CH3-Obéissance
Bonjour, bonjour :D
J'espère ne pas vous avoir perdu sur le chapitre précédent au vu du peu de review comparé au premier. :(
En tout cas un merci à ceux qui ont pris le temps de me laisser un commentaire, ils m'ont fait super plaisir et motivé :D
Et encore et toujours un grand merci à Kouan pour la relecture. ;)
J'espère que ce chapitre vous plaira !
Bonne lecture, on se retrouve en bas.
Dans le silence de la nuit, Lexa était finalement tombée dans les bras de Morphée. Epuisée tant physiquement que mentalement, elle avait trouvé refuge dans le sommeil. Son esprit tourmenté cherchant du réconfort dans ses songes, mêlant les souvenirs aux rêves :
Dans les bras de sa fiancée, leurs mains entrelacées contre sa poitrine, Lexa à demi-endormie affichait un visage serein tandis que son cœur battait amoureusement.
- Tu dois vraiment t'en aller ? Souffla Costia contre son oreille, provoquant un frisson qui traversa son corps.
- Tu sais bien que oui, cette réunion est cruciale. Nos villages doivent s'allier si nous voulons résister aux attaques des pilleurs.
Sa fiancée soupira n'aimant guère l'idée de savoir Lexa sur les routes de Grèce fragilisées par les récentes batailles contre les Romains qui tentaient de les envahir. Une situation dont brigands et pilleurs profitaient en terrorisant les villages et détruisant ceux qui refusaient de leur payer un tribut.
- Mais pourquoi toi, c'est ton père le chef du village...
- Parce que c'est mon idée et mon devoir, la coupa-t-elle tout en se retournant dans leur étreinte pour tendrement venir caresser son visage et plonger dans son regard noisette. Amphipolis n'est qu'à deux jours de voyage, je serais vite rentrée, lui promit-elle.
- Tu me manques déjà…
- Je suis encore là et nous avons encore quelques heures avant le lever du jour… Répondit-elle en l'invitant d'un regard désireux.
Dans un large sourire, Costia fondit sur ses lèvres tout en basculant doucement sur Lexa. Cette dernière se laissa faire, savourant ses caresses sur son corps, une douce chaleur l'embrasant doucement. Sa respiration s'accéléra d'anticipation et elle ferma les yeux de délice lorsque la main de sa fiancée descendit lentement vers son intimité.
Mais la douceur de son amante s'estompa, tout se brouilla autour d'elle et son cœur se noya dans une vague d'émotions tumultueuses lorsqu'elle quitta subitement les bras de sa fiancée pour se retrouver sur son cheval à l'entrée du village, jetant un dernier regard en arrière vers Costia, échangeant un dernier sourire. Elle se retrouvait à nouveau à la réunion d'Amphipolis en train de convaincre les autres chefs de villages jusqu'à ce que des pilleurs les attaquent par surprise. Elle se revit combattre aux côtés des villageois et des chefs de villages en vain. Tous les hommes avaient fini par tomber les uns après les autres. Elle luttait pour s'échapper mais une violente douleur la prit à l'arrière de la nuque puis se fut le noir complet. Elle se réveilla en sursaut enchainée à l'arrière d'une charrette avant d'être jetée dans un bateau pour un long voyage à fond de cale. Traînée et suspendue sur une estrade devant des romains rieurs et affamés au marché aux esclaves, elle sentait la colère, la peur et la honte l'envahir de nouveau. Deux yeux océans apaisèrent en un instant ses tourments sans qu'elle ne se l'explique puis elle se retrouva sans comprendre dans les immenses jardins de Russel.
Tout se stoppa subitement et Lexa se retrouva dans sa cellule, ouvrant brutalement les yeux sur le plafond. Allongée sur son lit, elle avait toujours la sensation floue d'être encore dans un rêve. Elle avait fui ses souvenirs douloureux et cauchemardesques pour revenir à des songes plus doux. La douceur de la main qui saisit la sienne ne fit que le lui confirmer, tout comme le regard noisette et aimant qu'elle rencontra. Costia était assise sur le bord du lit, l'observant tristement.
- Costia ? Souffla-t-elle tout de même confuse, son cœur souhaitant croire qu'il ne s'agisse pas d'une illusion.
- Il faut que tu leur obéisses, lui répondit-elle toujours tristement.
- Quoi ? Secoua-t-elle la tête d'incompréhension.
- Tu dois leur obéir, répéta Costia tout en venant attraper son visage entre ses mains pour la calmer, c'est le seul moyen pour que l'on se retrouve.
C'est alors que la porte de la chambre s'ouvrit brusquement laissant entrer un garde puis Russel. Costia se leva tandis que Lexa reculait de peur contre le mur. Les deux hommes dépassèrent sa fiancée pour venir l'attraper.
- Ne résiste pas ! la supplia Costia.
Ce fut la dernière chose que Lexa entendit avant de réellement se réveiller cette fois. Dans un violent sursaut, elle se redressa le souffle rapide, le corps trempé de sueur, un regard paniqué balayant la pièce. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre pieds puis elle enfouit son visage dans ses mains, libérant de nouvelles larmes. Des larmes de soulagement d'être réveillée ou bien de peur, elle l'ignorait.
Elle pouvait encore sentir la main de Costia dans la sienne, ses caresses, et entendre sa voix aussi vivement qu'elle ressentait encore la peur qui avait enserré son cœur. Ces songes n'avaient été qu'un cruel rappel de tout ce qu'on lui avait arraché : sa liberté, son amour et son avenir. Pourtant malgré leur cruauté, ils ne lui enlevaient pas tout espoir, bien au contraire.
Revoir Costia, même si ce n'était qu'une illusion, lui rappela qu'elle avait une raison de se battre. Elle n'allait pas rester ici et les laisser lui retirer toute raison d'être, non, elle allait partir de cette prison et retrouver Costia. D'un geste rageur elle essuya ses larmes puis porta un regard déterminé vers la fenêtre et la liberté qu'elle retrouverait bientôt.
Lexa n'avait pas retrouvé le sommeil de la nuit lorsqu'au matin, on vint ouvrir sa porte. Elle s'attendait à voir Niylah mais elle fut surprise de voir entrer un homme d'une trentaine de printemps. Un esclave à en juger par sa tunique, métisse, cheveux brun coupé court avec une petite mèche de cheveux blancs. Il entra suivit d'un garde, ce qui fit instinctivement reculer Lexa qui s'était levée de son lit à leur arrivée.
- Je m'appelle Gabriel, je suis l'intendant des esclaves de la famille Prime, se présenta-t-il solennellement, son regard l'invitant à lui faire confiance.
Lexa ne répondit rien, portant un regard méfiant sur le garde. Gabriel tourna légèrement la tête pour suivre son regard puis il se décala pour lui cacher la vue du garde, ce qui amena la jeune femme à le regarder. Il sourit légèrement, observant qu'il avait à présent son attention.
- Famille que dorénavant tu te dois de servir avec respect et efficacité.
Lexa serra la mâchoire à ces paroles qui la mirent hors d'elle. La colère grondait sous son apparence calme mais elle se garda de toutes protestations, bien décidée à gagner du temps pour s'échapper le moment propice.
- J'ai cru comprendre que tu refusais de nous dire ce que tu faisais avant. C'est dommage car dans cette famille nous joignons l'utile à l'agréable cela permet d'être efficace. Quiconque à un talent a plus de chance de se voir attribuer une tâche en rapport avec ce dernier. Enfin si tu n'as aucun talent, en tant que femme tu dois tout de même savoir cuisiner, pointa-t-il d'un petit sourire amusé ce qui lui valut un regard assassin de la part de Lexa, tu es donc assignée à la cuisine pour la journée.
A peine eut-il fini que le garde dépassa l'intendant pour venir attraper les chaines toujours aux poignets de Lexa et l'entraîner à sa suite pour l'emmener vers les cuisines.
- Attendez ! L'arrêta Gabriel.
L'intendant n'avait pas manqué la grimace douloureuse qui était passée sur le visage de l'esclave lorsqu'il avait tiré sur ses chaines. Il écarta au mieux les fers de ses poignets et constata les marques de sang sur les bandages en partis déchirés par le frottement des chaines.
- Tu iras soigner ça auprès de notre médecin avant de revenir dans ta chambre ce soir, lui ordonna-t-il.
Elle ne dit toujours rien et Gabriel fit signe au garde de l'emmener. Sur le chemin de la cuisine, Lexa observa attentivement les lieux, repérant la moindre sortie, notant le moindre couloir, le moindre garde, en espérant trouver une faille pour s'enfuir le plus tôt possible.
L'agréable odeur des plats préparés par les esclaves en cuisine flottait dans l'air alors que Lexa mise à l'écart de la préparation nettoyait les plans de travail maintenant inutilisés. Les autres esclaves se méfiaient d'elle et la surveillaient du coin de l'œil. Le garde qui l'avait amené et qui surveillait l'entrée de la pièce ne leur avait donné aucune consigne la concernant, se contentant de la pousser dans la cuisine. Cependant, ils s'étaient bien gardés de lui confier une tâche pouvant impliquer le moindre objet tranchant.
Elle frottait une table de bois, ses chaines aux poignets tintant à chacun de ses mouvements et le fer frottant davantage ses bandages déjà bien abimés, entamant lentement sa chair. Une douleur lancinante qui gardait sa colère à vif et son objectif de fuite en éveil. Bien que travaillant, elle avait le regard rivé sur l'un des esclaves qui terminait de préparer un plat en usant d'un couteau. Ce dernier déposa soudainement son couteau et s'éloigna pour aller aider un de ses camarades. Lexa ne perdit pas une seconde et se dirigea vers l'autre plan de travail pour s'emparer de l'objet tranchant.
- Toi ! La nouvelle ! Fut-elle brusquement stoppée par l'esclave dirigeant la cuisine.
Lexa ferma les yeux de frustration alors qu'elle était à portée de mains du couteau mais elle se rétracta et se retourna.
- On t'a assigné au service des plats, dépêche-toi !
Lexa serra les dents et suivit docilement les deux autres esclaves assignés à cette tâche. Elle attrapa un plat puis elle quitta la cuisine pour rejoindre la salle à manger. Elle y trouva la famille Prime installée pour le repas ainsi qu'un invité discutant activement avec Russel. Les deux esclaves qu'elle suivait déposèrent leur plat dans une indifférence totale sur la table au centre des convives mais il en fut tout autre pour Lexa. Elle sentit le regard étrangement concerné de sa propriétaire Clarke sur elle mais également celui scrutateur de la maitresse de maison et le regard malsain de Russel qui glissa sur son corps.
Ecœurée, elle prit sur elle et déposa son plat sur la table avant de faire demi-tour pour retourner à la cuisine. Elle fit ainsi plusieurs allers-retours, supportant les regards en silence avant de devoir rester dans la pièce pour servir le vin tandis que ses camarades esclaves débarrassaient les plats qui se vidaient progressivement.
Lexa fit preuve d'une infinie patience alors qu'elle jouait les invisibles en attendant le bon vouloir de ses maitres. Elle n'était pas la seule alors qu'au quatre-coins de la pièce les esclaves personnels de la famille attendaient que le repas se termine pour suivre leur propriétaire tel des chiens bien dressés. Lexa observait Niylah qui se tenait non loin de Clarke lorsqu'elle fut hélée.
- Du vin ! Exigea Russel en désignant sa coupe ainsi que celle de sa femme et de leur invité.
Lexa resserra sa prise sur la cruche qu'elle tenait puis elle obéit tout en serrant les dents mais ne montra rien, affichant un regard impassible, se répétant qu'elle devait gagner du temps. Elle approcha de Russel et versa du vin dans la coupe qu'il lui tendait. Si auparavant son regard l'avait dérangé, lui provoquant de désagréables frissons, à chacun de ses passages autour de la table, ce fut cette fois le regard de l'invité qui pesa sur elle. Alors qu'elle servit Russel puis Simone, elle sentit ses yeux la fixer avec insistance. De sa place allongée, l'homme aux cheveux blancs et à la panse bedonnante la regarda approcher de ses petits yeux perçants. Il leva sa coupe dans un petit sourire vicieux et elle le servit en supportant son regard oppressant.
Lorsqu'elle eut fini de remplir sa coupe, elle voulut se reculer pour s'éloigner mais l'homme attrapa brusquement ses chaînes d'une main, stoppant abruptement son retrait et manquant ainsi de lui faire renverser sa cruche de vin.
- Pourquoi ces chaînes ? Questionna l'homme sans quitter Lexa des yeux.
- C'est une nouvelle esclave qui n'est pas encore dressée, répondit Russel.
Le regard de l'homme brilla d'une inquiétante lueur à cette information tandis que Russel cachait difficilement un sourire satisfait, il en fut tout autre pour Clarke qui à leurs côtés serra les poings de colère face à leur manière de traiter la jeune femme. L'homme relâcha Lexa qui s'éloigna immédiatement de la table.
- Un malheureux achat de notre nièce, ajouta Simone en posant un regard dédaigneux sur Lexa lorsqu'elle passa à côté d'elle.
- J'ai vu un certain potentiel en elle, défendit soudainement Clarke.
Lexa surprise par son intervention se tourna vers elle et fut tout aussi surprise de n'y voir que de la sincérité. Elle fut néanmoins ramenée à Russel lorsque ce dernier se mit à rire avec sarcasme.
- Son seul potentiel est l'argent qu'elle me rapportera lorsque je la vendrais lors des fêtes Apollinaires.
- La vendre ? Demanda l'invité.
- Son corps pour le plus offrant, clarifia Russel.
Son plan fonctionnait à merveille, il avait invité Crassus en connaissant parfaitement son penchant pour les esclaves rebelles. C'est pourquoi, il avait exigé que la nouvelle esclave soit au service des plats afin qu'il puisse la découvrir. Maintenant qu'il était appâté, Russel n'avait nul doute sur son désir d'obtenir l'esclave. Crassus serait prêt à tout pour gagner les enchères d'ici la fête en l'honneur d'Apollon.
Lexa sentit tout son corps trembler en comprenant quel terrible sort ils lui réservaient et lorsqu'elle croisa le regard dangereusement vicieux de Crassus, son corps réagit de lui-même quittant la pièce d'un pas rapide.
- Elle n'a plus de vin, entendit-elle vaguement de la part de Niylah qui semblait vouloir couvrir son départ précipité. L'esclave fut rapidement rabrouée pour avoir pris la parole sans y être invitée.
Lexa fila dans l'Atrium, retournant machinalement vers la cuisine lorsqu'elle percuta violemment quelqu'un. Le vin gicla de toute part avant qu'elle ne lâche la cruche qui se brisa avec fracas au sol.
- Espèce d'idiote ! Hurla le garde qu'elle venait de bousculer tout en lui décochant une puissante gifle qui la propulsa à terre.
Se redressant une fois remise de sa chute, Lexa reconnut le garde qui avait aidé Russel à l'immobiliser.
- Te voilà à ta place sale chienne, grogna-t-il en la repoussant à terre de son pied.
Lexa retomba dans les débris de la cruche, le vin imprégnant sa tunique et rendant ses mains poisseuses. Le rire du garde éveilla quelque chose en elle et sa colère se libéra soudainement. Elle frappa du pied sa cheville, le faisant poser genoux à terre de surprise et de douleur puis attrapant un morceau pointu de la cruche brisée, elle le lui planta avec force au niveau de l'épaule. Le garde cria de douleur.
Elle allait réitérer son attaque lorsque quelqu'un attrapa fortement son bras. Quelle ne fut pas sa surprise de croiser un certain regard océan lorsqu'elle se retourna. Lexa la repoussa avec aisance et voulu reprendre son attaque mais le cri du garde avait alerté d'autres gardes qui la maitrisèrent subitement et avec force.
- Que se passe-t-il ?! Apparut Russel suivit de près par Simone et Crassus.
- Cette esclave m'a attaqué, répondit le garde blessé.
- Elle n'a fait que se défendre ! Intervint cette fois Clarke.
- Peu importe ! Je ne tolérerai aucune rébellion sous mon toit !
Russel fit signe à ses gardes qui agenouillèrent avec force Lexa face au garde blessé, lui offrant son dos tandis que ce dernier décrochait le fouet à sa ceinture.
- Mon oncle, je vous en prie, non !
-SILENCE ! Fit-il taire Clarke. Cinq coups de fouet, allez-y !
Lexa ferma les yeux et se prépara à recevoir le premier coup, se promettant de résister à la douleur, refusant de leur offrir la satisfaction de ses cris. Le fouet claqua dans les airs et déchira sa chair dans une brûlante morsure. Le coup fut plus difficile à encaisser qu'elle ne l'avait pensé mais elle résista, supportant la terrible douleur sans un bruit. Les coups s'enchainèrent sans pitié mais aucun cri ne les accompagna. Seule la sueur de son corps en souffrance et sa respiration saccadée trahirent la terrible peine qu'elle endurait.
Lorsque se fut enfin terminé, les gardes la lâchèrent et elle s'effondra sur le sol, à bout de force et l'esprit noyé dans la douleur.
Clarke ne pouvait détacher son regard de la jeune femme souffrant au sol. Les coups de fouet avaient déchiré sa tunique, laissant entrevoir les plaies saignantes. Sa douleur était évidente pourtant elle serrait les dents, refusant de l'évacuer par un quelconque cri. Seul son corps tremblant la trahissait. Clarke en était admirative, elle avait vu de nombreux esclaves renoncer à lutter pour bien moins que ce qu'avait enduré la jeune femme depuis son arrivée.
- GABRIEL ! Appela soudainement Russel, toujours furieux avant d'ordonner aux gardes de ramasser l'esclave.
Ils ramassèrent la jeune femme sans aucune douceur, la relevant avec force ce qui tira sur ses plaies sanguinolentes, lui arrachant une grimace douloureuse qui n'échappa pas à Clarke. L'un des gardes l'attrapa par les cheveux et lui redressa vivement la tête en arrière pour l'obliger à les regarder. Malgré la douleur, les yeux verts les foudroyèrent d'une féroce colère.
- Gabriel ! Où est-il bon sang ?! S'impatienta Russel.
Crassus qui jusqu'à présent était resté en retrait avec Simone qui tentait de s'excuser auprès de leur invité de l'attitude de leur esclave, se détacha de la maitresse de maison pour venir s'approcher de l'esclave. D'une main il lui attrapa avec une fausse douceur le menton, l'obligeant à le regarder. Crassus plongea dans ce vert furieux, se délectant clairement de sa fureur, une lueur malsaine dans le regard.
- Mon oncle, intervint Clarke tout en approchant à son tour de l'esclave amenant Crassus à reporter son attention sur eux et lâcher la jeune femme, nous devrions faire rapidement soigner ses blessures afin de laisser un minimum de marques pour la vente, pointa-t-elle froidement.
Ces paroles lui valurent un regard meurtrier de la part de l'esclave. Son cœur se serra car elle avait dit cela dans le secret espoir de l'aider.
- Tu as raison, lui accorda Russel. Emmenez-la ! Et faites appeler le médecin ! Ordonna-t-il.
Les gardes tirèrent en arrière la jeune femme, la traînant presque sur le sol et ne prêtant aucune attention à ses blessures, lui envoyant ainsi d'atroces élans de douleur à travers le corps.
- Doucement ! Ne l'abîmez pas davantage ! Leur cria Clarke avec une froide autorité qui les fit immédiatement obéir.
- Te voilà enfin ! S'exclama Russel, ramenant l'attention de Clarke sur eux.
Gabriel venait d'apparaitre, suivit de près par sa cousine qui resta en retrait tandis que l'intendant rejoignait son maitre tout en jetant un regard surpris vers l'esclave emmenée par les gardes.
- Vous m'avez demandé, Dominus ? Demanda-t-il humblement.
- Je vais vous laisser, les interrompit Crassus en détachant son regard de l'esclave emportée par les gardes.
- Crassus, je suis profondément désolé pour tout ça, s'excusa Russel.
- Ne vous en faites pas, je comprends parfaitement la nécessité de dresser sans attendre une esclave rebelle, le rassura-t-il d'un sourire vicieux.
- Laissez-moi vous raccompagner, proposa Simone.
- Avec plaisir, hocha-t-il de la tête avec courtoisie.
La maitresse de maison l'emmena tout en continuant de s'excuser avant de lui proposer de se rattraper en l'invitant à leur fête en l'honneur d'Apollon. Une proposition qui fit sourire Russel, sa réaction intriguant Clarke avant qu'il ne retourne son attention sur Gabriel.
- Je veux que tu me gardes la nouvelle enfermée jusqu'à la fête, ordonna-t-il à l'intendant sa colère reprenant le dessus.
- Oui, Dominus, répondit-il dans une obéissance parfaite.
- Qu'il ne lui arrive rien, pas une égratignure de plus et que ses blessures soient proprement soignées, suis-je bien clair ?
- Oui, Dominus, répondit-il toujours bien droit.
- Maintenant fait nettoyer tout ce bordel ! Ordonna-t-il en désignant le vin et la cruche brisée au sol ainsi que le sang de l'esclave.
Gabriel acquiesça puis il passa à l'action, donnant des ordres aux esclaves les plus proches tandis que Russel disparaissait, suivit par sa fille qui retourna à ses occupations. Quant à Clarke, elle prit immédiatement la direction de l'aile des esclaves, silencieusement suivie par Niylah.
- Attends-moi là, stoppa-t-elle Niylah devant la porte gardée de l'esclave.
Bien que surprise l'esclave ne protesta pas, se contentant d'acquiescer silencieusement et se positionner dans le couloir avant que Clarke n'entre dans la chambre. Lorsqu'elle entra, cette dernière s'arrêta sur le pas de la porte après l'avoir refermée. Nyko qui s'occupait des blessures de l'esclave ne tourna pas la tête vers elle, restant concentré sur son travail afin d'infliger le moins de douleur possible. La jeune femme avait été allongée sur le ventre et par précaution ou pour l'empêcher de se mettre sur le dos, elle avait les bras au-dessus de la tête enchainés à un crochet fiché dans le mur.
Clarke fit un pas silencieux afin de mieux observer les blessures de la jeune femme. Le médecin avait déchiré le haut de sa tunique après avoir retiré le tissu prit dans les plaies. Ainsi son dos meurtri était totalement exposé, facilitant les soins de Nyko qui nettoyait les lacérations pour ensuite y appliquer un baume pour la cicatrisation.
- Comment va-t-elle ? Demanda-t-elle finalement.
- C'est une tête dure, commença-t-il, décrochant un fin sourire à Clarke, les gardes ont dû m'aider à lui faire boire une mixture contre la douleur.
Clarke soupira, désespérant que la jeune femme comprenne que lutter ne lui apporterait rien de bon.
- Elle va somnoler pendant quelques heures, ajouta le médecin tout en continuant ses soins.
- Ses blessures sont graves ?
- Elles sont peu profondes mais elles laisseront tout de même des marques, je ne peux pas faire de miracle face au cuir du fouet.
Clarke le regarda tristement appliquer du baume sur une des lacérations, appuyant un peu trop fortement il fit tressaillir la jeune femme de douleur malgré son état de semi-conscience.
- Je vais continuer, lui dit-elle fermement et avançant pour prendre sa place.
Bien que surpris le médecin se leva, comprenant parfaitement qu'elle ne lui laissait pas le choix de par son regard déterminé. Il lui donna le linge mouillé pour nettoyer les plaies ainsi que le bol remplit de baume.
- Je reviendrais pour m'occuper de ses poignets avec un garde, pointa-t-il ses bandages aux poignets arrachés par les chaînes avant de quitter la chambre.
Clarke s'assit avec précaution au chevet de la jeune femme dont elle trouva le regard vert tourné sur elle, un regard flou mais dont elle percevait la nette colère. Elle choisit de l'ignorer et reprit ses soins.
- Me… touche… pas… Protesta faiblement la jeune femme.
Clarke l'ignora et se concentra sur sa tâche, appliquant délicatement le baume. Son cœur se serra lorsque ses doigts passèrent sur sa peau maintenant abîmée par le fouet. Ses yeux se teintèrent d'une tristesse sans nom lorsqu'elle la sentit se tendre de douleur malgré la douceur qu'elle y mettait.
- Je suis désolée… Souffla Clarke.
Elle croisa à nouveau le regard vert qui naviguait entre conscience et inconscience et elle vit parfaitement que l'esclave ne la croyait pas.
- Difficile… de me… vendre maintenant… Marmonna la jeune femme.
- Non, ce n'est pas…
Clarke se tut, réalisant que quoi qu'elle dise elle ne pourrait la convaincre de ses bonnes intentions envers elle. Elle était romaine, elle l'avait achetée et elle l'avait entendue dire froidement que l'on ne devait pas l'abîmer pour pouvoir vendre son corps. Elle avait toutes les raisons de la détester et aucune explication ne permettrait d'apaiser sa colère. Silencieuse et triste, Clarke reprit ses soins, rongées par la culpabilité.
Lorsqu'elle eut terminé d'appliquer le baume, elle déposa des bandages propres afin de protéger les plaies des insectes. Elle se leva et s'éloigna vers la porte mais avant d'ouvrir cette dernière, elle s'arrêta subitement, tournant légèrement la tête vers l'esclave dont le regard haineux brûlait son dos.
- Pour survivre il faut parfois savoir jouer un rôle… Lui dit-elle dans un murmure emprunt de tristesse.
Sans rien attendre de la jeune femme, Clarke quitta la chambre. Lexa fixa la porte quelques secondes, les paroles de la romaine tournant dans son esprit. Elle était loin de se douter que la jeune femme parlait d'elle, de son expérience personnelle à jouer quotidiennement un rôle afin de survivre dans un monde qui ne partageait pas ses principes.
- Le fouet était-il nécessaire ? Demanda Simone qui suivait son mari dans son bureau et qui redoutait que les cicatrices repoussent les potentiels acheteurs.
- Une démonstration nécessaire pour Crassus. Il a pu se rendre compte de la résistance de ne notre petite sauvageonne. Tout ce qu'il aime, ajouta-t-il d'un sourire sadique.
- C'est pour cela que tu as demandé sa présence au service, réalisa sa femme, pour que Crassus la remarque. Tu avais tout planifié.
- Comme toujours, retourna-t-il fièrement. A-t-il accepté notre invitation à la fête ?
- Oui et il était plus qu'enchanté.
Cela ne surpris nullement Russel : au vu de la manière dont Crassus avait dévoré de son regard vicieux leur esclave. L'excitation de la victoire poussa Russel sur les lèvres de sa femme, l'embrassant fiévreusement.
- Prépare-toi à la plus belle des ventes aux enchères, lui dit-il certain que Crassus paierait le prix fort pour assouvir ses désirs malsains sur leur esclave.
Il embrassa à nouveau sa femme, également heureuse de leur victoire, puis il la poussa sans douceur contre le bureau pour assouvir ses propres désirs.
A suivre…
Alors ? Je suis sûre que vous aimez encore plus Russel et Simone :p Et Crassus qui rentre dans la partie n'annonce rien de bon pour Lexa :(
Que pensez-vous de Clarke ? Aide-t-elle Lexa ou ne fait-elle qu'empirer les choses ?
On en apprend un peu plus sur Lexa qu'est-ce que vous en pensez ? Et a-t-elle raison de s'accrocher à Costia d'après vous ?
J'espère avoir vos retours :) C'est une grande source de motivation mais aussi un moyen d'apprendre et de m'améliorer, et j'adore échanger avec vous sur vos théories :p
Encore merci pour les retours du dernier chapitre et je vous dit à dans deux semaines :D
