CH2-Esclave
Bonsoir ! Bonjour !
Livraison du chapitre avec un peu d'avance. :p
Un grand merci pour l'accueil faite à cette nouvelle histoire, tous vos retours m'ont fait super plaisir :D
Alors je reprécise qu'on est pas chez les bisounours, pour ceux qui connaissent la série Spartacus on va être dans la même ambiance niveau violence donc si jamais vous avez du mal avec ça, vous pouvez encore faire demi-tour ;)
Sinon j'espère que ce chapitre vous plaira tout autant !
Bonne lecture !
La nuit était tombée depuis longtemps lorsque le marchand grassouillet quitta la taverne du port après une soirée bien arrosée. Il avait bu et dépensé plus que de raison mais il n'avait pas de souci à se faire avec la fortune que lui avait fait gagner cette petite esclave. Une vente en or qu'il n'aurait osé rêver sans l'intervention de cette écervelée qui avait déboursé quatre milles sesterces. Une somme folle qui pesait lourd dans sa poche.
Il rentrait donc chez lui avec des idées plein la tête pour utiliser cette somme à bon escient. Il pourrait rénover son bateau ou bien lancer plus rapidement une nouvelle expédition en quête de chair fraîche à vendre au plus offrant.
Dans ses pensées et titubant légèrement sous les effets de l'alcool, il ne fit pas attention à l'ombre qui le suivait. Une ombre qui lorsqu'il arriva chez lui et ouvrit la porte, le poussa violemment à l'intérieur. Il s'écrasa de tout son poids sur le sol.
- Que… qu'est-ce que c'est ?! Demanda-t-il tout surpris, sa réflexion ralentie par les brumes de l'alcool.
- Où est mon argent ? Lui demanda la voix d'une seconde ombre qu'il reconnut immédiatement tandis que la peur le dessoula soudainement.
- Ru… Russel… pitié… Bafouilla-t-il la voix tremblante.
Il fut brusquement relevé sur les genoux puis il sentit la froideur d'une lame sur sa gorge. Dans l'obscurité Russel l'observa se décomposer, totalement terrifié. Et dire que ce lâche avait osé le défier en public, le voler sans scrupule, il aurait voulu le torturer pour le lui faire payer mais ses cris aurait alerté les voisins des maisons mitoyennes de ce quartier de la ville.
- Où est mon argent ? Répéta-t-il calmement malgré sa rage envers le marchand.
- Dans… dans ma poche.
McCreary qui le tenait sous sa lame le lâcha pour fouiller ses poches et en retirer la bourse qui lui avait été donnée le matin même. Le gladiateur la rendit à son maitre qui afficha un sourire victorieux et soulagé de retrouver son argent.
- Termine le travail, ordonna-t-il froidement à son homme de main.
Le marchand n'eut pas le temps de comprendre que la lame revint sur sa gorge et la lui trancha aussi sec. Son corps retomba lourdement sur le sol et tandis qu'il se vidait rapidement de son sang. McCreary suivit son maitre à l'extérieur de la maison. Les deux hommes s'éloignèrent rapidement et discrètement des lieux.
- Qu'allez-vous faire de la fille maintenant que vous avez récupéré ce qu'elle vous a coûté ? Demanda le gladiateur quelques rues plus loin.
- Je peux toujours en tirer un bon prix, répondit simplement Russel.
Caché par l'obscurité, le gladiateur afficha un air déçu, il avait espéré que son maitre la lui offre en récompense de ses services.
- Concernant ma nièce nous n'avons jamais récupéré cet argent, suis-je clair ?
- Oui, Dominus.
Dans la nuit, Russel esquissa un sourire ravi car dans cette affaire il gagnait sur tous les plans. Il n'avait finalement rien déboursé pour cette esclave qui allait lui rapporter de l'argent et sa nièce allait lui rembourser une somme qui n'avait finalement jamais été dépensée.
Lorsque Lexa se réveilla, elle ouvrit les yeux sur un plafond de pierre jauni et inconnu. Elle se redressa prise d'une soudaine panique mais une douleur au côté l'arrêta. Elle posa spontanément sa main sur ses côtes endolories et se rendit compte qu'elle n'avait plus de chaines et que ses poignets et chevilles avaient été bandés et soignés.
Elle se rappela alors vaguement des évènements de la veille. Sa descente du bateau, retrouvant douloureusement la terre ferme alors qu'on l'avait fait voyager en fond de cale pendant des jours. Ensuite battue et suspendue tel un bout de viande avant d'être jetée sur cette estrade de bois, affamée et assoiffée, sans force pour lutter. C'était à partir de là que tout devenait flou, elle ne se souvenait de rien, elle ignorait tout du lieu où elle se trouvait. Fouillant dans sa mémoire, elle n'eut que le souvenir de la fraicheur de l'eau et d'un regard océan…
Elle s'assit doucement sur le rebord du lit, légèrement nauséeuse et la tête lui tournant. Elle avait terriblement faim et se sentait épuisée. Prenant quelques secondes pour se reprendre, elle réalisa qu'elle ne portait plus ses haillons crasseux mais une simple tunique qui couvrait l'une de ses épaules et descendait jusqu'à mi-cuisse. Elle réalisa alors qu'en plus de l'avoir soigner, on l'avait totalement lavé et changé. Sans aucun souvenir, elle eut soudainement peur de ce qu'on avait pu lui faire durant son inconscience. Prise par la peur et l'instinct de survie, elle se leva et se dirigea vers la porte qu'elle trouva fermée à clé.
Elle se retourna vivement, s'appuyant contre le bois de la porte, son regard fouillant la petite pièce. Un lit de bois, tout juste la place pour se déplacer entre ses quatre murs et une petite fenêtre à barreau. Elle s'y précipita et commença à tirer vivement sur les barreaux dans l'espoir vain de les déloger. C'est alors qu'une clé tourna dans la serrure et que la porte s'ouvrit. Lexa sursauta mais ne réagit pas suffisamment vite pour ne pas se faire surprendre par la femme qui entra dans la pièce, une esclave.
- Même si tu arrivais à les démonter, ce dont je doute, seule une chute mortelle au pied de la falaise t'attend de l'autre côté, lui dit-elle posément tout en refermant la porte derrière elle.
Lexa s'écarta doucement de la fenêtre tout en observant prudemment la femme qui alla déposer un petit plateau contenant un verre d'eau et du pain sec sur le lit.
- J'ai pensé que tu devais avoir faim, lui indiqua-t-elle en lui tournant le dos.
Une fraction de seconde c'est tout ce qu'il fallut à Lexa pour tenter sa chance. Alors elle s'élança, poussant l'esclave qui fit bruyamment tomber son plateau. Elle fonça sur la porte qu'elle n'avait pas refermée. Seulement, une fois dans le couloir, elle fut violemment interceptée par un garde qui la plaqua contre le mur d'en face, l'écrasant et l'immobilisant de son poids. Il lui attrapa vivement les poignets qu'il bloqua dans son dos avant de la menotter avec des chaines. Entravée de la sorte et encore fatiguée, elle perdit rapidement la force de lutter. Le garde la retourna et la poussa dos contre le mur tandis que l'esclave sortait de la pièce.
- Maitresse Clarke demande à te voir, dit-elle simplement à Lexa avant d'ouvrir le chemin au garde qui entraina avec lui Lexa.
L'esclave ne les mena pas à l'intérieur de la maison mais à l'arrière de cette dernière, dans les jardins. Le soleil déjà haut dans le ciel agressa les yeux de Lexa qui n'était toujours pas habituée à le voir après avoir passé plusieurs jours enfermée au fond d'un bateau.
Elle découvrit un magnifique jardin, plusieurs allées de cailloux dorés s'entrecroisaient parmi des carrées d'herbe entourées d'arbres finement taillés et de belles fleurs parfumant les lieux. Des bancs de marbres étaient disposés à des endroits stratégiques afin de profiter de l'espace soigneusement aménagé.
Cependant, Lexa ne s'attarda pas sur sa beauté, cherchant immédiatement un quelconque moyen de fuir. Malheureusement d'imposantes et hautes haies fermaient une bonne partie du jardin tandis que les autres côtés donnaient sur la maison. Elle n'avait que peu de chance d'arriver à fuir une fois à l'intérieur car elle ignorait tout des lieux. Cessant d'observer les lieux, elle croisa le regard de l'esclave qui les guidait, celle-ci semblant clairement avoir deviné ses intentions.
Lexa l'ignora reportant son attention sur le jardin, apercevant par la même occasion plusieurs esclaves en train de travailler, taillant les arbres et fleurs, ratissant les allées. Une vraie petite fourmilière qui écœurait Lexa et qui refusait de terminer comme eux.
- Niylah ! Je t'avais demandé de la détacher ! La réprimanda Clarke lorsqu'elle arriva accompagnée du garde et de la nouvelle esclave entravée.
La jeune aristocrate qui était en train de lire à l'ombre d'un arbre abandonna sa lecture pour se lever et faire face au groupe.
- Elle a tenté de s'échapper, répondit simplement l'esclave.
Son regard se posa alors sur l'esclave qu'elle aurait voulu détacher mais si ce que Niylah lui disait était vrai, elle ne pouvait se permettre de risquer son évasion au risque de subir la colère de son oncle. De plus, il y avait peu de chance qu'elle réussisse à fuir et alors la punition serait terrible pour l'esclave.
Tandis que Clarke l'imaginait en train de s'enfuir, Lexa s'était complètement figée sous le regard qui venait de croiser le sien. Un regard océan identique à celui de ses souvenirs. Cette femme était donc là la veille lorsqu'on s'était occupée d'elle.
- Veuillez la lâcher et nous laisser, ordonna Clarke.
Le garde hésita quelques secondes puis il lâcha le bras de Lexa et se retira quelques mètres plus loin, restant suffisamment proche pour intervenir au besoin. Il y eut ensuite un silence uniquement perturbé par le chant des oiseaux, un silence durant lequel Clarke observa Lexa tandis que la brune en faisait de même.
Cependant Lexa commençait à comprendre qui était réellement la jeune femme. La surprise passée, elle comprit rapidement qu'il s'agissait de la « maitresse Clarke » dont avait parlé Niylah. Lexa était donc son esclave, cette femme était sa propriétaire, celle qui l'avait achetée tel un objet. Si en tant que Grec elle détestait les Romains, elle ne la détesta que davantage. La colère qu'elle nourrissait depuis sa capture se dirigea alors contre la jeune femme et si elle n'était pas en mesure de l'attaquer, elle n'allait certainement pas lui faciliter la tâche en lui obéissant docilement.
- Comment te nommes-tu ? Lui demanda Clarke.
Ce à quoi Lexa refusa de répondre, restant muette mais levant un regard défiant sur elle. De son côté, Clarke ne prit pas ombrage de son silence, comprenant parfaitement la situation car la jeune femme n'avait aucune raison de lui faire confiance.
- Je sais que tu n'as aucune raison de me répondre ou de me faire confiance mais je ne suis pas ton ennemie.
- Vous m'avez acheté… Grinça Lexa.
Pour son plus grand étonnement, sa propriétaire baissa les yeux de honte. Cela fit plisser les yeux à la brune : c'était impossible que la blonde ait honte, les romains n'avaient honte de rien. Peut-être lui avait-elle fait peur en osant lui répondre sur ce ton si agressif ? Le regard océan replongea dans le sien mais bien trop en colère, Lexa fut incapable d'y lire la tristesse et le pardon que lui demandait silencieusement Clarke.
- Il est important que je sache si tu as des capacités qui pourraient nous être utile…Souffla-t-elle.
Cependant, Lexa se mura à nouveau dans le silence.
- Cuisine ? Jardinage ? Insista Clarke.
Lexa s'obstina, allant jusqu'à détourner le regard et l'ignorer.
- C'est très important que tu me répondes, c'est le seul moyen pour que…
- Clarke, que fais-tu ici avec cette esclave ? La coupa la voix de sa tante.
Elle se retourna et la découvrit avec son oncle qui se promenant dans les jardins les avaient aperçues.
- Je la prépare pour la soirée, mentit Clarke.
Sa réponse éveilla l'attention de Lexa car jamais elle n'avait parlé d'une soirée dans ses questions. Elle eut soudainement un mauvais pressentiment et le regard prédateur que lui lançait l'homme lui provoqua de désagréables frissons.
- Joséphine avait raison, elle plaira beaucoup, déclara Russel en reluquant ouvertement l'esclave.
- Est-elle vierge ? Demanda Simone à Clarke.
- Je… je n'en sais rien, répondit-elle, gênée.
A ses côtés Lexa se tendit brusquement, n'aimant pas du tout cette question qui alarma tous ses instincts, son cœur s'emballant de crainte.
- Tu devrais ! La rabroua-t-elle. Elle a beaucoup plus de valeur vierge.
- Ils paieront un prix d'or, confirma Russel dont les yeux s'illuminèrent dangereusement.
- Es-tu vierge ? Demanda directement Simone à Lexa.
Mais cette dernière ne répondit rien alors qu'elle sentait un étau invisible se refermer autour d'elle et que son corps tout entier lui hurlait de fuir.
- Pas besoin de mot pour le savoir, énonça Russel avant de héler le garde, attrape-la !
Lexa voulut fuir mais il était trop tard, le garde était déjà sur elle. Il la plaqua contre lui, refermant ses bras autour de son abdomen, écrasant ses cotes douloureuses.
- Non ! Lâchez-moi ! Ne me touchez pas ! Se débattit-elle vainement.
-Tiens donc, elle a retrouvé sa langue visiblement, remarqua la tante de Clarke.
Clarke voulut intervenir mais Niylah qui s'était déplacée à ses côtés la retint discrètement par le bras, lui faisant signe de la tête de ne pas bouger. Elle se détesta pour cela mais elle savait qu'elle ne pourrait rien faire, si ce n'était retarder l'inévitable.
- Fais la taire ! Lui ordonna Russel, agacé alors que ses cris attiraient l'attention de tous. Reprenez votre travail ou le fouet vous le fera reprendre ! S'emporta-t-il ce qui fit immédiatement fuir les esclaves inactifs autour d'eux.
Le garde voulut plaquer sa main sur sa bouche mais Lexa la lui mordit à pleine dents. Il hurla de douleur et la lâcha. Cependant, Russel la cueillit d'un puissant revers de la main qui l'envoya à terre. Elle n'eut pas le temps de se remettre du coup que Russel était déjà sur elle. Il la retourna sur le dos tandis qu'elle se tortillait pour tenter de se redresser mais ses mains attachées dans le dos l'en empêchèrent.
- Viens m'aider sombre idiot ! Ordonna-t-il au garde.
Ce dernier vint l'aider, furieux et la main en sang. Il plaqua fortement Lexa au sol en appuyant sur ses épaules, l'écrasant douloureusement tandis que Russel relevait le bas de sa tunique, révélant son intimité aux yeux de tous. Lexa sentit la peur sur le point de la paralyser, l'effroi la traversant jusqu'à étouffer son cœur. Pourtant elle continua de se débattre, refusant d'abandonner, s'agitant de plus belle jusqu'à ce que Russel n'écrase douloureusement son ventre en l'immobilisant davantage et lui coupant la respiration. La peur l'avala tout entière et elle perdit toute combativité en un instant.
- Non…Je… je ne suis pas… Tenta-t-elle de dire incapable de respirer à la fois tétanisée par la peur et par l'emprise de Russel sur elle.
Mais il était trop tard, tout son corps se contracta dans un reflexe de rejet lorsqu'elle sentit la main de Russel sur son intimité puis un doigt la pénétrer sans douceur pour l'examiner. Tout se figea autour d'elle, et elle ignora combien de temps il l'inspecta pour soudainement se retirer.
- Elle n'est pas vierge ! S'énerva Russel en se relevant. Tu as vraiment pris la bonne ! Reprocha-t-il à Clarke.
- Ce sera une chance si quelqu'un en veut, ajouta sa tante qui regardait à présent l'esclave avec dégoût.
Clarke ne les écouta pas, les yeux fixés sur la jeune femme au sol qui s'était recroquevillée sur elle-même dès que Russel et le garde l'avaient relâchée. Elle ne les vit pas non plus s'en aller alors qu'elle s'avançait vers l'esclave qui semblait prise de haut le cœur, son esprit semblant réaliser ce qu'elle venait de subir. Elle s'avança pour l'aider à se relever mais lorsqu'elle arriva à sa hauteur et qu'elle voulut la toucher, elle eut un vif mouvement de recul. Clarke sentit son cœur se serrer à la vue de son corps tremblant, encore sous le choc et meurtri. La blonde se recula, acceptant le regard vert et plein de haine qui se posa sur elle.
Lexa détourna son regard haineux de sa soi-disant propriétaire qui n'avait osé dire quelque chose ni même agir face à l'acte odieux qu'elle venait de subir. Elle ferma les yeux, honteuse et épuisée tandis qu'elles retenaient difficilement ses larmes. Elle sentit alors des mains se poser sur elle. Elle se crispa mais trouva le visage compatissant de Niylah. Contrairement à Clarke, elle ne la repoussa pas, trouvant un certain apaisement dans son regard et ses gestes, sentant qu'elle comprenait sa douleur. Lexa la laissa alors l'aider à se relever et la raccompagner dans sa chambre.
La gorge serrée, Clarke les regarda s'éloigner, écrasée par son impuissance à pouvoir les protéger comme elle le voudrait.
Aucun mot n'avait été échangé sur le chemin menant à la chambre de Lexa. Cette dernière s'était laissée guider par Niylah tandis que la honte avait repris le dessus sur la colère, les regards et les murmures sur leur passage l'écrasant.
Niylah la fit entrer dans la pièce et referma la porte derrière elle. Lexa sentit le sentiment de sécurité qui lui avait été retiré de force, revenir, bien que fictif elle le savait, mais coupée du monde entre ces quatre murs cette infime sécurité lui suffisait pour le moment.
Niylah l'accompagna jusqu'au lit, où elle la fit assoir avant de se reculer pour lui laisser de l'espace. Elle savait que malgré le fait qu'elle l'ait laissée la toucher, la jeune femme n'était pas en état d'accepter d'autres contacts physiques. Elle vit d'ailleurs son corps se détendre légèrement lorsqu'elle s'éloigna d'elle.
Niylah l'observa silencieusement. Son corps tremblait encore, elle avait resserrée ses bras contre elle comme pour se protéger du froid. Ce qui n'était pas le cas étant donné la chaleur étouffante des chambres sous le soleil de l'été. Elle vit son regard vert se perdre sur la petite fenêtre puis la peur et la colère se muer en détermination lorsque des pensées d'évasion se mirent à traverser son esprit et nourrir son cœur d'espoir.
- Oublie toute idée d'évasion, ta seule chance de retrouver ta liberté est de leur obéir. Sers-les correctement et tu seras peut-être affranchie, lui dit-elle, pointant durement la triste réalité bien qu'un maigre espoir semblait l'animer.
- Tu as peut-être abandonné mais pas moi, jamais je ne serais leur objet, cracha Lexa d'une voix encore tremblante malgré la rage de son regard.
- C'est pourtant ce qu'il va t'arriver si tu ne fais pas profil bas et que tu ne laisses pas Clarke t'aider.
- M'aider ? C'est à cause d'elle que je suis là, elle m'a acheté.
- Elle est un moindre mal comparé à d'autres maitres, Russel vient de t'en faire la démonstration, dit-elle sans l'épargner.
- Un romain est un romain, grogna Lexa incapable de voir la chance de sa position contrairement à Niylah.
- Oublie l'évasion, je t'aurais prévenu, abandonna-t-elle en quittant la pièce.
Lexa se retrouva seule et sans aucune distraction son esprit se rejoua rapidement son humiliation dans les jardins. Elle pouvait encore sentir l'intrusion en elle. Honteuse, blessée dans sa fierté, elle s'écroula sur son lit de fortune, laissant les larmes apaiser son âme.
Pendant ce temps sur le balcon surplombant la cour d'entrainement séparant la maison de la caserne des gladiateurs, Russel et Simone dégustaient un bon vin tout en profitant de l'air frais que leur procuraient les esclaves en train d'agiter de grands éventails.
Depuis la balustrade de pierre, Russel observait ses gladiateurs en plein entrainement. Comme à son habitude McCreary dominait tous les combats. Le gladiateur était de petite carrure, un corps fin mais musclé, cependant sa force résidait dans sa technique de combat car il était vicieux et imprévisible. Ce qui faisait de lui le champion de ses gladiateurs et de l'arène de Syracuse.
Il n'y avait qu'un adversaire qu'il n'avait pas encore réussi à vaincre : Gustus, celui que les hommes appelaient le Doctoré mais aussi celui qui les entraînait tous. Il combattait régulièrement face au vieux gladiateur, espérant secrètement de le mettre à terre un jour mais ce jour ne semblait pas encore venu : d'un habile mouvement, Gustus envoya le champion embrasser le sol, lui collant sa lame sur la gorge.
- Mort, dit-il avant de se tourner vers ses maitres qui observaient le spectacle d'un œil appréciateur.
La carrure de son plus vieux combattant était imposante, totalement à l'opposé de McCreary, et son expérience et sa force en faisait un redoutable adversaire. L'entraîneur tendit sa main libre à son adversaire pour l'aider à se relever mais ce dernier la repoussa et se leva seul avant de s'éloigner avec colère, rageur d'avoir une nouvelle fois perdu.
- Russel, le fait qu'elle ne soit pas vierge va nous faire perdre beaucoup d'argent, se plaignit à nouveau sa femme.
Il continua d'observer ses gladiateurs, surveillant ses investissements pour les prochains combats tout en buvant calmement sa coupe de vin.
- Tu as vu ce qu'elle a fait à la main du garde ? C'est une sauvage. Si elle s'en prend à l'acheteur nous allons au devant de gros ennuis, continua-t-elle.
- Ne t'en fais pas, l'arrêta son mari en se tournant vers elle, il y a bien des méthodes pour la rendre docile le moment venu…
Sa femme se calma face à la confiance qu'il dégageait puis il reporta son regard sur l'entrainement tout en ajoutant dans un sourire vicieux :
- De plus j'ai déjà un acheteur en tête qui sera prêt à payer cher pour avoir le plaisir de baiser cette sauvageonne. Plus elles résistent et plus il aime ça… Indiqua-t-il, amusé.
Un sourire naquit sur les lèvres de Simone, les paroles de son mari la rassurant.
- Cependant, il ne faut pas espérer la récupérer après la vente… Précisa-t-il amusé par le triste sort qui attendait l'esclave.
A suivre…
Alors verdict ? J'espère que rien ne vous a choqué mais j'essaie d'être la plus logique/réaliste possible... pour la suite les choses ne vont pas s'arranger mais nous vous inquiétez pas il y a des limites...
Concernant la suite, d'après vous Lexa va-t-elle rentrer dans le moule en écoutant Niylah ou continuer de se rebeller ? Et Clarke va-t-elle réussir à l'aider malgré son manque de coopération et sa haine ? Autant dire que le Clexa est mal partie :p
J'espère que vous êtes toujours accrochés par l'histoire et je vous dis à dans deux semaines ! :)
Ah oui et pour ceux qui suivent l'Héritage de Kouan, sachez que malgré son manque de temps pour écrire je veille au grain et lui met la pression pour la suite, elle avance ne vous inquiétez pas :p
A très vite !
