fureur Impériale ». Le commandant Virgal le rassura en l'informant que ceux-ci avaient été vaincus. Puis il lui donna les grandes lignes de ce qui s'était passé dans le noyau après leur départ : la mort de l'Empereur, le retour et la mort du grand amiral Thrawn, les défaites face aux rebelles, l'alliance avec la nouvelle république qui permit de vaincre les Vongs. Cela prit plus d'une heure au commandant.

Un des membres avait prévenu l'amiral. Corn décida de s'inviter à la réunion, mais sans prévenir le commandant Virgal. La navette se posa peu de temps avant la fin de l'explication et l'amiral entra dans la demeure du chef au moment même de la fin.

Marchant plus lentement, il avait pris le temps d'observer les galeries qui avait été creusée par des outils à fusion. La demeure du chef était à la fois simple et artistiquement décoré. Trente ans, cela laisse du temps. De nombreuses pièces du « Fureur Impériale » était incrusté dans la pierre, donnant un certain charme aux pièces.

Pendant son avancée, il avait pu voir du respect dans les yeux des plus anciens, mais aussi de la colère notamment dans ceux des plus jeunes qui n'avaient dû connaître que cette planète. Il se doutait bien que tout le monde se demandait pourquoi maintenant, pourquoi un amiral ? Corn comprit qu'il allait devoir jouer assez serrer s'il voulait en faire une colonie impériale.

Lors de son entrée, le chef demeura surpris pendant un court instant avant de saluer son supérieur. Salut que lui rendit l'amiral avant de se présenter.

Le commandant Lemeneur expliqua alors comment le destroyer avait tenté de rallier l'espace impérial, mais comment il fût pris en chasse par trois analogues de destroyer des Vongs. Corn en frémi, les ayant déjà vus en opération. Son estime pour l'équipage devant lui fit un grand bond.

L'espoir du retour du grand amiral pendant plusieurs mois, tout en faisant attention de ne pas se faire repérer par les Vongs. Puis la désillusion et la décision de s'installer définitivement sur la planète, le destroyer étant irréparable. Les Vongs disparurent au bout de trois mois, permettant de récupérer le matériel nécessaire et d'enterrer les morts.

Progressivement, en utilisant deux des générateurs du destroyer qui avaient été démontés et amenés sur place, les cavernes furent agrandies et aménagées. Une partie des senseurs furent installées. Confirmant ainsi à l'amiral que les survivants étaient parfaitement conscients de la présence de la frégate, mais avaient décidés de ne pas se faire remarquer.

L'amiral écouta l'histoire sans émettre aucune question, même si beaucoup d'entre elles se bousculaient dans sa tête. L'histoire était à la fois captivante et triste.

La mise en place de la communauté s'appuya sur les règles en vigueur dans la marine impériale. Le gros de l'infirmerie fut démonté et enfouis au plus profond des cavernes afin d'éviter de se faire repérer par des vaisseaux en orbite et ceci qu'elle que soit leurs origines : Vong, Chiss, rebelles ou même impériaux.

En effet, la majorité avait décidé au bout d'un an de se considérer comme indépendant, n'ayant aucun compte à rendre à Coruscant et à l'Empereur qui les avaient oubliés.

Ils furent surpris de l'arrivée de la frégate, se contentant de suivre de loin les investigations. Rapidement, ils comprirent que le vaisseau était là par hasard. Il ne connaissait pas leur existence. Les brides de discussion entendues ainsi que le pillage des réserves du destroyer confirmèrent leurs déductions.

L'arrivée des deux nouveaux vaisseaux six mois plus tard fut une nouvelle surprise. Certains proposèrent même d'attaquer les impériaux pour leur faire payer l'abandon subit, mais ils n'obtinrent pas la majorité. La non-intervention fut à nouveau décidée. Aucun d'entre eux n'avait prévu que vous les chercheriez réellement.

Votre arrivée tout à l'heure et votre entrée quelque peu fracassante, a été le signal de la prise d'armes et notamment des plus jeunes. Heureusement pour vous, que je n'étais pas très loin et que j'ai pu intervenir pour éviter un bain de sang.

Quand le chef eu fini son histoire, de nombreuses heures étaient passées et il était l'heure du repas. Il invita les officiers du détachement ainsi que l'amiral à sa table. Afin que ce dernier puisse lui poser les nombreuses questions que son histoire avait soulevées.

Ce fut sur un ton plus badin que les discussions reprirent autours du repas qui fut une surprise complète pour l'amiral. « Succulent » avait-il complimenté les survivants. Il posa de nombreuses questions sur la planète et leur ressenti à son sujet.

C'est de bonne grâce que les survivants se prêtèrent au jeu des questions – réponses de ceux qu'ils considéraient comme des hôtes. L'amiral réfléchissait à la suite à donner. Le grand amiral lui avait donné toute latitude pour décider le devenir de cette colonie. Il décida d'accepter la visite des cavernes qui venait de lui être proposé avant de prendre une quelconque décision. Il fit un grand sourire à son interlocuteur et accepta avec plaisir la visite.

A l'issue de la visite des zones les plus intéressantes des galeries, qui prit plusieurs heures, le choix de l'amiral était fait. La planète serait une nouvelle planète de l'Empire. Il nommera le commandant Lemeneur comme gouverneur. Cela lui donnera un statut légal et surtout permettra de mettre en place une autorité reconnue. Il proposerait aux survivants la possibilité de rentrer sur leur planète d'origine dans l'Empire, voir dans l'alliance. Cependant, il savait que la totalité était mort pour leur famille et que la majorité avait fait leur deuil, rendant ainsi le retour peu probable. De plus, il était probable que beaucoup soit mort dans la guerre contre les Vongs

Il demanda au chef de bien vouloir discuter seul à seul avec lui. Ce dernier accepta et fit sortir ses compatriotes tandis que le commandant Virgal sortait accompagné des storntroopers. Il aurait bien aimé rester mais l'ordre de son supérieur n'admettait aucune réplique.

La discussion entre les deux chefs dura plus de deux heures. Le chef des survivants était un rude négociateur qui, sans être formellement opposé à l'idée, parlementait sur chaque point de la proposition de l'amiral. Corn regretta même à un instant de ne pas avoir le commandant Virgal de son cotés. Mais le grand amiral avait été très clair : le moins de personnes possible au courant de ces tractations, si elles devaient avoir lieu.

Finalement un début d'accord fut trouvé. Le commandant Lemeneur rencontrerait le grand amiral Pealleon pour en discuter avec lui et signer le traité adhésion à l'Empire.

Il fut aussi invité à venir manger à bord du « Faiseur de Veuve » le soir même avec quatre de ses compagnons.

Pendant ce temps, les membres du service de récupération, aidé par les storntroopers, avaient dégagée une aire d'atterrissage pour les navettes juste devant. Quelques survivants vinrent leur prêter main forte. Beaucoup s'attendaient à rentrer dans les semaines qui venaient.

Quand les deux chefs sortirent, la rumeur d'une annonce se propagea à très grande vitesse dans les galeries. C'est ainsi que sans en avoir donné le moindre ordre, la quasi-totalité des survivants s'était rassemblé à l'entrée des cavernes.

L'amiral laissa le chef parler. Il les informa des propositions faites par l'Empire. Cela provoqua quelques sifflements à plusieurs reprises mais qui ne furent pas suivi par la majorité. La question de ceux qui voulaient rentrer chez eux fut posée. L'amiral confirma qu'ils pourraient rentrer mais qu'ils avaient été déclarés au bout de plusieurs années et que la vie avait continuée. Il leur promit aussi qu'ils pourraient revenir ici, si l'accueil n'était pas celui escompté.

Un silence s'abattit sur la foule puis fut progressivement remplacé par un murmure puis un brouhaha. Chacun discutait avec son voisin pour avoir son point de vue. A plusieurs endroits des groupes s'était formé. Rapidement la majorité confirma la création de la nouvelle planète et de son rattachement à l'Empire.

Après cela, plusieurs jeunes demandèrent la possibilité de visiter la galaxie en commençant par les vaisseaux en orbites. Le chef confirma que les jeunes avaient un niveau de formation correct et que certains pourraient tout à fait intégrer les grandes écoles de l'Empire, si bien sûr ces dernières existaient toujours. L'amiral le rassura sur la survie de ses dernières, dont la majorité avait été relocalisée au fur et à mesure des défaites.

L'amiral compléta son propos en promettant la création rapide d'une station de transmission et d'un spatioport. L'Holonet était déjà dans le système, mais il s'agissait de balises temporaires militaires, le temps que de vraies stations spatiales ne soient construites.

Finalement le traité final fut terminé en orbite avec le commandant Lemeneur au bout de trois jours. Le grand amiral confirma qu'il voulait voir le futur gouverneur en personne et qu'il ne souhaitait pas parler des négociations sur le canal Holonet. Un entretien fut programmé la semaine suivante afin de laisser le temps pour prévoir les besoins et les plans de construction de la nouvelle capitale de la planète. Il laissa aussi au commandant Lemeneur la possibilité de nommer la planète.

Pendant ce temps, les survivants discutaient entre eux. La plupart étaient content de quitter les cavernes et pouvoir vivre à la surface librement sans peur des Vongs comme les appelaient les impériaux. Certains avaient décidé de rester dans les cavernes qu'ils avaient appris à apprécier voir à aimer.

Seul un petit groupe avait commencé à rassembler leurs affaires personnelles en vu de rentrer dans l'espace connu. Le gouverneur Lemeneur leur avait communiqué la date du départ vers Bastion.

Les relevés faits par la flotte permirent de choisir un emplacement pour le futur spatioport et la nouvelle capitale. C'était assez éloigné des cavernes, mais cela ne poserait pas de problèmes. Des vaisseaux de transport avaient été réquisitionnés pour faire les allers-retours ainsi que les constructions.

La veille de l'entretien avec le grand amiral, le gouverneur avec le groupe qui voulait rentrer, montèrent à bord du « Victoire de Borosk » qui quitta le système pour se diriger vers Bastion.

L'amiral et le capitaine les invitèrent sur l plateforme d'observation à la fin du voyage et voir Bastion depuis l'espace. Le destroyer revint dans l'espace normal et manœuvra afin de s'insérer dans le trafic. Depuis la dernière fois, le nombre de vaisseaux avait doublé. Le Chimaera était là, un peu à l'écart de la planète. Le destroyer se dirigea vers lui.

Comme la dernière fois, le grand amiral en personne les attendait dans la baie d'arrimage. Dans un premier temps, le grand amiral s'entretient seul à seul avec le gouverneur. La discussion dura plusieurs heures. Corn en profita pour faire un tour à bord avec son escorte. Il put saluer de nombreuses connaissances qui avaient survécu à la bataille de Bastion.

Après le repas, le grand amiral et l'amiral discutèrent pendant quelques instants sur la suite des opérations. L'amiral souhaitait pouvoir continuer les investigations sur l'escadre. Le grand amiral préférait consolider la position et de ne pas trop étendre la flotte. Il décida de créer une nouvelle flotte, chargée de la protection du nouveau système. Il en remit le commandement à l'amiral Corn avec l'autorisation de continuer les recherches une fois que les défenses de la planète opérationnelles.

Pendant ce temps, le groupe de survivant avait débarqué sur Bastion et avait été pris en charge par l'administration militaire qui essaya de retrouver les proches encore vivant. Au bout de trois jours, seul quatre personnes avaient encore de la famille en vie dans l'espace impérial. Cinq n'avaient plus rien et le reste venait de planète faisant partie de la nouvelle république et la demande de renseignement leur avait été transmis mais sans espoir de réponse rapide. La totalité de leurs archives se trouvait sur Coruscant et avait été détruit lors de l'invasion des Vongs.

Les cinq demandèrent de rentrer sur la planète qui fut leur foyer pendant plus de 20 ans et furent transférés sur le « Victoire de Borosk » qui attendait toujours en orbite que les vaisseaux civil qui devait rallier la planète soient prêts.