CH11-Costia

Helloooo ! :D

Déjà un grand grand merci pour vos retours !

Je vois que vous avez adoré le retour de Costia XD

Nous allons donc voir les conséquences de ce retour mais tout d'abord le combat de Lexa, va-t-elle survivre ? :p

Gros gros chapitre de 27 pages, je me suis vraiment éclatée à l'écrire et j'espère qu'il vous plaira !

Comme toujours Kouan à la relecture :)

Bonne lecture !


Dans le corridor menant au sable de l'arène, Lexa faisait face à la grande porte de bois qui allait s'ouvrir sur son destin. Elle resserra sa prise sur ses deux glaives tandis qu'on accrochait une épaulière sur son épaule blessée. Elle ignorait si c'était pour masquer sa blessure, la protéger ou bien encore un simple effet d'ornement avec sa petite écharpe rouge qui lui traversait le dos. Sa main droite tremblait, elle serra le pommeau de son glaive pour stopper les tremblements mais une légère douleur s'éveilla. La douleur n'était pas insupportable mais elle était constante et désagréable, traçant un sinueux chemin entre sa blessure et le reste de son bras.

L'effet du baume qu'on venait de lui administrer s'amenuisait déjà mais Lexa ne ressentait déjà presque plus la douleur car son esprit était focalisé sur Costia. Elle sentait encore le goût de ses lèvres sur les siennes et cette sensation de revivre qu'elle avait ressenti vibrait dans tout son corps, la galvanisant comme jamais. Alors que la porte commençait à s'ouvrir sa respiration accéléra en même temps que son cœur battait d'anticipation, de peur mais également de l'envie de vivre. Les dieux étaient contre elle, les Moires rapprochaient dangereusement leurs ciseaux de son fil de vie mais Lexa était déterminée à vivre.

Si avant elle était prête à accepter son destin, à le laisser s'exécuter, maintenant elle le combattrait de toutes ses forces et ressortirait victorieuse de l'arène car Costia l'attendait. Sa compagne était venue jusqu'à elle alors elle refusait de l'abandonner maintenant. Elle allait gagner puis elles s'enfuiraient ensemble. Lexa inspira profondément puis elle avança vers la porte, marchant vers l'arène. Au premier pas sur le sable, elle fut accueillie par un torrent de cris et de pluie alors qu'un orage déchirait le ciel.

Les acclamations du peuple l'accompagnèrent jusqu'au centre de l'arène où elle fit face à son adversaire. Ontari, la championne de Nia, jeune guerrière au visage scarifié, sans doute pour effrayer ses ennemis mais Lexa resta de marbre. Tandis qu'elle tenait fermement ses deux glaives, son adversaire était équipé d'un trident et d'un filet : une Rétiaire. Deux armes qui allaient l'obliger à garder ses distances et toute attaque mal calculée serait risquée. Les deux gladiatrices s'observèrent silencieusement jusqu'à ce que l'éditeur présente leur combat épique à venir. Il y eut un nouveau grondement qui déchira le ciel puis le début du duel fut déclaré sous un tonnerre d'applaudissements et de cris.

Ontari brisa le calme apparent qui régnait entre elles en attaquant dans un cri de rage. Elle dirigea son trident droit sur Lexa qui n'eut d'autre choix que de le parer de ses deux lames. Son bras blessé lui fit immédiatement dé choc provoqué par les armes remonta douloureusement jusque dans son épaule. La Rétiaire profita de sa faiblesse pour repousser ses glaives. Lexa recula de plusieurs pas tout en esquivant son trident qui fendit l'air juste devant elle. Dans son mouvement, la gladiatrice glissa sur le sable trempé par la pluie, se retrouvant ainsi genoux à terre.

Lexa entendit la foule retenir son souffle juste avant qu'elle ne bloque le trident à quelques centimètres de son visage. Son bras droit lui fit à nouveau défaut et Ontari gagna du terrain, son arme se rapprochant dangereusement de sa tête. Lexa serra les dents, repoussant la douleur pour raffermir sa prise sur ses glaives alors même qu'elle sentait plusieurs points de sutures sauter. Elle n'avait plus de force dans le bras, elle le sentait s'alourdir et sa poigne faiblir sur son glaive. Sa respiration s'accéléra de peur alors qu'elle allait lâcher d'un instant à l'autre, laissant le trident l' l'impensable se produisit lorsqu'Ontari se recula brusquement à la surprise de tous.

Se laissant emporter par sa force Lexa tomba les bras en avant. La Rétiaire lui décocha alors un puissant coup au visage avec le manche de son arme, frappant la mâchoire de la brune. La force du coup la projeta en arrière. Lexa heurta violemment le sable trempé, son dos encaissant le choc lui coupant le souffle. L'instant d'après Ontari planta son trident dans l'avant-bras gauche de Lexa, le clouant au sable dans un cri atroce. La gladiatrice agonisante tenta malgré tout de riposter avec son autre glaive mais trop faible, son adversaire n'eut aucune difficulté à faire sauter son arme d'un coup de pied. Ontari la toisa d'un sourire sadique avant d'écraser son pied sur son épaule blessée, lui arrachant un nouveau cri de douleur. Lexa eut le cruel réflexe de vouloir se défendre avec son bras gauche mais ce dernier étant cloué au sol, elle fut traverser par une terrible souffrance alors que les dents du trident déchiraient davantage sa chair.


- C'est ça votre championne ?! Rit Nia avec provocation.

Russel ne répondit rien, se contentant de serrer les poings alors qu'il se faisait ridiculiser publiquement.

- Arrêtez tout ! Ce n'est même pas un combat ! Se leva brusquement Clarke qui poussée par l'atrocité se déroulant sous ses yeux prit le risque de s'adresser directement à l'éditeur.

- Pourquoi ferai-je cela ? Le peuple adore ! Pointa-t-il sans détacher son regard de l'arène.

- Clarke assis-toi, ordonna sa tante furieuse de son manque de respect.

- Mon oncle,faites quelque chose, l'interpella-t-elle en ignorant Simone et se plantant à ses côtés.

- Tu oses me demander de l'aider alors qu'elle me ridiculise, grinça-t-il le regard rivé sur l'arène.

- Vous saviez qu'elle ne pourrait combattre, vous vous êtes ridiculisé tout seul, claqua Clarke.

- Comment oses-tu ! Se leva-t-il furieux et prêt à la gifler.

- Pourrions-nous regarder la torture de votre championne dans le calme ? Le stoppa moqueusement Nia.

Russel foudroya du regard sa nièce avant de se rasseoir et de reporter son attention sur la mise à mort de sa championne. Clarke en fit de même, les larmes aux bords des yeux alors que la torture continuait dans l'arène.

- Je sais que tu peux la battre, ressaisis-toi, pria-t-elle désespérément.


- Ta pleurnicheuse de maitresse avait raison, ce n'était même pas un combat, se moqua Ontari en relâchant la pression sur la blessure.

« Pourquoi parlait-elle de Clarke ? Qu'avait-elle fait ? » Réussit à penser Lexa entre deux respirations sous la douleur. Ontari dû voir son questionnement sur son visage car elle lui répondit :

- Elle est venue quémander pour ta vie auprès de Nia.

Elle ponctua sa réponse en écrasant à nouveau la blessure de Lexa qui tenta de retenir son cri mais en vain. Ontari rit sadiquement alors que le sang de sa victime se mêlait douloureusement avec la pluie sur le sable.

- D'ailleurs j'aurais préféré lui casser son joli poignet plutôt qu'à cette esclave, rajouta-t-elle tout en retirant son pied de la blessure.

Lorsque Lexa comprit qu'Ontari était responsable de la blessure de Niylah et que Clarke s'était mise en danger pour elle, une colère gronda soudainement en elle. Une colère qui raviva sa volonté et ses forces. Malgré la douleur la cisaillant, une colère noire prit le dessus, éclipsant un instant douleur et lucidité. Lexa ramena brusquement ses jambes vers elle puis emprisonna celles d'Ontari avant de la faire tomber au sol. Profitant de sa surprise, elle lui décocha un puissant coup de talon qui lui cassa le nez. Criant de douleur, la Rétiaire se recula sur le sable tandis que Lexa s'emparait dans un cri de rage du trident. Elle poussa tout en hurlant vers le haut son avant-bras emprisonné afin de sortir le trident du sable, ses abdominaux se contractant pour l'aider à redresser son buste entier. Elle retira ensuite les monstrueuses dents de l'arme de sa chair, faisant couler son sang tout autour d'elle.

Le trident lui échappa des mains, trop lourd pour son bras blessé qui venait d'user de ses dernières forces pour le sortir du sol. Lexa n'y prêta guère attention alors qu'elle devait absolument se relever avant qu'Ontari ne revienne à la charge. Elle se redressa sous les encouragements de la foule, ravi de se retournement de situation, tout comme Russel qui exulta de joie aux côtés d'une Clarke soulagée.

Lexa se tourna vers Ontari qui restait plus que dangereuse car toujours armée de son filet. Cette dernière était totalement enragée malgré la douleur de son nez brisé, le sang maculant son visage, elle avait l'air d'un véritable démon.

- Je vais te tuer et ensuite je tuerai tout ceux auquel tu tiens pour ce que tu viens de faire ! Menaça-t-elle en sortant une dague et faisant dangereusement tournoyer son filet.

Lexa reculait à chacun des pas que faisait Ontari dans sa direction, tentant de garder un maximum de distance entre elles pendant qu'elle cherchait une solution. Elle sentait également le temps lui échapper alors que la fatigue se faisait de plus en plus ressentir à cause de ses blessures. Par moment sa vue semblait se voiler et ce n'était pas dû à ses cheveux trempés lui collant au visage ou à la pluie coulant devant ses yeux. Alors elle secouait la tête, tentant de garder concentré son esprit et ses sens sur le combat.

- Tu ne peux pas m'échapper ! Cria Ontari alors que tôt ou tard Lexa finirait par littéralement se retrouver dos au mur.

Son adversaire ne lui laissait aucune ouverture, bien consciente de ses faiblesses. Elle n'attendait qu'une chose : qu'elle baisse sa garde pour la capturer dans son filet. La colère qui l'avait animée et lui avait permis de s'extraire du trident commençait à s'amenuiser tout comme sa volonté de vivre. Il ne semblait n'y avoir aucune échappatoire pouvant la mener vers la victoire. Les Moires n'attendaient qu'un dernier faux pas de sa part pour refermer leurs ciseaux sur sa vie.

« Je me battrai »

« Je ne vais pas mourir, pas maintenant que je t'ai retrouvée »

Deux promesses qui résonnèrent violemment en elle. Deux femmes qui se battaient pour elle, pour qui elle comptait et qui croyaient en elle. Deux femmes qu'elle n'avait pas le droit de décevoir. Deux promesses qu'elle devait tenir. Déterminée, elle resserra sa prise sur son glaive puis foudroya son adversaire du regard avant de s'élancer vers elle sous le grondement du tonnerre.


- Elle a perdu la raison ! Se leva brusquement Russel tandis que toute la foule retenait son souffle devant cet acte désespéré.

- Votre championne est finie ! S'enjoua Nia.

Clarke porta une main à son cœur qui semblait s'être arrêté, ne se doutant pas un seul instant que parmi la foule, la fiancée de Lexa partageait le même désespoir.


Ontari sourit victorieuse face à la folie de son adversaire. Dès que Lexa fut à portée, elle lança son filet dans les airs. Il se rapprochait inexorablement de sa proie, prêt à la capturer lorsque la gladiatrice lança son glaive de toutes ses forces dans sa direction. Les deux armes se rencontrèrent, le filet s'enroulant autour du glaive et le poids de ce dernier l'entraînant au sol.

Ontari, comme toute l'arène, se figea de surprise avant d'être violemment percutée par Lexa qui avait continué sa course droit sur elle. Sortie de sa stupeur par le choc de son dos contre le sable, la Rétiaire dirigea sa dague sur Lexa qui attrapa son poignet, bloquant son attaque. Une lutte s'engagea alors, chacune puisant dans ses forces pour repousser l'arme contre l'autre. Seulement Ontari qui n'avait reçu aucune blessure prit rapidement l'avantage, usant de ses deux mains pour diriger la dague contre Lexa.

Cette dernière commença à paniquer alors que la lame se rapprochait de sa gorge, ce que vit son adversaire qui en profita pour lui décocher un puissant coup de tête. Lexa quitta le corps d'Ontari pour s'écraser sur le sable couvert de flaques d'eau. Sonnée, elle ne vit pas arriver le coup de pied à l'abdomen qui suivit, la renvoyant rouler sur le sol de l'arène qui devenait boueux.

- Fini de jouer ! Annonça Ontari.

Lexa cherchait son souffle, face contre terre, crachant le sable qui s'était insinué dans sa bouche ainsi que son propre sang s'en échappant. Elle entendait les pas d'Ontari claquant dans les flaques se rapprocher d'elle. Elle redressa la tête tout en voulant se relever et c'est là qu'elle le vit, son glaive, à portée de main entre les mailles du filet. Un éclair déchira le ciel et son grondement fit trembler les murs de l'arène. Lexa le ressentit jusque dans le sol, son corps absorbant les vibrations avant de s'élancer vers son arme. Elle l'attrapa alors que le grondement du tonnerre se tut puis elle se retourna et esquiva de justesse la dague d'Ontari qui fendit l'air. Lexa en fit de même seulement elle fendit bien plus que l'air, déchirant vivement la chair de la Rétiaire. Cette dernière porta sa main à son flanc tranché, le sang coulant entre ses doigts puis elle tomba à genoux lorsqu'en tournant autour d'elle, Lexa tailla l'arrière de sa jambe.

Un dernier souffle et Ontari sentit la lame douloureusement entamer la chair de son cou avant qu'une vive brûlure ne la tranche et qu'elle ne ressente plus que le froid de la mort. Sa tête roula sur quelques centimètres dans le sable boueux. La surprise avait saisi la foule qui garda le silence de longues secondes, silence interrompu par les émotions de Jupiter dont les éclairs zébraient le ciel. Lexa, le visage trempé, la bouche ouverte et la respiration rapide, fixait la tête d'Ontari sur le sol, prenant lentement conscience qu'elle avait gagné. Elle voulut lever son épée mais n'y parvint pas, ses bras étant trop affaiblis alors elle porta son regard sur la loge avant de hurler sa rage d'avoir vaincu pareil adversaire malgré son état. Sa rage libéra la foule qui laissa enfin éclater sa joie dans un tonnerre d'acclamations qui fit taire l'orage.

Elle se tourna vers la porte qui lui avait promis la mort, la regagnant dans une marche vacillante. Malgré tout, un sourire se dessina lentement sur ses lèvres : elle venait de déjouer le destin que les Moires lui avaient réservé. Elle venait de défier les dieux mais peu lui importait alors qu'elle allait bientôt retrouver Costia et vivre libre avec elle.


- Tu as été magnifique ! Si tu avais vu la tête de Nia ! C'était magistral ! Scandait joyeusement Russel tandis que Lexa grimaçait sous l'aiguille de Nyko qui terminait de suturer sa blessure à l'épaule après s'être occupé de son avant-bras.

Après sa victoire, elle n'avait eu que de brefs soins à l'arène alors que Russel l'avait rapidement faite amener au Ludus pour de véritables soins. Malgré son faible état et peu consciente de son environnement alors qu'ils l'emmenaient, Lexa aurait juré croiser le regard de Costia au détour d'un couloir. Une simple vision qui l'avait réconfortée, lui rappelant qu'elle devait encore tenir, sa liberté approchant. Ainsi elle serrait courageusement les dents, repoussant la douleur à chaque fois que l'aiguille perçait sa chair. Même si la douleur était amoindrie par les baumes appliqués sur ses plaies, elle avait hâte que cela se termine, tout comme l'euphorie de son propriétaire.

- Tu mérites une récompense ! Se rapprocha soudainement Russel de la table où elle était assise. Du vin et des femmes pour ma championne !

- Je n'ai pas besoin de femme, refusa immédiatement Lexa.

- Alors dis-moi ce que tu désires et tu l'auras, tout ce que tu veux ! Renchérit-il poussé par sa joie.

- Ma liberté, répondit-elle en plantant un regard défiant dans le sien, fatiguée de l'entendre jubiler alors qu'elle avait frôlé la mort et pris une vie de plus pour le satisfaire.

Toute joie disparut soudainement du visage de son maitre et son regard s'assombrit dangereusement.

- Ne sois pas stupide, grinça-t-il alors que Lexa soutenait son regard sans vouloir faiblir.

- J'ai terminé les sutures, annonça Nyko qui mit ainsi fin au duel avant d'ajouter en se tournant vers Russel, il va lui falloir plusieurs jour de repos, aucune activité, pointa-t-il sérieusement.

- Très bien, ramenez-la en cellule et qu'elle n'en sorte que pour manger, ordonna Russel au garde posté à la porte.

- Attendez un instant, coupa Nyko qui alla s'emparer d'un long morceau de tissu qu'il noua en écharpe tout en s'adressant à Lexa : Il faut immobiliser ton bras pour soulager un maximum ton épaule.

- Je ferai attention, lui assura-t-elle tout en passant son bras dans l'écharpe puis sa tête.

Le garde s'approcha ensuite et attrapa fermement Lexa par le bras alors qu'elle s'était levée sans faire d'histoire. Nyko le stoppa immédiatement en le sermonnant après ce qu'il venait d'expliquer puis il préconisa à nouveau et ordonna la plus grande douceur avec la gladiatrice. Lexa le remercia d'un regard alors que la prise du garde avait provoqué une douleur perçante dans son épaule.

Une fois seul dans l'infirmerie, Russel tourna un regard sombre vers son soigneur, une question silencieuse sur l'état de sa gladiatrice. Le visage du soigneur devint encore plus grave qu'il ne l'était, donnant ainsi une réponse au Laniste.

- A quel point ? Exigea-t-il des précisions.

- Elle ne pourra plus combattre dans l'arène.

- Vous en êtes sûr ? Grogna Russel contrarié à l'idée d'avoir perdu sa championne.

- Il y a des dommages irréversibles sur ses muscles et tendons, il lui sera impossible d'avoir une poigne ferme sur un glaive et encore moins la force de soutenir les assauts d'un adversaire.

Il y eut alors un lourd silence, tous deux sachant ce que cela impliquait mais alors que Russel y voyait la perte de gain que la perte de sa championne engendrait, Nyko y voyait le probable triste sort qui attendait la jeune femme alors qu'elle devenait inutile dans l'arène.

- Pour le moment soignez-la du mieux que vous le pouvez et ne lui dites rien, je veux être certain de son état une fois guérie, ordonna-t-il avant de quitter l'infirmerie sans un mot de plus.


Russel remonta du Ludus contrarié, une expression grave et pensive sur le visage, et alors qu'il traversait l'Atrium il passa à côté de sa femme sans même un regard. Quelque peu surprise par l'ignorance de son mari mais comprenant que quelque chose n'allait pas, Simone le rattrapa et l'arrêta en l'attrapant doucement par le bras.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? S'inquiéta-t-elle alors qu'elle le vit sortir des ses sombres pensées.

- La carrière de notre championne est terminée, répondit-il sombrement.

- Comment ça ?

- Elle ne pourra plus combattre ! Les séquelles de son combat la rendent inutile dans l'arène ! Explosa-t-il soudainement.

- Calme-toi, lui intima Simone en venant prendre son visage entre ses mains pour l'obliger à se perdre dans le calme de son regard.

- Tu ne peux pas me demander d'être calme alors que nous allons perdre énormément d'argent ! Rétorqua-t-il en retirant vivement ses mains de son visage.

- Mon amour, dois-je te rappeler qu'elle nous rapporte de l'argent autrement qu'avec son glaive ? Tenta-t-elle de rationaliser.

- Ils payent pour coucher avec la championne de Syracuse pas avec une inutile estropiée, claqua Russel.

- Elle n'a pas perdu son combat, elle est toujours la championne de Syracuse, pointa-t-elle ce qu'avait perdu de vue Russel.

La remarque lui fit l'effet d'une gifle qui le calma instantanément alors que sa femme lui montrait que tout n'était pas perdu, leur championne pouvant toujours leur ramener de l'argent.

- Continuons de vendre son corps tant que le peuple l'aime, et pour combler les pertes de l'arrêt des combat vendons la en-dehors des fêtes, riches ou pauvres peu importe tant que nous encaissons, reprit Simone.

- Autant la vendre directement au bordel et investir dans un nouveau gladiateur avec l'argent de sa vente, contra Russel.

- Patience mon amour, rit Simone. Lorsque le peuple ne voudra plus d'elle nous la vendrons au bordel ainsi nous gagnons doublement.

- J'aime cette idée, dit-il avant d'embrasser sa femme.

Le couple se sépara puis après quelques douces paroles échangées ils prirent des directions opposées sans se douter un seul instant que Clarke avait tout entendu depuis l'étage. Cette dernière était en chemin pour voir Lexa au Ludus lorsqu'elle avait surpris leur conversation. Horrifiée par le destin qu'ils lui réservaient, elle reprit sa route avec panique et inquiétude.


Lexa somnolait dans sa cellule lorsque la porte s'ouvrit, la faisant sursauter et lever dans un réflexe instinctif, puis elle se referma sous l'ordre d'une voix familière. L'instant d'après, un corps la percutait pour l'étreindre avec force. Un éclair de douleur la traversa et elle ne put contenir la plainte qui quitta ses lèvres.

- Par les dieux, pardon ! Se recula vivement Clarke mais dont les mains vinrent doucement s'emparer du visage de Lexa, son regard plein de larmes accrochant le sien. J'ai cru ne jamais te revoir… Souffla-t-elle dans un sanglot soulagé.

- Hey, je suis là, je suis vivante, la réconforta Lexa en prenant tendrement l'une de ses mains dans la sienne.

Clarke sentit son cœur bondir à ce geste tendre et à cette voix qu'elle ne pensait plus jamais entendre et qui savait l'apaiser. Portée par ses émotions, sa main reposant encore sur le visage de la gladiatrice, glissa pour doucement l'attraper par la nuque et l'attirer à elle, capturant alors ses lèvres dans un tendre baiser.

Lexa ne résista pas, son corps répondant à ce baiser qui lui apportait le réconfort et la tendresse dont il avait besoin après les souffrances traversées. Les lèvres tremblantes de Clarke lui firent comprendre à quel point elle avait eu peur de la perdre, un sanglot contre ses lèvres à quel point elle était soulagée et leur tendresse, leur douceur à quel point elle tenait à elle. Clarke intensifia leur baiser et le cœur de Lexa accéléra subitement, ses propres émotions venant la percuter de plein fouet.

Elle se rappela Costia et réalisa qu'elle n'avait pas le droit de faire ça, ni à sa compagne ni à Clarke à qui elle devait la vérité. Elle rompit alors brutalement leur baiser tout en s'éloignant doucement d'elle.

- Lexa ? Souffla-t-elle si vulnérable que cela lui fendit le cœur.

- Je… Je ne peux pas faire ça… Je suis désolée.

- Quoi ?... Je… J'ai fait quelque chose de mal ? Demanda-t-elle d'une voix brisée et totalement perdue quant à ce revirement.

- Absolument pas, sourit-elle tristement de la faire souffrir ainsi. C'est… C'est Costia, elle est ici.

Il y eut un silence soudain, Clarke accusant l'information avant que Lexa ne reprenne :

- Elle m'a retrouvé à l'arène, elle s'est fait passer pour une aide auprès des soigneurs, et je… Je l'ai vue avant le combat, commença-t-elle à s'enthousiasmer, je n'y croyais pas mais elle était bien là…

Clarke la vit alors sourire comme elle ne l'avait jamais vu jusqu'à présent, un sourire pur, simplement heureux et plein d'espoir. Elle sentit son cœur se briser alors qu'elle n'était pas à l'origine de ce sourire et que bien qu'à quelques pas d'elle, Lexa n'avait jamais été aussi loin. De la brèche cisaillant son cœur s'échappa une horrible pensée, une pensée que Clarke n'aurait jamais imaginé avoir lorsqu'égoïstement elle songea que Lexa n'étant plus capable de combattre, n'irait plus à l'arène et donc ne reverrait jamais Costia.

- J'ai entendu mon oncle dire que tu es inapte au combat, tu n'iras plus dans l'arène, lui révéla-t-elle presque froidement, la coupant dans sa joie.

Elle regretta immédiatement ses paroles lorsqu'elle vit le sourire de Lexa disparaître pour revenir gravement à la réalité. Clarke n'avait aucun droit de lui faire ça, elle n'était rien pour elle en comparaison de sa compagne. Elle s'était battue chaque jour pour Costia, pour la retrouver. Clarke n'avait pas le droit d'écouter cette part sombre qui vivait au plus profond de son cœur, cette noirceur qu'avait tenté de lui inculquer son oncle et qui coulait dans son sang de romaine. Non, Clarke n'était pas comme eux, elle n'était pas guidée par son égoïsme et sa soif de pouvoir.

- Je trouverais un moyen pour que tu la vois, voulut-elle se rattraper avant que Lexa ne la coupe.

- Costia voulait qu'on s'enfuît de l'arène mais c'était trop risqué alors je lui ai dit de trouver Becca et de te demander.

- Pourquoi ? S'étonna Clarke.

- Parce que je sais que tu nous aideras à fuir, lui répondit-elle d'une confiance infinie dans le regard.

- C'est… C'est de la folie… Secoua-t-elle la tête… On peut encore attendre mon mariage, rien n'a changé.

- Clarke, tout à changé, je ne peux plus combattre, reprit-elle bien consciente que sa carrière était finie avant même qu'on le lui annonce, combien de temps leur faudra-t-il d'après toi pour me revendre ? C'est déjà fait, n'est-ce pas ? Réalisa-t-elle lorsque Clarke tiqua à sa précédente question.

- J'ai… J'ai entendu mon oncle et ma tante en parler, ils ont d'autres projets pour toi avant de te vendre, ce n'est pas pour tout de suite, choisit-elle de taire les détails.

Mais Lexa n'était pas dupe, elle savait pertinemment que sans l'arène, le sexe était son seul revenu. Russel allait surement la vendre sans restriction afin d'user de son statut de championne tant qu'il le pouvait encore puis ensuite il se débarrasserait d'elle.

- Clarke, si je reste ici…

- Je sais, n'eut-elle besoin de terminer sa phrase, son monstrueux destin étant suffisamment clair si elle restait. Je vais vous aider, tu as ma parole…

- Merci… Souffla-t-elle de soulagement alors qu'elle comprenait les dangers et la douleur de ce qu'elle lui demandait.

Un silence qui s'étira douloureusement entre elles s'installa tandis qu'elles échangeaient un regard plein de tristesse et de regrets. Clarke se détourna le cœur brisé alors que Lexa la regardait partir, sincèrement désolée de lui infliger cela. Finalement la gladiatrice aurait mieux fait de garder son cœur fermé et garder à distance la romaine.


Alors que la nuit était tombée sur Syracuse, une silhouette encapuchonnée se déplaçait prudemment dans les rues. Regardant sans arrêt si elle était suivie, Costia se dirigeait vers la demeure de Becca Pramheda. Elle n'avait pas été difficile à trouver alors qu'elle était une personnalité importante de la ville. Femme d'influence et une marchande d'Art. D'ailleurs qu'elle ne fut pas sa surprise d'apprendre qu'elle vendait les portraits de Lexa. Cette femme l'avait déjà aidée sans même le savoir.

Refusant de prendre un quelconque risque alors qu'à cette heure de la nuit elle était facilement repérable, Costia accéléra le pas tout en vérifiant davantage si personne ne la suivait. Elle était sûrement paranoïaque car personne ne connaissait son existence et son lien avec Lexa, encore moins ce qu'elle projetait alors pourquoi quelqu'un la suivrait ? Cependant, elle continua, préférant ne pas perdre Lexa sur un manque de vigilance.

Elle arriva enfin devant la demeure et ne s'attarda pas à l'observer, allant immédiatement frapper à la porte de bois finement sculptée. Attendant à découvert sous les torches encadrant et éclairant l'entrée, Costia entendit des pas approcher derrière la porte. Son cœur s'accéléra alors qu'elle devait tout faire pour se faire entendre, sachant qu'on la prendrait pour une mendiante ou bien une folle à cette heure tardive.

- Que voulez-vous ? L'accueillit avec méfiance l'intendante de la maison.

- Je dois parler à Becca Pramheda, répondit-elle en retirant son capuchon, espérant ainsi gagner sa confiance en révélant son visage.

- Et bien revenez demain à une heure convenable, commença-t-elle a fermer la porte.

- Non attendez vous ne comprenez pas ! Paniqua soudainement Costia en bloquant la fermeture de tout son corps.

- Veuillez vous en aller avant que je n'appelle les soldats ! Menaça l'intendante tout en poussant la porte pour repousser Costia.

Cette dernière refusa, n'imaginant pas abandonner, ni même perdre du temps car Lexa ne pouvait passer plus de temps prisonnière de ces monstres. Elle n'avait eu que peu de temps avec elle mais elle avait senti à travers leur baiser et son regard toute la souffrance qu'elle avait endurée et endurait toujours. Alors non elle ne reviendrait pas plus tard. Costia usa de toutes ses forces et finit par se faufiler à l'intérieur. Elle n'attendit pas que l'intendante se remette de sa surprise et s'engouffra dans la maison sous ses cris d'alerte.

Elle traversa l'Atrium puis se faufila dans un couloir puis dans une pièce, puis une autre à la recherche de la propriétaire des lieux et fuyant l'intendante et d'autres personnes, sans doute des esclaves, qu'elle vit passer dans les couloirs. Elle arriva soudainement dans une pièce plus grande que les autres où elle se figea brusquement lorsqu'elle découvrit une multitude de tableaux de Lexa reposant sur des chevalets ou à même le sol.

- Magnifique n'est-ce pas ?

Costia se retourna brutalement pour se figer à nouveau lorsqu'un glaive fut dangereusement pointé sur sa gorge.

- Qui êtes-vous ? Et que faites-vous chez moi ? Lui demanda Becca Pramheda dans un regard aiguisé et portant une robe rouge si légère pour la nuit qu'elle en était presque transparente.

- Costia, déglutit-elle difficilement.

- Et je suis censée vous connaître ?

- Non… Mais vous connaissez Clarke que Lexa m'envoie chercher auprès de vous.

- La gladiatrice ? S'étonna Becca avant d'appuyer un peu plus la lame sur sa gorge. Pourquoi vous envoyer à Clarke ? Questionna-t-elle poussée par son instinct de protection envers sa protégée.

- Nous avons besoin de son aide.

- Nous ? Appuya-t-elle un peu plus alors qu'elle se doutait en quoi consistait cette aide. Qui êtes-vous pour elle ? Demanda-t-elle avec la sensation qu'elle n'allait pas aimer la réponse.

- Sa compagne.

Et elle n'aima pas cette réponse, songeant immédiatement à Clarke, son cœur s'emplissant de tristesse en comprenant ce qu'allait traverser sa protégée. Becca songea un instant que l'intruse était à portée de glaive et elle pourrait tout à fait la tuer en faisant passer cela pour de la légitime défense au vu de son intrusion dans sa demeure. Elle repoussa néanmoins cette idée car un cœur brisé ne valait pas le prix d'une vie, Clarke allait malheureusement devoir souffrir des affres de l'amour.

- Très bien, vous pouvez passer la nuit ici, dit-elle en abaissant son glaive.

- Passer la nuit ? Ne pouvez-vous pas la faire venir maintenant ?

- Clarke sera sûrement là demain matin car je ne doute pas que votre compagne aura eu l'occasion de la prévenir cette nuit, répondit-elle sans aucun doute que sa protégée était auprès de sa gladiatrice.

« Cette nuit » Releva Costia avec interrogation et une crainte sinueuse.

- Qui est Clarke pour Lexa ? Demanda-t-elle alors.

- Sa propriétaire, répondit simplement Becca qui ne chercha nullement à adoucir les faits.

A cette révélation le cœur de Costia se serra d'angoisse en se demandant pourquoi Lexa avait autant confiance en sa propriétaire pour les aider à s'échapper ? Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement l'affranchir ?


- Elle est ici ? Demanda sans détour Clarke lorsqu'elle fit face à Becca dans l'Atrium.

- Bonjour à toi aussi, lui reprocha-t-elle gentiment son manque de politesse.

- Pardon…

- Suis-moi, elle t'attend avec impatience, lui répondit finalement Becca tout en la guidant.

- Reste-ici, ordonna Clarke à Niylah.

- Vous êtes sûre ? Osa l'esclave inquiète pour sa maitresse alors que gardée dans l'ignorance, elle se doutait que quelque chose de grave se passait.

Clarke confirma son ordre puis elle suivit Becca. Après sa visite à Lexa, Clarke n'avait pas trouvé le sommeil de la nuit alors que les larmes n'avaient cessé de couler. Résignée, elle avait tout de même trouvé la force de se lever pour aller chez Becca dès qu'elle l'avait pu.

- Tu vas les aider ? Demanda Becca alors qu'elles empruntaient un couloir.

- Si je ne fais rien, Lexa est perdue, répondit sobrement Clarke.

Sa mentor tourna un regard interrogateur sur elle.

- Elle ne peut plus combattre, dit-elle simplement et Becca comprit.

Elles marchèrent encore un peu et finalement elles entrèrent dans l'atelier de peinture où elles trouvèrent Costia admirant les portraits de sa compagne.

- Costia, voici Clarke, annonça Becca en entrant.

Lorsque Costia se tourna vers elles, Clarke fut frappée par sa beauté que même sa tunique usée par le temps ne pouvait diminuer. Elle fut ensuite frappée par le regard noisette et hostile qu'elle posa sur elle.

- Becca m'a dit que vous avez peint ces tableaux, pointa Costia en guise d'introduction.

- En effet… Répondit-elle hésitante.

- C'est grâce à l'un d'eux que j'ai su qu'elle était encore en vie mais alors que je remerciais chaque jour ce peintre, j'étais loin de me douter qu'il s'agissait de sa propriétaire, au final ce n'est qu'un moyen de plus de la vendre, termina-t-elle amèrement.

- Non, je ne le fais pas pour l'argent, elle m'inspire, elle est…

- Je n'ai que faire de vos explications, la coupa durement Costia.

- Je vous conseille de montrer un peu plus de respect si vous souhaitez notre aide, intervint Becca.

Il y eut un court silence avant que Costia ne reprenne plus calmement, bien obligée de jouer le jeu pour sauver sa compagne.

- Vous allez lui rendre sa liberté ? Demanda-t-elle à Clarke, la colère ayant laissé place à l'espoir.

- Malheureusement c'est impossible…

Costia prit soudainement peur, s'attendant alors à voir entrer des gardes, Lexa s'étant trompée sur sa propriétaire.

- … je ne suis pas la réelle propriétaire de Lexa, termina de répondre Clarke.

- Comment ça ?

Alors Clarke lui expliqua comment elle s'était retrouvée à acheter Lexa avec l'argent de son oncle, faisant de lui son propriétaire tant qu'elle n'aurait pas remboursé sa dette.

- Merci, souffla sincèrement Costia tout en essuyant une larme fuyant sur son visage alors que Clarke avait clairement sauvé Lexa d'un destin bien pire.

- Je ne pouvais ignorer sa souffrance, répondit-elle simplement mais son regard trahissait ses émotions.

Costia comprit que Clarke tenait à Lexa, bien plus qu'à une simple esclave. Elle voulait en savoir plus mais quelque chose l'en empêcha, la peur de ce qu'elle pourrait découvrir peut-être.

- Je ne peux lui rendre sa liberté mais je vais vous aider à vous échapper, reprit Clarke.

- Comment comptes-tu t'y prendre ? Intervint à nouveau Becca.

- Pour le moment Lexa est en convalescence mais guérie ou non, il la remettra en vente pour la fête qui va clôturer les Brumalia. C'est là que…

- « La remettre en vente » ? La coupa d'une voix tremblante Costia.

Clarke vit dans son regard qu'elle avait parfaitement compris mais qu'elle espérait se tromper. Pour le bon déroulement de son plan, Costia devrait tôt ou tard accepter la condition de Lexa afin de rester de marbre lorsqu'elle y ferait pleinement face. Seulement elle n'avait pas la force de le lui dire, ce que sentit Becca qui le fit pour elle.

- Russel vend ses gladiateurs au plus offrant pour du sexe.

Costia sentit son souffle se bloquer dans ses poumons, étouffant subitement, alors que de terribles images envahissaient son esprit : sa Lexa, son amour, entre les mains perverses des romains.

- Lexa est la championne, elle est attendue et demandée, il ne pourra se priver d'elle, il…

- Becca, la coupa Clarke soucieuse de Costia qui n'avait pas besoin de détails sordides.

Cependant, cette dernière n'était pas aussi soucieuse d'elle alors que sa colère, sa haine à l'encontre de ceux qui osaient toucher, violer sa compagne, se dirigea tout droit sur Clarke à défaut de pouvoir s'en prendre aux véritables coupables. Costia leva la main en direction de la blonde, prête à violemment la gifler et lui faire payer mais Becca la stoppa d'une poigne ferme.

- Comment as-tu pu les laisser lui faire ça ?! Reprocha-t-elle à Clarke tandis que de violentes larmes noyaient son visage. Tu as dis avoir voulu la protéger mais tu la laisses se faire violer ! Si tu tenais réellement à elle, tu aurais…

- J'ai tout fait pour l'en empêcher mais Lexa a refusé ! Rétorqua Clarke, violemment touchée par ses paroles et ne se rendant compte que bien trop tard de ce qu'elle venait de lui révéler.

Costia se figea comme si Méduse venait de la frapper de son regard puis tout son corps sembla se ramollir, vider de toute force. Becca libéra son poignet puis Costia recula de quelques pas, totalement abasourdie.

- Elle… Elle est consentante… Souffla-t-elle horrifiée et trahie.

- Elle l'a fait pour toi, elle avait besoin de cet argent pour acheter sa liberté, pour te retrouver.

Cela n'aida en rien Costia qui sentit alors une insidieuse culpabilité lui écraser le cœur.

- Mais cela va nous aider, reprit Clarke, lors de la fête tu te feras passer pour une riche invitée, tu achèteras Lexa pour la nuit et lorsque vous serez seules, je viendrais vous faire sortir de la demeure. A la faveur de la nuit vous pourrez plus facilement quitter la ville.

Costia se reprit peu à peu alors que ce plan semblait réalisable.

- Il ne reste qu'à trouver comment vous faire quitter la ville. J'ai pensé aux chevaux des écuries mais j'ai peur que vous soyez vite repérées à cause du bruit que leurs sabots feraient dans la nuit calme.

- Je peux arranger un bateau, annonça Becca. J'ai prévu de partir quelque temps sur l'île de Lesbos, je pourrais vous déposer en chemin.

Clarke la regarda avec étonnement, non pas par sa proposition, mais parce qu'elle ne lui avait parlé d'aucun voyage et à l'idée de se retrouver seule, encore plus après tout ceci, la terrifia.

- Alors nous avons notre plan, répondit simplement Clarke.

- Et une semaine pour tout préparer, faisons de toi une riche romaine, annonça Becca en s'approchant de Costia.


Comme depuis plusieurs jours, Gabriel avait réussi à trouver du temps pour quitter la demeure entre ses différentes tâches, privilège de son rôle d'intendant des esclaves et confiance gagnée avec ses années de service. Matin, après-midi ou fin de journée, il arrivait à traverser la ville pour venir discrètement se poster devant la maison de Becca Pramheda.

Joséphine lui avait confié la mission d'identifier le peintre qui lui causait tant de désagrément et prêt à la satisfaire, il avait pris l'initiative de surveiller Becca Pramheda. Lexa n'étant plus à l'arène, le peintre ne s'y montrerait plus. En revanche, il pouvait continuer de peindre et Becca vendait ses peintures donc elle le connaissait, était en contact avec lui. De plus un combat venait de se dérouler et une nouvelle peinture suivait toujours une victoire.

Gabriel venait donc se poster devant sa maison dans l'espoir de voir apparaître quelqu'un qui pourrait être ce fameux peintre. Mais n'étant pas là toute la journée, la tâche était compliquée et relevait de la chance. Il allait renoncer pour aujourd'hui lorsqu'il y eut du mouvement à l'entrée. Quelle fut sa surprise de voir sortir de la demeure nulle autre que Clarke accompagnée de Niylah et discutant avec une femme qui n'était pas Becca Pramheda mais qu'il lui sembla reconnaître, ressemblant étrangement à une aide des guérisseurs qu'il avait aperçu lorsque Lexa était escortée hors de l'arène.

Il les vit se saluer puis Clarke s'éloigna avec Niylah tandis que l'autre femme retourna dans la demeure où il la vit brièvement rejoindre Becca avant que la porte ne se referme. Intriguée par la présence de Clarke, qu'il ne pensait pas si proche de Becca Pramheda, il décida de surveiller ses prochaines sorties. Au fil des jours malgré certaines difficultés à quitter son poste, il avait pris soin de suivre la jeune romaine dès qu'elle sortait de la demeure familiale. À chaque sortie, peu importe le chemin emprunté, Clarke finissait toujours par s'arrêter chez Becca, rejoignant la marchande ainsi que cette femme qu'il était certain d'avoir déjà vu…


Niylah était sur le point d'aller dormir lorsque Gabriel entra dans sa chambre. Son corps se tendit immédiatement alors que cette visite était des plus inhabituels. L'intendant n'avait pas pour habitude de venir lorsque leur « service » était terminé et encore moins en plein milieu de la nuit. Il referma lentement la porte derrière lui, s'assurant visiblement qu'elle ne fasse aucun bruit, ce qui ne rassura pas davantage l'esclave.

- Il… Il y a un problème ? S'enquit-elle plus pour combler le silence et se donner contenance.

- Ne t'inquiète pas, la rassura-t-il d'une voix douce mais son regard perçant démontrant le contraire, pardonne-moi cette visite tardive mais j'avais besoin de te voir loin des oreilles indiscrètes.

- Pour quelle raison ? Le pressa-t-elle méfiante mais poussée par la curiosité.

- J'aimerai que tu me dises pourquoi Clarke rend si souvent visite à Becca Pramheda ?

Niylah se figea imperceptiblement. Elle tenta de ne pas montrer son hésitation à répondre alors que sa réponse pouvait mettre en danger sa maitresse. Elle n'était pas dupe, Gabriel était sûrement là pour Joséphine et cette dernière n'hésiterait pas à tailler en pièce sa cousine pour avoir causé la ruine de ses peintures.

- Clarke s'intéresse aux peintures de ce fameux peintre.

- S'intéresse seulement ? Parce qu'en cherchant la raison de ses visites, je me suis souvenu qu'étant plus jeune elle aimait beaucoup dessiner et une idée m'est venue vois-tu ? Lança-t-il en approchant d'un pas qu'elle ressentit comme menaçant.

- Elle ne fait qu'observer les peintures auxquelles Becca lui donne aimablement accès, répéta-t-elle avec force mais trahissant alors sa légère panique.

- Je devrais peut-être en parler à Joséphine ou Russel, se détourna-t-il subitement et peu dupe vis-à-vis de son explication.

- Clarke est attirée par Lexa ! Lâcha-t-elle brutalement, ce qui le stoppa dans un regard l'invitant à continuer. Mais elle se refuse à passer à l'acte, elle refuse d'user de son pouvoir sur une esclave ou ne serait-ce que franchir un interdit alors à défaut d'être proche de Lexa, elle trouve refuge dans la beauté de ces peintures.

Un silence se posa, Gabriel contemplant la réponse que venait de lui donner Niylah. Il interagissait peu avec Clarke mais il en avait suffisamment vu pour croire que la romaine refuserait d'abuser d'une esclave, contrairement au reste de sa famille. Il admirait secrètement Clarke pour sa compassion envers les esclaves et ses efforts pour essayer de les protéger.

- Je t'en prie ne dis rien à personne, tu sais ce que sa famille fera s'ils l'apprennent, le supplia Niylah.

Il n'avait aucun intérêt à révéler le secret de Clarke, de plus Lexa ne ferait bientôt plus partie de cette maison avec la fin de sa carrière. Autant la laisser profiter de sa présence tant qu'elle le pouvait encore, garder son secret pouvait être le moyen de la remercier pour tout ce qu'elle faisait pour les esclaves de cette maison.

- Je ne dirais rien, promit-il pour le plus grand soulagement de Niylah. Mais saurais-tu me dire qui est cette jeune femme que j'ai pu voir discuter avec Clarke ? Ou bien qui est le peintre ?

- Non… Clarke me laisse dans l'Atrium et loin de leurs conversations lorsqu'elle est là-bas, mentit-elle avec assurance.

Du moins ce n'était pas tout à fait un mensonge, étant donné que dernièrement, Clarke se faisait bien mystérieuse, la gardant à l'écart de toute conversation ayant lieu chez Becca, surtout depuis l'arrivée de cette Costia.

- Très bien, accepta Gabriel, mais si tu venais à apprendre quelque chose j'aimerai que tu m'en fasses part.

- Pas si ça doit faire du tort à Clarke, indiqua-t-elle sa limite tout en jouant le jeu.

- Je comprends, lui accorda-t-il cette limite.

Gabriel quitta la chambre sans un mot de plus. Niylah libéra un souffle de soulagement alors qu'elle n'avait aucune intention de lui donner des informations mais il semblait l'avoir crue. Elle alla se coucher, tentant de se reposer avant d'aller prévenir Clarke dès le lendemain matin.


Avertie par Niylah de l'enquête de Gabriel, Clarke n'avait pas laissé la panique la gagner, préférant se concentrer sur le déroulement de la journée. Ce soir aurait lieu la fête pour la clôture des Brumalia et comme elle l'avait prévue Russel avait mis en vente Lexa. Ce qui voulait dire que cette nuit, Lexa s'enfuirait avec Costia, disparaissant à jamais de sa vie. Une pensée qui l'attristait mais qu'elle avait acceptée au fil des jours.

Elle se dirigeait vers les écuries pour y trouver Lexa afin de l'informer que tout était en place pour la soirée. La gladiatrice ne pouvant plus combattre, on lui avait trouvé d'autres tâches afin de la rendre utile en dehors des soirées. Elle n'était pas encore remise de ses blessures mais la cicatrisation étant en bonne voie, Russel avait exigé qu'on la sorte de sa cellule pour travailler. Ainsi Lexa avait été assignée à différentes tâches au Ludus comme la distribution des repas, ce qui amusait grandement ses anciens camarades qui la dénigraient, notamment Quint et McCreary. Pendant l'entraînement des gladiateurs ont l'avait assignée aux écuries où elle s'occupait des chevaux, ce qui lui offrait un peu de répit, personne ne l'humiliant. C'est donc tout naturellement que Clarke chercha Lexa aux écuries à cette heure avancée de l'après-midi.

Elle dépassa le garde posté à l'entrée donnant sur la maison puis elle entra dans l'écurie, l'odeur du foin et des chevaux l'accueillant. A travers la double porte ouverte sur la rue, elle aperçut deux autres gardes empêchant toute fuite des esclaves. Elle fut d'ailleurs étonnée de trouver uniquement Lexa, seule à travailler. Un sourire tendre s'étira sur son visage en l'observant en train de caresser Phobos tout en lui murmurant à l'oreille, l'étalon noir renâclant de contentement.

- Je vois que vous êtes finalement devenus amis, s'approcha-t-elle en faisant référence à la nuit où Lexa avait tenté de s'échapper et où le cheval s'était montré clairement hostile à son encontre.

- Il avait une bonne raison de me détester, répondit Lexa qui posa un regard coupable sur la petite marque qu'avait laissé son couteau sur le cou de la romaine.

Clarke se pinça les lèvres, regrettant d'avoir éveillé de mauvais souvenirs. Elle vint également à son tour caresser Phobos, se rapprochant ainsi de Lexa qui n'avait pas cessé ses caresses, leurs mains se frôlant sur le chanfrein de l'animal.

- Comme tu avais également de bonnes raisons de me haïr, souffla-t-elle concentrée sur le cheval, refusant de croiser le regard de Lexa, honteuse d'avoir échoué à l'extirper des griffes de Crassus.

- Je suis quand même désolée, appuya l'ancienne gladiatrice, sa main laissant le cheval pour venir effleurer la petite cicatrice à son cou.

Clarke ferma les yeux à la sensation de ses doigts sur sa peau, un doux frisson se propageant à travers son corps. Un souffle bruyant de Phobos lui fit rouvrir les yeux puis le doux rire de Lexa fit naître un sourire sur son visage alors que le cheval venait doucement frapper l'ancienne gladiatrice de son museau, réclamant de nouveau son attention.

Pour le plus grand bonheur de l'étalon elles reprirent leurs caresses sur son chanfrein. Un agréable silence s'installa entre elles, profitant simplement de ce doux moment, une bulle loin des problèmes se créant mais une bulle qu'il faudrait tôt ou tard rompre. Une bulle qui éclata lorsque leurs doigts s'accrochèrent. Leurs regards se relevèrent de surprise, plongeant l'un dans l'autre mais n'éloignant pas leurs mains alors qu'une douce tristesse se reflétait dans leurs yeux.

Lexa savait qu'elle avait brisé le cœur de Clarke, elle le regrettait profondément mais son cœur appartenait à Costia. Pourtant en cet instant une part d'elle jusqu'alors silencieuse se manifesta, se demandant si dans d'autres circonstances, dans une autre vie, si elle avait rencontré Clarke avant Costia… S'il aurait été possible qu'elles construisent un avenir ensemble ? Pour toute réponse son cœur se serra de tristesse, la réponse lui était évidente : elle n'en savait rien mais elle aurait aimé avoir une chance de le savoir. Lexa retira sa main du chanfrein de l'étalon puis s'éloigna pour attraper une brosse avant de doucement revenir brosser sa crinière.

- Si tu es là, c'est que ce soir… Murmura-t-elle afin que les gardes ne l'entendent pas.

Clarke comprit son inquiétude et jeta de discrets regards dans leur direction mais aucun d'eux ne semblait leur prêter attention.

- J'ai entendu mon oncle confirmer ta présence à la fête, tout est en place, tout ce que tu as à faire c'est de ne pas faire de vagues, lui rappela avec inquiétude Clarke.

- Je sais me tenir, s'offusqua Lexa face à son clair manque de confiance.

Clarke leva deux sourcils dubitatifs alors que son passif parlait contre elle. Lexa l'admit dans un doux rire qui se communiqua à la romaine mais qui s'éteignit tristement.

- C'est probablement la dernière fois que l'on se voit, ce soir nous n'aurons pas vraiment le temps de parler alors je voulais te souhaiter bonne chance pour la suite, tu mérites de retrouver le bonheur.

- Je suis heureuse de m'être trompée, commença Lexa après un léger silence, tu es peut-être romaine mais tu n'as rien en commun avec eux, tu es une belle personne Clarke, ne change jamais, ne les laisse pas te transformer.

Clarke essuya une larme qui s'échappa sur son visage, touchée par ses paroles, puis elle n'y tint plus, faisant fit du danger de la présence de garde, elle vint enlacer Lexa. Cette dernière lui rendit cette chaste étreinte tout en lui murmurant à l'oreille :

- Merci pour tout ce que tu as fais pour moi, sans toi je ne serais déjà plus de ce monde.

A contrecœur Clarke rompit leur étreinte avant que les gardes ne les surprennent. Elle se perdit dans le regard vert lui faisant face, hésitant à lui dire tout ce qu'elle représentait pour elle, qu'elle aussi l'avait sauvée de mille façons, lui montrant qu'elle pouvait être forte et tenir tête à sa famille pour ses convictions, qu'elle pouvait être elle-même. Lexa n'avait aucune idée de la place qu'elle avait dans sa vie et combien son départ lui déchirait le cœur mais elle n'avait pas le droit de le lui dire, pas maintenant, plus maintenant qu'elle allait retrouver le bonheur avec sa fiancée. Elles devaient reprendre chacune leur chemin et oublier.

- Adieu Lexa, lui dit-elle tout en initiant son départ.

- Adieu Clarke, lui retourna-t-elle alors qu'une amère tristesse lui enserrait le cœur.


Alors que la fête battait son plein, les invités de Russel s'enivrant en l'honneur de Bacchus et Saturne, les gladiateurs dont les faveurs sexuelles allaient être vendues firent leur entrée. Pieds et poings enchaînés ils marchèrent à travers les invités qui s'écartèrent, leurs regards lubriques glissant sur leurs corps lavés et huilés pour l'occasion.

Lexa serra imperceptiblement la mâchoire tout en se disant que c'était la dernière fois qu'elle devrait supporter cela, s'accrochant alors à son rôle de docile esclave. Elle se laissa conduire sur le petit podium destinée à son exhibition. Elle inspira discrètement tout en rivant son regard froid sur un point imaginaire au fond de l'Atrium. Elle tenta d'ignorer la honte qui la submergea à la pensée que Costia était quelque part dans la salle en train d'assister à son humiliation. Encore une fois Russel avait tout fait pour la rendre la plus attractive possible pour les acheteurs, masquant ses blessures du mieux possible à l'aide de poudre et la forçant à porter une tenue masquant à peine son intimité et sa poitrine.

« Tout ce que tu as à faire c'est de ne pas faire de vagues » Résonna en elle la voix de Clarke, ce qui la fit se ressaisir immédiatement alors que son masque était sur le point de vaciller.


Costia se tenait parmi la foule d'invités aux côtés de Becca, où depuis leur arrivée elles entretenaient différentes discussions se fondant dans la masse et dans son rôle de riche commerçante que la marchande d'Art venait de rencontrer et avec qui elle faisait affaire. Distillant ainsi leur mensonge aux oreilles de Syracuse afin de couvrir Becca une fois tout ceci terminé.

Lorsque les gladiateurs firent leur entrée, Costia eut dû mal à garder son masque à la vue de Lexa presque nue sous le regard dévorant de tous ces prédateurs. Elle sentit son cœur se briser devant cet horrible spectacle que sa compagne avait dû vivre plus d'une fois mais ce n'était rien en comparaison de ce qui devait suivre après cette exhibition. Contre toute attente c'est ce qui maintint son masque en place, reprenant solidement son rôle alors que si elle faiblissait maintenant Lexa serait condamnée à continuer à vivre dans ce cauchemar. Elle reprit donc comme si tout était normal ses conversations avec les invités. Conversations qui dérivèrent rapidement et douloureusement vers les gladiateurs et notamment la beauté de la championne de Syracuse…


Le vin brûlant délicieusement sa gorge réconforta son cœur saignant à la vue de Lexa exhibée sur le podium. Clarke, seule, à l'écart de l'effervescence laissait honteusement son regard se perdre sur les courbes de l'ancienne gladiatrice. Elle profitait d'un dernier instant, gravant son visage et son corps dans son esprit alors que leur plan se mettait lentement en place. Plusieurs riches invités se pressaient déjà devant les gladiateurs, Lexa emportant tristement le plus de succès.

Elle serra sa coupe de vin de colère alors que son oncle aurait tout aussi bien pu la mettre nue face à cette bande de vicieux serpents. Il n'avait aucune limite, il n'avait que faire de ce que pouvait ressentir Lexa et en cet instant elle le détestait plus que tout. Une colère brûlante enflammant son être.

« Je sais me tenir » Résonna en elle la voix amusée de Lexa alors qu'elle était sur le point d'enfreindre la consigne qu'elle lui avait elle-même donnée.

Un triste sourire s'étira sur ses lèvres puis elle se ressaisit, posant sa coupe sur le plateau d'un esclave qui passa devant elle. C'est alors qu'elle vit Costia se séparer de Becca pour approcher de Lexa. Le moment était arrivé.


Costia fendit la foule pour approcher Lexa. Rivant son regard sur elle, feignant de la dévorer avec désir jusqu'à être à portée de mains. Elle s'arrêta, portant sa coupe de vin à ses lèvres, s'offrant ainsi un court répit dans son ignoble rôle. Si Lexa l'avait vu arriver ou même sentit sa présence, elle n'en montra rien, son regard restant rivé droit devant elle comme si son esprit était ailleurs, imperturbable.

Costia abaissa sa coupe lorsqu'un homme se détacha de la foule pour venir se coller à sa compagne, son haleine fétide l'agressant alors qu'il lui murmurait quelque chose avant de fermement poser sa main sur son intimité. Elle allait intervenir lorsque quelqu'un interrompit son mouvement en l'interpellant :

- Notre championne semble vous plaire, apparut devant elle Russel que Becca lui avait préalablement désigné dans la foule.

Costia se força à détacher son regard de Lexa qui si elle pouvait le cacher aux yeux de tous, ne le pouvait à sa compagne qui vit parfaitement qu'elle luttait pour ne pas répondre à l'atroce geste de cet homme. Une torture si évidente qu'elle pouvait en lire toute la souffrance dans ses yeux.

- Une véritable beauté, sourit poliment Costia en portant son attention sur Russel.

- Au point de vouloir passer la nuit avec elle ? Vint-il murmurer à son oreille.

- C'est une femme, pointa-t-elle l'interdit et feignant de ne rien connaitre des affaires de Russel alors que Clarke le lui avait tristement expliqué, et un acheteur semble être prêt pour vous, désigna-t-elle l'homme en masquant son dégoût.

Russel se tourna brièvement avant de sourire malicieusement et se pencher à nouveau à son oreille.

- Une chance pour vous qu'elle ne se donne qu'aux femmes, crut-il lui révéler avant de se reculer et d'ajouter : Allez donc vérifier si notre championne vous convient pendant que j'explique à cet homme ce qu'il ne peut avoir.

Costia le laissa s'éloigner puis elle s'approcha de Lexa, et lui faisant face tout en buvant dans sa coupe elle permit à son regard de plonger dans celui de sa compagne. Ses magnifiques yeux verts ne vacillèrent pas, ne réagissant pas à sa présence mais lui montrant brièvement toute sa confiance, l'encourageant à jouer son rôle. Se forçant à tenir son personnage, Costia abaissa sa coupe puis après un regard appréciateur sur son corps commença à doucement lui tourner autour, leurs corps se touchant presque.

Une fois dans son dos, elle se stoppa, l'horreur trahissant son visage lorsqu'elle découvrit les cicatrices du fouet gravées dans son dos. Heureusement cachée par Lexa personne ne vit sa réaction. Elle porta ses doigts tremblants sur la peau de sa compagne, cette dernière tressaillant à son toucher familier alors qu'elle caressait l'une de ses cicatrices, leurs cœurs se serrant à l'unisson. Costia repoussa rapidement les larmes qu'elle sentait monter puis reprit son rôle en revenant en face de Lexa, laissant traîner sa main sur son corps, remontant son flanc jusqu'à son abdomen, où elle la retira sentant dangereusement l'effet que sa caresse produisait chez Lexa.

- Est-ce que cet avant-goût vous satisfait ? Réapparut Russel.

- Elle est parfaite, répondit-elle tout en feignant une envie désireuse et possessive.

- Etes-vous prête à y mettre le prix ? La questionna-t-il.

- Je me ruinerai pour une telle femme, répondit-elle en plongeant dans le regard de Lexa, ne feignant nullement le fait qu'elle était prête à tout pour elle.

- Alors suivez-moi voulez-vous ?

Russel s'éloigna avec Costia pour parler affaire tout en discutant sur son identité lorsqu'il pointa ne l'avoir jamais vu. Elle se présenta comme une commerçante de passage faisant affaire avec Becca. Cette dernière se faisant remarquer à travers la fête, bien loin de Costia qu'elle ne reverrait pas de la soirée afin que les convives ne voient en elles qu'une simple relation professionnelle, loin de soupçonner son implication dans la proche évasion.


En tant qu'intendant des esclaves, Gabriel veillait sur le bon déroulement de leur travail durant la fête. Il avait donc le regard partout et sur tout. C'est ainsi qu'il vit à travers la foule la jeune femme qu'il avait aperçu à l'arène puis chez Becca mais avec la préparation de la fête, il n'avait pas eu le temps de réfléchir davantage à sa découverte.

Il la suivit du regard jusqu'à son approche de Lexa, remarquant immédiatement son intérêt pour la championne. La jeune femme ne cacha pas son désir, ni même son intérêt pour les cicatrices de l'ancienne gladiatrice. Son esprit associa soudainement différentes pièces du puzzle, se pourrait-il que cette jeune femme côtoyant Becca soit le fameux peintre ? Etait-elle ici pour approcher son modèle alors qu'elle ne pouvait plus le faire à l'arène ?

Alors qu'il était en pleine réflexion, il la vit s'éloigner avec Russel puis revenir quelques instants plus tard, ayant clairement acheté une nuit avec la championne alors qu'un garde la faisait descendre du podium. Il l'entraîna ensuite vers l'étage et les chambres, suivi de près par la jeune femme qui venait de s'offrir un moment privilégié avec la gladiatrice qu'elle pourrait observer et toucher à loisir. Pour Gabriel il n'y avait plus aucun doute alors il se mit à chercher quelqu'un dans la foule d'invités et lorsqu'il la trouva, il se précipita vers Joséphine.


Le garde entra avec Lexa dans la chambre puis l'accompagna près du lit où il lui retira ses chaînes après avoir demandé à Costia ce qu'elle préférait, question qui lui noua l'estomac de dégoût. Il quitta ensuite la chambre laissant alors un silence tomber sur les deux femmes. Costia se tourna vers Lexa qui craqua brusquement, sa froide expression laissant place à une profonde honte, son regard s'emplissant de larmes et son corps tremblant sous de violents sanglots. Elle réagit instinctivement face à la détresse de sa compagne en parcourant la distance les séparant pour venir l'embrasser de tout son amour, faisant taire ses pleurs et consolant son cœur.

- Je t'aime et rien ne changera ça, lui assura-t-elle en plongeant son regard dans le sien et tenant son visage entre ses mains pour qu'elle ne se dérobe pas.

Plongée dans son regard noisette, Lexa sentit son cœur s'apaiser alors que sa compagne ne la jugeait pas sur ce qu'elle avait dû faire pour survivre. Elle ne lui reprochait absolument rien et lui offrait le pardon qu'elle avait besoin d'entendre. Lexa l'embrassa, lui transmettant tout son amour et sa reconnaissance.

C'est alors que la porte s'ouvrit, les deux femmes se séparant nullement surprise de l'intrusion, s'attendant à voir Clarke. Mais la jeune et douce romaine n'était pas là contrairement à Joséphine qui les foudroya du regard. Lexa se plaça devant Costia mais le garde gardant la porte était également entré et il vint s'emparer d'elle, l'attrapant fermement par le bras pour l'éloigner de sa compagne.

- Que voulez-vous ? J'ai chèrement payé ce temps avec elle ! S'emporta Costia à la fois inquiète et jouant la colère d'avoir été dérangée par la fille de Russel que Becca lui avait également présentée.

- Alors c'est vous, ignora-t-elle ses questions en la dévisageant de bas en haut, je ne vous imaginais pas comme cela.

- De quoi parlez-vous ? Demanda Costia qui recula d'un pas lorsque Joséphine commença a dangereusement approcher.

- Tout ce temps à vous chercher et finalement c'est ici que je vous trouve à vouloir la baiser, dit-elle en jetant un regard plein de dédain en direction de Lexa, vous ne pouviez plus vous contenter de la peindre ? S'amusa Joséphine.

C'est alors que Lexa comprit ce qui était en train de se passer.

- Non, non, non ce n'est pas elle ! Tu fais erreur ! Tenta-t-elle de s'échapper de la poigne ferme du garde mais se faisant il l'attrapa par l'épaule, réveillant sa blessure ce qui la stoppa un instant. Un instant qui fut de trop :

- Si vous ne sortez pas immédiatement, Russel sera furieux d'apprendre que sa fille...

- Oh mon père sera plus qu'heureux d'apprendre que je nous ai débarrassés de ce maudit peintre ! La coupa-t-elle tout en parcourant subitement la distance les séparant pour venir lui planter une dague en plein cœur.

- NON ! COSTIA ! Hurla Lexa qui se défit violemment de la poigne du garde malgré sa douleur.

- Il ne fallait pas me prendre mes peintures, souffla Joséphine à l'oreille de Costia avant d'être écartée par Lexa qui prit sa compagne dans ses bras.

Costia cherchait le regard de Lexa, apeurée par la mort qui venait la chercher, une main tentant brièvement d'attraper le visage de sa compagne.

- Reste avec moi, je t'en prie, ne me quitte pas… La supplia Lexa, les larmes noyant son visage alors qu'elle accompagnait le corps de sa compagne au sol.

Mais il n'y avait plus rien à faire alors que son cœur transpercé par la lame de la dague avait déjà cessé de battre, sa poitrine se teintant d'un rouge sombre. Lexa vit désespérément la vie s'éteindre dans son regard. Elle s'effondra, capturant ses lèvres dans un baiser plein de désespoir et prise de soubresauts sous ses pleurs.

- Par les dieux qu'est-ce que tu as fais ?! S'éleva soudainement la voix de Clarke qui fit son entrée dans la chambre.

- J'ai réglé un problème, répondit simplement Joséphine.

Clarke resta figée dans l'entrée, horrifiée, ne comprenant pas comment tout cela avait pu tourner aussi mal. Elle rejoignait la chambre prête à offrir sa liberté et son bonheur à Lexa lorsqu'elle avait vu la porte grande ouverte et sans garde à l'extérieur. Un mauvais pressentiment l'assaillant elle s'était précipitée à l'intérieur pour découvrir l'horreur. Joséphine avait froidement poignardé Costia et elle ignorait pourquoi.

- Ce n'était pas elle, murmura Lexa penchée sur le corps de sa compagne. Elle était innocente…

« Innocente ? Que pouvait bien lui reprocher Joséphine… Par les dieux non… L'aurait-elle prise pour le peintre ? Pour moi… » Réalisa avec horreur Clarke.

Lexa continuait de murmurer, une rage bouillonnant en elle jusqu'à la consumer totalement lorsqu'elle arracha brutalement la dague du cœur de Costia pour se tourner vers Joséphine avec la clair intention de la tuer. Tout se passa très vite et personne ne put stopper la course de la lame ensanglantée qui transperça à nouveau la chair. Le temps semblant alors se figer.

Son souffle se bloqua douloureusement et Lexa sentit le sang chaud couler sur ses doigts. Son regard consumé par la vengeance et la fureur se releva sur celle qu'elle voulait tuer pour venger l'amour de sa vie mais son cœur se figea d'effroi lorsqu'au bout de sa lame elle réalisa qu'il ne s'agissait pas de Joséphine mais de Clarke. Lexa recula brusquement retirant du même coup la lame du ventre de la romaine qui posa ses mains sur la plaie.

- Pourquoi ? Souffla-t-elle sous le choc qu'elle se soit interposée.

- Si tu la tues… Tu es morte… Réussit à répondre Clarke avant de s'effondrer.

La gladiatrice totalement sous le choc se recula jusqu'au fond de la chambre, où elle se laissa glisser le long d'un mur, son regard rivé sur les deux corps au sol.

« Qu'avait-elle fait ? Par les dieux qu'avait-elle fait ? Costia… Clarke… » Se répétait-elle horrifiée.

Elle venait de tout perdre. En un instant, elle avait tout perdu. Sombrant dans un abysse de désespoir, elle leva comme une évidence la dague dans la direction de son cœur mais au moment de l'abattre le garde saisit fermement son poignet, le serrant à le lui briser. Il lui arracha le poignard des mains puis il la força à se mettre à genoux tandis que les hurlements de Joséphine lui transperçaient les tympans. Il lui releva la tête en la tenant par les cheveux et c'est là qu'elle vit Russel figé dans l'entrée.


Russel n'en croyait pas ses yeux alors qu'alerté par les cris de sa fille, il avait accouru tandis que la fête toute entière s'était figée. Le spectacle se tenant sous ses yeux était bien pire que le fiasco de Crassus, une dague gisant aux pieds de l'esclave tandis que deux corps ensanglantés étaient sur le sol. Celui de la romaine dont la poitrine était maculé de sang et celui de sa nièce.

« Clarke ! » Sortit-il brutalement de sa léthargie en se jetant aux côtés de son corps et ignorant toujours les cris de sa fille, visiblement en état de choc.

Il constata la plaie béante à son abdomen et posa immédiatement ses mains dessus après avoir cherché un pouls qu'il trouva, bien que faible. Il l'a pris dans ses bras, portant son corps sans force telle une poupée de chiffon. Il sortit de la chambre prêt à parcourir toute la maison jusqu'à l'infirmerie pour maintenir sa nièce en vie car si elle mourait, il pouvait dire adieu à son héritage et cela il en était hors de question. A peine eut-il fait quelques pas à l'extérieur de la chambre que des gardes firent leur apparition ces derniers accourant alors que les cris de Joséphine continuaient de résonner. Russel les stoppa et leur confia Clarke, leur ordonnant de la conduire au plus vite à l'infirmerie, ajoutant qu'elle devrait vivre si Niko tenait à sa vie et eux à la leur.

Russel retourna dans la chambre et se dirigea droit sur sa fille qu'il gifla violemment pour faire cesser ses cris hystériques.

- Que fais-tu ici ?! Hurla-t-il alors qu'elle n'avait aucune raison d'être là, tout comme Clarke d'ailleurs.

- Je voulais me débarrasser de ce maudit peintre ! Lui faire peur ! C'est tout ! Répondit-elle en désignant le corps de Costia.

- Tu… Tu as quoi ? Commença-t-il abasourdi en comprenant ce qu'il s'était passé avant de brutalement éclater de fureur : TE RENDS-TU COMPTES DE CE QUE TU AS FAIT ?! La secoua-t-il fortement avant de la repousser contre le mur.

Joséphine n'avait jamais vu son père dans une telle fureur. Instinctivement, elle se colla un peu plus au mur avec l'envie de s'y fondre pour lui échapper.

- Et Clarke ?! Dis-moi ce qu'il s'est passé ici ! Exigea-t-il.

- Je… Je discutais avec cette femme lorsque cette esclave est devenue folle, elle l'a poignardé puis Clarke est arrivée et elle s'en est également prise à elle, accusa-t-elle Lexa.

- C'est faux ! Cria cette dernière qui sortit de sa torpeur à l'entente de ses accusations. Tu as poignardé Costia ! Elle était innocente ! Tu n'avais aucune preuve pauvre folle ! L'accusa-t-elle dans des larmes de colère avant de violemment se débattre contre le garde, se relevant quelque peu et voulant se jeter sur Joséphine : C'est toi que cette dague aurait dû atteindre, pas Clarke !

Confronté à deux versions opposées, Russel se tourna alors vers le garde qui tenait fermement l'esclave.

- Quelle est la bonne version de cette histoire ? Lui demanda-t-il d'un regard intransigeant.

- Votre… Votre fille a poignardé cette femme puis l'esclave a récupéré la dague, la secoua-t-il, avant de se jeter sur votre fille mais votre nièce s'est interposée.

Russel passa ses mains sur son visage, bouillonnant de rage et se demandant comment il allait régler ce problème. Il devait faire disparaître le corps de la romaine, personne ne devait savoir car il ne pouvait se permettre un nouveau scandale.

- Où est le problème, père ? Nous allons à nouveau gagner de l'argent avec mes peintures et Clarke a toujours été un poids mort pour cette famille.

- SILENCE ! Se retourna-t-il violemment, faisant à nouveau sursauter sa fille. Tu n'as aucune idée de ce que tu as fait ! Clarke est peut-être un poids mort mais elle vaut une véritable fortune grâce à son héritage, héritage que je ne toucherai pas si elle meurt avant son mariage !

Joséphine se tut, comprenant alors sa terrible erreur.

- Va chercher Gabriel, et sois discrète bon sang, lui ordonna-t-il.

Joséphine s'exécuta puis Russel alla ramasser la dague avant de tourner un regard mauvais sur Lexa.

- Toi… Du début à la fin tu n'auras apporté que des problèmes à cette maison, dit-il menaçant.


La fête écourtée, Russel avait fait réunir gladiateurs et esclaves de la demeure dans la cour du Ludus. Tous sans exception étaient présents et alignés en rang face à Gustus et Russel. Ce dernier faisant furieusement les cents pas et dont les poings maculés de sang inspiraient une crainte certaine. C'est alors que deux gardes arrivèrent en trainant avec eux Lexa qu'ils jetèrent au centre de la cour.

La jeune femme roula jusqu'aux pieds de Russel. Couverte de plaies et de sang, elle avait été sauvagement battue et tous comprirent la provenance du sang sur les mains de Russel.

- Un acte odieux a été commis ce soir ! Un membre de cette famille a été sauvagement poignardé par une esclave ! Une esclave en qui ma nièce avait confiance ! Cracha-t-il avec fureur et dégoût sur Lexa qui s'était péniblement redressée mais restant à genoux.

Dans les rangs, Niylah paniqua, se demandant où était Clarke, quel était son état alors qu'elle n'était pas aux côtés de Simone et Joséphine sur le balcon surplombant le Ludus. Elle avait également du mal à croire que Lexa ait pu poignarder Clarke. Elle ne portait pas la gladiatrice dans son cœur mais elle savait qu'elle tenait à leur maitresse, jamais elle ne lui aurait fait de mal alors que s'était-il passé ?

- Que ceci vous serve de leçon ! On n'attaque pas cette famille impunément ! Cria Russel avant d'attraper Lexa pour la pousser dans les bras des gardes.

Ces derniers la trainèrent jusqu'à l'un des murs de la cour où des chaînes pendaient. Ils plaquèrent Lexa contre, son dos exposé à la cour, avant d'attacher ses poignets au-dessus de sa tête. Les chaînes trop haute tiraient sur ses bras et l'obligeait presque à être sur la pointe des pieds.

- Je vais savourer chaque instant… Vint lui murmurer Russel avant de s'éloigner.

Lexa entendit ensuite le bruit tristement familier du fouet qui se déroule avant de frapper le sable. Dans les rangs les esclaves se mirent à prier pour elle à la vu du flagrum, fouet aux multiples lanières de cuirs lestées de plombs.

- Trente coups de fouet ! Ordonna Russel.


Dans l'obscurité de la nuit, traversant les champs appartenant au domaine de la famille Prime, une petite charrette s'éloignait discrètement de Syracuse. Après quelques kilomètres, elle s'arrêta au bord de la falaise surplombant l'océan. Le conducteur prudemment dissimulé sous un manteau à capuche descendit puis fit le tour de la charrette pour descendre sa triste marchandise. Il porta ces deux lourds fardeaux enroulés et ficelés dans des draps au bord du gouffre, les déposants dans l'herbe fraiche de l'hiver. Il s'attela ensuite à les lester de grosses pierres ramassées autour de lui.

Une légère brise se leva pendant sa tâche, écartant alors un morceau de drap révélant le visage pâle et froid de Costia. En revenant pour porter le corps enroulé dans les draps, le conducteur se figea à la vue du visage.

Il tomba brutalement à genoux, son corps tremblant dans de silencieux sanglots, ses nerfs craquants. Il retira sa capuche à la recherche de l'air hivernal alors que la culpabilité semblait soudainement étouffer son corps.

- Si je n'avais rien dit à Joséphine… Tu serais encore en vie… Souffla-t-il avec remord… Je suis désolé, exprima-t-il ses regrets, son regard s'arrêtant sur les deux corps.

Gabriel avait été sommé de « faire le ménage » par Russel, ce dernier ignorant tout de son implication. Pour protéger sa fille Joséphine, il avait caché à tous la mort de la romaine qu'elle avait assassinée par pure folie, ne parlant que de l'agression de Clarke et accusant Lexa. Mais si Joséphine avait poignardé cette femme, c'est lui, Gabriel, qui l'y avait conduite en la désignant comme étant ce maudit peintre qu'elle détestait tant, précipitant ainsi la fin de cette femme portant le nom de Costia et de Lexa la triste championne de Syracuse.

Gabriel ravala ses remords, condamné à vivre avec sa culpabilité car s'il se détestait pour ce qu'il avait fait et allait faire, sa haine était aussi forte que son amour pour Joséphine et il était prêt à tout pour la protéger.

Il se releva puis souleva le corps de Costia avant d'approcher de la falaise pour l'y précipiter. Il la regarda s'écraser contre l'océan avant de sombrer dans le royaume de Neptune. Il en fit ensuite de même avec l'autre corps, faisant disparaître la seule personne capable de témoigner de la vérité.

A suivre…


Vous détestiez déjà Josephine mais alors là j'ose même pas imaginer XD

Alors ce bref retour de Costia ? Qu'avez-vous pensé de ses réactions vis-à-vis de Clarke mais surtout sur les agissements de Lexa ? J'ai été sympa, je lui ai laissé le temps de lui pardonner avant de mourir :p

Qu'avez-vous pensé des actions de Clarke ? De son petit moment d'égoïsme avant de finalement accepter de les aider ?

Ah et j'espère que le combat était à la hauteur de vos attentes ! Après l'avoir tant teaser dans le précédent chap. :p

Et enfin... hem... le final ? La réaction de Lexa ? La réaction de Clarke qui sauve Joséphine pour sauver Lexa, ce qui change rien au final ? XD Celle de Russel qui protège Joséphine en accusant Lexa et l'éxécutant ?

J'avais vraiment hâte de poster ce chapitre dont l'intrigue se construit dès le précédent chapitre, tous les pions se mettent doucement en place jusqu'à arriver à ce moment final. J'ai franchement adoré l'écrire même si je vais devoir aller me planquer au fond d'un bunker avec le choix que j'ai fais XD ( D'ailleurs toujours se méfier quand j'adore un chap ;p )

Bon, bon, bon, histoire de vraiment me faire tuer, je vous annonce la pause tant redouté. Apparemment écrire sans Lexa me pose un gros problème d'inspiration XD Et peut-être sans Clarke aussi d'ailleurs, rien ne dit qu'elle va survivre à sa blessure... ou bien va-t-elle se laisser mourir en sentant la mort de Lexa ? :p La bonne question est : suis-je assez suicidaire pour tuer tout le monde XD

Doooonc peut-être à dans deux semaines ou bien plus tard. Enfin en espérant que vous serez toujours au rendez-vous :)