Cette fic est écrite dans le cadre de la 149ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Velours". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous !
- Hey, Mari-moche ! lança Chloé. Ton pantalon, tu te l'es trouvé dans un marché aux puces du siècle dernier ? Fais attention à ne pas contracter la variole ou une autre maladie disparue, avec ce truc là !
Marinette la foudroya du regard mais passa son chemin pour rejoindre Alya qui l'attendait sur les escaliers du collège. Elle se souvenait à peine du pantalon de velours côtelé rouge à coutures noires qu'elle portait aujourd'hui. Ses parents avaient eu une commande exceptionnelle de pâtisseries à préparer et livrer en un temps record, ils avaient pris du retard dans les lessives de la famille, l'activité de Ladybug de Marinette ne lui avait pas non plus donné le temps de les aider, et elle s'était retrouvée ce vendredi matin sans aucun de ses pantalons habituels propres. Elle avait retrouvé celui-ci au fond de son placard, sans se souvenir d'où il venait. Peu importe. Il était propre, il était à sa taille, et elle était déjà en retard. Sa mère lui avait glissé que c'était l'une de ses cousines dont la fille était devenue trop grande qui le lui avait remis mais qu'elle l'avait trouvé trop démodé pour le mettre sur le dessus du placard de Marinette et lui imposer de le porter. Elle avait accepté ses hésitations et quand, une fois arrivée essoufflée mais avec une minute trente d'avance devant le portail du collège, elle avait pris le temps de le détailler, elle l'avait apprécié. Il était rouge, pétant, attirant le regard sans être vulgaire pour autant. Épais, ce qui était devenu trop rare en cette période qui ne jurait que par les pantalons déchirés. Elle avait aimé les pantalons déchirés, qu'on ne s'y trompe pas. Mais elle en voyait trop, tout le temps, que de ça, partout, jusqu'à rêver de revoir un jour un pantalon entier dans un magasin. Elle comprenait pourquoi la mode évoluait si vite – elle en avait besoin pour ne pas lasser. Alors elle avait décidé qu'elle l'aimait bien, finalement, et les remarques de Chloé avaient à peine réussi à l'atteindre. Elle avait rejoint Alya et elle était passée outre les commentaires, chuchotements et regards en coin que son pantalon avait déclenchés dans tout le collège.
-O-O-O
Adrien lança un geste de la main et s'élança vers la sortie du collège. La voiture de son père, conduite par leur garde du corps, passait directement le chercher à la sortie pour les emmener vers l'hôtel Bourgeois où aurait lieu son prochain shooting photo, et son père lui avait bien recommandé de ne pas être en retard. Bien que n'ayant pas à sortir de la voiture, il haïssait ces endroits surpeuplés d'adolescents surexcités et ne tenait pas à ce que leur véhicule passe plus de temps que nécessaire devant le collège. Adrien allait atteindre la portière lorsqu'une voix le coupa net :
- Adrien ! Ton livre !
Marinette courait vers lui en brandissant son livre de chimie oublié dans la précipitation de son départ et Adrien attendit qu'elle le rattrape et le lui tende.
- Merci ! souffla-t-il. Désolé, j'avais la tête ailleurs.
- C'est pas grave. Je… Enfin tu dois… Bref, je te bonne retiens soirée… Enfin soirée bonne et je te pas retiens… Gnaaah !
Marinette avait rougi d'une teinte presque identique à son pantalon sous ses bégaiements et Adrien sourit tendrement :
- Ne t'inquiète pas. Bonne soirée à toi aussi ! Merci encore !
Il s'engouffra dans la voiture de son père et s'attendit à ce que celui-ci lui fasse une remarque pour s'être attardé, mais le regard de Gabriel, à travers les vitres teintées, était resté figé sur Marinette.
- Marinette, c'est bien cela ? demanda-t-il à Adrien. La petite prodige qui avait produit un chapeau au dernier concours de création ?
- Oui père, confirma Adrien. Pourquoi cette question ?
Gabriel ne répondit pas tout de suite, restant pensif en tournant légèrement la tête pour la suivre du regard au fur et à mesure que leur voiture s'éloignait.
- Adrien, reprit-il subitement, sais-tu si elle a déjà trouvé son stage que vous devez faire en 3e ?
- Pas que je sache, répondit simplement Adrien. Pourquoi ?
- Nathalie, envoyez à cette jeune fille une proposition de stage dans la maison Agreste et mentionnez que cette offre est valable pour toutes les vacances, à chaque fois qu'elle le souhaitera. Son pantalon est tellement… Pétant, sans être vulgaire, et je ne pensais pas que cela était encore possible à notre époque. Épais, la mode a trop besoin d'un tel renouveau sur ce genre de pièce. Osé, provocant mais avec une capacité d'acceptabilité par le public assez épatante. Et toi, Adrien, reste proche de cette jeune fille : C'est une visionnaire en terme de mode, et si elle n'est pas avec la maison Agreste dès son plus jeune âge, alors elle sera un jour contre nous et ce sera notre fin.
En espérant que ça vous ait plu !
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