CH5-Crassus

Helloooooo :D

Un tout petit peu d'avance pour la publication de ce chapitre,

j'ai été tenté de vous le mettre plus tôt pour vous remercier de vos super retours

mais l'attente pour le suivant aurait été trop longue.

(Et Kouan toujours à la relecture me l'a déconseillé parce que j'ai peu d'avance, oui c'est sa faute :p)

Un grand grand merci pour vos retours, je vous laisse découvrir le chapitre qui

commence directement dans le vif du sujet mouhahahaha !

Bonne lecture !


Lexa fut trainée par un soldat jusqu'à une chambre de l'étage. Elle était réservée aux distractions que Russel offraient ou vendaient à ses invités de marques désireux de profiter des atouts de ses gladiateurs. La chambre était sobrement décorée et ne contenait qu'un grand lit et une petite commode. Il n'y avait pas de balcon contrairement aux autres chambres de la demeure mais une petite fenêtre rappelant celle de la cellule de Lexa. Il y avait également une porte que l'on pouvait verrouiller, chose peu commune dans les quartiers des propriétaires.

Elle fut poussée en direction du lit et perdit légèrement l'équilibre se rattrapant comme elle le put à ce dernier. Le garde resta entre elle et la porte tandis qu'un esclave n'appartenant pas à la famille Prime entra. L'homme se dirigea vers la petite commode où il déplia un morceau de tissu épais contenant plusieurs ustensiles qui firent reculer Lexa de crainte.

L'esclave quitta la pièce sans un mot puis Crassus fit son entrée.

-Voulez-vous la clé des chaînes ? Demanda le soldat.

Crassus refusa d'un mouvement de tête et ordonna au garde de sortir. Ce dernier s'exécuta et referma la porte à clé derrière lui. Lexa qui fixait toujours avec angoisse les ustensiles ne remarqua pas le départ du garde ainsi que l'arrivée de Crassus. Elle tourna son regard vers lui lorsqu'il passa dans son champ de vision pour venir caresser les outils.

- Tu aimes mes petits jouets ? Lui demanda-t-il d'une voix perverse tandis que ses yeux se teintaient d'une lueur lubrique et malsaine.

Le corps de la brune se mit à trembler malgré elle, la peur l'envahissant alors qu'elle était piégée avec ce fou. Ce dernier releva sa peur évidente et afficha un sourire malsain.

- Tu vas apprendre à les aimer, lui dit-il tout en s'emparant de l'un d'eux.

Il caressa presque tendrement le plat d'une petite dague, ses yeux s'étrécissant vicieusement.

- Voici mon préféré, parfait pour trancher la chair, dit-il d'un petit air sadique.

Quelque chose se réveilla soudainement en Lexa : son instinct de survie prenant le dessus sur la peur. Sans prévenir, elle se jeta soudainement sur la porte dans l'espoir de s'enfuir. Cependant, elle ne fit que s'écraser contre elle, cette dernière refusant de s'ouvrir tandis que Crassus ricanait et savourait de la voir se rebeller vainement.

Le romain se dirigea vivement vers elle et l'attrapa douloureusement par les cheveux avant de la jeter en arrière. Lexa perdit l'équilibre et tomba à terre. Elle se redressa immédiatement mais fut de nouveau cueillit par Crassus qui la saisit à la gorge pour terminer de la relever et la jeter sur le lit. Elle tomba sur le dos et vit son tortionnaire brandir sa lame dans sa direction. Elle eut tout juste le temps de rouler sur le côté opposé du lit avant de s'en lever rapidement, la dague fendant l'air à quelques centimètres d'elle.

Elle recula contre le mur du fond tandis que Crassus passait par-dessus le lit. Lexa regardait tout autour d'elle, cherchant désespérément une échappatoire alors que son cœur battait de peur, prêt à rompre sa cage thoracique. Elle était tel un animal acculé faisant face à sa mort imminente. Cependant, comme la proie face à son prédateur, elle n'était pas prête à abandonner, elle esquiva de nouveau la lame en s'échappant sur le côté.

Crassus passa sa langue sur ses lèvres, se délectant vicieusement de cette chasse à laquelle il se livrait. Il ne laissa aucun répit à sa proie qui tentait de le fuir, enchaînant les coups de dague dans sa direction jusqu'à ce qu'il l'atteigne au bras, lui arrachant un délicieux cri de douleur mêlé de surprise.

Lexa fut déstabilisée par cette blessure bien que superficielle, ce qui permit à Crassus de l'atteindre. Il l'attrapa et la plaqua fortement contre le mur d'une main sur la gorge et l'autre approchant la dague de son visage qu'elle observa avec terreur.

- Je vais prendre un grand plaisir à te découper en morceaux, lui susurra-t-il tout en menant la dague à son visage pour finement lacérer sa joue.

Lexa tenta de se débattre sous la douleur, ses chaînes aux poignets l'entravant et tintant, mais Crassus resserra sa prise sur sa gorge l'étouffant un peu plus.

- Tellement belle, souffla-t-il tout en faisant glisser sa lame sur son corps sans lacérer sa chair et admirant ses courbes, et à moi… Siffla-t-il tel un serpent en remontant vers son regard.

Crassus y rencontra un vert plein de haine et qui rêvait sans aucun doute de le tuer pour ce qu'il était en train de faire. Il étira un sourire sadique lorsque sa lame commença à doucement lacérer son ventre, provoquant des étincelles de souffrance dans le regard de l'esclave. Il relâcha légèrement la pression sur sa gorge pour entendre ses gémissements de douleur mais elle garda le silence, refusant de le satisfaire.

Crassus se délecta de cette résistance qu'elle lui imposait, ne faisant qu'accroitre son excitation. Sadiquement, il cessa le cheminement de la lame qui lacérait sa chair puis il l'enfonça lentement de quelques centimètres, savourant la vive douleur qui jaillit dans le regard de l'esclave, obtenant enfin les cris qu'il désirait.

Lexa tenta de retenir ses cris mais la douleur était insoutenable. Elle sentait la lame déchirer sa chair puis la vive brûlure qui s'insinuait en elle avant de sentir son sang couler le long sa peau. Crassus finit par retirer sa lame pour la porter à ses lèvres et y lécher son sang dont il se délecta tout en la regardant droit dans les yeux.

- Délicieux, sourit-il les dents rougis.

Il se colla brusquement à elle et l'embrassa, sa langue tentant de forcer ses lèvres tandis qu'elle pouvait sentir son sexe durci contre elle. Lexa eut un violent haut le cœur mêlé de pure panique puis dans un pur reflexe de combativité, elle lui mordit violemment la lèvre. Crassus se recula vivement tout en la rejetant sur le côté. Il se toucha la lèvre en sang et sourit, finalement amusé par sa résistance.

- Nous allons beaucoup nous amuser cette nuit, se réjouit-il, la persévérance de la brune l'excitant clairement. Cette petite brune était sans nul doute la plus combative des femmes qu'il avait eu le loisir de torturer.

Ses habituelles victimes ne lui résistaient que très peu de temps, se mettant à rapidement le supplier et pleurer pour leur vie dès les premières gouttes de sang. Ce qui avait le don de le fatiguer alors il cessait de jouer, les baisant à moitié mortes et baignant dans leur sang, trouvant finalement à travers leurs gémissements de douleur, son plaisir sadique. Il les tuait ensuite, après les avoir brisées, les vidant de toute dignité et de leur âme. Elles étaient le plus souvent déjà mortes à l'intérieur lorsqu'il arrêtait, leur corps n'étant plus qu'une coquille vide.

Il s'approcha de l'esclave qu'il avait repoussée contre la commode pour passer aux choses sérieuses. Elle ne bougeait pas, appuyée sur le meuble et une main pressée sur la profonde blessure qu'il lui avait faite, tentant de stopper le saignement. Crassus s'approcha sûr de lui mais lorsqu'il posa une main sur son épaule pour la retourner vers lui, l'esclave profita du mouvement pour violemment lui enfoncer dans le ventre une sorte de grande aiguille subtilisée parmi ses outils. Il libéra un cri de surprise et douloureux.

- SALE GARCE ! Hurla-t-il furieux tout en la frappant du revers de la main pour l'éloigner de lui.

Elle rencontra à nouveau la commode mais elle n'eut le temps de réagir qu'il l'attrapa par la nuque et la jeta à terre avant de lui asséner plusieurs coups de pieds dans l'abdomen, lui coupant la respiration. L'un d'entre eux l'atteignit à sa blessure, ce qui l'électrifia de douleur. Pendant qu'elle gisait au sol, Crassus retira lentement l'aiguille toujours plantée, étouffant sa propre douleur.

- Tu vas le regretter, cracha-t-il rageur en jetant l'aiguille au loin.

Il était furieux, son regard vicieux brûlant le corps de l'esclave qui tentait de reprendre sa respiration. Crassus aimait qu'on lui tienne tête mais pas perdre la face et c'est ce que venait de lui infliger cette misérable esclave en le blessant.

- DEBOUT ! Lui ordonna-t-il dans un cri tout en l'attrapant férocement par ses chaines pour la relever et la jeter sur le lit.

Lexa eut un nouvel élan de panique lorsque son dos toucha le lit, puis son cœur s'affola à tout rompre hurlant sa peur alors que Crassus accompagnait sa chute pour grimper sur elle. Il se positionna à califourchon, immobilisant sa taille de son poids. Elle tenta de le repousser, appuyant fortement contre son torse malgré le peu de mouvement que lui autorisaient ses chaînes, ses poignets quasiment collés à son corps. Une fulgurante douleur la traversa lorsque Crassus enfonça brutalement un doigt dans sa blessure.

- Quel merveilleux son, se réjouit-il lorsqu'elle cria de douleur.

Lexa se tordit de douleur, cessant ainsi de le repousser et Crassus en profita pour amener son couteau qu'il n'avait pas lâché au niveau de sa poitrine et se mit à tracer un léger sillon dans sa chair. Cette nouvelle douleur sortit violemment Lexa de sa douloureuse torpeur. Elle se redressa et vint refermer sa mâchoire sur le poignet de Crassus, le mordant jusqu'au sang. Il en lâcha son couteau de surprise, le laissant tomber sur le lit.

Il retira avec violence son doigt de la blessure de Lexa pour attraper son poignet blessé. La douleur de la libération repoussa Lexa sur le lit et Crassus enragé par ce nouvel affront referma avec force ses mains autour de sa gorge. Par pur reflexe, elle tenta de le repousser, se débattant vivement mais rapidement ses forces commencèrent à la quitter alors que l'air lui manquait cruellement.

Lexa sentait que la fin était proche mais en même temps elle s'y refusait. Elle refusait de mourir ainsi alors elle continua de lutter, bien que ses gestes devenaient de plus en plus faibles, sa vue se brouillant d'instant en instant. Le visage fou de Crassus s'effaçait pour laisser place à l'obscurité, ses yeux papillonnant tandis que ses poumons cessaient lentement leur combat pour respirer.

Ses yeux se fermèrent mais ce n'est pas l'obscurité qui l'accueillie. Le visage de Costia lui apparut, embrasant une étincelle qui puisa dans ses dernières forces, la forçant à s'accrocher à la vie. Dans un reflexe inconscient, Lexa remonta avec force son genou contre l'entrejambe de Crassus qui s'était redressé pour mieux l'étouffer. La force du coup le surpris et la douleur saisissante lui fit lâcher Lexa pour se relever en venant poser une main sur son sexe en souffrance. L'instant d'après l'air emplissait à nouveau les poumons de la brune mais il lui fallut quelques instants pour retrouver son souffle.

Lexa voulu ensuite s'éloigner en roulant mais Crassus remit de sa douleur la rattrapa d'une main à l'épaule pour la remettre sur le dos. Cependant, ses mains se refermèrent sur quelque chose qu'elle brandit en direction de Crassus avec force lorsqu'il la retourna. Dans un cri enragé et désespéré, elle plongea jusqu'au manche le couteau qu'elle avait ramassé dans l'abdomen de son tortionnaire et fit glisser la lame dangereusement acérée de toutes ses forces sur le côté, l'éventrant.

Crassus se figea de stupeur, baissant les yeux sur le couteau resté planté sur le côté tandis que ses intestins commençaient à sortir de l'ouverture, le reste de ses organes appuyant sur ce dernier tandis qu'un sang rouge sombre s'échappait de la plaie béante ainsi que de ses lèvres. Le choc prenant le dessus, il se leva du lit, libérant Lexa de son poids, reculant, ses mains tentant de maintenir désespérément ses organes qui menaçaient de tomber au sol.

Lexa se redressa et se recroquevilla contre la tête de lit cherchant à retrouver sa respiration. Elle regarda Crassus tituber vers la porte. Il retira soudainement le couteau de son ventre, libérant encore plus de sang avant de s'effondrer contre, tapant lourdement contre le bois. Il s'étala ensuite de tout son long sur le sol, terminant de se vider de son sang dans d'ignobles gargouillis d'agonie.

Le garde posté derrière la porte s'inquiéta de cet étrange bruit contre la porte. Il avait ignoré beaucoup depuis qu'il avait laissé Crassus en compagnie de l'esclave mais ce soudain tapage contre le bois puis le silence malgré la fête battant son plein en bas, le convainquit de se renseigner.

- Tout va bien ?! Demanda-t-il à travers la porte, faisant sursauter Lexa.

Cette dernière se leva brusquement du lit, incapable de répondre car cela alerterait immédiatement le garde. Elle marcha à pas feutrés jusqu'au corps de Crassus et attrapa le couteau poisseux de sang au sol avant de rapidement glisser la lame sous la lanière de cuir qui entravait l'un de ses poignets, se mettant à la couper alors que le garde appelait une seconde fois.

Cependant l'absence de réponse eut rapidement raison de la retenue du soldat qui décida d'entrer. Il déverrouilla la porte alors que la lanière de cuire cédait enfin. Son entrée fut en partie bloquée par le corps au sol ce qui profita à Lexa. Poussée par l'instinct de survie et la chance qui s'offrait à elle de fuir, elle le poignarda à la gorge d'un mouvement vif ce qui surprit ce dernier. Elle enfonça la lame à plusieurs reprises, ne lui laissant aucune chance de riposter. Lorsqu'elle se recula enfin, elle était couverte de sang et le garde s'effondra à terre de l'autre côté de la porte, mort.

Lexa ne perdit pas un instant et coupa les derniers liens de cuirs l'embarrassant, se faufilant derrière la porte, cherchant ensuite la clé qui la libérerait de ses chaines sur le corps du soldat. Après une minute, elle laissa tomber ces dernières lourdement sur le sol puis quitta les lieux, en quête de liberté.


Couteau dans une main et l'autre appuyant sur sa blessure à l'abdomen, Lexa avançait prudemment dans le couloir. Elle ne vit aucun autre garde alors que la musique, les rires et les voix de la fête lui parvenaient. Elle s'approcha du rebord du corridor donnant sur l'Atrium et regarda discrètement vers le bas en se collant à l'un des piliers soutenant la bâtisse. Elle repéra rapidement les gardes disséminés aux quatre coins de la pièce dont celui surveillant les escaliers, lui bloquant son seul moyen de descendre.

Elle allait s'éloigner en quête d'une autre solution lorsqu'elle repéra Russel, elle resserra alors sa prise sur son couteau, désireuse de fondre sur lui pour lui trancher la gorge afin de lui faire payer ce qu'il venait de lui faire en l'offrant à ce sadique de Crassus. Il lui fallut toute sa volonté pour repousser sa rage et son désir de vengeance mais elle finit par reculer et retourner vers les chambres. Elle se mit à les fouiller une à une, la fête les ayant vidées de ses propriétaires pour la soirée.

Lexa finit par trouver un balcon donnant sur les jardins de la maison et devant lequel se dressait un immense olivier. Elle vérifia d'abord que la voie était libre puis elle passa par-dessus la balustrade de pierre et sauta dans l'arbre. Elle se réceptionna parfaitement sur une grosse branche et allait se hisser dessus lorsque sa blessure se rappela douloureusement à elle, lui faisant lâcher prise dans un gémissement douloureux. Elle s'écrasa lourdement sur le sol, les branches s'entrechoquant avec son corps et le bruit de sa chute résonnant dans la nuit calme.

Elle roula sur le dos reprenant ses esprits et chassant la vague de douleur tout en fixant le ciel étoilé alors qu'une vague de poussière virevoltait autour d'elle du fait de sa chute brutale. Douloureuse, Lexa finit par se redresser et songea à se frayer un chemin à travers les imposantes haies fermant la propriété mais en s'y approchant, elle repéra un garde sortant de la demeure qui semblait s'y diriger. Elle fit donc demi-tour, toujours une main appuyée sur sa blessure puis elle entra à nouveau dans la demeure.

Etant peu sortie de sa chambre, elle n'avait pas suffisamment repérée les lieux, cependant elle prit la décision de s'éloigner le plus possible de la fête. A travers un couloir, elle entendit de nouveau des pas se dirigeant vers elle alors par réflexe elle entra dans une pièce.

- Par Zeus ! Cria une voix paniquée qui la surprit.

Elle se retourna et découvrit avec étonnement sa propriétaire au milieu de ce qui semblait être une bibliothèque. Clarke avait fui la fête mais incapable de se sortir de la tête ce que Crassus était en train de faire à la jeune femme, elle s'était rendue à la bibliothèque dans l'espoir de se changer les idées. Elle luttait pour se plonger dans les lignes d'un livre lorsque l'esclave était entrée, la surprenant. Clarke s'était immédiatement levée et affolée à la vue du sang la couvrant mais avant qu'elle ne puisse davantage réagir la jeune femme fondit sur elle et la poussa jusqu'à un mur, où elle la plaqua sans ménagement avant d'apposer son couteau sur sa gorge, la glaçant d'effroi.

- Pas un bruit, la menaça-t-elle alors que les bruits de pas passaient devant la bibliothèque.

Pendant un moment seuls leurs souffles se firent entendre dans la pièce tandis que les pas passaient dans le couloir avant de s'éloigner pour finalement disparaître. Lexa qui n'avait pas quitté l'entrée des yeux reporta son attention sur sa captive.

- Donne-moi une seule raison de t'épargner, grogna-t-elle en appuyant légèrement sa lame sur sa gorge, la faisant saigner.

- Je n'ai fait que t'aider, se défendit Clarke, tremblante sous sa prise.

- J'ai l'air d'avoir été aidée ?! S'insurgea Lexa en enfonçant un peu plus sa lame dans sa chair et tirant par la même occasion sur sa blessure au ventre, grimaçant de douleur.

- Il faut soigner ça… Souffla la blonde en baissant les yeux vers la blessure de la brune.

- Dis-moi plutôt comment sortir d'ici, lui ordonna Lexa.

- Je peux te guider.

- Pourquoi je te ferais confiance ?! La secoua-t-elle légèrement.

- Parce que tu n'as pas le choix, répondit-elle, la mettant au défi de lui affirmer le contraire par un regard calme mais décidé malgré sa propre situation.

Lexa hésita alors qu'elle aurait volontiers tranché la gorge de la responsable de son calvaire en ces lieux mais elle n'avait pas tort : jamais elle ne sortirait d'ici sans aide. Elle relâcha subitement sa prise et recula d'un pas mais n'abaissa pas son couteau.

- Ne tente rien de stupide, la prévint-elle de son arme mais légèrement tremblante alors que la perte de sang commençait à tirer sur ses forces.

Clarke ne répondit rien alors qu'elle portait une main à sa gorge pour constater les dégâts de sa lame. La coupure la picotait désagréablement mais ce n'était pas profond, bien qu'elle laisserait une légère marque. Tout en étudiant sa propre blessure, elle laissa glisser son regard sur celles de l'esclave. Son cœur se serra de douleur à la vue des lacérations faites par le couteau ainsi que par les marques de strangulation sur sa gorge.

- Tu es sûre que tu ne veux pas que je regarde ? Lui demanda-t-elle en désignant le trou saignant à son ventre et notant la légère pâleur de son visage.

- Montre-moi la sortie, grogna-t-elle agacée.

Lexa l'attrapa fermement par le bras et l'entraîna avec elle avant de commencer à suivre la direction qu'elle lui indiquait.


Lorsqu'elles entrèrent dans la petite écurie de la demeure, l'un des chevaux s'affola quand la flamme des torches fit briller la lame de Lexa. Cette dernière le regarda totalement paniquée à l'idée de se faire repérer. Clarke se défit soudainement de sa prise qui s'était affaiblie au fur et à mesure que la perte de sang l'affectait. Elle la repoussa légèrement et la jeune femme tituba en arrière. Cependant, Clarke ne prit pas la fuite mais se dirigea vers le cheval. A la surprise de Lexa, elle attrapa son menton puis elle posa son autre main sur son chanfrein, le caressant tout en chuchotant quelques mots :

- Voilà, Phobos, tout doux, calma-t-elle le cheval à la robe noire.

Le silence retomba au bout de quelques instants puis Clarke se retourna vers l'esclave, incertaine concernant la suite étant donné que seulement quelques pas la séparaient de sa liberté. Allait-elle la tuer ? Elle aurait dû avoir peur pour sa vie mais en vérité, elle s'inquiétait bien plus pour l'avenir de l'esclave qui semblait de plus en plus mal. Son corps tremblait, son souffle était de plus en plus lourd et une fine sueur couvrait sa peau, perlant sur son visage pâle.

- Tu n'iras pas loin comme ça, c'est de la folie.

- Je vais tenter ma chance, persista Lexa qui s'était adossée à une poutre tout en gardant le couteau pointé dans sa direction.

- S'ils t'attrapent ils vont te tuer, insista-t-elle, soucieuse.

- Si je reste je suis morte, lui retourna-t-elle l'évidence tout en baissant les yeux sur son couteau couvert de sang.

- Crassus ? Demanda-t-elle bien que le sang couvrant l'esclave et l'absence d'alerte répondait amplement à la question.

- Il ne fera plus jamais de mal à personne, resserra-t-elle sa prise sur son couteau.

- C'est aussi le sort que tu me réserves... Conclut-elle douloureusement lorsque l'esclave releva un regard obscur sur elle.

- Tu vas t'empresser de les prévenir, pointa-t-elle.

- Non, tu as ma parole.

- La parole d'une romaine ne vaut rien, retourna-t-elle froidement.

Face à sa froide détermination et n'ayant aucune raison de l'épargner, Clarke tenta de rejoindre la porte pour prendre la fuite vers l'intérieur de la maison. Seulement Lexa l'intercepta, l'attrapant au passage par le bras et la ramena à elle pour lui décocher un puissant coup de poing au visage. La blonde s'effondra sous le coup, tombant inconsciente devant la stalle de Phobos. Le cheval renâcla dans la direction de Lexa, comme la défiant d'oser s'approcher.

Elle regarda quelques instants la blonde inconsciente avant d'esquisser un petit sourire face à l'attitude de l'animal car si elle avait voulu la tuer, c'est son couteau qui l'aurait frappée pas son poing. Elle contempla l'idée d'emmener l'un des chevaux mais elle y renonça car peu discret dans les rues silencieuses de la nuit. Finalement Lexa se détourna et prit la fuite par la sortie de l'écurie.


Lexa s'appuya contre le mur d'une bâtisse, laissant la fraîcheur de la pierre rafraîchir son corps tremblant et en sueur. Elle avait traversé la ville sans encombre mais ses blessures commençaient à avoir raison d'elle. De plus l'adrénaline retombant, elle sentait le poids de la fatigue l'écraser.

Elle prit quelques instants de repos, tentant de stabiliser sa respiration laborieuse. Si son corps se reposait, son esprit étudiait le port qui se dressait devant elle. Lexa cherchait à identifier un navire partant pour la Grèce et dans lequel elle pourrait monter en cachette.

Contrairement au cœur de la ville où Lexa avait dû éviter des patrouilles de soldats, la voie devant elle semblait dégagée.

Prête à reprendre sa fuite, elle prit néanmoins le temps d'examiner sa blessure qui saignait toujours. Peut-être aurait-elle dû laisser sa propriétaire la soigner, songea-t-elle en grimaçant lorsqu'elle apposa à nouveau sa main dessus. Elle se décolla du mur puis elle se dirigea vers les quais. Elle se faufila entre les caisses de marchandise, cherchant de quelconques indices qui lui indiqueraient la destination des navires.

Une odeur de poisson pourri vint perturber sa concentration lorsqu'elle passa à proximité d'un navire de pêche. Elle accéléra le pas, titubant contre une nasse collante lorsqu'un léger étourdissement la surprit. Se reprenant, elle continua sa marche afin de s'éloigner du bateau de pêche qui ne la ramènerait sûrement pas en Grèce.

C'est alors qu'un grognement s'éleva devant elle. Dans l'obscurité de la nuit, elle vit trop tard le tas de poissons morts gisant au sol et les chiens errants les dévorants. Deux chiens de troupeau sans doute perdus et ayant été attirés par la ville pour se trouver à manger. Alors que le premier grogna, le second se mit immédiatement à aboyer contre elle afin de la chasser loin de leur butin.

Lexa se recula prudemment sous les aboiements du chien. Lorsqu'elle fut suffisamment loin, elle leur tourna le dos pour s'éloigner davantage. C'est alors qu'elle vit une torche danser dans la nuit, une torche éclairant une patrouille de soldats.

Alors qu'ils venaient droit sur elle, Lexa voulu rebrousser chemin mais les chiens s'interposèrent en aboyant de plus belle pour l'empêcher de revenir vers leurs poissons. Elle n'eut d'autre choix que de partir en direction des soldats, se faisant immédiatement repérer. Ils l'identifièrent immédiatement comme étant une esclave au vu de sa tenue puis à son refus de s'approcher d'eux, prenant la fuite, ils la poursuivirent.

Lexa tenta de courir malgré la douleur et la fatigue mais son corps était à bout. Les soldats la rattrapèrent rapidement. Elle fut rudement jetée sur le sol puis violemment redressée par les bras, deux hommes l'encadrant avec force pour l'obliger à faire face à leur chef.

- N'aurions nous pas une fugitive, constata le gradé avant de se figer en se rendant compte du sang la recouvrant. D'où vient tout ce sang ?! La questionna-t-il alors qu'il était clair qu'il ne s'agissait pas que du sien.

Lexa serra la mâchoire, refusant de répondre, elle savait qu'elle était fichue mais elle préférait mourir ici plutôt que de retourner dans cette maison.

- Réponds ! Lui ordonna-t-il tout en s'approchant un peu plus d'elle, prêt à lui soutirer sa réponse de force.

Cependant, il se stoppa, plissant les yeux alors que le visage de l'esclave lui disait quelque chose. Il lui attrapa fermement la mâchoire et l'observa d'un peu plus près, se concentrant quelques instants avant de réaliser :

- Je te connais, tu es l'esclave responsable du désordre de l'autre jour au marché. Tu es l'esclave de Russel Prime.

Il lâcha son visage et Lexa tenta de se débattre, refusant de retourner là-bas. Cependant, la poigne des soldats était bien trop forte.

- En route pour la demeure des Prime ! Ordonna le chef à ses hommes.

-Non...! Gémit-elle, désespérée alors qu'elle se faisait traîner de force.


La musique, le vin et les rires emplissaient encore la demeure des Prime lorsque les soldats entrèrent à la suite de l'esclave leur ayant ouvert. Approchant de la foule d'invités, ces derniers se turent rapidement à la vue de la petite patrouille, la surprise tombant sur la pièce et la musique se stoppant immédiatement.

- Que signifie cette intrusion ?! S'offusqua Russel en sortant de la foule d'invités avec sa femme pour faire face aux soldats.

- Je crois que ceci vous appartient, répondit calmement le soldat tandis que ses deux hommes amenaient Lexa.

Ils agenouillèrent l'esclave face à son supposé maitre. La jeune femme souffrait clairement de sa blessure mais la peur concernant son sort la maintenait bien éveillée malgré l'appel de la fatigue.

- Que… Comment est-ce possible ?! Allez vérifier la chambre ! Vite ! Ordonna Russel à ses gardes en prise à une soudaine panique.

- Nous l'avons trouvée en train de fuir près du port, l'informa le soldat.

- Crassus est mort ! Elle l'a éventrée ! Cria depuis le balcon de l'étage l'un des gardes parti vérifier la chambre.

- Que s'est-il passé ici ?! Demanda le soldat alors que la stupeur et l'horreur saisissait les invités.

- Cette esclave a été vendue à l'un de mes invités pour se divertir. Invité que cette petite garce à TUE POUR S'ECHAPPER ! Hurla soudainement de rage Russel.

- C'est un crime odieux qui demande sa mort, intervint le magistrat Lucius sortant à son tour de la foule.

- En effet, appuya le soldat.

- Le fouet jusqu'à la mort me semble une juste sentence, conclut Russel tout en défiant le regard de l'esclave qui ne montrait rien de sa peur.

Alors les deux soldats retournèrent Lexa pour offrir son dos à l'un des gardes de Russel qui décrocha son fouet de sa ceinture. Elle entendit ce dernier doucement caresser le sol lorsqu'il le déroula. Sans qu'elle ne s'en rende compte sa respiration s'accéléra, anticipant avec angoisse le premier coup. Les souvenirs des précédents coups de fouet se rappelant à elle. Elle entendit le garde lever le bras, elle ferma les yeux prête à accueillir la douleur dans sa chair lorsque soudainement :

- ARRETEZ ! Rugit la voix de Clarke à travers la pièce.

- Ne te mêle pas de ça ! Intervint Simone jusque-là silencieuse.

- Cette esclave m'appartient ! C'est à moi de décider de sa punition ! Claqua-t-elle avec autorité.

Lexa releva les yeux sur sa propriétaire qui lui faisait face, surprise comme tous par son intervention mais également par l'autorité et la détermination qu'elle dégageait.

- Pour que ton cœur tendre l'épargne ? Ne sois pas stupide ma nièce, rit Russel.

- Que je l'épargne ? S'offusqua Clarke tout en approchant de Lexa pour soudainement lui décocher une gifle qui la surprit autant que la foule. Elle a osé me traiter en prisonnière, m'a frappé et blessé ! Pointa-t-elle avec fureur sa gorge où la marque de la lame était parfaitement visible.

- Que suggérez-vous si ce n'est le fouet ? Lui demanda le magistrat.

- L'arène, asséna-t-elle froidement.

Elle croisa le regard une nouvelle fois surpris de la foule puis elle plongea dans celui incertain de l'esclave qui ne savait qui du fouet ou de l'arène était la pire manière de mourir.

- L'arène ? Répéta Russel qui trouvait la proposition absurde.

- Le meurtre d'un noble est un affront au peuple tout entier, laissons l'arène lui rendre justice.

- Votre nièce a raison, accorda le magistrat. Laissons l'arène se charger de sa mort. Jusqu'aux prochains jeux cette esclave est sous votre surveillance.

Les soldats confièrent Lexa aux gardes des Prime qui l'emmenèrent sur les ordres de Russel puis les invités commencèrent à quitter la fête, échangeant quelques mots avec Simone qui s'excusait pour le désordre.

- Votre nièce est une jeune femme avisée, complimenta Lucius à la discrétion de Russel avant de quitter à son tour la demeure.

Russel jeta un regard noir à Clarke avant de s'éloigner vers les étages pour s'occuper du corps de Crassus avec les soldats.

- Il faut soigner ça, conseilla doucement Niylah qui s'était prudemment approchée de sa maitresse une fois les autres parti.

Clarke acquiesça et la suivit jusqu'au médecin sans se douter une seule seconde du regard curieux que posait sur elle Becca qui observait silencieusement et avec grand intérêt les évènements, buvant son vin tandis que la demeure se vidait.

A suivre…


Alors ? Voyez qu'il faut me faire confiance parfois :p Bon c'est rare je vous l'accorde mdr.

Lexa ne s'est finalement pas laissé faire et à bien réglé son compte à Crassus, j'espère avoir réussi à vous faire flipper, je me suis bien amusée à écrire ce taré de Crassus :p

Et Clarke alors ? Elle aide Lexa a fuir mais est visiblement très en colère à la fin... vengeance ou aide dissimulé ? :p En tout cas j'espère que Clarke vous a plu dans ce chapitre, tout comme Lexa en mode badass.

Et donc prochain chapitre direction l'arène pour l'exécution de Lexa... Chapitre qui s'intitule "condamnée" :p

Encore un immense merci pour vos retours, j'ai bien avancée grâce à la motivation que vous me donnez. Je vous dis à dans deux semaines pour la suite et en attendant j'ai hâte d'échanger avec vous sur ce chapitre :)

PS : Kouan avance trèèèèès vite sur son prochain chapitre, enfin quand elle fait pas sa mamie :p