Cette fic est écrite dans le cadre de la 113ème nuit écriture du Forum francophone pour le thème "Doudou". Le forum est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où on peut discuter, demander de ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous!
Note de l'auteur : Je n'ai pas le temps de vérifier si l'éditeur FFnet ne m'a pas dégagé plusieurs mots en cours de texte, je vous laisse crier si quelque chose n'est pas clair. L'histoire de Chloé est le truc qui m'a le plus retourné le coeur dans le fandom et je suis contente que Milou ait balancé le thème parfait pour en parler. ENJOY !
Chloé ne se souvenait plus du jour où on lui avait offert Doudou Malin. Il lui semblait que c'était son père qui le lui avait acheté – est-ce qu'elle s'en souvenait vraiment, ou est-ce qu'elle était juste arrivée à la conclusion que sa mère n'aurait jamais eu un tel acte d'attention ? Peu importe. Elle était folle de joie de l'avoir auprès d'elle, mais c'était la première fois que sa mère était partie qu'elle avait vraiment apprécié de l'avoir. Elle était partie en lui tournant le dos, sans un regard. Ni un au revoir, encore moins un bisou. Doudou Malin, lui, il était resté avec elle, écrasé dans sa main qui luttait pour ne pas trembler pendant que sa mère s'éloignait. Puis, quand elle avait eu la certitude qu'elle était partie et qu'elle ne reviendrait pas lui faire ce câlin qu'elle aurait espéré, elle avait serré son doudou contre elle. Et elle ne l'avait plus lâché. La nuit, quand elle avait peur d'une tempête ou qu'elle faisait un cauchemar, il était là. La journée, quand elle manquait trop cruellement d'amis avec qui jouer, il était là. A tout moment, quand l'absence de sa mère ou le métier de son père rendaient la solitude trop dévorante, il était encore là, à lui faire tous les câlins dont elle avait besoin.
Bien sûr, au fil du temps, elle avait grandi. Elle était entrée à l'école, et elle avait rencontré Sabrina. D'autres amis aussi. Mais principalement Sabrina. Et à son tour, elle avait été là. Elle avait été avec elle quand sa mère était revenue plusieurs jours chez elle mais sans lui accorder un seul regard. Elle avait été avec elle pendant les trop longs week-ends pluvieux, et elles avaient joué ensemble. Avec Doudou Malin. Sabrina amenait également son Choutigrou, et elles passaient des heures à s'amuser avec les deux peluches. Puis avec d'autres jouets, pendant que leurs doudous restaient sur leur lit à les observer.
Elle avait encore grandi, et son père l'avait conduite dans une grande maison qu'elle ne connaissait pas. Il lui avait rapidement expliqué qu'il ne pourrait pas s'occuper d'elle pendant plusieurs jours mais qu'il l'emmenait chez des gens qui avaient un enfant et qui acceptaient de la garder. Elle ne jouait presque plus avec Doudou Malin, mais il était toujours présent au coin de son lit quand elle avait peur ou qu'elle était seule. Et, pour affronter cette voiture qui l'emmenait vers un lieu inconnu, chez des gens inconnus, elle l'avait pris avec elle. Elle était arrivée dans cette grande maison et avait rencontré Adrien. Adrien, il avait son âge, une chambre immense mais qui peinait à contenir tous les jouets qui s'y trouvaient. Mais pas d'amis. Elle avait rapidement compris qu'il n'allait pas à l'école et qu'il avait des cours dans son salon. Elle avait trouvé ça triste – elle-même aimait son Doudou Malin, mais elle préférait quand même Sabrina. A vrai dire, elle commençait à se dire que sa vie aurait été drôlement triste si elle avait juste gardé son doudou comme ami. Mais Adrien n'avait pas de Sabrina, pas d'école, pas d'amis, alors elle lui avait demandé ce qu'il avait comme doudou. Tout bien réfléchi, la réponse d'Adrien était probablement le premier souvenir clair qu'elle avait de sa petite enfance : « C'est quoi un doudou ? »
Sa question l'avait tellement sidérée qu'elle n'avait pas su quoi répondre. A la place, elle lui avait montré Doudou Malin. Pour lui expliquer qui c'était et pourquoi il était toujours là pour elle. Adrien l'avait adoré et ils avaient passé des heures à jouer avec lui. Chloé avait dû repartir, bien sûr, mais la maman d'Adrien avait tellement raconté à son papa à elle que tout s'était très bien passé et qu'ils avaient beaucoup joué ensemble qu'ils avaient fini par convenir que Chloé reviendrait. Depuis, tous les week-ends, elle revenait chez Adrien qui l'attendait avec impatience au pied de leur escalier. Et, tous les week-ends, ils jouaient tous les trois – lui, elle, et Doudou Malin.
Chloé avait encore plus grandi et compris encore plus de choses. Qu'Adrien était toujours enfermé chez lui ou dans une voiture conduite par un gorille qui ne parlait pas beaucoup et qu'il l'attendait parce qu'elle était la seule amie qu'il avait. Qu'il avait plein d'activités, plein de professeurs, plein de choses à apprendre, plein de jouets. Mais pas de distraction, pas d'adulte à qui parler ou se confier, pas de passion, pas d'amis avec qui jouer. Et pas de doudou. Souvent, quand elle était dans son lit la nuit ou qu'elle se faisait mal en trébuchant, elle se posait cette question : Comment Adrien faisait-il pour se rassurer quand il avait peur de la tempête ? Qui le consolait quand il se faisait mal ?
A la tempête suivante, elle avait eu envie de prendre Doudou Malin pour se rassurer. Mais elle avait été grande. Elle ne l'avait pas touché, elle avait pensé très fort à Sabrina en imaginant qu'elle était à côté d'elle, et elle avait pu se rendormir comme ça. Ça n'avait pas été facile, mais elle l'avait fait, et elle avait eu l'assurance qu'elle en était capable. Alors, quand elle était revenue chez Adrien, elle avait amené Doudou Malin, comme d'habitude. Adrien avait été fou de joie de le voir et de jouer avec eux deux, comme d'habitude. Mais, quand son père était revenu la chercher, avant de descendre, Chloé avait tendu Doudou Malin à Adrien.
- Garde-le, avait-elle juste soufflé pour ne pas montrer à quel point c'était quand même difficile.
- Mais… Mais c'est le tien… C'est ton ami… avait protesté Adrien.
A la réflexion, cette phrase avait juste été la meilleure chose qu'il aurait pu dire pour convaincre Chloé qu'elle prenait la bonne décision.
- Des amis j'en ai dans mon école. J'ai même des photos d'eux à regarder quand j'ai peur du noir ou que je me fais mal. Lui, ce n'est qu'un doudou. Garde-le, je te dis. Tu en as plus besoin que moi.
Adrien avait gardé Doudou Malin. Chloé continuait à venir jouer chez lui et, en voyant son doudou dans le lit d'Adrien, à côté de son oreiller, parfois encore déformé de la dernière fois qu'Adrien l'avait serré contre lui, elle se convainquait qu'elle avait eu raison. Qu'Adrien avait besoin d'un ami et d'un doudou comme lui plus que n'importe qui d'autre. Adrien l'avait gardé et, au fil des nuits, il s'était demandé chaque fois un peu plus comment il avait pu faire avant. Il dormait en serrant Doudou Malin contre lui et cela lui donnait un peu l'impression que Chloé aussi était avec lui, qu'elle le consolait quand il était trop triste et qu'elle dormait à côté de lui quand il était trop seul.
Adrien avait grandi. Il avait obtenu l'autorisation d'aller au collège. Il avait retrouvé Chloé tous les jours, il avait rencontré Nino, Marinette, Alya et tous les autres. Pendant les nuits de tempête, Doudou Malin n'était jamais loin, mais c'était surtout le souvenir de leurs visages à tous qui le rassuraient et qui l'aidaient à s'endormir. Alors, quand Chloé était revenue chez lui, il le lui avait rendu.
- Il a toujours été à toi, avait expliqué Adrien. Tu ne me feras pas croire que tu n'y tiens pas un peu quand même. C'était la chose la plus gentille que personne n'ait jamais faite pour moi et je t'en serais reconnaissant pendant longtemps, je te jure. Mais… Maintenant que je vais au collège, que je vois tout le monde tous les jours… Je comprends ce que tu voulais dire en disant que ce n'était qu'un doudou. Merci Chloé. Il m'a beaucoup plus aidé que tu ne pourrais l'imaginer.
Chloé lui avait sauté au cou en répétant à quel point il était le garçon le plus adorable sur terre. Elle était repartie avec Doudou Malin en lui promettant qu'elle le ramènerait à chaque fois qu'il le lui demanderait. Bien sûr, elle était revenue moins souvent, elle aussi avait grandi et n'avait plus besoin d'être gardée par la famille d'Adrien. Lui, il continuait de penser qu'il n'avait plus besoin de doudou, qu'il avait grandi et que Marinette, Nino et Alya l'avaient remplacé. Pourtant, la nuit, quand il dormait trop profondément pour être réveillé par la tempête mais que le bruit le faisait s'agiter quand même, sa main continuait à chercher un doudou. Elle se refermait sur la boule de poils qui n'était jamais loin de lui et, pendant qu'il le serrait contre lui de toutes ses forces, il replongeait dans un sommeil apaisé.
Tikki avait successivement été attristée puis attendrie par l'histoire que Plagg venait d'achever de raconter, mais celui-ci ne lui laissa pas le temps de réagir.
- Tu comprends, maintenant, pourquoi j'ai besoin de toi Sucrette ?! Je te jure, j'aime mon porteur, jamais avant un porteur ne m'avait donné un tel accès à du camembert en illimité… Mais il m'étouffe ! Tous les soirs, au moindre petit souffle de vent, il m'attrape et me serre contre lui jusqu'à me broyer trois côtes ! Et je te parle même pas de ses ronflements et de ses filets de bave qui me tombent dessus ! Et penses-tu qu'il se réveillerait quand je lui hurle de me laisser tranquille ? Même pas ! C'est pour ça que j'ai besoin de toi et de ton pouvoir de création ! Un chien, un chat noir en peluche, un bout de chiffon même, n'importe quoi, mais s'il te plaît, créé lui quelque chose qu'il pourra se mettre sous la main au lieu de séquestrer son innocent kwami qui n'a rien demandé !
Vous pensiez tout de même pas que j'allais écrire un truc chou-mignon sans troller au passage ? :D
J'espère que ça vous a plu ! N'oubliez pas que seules les reviews permettent de savoir ce que vous en avez pensé !
