Pdv : Julia
Je refermais soigneusement la porte avant de me tourner vers mon grand frère. Les bras croisés, de l'autre côté du salon, il ne me quittait pas des yeux. Je secouais la tête dans sa direction. Elle ne s'était pas encore réveillée. Il soupira avant de retourner dans son bureau. Avant qu'il ne l'atteigne, quelqu'un sonna. Je me déplaçais pour ouvrir.
- Bonjour Victor, Riccardo. Entrez. Que pouvons-nous faire pour vous ?
- Nous aimerions parler avec Minami, si elle accepte.
Je pinçais les lèvres en les accompagnant dans le salon. Axel avait sorti de quoi travailler, mais je décidais de le laisser répondre.
- Elle n'est pas en état de vous parler.
Les deux garçons échangèrent un regard de culpabilité. Nous avions donc raison, c'était bien eux qui avaient été la cause de son attitude. Maintenant, qu'avaient-ils fait ?
- Vous a-t-elle raconté ce qu'il s'est passé au musée ?
Riccardo cherchait visiblement ses mots. Quelque chose d'assez inhabituel, je pouvais le dire en regardant l'expression d'Axel. Il se contenta de secouer la tête.
- Ah.
- Elle nous a montré ses capacités. Certains d'entre nous ont eu peur, et elle est partie.
Victor avait rapporté les faits comme il l'aurait fait à l'époque du 5eme. Et il sembla particulièrement viser son camarade lorsqu'il prononça le mot "peur". Les garçons s'assirent, légèrement inquiet sous le regard d'Axel. Je savais qu'il était très protecteur, mais il ne devait pas non plus traumatiser les enfants.
- C'était il y a maintenant quatre jours.
- Nous en avons parlé entre nous, notamment avec Fey, et certains ont réalisé que ça ne changerait rien à qui elle était.
- Nous voulions nous excuser.
La déclaration de Riccardo sonnait plus comme une demande. Ni Axel, ni moi, n'avons parlé immédiatement. Je savais que mon frère n'allait pas donner d'explication, ni leur permettre de la voir, alors c'était sûrement moi qui allais le faire. Mais je voulais quand même lui en donner l'occasion.
- Minami a
Un cri rauque emplit la pièce de souffrance.
Le temps que je comprenne d'où il venait, Axel avait déjà traversé la pièce jusqu'à sa chambre. J'attrapai le téléphone posé sur la table et le suivis, laissant les deux garçons hésiter sur la conduite à adopter.
Il y a quelques années, je serais certainement restée figée sur le seuil. Aujourd'hui, je rentrais immédiatement pour aider Axel. Minami s'était recroquevillée au creux de son lit, et ses capacités s'étaient enflammées autour d'elle.
Je savais instinctivement qu'elles la défendraient contre toutes les personnes qui la toucheraient. Son père sera certainement le seul qui pourrait l'approcher sans se faire attaquer.
- Appelle Camélia.
Je trouvais rapidement le numéro pré-enregistré et attendis qu'elle décroche. Nous avions arrêté d'appeler les secours quand nous avions remarqué que les étrangers renforçaient généralement la crise au lieu de l'aider.
Axel attrapa la trousse de secours qui était toujours stockée dans sa chambre, et se pencha vers sa jambe. On ne voyait pas réellement d'où venait le sang sur les draps, mais j'avais l'impression que sa cicatrice s'était rouverte.
J'entendis une inspiration brusque et me retournai vers la porte. Je demandais calmement aux garçons de partir, pour qu'on puisse s'occuper de Minami, ce qu'ils firent sans opposition ou questions.
Camélia décrocha. Je me rapprochais des moniteurs pour pouvoir renseigner l'infirmière.
- Camélia, c'est Julia. La crise de Minami devient dangereuse.
Pdv : Skie
Nous attendions le retour de Victor et Riccardo qui étaient partis voir Min avant de partir chercher David Evans. Nous avions réussi à comprendre qu'il était l'auteur des enseignements du Maître grâce à Mlle Hills et Tante Sylvia.
Il nous restait plus qu'à le trouver pour pouvoir enfin nous battre contre le Protocole Oméga.
Pourtant, en voyant les garçons revenir les deux garçons, nous pouvions deviner que ça ne s'était pas aussi bien passé que ce que nous l'avions espéré. Tout d'abord, Min n'était pas avec eux, mais ils avaient aussi l'air plus pâle que lorsqu'ils étaient partis.
Les deux garçons tenteraient un petit sourire rassurant alors que tout le monde prenait place dans la machine temporelle. Le coach Sharp nous avait rejoints quelques heures auparavant, avant que Riccardo et Victor ne se rendent chez les Blaze.
Cependant, avant que l'un des garçons de l'équipe, ils étaient si impatients, Victor se mit à nous raconter. Sa voix monotone contrastait fortement avec les nombreuses variations des couleurs du tunnel temporel.
- Nous n'avons pas pu lui parler, elle est en crise. Elle n'en avait pas parlé à son père, mais il savait que quelque chose s'était passé. Puis, sa crise s'est accentuée et nous avons dû partir.
C'était horrible ! On savait tous ce que voulait dire Victor lorsqu'il disait que sa crise s'était accentuée. J'espérais que Camélia pourrait l'aider à aller mieux au plus vite.
Étonnamment, personne ne pose d'autres questions et durant le reste du trajet, on entendit que de petites discussions chuchotées. Je trouvais bizarre de voir le groupe généralement autour de Min à l'arrière du bus s'éclatait dans tous le bus.
Finalement, on finit par se poser devant un grand bâtiment. Un hôpital. Il ne leur restait plus qu'à convaincre David Evans de leur donner la clé de l'équipe ultime.
Pdv : Mehr
Je tendis la main derrière moi, ne tournant que légèrement la tête, et tirant une sphère d'énergie sur nos poursuivants. La respiration erratique, je poussais toujours plus pour aller plus vite et plus loin.
La fuite dans les rues de la ville durait déjà depuis de longues minutes et riposter face aux attaques de nos poursuivants me demandait plus d'énergie que prévu, leur nombre semblait continuer à augmenter. Une attaque d'un des nôtres nous sépara d'une grande partie de nos ennemis, faisant s'écrouler un bâtiment.
Heureusement, les bruits de lutte avaient fait fuir la population. La sentant glisser, je serrais la main du petit garçon que nous étions venus récupérer. Mais je voyais qu'il s'épuisait.
- Ghiris !
Suivant mon regard, il comprit immédiatement ce que je voulais qu'il fasse. Il attrapa l'enfant avant de se projeter vers l'avant. Je me retournais et me mis sur mes appuis. Un regard me permit de juger la situation. La dizaine d'agents d'El dorado n'étaient qu'à une centaine de mètres.
Alors que certains d'entre eux tentaient de prendre une rue parallèle pour poursuivre la course, je tirai une fois encore de l'énergie au milieu de sa route, détruisant une partie du sol et l'empêchant de continuer.
Décollant vers la droite, je m'abritais derrière une plaque de métal pendant que les agents tiraient à répétition dans ma direction.
Seulement, si je m'étais arrêtée ici, c'était parce que ce lieu faisait partie des plans de secours que nous avions mis en place lors de la mise en place de la mission. Je sentais sous mes pieds les nombreux tuyaux d'eau qui parcouraient la ville.
Je revis le visage de soulagement lorsque j'avais brisé ses chaînes et n'eus aucune hésitation à faire ce qui devait être fait. Un geste de la main et l'énergie rentrait en contact avec les tuyaux. Je ne pris pas le temps d'observer les corps évanouis sur le sol.
Je parcourus les rues le plus rapidement possible, tout en restant dans l'ombre.
En passant sous une arche, j'entendis un bruit qui attira mon attention. Ghiris et le petit garçon sortirent de l'ombre. L'enfant sourit et se jeta dans mes bras. Je le calais dans mes hanches, sachant pertinemment qu'il ne me lâchait pas avant un moment.
J'étais le premier visage amical qu'il devait voir depuis que ses parents l'avaient abandonné dans les mains d'El dorado.
L'enfant de 4 ans avait été gardé enfermé dans l'une des cellules d'El dorado dans l'objectif de servir à expérimentation du sérum sur lui. Heureusement, trop petit pour que ses pouvoirs soient totalement établis, le gouvernement avait décidé d'attendre quelques mois.
Dès que nous avions appris ce qu'il allait se passer grâce à l'une de nos sources, nous avions monté une opération pour l'emmener parmi nous. Malheureusement, nous avions été obligés de prendre plus de temps que ce que j'aurais voulu pour ne pas nous mettre en danger à notre tour.
- Allons-y, les autres nous attendent.
Je rabattis la capuche de manteau de l'enfant et tendis la main vers Ghiris. Nous savions qu'à partir d'ici d'autres enfants de la seconde phase étaient répartis le long des rues, et que nous étions en sécurité.
