Cette fic est écrite dans le cadre de la 116ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Attacher". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous !
Note de l'auteur : Bien que, une fois n'est pas coutume, Milou n'ait pas beaucoup de responsabilité dans cette idée, c'est quand même son texte du même titre qui m'a provoqué le déclic pour trouver quelque chose à écrire sur ce thème et je lui ai honteusement piqué le titre, faute d'autre idée. Donc si vous aimez mon texte, n'hésitez pas à aller lire celui de Milou "Attache-moi", sur le fandom Kingdom Hearts, qui est bien sympa à lire, même quand on ne connait pas le fandom plus que ça. Il est dans mes favoris, faites un tour !
Ladybug atterrit sur le toit où Chat Noir lui avait donné rendez-vous et scruta les alentours. Une silhouette noire se détacha d'une cheminée et la rejoignit.
- Bien le bonsoir, ma Lady.
Chat Noir esquissa une révérence et, malgré son air assuré, Ladybug sentit que quelque chose le tracassait.
- Salut Chaton. Je n'ai pas eu le temps de te demander comment tu allais, tout à l'heure, nota Ladybug. Après le combat contre Antibug. Je suis désolée d'avoir mis autant de temps à revenir.
- Tu es revenue à temps.
- A temps ? s'exclama Ladybug. Elle t'avait attaché à ta barre de fer et suspendu dans le vide.
- Tu m'as détaché, donc tu es arrivée à temps. Mais… C'est effectivement pour ça que je voulais te parler.
Ladybug s'assit à côté de lui contre la cheminée avant qu'il ne reprenne :
- Je sais qu'on n'est pas censés savoir grand-chose l'un sur l'autre mais… Enfin, je suppose que ça n'ira pas mettre mon identité en danger. Je… Je suis claustrophobe. Je sais très bien d'où ça me vient, mais je suis incapable de lutter contre, j'ai une peur panique d'être enfermé. Et quand je combattais Antibug… J'ai réalisé que c'était aussi valable pour le fait d'être attaché. Elle avait juste réussi à me bloquer les mains et… J'ai paniqué. J'aurais pu me détacher si j'avais gardé mon sang-froid, mais j'ai paniqué et ça lui a permis de me bloquer les jambes aussi et de m'attacher à ma barre.
- Ça ne serait pas arrivé si j'avais été là, confirma Ladybug. Excuse-moi.
- Tu ne seras pas toujours là. Mais… J'aurais un service à te demander. Je voudrais… Je voudrais que tu m'attaches. En tout bien tout honneur, bien sûr !
- Quoi ?
- Que tu m'attaches. Les attaques de Papillon deviennent de plus en plus puissantes. Tôt ou tard, je suppose qu'on y sera confrontés à nouveau. Alors… Est-ce que ça te dirait qu'on s'entraîne ensemble ? Qu'on s'attache mutuellement pour s'entraîner à se détacher seuls et réagir si on y est confrontés en combat ?
Ladybug avait d'abord été surprise par sa demande. Mais devant ses explications, elle était forcée de constater que ça pouvait être une bonne idée. Qu'aucun entraînement ne serait de trop face à la violence des attaques et que s'y préparer en compagnie de Chat Noir serait probablement l'une des choses les plus rassurantes.
- Ça me dirait bien !
- Tu n'as pas eu trop de mal avec la mairie de Paris ? s'étonna Ladybug.
- C'est passé tout seul ! confirma Chat Noir. Les protecteurs de Paris qui ne demandent comme salaire rien d'autre qu'à disposer d'un gymnase municipal deux heures par semaine, c'était du gâteau ! Tu as pu trouver des cordes ?
- Oui, je suis passée en acheter dans un magasin de bricolage. Et toi, tu as quoi dans ce sac ?
- Des menottes.
- Quoi, de vraies menottes ? s'étonna Ladybug en tentant de regarder dans le sac.
- Des vraies. Je connais une fille dont la meilleure amie a un père policier, elle a pu me récupérer de vieux modèles qu'il n'utilise plus mais qui sont toujours en état.
- Elle ne s'est pas demandé à quoi ça allait te servir ?
- Si, je lui ai répondu qu'elle préférait ne même pas l'imaginer ! répondit Chat Noir avec un sourire très fier de lui.
Ladybug laissa échapper un rire désabusé et ils atteignirent le centre de la salle de sport.
- Tu veux commencer par quoi ?
- Attache-moi, ma Lady, lança Chat Noir d'un ton sensuel. Aie ! cria-t-il quand le yoyo tomba sèchement sur son crâne.
- Et sérieusement ?
- Hmm… Essaie juste de m'attacher les mains ? Ce sera un bon début.
Ladybug s'exécuta et joignit les mains de son partenaire devant lui avant d'enrouler une corde autour. Chat Noir perdit presque instantanément son air assuré mais Ladybug souffla :
- Reste calme. Il est facile à défaire.
Chat Noir tenta de tirer sur les liens vainement et elle l'arrêta :
- Non. Ne tire pas dessus, jamais. Au mieux tu resserreras encore plus le nœud.
Elle sortit de son sac une bobine de fil à coudre, en coupa un morceau, l'enroula dans un nœud similaire et se plaça à côté de lui.
- C'est comme quand tu couds et que ton fil s'enroule. Si tu tires, tu n'arriveras à rien. Tu dois observer le nœud pour comprendre comment il est fait. Quel bout de fil passe où et va où. Et une fois que tu auras ça – elle tira à un endroit précis de la boucle qui se défit instantanément – tu sauras où faire pression pour relâcher le nœud.
Chat Noir avait observé sa manœuvre sur le fil et ramena ses mains au niveau de sa bouche. Il coinça la corde au même endroit entre ses dents et, presque aussitôt, la corde tomba à ses pieds, détachée. Il acquiesça d'un hochement de tête et Ladybug sourit :
- Tu apprends vite. On réessaie ?
Chat Noir sauta et retomba sur le sol du gymnase avant de lever les yeux en haut des barres d'étirements. Malgré ses poignets menottés à la barre la plus haute, au-dessus de sa tête, et son corps pendant dans le vide, Ladybug avait gardé un air assuré. Plus les séances avaient continué et plus ils s'étaient mis d'accord sur les précautions à prendre pour pouvoir monter le niveau sans qu'ils ne se blessent l'un l'autre. Il savait qu'elle l'aurait arrêté s'il y avait eu le moindre risque qu'il lui fasse mal. Qu'elle ne l'avait pas fait donc qu'elle gérait la situation et voulait au moins essayer de se détacher seule. Pourtant, il ne put retenir une grimace en voyant ses poignets retenus par les anneaux de métal et ses épaules supporter seules la charge de son corps suspendu dans le vide. Avant de n'avoir pu lui demander si elle était sûre de vouloir essayer, elle se balança et ses pieds atteignirent une autre barre d'étirement, lui permettant de se stabiliser et de ne plus faire peser de pression sur ses épaules. De barre en barre, ses pieds remontèrent jusqu'à ce que son corps prenne suffisamment de hauteur pour que sa tête atteigne la hauteur de ses mains. Ses doigts se tordirent pour attraper une épingle dans ses cheveux et, précautionneusement, elle la fit glisser entre chacun de ses doigts avant de réussir à la positionner dans la serrure des menottes. Encore un instant plus tard, elle sauta sur le sol d'un air assuré et esquissa une révérence devant Chat Noir.
- Tu es impressionnante, ma Lady. Décidément, tu arrives toujours à te détacher.
- J'ai un bon partenaire qui me force à repousser mes limites, sourit-elle.
- Même pas peur ! lança Chat Noir quand Ladybug s'éloigna de la chaise sur laquelle elle l'avait ligoté.
Elle le contourna pour voir ses doigts jouer avec habilité parmi les cordes qui le retenaient à la chaise. Ses poignets n'étaient attachés qu'avec un nœud simple dont il parvint rapidement à se défaire. Mais son torse était encore ficelé au dossier, et ses chevilles aux pieds de la chaise. Ses coudes se replièrent pour lui permettre d'attraper les nœuds au niveau du dossier. Il mit une minute à jouer avec mais finit par réussir à les détendre suffisamment pour que ses bras se dégagent. Il acheva d'enlever les cordes à ses chevilles et se redressa devant Ladybug qui applaudit lentement avec un sourire.
- Toutes mes félicitations. Tu n'as plus peur du tout ?
- Hmm, non. Disons que je me suis habitué à le faire en sécurité et que… Enfin, j'ai compris que c'était moins impressionnant que ça en avait l'air. A ton tour ?
Chat Noir s'élança de toit en toit à la poursuite du super-vilain. Une heure plus tôt, celui-ci avait saccagé le 14e arrondissement alors que lui-même était coincé en cours d'escrime sans possibilité de remarquer l'attaque. Est-ce que Ladybug avait pu intervenir avant lui ? Où était-elle ? Il avait entendu Nadya Chamack rapporter que Ladybug l'avait combattu quelques dizaines de minutes plus tôt. Pourquoi le super-vilain était-il encore là ? Est-ce qu'elle avait échoué ? Il continua à suivre le vilain jusqu'à un toit où une silhouette violette paraissait l'attendre.
- Merci de me l'avoir amené, lança Papillon à l'adresse de sa création avec un sourire victorieux.
Papillon. Et à ses pieds… Le cœur de Chat Noir rata un battement. Ladybug était agenouillée à côté de lui, ligotée et bâillonnée. Papillon lui avait tordu les bras derrière la nuque et des cordes s'enroulaient férocement autour de ses poignets et de son cou. Impossible pour elle de bouger un seul doigt sans que les cordes ne l'étranglent. Elle était immobile et la canne de Papillon plantée dans le haut de sa nuque, juste au-dessus des cordes, l'empêchait de relever la tête.
- Détache-là ! ordonna-t-il.
- Donne-moi ton Miraculous d'abord. Tu m'apportes ta bague, je lui prends ses boucles d'oreilles, et je vous laisse repartir tous les deux. N'essaie même pas de combattre. Je n'ai besoin que d'un coup de canne derrière sa tête pour en finir, tu ne seras pas assez rapide pour m'en empêcher.
Chat Noir réfléchit à toute vitesse. C'était précisément pour ce genre de situations qu'ils s'entraînaient depuis des mois. Mais jamais il n'aurait osé lui attacher une corde autour du cou ou l'obliger à bloquer sa respiration pour avoir une chance de se détacher. A cet instant, il réalisa la faiblesse de leur entraînement. Ils avaient tout prévu, toutes les emprises, tous les nœuds, tous les instruments… Mais pas la cruauté de Papillon. Si encore il pouvait communiquer avec elle, savoir comment elle allait... Mais un foulard était solidement noué autour de sa bouche et la pression de la canne l'obligeait à garder la tête baissée, l'empêchant même de croiser son regard.
- Qu'est-ce que tu attends Chat Noir ? Est-ce que vraiment ton Miraculous vaut la vie de ta partenaire de confiance ?
Sa partenaire de confiance. Oui, il avait raison. Il ne pouvait pas communiquer avec elle, mais il lui faisait confiance. Il avait une confiance absolue en elle et, maintenant que Papillon le lui avait rappelé, il savait ce qu'il avait à faire. En une seconde, il brandit sa barre de métal et se jeta vers le Papillon. Celui-ci leva sa canne pour frapper Ladybug mais, aussitôt, celle-ci roula sur le côté et stoppa le coup avec son avant-bras. Détaché. Elle sauta sur ses pieds et se dégagea du bâillon avant de bondir vers Chat Noir. Papillon lui avait pris son yoyo et elle n'oserait pas l'affronter seule sans armes, mais aux côtés de Chat Noir, cela resterait possible. Ils se calèrent à la même vitesse pour courir vers Papillon.
- Tu vas bien ? demanda Chat Noir sans ralentir.
- Ça va aller. Comment tu as su que je m'étais détachée ?
Chat Noir haussa les épaules.
- Je ne le savais pas. Je me suis juste souvenu que tu arrives toujours à te détacher.
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