CH7-Entrainement et privilèges
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Kouan encore et toujours aux conseils et à la relecture ;)
On se retrouve en bas, bonne lecture !
Lexa leva les yeux en entendant le bruit d'une clé se tournant dans la serrure. Elle fut sortie sans douceur de sa prison. Ses blessures étaient enfin guéries, laissant place à de jeunes cicatrices rosées. Un garde la poussa à travers les couloirs crasseux et humides du Ludus, passant devant les cellules communes des gladiateurs ressemblant à de grandes cages, puis devant des portes closes dont certaines abritaient des cellules privées pour les champions de l'arène.
Lorsqu'ils sortirent enfin des sombres couloirs du Ludus, Lexa fut agressée par la lumière du jour qu'elle n'avait pas vu depuis des jours. Elle ferma les yeux pour s'en protéger et stoppa sa marche mais le garde la poussa pour qu'elle avance et elle trébucha, allant se rattraper sur une table de bois. Elle rouvrit péniblement les yeux mais s'habitua rapidement à la lumière et prit conscience de son environnement tout en reprenant sa marche avec le garde.
En quelques pas ils traversèrent la zone de repas où s'étendaient plusieurs grandes tables de bois abimées par le temps. L'espace était situé à l'abri sous l'étage du dessus qui continuait jusqu'à la piste de sable, permettant ainsi d'abriter les gladiateurs lorsqu'ils mangeaient.
Lexa dut à nouveau se protéger les yeux lorsque le soleil la frappa de plein fouet en mettant enfin les pieds sur la piste de sable, réchauffant agréablement sa peau mais agressant ses yeux habitués à l'obscurité. Derrière son bras levé, elle découvrit une dizaine de gladiateurs alignés face au Ludus et à elle. Le garde la poussa un peu plus au milieu du terrain d'entrainement.
- Voici votre nouvelle camarade ! Entendit-elle soudainement, reconnaissant la voix de Russel.
Lexa se retourna vers sa provenance et le découvrit debout sur le balcon les surplombants ainsi que sa famille et Clarke qui avait le regard rivé sur elle. Son attention fut ramenée sur le terrain d'entraînement car des éclats de rire venaient d'exploser de la part de certains gladiateurs qui l'observaient avec moquerie.
- SILENCE ! Tonna alors une voix qui les fit immédiatement taire.
Un guerrier à la barbe grisonnante entra alors sur le terrain, sortant de l'ombre de la bâtisse où il avait attendu que Russel, le Laniste propriétaire du Ludus, introduise la nouvelle recrue. L'autorité et le respect qu'il dégageait ne faisait aucun doute sur son identité, il s'agissait du Doctoré, l'entraîneur des gladiateurs. Il regarda Lexa de haut en bas puis dans un soupir il jeta à ses pieds un Rudis, l'épée de bois d'entraînement.
- McCreary sera ton adversaire ! Annonça-t-il avant d'immédiatement s'écarter pour laisser place au combat.
Avant que Lexa ne puisse réellement comprendre McCreary sortit du rang en brandissant son propre Rudis contre elle. Juste avant qu'il ne l'atteigne, elle s'empara de sa propre épée et bloqua son attaque, posant un genou au sol sous la force de son adversaire. Le gladiateur profita de sa mauvaise position pour violemment la repousser d'un coup de pied. Lexa partit en arrière mais utilisa son élan pour rouler et se rétablir, se relevant avec agilité sous le regard surpris de tous.
Cependant McCreary était un gladiateur aguerri et le champion du Ludus, il n'avait aucune intention de l'épargner. Il attaqua de nouveau et à chaque coup que Lexa bloquait elle pouvait sentir sa violence se décupler. Elle repoussa son épée et voulu le contourner pour échapper à ses assauts mais il la frappa du plat de son épée dans le dos. Le choc et la douleur traversant sa colonne vertébrale la firent trébucher, elle tomba sur le sable et McCreary vint la cueillir d'un puissant coup de pied qui lui coupa la respiration et la retourna violemment sur le dos. L'instant d'après, bataillant pour son souffle, elle se retrouva avec la pointe de son épée contre sa gorge, vaincue.
- Cela suffit ! Intervint le Doctoré.
McCreary qui affichait un sourire sadique, heureux de l'avoir humiliée, se retira et retourna dans le rang avec les autres gladiateurs.
- Alors Gustus ? S'enquit Russel qui avait hâte d'avoir son opinion sur leur recrue.
- Elle est agile mais cela ne suffira pas pour gagner dans l'arène, dit-il durement.
- J'ai pourtant gagné, le coupa effrontément Lexa qui avait retrouvé son souffle.
Gustus la foudroya du regard et avança sur elle, la surplombant de son imposante stature avant de lui décocher un coup de fouet sur la cuisse ce qui fit serrer les dents à la brune.
- Gagner par déshonneur ne représente pas une victoire. Tu es en vie uniquement parce que le gladiateur n'a pas eu le courage d'affronter la mort, honte à vous deux, grogna-t-il.
- Gustus ! Le rappela Russel. Tu as jusqu'aux prochains jeux pour en faire une gladiatrice ! Ordonna-t-il.
- Dominus, une lune ne suffira pas pour…
- Qu'elle soit prête ou tu en paieras les conséquences ! Claqua Russel avant de se détourner du terrain d'entraînement pour rejoindre l'intérieur de la maison.
Lexa le regarda s'éloigner avec mépris puis elle croisa un instant le regard de Clarke qui suivit son oncle et se rappela alors de leur marché : elle devait faire en sorte de vivre et tenir tête au Doctoré n'était pas une bonne manière de commencer, sa cuisse pouvait en témoigner. Le coup n'avait pas été jusqu'à entamer la chair mais la brûlure était bien là.
- Bellamy ! Appela Gustus.
Un jeune homme aux cheveux brun bouclés sortit du rang et vint se poster avec respect devant le Doctoré.
- Tu vas t'entraîner avec elle.
- Bien Doctoré.
- Montre-lui les Palus, lui ordonna-t-il. Quant aux autres reprenez l'entraînement !
Les gladiateurs se dispersèrent par groupe de deux et commencèrent des duels. Bellamy s'approcha de Lexa et lui tendit la main pour l'aider à se relever. La brune hésita un instant, regardant avec méfiance cette main tendue puis elle la saisit.
- Comment tu t'appelles ? Lui demanda-t-il d'un sourire encourageant une fois sur ses pieds.
- Lexa…
- Moi c'est Bellamy et tout comme toi je suis nouveau, lui dit-il tout en la guidant vers un coin du terrain d'entrainement. Et voici les Palus ! Lui désigna-t-il presque fièrement des poteaux de bois.
Alors qu'elle les fixait dubitative, il lui expliqua que ces poteaux leur serviraient d'adversaires avant de passer à de véritables duels. Ils commencèrent ainsi leur premier entrainement ensemble, frappant et frappant encore et encore de leurs épées de bois les poteaux, apprenant les différentes postures et techniques d'attaques.
Clarke prit la suite de son oncle avec inquiétude alors qu'ils quittaient le balcon permettant d'observer les entraînements. Elle n'y connaissait pas grand-chose en art du combat mais tout comme Gustus elle doutait qu'une lune ne suffise à faire de Lexa une gladiatrice qui ne se ferait pas tuer dès son premier combat. La jeune femme avait déjà eu beaucoup de chance dans l'arène, elle doutait que les dieux ne lui en accordent davantage.
- Mon oncle, l'interpella-t-elle une première fois.
- Clarke je n'ai pas de temps à perdre, la rejeta-t-il.
- Mon oncle, s'il-vous-plaît, insista-t-elle alors qu'il accélérait le pas pour rejoindre l'Atrium.
- Que veux-tu ? Lui demanda-t-il avec agacement mais ne s'arrêtant pas de marcher pour autant.
- Je doute qu'une lune suffise pour bien l'entrainer.
- Et depuis quand t'y connais-tu en gladiateur ? Rit-il ouvertement de son audace.
- Gustus lui-même le dit… et vous avez l'habitude d'entraîner des hommes, pas des femmes…
- Cela suffit, fit-il soudainement volte-face et arrêtant brusquement sa marche en se plantant devant elle. J'en ai plus qu'assez de tes digressions, Clarke, dorénavant tu vas rester à ta place où je serais obligé de sévir, la menaça-t-il, son index levé vers son visage.
Un frisson traversa la jeune femme alors qu'il la transperçait de son regard dangereusement glacial. Elle acquiesça docilement alors qu'elle n'avait aucune envie de subir une quelconque punition. Il pouvait tout aussi bien la priver de sortie qu'en venir aux mains. Elle l'avait suffisamment contrariée durant son enfance pour savoir qu'elle ne voulait plus subir ses châtiments et dernièrement elle avait beaucoup trop usé de sa patience.
- Bien, fut-il satisfait. Maintenant va donc vaquer à tes occupations de jeune femme respectable et laisse les affaires aux hommes.
- Oui, mon oncle, répondit-elle docilement mais bouillonnant intérieurement.
Satisfait, Russel l'abandonna au milieu du couloir et descendit les escaliers pour disparaître dans l'Atrium. Clarke, une nouvelle fois impuissante, tourna le regard vers le balcon. Elle ne pouvait voir le terrain d'entraînement mais elle espérait que tout se passerait bien pour Lexa et qu'elle tiendrait sa part du marché. Ne pouvant rien faire de plus, elle alla chercher Niylah et quitta la demeure pour parcourir Syracuse et vaquer à « ses affaires de jeunes femmes respectables ».
- Fin de l'entraînement ! Indiqua Gustus.
Les gladiateurs ainsi que Lexa cessèrent leurs activités pour se diriger vers l'espace repas afin de recevoir leur ration du soir. Cependant à son approche, la brune fut stoppée par la poigne ferme du Doctoré.
- Pas toi, je n'ai pas oublié ton manque de respect de ce matin alors pendant que les autres mangent tu vas continuer ton entraînement, lui ordonna-t-il durement.
Lexa serra les poings, se retenant de lui rappeler qu'elle avait pris un coup de fouet pour son écart de comportement. Elle s'écarta pour laisser passer le reste des gladiateurs qui ne se gênèrent pas pour la bousculer ou pour rire. Elle suivit ensuite Gustus vers le fond du terrain d'entraînement où reposait une pile de sac de sable.
- Tu vas me déplacer ces sacs de l'autre côté du terrain.
- Quel est l'intérêt de les bouger là-bas ? Demanda-t-elle, agacée.
Déplacer ces sacs abandonnés pour les abandonner plus loin n'avait aucun sens.
- Tu te tais et tu obéis, claqua Gustus.
Lexa tressaillit lorsqu'elle le vit poser sa main sur le fouet à sa taille. Gustus le remarqua et enleva sa main tout en s'adoucissant, perdant son autorité pour une aura de bienveillance. Il avait donné le premier coup ce matin pour l'exemple devant ses hommes mais il n'était pas du genre à fouetter gratuitement.
- J'ai entraîné de nombreux gladiateurs, aucun n'est mort lors de son premier combat et cela doit rester ainsi. Je n'ai qu'une lune pour faire de toi une gladiatrice et j'y arriverai à condition que tu ne discutes pas mes ordres.
Un silence lui répondit puis Lexa se dirigea vers les sacs de sable et attrapa le premier. Elle déglutit avant de hisser le sac dont le poids tira douloureusement sur ses bras déjà fatigués par l'entraînement. Elle serra les dents et le porta à l'autre bout du terrain, revenant vers les suivants.
Transpirante et épuisée, Lexa déposa le dernier sac sur les autres. Essoufflée, elle se passa une main sur le front essuyant sa sueur avant de se détourner de sa tâche pour rejoindre silencieusement le garde qui était venue la surveiller alors qu'à la nuit tombante tous les autres avaient rejoint leurs cellules pour la nuit. Il lui fit signe de le suivre et Lexa obtempéra. En passant devant les tables du repas, elle regarda avec envie les quelques bols vides qui n'avaient pas été rangés. Ils entrèrent dans les couloirs sombres du Ludus jusqu'aux cellules communes. Lexa se figea lorsque le garde ouvrit une cellule que plusieurs gladiateurs partageaient. Elle n'espérait pas de privilège mais l'enfermer avec ces hommes qui étaient privés des plaisirs de la chair était bien trop dangereux pour Lexa qui était une proie de choix pour eux.
- Sortez ! Leur ordonna le garde tout en allant ouvrir la cellule voisine.
Il leur fit signe d'y entrer. Les gladiateurs jetèrent des regards assassins à Lexa en passant devant elle puis ils allèrent s'entasser avec les autres combattants, à l'exception de McCreary qui avait sa propre cellule. Le garde referma derrière eux puis il poussa Lexa dans celle maintenant vide avant de refermer derrière elle.
Lexa observa la cellule, entièrement faite de barreaux elle n'avait aucune intimité. Dans l'un des côtés une paillasse de paille à même le sol en guise de lit.
- En v'là une qui a déjà écarté les cuisses pour avoir des privilèges, lança un des gladiateurs en venant se coller aux barreaux qu'ils avaient en commun.
Elle se tourna vers l'homme et l'affronta d'un regard froid. Le crâne chauve, une barbe naissante et le visage crasseux, le gladiateur étira un sourire graveleux tout en glissant son regard salace sur son corps.
- Quint fout-lui la paix, intervint Bellamy tout en l'attrapant par le cou pour jouer.
Cependant Quint se défit de sa prise et se retourna contre Bellamy le plaquant violemment contre les barreaux.
- Lâche-le ! Intervint Lexa.
- Hey c'est quoi ce bordel ?! Les interrompit la voix tonitruante d'un garde.
Quint libéra Bellamy et leva les mains en signe d'abandon puis le brun s'écarta à son tour des barreaux tandis que Lexa se tourna vers le garde qui ouvrait sa cellule.
- Toi, suis-moi, ordonna-t-il à Lexa.
La brune obéit immédiatement, désireuse de ne plus faire de vague. Le garde la guida hors du Ludus, remontant vers la demeure. Ils traversèrent ensuite l'Atrium puis ils montèrent les escaliers, Lexa se tendit immédiatement à la vue des différentes chambres, son corps lui envoyant des signaux d'alerte. Néanmoins elle se détendit à nouveau lorsque le garde la fit entrer dans la chambre de Clarke. Bien qu'elle ignore ce qui l'attendait, la jeune femme ne lui avait fait aucun mal jusqu'à présent.
Le garde l'abandonna dans l'entrée, n'attendant aucun ordre de la part de Clarke, sans doute cette dernière avait-elle déjà donné ses exigences. Lexa entra un peu plus dans la chambre, cherchant sa propriétaire. Elle la trouva avec Niylah dans un coin de la pièce et Clarke l'aperçut immédiatement, un sourire naissant sur son visage.
- Niylah, tu peux disposer pour la soirée, la remercia gentiment Clarke.
L'esclave la salua puis elle tourna un regard envieux sur Lexa en passant à côté d'elle, un regard que cette dernière ne comprit pas. Cependant, elle ne se posa pas plus de questions alors qu'elle se retrouva seule avec Clarke. Un silence s'installa mais Lexa qui était fatiguée et aspirait à dormir désobéit à toutes les règles régissant le lien maitre esclave en prenant la parole d'elle-même.
- Tu m'as fais demander ? La pressa-t-elle.
- Oui… je… j'ai pensé que tu aurais faim, lui répondit-elle sans prendre ombrage de son comportement dont elle se fichait tant qu'elles n'étaient pas en public et donc ne risquaient aucun problème.
C'est seulement là que Lexa prit conscience de l'assiette pleine de bonne nourriture reposant sur le meuble aux côtés de la blonde et que Niylah venait d'apporter. Clarke s'en empara et la lui apporta. Lexa ne put retenir les gargouillements de son ventre à la vue de la viande fraîche, des légumes et de l'appétissante grappe de raisin.
- Pardon, dit-elle légèrement honteuse, mais je n'ai pas mangé depuis ce matin.
- Pourquoi cela ? Demanda-t-elle surprise car bien que les repas des gladiateurs soient maigres, il y en avait bien deux par jours afin qu'ils récupèrent un minimum de force.
- On m'a puni pour mon manque de respect de ce matin… Répondit-elle en évitant soudainement son regard.
- Je vois… alors ce repas tombe bien, lui dit-elle sans jugement en lui tendant un peu plus l'assiette.
- Merci, lui dit-elle sincèrement en plongeant dans ses yeux et prenant le plat.
- Tu peux t'assoir sur le lit, lui indiqua-t-elle.
Lexa tourna les yeux vers le grand lit où elle aurait pu tout à fait s'assoir sur le bord pour manger mais elle eut la désagréable sensation que cela pourrait tourner en un insidieux piège si elle s'en approchait. Cela n'avait nullement avoir avec Clarke mais avec les évènements à son arrivée dans la demeure, mais se fichant de froisser sa propriétaire, Lexa prit la direction opposée et alla s'assoir à même le sol. Non loin du balcon, elle pouvait sentir l'air frais de la nuit caresser et apaiser son corps qui avait souffert toute la journée sous la chaleur du soleil.
Clarke hésita à la reprendre mais se ravisa, allant plutôt se servir une coupe de vin avant d'aller s'assoir sur le bord du lit. Buvant tout en observant silencieusement l'esclave qui entama son repas avec gourmandise, ce qui la ravit, heureuse de pouvoir lui apporter un peu de confort et de bien-être.
- Comment s'est passé ton entraînement ? Laissa-t-elle parler sa curiosité au bout de quelques instants de silence.
Lexa leva la tête de son assiette, visiblement hésitante à répondre alors qu'elle avalait sa dernière bouchée de viande.
- Bien, répondit-elle simplement alors qu'elle n'avait pas réellement de point de comparaison concernant l'entraînement.
Elle retourna à son repas tandis que Clarke prenait cette maigre réponse pour une victoire, souriant légèrement en prenant une gorgée de son vin. Encouragée par l'absence de rejet de l'esclave, elle tenta à nouveau de lancer une conversation :
- Poteidaia… Énonça-t-elle prudemment ce qui attira immédiatement l'attention de Lexa… je n'ai trouvé ton village sur aucune de nos cartes, révéla-t-elle ainsi avoir cherché après lui avoir promis de ramener son corps à sa famille si elle venait à mourir dans l'arène.
Fixant intensément Clarke, Lexa hésita à lui répondre alors qu'elle était à la fois confuse face à sa curiosité et touchée qu'elle ait visiblement tenté de se renseigner, même si elle doutait que ce soit réellement pour tenir sa promesse.
- C'est un petit village à l'Ouest d'Amphipolis… Répondit-elle finalement.
- Comment est-il ? Poussa-t-elle sa chance et l'empêchant de reprendre son repas.
- Petit… perdu au milieu des champs… Commença-t-elle peu encline à donner des détails avant de se laisser emporter par les souvenirs envahissant son esprit… Des champs de blé à perte de vue, rejoignant le ciel à l'horizon… bien qu'éloigné de la côte, on peut sentir l'air iodé de la mer portée par la brise.
- Ça m'a l'air très beau, commenta Clarke sous le charme de cette description tout comme le fin sourire nostalgique qui était apparue sur le visage de Lexa.
Cette dernière qui ne s'en était pas rendue compte le perdit dès que les paroles de la blonde la sortirent de sa pensée nostalgique.
- Oui… confirma-t-elle tristement alors qu'il était fort probable qu'elle ne reverrait jamais son village.
Cette seule pensée lui coupa l'appétit alors elle se leva sous le regard désolé de Clarke qui comprit immédiatement la provenance de cette soudaine peine qui lui serra le cœur. Lexa alla déposer son assiette sur le meuble puis elle se tourna vers la blonde :
- J'aimerais retourner dans ma cellule, lui dit-elle en attendant son autorisation.
- Lexa... se leva Clarke en approchant avec bienveillance… sache que tu peux partir lorsque tu le souhaites, tu n'es pas ma prisonnière.
- Alors je peux aussi refuser de venir ? Demanda-t-elle spontanément.
Elle ne souhaitait aucunement blesser Clarke, seulement s'assurer de la véracité de ses paroles, pourtant elle vit bien que sa question avait touché sa propriétaire.
- Oui… tu peux… je ferais en sorte que les gardes le sachent, ajouta-t-elle avec peine.
Clarke s'écarta ensuite, lui laissant le champ libre jusqu'à la porte.
- Merci, souffla sincèrement Lexa avant de se diriger vers la sortie.
- Bonne nuit, lui dit Clarke lorsqu'elle atteignit la porte.
Lexa s'arrêta un instant, échangeant un regard avec elle mais ne lui répondit pas et quitta la chambre. Malgré son absence de réponse, Clarke sourit en songeant aux quelques paroles qu'elles avaient enfin échangées normalement, la laissant pleine d'espoir pour l'avenir.
Le lendemain matin, Clarke partit accompagnée par Niylah pour se rendre au grand marché de Syracuse lorsqu'elle entendit les éclats de voix de sa cousine qui venait d'entrer dans l'Atrium. Cette dernière venait de la boutique de la demeure tandis qu'un esclave portait une toile.
- Ma chérie calme-toi, lui intima sa mère qui la suivait de près.
- Que je me calme alors que mes peintures ne se vendent plus ?! S'insurgea-t-elle en se tournant vers le dit tableau.
- Ma chérie, reprit calmement sa mère Simone, les gens sont attirés par la nouveauté mais ils reviendront très vite vers tes toiles, laisse dont leur curiosité s'assouvir, sois patiente.
Joséphine fut soudainement abattue, blessée dans son égo, se résignant tristement aux paroles de sa mère. Elle n'était pas habituée à ne pas être la première, ce nouveau peintre la mettait durement à l'épreuve. Et si Clarke aurait dû s'en réjouir, elle ne put s'empêcher d'avoir de la peine pour elle. Joséphine avait un réel talent, seulement elle manquait d'imagination, ne se renouvelant jamais. En vérité elle ne peignait rien d'autre que ses propres portraits, enchainant autoportrait sur autoportrait. Si chaque habitant de Syracuse n'avait pas un portrait de Joséphine chez lui, c'était uniquement dû à leur prix exorbitant.
- Peut-être devrais-tu peindre autre chose, apporter une nouveauté qui ferait revenir les acheteurs, ne put s'empêcher de proposer la timide blonde.
- Je me passe de tes conseils, tu n'y connais rien ! Mordit immédiatement Joséphine.
- C'est vrai… pardon, s'excusa Clarke sous les regards courroucés de sa cousine et de sa tante.
Les deux femmes reprirent leur conversation sans attendre, ignorant Clarke qui reprit son chemin avec Niylah. Elles prirent la direction du marché où elles vaquèrent d'étale en étale sans pour autant acheter alors que Clarke n'avait pas un sou, profitant simplement des odeurs des épices, de la douceur des tissus provenant de contrées lointaines, discutant joyeusement avec les marchands. Ces derniers connaissaient très bien Clarke, malgré son manque d'achat, sa gentillesse et sa curiosité lui avaient permis de créer un lien avec les commerçants qui prenait plaisir à la voir se promener parmi eux.
En fin de matinée, les deux femmes quittèrent le marché mais elles ne rentrèrent pas à la maison, se dirigeant à la place vers un quartier plus culturel, où se tenait la bibliothèque de la ville ainsi que des ateliers d'érudits. Clarke ainsi que Niylah avaient rabattue leurs châles souhaitant rester discrètes alors qu'en tant que femme elles n'avaient pas vraiment leur place dans ces rues.
- Pourquoi vous ne leur dites pas ? Demanda Niylah encore courroucée de la manière dont la famille de sa maitresse la traitait.
Clarke s'arrêta devant l'entrée de la demeure où elle comptait entrer, répondant dans un sourire triste :
- Ils m'en priveraient comme tout le reste. Je t'en prie cela doit rester secret, la supplia-t-elle alors qu'elle lui avait fait confiance avec ce secret.
Niylah acquiesça malgré sa colère envers ses maitres et respecta le choix de sa maitresse qui avait placé sa confiance en elle, une confiance que l'esclave chérissait. Elle suivit ensuite Clarke à l'intérieur de la demeure, où elles furent immédiatement accueillies avec joie.
- Clarke ! Te voilà enfin ! L'accueillit joyeusement Becca.
Le pinceau glissait avec aisance sur la toile, un paysage de couleur prenant forme avec précision. Des champs de blés aussi jaunes que le soleil d'été esquissés à l'horizon, un village coloré s'élevant sous les coups de pinceaux précis et imperturbables de l'artiste. Le dernier coup fut appliqué et l'artiste prit du recul pour admirer son tableau, passant une mèche blonde derrière son oreille tandis que son regard océan examinait avec intransigeance son travail.
- C'est magnifique, de quel village s'agit-il ? Demanda Becca en venant perturber la concentration de Clarke.
- Poteidaia, un petit village de Grèce, répondit-elle sans quitter sa contemplation de sa peinture.
- J'ignorai que tu avais voyagé, pointa Becca en levant un sourcil curieux.
- On me l'a décrit, se tourna-t-elle vers elle, j'espère avoir réussi à retranscrire à travers mes traits ce qui le rend si authentique…
- Proche de la réalité ou pas ce tableau est superbe, je suis certaine qu'il se vendra rapidement, assura Becca.
Cependant Clarke ne partagea pas son enthousiasme, un léger voile de tristesse passant dans son regard lorsqu'elle songea qu'elle aurait préféré l'offrir à Lexa ou du moins le ramener dans sa chambre où la brune pourrait s'évader en le contemplant. Malheureusement cela engendrerait trop de questions : comment l'aurait-elle payée ? Connaissait-elle le fameux peintre mystère ? Elle ne doutait pas que sa famille reconnaitrait sa technique et au bout du compte elle serait contrainte de révéler son secret : qu'elle était le fameux mystérieux peintre.
Elle avait rencontré Becca peu de temps après son installation à Syracuse. Toute la ville parlait d'elle mais Clarke ignorait qui elle était jusqu'à cet après-midi d'été où elle avait fui la maison après une énième colère de Russel à son encontre. Elle avait attrapé son carnet à dessin et était partie en toute discrétion à travers la ville. Se retrouvant a dessiner dans ses rues, où Becca l'avait surprise en trouvant ses dessins magnifiques et captant son talent. A partir de là, elle l'invitant chez elle pour lui permettre de peindre librement et parfaire sa technique jusqu'à finalement vendre ses peintures.
- Qui t'as décrit ce village ? Questionna Becca qui n'avait pas manqué la tristesse de son regard.
- Une esclave…
- Celle que tu as voulu que j'achète à la soirée ? La survivante de l'arène ?
- Oui c'est elle, confirma Clarke.
- Je suis étonnée qu'elle soit encore en vie après Crassus et l'affront de sa victoire, Russel devait être furieux, s'amusa-t-elle de la situation.
- C'était le cas, répondit-elle tout en posant son pinceau et se détournant de la peinture, il voulait la donner en récompense à son champion mais je l'ai convaincu d'en faire une gladiatrice.
Becca resta figée face à cette idée autant qu'elle fut surprise de l'audace de sa protégée. Décidément elle ne comprenait pas les dernières actions de Clarke mais elle était heureuse de la voir s'opposer à son oncle et cette esclave en était clairement la raison. Qu'avait-elle de spéciale pour que sa protégée prenne autant de risques ? Clarke ne lui avait jamais caché sa bienveillance envers ses esclaves car elle-même partageait cette vision mais jamais elle ne l'avait vu agir ainsi, pas même pour Niylah qui pourtant était proche d'elle.
« Se pourrait-il qu'il y ait quelque chose de plus ? »Songea-t-elle en étirant un fin sourire.
- Son champion aurait été chanceux, c'est une magnifique femme, pointa-t-elle faussement envieuse, quoiqu'elle inviterait elle aussi avec plaisir l'esclave dans son lit.
- Il l'aurait violée et tuée, trancha vivement Clarke.
- Elle n'en reste pas moins magnifique, tu n'es pas d'accord ? Insista-t-elle en ignorant volontairement l'horrible destin qu'avait encouru l'esclave.
- Oui… enfin… je crois… balbutia-t-elle en rougissant légèrement, prise au dépourvue par la question.
- Tu crois ? Se moqua doucement Becca.
- J'étais trop occupée à la sauver pour m'attarder sur ce genre de détail, se défendit-elle.
- Et maintenant ? La poussa-t-elle un peu plus.
Clarke se surprit alors à réfléchir à la question le corps de Lexa lui apparaissant mais elle repoussa immédiatement cette image et se reprit.
- Maintenant je dois terminer cette peinture, retourna-t-elle à son œuvre avec une soudaine détermination.
Cependant Becca n'avait rien manqué de son trouble, ce qui la fit sourire d'amusement.
Les jours passaient et se ressemblaient. Lexa occupait ses journées à s'entraîner avec Bellamy, devenant plus forte jour après jour, sa technique s'affûtant d'entraînement en entraînement. Gustus était dur avec elle mais cela payait et Clarke en était la première spectatrice. Elle venait chaque jour observer discrètement l'entraînement de Lexa, venant se poser seule sur le balcon, bien après le passage de son oncle afin d'éviter ses remarques désobligeantes et tout risque d'ennuis.
Puis le soir après les entraînements, Clarke avait pris pour habitude d'inviter Lexa à la rejoindre et jamais la brune n'avait refusé l'une de ses invitations. Elle prenait plaisir à la retrouver, la jeune femme s'ouvrant un peu plus à chacune de leur conversation. Elle s'étonna de ses connaissances, la surprenant en se mettant à parler de philosophie tout autant que de lecture. Elles avaient chacune trouvé un certain confort dans leur rendez-vous et leur relation discordante des premiers temps s'amenuisait de jour en jour.
Ce n'était pas la seule chose qui avait changé. Si Lexa avait séduit Clarke par son esprit, les paroles de Becca n'avaient cessé de la tourmenter. Dès le lendemain lorsqu'elle était venue observer la brune à son entraînement, la question de Becca sur sa beauté était revenue la hanter, se surprenant alors à laisser son regard vagabonder sur les courbes de Lexa. Elle ne pouvait plus nier la beauté de l'esclave et son corps se musclant de jour en jour n'en était que plus parfait.
Clarke observait Lexa se battre en duel contre son camarade Bellamy, le seul gladiateur que l'esclave pouvait qualifier d'ami comme elle le lui avait récemment confié. Une certaine complicité se dévoilait lorsqu'ils stoppaient leur combat ou bien s'aidaient à se relever après une chute. Le jeune homme avait été capturé en Gaule avec sa jeune sœur, séparé d'elle il ignorait tout de son destin et rêvait de pouvoir la retrouver. C'est cet espoir, celui de retrouver une personne chère à leur cœur qui avait rapproché les deux gladiateurs. Clarke regardait Lexa attaquer avec force son ami, ses muscles roulant avec aisance, la sueur couvrant son corps brillant au soleil, elle était comme hypnotisée par ce spectacle jusqu'à ce que Bellamy renverse soudainement la situation et ne fasse chuter Lexa.
Clarke sursauta violemment, sortie de sa contemplation. Elle ne put s'empêcher de s'inquiéter pour Lexa qui se releva tout en se massant douloureusement l'épaule sur laquelle elle s'était écrasée. Elle soupira de soulagement lorsqu'elle reprit le combat sous les ordres de Gustus, n'ayant visiblement aucune blessure sérieuse. Clarke l'observa encore un moment puis elle retourna s'occuper de ses obligations.
Lexa fut étonnée de ne pas être conduite à la chambre de Clarke, le garde lui faisant prendre un tout autre chemin. Elle ne connaissait pas ce côté de la demeure alors elle ne put refouler l'angoisse qui montait en elle. Elle se demanda même s'il s'agissait bien de sa propriétaire, redoutant alors un stratagème de Russel qui pourtant la laissait tranquille depuis sa victoire dans l'arène.
Elle soupira de soulagement lorsqu'elle vit Clarke, le garde s'écartant finalement pour la laisser entrer dans la pièce. Cependant son sentiment de sécurité fut de courte durée lorsqu'elle identifia le lieu : il s'agissait tout bonnement du bain privé de la demeure. Elle ne comprenait pas pourquoi Clarke l'attendait devant le grand bassin dont se dégageait une agréable odeur de fleurs. Elle avança prudemment et confuse vers sa propriétaire.
- Je me suis dis qu'il serait agréable de discuter tout en prenant un bain, lui annonça Clarke.
- Tu… tu veux que je me baigne… avec toi ? Demanda-t-elle surprise.
- Oui… mais je ne t'oblige à rien, lui répondit-elle rougissant légèrement.
Une rougeur sur ses joues qui s'accentua lorsqu'elle se détourna tout en retirant sa tunique blanche qu'elle laissa glisser le long de son corps avant de rapidement descendre les marches du bassin pour s'enfoncer dans l'eau, cachant son corps à la vue de Lexa. Cependant cette dernière n'avait rien manqué de ce court spectacle et son malaise n'avait fait que s'accentuer alors que son regard n'avait aucunement fuit le corps de Clarke.
- Il n'y a aucun piège si c'est ce que tu te demandes, interpréta-t-elle son malaise, je n'attends rien de plus que nos habituelles discussions.
- Ce n'est pas ça, la détrompa-t-elle immédiatement car au fil de leur rendez-vous, elle avait appris à lui faire confiance et n'avait aucune crainte quant à ses intentions envers elle.
- Alors qu'attends-tu ? L'invita Clarke tout en lui tournant le dos pour rejoindre le bout du bassin et lui offrant ainsi un peu d'intimité pour se dévêtir.
La blonde attendit patiemment alors qu'elle entendit les maigres vêtements de l'esclave tomber à terre puis l'eau remuer à son entrée dans le bassin. Elle entendit ensuite les remous de l'eau se rapprocher alors elle se retourna et trouva Lexa s'installant sur le côté du bassin. Toutes les deux assises dans l'eau, cette dernière couvrait leur corps jusqu'au dessus de leur poitrine, leur procurant ainsi suffisamment d'intimité pour parler sans gêne.
Elles restèrent quelques instants dans le silence, chacune profitant de l'agréable effet de l'eau sur leur corps. Lexa savourant chaque seconde alors qu'elle n'avait pas eu de véritable bain depuis sa capture. Elle sentait les muscles de son corps se détendre après cette journée d'effort et son esprit s'apaiser. Clarke la regarda fermer les yeux et profiter, une nouvelle fois heureuse de pouvoir lui apporter un peu de bien-être et de réconfort. Elle se surprit également à admirer la soudaine sérénité de son visage, la sublimant, puis ses yeux descendirent lentement vers sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration apaisée. Réalisant subitement ce qu'elle faisait, elle se reprit rapidement et éloigna son regard de Lexa.
- Tu as fais beaucoup de progrès à l'entraînement, brisa-t-elle cet instant paisible, Gustus semble confiant.
- Oui… Concéda Lexa en rouvrant les yeux avant de continuer, légèrement ennuyée… mais Bellamy n'est pas un adversaire des plus coriace, il débute, et je doute que mon adversaire dans l'arène soit un débutant.
- Mon oncle n'a aucune raison de te choisir un adversaire aguerri cette fois, contra-t-elle pour la rassurer.
- Il me veut morte, pointa Lexa.
- Pas quand tu peux lui rapporter de l'argent, il veut que tu gagnes alors fait moi confiance il organisera un combat avec un adversaire à ton niveau.
Le silence retomba et Clarke observa intensément Lexa, songeant que ce n'était pas la première fois qu'elle émettait des doutes concernant son niveau et sa possible victoire malgré les paroles de Gustus concernant ses progrès.
- Je peux te poser une question personnelle ? Demanda-t-elle soudainement.
- Oui… Lui répondit Lexa prise au dépourvue par ce besoin d'autorisation.
- Si tu as si peu confiance en ta réussite, pourquoi te battre ?
- Plutôt pour qui… répondit finalement Lexa après un silence hésitant. Elle s'appelle Costia, j'allais l'épouser… et j'espère bien rentrer pour le faire, ajouta-t-elle tristement.
Clarke ne comprit pas pourquoi son cœur se serra à cette révélation, était-ce de savoir que Lexa aimait une femme, chose interdite ici, ou bien simplement qu'elle avait quelqu'un ?
- Comment… comment as-tu été capturée ? Osa-t-elle enfin lui poser cette question qui la travaillait depuis quelques temps.
- Je… j'étais à une réunion des chefs de village afin de les convaincre d'agir ensemble contre les pilleurs de la région lorsqu'ils ont attaqué. J'ai été capturée et jetée à fond de cale avant d'atterrir aux marchés aux esclaves, raconta-t-elle en serrant les poings.
- Je suis désolée…
- Tu n'y es pour… arrrg… grimaça-t-elle alors qu'en voulant hausser les épaules, celle endolorie se rappela à elle dans un léger claquement.
- Tu es blessée ? S'enquit immédiatement Clarke qui se rapprocha.
- Ce n'est rien, la stoppa Lexa.
- Je t'ai vu tomber sur cette épaule, la reprit-elle, un massage te soulagera, je vais appeler Niylah.
- Non ! L'arrêta-t-elle avec une pointe de dégout dans la voix. Je refuse d'user des services d'une esclave, claqua-t-elle froidement.
- Pardon, je n'ai pas réfléchi, s'excusa-t-elle sincèrement de son indélicatesse.
Lexa accepta ses excuses d'un regard puis Clarke reprit :
- L'as-tu au moins montré au guérisseur ? Continua-t-elle, sincèrement préoccupée.
Le regard fuyant de la brune fut sa réponse et la blonde soupira d'exaspération.
- Je veux que tu y ailles dès ton retour au Ludus, lui ordonna-t-elle toutefois gentiment.
- Ce n'est pas nécessaire, insista Lexa avant d'être coupée avec une réelle autorité de la part de sa propriétaire.
- Ne m'oblige pas à t'y faire escorter, tu dois être en forme pour gagner et une épaule blessée, même seulement froissée peut t'être fatale, lui dit-elle avec détermination.
- Très bien… capitula Lexa avant de fuir son regard pour masquer sa soudaine anxiété.
- Qu'est-ce qu'il y a ? S'enquit immédiatement Clarke qui sentit tout de même son malaise. Tu sais que tu peux tout me dire, ajouta-t-elle face au silence qui lui répondit.
Lexa ouvrit puis referma la bouche avec hésitation puis finalement elle laissa échapper un soupir, ses épaules s'affaissant avant de lui répondre :
- C'est que… depuis Russel…et Crassus… commença-t-elle la voix soudainement tremblante et le regard toujours fuyant… je préfère éviter qu'un homme me touche… j'ai du mal à le supporter, confessa-t-elle en croisant enfin son regard, révélant sa vulnérabilité.
- Oh… je… je suis désolée, je n'y avais pas pensé, s'excusa-t-elle touchée par sa détresse et se sentant bête de ne pas y avoir songé.
- Comment le pourrais-tu ? Retourna amèrement Lexa qui détourna le regard, ne souhaitant pas en parler davantage.
Clarke s'en voulut de l'avoir poussé à parler, elle n'aurait pas dû insister et ainsi l'obliger à se livrer sur ce traumatisme qui l'avait cruellement marquée. Elle ne se doutait pas que Russel et Crassus l'avaient autant blessée, si les blessures physiques étaient parties il n'en était rien des blessures psychologiques. Son cœur se serra à nouveau pour Lexa et son envie de l'aider et lui apporter du réconfort n'en fut que plus fort. Faisant fi de toute réflexion, elle se retrouva à maladroitement lui proposer, les joues rougissantes de gêne :
- Je… je peux m'en occuper si tu le veux…
Lexa tourna un regard interrogateur sur elle, ne comprenant pas de quoi elle voulait s'occuper.
- Ton épaule… je peux la masser, précisa-t-elle rougissant davantage.
Lexa ne put cacher sa surprise puis son trouble alors que cette proposition allait à l'encontre de tous les codes maitres-esclaves. Elle ne s'attendait pas à ce que sa propriétaire lui montre autant de gentillesse, même si Clarke passait son temps à lui apporter plus de confort, il s'agissait d'un tout autre niveau et si cela venait à se savoir la jeune femme risquait gros. Lexa tourna d'ailleurs son regard sur l'entrée du bain, s'assurant que personne n'avait entendu cette folle proposition.
Le simple fait de tourner la tête dans cette direction tira sur les nerfs de son épaule. La douleur fut légère, pas de quoi la perturber mais elle dû reconnaitre qu'elle avait besoin de la soigner. Et pour cela elle n'avait que deux choix : le guérisseur ou Clarke. Son estomac se noua à la seule perspective de laisser le médecin masser son épaule, l'idée de ses doigts parcourant sa peau lui envoya des frissons de dégoût. Elle se détesta de ne pas pouvoir surmonter ses peurs et c'est ainsi qu'elle hocha silencieusement la tête, donnant son accord à Clarke.
Cette dernière approcha alors doucement de Lexa qui se mit de dos pour lui donner accès à son épaule. Clarke était si proche d'elle qu'elle pouvait presque sentir la chaleur de son corps malgré l'eau les entourant. Quant à Lexa, elle ne put empêcher son corps de frissonner lorsque le souffle de la blonde vint chatouiller sa nuque.
Clarke sortit ses mains de l'eau pour les poser sur l'épaule de Lexa, s'arrêtant avec hésitation avant d'enfin oser la toucher. Elle fut agréablement surprise par la douceur de sa peau, laissant glisser ses doigts hésitants et tremblants sur son épaule, commençant à chercher les nœuds et les points de tension. Lexa se tendit soudainement et grimaça légèrement.
- Je t'ai fait mal ? S'alarma Clarke qui retira immédiatement ses mains.
- Non, non, c'est rien… tu as trouvé le bon point… continue, souffla-t-elle pour la rassurer.
Clarke acquiesça bien qu'elle ne puisse la voir puis elle reprit prudemment sa tâche, posant délicatement ses doigts sur la zone douloureuse et commença à lentement masser. Elle s'appliquait à chasser la douleur, soulageant les muscles, puis malgré sa concentration, ses doigts se mirent à faire de douces arabesques, savourant la peau qu'ils caressaient. Clarke ressentit alors une étrange chaleur envahir son bas ventre. Plus ses doigts parcouraient la peau délicate de Lexa plus elle s'intensifiait puis ses yeux se mirent également à caresser les courbes de son épaule, remontant jusqu'à son cou puis sur les traits raffinés de sa mâchoire, s'humectant inconsciemment les lèvres, emportée par les nouvelles sensations qui la parcouraient, une envie grandissante la parcourant.
Quant à Lexa, de doux frissons parcouraient à présent son corps sous les caresses des doigts de Clarke. Elle chassait délicieusement la douleur de son épaule, des sensations oubliées la traversant, savourant sans s'en rendre compte la douceur retrouvée des caresses d'une femme. Son corps réalisant délicieusement combien cela lui manquait, si Costia manquait à son cœur, le corps d'une femme manquait à son corps. Détendue, apaisée, frissonnant de bien-être, elle laissa aller sa tête en arrière tout en libérant un souffle de plaisir, un souffle qui la sortit subitement de sa bulle de bien-être lorsqu'il parvint à ses propres oreilles.
Lexa paniqua totalement en réalisant ce qu'elle venait de faire. Elle s'était complètement laissée aller au toucher de Clarke, son corps répondant pleinement à ses attentions. Elle s'écarta vivement de la blonde, surprenant cette dernière qu'elle repoussa légèrement dans sa fuite.
- Lexa ?! Interrogea-t-elle, confuse mais une crainte dans le regard en ayant peur d'être responsable de sa soudaine réaction, avait-elle perçu son trouble ?
- Je… je suis désolée, je dois y aller, dit-elle tout en se précipitant hors du bain.
- Lexa, qu'est-ce qu'il y a ?! Se redressa-t-elle dans le bain, oubliant toute pudeur.
Lexa qui ramassait ses vêtements se figea un bref instant à la vue du corps ruisselant et parfait de la jeune femme. Elle se reprit rapidement et enfila ses vêtements avec encore plus de hâte et sans se soucier d'offrir son corps nu à la vue de Clarke. Cependant cette dernière était bien trop surprise ainsi que sous le choc de ses propres sensations pour profiter de la vue et c'est tout juste si elle réalisa son départ.
Peu avant que les gardes viennent comme tous les matins les réveiller sans douceur pour une nouvelle journée d'entrainement, Lexa ouvrit brusquement les yeux sur le plafond humide et moisi de sa cellule. Le cœur battant et ayant étrangement chaud, elle était encore confuse des dernières images de son rêve qui lui revenaient en mémoire. Elle paniqua soudainement, se redressant vivement alors qu'elle se revoyait partageant un bain avec Clarke sauf que cette fois elle n'avait pas pris la fuite, se retournant pour embrasser la jeune femme avant de lui faire l'amour passionnément.
Elle sentit une vague de culpabilité l'assaillir alors que son corps désirait clairement celui de la blonde, celui d'une femme, mais son cœur appartenait à Costia, elle ne pouvait s'autoriser de telles pensées.
De violents coups aux barreaux la firent sursauter, la sortant de son tourment alors que les gardes ouvraient leurs cellules. Se ressaisissant pour affronter cette nouvelle journée, elle se leva et suivit le flux de gladiateurs pour prendre leur repas du matin.
- Est-ce que ça va ? Tu as l'air préoccupé, s'enquit Bellamy en venant marcher à ses côtés.
- Juste un mauvais rêve, lui répondit-elle simplement.
Le jeune homme n'insista pas puis ils entrèrent dans la zone de repas, allant faire la queue pour obtenir leur pitance. Une fois servis, ils allèrent s'installer à l'une des tables, face à face. Lexa regarda avec réticence l'immonde bouillie qu'on osait appeler nourriture puis elle se résigna à porter la première cuillère à ses lèvres, sauf qu'elle n'atteignit jamais sa bouche.
Sans qu'elle ne comprenne sa cuillère vola de sa main pour aller s'écraser sur le sol, rapidement suivie par son bol.
- C'est quoi ton problème ?! Réagit avant elle Bellamy qui se leva face à l'attaque de Quint.
- C'est elle mon problème ! Répondit-il en empoignant Lexa pour la sortir de table.
- Lâche-moi ! Réagit-elle enfin.
- Laisse-la ! Lui ordonna en même temps Bellamy.
Ce dernier voulut intervenir mais les acolytes de Quint étaient déjà sur lui pour fermement le retenir.
- Tu n'as aucun droit de taper dans nos rations alors que tu profites de bons repas avec notre maitre, ni même d'avoir des avantages alors que tu n'as même pas combattu ! Tu n'es pas une gladiatrice mais une vulgaire catin, cracha-t-il à la brune, persuadé que Russel était celui qui la gratifiait d'avantages.
Lexa ne se défendit pas, espérant que les gardes interviennent mais ces derniers s'amusaient du spectacle tout comme les gladiateurs, espérant sûrement un combat. Quint la colla soudainement à lui, venant coller son visage contre son cou pour renifler sa peau.
- Tu sens bon pour une sale chienne, il t'a prise dans son bain c'est ça ?! Rit-il ouvertement.
- Ne me touche pas ! Le repoussa-t-elle avec dégout et crainte mais Quint tint bon, la ramenant à lui.
- Écartes-les pour moi et tu auras ma protection, marchanda-t-il à son oreille tout en posant sa grosse main calleuse sur son entrejambe.
L'écœurante sensation lui fit l'effet d'un électrochoc, elle ne se paralysa pas mais lui retourna un puissant coup de tête qui lui fit lâcher prise. Furieuse, un regard assassin le transperçant, elle le regarda tituber en arrière.
- Espèce de salope ! Cria-t-il en se jetant sur elle.
Il propulsa son poing dans sa direction mais Lexa l'esquiva et vint le cueillir d'une puissante droite qui l'envoya s'écraser sur la table. Quint se releva sous les rires des gladiateurs les entourant, ses acolytes libérant même Bellamy qui observait son amie avec fierté.
- Ça suffit ! Intervint alors la voix puissante de Gustus.
Tous se figèrent et sans surprise le Doctoré les punit, non seulement Quint et Lexa pour leur bagarre mais également les autres pour l'avoir cautionnée, ainsi ils se retrouvèrent tous privés de repas du soir. Ils se dispersèrent ensuite pour rejoindre l'entraînement lorsque McCreary jusque-là spectateur silencieux, s'arrêta au niveau de Lexa pour lui souffler à l'oreille :
- Quel dommage que nous n'ayons pas tous les faveurs d'une certaine petite blonde, n'est-ce pas ?
Lexa se tourna vers lui, surprise qu'il connaisse la vérité, et son sourire narquois laissa entrevoir mille dangers. Le champion s'éloigna sans un mot de plus, ravi de son petit effet.
- Je sais que tu n'y es pour rien, que tu dois obéir aux demandes du maitre, commença un Bellamy soucieux en approchant à son tour, mais ils commencent à t'envier et…
- Et bien qu'ils aillent se faire violer si ça leur plait, je leur laisse volontiers ma place, le coupa-t-elle furieuse malgré l'imposture de sa situation.
- Hey ! Je suis de ton côté, l'appela-t-il au calme. Soit seulement prudente parce qu'ils recommenceront.
- Désolée… et merci…
Bellamy lui sourit, lui pardonnant son emportement à son encontre puis ils rejoignirent l'entraînement avec les autres. Seulement Lexa ne put se concentrer alors que son esprit divaguait sur son dernier rendez-vous avec Clarke, son rêve plus que perturbant et la menace des gladiateurs qui voyaient d'un mauvais œil ses avantages alors qu'elle n'avait encore jamais combattu dans l'arène en tant que gladiatrice.
Il en fut de même lorsque le soir elle se retrouva dans sa cellule sans avoir mangé. Comme presque tous les soirs, le garde envoyé par Clarke arriva. Cette fois elle sentit le regard envieux et dangereux des gladiateurs dans l'autre cellule. Elle s'approcha du garde et le stoppa dans l'ouverture de sa cellule. Son estomac protesta mais elle lui signifia son refus de répondre à l'appel de Clarke. Elle sentit son cœur douloureusement se serrer mais elle l'ignora et retourna s'asseoir sur le sol de sa cellule.
- Conduis-moi à la cellule de la gladiatrice, ordonna sèchement Clarke au garde du Ludus.
Le garde obtempéra à son autorité sans discuter, ouvrant la grille séparant la demeure du Ludus puis elle le suivit à travers les sombres couloirs. Cela faisait trois fois que Lexa refusait son invitation. Si la première fois, elle avait été surprise, elle avait accepté sans rien dire, songeant qu'elle avait besoin de temps après le bain qu'elles avaient partagé. Et en vérité Clarke avait également apprécié cet espace qu'elles se laissaient, cette dernière étant tourmentée par ses propres émotions suite aux évènements récents.
La seconde fois, son cœur s'était serré, blessé par ce rejet qui prenait une toute autre forme qu'un simple besoin d'espace. Elle n'avait pourtant pas agi contre sa volonté. Lexa avait finalement refusé une troisième fois et cette fois Clarke n'avait pu tenir plus. Elle devait en connaître la raison et savoir si elle était la cause de ce rejet. Avait-elle fait quelque chose de mal ? Certes elle avait eu ces sensations étranges et ces pensées peu chastes envers Lexa mais elle ne l'avait pas touchée, elle ne lui avait fait aucun mal, du moins le pensait-elle. Elle devait savoir.
Elle grimaça à l'odeur de sueur mêlée à l'humidité des sous-sols qui assaillit ses narines. Elle se demanda comment l'on pouvait supporter de vivre ici avant de se rappeler en apercevant les cellules par-dessus l'épaule du garde qu'ils n'avaient pas le choix, pas même Lexa songea-t-elle tristement. Le garde l'arrêta devant deux cellules ressemblant à des cages qu'elle découvrait alors qu'elle venait pour la première fois dans cette zone du Ludus.
Lexa les lui avait décrits lorsqu'elle avait voulu s'assurer que la jeune femme était dans une cellule séparée et non mêlée aux hommes qui n'auraient sans doute pas hésité à profiter de la situation. Cependant, elle était loin de s'imaginer de l'état précaire de sa condition alors qu'elle la découvrait allongée à même le sol sur un semblant de paillasse et à la vue de tous les gladiateurs qui étaient enfermés dans la cellule voisine. A l'arrivée du garde Lexa s'était levée mais c'est seulement lorsqu'il se décala pour laisser approcher Clarke qu'elle la vit.
- Cla…
Mais Lexa se stoppa, se rappelant qu'elle ne devait pas l'appeler ainsi en public alors se pinçant les lèvres elle ravala son prénom et entra pleinement dans son rôle d'esclave :
- Domina ? La salua-t-elle tout en baissant les yeux et laissant paraître sa surprise face à sa présence.
- Suis-moi, je souhaite te parler, lui ordonna-t-elle se positionnant également dans son rôle.
Lexa releva les yeux sur elle, souhaitant clairement refuser mais elle se garda bien de le faire devant témoin. Cependant, Clarke le vit dans ses yeux et une certaine colère envahit son regard.
- Où puis-je lui parler en privé ? Demanda-t-elle au garde.
Sa question déclencha le rire gras de Quint. Lexa se tourna dans sa direction et le gladiateur la gratifia d'un geste obscène de la langue alors qu'il interprétait la demande d'intimité de Clarke pour une toute autre raison que parler. Elle n'eut le temps de lui répondre quoi que ce soit que le garde entrait dans sa cellule et l'attrapait par le bras pour l'entraîner à sa suite.
Clarke se retint difficilement de rabrouer le garde qui serrait trop fort le bras de la brune au vu de son visible inconfort. Il les éloigna des cellules et les mena à travers un couloir jusqu'à atteindre une petite pièce qui n'avait pas de porte. Il fit entrer Lexa en premier et alla l'attacher a des chaînes fixées au mur.
- Ce n'est pas nécessaire, contra Clarke.
- Vous allez me demander de rester seule avec elle, avait-il anticipé, et c'est le seul moyen pour que je le fasse, ajouta-t-il avec intransigeance.
Clarke accepta avec regret mais le garde du Ludus semblait bien moins malléable que ses camarades de la demeure qui finissaient toujours par lui obéir, même concernant sa sécurité. De plus elle n'avait pas de temps à perdre à débattre avec lui. Il termina d'enchaîner les poignets de Lexa puis il les laissa seules. Elle songea un instant que leur situation ressemblait étrangement à sa visite juste après la condamnation de Lexa à l'arène, bien qu'elles aient fait du chemin depuis. Elles se faisaient confiance et une certaine « amitié » semblait naître entre elles, enfin le croyait-elle avant qu'elle ne commence à refuser ses invitations.
- Pourquoi avoir refusé mes dernières invitations ? Lui demanda-t-elle à l'instant où le garde sortit.
- Je dois me concentrer sur l'entraînement, lui dit-elle sa réponse toute préparée.
- Je suis une distraction ? Nous nous voyons après l'entrainement, tout ce que je fais est de t'apporter un peu de confort, contra-t-elle avec étonnement et incompréhension.
Lexa se laissa surprendre par sa ferveur et ne répondit rien, détournant le regard alors qu'elle ne savait quoi lui répondre pour sa défense. Elle ne pouvait lui dire que les gladiateurs s'en prenaient à elle à cause des avantages qu'elle lui procurait car Clarke agirait sûrement pour la protéger et ne ferait qu'empirer les choses. Quant à son attirance pour elle, elle ne pouvait bien évidemment pas lui en parler…
- J'ai fait quelque chose de mal l'autre jour ? Demanda alors Clarke d'une voix timide et vulnérable qui ébranla Lexa.
- Non, tu n'as été que bienveillance depuis notre rencontre, la rassura-t-elle sans même réfléchir.
- Alors quoi ? Lança-t-elle encore plus perdue par son rejet.
- Il n'y a rien, je n'ai simplement plus envie, retourna avec force Lexa qui se reprenait car elle devait mettre de la distance pour elle, pour Clarke et pour Costia qu'elle n'avait pas le droit de trahir.
- Lexa, je ne comprends pas, je pensais que…
- Je croyais que j'avais le choix, la coupa Lexa, que je pouvais refuser à tout moment, était-ce un mensonge ? Ne suis-je finalement qu'une esclave qui doit répondre à tes exigences ?! Poussa-t-elle un peu plus.
Clarke se figea, surprise et blessée par son accusation. Lexa le vit et regretta ses paroles mais elle n'avait pas le choix, elle ne lui laissait pas d'autre choix que de la confronter à ses propres promesses pour qu'elle cesse de s'accrocher.
- Le combat approche, je dois m'entraîner et me reposer, je n'ai pas le temps de « m'amuser »…Tenta-t-elle, pensant adoucir les choses.
- C'est bon, j'ai compris, la coupa à son tour Clarke, la mâchoire serrée et les yeux légèrement brillants. GARDE !
Il fut à l'entrée de la pièce en un instant, prêt à recevoir ses ordres.
- Ramenez-la dans sa cellule, ordonna-t-elle durement, son regard se fermant soudainement.
Lexa fut sur le point de dire quelque chose : la réconforter ? Exprimer ses regrets ? S'excuser ? Elle ne le saurait jamais alors que les mots restèrent bloqués dans sa gorge tandis que le garde la repoussa contre le mur, la bloquant de la vue de Clarke alors qu'il lui retirait ses chaînes. Elle n'eut que faire de la légère douleur de ses poignets alors qu'elle sentait son cœur écrasé par une peine inattendue.
Clarke regardait silencieusement le garde retirer les chaînes de Lexa. Elle ne croyait pas un instant les explications de la jeune femme mais elle ne pouvait la forcer à lui rendre visite. Elle ne vaudrait pas mieux que son oncle et briserait ses propres principes. Pourtant elle en était venue à apprécier sa compagnie, attendant avec impatience leurs petits moments car elle représentait ce qui se rapprochait le plus d'une amie pour elle qui vivait seule depuis trop longtemps. Clarke était perdue et triste, cependant elle la croyait lorsqu'elle lui assurait qu'elle n'y était pour rien, la seule chose qui semblait être vrai dans ses propos.
Le garde entraîna Lexa hors de la pièce et lorsqu'elle passa à ses côtés, elles échangèrent un dernier regard car Clarke n'insisterait pas et respecterait son souhait : dorénavant elles ne se verraient plus que publiquement en tant que maitresse et esclave.
A suivre…
Beaucoup de chose dans ce chapitre, dites-moi tout ! :p
Le clexa se rapproche dans un bain chaud avant la douche froide finale XD Que pensez-vous de leurs échanges ? Lexa a-t-elle raison de prendre ses distances ?
Que pensez-vous de l'arrivée de Bellamy ? Et de Becca qui porte un grand intérêt au clexa ? :p L'entrée de Lexa à l'entrainement vous plait ?
Bref lâchez-vous, je veux tout savoir !
Encore merci pour vos retours qui font vraiment vraiment plaisir et qui m'ont aidé a passer un petit manque d'inspiration :D
Dans le prochain chapitre Lexa fera officiellement son entrée dans l'arène en tant que Gladiatrice ! A dans deux semaines !
