Cette fic est écrite dans le cadre de la 108ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Décharger". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous !


Note : Je vais être honnête : Je n'ai rien relu. Cette idée me trottait dans la tête depuis longtemps, le thème était parfait pour ça, mais je manque cruellement de temps et je suis déjà en train d'empiéter largement sur ma pause pour pouvoir poster ce texte dans les temps. Je repasserai corriger plus tard s'il y a de grosses aberrations, j'espère qu'il vous plaira quand même en attendant !


Chat Noir sauta sur le toit de l'immeuble et atterrit souplement. Ladybug était déjà là, debout face à lui. L'obscurité de la nuit l'empêchait de la voir distinctement, mais il reconnaissait trop bien sa silhouette.

- Salutations, ma Lady ! lança-t-il en esquissant une révérence.

Ladybug parut surprise de cette entrée, mais elle finit par soupirer en secouant la tête :

- Je finissais par me dire que tu te serais défilé, Chaton.

- Ce n'est pas le genre de la maison, répondit-il. Mais tu ne veux pas plutôt en discuter calmement ? Qu'est-ce qui t'as énervée à ce point ?

- Beaucoup trop de choses pour que tu aies envie d'écouter tout ça. Pourquoi, tu ne veux pas te battre ? Tu es plus doué pour fanfaronner ?

- J'aurais peur de te faire mal, nota Chat Noir, son ton ironique laissant comprendre qu'il la narguait.

- Ne t'inquiète pas, souffla Ladybug entre ses dents, il faut encore que tu arrives à me toucher.

Sur ces mots, elle s'élança vers lui en courant et Chat Noir esquiva le poing serré lancé à pleine vitesse dans sa direction.


(Un mois plus tôt)

- Pardon, mademoiselle Bustier, murmura Marinette en baissant les yeux. Tout est de ma faute. C'était ma colère qui a provoqué l'attaque du Papillon. Ce n'est pas juste que vous ayez été akumatisée en Zombizou à ma place.

- Ne t'inquiète pas, Marinette, souffla doucement sa professeure. Tu n'as pas à avoir honte de ta colère, tu sais ? C'est un sentiment naturel.

- Mais c'est dangereux. Quand on cède à notre colère, on devient une proie de choix pour le Papillon. On ne peut pas se le permettre.

- Retenir sa colère est tout aussi dangereux. Les psychologues appellent cet effet « La collection de timbres ». Il est normal de subir au quotidien des altercations ou des événements qui nous énervent. Mais se retenir de le dire, se retenir de dire qu'on est en colère parce qu'on veut faire bonne figure, à long terme c'est destructeur. Tu vas accumuler toutes ces petites frustrations et, le jour où elles exploseront, c'est là que tu risques de pouvoir attirer le Papillon. Et son attaque sera proportionnelle à toute cette colère que tu auras tenté d'ensevelir en toi pendant trop longtemps. Tu dois apprendre à décharger, à mettre des mots sur ce que tu ressens et à les laisser sortir. Tu ne les retiendras pas éternellement de toute façon.

Marinette réfléchit quelques secondes avant de secouer la tête de droite à gauche.

- Ces petites frustrations dont vous parlez ne valent pas la peine que l'on s'énerve à cause d'elles. Je suis beaucoup plus douée pour prendre sur moi, accepter la situation et pardonner aux gens en face de moi.

- Fais tout de même attention à toi, Marinette. Tout le monde a besoin de décharger un jour.


Chat Noir avait riposté en se servant de sa barre de métal pour se projeter vers Ladybug, mais celle-ci enroula son yoyo autour de son bras et, d'un geste du bras, le jeta un peu plus loin sur le toit. Il roula quelques secondes avant de se redresser et de repartir à la charge. Le yoyo tournoyant à grande vitesse bloqua les coups de poings qu'il tentait de lui asséner, mais elle ne vit pas la barre de fer qu'il avait saisie pour la faire passer sous son bouclier et faucher ses jambes par derrière. Ladybug partit en arrière en laissant échapper un cri de frustration, et tomba assise sur le sol pendant que Chat Noir s'accroupissait devant elle pour lui saisir les poignets et l'empêcher de bouger.

- Jeu, set et match, ma Lady.

Aussi près d'elle, il parvenait à deviner son regard encore tremblant de douleur, de colère et de frustration et son ton était tout aussi rancunier quand elle répondit :

- Dans tes rêves, Chaton !

D'un geste, elle prit appui sur les mains de Chat Noir qui la retenaient pour sauter et lancer ses deux jambes contre le torse de son partenaire qui la lâcha sous la surprise.


(12 heures plus tôt)

Marinette courrait à perdre haleine dans les rues de Paris. Elle n'était pas en avance mais, contrairement à certaines fois, elle avait encore une minuscule chance d'arriver à l'heure et d'éviter un avertissement si elle se dépêchait. Elle arriva dans la rue de son collège, à cinquante mètres de la porte d'entrée, quand elle entendit la cloche sonner. Mais elle fut stoppée net par un ouvrier. Toute la rue était en travaux, des rubans barraient l'accès au trottoir, et la totalité de la chaussée était déformée par le tractopelle qui enlevait les pavés.

- Désolé, mademoiselle, on ne passe pas par là. Vous devez faire le tour pour accéder au collège par l'autre côté de la rue.

- Mais ça prend quinze minutes de faire tout le tour ! protesta-t-elle.

- Je suis désolé, c'est comme ça, c'est trop dangereux pour laisser des piétons passer. Toutes nos excuses.

Marinette eut envie de crier de désespoir pendant qu'elle apercevait le portail du collège que Monsieur Damoclès était en train de refermer. Mais elle était forcée de reconnaître que l'ouvrier face à elle n'y était personnellement pour rien.

- C'est pas de votre faute, souffla-t-elle en se forçant à esquisser un sourire. Bon courage.

Sans attendre sa réponse, elle repartit en courant dans la direction opposée pour tenter d'arriver en cours avant la fin de la première demi-heure.


- Je maintiens que l'on pourrait discuter tranquillement de tout ça autour d'un bol de lait, affirma Chat Noir en sautant pour esquiver le yoyo de Ladybug lancé vers lui.

- J'en ai assez de discuter tranquillement ! lança Ladybug en tremblant de colère. Ça ne te fait jamais ça, toi ? Tu n'as jamais envie d'arrêter de retenir ta colère, d'arrêter d'être gentil et de laisser sortir tout ce que tu as sur le cœur ?

- Quand ça m'arrive, je me fais les griffes sur le canapé ou je renverse une plante, ça va beaucoup mieux après. Tu devrais essayer, je te jure !

- J'ai d'autres méthodes, et si tu n'y vois pas d'inconvénients, je les trouve sacrément plus défoulantes !

Ladybug se jeta à toute allure vers lui et, alors que Chat Noir armait ses bras pour parer l'attaque, sa partenaire sauta subitement derrière lui et lui bloqua les bras, l'immobilisant contre son propre torse.

- Jeu, set et match, Chaton.


(8 heures plus tôt)

- Eh, Marinette ! appela Alya en désignant la chaise qu'elle lui avait réservée à côté d'elle dans la cantine.

Marinette lui répondit par un sourire et se dirigea vers elle. Soudain, son pied glissa subitement et, avant d'avoir pu retrouver son équilibre, elle s'étala sur le sol pendant que son plateau-repas se fracassait par terre dans un vacarme assourdissant. La plupart des élèves présents dans la cantine rigolèrent ou applaudirent et Marinette resta étalée sur le sol pendant une seconde, les yeux fermés, en priant pour que le moment où elle serait obligée de se redresser et d'affronter leur regard n'arrive jamais.

- Tu feras attention, ça glisse, lança la voix de Chloé à côté d'elle.

Elle se força à relever la tête pour voir celle-ci refermer une bouteille d'eau au-dessus de la flaque qui l'avait faite glisser. Avant qu'elle n'ait trouvé quelque chose à répondre, Adrien se précipita à côté d'elle.

- Ça va ? Tu t'es fait mal ?

Elle hésitait entre pleurer ou balancer à Chloé tout ce qu'elle avait sur le cœur, et seuls la présence et le regard inquiet d'Adrien la convainquirent de laisser son ennemie s'éloigner en sifflotant gaiement. Plusieurs employés de la cantine les rejoignaient avec des balais et des serpillières et elle se força à se redresser difficilement.

- Ça va aller, murmura-t-elle à Adrien. Je suis désolée, je suis tellement cruche…

- C'est pas de ta faute.

Marinette saisit avec résignation le balai pour aider le personnel à nettoyer le sol et Adrien reprit :

- Tu sais quoi ? Je vais te chercher un autre plateau pendant que tu nettoies tout ça, tu pourras manger tout de suite après. Tu avais pris quoi en dessert ?

Elle était toujours épuisée, désespérée et folle de rage envers Chloé. Mais la proposition d'Adrien lui fit esquisser un sourire devant autant de gentillesse, et elle se força à étouffer sa colère pour lui répondre et le remercier.


D'un geste brusque, Chat Noir parvint à se dégager et refit face à Ladybug. Celle-ci revint en courant vers lui en armant son poing, mais Chat Noir le bloqua avec sa barre en fer. Il s'inquiéta une seconde de lui avoir fait mal à la main, mais Ladybug recommença et il eut la confirmation que ses coups de poings enchaînés dans sa barre qui les bloquaient la défoulait plus qu'autre chose. Il continua à parer pendant quelques minutes, et il sentait que Ladybug commençait à fatiguer. Ses coups étaient moins rapides, moins hargneux, sa respiration plus lente et bruyante.

- C'est tout ce que tu sais faire, esquiver ? demanda-t-elle en reprenant sa respiration.

- Non, on peut jouer à chat si tu préfères ! lança-t-il en s'élançant pour sauter sur le toit d'à côté.

Ladybug n'hésita qu'une seule seconde avant de se lancer à sa poursuite.


(3 heures plus tôt)

Marinette franchit la porte de la boulangerie en laissant échapper un long soupir de soulagement. L'avantage de cette journée pourrie était qu'elle était finie. Elle rêvait de s'étaler sur son lit et de discuter avec Tikki, mais, avant d'avoir fait un pas vers sa chambre, son père se planta devant elle.

- Marinette ! Peut-on avoir une explication sur ton retard en cours ce matin ?

- Il y avait des travaux, j'ai dû faire un détour…

- Parce que tu t'y prends toujours au dernier moment ! Si tu daignais te lever à l'heure, tu aurais eu le temps de faire ce tour sans pour autant arriver en retard ! Tu cherches vraiment à ce qu'on sévisse ? Et nous avons reçu ton bulletin de notes, tu as une explication au 0 en français ?

Marinette soupira de désespoir. Cette note était celle d'une interro surprise qui avait eu lieu pendant une attaque akuma, alors que Chat Noir et elle tentaient tant bien que mal de stopper le super-vilain.

- J'avais pas eu le temps de réviser…

- Eh bien tu vas en avoir du temps désormais ! Tu te mets à cette table et tu fais tous tes devoirs ! Je ne veux pas te voir monter dans ta chambre avant le dîner !

Elle aurait eu envie d'exploser de fatigue et de désespoir, de hurler, de pleurer, de taper, de faire n'importe quoi qui aurait pu la soulager un minimum et convaincre son père de changer d'avis. Mais elle savait qu'il serait intransigeant, et elle ne pouvait pas lui en vouloir de lui reprocher ses absences lorsqu'elle devait devenir Ladybug. Sans un mot, elle se traîna à la chaise désignée par son père et se laissa tomber dessus en enfouissant tous les sentiments qui se bousculaient en elle et qui lui donnaient envie de hurler.


Chat Noir avait arrêté de compter les toits sur lesquels il courrait et sautait. Il distinguait toujours Ladybug qui le suivait presque à la même vitesse, mais il entendait plus distinctement sa respiration essoufflée. Ses sauts également étaient moins énergiques, plus lents, moins hauts. Chat Noir atterrit sur le bord d'un toit mais, au lieu de s'élancer à nouveau, il s'arrêta et fit volte-face pour voir Ladybug qui arrivait vers lui. Mais elle ne semblait pas s'être attendue à ce qu'il s'arrête et, emportée par son élan, elle le bouscula et le fit tomber dans le vide. Chat Noir déplia sa barre de métal entre deux immeubles pour se rattraper, mais sa main glissa et il chuta.

- NON !

Ladybug avait plongé derrière lui tout en envoyant son yoyo s'enrouler autour du réverbère le plus proche. Elle rattrapa rapidement Chat Noir et l'enlaça pendant que le yoyo freinait leur chute et leur permettait de retomber souplement sur le sol.

- Je suis désolée ! s'écria Ladybug. Je voulais pas te bousculer, je voulais pas te faire mal !

- C'est pas grave, ma Lady, assura doucement Chat Noir. Je serais retombé sur mes pattes de toute façon. Ça va mieux ?

Elle était toujours essoufflée. La tension dans son corps semblait s'être relâchée et son regard était aussi apaisé qu'épuisé.

- Beaucoup mieux, approuva-t-elle.


(Un mois plus tôt)

- Tu as entendu parler de ce que Mademoiselle Bustier a dit à Marinette ? demanda Ladybug. Cette histoire de collection de timbres ?

- Oui, approuva Chat Noir. Elle a raison, dans un sens. Étouffer sa colère, ça peut être dangereux. Pourquoi ?

- Je me demandais… Pourquoi ça ne nous arrive pas, à nous ? Pourquoi aucun de nous deux n'a jamais ressenti cette explosion de colère ? Des frustrations, j'en ai dans ma vie de tous les jours… Comment ça se fait qu'elles ne m'envahissent pas, qu'elles disparaissent ?

Chat Noir avait levé les yeux en réfléchissant, ses doigts posés sur son menton, et finit par répondre :

- Je suppose que c'est parce qu'on décharge en se battant. Quand on combat, ça nous épuise, ça nous fait faire du sport qui libère de la dopamine et nous fait nous sentir mieux… C'est ça qui nous permet d'extérioriser. Ça ne t'est jamais arrivé, de combattre un super-vilain et, pour retrouver un peu d'énergie, de t'imaginer être en face de la personne qui t'a énervée une heure avant ?

- Si, c'est vrai, avoua Ladybug. Tu dois avoir raison. Donc t'es en train de dire que si un jour, il y a une accalmie du Papillon, on aura quand même besoin de se battre pour décharger tout ce qu'on accumule au quotidien ?

- Ça peut être une bonne idée, admit Chaton. Et puis, aucun de nous deux n'est à l'abri d'une akumatisation. Ça ne nous fera pas de mal de nous entraîner à nous battre l'un contre l'autre. Pour le jour où on ne fera plus semblant. Ça te dirait ? Que le jour où l'un d'entre nous aura besoin de décharger, on se retrouve et on s'affronte pour se défouler ?

- L'idée me tente bien, approuva-t-elle. Je suppose qu'on se connaît suffisamment pour ne pas se faire mal.


Ladybug et Chat Noir avaient rapidement sauté à nouveau sur le toit et s'étaient allongés dessus pour regarder les étoiles au-dessus de leurs têtes.

- En fait, c'est cool d'avoir du temps après un combat, nota Chat Noir. De ne pas être obligé de filer parce qu'on va se détransformer.

- Oui, admit Ladybug. Et c'était la meilleure idée que tu aies jamais eue. Ça fait un bien fou.

- Tant mieux. A charge de revanche, lança Chat Noir avec un clin d'œil.


(Une heure plus tôt)

Le père de Marinette l'avait empêchée de monter dans sa chambre avant qu'il ne soit l'heure qu'elle se couche. Mais elle était trop énervée, trop épuisée, trop en colère contre la terre entière pour parvenir à dormir. Et trop terrifiée parce qu'elle savait que tous ces sentiments faisaient d'elle une cible de choix pour le Papillon.

- Tikki, transforme-moi !

Une fois transformée en Ladybug, elle saisit son yoyo et appela rapidement Chat Noir.

- Bien le bonjour, Lady de mon cœur ! Que puis-je fais pour toi ?

- Tu te souviens, tu avais parlé qu'on se batte l'un contre l'autre quand aurait besoin de décharger ? Ça t'intéresse ? Là, maintenant ?

- Avec plaisir !


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