CH10-Le peintre
Bonsoir, bonsoir
Un peu de retard ce dimanche mais voici sans attendre le chapitre.
Encore et toujours Kouan à la relecture.
Bonne lecture !
Le sang chaud se répandit sur le sable froid de l'hiver dans un puissant coup de glaive qui ouvrit en deux la cage thoracique de la gladiatrice. Sous les acclamations de la foule, Lexa fit virevolter ses deux glaives avant de bloquer l'attaque de la dernière gladiatrice restant debout. Une hoplomaque armée d'une lance et d'un petit bouclier. Elle repoussa sa lance puis s'éloigna sans tarder, instaurant sciemment quelques mètres de distance entre elles. Lexa esquissa un pas sur le côté, commençant à lentement tourner, son adversaire l'imitant.
Un glaive tournant avec assurance dans sa main, Lexa fixait avec froideur son adversaire. Elle ne laissait rien paraître, rien ne la perturbait, pas même les spectateurs qui appelaient leur championne à verser le sang. Elle se fichait de leur désir mais elle allait les exaucer alors que vide d'émotion, elle n'était dans l'arène qu'un instrument de mort. C'est ce qu'elle était devenue après la mort de Bellamy, comprenant durement que les sentiments n'avaient pas leur place dans ce monde de perpétuelle survie. Lexa s'était coupée de tout et de tous, ne se consacrant qu'à son entraînement et la victoire. Survivre était tout ce qui importait dans l'arène alors elle était devenue une guerrière sans pitié qui éliminait ses adversaires les uns après les autres, relevant tous les défis avec brio et devenant ainsi la championne de Syracuse.
Cela faisait plusieurs jours qu'elle enchaînait les combats dans l'arène alors que les fêtes de Brumalia en l'honneur de Saturne et Bacchus étaient célébrées, trente jours de célébrations qui prenaient fin au solstice d'hiver. Malgré tout, elle ne montrait rien de sa fatigue car si ses journées étaient épuisantes, il en était de même pour ses nuits alors que Russel ne lui laissait aucun répit, vendant ses services lors de ses nombreuses fêtes privées, s'enrichissant sur son nouveau statut de championne. Chaque jour naissait pour la détruire un peu plus mais plus rien ne l'atteignait, faisant simplement ce qu'elle devait faire pour survivre, encaissant silencieusement les coups pour les rendre dans l'arène, libérant sa rage de vivre.
Lexa esquissa presque un sourire victorieux lorsqu'elle vit la confiance briller dans les yeux de son adversaire. Cette dernière avait l'avantage sur elle avec sa lance qui l'obligeait à garder ses distances tout en pouvant l'attaquer, ce que ses deux glaives ne lui permettaient pas. De plus l'hoplomaque avait son bouclier pour se protéger, ce dont Lexa avait choisi de ne plus utiliser, préférant favoriser son attaque en portant deux glaives. L'attaque était la meilleure des défenses et elle allait le lui faire comprendre rapidement.
Lexa s'élança soudainement sur son adversaire, la prenant par surprise alors que son assurance l'avait aveuglée, n'imaginant pas une seconde qu'elle oserait l'attaquer si ouvertement. La vitesse de son attaque l'empêcha de parer proprement, parant maladroitement avec sa lance alors que son bouclier ne fit que la gêner, la privant de force dans sa prise sur son arme. Lexa frappa et frappa, remontant insidieusement sa lance jusqu'à sa porteuse, la faisant finalement plier genoux à terre.
L'hoplomaque réagit enfin dans un élan de survie et bloqua son attaque de son bouclier. Lexa l'ayant anticipée, bougea avec grâce sur le côté, contournant son adversaire dans un mouvement froidement calculé et abattit ses deux lames dans son dos, le lacérant profondément. Dans un hurlement de douleur l'hoplomaque tenta de se retourner pour se protéger de son bouclier mais profitant de l'ouverture que ce mouvement lui donna, Lexa lui trancha son bras protecteur dans un cri de rage. Son adversaire s'écroula à genoux dans le sable ensanglanté, hurlant sa douleur, tandis qu'elle avançait froidement sur elle.
Telle l'ombre de la mort c'est avec confiance, peut-être trop, que Lexa marchait vers sa victoire ainsi elle n'anticipa pas l'élan de désespoir de son adversaire. Cette dernière brandit sa lance dans sa direction, surpassant sa douleur pour laisser place à la rage de la survie. L'arme se planta dans l'épaule de Lexa qui en lâcha son glaive de douleur tout en ne pouvant retenir son propre cri de souffrance qui vint se mêler à celui de l'hoplomaque. Cependant son adversaire était bien trop affaibli et ne put tenir sa force sur son arme. Lexa attrapa la lance et la retira de son épaule pour ensuite asséner un puissant coup de pied dans l'abdomen de la guerrière qui l'envoya s'écraser sur le sable.
Lexa entendit alors son nom s'élever à travers la foule, les spectateurs assoiffés de sang lui ordonnant de la mettre à mort. Elle observa alors la guerrière se tordant de douleur à ses pieds et se vidant de son sang. S'affaiblissant à chaque souffle et son regard agonisant la suppliant de mettre fin à sa vie. Ce qui n'était plus qu'une question de temps car l'éditeur allait évidemment suivre le peuple et ordonner sa mort. Une mort qu'elle lui accorda subitement en plongeant son glaive encore en main dans la poitrine de la guerrière gémissant de douleur, la lame la transperçant pour aller se planter dans le sable.
- Yu gonplei ste odon, récita-t-elle avec respect la prière accompagnant les défunts dans son village tout en regardant la vie quitter son adversaire.
Les spectateurs l'acclamèrent de plus belle pour sa mise à mort. Elle était leur favorite alors personne ne lui tiendrait rigueur de son affront envers l'éditeur alors qu'elle n'avait pas attendu sa décision. Elle sortit son glaive du corps sans vie puis elle le leva vers le ciel, enflammant davantage la foule dans ce rituel qu'elle exécutait maintenant parfaitement. Après un moment, elle l'abaissa puis se détourna sans plus de cérémonie pour quitter le sable de l'arène.
- Elle n'a aucune pitié, j'aime ça ! S'exclama dans un rire satisfait Russel face au spectacle que venait de leur offrir Lexa.
- Votre esclave n'a également aucun respect, pointa Nia qui prit un malin plaisir à mettre mal à l'aise son rival face à l'éditeur.
- Elle a raison, renchérit ce dernier.
- Avec tout le respect que je vous dois, commença Russel, nous voulons la satisfaction du peuple et regardez ! Désigna-t-il la foule en liesse face à leur championne.
- Je ne peux nier l'amour du peuple pour votre gladiatrice mais il y a des règles à suivre, lui rappela l'éditeur.
- Bien évidemment et je le lui rappellerai, concéda Russel.
Satisfait l'éditeur s'en retourna à l'annonce du prochain combat tout comme l'attention de la loge, à l'exception de Joséphine qui s'approcha de son père alors que dans l'arène McCreary faisait son entrée.
- Cet enseignement du respect serait également l'occasion de lui soutirer des informations sur ce peintre qui nous fait perdre tant d'argent, lui dit-elle de manière à ce que seul son père l'entende.
- Cette esclave nous en fait gagner bien plus. Qui plus est, elle m'a assuré ne rien savoir à son sujet, lui rappela Russel le regard rivé sur son gladiateur.
- Et vous la croyez ? S'insurgea-t-elle.
- Elle n'a aucune raison de mentir sur ce point, répondit-il distrait par les premières attaques échangées.
- Vous n'en avez aucune assurance mais nous pouvons nous en assurer en…
- Personne ne l'abîmera, je l'interdis, la coupa-t-il furieusement, elle vaut bien plus que tes peintures alors trouve-toi une autre occupation !
Joséphine se détourna tout aussi furieuse et quitta d'un pas rapide la loge, blessée que son père n'ait aucune considération pour son problème et écœurée qu'il prenne soin de cette esclave qu'ils pourraient aisément remplacer.
Son père semblait ne pas le remarquer continuant de la traiter en petite fille capricieuse mais elle n'était plus une enfant et elle allait le lui prouver en prenant les choses en mains, même si pour cela elle devait braver son autorité.
Assise sur une table de bois, Lexa attendait silencieusement la venue d'un guérisseur. Elle pouvait entendre les cris de liesse du peuple admirant le combat de McCreary, ce dernier clôturant les jeux de la journée en tant que grand champion. Elle grimaça en réajustant la pression de sa main sur son épaule blessée afin de ralentir l'écoulement du sang.
Il était étrange que le guérisseur ne soit pas encore arrivé alors que d'ordinaire il apparaissait peu de temps après son entrée dans la pièce de soin. Déjà épuisée par son combat, elle sentait son corps s'affaiblir à mesure que le sang s'écoulait entre ses doigts. L'appel du sommeil se faisait sentir de plus en plus et son regard se perdait sur les différentes étagères pleines de plantes, baumes et remèdes.
La porte de bois s'ouvrit soudainement, la faisait sursauter et grimacer dans le mouvement. Comme à son habitude un garde entra mais le soulagement qu'elle ressentit en pensant avoir enfin des soins disparut dès qu'elle vit qui l'accompagnait. Nulle trace de guérisseur alors que Joséphine entrait à son tour.
- Debout et donne moi tes poignets ! Lui ordonna le garde tout en sortant des chaînes.
Lexa hésita alors que quelque chose n'allait clairement pas, ressentant une menace évidente, mais elle n'était pas en mesure de protester. Affaiblie, elle ne pourrait faire grand-chose. De plus elle ne ferait que gagner de plus gros problèmes, surtout si elle rentrait en conflit avec la fille adorée de Russel. Alors malgré le regard vicieux que posait Joséphine sur elle, Lexa tendit ses poignets sans faire d'histoire. Le garde lui passa immédiatement les chaînes, le métal agressant comme toujours sa chair.
- Bien ! Maintenant nous pouvons discuter ! S'enjoua Joséphine tout en s'approchant maintenant que Lexa était entravée et sous bonne garde.
La gladiatrice ne laissa rien paraitre de sa confusion et de ses craintes, n'affichant qu'un visage impassible et obéissant.
- Dis-moi qui est ce peintre, lui ordonna-t-elle soudainement.
« Encore ce peintre ?! » Songea Lexa qui ignorait tout de lui. Ce n'était pas la première fois qu'on lui posait des questions et comme elle l'avait dit à Russel, elle ne savait rien. Avant qu'elle n'entende Joséphine en parler à cette fête avec Clarke et Becca ou bien ce que Russel lui avait révélé lors de son interrogatoire, elle n'en avait jamais entendu parler. Pourtant Joséphine pensait le contraire et elle savait que la romaine n'allait pas aimer sa réponse. Lexa se mit à maudire ce peintre qui avait décidé de la prendre pour modèle, amenant un tout autre danger à elle.
- Je l'ignore, Domina, répondit-elle avec tout le respect dont elle devait faire preuve en espérant éviter les ennuies.
- Tu l'ignores… Répéta dangereusement Joséphine alors que Lexa vit une lueur menaçante passer dans son regard avant qu'elle ne réduise la distance entre elles pour venir lui souffler… Et bien je ne te crois pas.
- Aaaargh, cria Lexa lorsque sans prévenir Joséphine attrapa et serra avec force son épaule blessée.
Lexa pouvait sentir ses doigts s'enfoncer douloureusement dans sa chair ensanglantée. Par reflexe elle voulut s'éloigner mais le garde la saisit par l'autre épaule et la maintint bien en place puis lorsque Joséphine fit pression pour qu'elle s'agenouille, elle ne résista pas cherchant à échapper à la douleur. Une fois à genoux, Joséphine la lâcha et Lexa inspira profondément tentant de chasser la douleur et reprendre le contrôle alors que son esprit se brouillait. La peine l'avait secouée mais surtout la blessure s'était aggravée, perdant davantage de sang.
- Ne me fais pas répéter, la prévint-elle en serrant son poing maculé du sang de la gladiatrice.
- Je n'en sais rien… je vous le jure… répondit Lexa entre deux souffles.
Un hochement de tête de la romaine suffit pour que le garde qu'elle avait gracieusement payé plonge à son tour ses doigts dans la blessure de Lexa mais cette fois elle retint son cri de douleur, affrontant le regard de Joséphine tout en respirant laborieusement.
- Ce peintre connaît tout de toi, la moindre de tes cicatrices et c'est forcément ici qu'il peut les voir ! Tu ne me feras pas croire que tu ne vois pas qui cela pourrait être !
Elle fit signe au garde qui s'arrêta puis elle laissa à Lexa le temps de se reprendre pour lui donner une chance de lui répondre.
- Je… l'ignore ! Répondit-elle avec plus de hargne.
- Tu vas me dire qui c'est ! S'emporta Joséphine qui la gifla violemment.
Cette fois Lexa resta silencieuse alors que la romaine ne voulait comprendre. Elle n'avait aucune réponse à lui donner et elle n'allait pas donner un nom au hasard, même pour sauver sa vie. Son mutisme énerva encore plus la romaine qui s'empara soudainement de la dague à la ceinture du garde pour venir la coller contre la joue de Lexa.
- Peut-être arrêtera-t-il de te peindre si je te défigure ? Cracha-t-elle à son visage.
Dans un pur réflexe Lexa voulut reculer mais le garde la bloqua contre lui avant de s'emparer de son visage pour douloureusement offrir son profil à la lame de Joséphine. Elle sentit la lame froide percer sa peau, le sang chaud perler lentement alors que l'entaille était pour l'instant peu profonde.
- Dernière chance… Souffla Joséphine en venant planter un regard fou dans le sien.
Lexa lui répondit par un silence obstiné et la lame s'enfonça un peu plus, lui faisant serrer les dents sous la douleur alors qu'elle lacérait lentement sa joue. Elle était totalement à sa merci et n'espérait pas s'en sortir quand soudainement quelqu'un pénétra dans la pièce. Elle sentit la lame se figer puis disparaître ainsi que la prise du garde sur elle.
Lexa s'écroula sur le sol, soulagée et épuisée. Lorsqu'elle releva les yeux ce fut pour découvrir Clarke qui la protégeait de Joséphine et du garde qu'elle avait éloignée avec virulence et sans crainte.
- Tu as perdu la tête ?! S'époumona-t-elle contre sa cousine.
- Nous avions seulement une petite discussion, répondit Joséphine comme si tout était normal.
- Dehors ! Avant que je ne rapporte ceci à ton père ! La menaça Clarke. Et vous ! Allez chercher un guérisseur ! Ordonna-t-elle au garde qui s'éclipsa immédiatement.
Joséphine la jaugea quelques instant puis elle esquissa un mouvement pour partir tout en posant son regard sur Lexa toujours au sol.
- Tu finiras par me dire qui est ce peintre, lui dit-elle avant de définitivement quitter la pièce.
Le cœur de Clarke fit un bond lorsqu'elle comprit qu'elle était la raison de ce que venait de subir Lexa. Malgré la culpabilité qui l'écrasa, elle se tourna sans plus attendre vers la gladiatrice toujours au sol.
- Laisse-moi, la repoussa Lexa qui tentait de se relever dans une fierté mal placée.
- Ne sois pas stupide, claqua Clarke qui se fichant de son autorisation l'aida à se relever puis à s'appuyer contre la table de bois.
Dans une grimace Lexa fit à nouveau pression sur sa plaie alors que la perte de sang continuait de l'affaiblir, une profonde fatigue s'emparant lentement d'elle. Clarke prit conscience de la gravité de sa blessure et s'éloigna vers le plan de travail du guérisseur pour attraper un chiffon propre. Elle revint ensuite vers Lexa dont elle retira la main de sa blessure avant d'y apposer le chiffon et d'y faire pression.
- Je peux le faire moi-même, protesta Lexa en voulant remettre sa main.
- Garde tes forces, l'arrêta immédiatement Clarke qui appuya brusquement sur la blessure en voulant esquiver la main de Lexa qui essaya d'attraper la sienne, provoquant ainsi une vive douleur chez la gladiatrice. Pardon ! S'affola-t-elle de sa maladresse.
- Ce n'est rien, la rassura-t-elle alors que son visage crispé prouvait le contraire.
Le léger silence qui s'installa ensuite entre elles leur fit réaliser à quel point leurs corps étaient proches, sentant la chaleur de l'autre. Concentrée sur la blessure, Clarke tentait de ne pas s'en détourner alors qu'elle pouvait sentir le souffle de la gladiatrice caresser sa peau. De son côté Lexa s'efforçait de ne pas laisser ses yeux s'accrocher aux lèvres de la romaine qui n'avait pas été aussi proche d'elle depuis leurs baisers échangés sur un malentendu.
Elles n'avaient pas été aussi proches depuis ce matin où Lexa s'était réveillée entre ses bras après une nuit de larmes. Elles avaient échangés quelques mots puis Lexa s'était empressée de fuir alors qu'elle s'était sentie bien trop vulnérable. Depuis elle n'avait fait que la croiser et ne l'avait aucunement repoussée, discutant brièvement mais agréablement. Sans s'en rendre compte alors qu'elle se coupait de tout et de tous derrière un mur de froideur, il n'en était rien avec Clarke.
- Merci, lui dit-elle sincèrement.
- Tu n'as pas à me remercier, releva-t-elle les yeux pour croiser les siens.
Lexa déglutit difficilement alors qu'elle se perdit brusquement dans son océan, ses lèvres à quelques centimètres des siennes, leur goût se rappelant à elle. Ses yeux se posèrent avec tentation sur sa bouche mais la main délicate de Clarke détourna doucement son visage sur le côté avant qu'elle n'ait l'idée de franchir la distance.
- Ca n'a pas l'air profond, c'est douloureux ? S'inquiéta-t-elle de la lacération à son visage et bien ignorante des pensées de la brune.
- Grâce à toi ce n'est que superficiel, lui signifia-t-elle à nouveau sa gratitude tout en prenant sa main dans la sienne pour libérer son visage et lui faire face.
- Sans moi Joséphine ne t'aurais même pas touché, lui avoua-t-elle avec culpabilité.
Lexa secoua la tête ne comprenant pas la réelle portée de ses paroles et s'empressa de la contredire ne supportant pas de voir cette soudaine détresse dans son regard.
- Je sais ce que je t'ai reproché par le passé mais j'avais tort, tu n'es pas responsable de tout ce qui m'arrive, ce n'est pas toi qui m'a faite esclave, au contraire tu…
- Je suis le peintre, la coupa brutalement Clarke.
- Quoi ? Crut-elle avoir mal entendu.
- Le peintre qu'elle cherche, c'est moi, affirma-t-elle de nouveau.
Lexa l'observa avec surprise alors que le puzzle s'assemblait dans son esprit puis la porte s'ouvrit brutalement sur le guérisseur, lui coupant toute possibilité de réaction. Elles échangèrent un long regard plein de questions, de promesses et de réponses puis Clarke s'éloigna pour laisser place au guérisseur.
- Ce n'est pas possible ! Qu'ai-je fait aux dieux ?! Hurla Russel qui renversa brutalement sur le sol tous les parchemins reposant sur son bureau.
- Mon amour que se passe-t-il ? Entra avec inquiétude Simone alors que sa rage résonnait dans la nuit.
- Gustus ! Pointa-t-il le Doctoré que Simone remarqua seulement ainsi que Clarke se tenant à ses côtés. Gustus vient de m'apprendre que notre championne sera handicapée par sa blessure lors de son prochain combat !
- Et bien fais-le annuler, tenta-t-elle de raisonner.
- Que j'annule ?! S'emporta-t-il davantage. Nia en serait bien trop heureuse, il en est hors de question ! Refusa-t-il par pure fierté.
La surprise se peignit sur le visage de Simone avant qu'elle ne se rappelle que le prochain combat devait opposer leur championne à celle de Nia. Un affrontement que son mari attendait avec impatience et prévu depuis plusieurs lunes afin d'honorer les dieux de ce merveilleux spectacle.
- Dominus, le combat est perdu d'avance si elle ne peut utiliser son bras… Se permit Gustus.
- Il lui en reste toujours un, contra froidement Russel.
- Sa blessure est sérieuse ! Claqua Clarke. Le moindre mouvement la fait souffrir le martyre, même avec un bras elle ne pourra combattre.
- Alors faisons en sorte qu'elle ne souffre plus, il me semble qu'elle ne combat pas demain ? Intervint Simone.
- En effet, répondit Russel qui regardait sa femme avec curiosité.
- Alors que notre soigneur s'occupe d'elle, qu'on lui donne tous les soins nécessaires, tous les baumes existant contre la douleur et peu importe le prix pourvu qu'elle soit prête pour le combat.
- Cela ne suffira pas, intervint Gustus qui savait pertinemment qu'ils envoyaient Lexa à la mort.
- Silence ! Claqua Russel.
- Pardonnez-moi, Dominus, se replia-t-il respectueusement.
- Il a raison, s'interposa Clarke. Elle va se faire tuer si vite qu'il n'y aura même pas de combat, vous préférez vous ridiculiser et perdre votre championne plutôt que de reporter le combat ?! La fierté vous fait perdre tout bon sens ! L'accusa-t-elle vivement.
Aussi vivement que la gifle qui la fit taire. Clarke porta sa main à sa joue en feu et son regard brûlant de colère rencontra celui tout aussi ardent de sa tante.
- Mesure tes paroles, je te rappelle que tu dois le respect à ton oncle. De plus tu n'as pas ton mot à dire sur le sort de cette esclave étant donné que tu es dans l'incapacité de rembourser son achat, lui rappela-t-elle sévèrement.
- Pardonnez-moi, grinça-t-elle docilement.
- Transmet immédiatement les ordres de ma femme à Nyko, ordonna Russel à Gustus qui s'éclipsa aussitôt. Quant à toi, hors de ma vue, ajouta-t-il pour Clarke qui sortit immédiatement.
Russel se tourna alors vers sa femme, la couvant d'un regard plein d'amour et d'admiration. Simone s'approcha de son mari puis caressa ses bras en remontant jusqu'à ses épaules afin de l'apaiser.
- Que ferais-je sans toi ? Murmura-t-il avant de tendrement l'embrasser.
Simone sourit contre ses lèvres, ravie d'avoir enfin du temps avec son mari qui une fois la nuit tombée était libéré de ses affaires. Le baiser se fit de plus en plus désireux puis fiévreux lorsque Russel guida sa femme vers son bureau sur laquelle il la fit asseoir. Simone écarta les jambes pour accueillir son mari entre ses cuisses et entamer une nuit de passion.
Joséphine descendit du corps de son amant pour s'allonger à ses côtés, le souffle rapide et le corps brûlant de satisfaction. Gabriel se redressa puis remonta les draps de soie sur son corps afin de la protéger de la froide nuit de l'hiver. Il quitta ensuite le lit, respectant douloureusement sa place d'esclave en se retirant une fois sa tâche terminée. Alors qu'il récupérait sa tunique au sol, il pouvait sentir le regard désireux de sa maitresse qui dévorait son corps musclé mais qui devait le laisser partir afin de ne pas courir le risque de se faire prendre.
- Je veux que tu la suives, s'éleva la voix de Joséphine une fois qu'il fut habillé.
- Suivre qui ? Se retourna Gabriel dans un regard confus.
- Cette putain d'esclave, s'agaça Joséphine qui se leva brutalement du lit, révélant son corps nu à son regard qui s'assombrit immédiatement de désir. Je veux que tu la suives partout, ce foutu peintre se trahira bien à ses côtés à un moment ou un autre, lui expliqua-t-elle tout en enfilant un peignoir bleu nuit.
- Je ne peux constamment la surveiller, j'ai des devoirs envers votre père…
- Dois-je penser à tout ?! S'emporta-t-elle en se tournant vers lui. Débrouille-toi et je me fiche comment, je veux ce peintre tu m'entends ?!
- Oui, Domina, répondit-il amèrement.
Après un silence interminable la colère quitta le visage de Joséphine, s'adoucissant peu à peu pour retrouver un éclat d'affection à l'égard de son esclave dans son regard.
- Pardonne-moi, souffla-t-elle tout en parcourant la distance les séparant pour venir se blottir contre Gabriel.
Ce dernier ne referma pas ses bras sur elle, sachant pertinemment qu'il devait attendre son autorisation pour tout geste d'affection. Joséphine fit glisser ses doigts sur la partie de son torse non recouvert par sa tunique avant de lever un regard penaud sur lui.
- Cette esclave me met hors de moi… mais je sais que tu feras tout pour me satisfaire, n'est-ce pas ?
- Evidemment… Souffla-t-il, sa proximité lui faisant oublier toute marque de respect mais ne cachant pas son affection dans sa voix.
- Trouve ce peintre et je te récompenserais comme il se doit, lui dit-elle avant de l'embrasser, l'emportant dans un baiser féroce et plein de promesses.
Un baiser qui lui coupa le souffle et qui comme souvent lui embrouilla l'esprit, son cœur prêt à tout pour cet amour interdit.
- Tu peux disposer, s'écarta froidement Joséphine, satisfaite et confiante quant à sa réussite.
Allongée sur son petit lit en bois, Lexa se redressa alors qu'elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Le mouvement tirailla douloureusement son épaule et la stoppa brièvement avant de s'assoir sur le bord du maigre matelas qu'on lui avait donné. La mâchoire serrée et les yeux fermés pour laisser passer la douleur, elle les rouvrit sur la porte de bois fermant sa cellule puis les détourna vers la petite lucarne fermée par des barreaux pour observer le ciel étoilé.
Cette cellule était un privilège qui lui avait été octroyé pour ses nombreuses victoires et son titre de championne. Quatre murs qui lui offraient intimité et sécurité, ainsi que confort malgré la sobriété de son lit et un semblant d'évasion par cette lucarne qui lui procurait air frais et une vu sur la liberté. Une vu sur le ciel étoilé qui contrairement à d'habitude n'apaisa aucunement son esprit qui continuait à songer à ce que lui avait révélé Clarke.
Clarke était donc le mystérieux peintre que toute la ville admirait et que Joséphine cherchait désespérément. Elle avait mille questions lui traversant l'esprit : Pourquoi la peignait-elle ? Pourquoi se cachait-elle ? Pourquoi Joséphine voulait-elle à tout prix trouver ce peintre ? Mais une seule question la fit tressaillir lorsque furtivement elle se demanda ce qu'elle pouvait faire du secret de Clarke. Le garder ou bien le révéler lui apporterait-il quelque chose ? Plus de confort ? Quitter cette vie de gladiatrice ? Sa liberté ?
La pensée de trahir Clarke lui avait tordu l'estomac de honte et d'immédiats remords. Elle était humaine, nier qu'elle avait songé en tirer avantage aurait été un ignoble mensonge mais elle avait ses limites dans ce qu'elle était prête à faire. Le visage sans vie de Bellamy se rappela à elle comme pour lui signifier qu'elle était capable du pire. Elle ferma les yeux de dégoût envers elle-même tout en se répétant qu'elle avait agit par instinct de survie, son propre corps avait trahi sa conscience pour vivre. Avec Bellamy elle n'avait pas eu le choix alors tant qu'elle l'aurait, elle ne ferait plus jamais de mal à un ami. Elle n'aurait jamais pensé dire cela un jour mais Clarke, une romaine, était son amie alors elle allait garder son secret.
Et puis de toute manière, elle serait bientôt tuée dans l'arène car il n'y avait aucune chance qu'elle gagne avec une telle blessure, ainsi elle emporterait le secret de Clarke avec elle.
- Tu en es sûr ? Voulut s'assurer Niylah de l'information que venait de lui donner un esclave.
- Oui, chaque semaine, le même jour, elle se rend au marché aux esclaves pour revendre les faibles et inutiles et les remplacer, lui expliqua l'homme.
- Je te remercie, lui dit-elle sincèrement alors qu'elle prenait conscience du risque qu'il prenait en la renseignant car ses maitres n'étaient pas aussi bienveillants que sa maitresse.
L'esclave la salua brièvement dans un hochement de tête puis il retourna à son travail, s'éloignant rapidement de Niylah qui partit dans l'autre direction. Elle fit quelques mètres dans la rue puis elle tourna pour entrer dans une rue plus animée où le marché de Syracuse débutait. Elle rejoignit l'une des étales et se plaça silencieusement au côté de sa maitresse. Clarke reposa la robe qu'elle observait puis salua le marchand avant de s'éloigner et s'engouffrer dans la foule naissante du matin, Niylah sur ses pas.
- Alors ? S'enquit sa maitresse.
- Nia est au marché aux esclaves, lui révéla-t-elle.
Clarke en prit immédiatement la direction et Niylah la suivit non sans une légère hésitation, renonçant à lui dire que son entreprise était une mauvaise idée. De toute manière elle doutait qu'elle l'écoute. Elles rejoignirent donc d'un pas rapide le marché aux esclaves sur le port. Alors qu'elles ne faisaient qu'apercevoir au loin la foule et les différentes estrades de vente, Niylah ralentit inconsciemment sa marche tandis que son corps se mit à trembler. Clarke remarqua sa soudaine traîne et se retourna, relevant immédiatement son changement d'attitude.
- Tu n'es pas obligée de m'accompagner, rentre au domaine, lui dit-elle tristement compréhensive.
- Non, non, ça va aller, se reprit Niylah.
- Tu es sûre ?
L'esclave acquiesça avec assurance alors elles reprirent leur marche. Niylah la suivit mais la peur continua à lui enserrer le cœur alors que ce lieu faisait remonter d'atroces cauchemars. Souvenirs la faisant autant trembler que lui rappelant la chance qu'elle avait d'être au service de Clarke. Elle aurait pu rentrer et ne pas supporter cette peur l'assaillant mais elle devait tellement à Clarke pour avoir pris soin d'elle qu'elle était prête à tout pour payer cette dette.
Niylah n'était pas la seule à frissonner face au marché aux esclaves. Même si ce n'était pas de peur, Clarke était assaillie par le dégoût qu'elle ressentait pour ce lieu. Son regard fouillant la foule à la recherche de Nia ne pouvait s'empêcher de se tourner vers les estrades où des esclaves étaient malmenés. Si seulement elle avait suffisamment d'argent pour tous les acheter et les sortir de l'horreur comme elle l'avait fait pour Lexa. Bien qu'elle n'ait pas toujours réussie à la protéger, songea-t-elle tristement avant de la revoir sur cette estrade, affamée et blessée.
- Vous avez fait beaucoup pour elle, lui rappela Niylah qui l'avait rattrapée alors que sans s'en rendre compte elle s'était arrêtée.
- Pas assez puisqu'elle risque une nouvelle fois sa vie, répondit-elle en reprenant leur marche.
- Peut-être est-ce la volonté des dieux ? Pointa Niylah.
- La voilà ! Repéra-t-elle Nia au pied d'une estrade en train de terminer une transaction.
Clarke traversa la foule aussi discrètement que possible pour la rejoindre. Elle s'arrêta à quelques pas d'elle alors que le chétif esclave qu'elle venait de vendre disparaissait avec le marchand. La laniste accompagnée d'une gladiatrice veillant à sa sécurité se tourna ensuite pour partir mais tomba nez à nez avec Clarke qu'elle reconnut immédiatement.
- Je suis étonnée de vous voir ici et sans votre oncle, déclara-t-elle d'un regard perçant et froid.
- J'aimerai vous parler d'une affaire en privé, si vous le voulez bien, annonça sans perdre temps Clarke qui souhaitait passer le moins de temps possible en la présence de cette femme qu'elle abhorrait.
Nia la jaugea quelques instants puis étira un sourire plein de froideur avant de lui faire signe de la suivre. Clarke la suivit tandis que Niylah lui emboîtait le pas non sans échanger un regard méfiant envers la gladiatrice qui arborait plusieurs cicatrices sur le visage. Cicatrices qui ne résultaient pas d'un combat au vu de leur disposition particulière.
Le petit groupe s'éloigna des estrades puis Nia les guida vers une petite ruelle adjacente au port dont le calme les enveloppa immédiatement.
- Bien, que voulez-vous ? S'enquit la laniste avec impatience.
- Que vous repoussiez le combat de demain.
- Et pourquoi ferai-je cela ? Demanda-t-elle dans un rire.
- Notre gladiatrice est blessée, le combat sera vite terminé, il n'y aura aucun challenge ni mérite pour vous, répondit-elle déterminée et confiante, plongeant son regard dans celui glacé de la laniste.
Nia laissa à nouveau échapper un rire qui cette fois fut froid et dangereux, faisant frissonner Clarke et Niylah.
- Je n'ai que faire du mérite, déclara-t-elle en la transperçant de son regard glacial. Tout comme le peuple qui ne souhaite que souffrance et bain de sang. Combat rapide ou non, votre championne tombera et sa mort ne sera qu'une lente agonie.
- Les jeux ne sont pas de simples exécutions, ce sont…
- Si vous êtes là c'est que Russel a refusé d'écouter vos pleurnicheries et vous me faite l'affront de croire que contrairement à lui je vais renoncer à ce combat par pitié pour votre esclave, cracha Nia tout en faisant un signe à sa gladiatrice.
Cette dernière sortit un poignard et dans un mouvement rapide comme l'éclair de Zeus elle vint le placer sur la gorge de Niylah qui n'eut aucune chance de lui échapper.
- Non ! Cria de peur Clarke.
- Je ne peux vous tuer pour cet affront, en revanche ce n'est pas le cas de cette esclave !
- Ne faites pas ça, je vous en prie ! Je ferais tout ce que vous voulez mais épargnez-la.
- Alors c'est donc vrai, rit Nia. La nièce de Russel fait bel et bien ami-ami avec les moins que rien. Malgré l'éducation de votre oncle vous êtes comme vos idiots de parents, eux aussi ils…
- Je vous interdits de parler de mes parents ! S'emporta furieusement Clarke qui se retint de justesse de ne pas sauter à la gorge de la laniste car la vie de Niylah était en jeu.
- Très bien mais laissez-moi vous enseigner la manière de briser un esclave.
L'instant d'après un cri de douleur emplissait la ruelle alors que la gladiatrice dans un mouvement rapide et imparable avait attrapé et brisé le poignet de Niylah. Cette fois Clarke se précipita à ses côtés, la gladiatrice la laissant passer alors qu'elle s'éloignait déjà pour rejoindre Nia.
- Vous n'aviez pas besoin de faire ça ! Ragea Clarke.
- Un affront se doit toujours d'être réparé, rétorqua froidement Nia. Ontari allons-y, ordonna-t-elle à sa gladiatrice avant de s'éloigner sans un mot et regard de plus pour les deux femmes.
Le nom de la gladiatrice fit écho dans l'esprit de Clarke, cette dernière la reconnaissant comme étant la championne de Nia, celle qui affronterait Lexa dans l'arène le lendemain. Malgré ses craintes pour la brune, Clarke se concentra sur Niylah qui tenait douloureusement son poignet contre elle.
- Je suis désolée… S'excusa-t-elle auprès de l'esclave.
- En vaut-elle la peine ? Demanda Niylah en serrant les dents de douleur. Vaut-elle réellement la peine de vous mettre en danger ?
Clarke assimila ces questions pleines d'inquiétudes et teintées de reproches, questions auxquelles elle eut immédiatement une réponse mais elle fut incapable de la donner alors que Niylah la fixait d'un regard douloureux. Encore une douleur dont elle était responsable et qui la désolait mais si elle devait refaire les choses, elle les referait de la même manière.
Malgré son silence, Niylah vit sa réponse dans son regard. Clarke n'était sans doute pas encore consciente de la profondeur de son attachement envers Lexa mais il était clair qu'elle était prête à tout pour la gladiatrice. Niylah ferma les yeux, se résignant à la folie de sa maitresse tout en repoussant un élan de douleur.
- Rentrons vite au domaine, il faut montrer ton poignet à Nyko, énonça Clarke tout en la guidant à travers les rues de la ville.
La journée avait été des plus longues pour Lexa alors que sans entraînement, elle n'avait quitté sa cellule que pour passer entre les mains du soigneur. Nyko s'était assuré que les points de sa blessure étaient suffisamment nombreux et solides pour qu'elle puisse combattre dans l'arène le lendemain. Il lui avait également appliqué plusieurs baumes pour apaiser la douleur qu'engendrait le moindre mouvement de son épaule. Avant de la renvoyer en cellule, il lui avait fait boire une mixture verte des plus répugnantes contre les infections et la douleur. Elle s'était rapidement sentie grogui et le sommeil l'avait emportée une fois allongée sur son lit.
C'était ainsi qu'elle avait terminée cette longue journée, dormant profondément jusqu'à ce qu'un garde vienne brutalement ouvrir la porte de sa cellule. Elle pensait que Nyko allait encore lui prodiguer des soins dans le vain espoir qu'elle soit en pleine forme pour l'arène mais elle fut surprise d'entendre le garde lui annoncer que sa maitresse demandait à la voir. Clarke lui laissait cependant le choix de la rejoindre ou non mais Lexa ne songea pas à refuser alors qu'une certaine joie avait emballé son cœur.
Une joie partagée par Clarke lorsqu'elle vit Lexa entrer dans sa chambre accompagnée du garde qui lui retira les chaînes qu'elle avait été obligée de porter pour le trajet à travers la demeure. Elle était heureuse que Lexa ait acceptée de la voir, signifiant ainsi la fin de cette « distance » que la gladiatrice avait instaurée.
- Niylah laisse nous veux-tu, ordonna-t-elle à son esclave personnelle.
La concernée regarda tour à tour sa maitresse et Lexa avant de finalement s'exécuter à contrecœur, ne pouvant s'empêcher de penser que la relation se développant entre elles était des plus dangereuses et n'apporterait que malheur à Clarke. Niylah passa à côté de Lexa tout en lui jetant un regard plein d'appréhension.
- Qu'est-il arrivé à son poignet ? S'enquit Lexa qui avait évidemment relevé l'imposant bandage.
Un voile de culpabilité passa sur le visage de Clarke alors qu'elle ne répondit rien, se contentant de rejoindre la petite table sur laquelle reposait une carafe de vin. Elle en servit deux coupes puis en amena une à Lexa.
- Je suis contente que tu sois venue, lui dit-elle alors que leurs doigts se frôlèrent sur la coupe, un doux frisson les traversant.
- Moi aussi… Admit-elle tout en relevant les yeux dans les siens.
Clarke fut plus que troublée par leur sincérité et leur intensité, s'éloignant alors de quelques pas pour se reprendre.
- Si j'ai demandé à te voir, c'est pour parler de ce que je t'ai révélé, lui annonça-t-elle la raison de son invitation puis continuant sans lui laisser le temps de parler : Je te supplie de ne rien dire, je sais que je t'en demande beaucoup mais peindre c'est tout ce que j'ai, c'est la seule chose que je ne dois pas à cette famille et qui me permet de me sentir libre.
Clarke s'arrêta brutalement, se rendant honteusement compte de ce qu'elle venait de dire à une esclave.
- Pardon, je n'ai pas le droit de te parler de liberté alors que je ne suis pas celle portant des chaînes, s'excusa-t-elle d'une petite voix avant de se détourner, marchant lentement vers le balcon où les rayons du soleil hivernal s'éteignaient lentement.
- Nul besoin de chaînes pour se sentir prisonnière, l'arrêta la voix de Lexa qui avait compris depuis longtemps que Clarke se trouvait en réalité dans une prison dorée.
Elle marcha jusqu'à la romaine qui se tourna vers elle lorsqu'elle s'arrêta à ses côtés, son regard rencontrant le sien elle lui assura alors :
- Tu as ma parole que ton secret est en sécurité avec moi.
- Merci, souffla-t-elle reconnaissante et certaine qu'elle ne mentait pas.
Un silence agréable les enveloppa et Lexa s'avança un peu plus sur le balcon laissant son regard se promener sur Syracuse puis se perdre sur l'océan reflétant les derniers rayons du soleil, en gravant toute la beauté dans sa mémoire avant de boire une gorgée de vin.
- Comment va ton épaule ? Lui demanda Clarke qui s'était rapprochée mais restant légèrement derrière elle.
Elle aurait pu lui mentir pour l'épargner alors qu'elle était consciente de sa sincère inquiétude mais elle n'en fit rien, décidant d'être franche sur la réalité des choses.
- Demain sera probablement mon dernier combat.
- Ne dis pas ça, refusa-t-elle de l'entendre bien que cruellement consciente de la réalité.
Clarke posa sa coupe de vin sur le rebord du balcon puis elle alla se planter devant Lexa, une prière désespérée dans le regard :
- Tu ne peux pas abandonner avant d'avoir combattu !
- Je n'abandonne pas, je vais me battre, contra-t-elle, mais toi comme moi connaissons l'issue du combat.
- Et Costia ? Tu te dois de vivre pour elle ! "Et pour moi", ajouta-t-elle silencieusement.
Lexa se détourna buvant une gorgée de vin avant de souffler avec amertume :
- Elle m'a sûrement oublié en me pensant morte et aura refait sa vie.
Avec le temps les paroles de Bellamy avait fait leur chemin dans son esprit, tout comme les rêves qu'elle passait dans les bras de Costia s'étaient fait de plus en plus rares pour ne laisser que cauchemars. Lexa se résignait chaque jour un peu plus, acceptant la triste vérité qu'elle ne retrouverait jamais sa vie d'avant.
- Tu n'en sais rien.
- Soyons honnête ! Se retourna vivement Lexa. Je n'ai jamais eu aucune chance de la retrouver, d'ici ton mariage je serais probablement tuée dans l'arène ! Et c'est peut-être mieux ainsi quand je vois ce que je suis devenue.
Clarke se figea en réalisant que Lexa semblait avoir perdu tout espoir. La gladiatrice n'avait visiblement plus aucune envie, ni de raison de continuer à lutter. Le désespoir s'empara d'elle mais au lieu de s'y perdre, une idée germa violemment dans son esprit.
- Encore quelques combats et je pourrais t'offrir ta liberté ! Lâcha-t-elle brutalement.
Lexa la regarda avec confusion.
- Mes peintures me rapportent beaucoup d'argent, j'en… j'en aurais bientôt suffisamment pour te racheter à mon oncle et te libérer.
Si Clarke faisait cela pour elle, sa famille comprendrait tout et la priverait de sa passion, de sa liberté et Lexa n'avait nullement envie de cela. Pourtant peindre n'était peut-être pas son seul moyen d'être libre ? Peut-être que Lexa elle-même l'emprisonnait à sa famille ?
- Me libérer maintenant t'empêcherait-il de te marier ? Demanda-t-elle sans logique visible.
- Non… répondit-elle malgré sa surprise face à cette question avant d'ajouter… et bien que ce mariage me répugne, je réalise qu'il me permettra d'échapper à mon oncle.
- Alors je refuse que tu sacrifies ta peinture pour moi, ta famille t'en priverait et te le ferait payer, se détourna-t-elle pour rentrer, clôturant ainsi la discussion.
- Et moi je refuse que tu meures demain ! L'attrapa-t-elle par son bras valide pour la tourner vers elle.
Sa coupe de vin lui échappa, se répandant sur le sol dans un fracas mais aucune d'elles n'y prêta attention alors que le temps sembla se figer. Lexa tressaillit sous un léger élan de douleur, les baumes et mixtures faisant visiblement effet, mais ce qui la terrassa furent les larmes dans les yeux de Clarke. Des larmes et un tumulte de sentiments, faisant écho à ceux tourbillonnant dans le cœur de Lexa. Lorsque les lèvres de Clarke vinrent désespérément capturer les siennes, elle ne la repoussa pas, accueillant ce baiser d'un battement de cœur plus fort que les autres.
Demain tout pouvait s'arrêter, non, tout prendrait fin, les Moires en avaient décidé ainsi, les dieux avaient terminé de jouer avec elle. Cependant, on lui avait accordé cette dernière journée, ce dernier moment avec Clarke, alors il était temps de cesser de survivre et de vivre un instant dans ce cauchemar, de profiter avant que la mort ne frappe comme le lui avait si justement conseillé Bellamy.
Elle ne pouvait nier son attirance pour Clarke, tout comme elle ne pouvait plus mettre ce désir grandissant pour la romaine sur le compte d'un simple manque de sexe car elle avait malheureusement son compte d'activités charnelles avec les contrats de Russel. Elle appréciait Clarke, elle s'était attachée à elle et depuis cette nuit à pleurer entre ses bras, après ce baiser, elle désirait retrouver son étreinte et le goût de ses lèvres.
Cédant à ses envies Lexa attrapa les hanches de la blonde pour la serrer contre elle tandis que Clarke passa une main derrière sa nuque pour approfondir leur baiser. Très vite leurs langues se trouvèrent, leur baiser s'enflammant un peu plus, tout comme leurs corps s'échauffaient aux sons d'agréables soupirs. Tandis que Lexa commença à caresser les courbes de son corps, elle la sentit légèrement se crisper mais ne la repoussa pas pour autant. Soucieuse de ne pas aller trop vite, elle quitta ses lèvres pour descendre dans son cou, l'embrassant tendrement jusqu'à trouver un point précis qui fit gémir la jeune femme.
Clarke savait son geste fou mais elle n'avait supporté l'idée de voir partir Lexa pour ne plus jamais la revoir. Son cœur l'avait désespérément poussé à capturer ses lèvres. La peur qui lui hurlait qu'elle commettait une folie s'était rapidement noyée dans les agréables sensations que lui faisaient ressentir Lexa. Cette dernière caressait tendrement son corps tout en embrassant son cou, titillant un point sensible qui lui arrachait de doux soupirs. Clarke se détendit, laissant à son tour ses mains se promener sur le corps musclés de la gladiatrice.
Lexa sourit contre sa peau en la sentant se détendre puis elle remonta capturer ses lèvres, l'embrassant d'abord doucement avant de se laisser lentement emporter par le désir de la faire sienne, leur baiser s'enflammant à nouveau. Toute fois, elle finit par rompre leur baiser, se détachant légèrement pour se retrouver les yeux dans les yeux, leurs souffles erratiques se mêlant. Clarke comprit parfaitement sa question silencieuse et lui répondit par un baiser désireux, avide de plus. Lexa commença alors doucement à la diriger vers le lit. Leur baiser ne fit que s'intensifier, leurs corps s'appelaient désespérément tandis que leurs esprits s'embrumaient de désir, se perdant dans leur bulle, se pensant seules au monde, à l'abri, mais ce n'était qu'illusion.
Lexa fut la première à sentir une présence entrer dans la pièce, sans doute grâce à ses talents de guerrière, ainsi elle se détacha brutalement de Clarke. Il fallut un instant de plus à cette dernière pour comprendre ce qu'il se passait, la réalité venant la frapper de plein fouet en découvrant Niylah dans l'entrée de la chambre. Il y eut alors un lourd silence, les trois femmes s'observant tandis que chacune prenait la mesure de ce qu'il s'était passé.
Niylah les regarda tour à tour, nullement surprise de ce qu'elle venait de voir. Sa colère envers Lexa était évidente alors qu'elle mettait en danger Clarke. Pour cette dernière elle n'avait que déception d'avoir cédé à la tentation mais d'un autre côté elle la comprenait et était triste de devoir la ramener à la réalité. Dans une autre vie, elle aurait été heureuse pour elle mais ici, elle courait à sa mort si elle cédait à son attirance pour une esclave.
- Lexa est demandée auprès du guérisseur pour ses derniers soins, brisa-t-elle le lourd silence tout en songeant qu'elle avait bien fait de venir elle-même au lieu de transmettre l'information au garde.
- Je te suis, acquiesça à contrecœur Lexa tout en la remerciant silencieusement pour son silence sur ce qu'elle venait de voir.
- Lexa… L'arrêta Clarke en attrapant sa main alors qu'elle esquissait un mouvement pour s'éloigner… Demain… Souffla-t-elle pleine d'incertitude en venant se perdre dans son regard.
- Je me battrai, lui fit-elle la seule promesse qu'elle était capable de tenir.
Elles échangèrent un sourire plein de tristesse puis Clarke lâcha sa main, la laissant suivre Niylah. Elle la regarda disparaître puis elle sortit sur son balcon. Elle s'appuya sur la rambarde de marbre puis elle leva les yeux vers le ciel maintenant plongé dans l'obscurité étoilée. Clarke pria les dieux jusqu'à laisser ses larmes couler, n'entendant pas Niylah revenir pour nettoyer le vin sur le sol, ni ne sentit son regard désolé et son hésitation à venir la prendre dans ses bras pour la réconforter avant de finalement quitter la chambre.
Le lendemain matin lorsque Niylah rejoignit la chambre de Clarke pour l'assister, elle fut surprise de la trouver déjà réveillée, assise dans un fauteuil. Ses yeux légèrement rougies et les cernes de fatigue les entourant étaient suffisants pour lui faire comprendre qu'elle n'avait trouvé le sommeil de la nuit. La profonde tristesse qu'elle vit dans son regard lui serra le cœur et elle aurait voulu être capable de la faire disparaître.
- Bonjour, la salua-t-elle tout en se dirigeant vers le grand placard de bois contenant ses tuniques, que souhaitez-vous porter aujourd'hui ? Lui demanda-t-elle tout en ayant remarqué qu'elle portait toujours sa tenue de la veille.
- Je n'ai pas le cœur à choisir, lui répondit-elle sans motivation pour ce jour funeste.
Niylah ouvrit le placard et s'empara d'une tunique sobre et chaude pour l'hiver. Lorsqu'elle referma la porte et se retourna, elle fut surprise de tomber nez à nez avec Clarke qui s'était levée.
- Je te remercie de n'avoir rien dit.
L'esclave acquiesça puis alla poser la tunique sur le lit avant de se retourner vers sa maitresse, le regard hésitant.
- Puis-je parler librement ?
- Comme toujours, lui assura Clarke surprise qu'elle le lui demande.
- Si Lexa survit, vous devez arrêter de la voir, si quelqu'un d'autre vous avait vu hier soir…S'arrêta-t-elle alors que la crainte de ce qui aurait pu arriver faisait trembler sa voix.
- Je comprends ton inquiétude mais ce n'est pas si simple, je ne peux l'oublier comme ça, je l'…
Clarke s'arrêta brutalement en réalisant ce qu'elle s'était apprêtée à dire, se surprenant elle-même alors qu'elle n'avait jamais mis de mots sur ce que représentait Lexa pour elle.
- Vous avez des sentiments pour Lexa, clarifia tristement pour elle Niylah, et dans un autre monde j'aurais été heureuse pour vous, je vous aurais même encouragé mais dans notre monde Lexa est une esclave et vous êtes sa maitresse.
Clarke avala difficilement un sanglot alors que les paroles pleines de vérités de Niylah la touchaient en plein cœur, les larmes menaçant de couler.
- Vous ne pouvez franchir cet interdit au risque d'y perdre toutes les deux la vie, conclut-elle.
- Je ne le sais que trop bien, souffla Clarke bien qu'inconsciente de leur situation et en lutte constante avec ce que lui dictait son corps et son cœur.
Un lourd silence s'installa et Niylah crut un instant avoir été trop loin.
- Merci d'être là pour moi, d'être mon amie, lui dit alors sincèrement Clarke.
Niylah lui répondit par un sourire puis elle la laissa s'habiller. Ensuite elles quittèrent la chambre pour rejoindre le petit-déjeuner familial avant de partir pour le temple de Minerve afin que Clarke adresse ses prières en faveur de Lexa.
Lexa n'avait aucune idée du temps qui était passé depuis son arrivée à l'arène. On lui avait fait quitter le Ludus dans la matinée, la privant de toute chance de voir une dernière fois Clarke. Dans les sous-sols de l'arène, Lexa avait espéré que la romaine lui rendrait visite en cellule mais cet espoir s'était envolé dès lors qu'on l'avait emmenée dans une salle de soin.
Alors qu'on l'avait laissée seule pour attendre le guérisseur qui devait lui appliquer les derniers baumes avant le combat, elle eut la crainte de voir débarquer Joséphine mais rapidement sa peur s'envola, ses pensées retournant à celle qui lui avait ôté tout sommeil la nuit passée. Clarke obnubilait son esprit alors qu'elle regrettait que les choses n'aient pas pu aller plus loin qu'un simple baiser, qu'elle n'ait pas pu lui dire qu'elle comptait pour elle et qu'elle était reconnaissante de tout ce qu'elle avait fait pour elle.
Elle sourit tristement en se rendant compte qu'en vérité elle avait déjà baissé les armes. Elle ne croyait pas un instant qu'elle sortirait vainqueur de ce combat. Elle allait entrer dans l'arène pour divertir le peuple de sa mort lente et douloureuse, elle le savait.
La porte s'ouvrit sur le guérisseur qui entra accompagné d'une servante. Lexa ne leur prêta pas attention, l'esprit clairement ailleurs. L'homme se dirigea vers son atelier et montra à sa servante ce qu'elle devait administrer à la gladiatrice. Il lui ordonna de faire vite car le combat allait bientôt commencer puis il sortit dans un claquement de porte.
- Lexa… S'éleva faiblement alors une voix pleine de soulagement et vacillante.
La respiration de la gladiatrice se bloqua dans sa cage thoracique alors que son cœur manqua un battement à cette voix si familière qui ne pouvait être là. Certaine d'halluciner, elle releva un regard qui ne voulait y croire et qui fut pourtant frapper de plein fouet par la vision qui se tenait devant elle.
- Co… Costia ? Souffla-t-elle ne voulant y croire.
Mais lorsque la femme lui faisant face franchit la distance les séparant pour venir s'écraser contre elle, Lexa n'eut plus d'autre choix que d'y croire. Dans un soupir mêlé de sanglots contenus, elle referma ses bras sur sa fiancée, la serrant fortement contre elle, comme si elle allait s'évaporer à tout instant.
- Je ne pensais jamais te retrouver, s'écarta Costia, des larmes de joie sur ses joues.
- Comment tu as fais ? Avait-elle toujours dû mal à réaliser.
- Un… un tableau, répondit-elle entre ses larmes.
- Un tableau ? Répéta-t-elle confuse.
- Un tableau de toi ramené par un marchand à Amphipolis, je te croyais morte et pourtant tu étais sur cette peinture, c'était bien toi, expliqua-t-elle un sourire radieux se dessinant sur son visage.
« Clarke » Songea sans y croire Lexa. Son cœur se serra subitement en pensant à leur baiser échangé la veille alors que sa fiancée se tenait à présent dans ses bras. Qu'avait-elle fait ?
- De là j'ai remonté la piste jusqu'à Syracuse et j'ai tout fait pour intégrer les soigneurs de l'arène en espérant un jour t'approcher, continua Costia sans relever le trouble passager de sa compagne.
Lexa se perdit dans ses yeux noisette, son cœur battant de joie alors qu'elle pensait ne jamais la revoir. Costia ne l'avait pas abandonnée, elle l'avait cherchée. Elle captura ses lèvres, se sentant revivre alors que tout leur amour, toute leur joie, se déversait à travers ce baiser.
- On doit se dépêcher avant qu'il ne revienne, se sépara à contrecœur Costia.
- Quoi ? Non, l'arrêta-t-elle alors qu'elle comprit son intention de s'évader. Nous n'avons aucune chance de sortir d'ici et même si nous y arrivions tous les soldats de la cité seraient à nos trousses en ne me voyant pas au combat.
- Je ne t'ai pas retrouvé pour te laisser aller à ta mort ! Trancha-t-elle désespérément alors qu'elle était consciente de l'inévitable issue du combat se profilant.
- Je ne vais pas mourir, pas maintenant que je t'ai retrouvée, lui assura-t-elle d'une confiance nouvelle.
- Lexa…
- Je te le promets, lui dit-elle avant de l'embrasser comme pour sceller sa parole.
Lexa rompit le baiser puis caressa la joue de sa compagne tout en se plongeant à nouveau dans son regard, un sourire aimant et plein d'espoir naissant sur ses lèvres.
- Rends-toi chez Becca Pramheda et demande à rencontrer Clarke, dis-lui qui tu es et elle nous aidera, lui indiqua-t-elle.
- D'accord…
Elles s'embrassèrent une dernière fois puis Costia lui appliqua le baume, juste avant que le guérisseur ne vienne s'assurer de son travail puis un garde emmena Lexa. Elles échangèrent un dernier regard empli de promesses et d'espoir puis la gladiatrice se dirigea vers le combat qui allait sceller son destin.
A suivre…
Mouahahahahahah Costia est dans la place ! Redistribution des coeurs :p
Alors dites-moi tout ! Qu'avez-vous pensez de l'évolution de Lexa dans l'arène en mode impitoyable guerrière ? Qu'avez-vous pensez de Clarke qui prend de plus en plus de risque pour Lexa et qui lui fait confiance avec son secret ? D'ailleurs qu'avez-vous pensé de la réaction de Lexa par rapport à son secret ? Que pensez-vous de Niylah ? Amie, futur ennemie ? :p Et je ne demande pas pour Joséphine, notre amie jojo toujours dans les mauvais coups :p
Enfin que pensez-vous du retour de Costia ? Vous l'avez vu venir ? Et pauvre Clarke si elle savait qu'une de ses peintures est responsable XD J'attends avec impatience vos théories sur la suite ! D'après vous quelles vont êtres les conséquences de ce retour ?
Ah oui et... Lexa va-t-elle survivre ? La vilaine blessure est bien là :p
J'avais vraiment hâte de vous poster ce chapitre, après le dernier avec Bellamy, celui-ci ainsi que le suivant sont vraiment mes préférés... :D
Et bien sûr encore un immense merci pour tous vos retours et vos encouragements concernant mon blocage, vous êtes géniaux. Merci, merci, merci et merci ! Vous me motivez comme jamais.
Hâte de vous retrouver pour le prochain !
