Coucou !

Je reprends la publication après quelques errances et, normalement, les prochains chapitres ne devraient pas tarder à arriver non plus ! J'espère que la suite vous plaira. Merci beaucoup à Tiph l'Andouille pour sa review qui m'a fait très plaisir.

Bonne lecture !

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Mardi 12 Novembre

Le professeur d'Etude des runes est malade. J'ai donc une heure devant moi et une occasion en or pour me rendre à l'Infirmerie sans éveiller trop de soupçons. J'ai peu dormi mais j'ai beaucoup tourné et retourné la question dans ma tête.

McGonagall est dans une mauvaise posture. Elle a été piégée par le Ministère et ils risquent de la décrédibiliser parce qu'elle ne peut pas arrêter la machine qui est en marche. Ils enverront de nouveaux Aurors et tout sera encore plus dangereux.

On ne peut pas laisser ça se produire sans rien faire.

Je sais que je ne devrais pas parce que Minerva m'a demandé d'être très prudente et qu'Emeline a été plus que menaçante mais j'ai besoin de voir Léon. Je dois le prévenir de ce que je sais, de ce que j'ai découvert et il doit me révéler ce qu'il avait trouvé avant d'être agressé. Il me manque des informations et il est le seul à pouvoir m'aider réellement.

Alors j'ai pris une petite boîte avec quelques chocolats pour aller les offrir à ce cher professeur et en profiter pour saluer un camarade de classe. Je prends une grande inspiration, un air naturel et je me glisse dans le couloir de l'Infirmerie. Il n'y a pas d'Auror à l'horizon aujourd'hui. Encore mieux. Je passe la porte discrètement. Léon semble dormir profondément. Ça m'arrache un sourire. Il est seul, pour une fois. Je me dirige néanmoins vers le professeur d'Etude des Runes qui ne remarque qu'à peine que je dépose des chocolats au bout de son lit. Il a les yeux qui pleurent, embués, alors qu'il ne s'arrête pas de se moucher. Je me détourne rapidement de lui pour aller vers le lit de Léon, sans dire un mot.

« Miss Weasley ? »

Je sursaute presque en me retournant vers l'Infirmière qui m'adresse un regard curieux. Je fais un petit sourire embarrassé et je lui explique :

« Je lui rends juste visite. Pour lui donner quelques nouvelles. »

Elle hoche la tête en souriant et retourne auprès du pauvre professeur qui ne s'en sort pas avec ses mouchoirs. Je souffle profondément pour me détendre. La moindre chose me rend nerveuse. Je m'approche de Léon qui n'a toujours pas ouvert les yeux. En silence, je m'assois sur la chaise à côté de lui. Mes yeux ne peuvent s'empêcher de s'attarder sur ses bandages. Je le revois tomber, lentement. Je revois le choc de son corps contre le sol. Je revois la douleur dans ses yeux. J'ai presque envie de crier à nouveau. Je sens mon cœur cogner contre ma poitrine. Qu'est-ce que je fais là, bon sang ? Je m'oblige à détacher mes yeux de son lit.

Je sors un livre de Métamorphose de mon sac. Je ne veux pas le réveiller. Mes yeux traînent à nouveau vers lui. Il semble si paisible. Je secoue la tête.

Après quelques pages de « La Métamorphose en milieu hostile » que j'ai tournées sans en avoir retenu grand-chose, je jette un nouveau coup d'œil à Léon. Il dort encore. Qu'est-ce que je croyais ? Qu'il allait ouvrir les yeux rien qu'en sentant ma présence ? C'est ridicule. Je range mon livre et me lève. Son visage est si apaisé quand il se repose. Il semble presque sourire. Je me demande bien à quoi il peut rêver. Je m'approche doucement de lui. Au moins, il ne souffre pas. J'espère qu'il s'en remettra vite. Je recule d'un pas. Je suis déçue de ne pas avoir pu discuter avec lui.

« Reste. »

Un murmure s'échappe de son lit. Je fronce les sourcils. Faisait-il semblant de dormir ? Je sens un peu de colère monter en moi mais je ne peux pas réprimer un petit sourire malgré tout. Je ne fais pas d'autres gestes. Il ouvre ses yeux gris et croise mon regard dans un sourire. Je frissonne.

« Ça ne se fait pas d'observer les gens dormir comme ça, marmonne-t-il.

– Je ne voulais pas te réveiller. »

Son sourire s'élargit. Il tente de se redresser un peu mais ça le fait grimacer de douleur.

« Tu aurais pu, souffle-t-il. Je préfère que ce soit toi plutôt qu'Emeline. »

J'étouffe un léger rire et je retourne m'asseoir sur la petite chaise. C'est vrai que Lovener ne doit pas l'aider vraiment à se reposer.

« Tu vas comment ? lui demandé-je d'une petite voix.

– Oh, je suis super en forme, grogne-t-il en essayant de se verser un verre d'eau mais sa main tremble.

– Laisse, interviens-je pour lui donner son verre avant qu'il n'en mette partout.

– Merci. Je vais sûrement rester encore une semaine, au moins. Celui qui m'a fait ça ne m'a pas loupé. »

Il soupire en buvant son verre. Chaque geste semble être une douleur. Je me baisse légèrement vers lui pour être sûre que personne ne puisse vraiment m'entendre.

« En parlant de ça, j'ai pas mal de choses à te raconter. Le jour du match, quand tu es tombé, j'ai remarqué que les deux Aurors qui étaient présents agissaient étrangement. Au lieu de faire quelque chose pour t'aider ou sécuriser le stade, ils sont directement partis en direction du château. »

Il tend l'oreille en me regardant avec sérieux. Je poursuis :

« Alors je les ai suivi pour voir ce qu'ils faisaient et où ils allaient. Mais ils nous ont remarqués et on n'a pas pu savoir ce qu'ils manigançaient mais je suis persuadée qu'ils ont quelque chose à voir avec ta chute.

– Nous ? murmure-t-il. Tu étais avec qui ?

– Lysander. Mais peu importe. Ce qui m'inquiète, c'est que l'Infirmerie est généralement gardée par un Auror.

– Tu penses qu'ils risquent de m'attaquer encore une fois ? »

Je soupire devant son inquiétude.

« C'est une possibilité. J'ai prévenu McGonagall de mes soupçons et elle m'a dit qu'elle avait reçu l'ordre de la part du Ministère de mettre plus d'Aurors pour protéger les lieux. Mais à mon avis, et au sien aussi il me semble, c'est tout sauf une bonne idée. Le Ministre veut juste mettre un peu plus la pagaille à Poudlard. J'ai peur que ça ne se finisse très mal. »

Il ne dit rien mais je sais qu'il réfléchit. Il me regarde attentivement.

« Comme c'est une situation un peu particulière, elle m'a autorisée à reprendre mon poste de Préfète-en-chef. Eugénie restera avec moi le temps que tu sortes de là.

– Tu dois être contente.

– Tu parles, j'étais bien tranquille. Ça me faisait plutôt des vacances. »

Il sourit, pas dupe. Il sait que j'aime bien mettre des retenues aux Serpentard et martyriser les première année. On reste un instant à se regarder sans rien dire de plus. J'en oublie presque ce que je voulais lui demander. Mais je fais tout pour me reprendre sans rougir. Je lui dis à voix basse :

« D'ailleurs, tu voulais me parler de quelque chose après le match... »

Son regard s'éclaire. Il gigote dans son lit pour essayer de se rapprocher de moi et chuchote :

« Tu cherchais qui pouvait être le « F » qui serait mêlé à certains trafics dans le château. Après y avoir réfléchi, j'ai pensé à un Serpentard du nom de Fulmer qui avait eu quelques problèmes je crois, liés à ça. On devait être en deuxième année, lui en septième.

– Fulmer ... Maintenant que tu m'en parles, le nom me dit quelque chose. Je vais essayer de chercher ce qu'il s'est passé.

– Molly ? Fais attention à toi. »

Je me fige malgré mon cœur qui bat beaucoup trop vite pour être raisonnable. Je hoche doucement la tête. Il fronce les sourcils, comme s'il n'y croyait pas. Je lui adresse un sourire tendre.

Soudain, j'entends la porte de l'Infirmerie s'ouvrir. Je me retourne vivement. Merlin, c'est Côme Selwyn. Je m'éloigne de quelques pas de Léon, instinctivement. Il repose sa tête sur son oreille et fait un signe de la main à son meilleur ami. Je mets mon sac sur mon dos, prête à partir.

« Tu reviendras me voir ? demande-t-il avec espoir.

– Si c'est pour que tu fasses semblant de dormir …, commencé-je avec un petit sourire ironique.

– Alors, Weasley, s'exclame Côme en arrivant à côté de moi. Tu as enfin cédé à tes sentiments ?

– Un jour, faudra vraiment arrêter avec ça, soupiré-je en évitant le regard de Léon.

– Comme tu veux. »

Il fait un grand sourire que j'ignore du mieux possible. N'ai-je pas le droit de rendre visite à un camarade blessé sans que l'on pense que j'ai des sentiments pour lui ? J'adresse un simple signe de tête à Léon qui me sourit et tourne les talons.

« Merci pour les cours, Molly ! »

Je souris en le remerciant intérieurement d'essayer de me couvrir mais je sais que ce ne sera sûrement pas suffisant pour enlever cette idée de la tête de Selwyn.

Je file à mon prochain cours, essayant de ne pas trop penser à Léon. Il faut que je me concentre sur l'information précieuse qu'il m'a donné. Fulmer. Ce nom me dit quelque chose.

Pendant tout le cours de Botanique, mon esprit tente de faire des liens. Murphy O'Burke est un des Aurors. Il était en lien avec Hunter Zabini pour ses fêtes clandestines dans la forêt interdite. Il était en lien aussi avec Fulmer quand on était en deuxième année, sûrement aussi pour une histoire de trafic. Et Victoire a un rapport avec tout ça. Il faut que j'aille lui poser des questions. Ou que je trouve ce fameux rapport 76.

Après manger, j'essaye de me glisser vers son bureau. Elle prend souvent un thé avec le Professeur Holmes, qui la supervise. Je frappe à la porte. Madame Holmes l'ouvre. Elle est seule.

« Bonjour Professeur. Est-ce que Madame Weasley est ici ? J'aurais à lui parler.

– Je crains qu'elle ne soit partie pour la journée. Elle voulait se rendre à un événement moldu sur les nouvelles technologies. »

Je jure intérieurement. Merlin.

« Elle sera là demain ?

– Certainement, nous avons cours dans l'après-midi.

– Bien sûr. Merci, Professeur. »

Elle me sourit gentiment et me laisse repartir bredouille. Victoire aura intérêt à répondre à toutes mes questions demain. Je m'emplis de frustration.

Énervée, je traverse le château sans but. Et soudain, qui vois-je oser se mettre en travers de ma route ? Mike Douglas, ses cheveux blonds et son petit air guilleret agaçant. Il me regarde avec un grand sourire et me fait signe de me baisser pour qu'il puisse dire quelque chose à l'oreille. Mais qu'est-ce qu'il est mystérieux. Il veut me dire un secret ? Ça a intérêt à être important. Il dit d'une voix énigmatique :

« J'ai appris que tu étais Préfète-en-chef à nouveau. J'ai un marché à te proposer.

– Un marché ? m'étonné-je. Pourquoi ferais-je un marché avec toi ? »

J'éclate de rire mais il est particulièrement sérieux pour un première année aussi stupide que lui. Je plisse les yeux. D'accord, qu'il m'en dise plus. Il a piqué ma curiosité. Je lui fais signe de me suivre vers une petite salle inoccupée.

« Alors vas-y, explique-toi rapidement, Douglas.

– C'est-à-dire que j'ai quelques informations qui pourraient t'intéresser, que je pourrais donner juste à toi.

– Comment ça des informations qui pourraient m'intéresser ? En échange de quoi ? Pourquoi tu me proposes ça à moi ?

– Disons que je protège mes arrières. Si je te raconte ce que je sais sur tout le monde, tu ne me mets pas de retenues pour rien.

– Je n'ai jamais fait ça, m'offusqué-je avec un sourire amusé. D'accord. Qu'est-ce que tu as comme genre d'information ? »

Il lève les yeux au ciel. Peut-être qu'il n'est pas aussi stupide qu'il veut paraître. Il me semble bien qu'il est très sérieux.

« Je sais pas mal de choses. Je suis petit, observateur, je passe pour être idiot et pas grand-monde se méfie de moi. »

Je le regarde attentivement. Peut-être que tout le monde fait erreur sur lui. On devrait sûrement s'en méfier davantage. Mais je n'arrive pas bien à cerner pourquoi il me propose cela à moi. Il ne m'apprécie pas beaucoup depuis que je l'ai mis en retenue un peu excessivement.

« Par exemple, continue-t-il, je sais que tu viens de passer voir Léon alors qu'Emeline te l'a fortement déconseillé, qu'elle est prête à tout pour t'en empêcher, jusqu'à menacer la carrière de ton père. »

Je me glace. Mais je ne dis rien, préférant le laisser parler encore un peu.

« Je sais aussi que les Aurors ont un truc contre toi et qu'ils veulent te faire tomber. »

Je frissonne.

« Tu ne m'apprends rien, Mike, dis-je d'une voix sèche. Même si je suis assez impressionnée par le nombre de neurones que tu as dû connecter pour en arriver là.

– Tu en sauras plus si tu acceptes.

– Tu veux juste ne plus avoir de retenue ? »

Il hausse les épaules. Je le jauge du regard. Je ne sais pas vraiment si c'est une bonne idée mais je ne vois pas ce que je risquerais. Visiblement, il vaut mieux l'avoir de son côté.

« Je crois que je préfère les dire à toi plutôt qu'à quelqu'un d'autre.

– J'en suis très honorée, mais pourquoi moi ? »

Il m'adresse un petit sourire qui cache quelque chose d'un peu triste. Il joue avec une petite boule de papier du bout du pied. Et il finit par dire :

« Tu penses que les Aurors ont à voir avec la chute de Léon ? »

Je hoche doucement la tête, cherchant où il voulait en venir.

« Je pense que tu as raison. Je n'aime pas trop ça. Mais je ne sais pas très bien ce que je pourrais faire. Je sais à peine faire voler une plume. Tu sauras sûrement te servir de ces informations mieux que moi. »

Je soupire en affichant un sourire attendri.

« Je t'apprendrai des sorts, si tu veux, Mike. »

Il sourit en hochant la tête. Je sens qu'il a été touché par la chute de Léon. Je sais qu'il l'aime bien. Il doit le prendre un peu comme un grand-frère, qui lui donne des conseils un peu foireux mais qui l'aide comme il peut. Visiblement, il ne porte pas les Aurors non plus dans son cœur. Je me suis peut-être trompée sur lui.

« Hier, j'ai surpris une conversation des Aurors, annonce-t-il enfin. Ils cherchent un moyen de s'introduire dans des salles communes et à la réserve de la bibliothèque. »

Je plisse les yeux. La réserve. Je revois les casiers où j'ai rangé tous les dossiers des anciens élèves. Est-ce cela qu'ils veulent ou cherchent-ils des livres plus dangereux ? Pourquoi veulent-ils entrer dans des salles communes ? Pour s'en prendre aux élèves directement là où ils se sentent les plus protégés ? J'en ai presque la tête qui tourne. Un tel danger si près de nous, ça me donne des sueurs froides. Je croise le regard du Serpentard de première année. D'accord. Il pourrait être très utile. Si ça peut nous permettre d'avoir un coup d'avance sur eux, je ne peux pas hésiter davantage. Je tends ma main vers Mike qui la serre. Je dis d'un ton grave :

« Marché conclu, Douglas. Tu peux être un petit espion mais je t'interdis d'être imprudent.

– Je serais plus discret que jamais. »

Je l'espère vraiment. S'il se fait prendre, je m'en voudrais tellement. Il m'adresse un petit sourire malicieux qui ne me rassure pas tout à fait mais on part chacun de notre côté, comme si de rien n'était.

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Merci d'avoir lu ! Et (sûrement) à bientôt pour la suite !