CH14-Rome

Et hop un nouveau chapitre.

Merci pour tous vos retours ! :D

Et merci à Kouan pour la relecture.

Je vous laisse découvrir le chapitre, on se retrouve en bas !

Bonne lecture.


Gaïa marchait à travers l'immense demeure finement décorée par des œuvres d'art qui pour la plupart avait été amenées ou bien offertes par Becca Pramheda à son maître. Elle rejoignait d'ailleurs d'un pas rapide l'aile du bâtiment qui lui avait été attribuée afin qu'elle puisse s'y installer à son arrivée il y a un peu plus d'un an.

Becca Pramheda était proche de la famille Tullius. Elle et Marcus avaient grandi ensemble, tels des frères et sœurs. Malgré l'absence de lien de sang, elle faisait partie de la famille aux yeux de Marcus, à tel point que son fils Gaius la considérait comme sa tante, voir comme une mère alors que cette dernière était morte en le mettant au monde. C'est donc à bras ouverts qu'ils l'avaient accueilli lorsqu'elle était venue chercher refuge après des déboires à Syracuse.

Becca absente, elle avait laissé ses affaires à Rome entre les mains d'une personne de confiance que l'on pouvait considérer comme son bras droit. C'est cette personne que Gaïa cherchait afin de lui parler de ce qu'elle avait entendu. Elle traversa un petit jardin qui séparait en partie la demeure principale d'une autre aile puis entra dans cette dernière. Un petit atrium l'accueillit où elle demanda au premier esclave qu'elle croisa où trouver l'associée de Becca.

Elle monta sans attendre les escaliers en direction des chambres. Elle passa devant plusieurs pièces avant de ralentir pour s'arrêter dans l'entrée de l'une d'elles. Elle laissa vaquer son regard sur l'intérieur, constatant comme toujours son immense espace qui accueillait un grand lit, un placard, une bibliothèque et un petit bureau. Sans parler du petit balcon donnant non pas sur la capitale comme le reste de la demeure mais sur le versant de la colline faisant face aux termes de Tivoli et les montagnes. Son regard se posa finalement sur la femme assise au petit bureau et qui était visiblement concentrée sur des parchemins. Elle la vit s'en détacher dans un soupir contrarié en s'enfonçant dans le fond de sa vieille chaise en bois puis se passer une main sur le visage, fatiguée.

Gaïa décida d'entrer et la femme sentit immédiatement sa présence, se retournant pour la surprendre de son regard vert perçant. La reconnaissant, un léger sourire s'étira sur son visage fermé puis elle se leva pour venir à sa rencontre. Gaïa allait lui parler du message lorsqu'elle se rendit compte que sa vis-à-vis avait une tout autre intention en comblant la distance les séparant. Une main passa derrière sa nuque puis elle se sentit attirer vers l'avant, son corps rencontrant celui de l'autre femme juste avant que ses lèvres ne viennent fiévreusement cueillir les siennes.

La surprise passée Gaïa se perdit dans les délices de ce baiser et referma ses bras autour de ce corps qui l'appelait, une main venant se perdre dans sa longue chevelure brune. La femme finit par rompre le baiser, permettant à Gaïa de retrouver sa respiration mais elle attaqua sa gorge à coup de baisers et de mordillements qui lui arrachèrent un gémissement :

- Humm Lexa…

La brune sourit contre sa peau avant qu'elle ne sente ses mains ouvrir sa tunique qui tomba rapidement sur le sol. Toujours entre ses bras et ses lèvres parsemant sa peau, Lexa la tourna vers le lit avant de la pousser dessus. Gaïa s'y laissa tomber malgré le manque de douceur puis elle recula, remontant vers la tête de lit, s'y allongeant sans quitter des yeux la brune qui la toisait d'un regard dévorant. Cette dernière se délesta de sa propre robe puis elle s'avança sur le lit, avançant tel un prédateur sur sa proie. Venant surplomber Gaïa de son corps, son regard dévorait chaque parcelle de sa peau, luisant de luxure en s'arrêtant sur sa poitrine rebondie avant de fondre sur ses lèvres.

Elle l'emporta dans un baiser fiévreux et dévorant, leurs corps rentrant en contact ainsi que leurs intimités, les faisant frissonner. Gaïa laissa glisser ses mains sur les courbes de la brune mais cette dernière s'écarta violemment de ses lèvres pour se redresser et lui attraper les poignets avant de les lui plaquer d'une poigne ferme au-dessus de la tête. Reprenant ensuite ses attentions comme si de rien n'était, ses lèvres descendant s'occuper de la poitrine érigée de la métisse.

Gaïa se laissa dominer sans complainte. Elle était habituée à la rudesse de son amante qui refusait tout geste tendre mais qui prenait son plaisir sans jamais oublier le sien. Une plainte quitta ses lèvres lorsqu'elle sentit l'intimité de son amante se détacher de la sienne mais elle fut rapidement suivit par un puissant gémissement de plaisir lorsque des doigts la pénétrèrent. Ils imposèrent rapidement leur rythme, la poussant rapidement vers le précipice, tout autant que la bouche de la brune qui torturait toujours sa poitrine.

Gaïa se mordit les lèvres tant le plaisir montant devenait douloureux, se retenant de ne pas supplier pour sa délivrance mais ses tentatives pour libérer ses mains de la poigne de son amante parlaient pour elle. Elle voulait sentir la brune, la toucher, l'emporter avec elle dans cette vague de plaisir pour parfaire sa propre extase. Ne pouvant user de ses mains, elle remonta sa cuisse qui vint se plaquer au sexe de son amante, cette dernière gémissant au contact avant d'instinctivement frotter son bourgeon de plaisir contre elle, ouvrant le barrage de son propre plaisir.

La brune cessa la délicieuse torture de sa poitrine pour revenir à ses lèvres, l'embrassant furieusement tout en accélérant le rythme de ses doigts. Il n'en fallut pas davantage pour qu'une puissante vague de plaisir ne submerge Gaïa. Un plaisir qu'elle expulsa dans un puissant gémissement, tout son corps tremblant contre celui de son amante qui se laissa à son tour submerger. Après quelques instants d'un fulgurant plaisir, la brune libéra ses poignets puis elle se laissa tomber sur le côté, s'allongeant à bout de souffle.

Gaïa sourire aux lèvres reprenait son souffle en profitant du nuage de bien-être sur lequel elle semblait flotter. Son sourire s'effaça légèrement lorsqu'elle sentit du mouvement à ses côtés car ce n'était pas pour se rapprocher d'elle que bougeait son amante mais comme à chaque fois pour sortir du lit. Gaïa se redressa sur un coude tandis que Lexa s'était assise sur le rebord.

- Déjà rassasiée ? La tenta-t-elle.

La brune tourna légèrement la tête vers elle, un sourire prédateur et un regard désireux se posant sur son corps.

- Des affaires m'attendent, se détourna-t-elle de nouveau de la tentation de son corps mais ne se levant pas pour autant.

Gaïa avait vraiment envie de passer plus de temps dans leurs étreintes charnelles alors elle se redressa complètement et vint se coller à elle avant de doucement tourner son visage afin de cueillir ses lèvres dans un doux baiser. Elle sentit Lexa se tendre sous la délicatesse dont elle faisait preuve. Gaïa fut étonnée qu'elle ne s'écarte pas comme à son habitude alors prise de confiance, une de ses mains s'empara d'un de ses seins, arrachant un soupir à son amante. Prise dans leur baiser et ses caresses, elle ne fit pas attention à sa main qui descendit dans le dos de la brune, caressant alors inconsciemment les profondes cicatrices laissées par le fouet.

Ce fut comme si ce dernier avait claqué dans la chambre, Lexa s'arrachant brutalement à son étreinte pour se lever et s'éloigner. Gaïa réalisa son erreur et soupira sa déception. Elle ne dit rien, pas plus que Lexa qui se contenta de ramasser sa robe pour la remettre. La métisse se leva pour en faire de même, se rhabillant silencieusement. Lexa était retournée près de son bureau, prenant ses parchemins en mains, ignorant Gaïa qui décida de quitter la chambre. Elle était habituée à ce traitement, surtout lorsqu'elle ne respectait pas les règles de leur relation ou plutôt de leur accord : ce n'était que du sexe, un simple moyen de se libérer de leur frustration et de la dureté de la vie. La tendresse, les attentions et les sentiments n'y avaient pas leur place.

Elle allait atteindre la sortie lorsqu'elle se rappela la raison de sa venue avant que Lexa ne l'en détourne :

- Marcus a reçu un message de Becca, lança-t-elle tout en se retournant vers l'intérieur de la chambre.

Lexa abaissa ses parchemins et se tourna vers elle, lui prêtant alors toute son attention.

- Becca est bien arrivée à Syracuse et tout à l'air de bien se passer.

- Syracuse ? Tu es sûre ? S'étonna-t-elle fortement.

- C'est ce que j'ai entendu, lui assura Gaïa.

Le visage de Lexa s'assombrit de réflexion, quelque chose semblant grandement la déranger.

- Autre chose ? S'enquit-elle.

- Elle les informe d'un mariage qui semble les déranger. Le fils Catilina avec l'héritière de la famille Griffin.

- Griffin ? Interrogea Lexa car si les Catilina étaient souvent mentionnés par Marcus c'était la première fois que le nom des Griffin se faisait entendre.

- Une dénommée Clarke.

Gaïa vit Lexa totalement se figer avant qu'une multitude d'émotions ne traversent son visage.

- Es-tu certaine de ce nom ? Claqua soudainement la brune.

- Certaine, affirma-t-elle fermement.

- Ce… Ce sera tout, la congédia Lexa.

- Lexa qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai dit ce sera tout, claqua-t-elle durement.

Gaïa hésita à insister face au trouble visible de la brune mais elle n'était qu'une esclave face à une affranchie qui plus est le bras droit de Pramheda. Même si Lexa n'usait jamais de son statut et de son privilège sur les esclaves, elle n'en était pas moins au-dessus d'eux et ils lui devaient obéissance alors Gaïa obéît.


Toute la tension qui avait quitté son corps après son moment de détente avec Gaïa était revenue tout aussi rapidement qu'elle s'était envolée contre les lèvres et le corps de la métisse. Elle s'en voulut un instant de la manière dont elle venait de la congédier, non pas qu'elle avait pour habitude de s'attarder dans ses bras après leurs ébats, mais elle ne la chassait pas de sa chambre pour autant.

Lexa se retira sur le balcon et s'appuya sur la balustrade de pierre. Elle laissa son regard vert se perdre sur l'horizon des montagnes en oubliant rapidement Gaïa pour le prénom martelant son esprit depuis qu'il avait franchi les lèvres de la métisse : Clarke. Elle ne comprenait pas non plus pourquoi Becca était à Syracuse et pourquoi elle lui avait menti en lui disant qu'elle se rendait en Sardaigne pour les affaires.

Elle serra les poings en songeant que le prénom de l'héritière des Griffin et la présence de Becca à Syracuse ne pouvaient être une coïncidence. Elle n'était sûre de rien mais cela était trop gros ou alors c'était un petit jeu des dieux pour la torturer car déjà de terribles souvenirs revenaient à la surface. Syracuse n'était pas si loin dans son passé mais elle avait appris à vivre avec, presque à l'oublier. Ces souvenirs douloureux ne la hantaient plus la journée, sauf en de rares moments, comme quand Gaïa avait effleuré ses cicatrices, elle ne le supportait pas et son corps traumatisé replongeait vivement dans la douleur du fouet. Si les journées étaient plus douces, ses nuits étaient pleines de cauchemars, même si depuis quelques lunes il lui arrivait d'avoir des nuits tranquilles.

Elle commençait à aller mieux, elle avait une nouvelle vie à Rome et tout lui revenait en plein visage. La simple mention de Clarke la ramenait à cette horrible nuit. Le corps sans vie de Costia s'imposant à sa mémoire, tout comme elle pouvait presque sentir le sang de Clarke couler entre ses doigts. Elle sentit ensuite les déchirantes morsures du fouet sur son dos, une vive douleur fantôme la traversant. Lexa ferma les yeux aux souvenirs de la douleur et à ses cris qui lui vrillaient les tympans. Par un cruel miracle elle avait survécu au fouet mais avec la mort de Clarke, Russel lui promit un sort bien plus horrible. Replongeant brutalement dans son passé, son corps se mit à trembler alors qu'elle revivait ces douloureux souvenirs comme si elle y était :

A peine consciente, Lexa n'était pas affectée par les balancements du cheval sur lequel elle reposait tel un vulgaire sac qu'on aurait jeté dessus. La brûlante souffrance de son dos déchiré par le fouet noyait complètement son esprit. Elle n'avait conscience de rien, pas même de son sang coulant lentement sur la belle robe noire de Phobos pour finir sur le sol de la ville, laissant un sanglant sillage sur son passage.

Elle sentit tout juste les mains qui l'attrapèrent après que Phobos se soit arrêté puis un choc douloureux raviva violemment son esprit lorsqu'elle heurta le sol poussiéreux, jetée tel un sac. Elle entendit les hennissements de protestation du cheval soudainement protecteur envers elle, puis elle discerna vaguement le sourire mauvais de McCreary au-dessus d'elle,ensuite sa tête dodelinant elle aperçut Russel en train de discuter avec un homme inconnu.

- C'est un cadavre Russel ! Aucun de mes clients n'en voudra ! Protesta l'homme.

- Ne te moque pas de moi, tu as plein de clients comme Crassus, tu trouveras !

Lexa en avait assez, elle voulait mourir, plus rien ne la retenait. Costia était morte et Clarke également. Russel le lui avait annoncé alors qu'elle saignait encore enchaînée au mur, suspendue sans force sous les derniers coups de fouet. Lui promettant que si elle survivait aux derniers coups, il la vendrait au bordel pour qu'elle y meure des pires souffrances. Elle ignorait pourquoi la mort ne l'avait toujours pas emportée, Atropos, la plus âgée des Moires refusait de couper son fil de vie alors qu'elle n'avait eu aucune hésitation avec les êtres qu'elle aimait.

Elle n'en entendit pas plus, la souffrance l'emportant à nouveau. Elle fut emportée à l'intérieur du bordel puis jetée dans une chambre sordide, où on lui procura un minimum de soins afin qu'elle survive jusqu'à la nuit suivante, où elle serait vendue à un tordu de plus.

Le soir venu, elle fut sortie de sa chambre. Elle avait suffisamment repris conscience pour réaliser qu'on la sortait du bordel, le froid de la nuit frappant son corps presque nu, ses vêtements en lambeau la couvrant et tenant à peine sur elle. Elle fut à nouveau jetée sur le sol poussiéreux de la rue.

- Doucement ! Entendit-elle résonner une voix pleine de colère alors qu'on la ramassait avec douceur pour la soulever et la déposer à l'arrière d'une charrette.

- Je suis curieux, pourquoi payer une telle somme pour ce déchet ? Demanda le propriétaire du bordel.

Mais il n'eut aucune réponse, ou bien Lexa ne put l'entendre alors que la charrette commençait son avancée, son ballotement la berçant lentement malgré sa souffrance. Elle ferma les yeux, se sentant alors étrangement en sécurité sous des paroles apaisantes, les ressentant plus qu'elle ne les entendit.

Elle reprit vivement conscience lorsqu'on la porta de nouveau, une vive douleur irradiant son dos. Malgré sa faiblesse grandissante et une fièvre naissante, Lexa tenta de se débattre mais ce fut vain. On la tint plus fermement et la voix rassurante fit tout son possible pour la calmer.

- Becca ! Qu'est-ce que c'est que ça ?! S'exclama une femme visiblement surprise et furieuse.

- La raison pour laquelle nous devons immédiatement quitter Syracuse, répondit Becca avant d'ajouter aux personnes portant Lexa : Installez-la confortablement et apportez-lui les soins nécessaires.

- Qui est-ce ? Pourquoi ne m'avoir rien dit ?! Paniqua la femme.

- Pour éviter que tu paniques comme tu le fais maintenant Emori.

- Je ne panique jamais ! Rétorqua très sérieusement la capitaine.

- Emmène-nous loin d'ici et je t'expliquerai tout, lui demanda Becca avant de rejoindre faut que tu vives, tu m'entends… J'ai perdu Clarke, je ne te perdrai pas, elle ne me le pardonnerait pas…

Lexa rouvrit les yeux sur l'horizon. Il lui semblait qu'une éternité était passée depuis cette nuit où Becca l'avait sauvée. Ce qu'elle avait fait pour Clarke, comme pour exaucer le dernier souhait de sa protégée, celui de protéger quoiqu'il arrive Lexa. Becca avait donc retrouvé sa trace dans ce bordel, l'avait rachetée à un prix exorbitant puis l'avait emmenée loin de Syracuse.

Lexa avait longuement oscillé entre inconscience et délire dû à la puissante fièvre qui s'était emparée d'elle. L'équipage pensait qu'elle ne survivrait pas au voyage, pourtant Becca avec l'aide d'Emori avaient veillé sur elle, n'avait eu de cesse de l'encourager à s'accrocher alors même qu'elle n'avait plus aucune raison de le faire. Lexa ignorait ce qui l'avait faite tenir, sans doute cela faisait parti du cruel jeu des dieux.

Elle survécut au voyage mais bien loin d'être remise de ses blessures et moralement atteintes, Becca la fit conduire à Rome. Trouvant refuge dans la demeure de Marcus Tullius, les plus grands soigneurs s'occupèrent d'elle. Lexa était revenue de loin, elle aurait dû se réjouir de la vie mais elle n'en avait plus le goût. Elle avait passé ses journées dans sa chambre, assise sur son lit, le regard vide. Ni Becca, ni Emori ne réussirent à la faire réagir.

Lexa secoua la tête pour chasser cette triste période de son esprit. De l'eau avait coulé sous les ponts depuis, elle allait beaucoup mieux, elle n'était plus la même. Elle ramena ses pensées aux nouvelles que lui avait apportées Gaïa. Elle devait éclaircir les choses car il n'était pas dans les habitudes de Becca de lui mentir. Le temps passé à Rome les avait rapprochées, une amitié et une confiance se créant entre elles. Lexa s'était même impliquée dans son commerce, l'aidant en la secondant, et plus récemment dans son projet de se développer en Grèce. Elle n'était pas rentrée dans son pays natal depuis sa fuite, trop honteuse de ce qu'elle avait fait et était devenue pour survivre, mais elle avait donné des nouvelles à sa famille. Elle avait également pris contact avec des marchands d'Amphipolis pour Becca, lui ouvrant ainsi une porte pour la Grèce. Becca lui faisait confiance, elle n'avait aucune raison de lui mentir.

Bien qu'il n'y ait aucun préjudice, à moins de lui avoir caché la vérité sur Clarke, Lexa se sentait tout de même légèrement trahie et blessée par ce mensonge. Elle entendit au loin le résonnement du bois s'entrechoquant et Lexa s'écarta de la balustrade pour se diriger d'un pas rapide vers sa provenance. Elle quitta l'aile réservée à Becca puis elle traversa le jardin avant d'entrer dans la demeure principale. Elle parcourut ensuite plusieurs couloirs, dont celui abritant les chambres des esclaves, puis elle rejoignit l'immense cuisine qu'elle traversa avant de sortir sur l'une des grandes terrasses surplombant Rome. Là, elle y trouva le fils de Marcus en plein entraînement avec une ancienne gladiatrice.

Lexa ralentit le pas jusqu'à s'immobiliser à quelques mètres des deux combattants qui se tenaient au centre d'un large cercle de sable fin. Gaius s'élança avec son glaive de bois sur la gladiatrice qui dévia son attaque sans difficulté, tout comme sa contre-attaque.

- Concentre-toi, je devine tout tes mouvements, le rabroua d'un regard sévère la guerrière.

Le jeune homme s'éloigna de quelques pas, semblant rassembler ses esprits malgré l'humiliation de sa mentor. Ayant fait ses armes sur les champs de bataille, il ne devrait plus se laisser surprendre aussi facilement, pourtant il n'arrivait toujours pas à vaincre la gladiatrice. Il se retourna avec une expression déterminée sur le visage, bien décidé à lui montrer sa véritable valeur.

Il attaqua soudainement avec force et précision. Anticipant l'agilité de la guerrière il avait feinté et était parvenu à lancer son Rudis en direction de son visage. Son adversaire réussit à le parer mais sa lame de bois passa si près d'elle qu'une vrai lame aurait coupé quelques mèches de ses cheveux blonds. Gaius se retourna un sourire confiant au visage mais qui s'effaça immédiatement lorsqu'il reçut un coup en plein visage qui le propulsa au sol.

- Tu te bats comme un soldat, rigide et prévisible, argua la gladiatrice.

Lexa esquissa un sourire face à la remarque tandis que Gaius était touché dans sa fierté. Il se releva pour revenir à la charge, frappant et frappant, le bois des Rudis résonnant fortement. La gladiatrice jouait avec lui, nullement inquiétée par ses attaques. Anya, « l'amazone d'Artémis » était à ce jour invaincue et avait gagné sa liberté en brillant dans l'arène du Colisée, gagnant le cœur du peuple de Rome. Sans foyer après le massacre de sa tribu, elle avait accepté la proposition de Marcus qui lui offrait un toit et un bon paiement pour entraîner son fils qui atteignait bientôt l'âge de partir sur les champs de bataille.

Admiratif de sa mentor, Gaius s'était de plus en plus intéressé aux combats de gladiateurs, allant même jusqu'à entendre parler de Lexa, championne de Syracuse. Si Marcus avait accueilli Becca ainsi que Lexa dans sa demeure, ce fut Gaius qui aida sa tante à trouver les meilleurs soigneurs pour l'ancienne gladiatrice, tentant même de la motiver à retrouver goût à la vie. Cependant, Anya fut celle qui réussit à l'atteindre. Elle avait accompagné en de rares occasions Gaius lors de ses tentatives de dialogue, le jeune homme pensant que la présence d'une autre gladiatrice et l'exemple qu'était Anya l'aiderait à s'ouvrir mais ce fut un échec.

Cette dernière semblait ne pas se soucier du sort de Lexa, se contentant de la fixer d'un regard sévère et froid. Jusqu'au jour, où elle débarqua dans sa chambre et la fit sortir de force. Anya réussit à traîner Lexa dans le petit jardin et cette dernière, furieuse, attaqua la gladiatrice, première émotion qu'elle montra depuis son arrivée. Anya n'eut aucune pitié en stoppant toutes ses attaques, la jetant à terre sans relâche, la poussant à bout jusqu'à ce que Lexa totalement brisée craque enfin complètement. Sa colère, sa frustration brisant ses défenses et libérant enfin ses souffrances à travers ses larmes.

Lexa sourit à ce souvenir et aux nombreux duels qui suivirent car malgré ses blessures, Anya l'avait encouragée à reprendre les combats. Bien qu'elle ne puisse plus combattre dans l'arène, l'ancienne championne de Rome l'avait encouragée, tout comme prouvée qu'elle pouvait encore se battre. Certes elle n'avait plus la même force et se devait de choisir ses adversaires avec prudence mais elle était encore capable de se défendre. Toutefois elle n'avait encore jamais battu Anya et compatissait avec Gaius qui enchainait les chutes sous les moqueries de sa mentor.

- Tu ne tiendrais pas un instant dans l'arène !

- Un soldat ne se bat pas dans l'arène ! Contra le jeune homme en attaquant.

- Mais un soldat affronte les futurs gladiateurs de l'arène ! Claqua Anya en le faisant une nouvelle fois chuter.

- Tous ne sont pas de grande guerrière amazone, protesta-t-il en se relevant.

- Seuls les enfants comptent sur la chance pour se retrouver face à des paysans ou bien les fous, le pointa-t-elle de son glaive de bois, mais soit, voyons ce que tu vaux devant un paysan. Lexa au centre de la piste je te prie !

La brune s'exécuta amusée par la tournure des choses et prit le Rudis que lui tendit Anya.

- Quoi ?! S'étonna Gaius. C'est une championne de l'arène, pas une paysanne ! Et ce n'est pas équitable dans son état, tu le sais ! Me prends-tu pour un enfant pour me faire combattre contre une…

Il s'arrêta avant que ses mots ne franchissent ses lèvres mais le mal était fait. Lexa se figea de surprise alors qu'il ne l'avait jamais traitée de manière différente, l'admirant même pour ses exploits dans l'arène. Anya allait lui donner une bonne leçon lorsque la voix de Marcus les stoppa tous.

- Gaius ! Rabroua-t-il son fils. Peu importe ton adversaire tu dois toujours faire preuve de respect. L'arrogance n'est pas digne d'un soldat, nous pouvons toujours trouver plus fort que nous et en la personne la plus insoupçonnée.

- Oui, père, répondit-il honteusement. Pardonne-moi Lexa, je n'aurais pas dû.

- Ce n'est rien… Lui pardonna-t-elle tout en rendant son glaive à Anya.

- Reprends cette arme Lexa et combattez, l'arrêta Marcus.

- Oui, Dominus, répondit-elle docilement en reprenant son Rudis car bien qu'affranchie elle était toujours tenue à un certain respect de la hiérarchie.

Anya quitta la piste de sable pour se placer aux côtés de Marcus qui s'était rapproché. Lexa quant à elle alla faire face à Gaius. Ils attendirent le signal d'Anya et le combat commença. Gaius se jeta sur la brune qui esquiva, profitant de son agilité qu'elle n'avait nullement perdue. Néanmoins sa robe l'entrava quelque peu, rendant confiant le jeune homme qui la frôla de son attaque. Il contre-attaqua rapidement mais Lexa bloqua son glaive avec le sien. Le choc fit trembler son bras et elle sentit sa force s'amenuiser, ses nerfs endommagés faiblissant déjà sous la force du jeune homme. Elle renforça sa prise de sa seconde main et réussit à le repousser.

Cependant Gaius profita de cette faille, revenant immédiatement à la charge et si Lexa esquiva les premières attaques, leurs glaives finirent par s'entrechoquer et cette fois la brune lâcha prise se faisant désarmer. Son arme vola sur le sable chaud et Gaius sourit victorieux en avançant sur elle. Trop sûr de lui, il se fit stupidement surprendre car lorsqu'il trancha l'air de son glaive, Lexa s'abaissa subitement et lui faucha les jambes. Il s'écrasa lourdement sur le sable puis la brune écrasa son poignet armé. Il lâcha son glaive qu'elle s'empressa de ramasser pour lui apposer sur la gorge, le toisant alors victorieuse, un sourire narquois sur le visage.

- La force ne fait pas tout, lui dit-elle avant de lui tendre la main pour l'aider à se relever.

Le jeune homme la lui attrapa dans un sourire complice, ayant bien retenu la leçon. La brune lui rendit son glaive puis elle alla récupérer le sien pour le rendre à Anya qui la félicita. Gaius posa un regard admiratif sur les deux femmes mais surtout sur Lexa qu'il admirait tant pour ses talents de combattantes que pour sa force de caractère.

- Je pense que ça suffira pour aujourd'hui, annonça Anya.

- Je le pense aussi, appuya Marcus.

Gaius salua respectueusement les deux gladiatrices puis il s'éloigna en direction de la demeure. Marcus s'apprêtait à en faire de même lorsque Lexa l'arrêta :

- Dominus, auriez-vous un instant à m'accorder ?

- Bien sûr, l'invita-t-il à continuer d'un sourire bienveillant.

- Je m'inquiète de ne pas avoir eu de nouvelles de Becca, en avez-vous eu ? Est-elle bien arrivée en Sardaigne ?

- Un message est arrivé aujourd'hui justement, elle nous dit qu'elle est bien arrivée à Dorgali.

- Bien, je suis heureuse de l'entendre, répondit-elle avec son plus beau faux sourire.

Elle le salua ensuite respectueusement puis elle se détourna, le laissant retourner à ses affaires. Elle perdit immédiatement son sourire pour un regard songeur et inquiet. Non seulement Becca lui avait menti mais Marcus également, couvrant clairement son mensonge, et elle ne doutait pas qu'il en serait de même pour Gaius.

- Un problème ? S'enquit Anya.

- Je… Je n'en sais rien, se rapprocha-t-elle de son amie. Becca m'a dit partir en Sardaigne mais en réalité elle est à Syracuse, elle m'a menti et apparemment Marcus la couvre, termina-t-elle en regardant là où l'homme avait disparu dans la demeure.

- Comment le sais-tu ?

- On me l'a murmuré.

- Toi et tes « petites souris », rit doucement Anya avant de reprendre sérieusement. Becca a sûrement voulu t'éviter de t'inquiéter en te cachant sa destination.

- Peut-être oui, concéda-t-elle tout en ne pouvant s'empêcher de penser à Clarke.

- Il y a autre chose n'est-ce pas ? Releva immédiatement son amie.

- Rien d'important, balaya Lexa avant de s'éloigner sous le regard sceptique d'Anya.

Et cette dernière avait bien raison de ne pas la croire car Lexa songeait déjà au moyen de découvrir la vérité. Si elle avait survécu à ses terribles blessures pourquoi pas Clarke ? Bien que son esprit s'emplisse de tourments, son cœur, lui, se remplissait d'espoir à cette seule idée.


Becca déplia le petit parchemin qu'elle venait de prendre à la patte du petit pigeon. A la lecture des quelques lignes son regard s'assombrit jusqu'à devenir inquiet. Elle plia le parchemin entre ses doigts puis le porta à la lueur d'une bougie pour le brûler.

Elle prit ensuite la direction de sa chambre pour la nuit, l'esprit songeur alors que Marcus lui demandait une solution alternative à l'élimination de Clarke. Lorsqu'au détour d'un dîner ils avaient discuté de ses perspectives pour son commerce, son ami l'avait encouragé à revenir en Sicile. Il en avait également profité pour lui demander une faveur : celle d'enquêter pour lui sur le mariage du fils Catilina qui pouvait inverser l'équilibre du pouvoir au Sénat.

Becca lui étant redevable de bien des manières avait immédiatement accepté mais elle était loin de s'imaginer que la femme du fils Catilina était Clarke. Elle la pensait réellement morte alors à aucun instant elle n'avait pensé à elle à la mention de ce Finn lors de conversations mondaines à Rome. Elle était maintenant prise au piège entre son devoir envers Marcus et son amitié envers Clarke.

Finalement elle avait bien fait de cacher tout ceci à Lexa. Elle culpabilisait de lui avoir menti, même si elle l'avait fait dans le but de la protéger de ses démons. Lexa semblait bel et bien être passée à autre chose mais au fond Becca craignait qu'une part d'ombre subsiste au fond de son cœur. Une haine envers Syracuse et les meurtriers de Costia et Clarke qui ne demandait qu'une occasion de se réveiller. Elle avait donc préféré la garder dans l'ignorance, refusant de créer cette occasion. Malgré sa culpabilité, elle savait qu'elle avait fait le bon choix car même si Lexa n'avait pas eu d'envie de vengeance, elle n'osait imaginer qu'elle aurait été sa réaction si après avoir retrouvé Clarke, elle apprenait que Marcus menaçait de la faire assassiner.

Mais il n'aurait pas besoin d'en arriver à de telles extrémités car Becca comptait bien trouver une autre solution comme il le lui avait demandé. Cependant elle ignorait encore comment. Elle entra dans sa chambre totalement dépitée alors qu'aucune idée ne lui traversait l'esprit. Elle détacha le nœud de sa robe puis la laissa glisser le long de son corps avant d'avancer jusqu'à son lit pour s'allonger sous les draps.

Le regard rivé sur le plafond, elle savait qu'elle ne trouverait pas le sommeil. Son esprit retournait et retournait la situation. Comment annuler ce mariage sans tuer Clarke ? Tuer Finn aurait pu être une option mais dès le départ Marcus l'avait exclu afin de ne pas attirer les soupçons, envoyant ainsi Becca enquêter sur la mariée. Convaincre Finn de se débarrasser de Clarke ? Il était fort probable que Lucius le lui interdise, même avec l'absence d'héritier, car il y avait bien trop d'intérêts politiquement parlant. Et comme le lui avait dit Clarke, cette dernière ne ferait rien pour se séparer de ce mari. Elle ne demanderait jamais le divorce dans la crainte d'un sort bien plus funeste. Finn étant un moindre mal en comparaison du mari trouvé pour sa cousine.

Becca ne put s'empêcher d'étirer un sourire à cette pensée. Cette peste de Joséphine mariée à ce vieux marchand d'esclaves était une douce vengeance pour ce qu'elle avait fait. Voilà bien une chose qu'elle ne cacherait pas à Lexa lorsqu'elle la reverrait. Son sourire se tarit en songeant à ce qu'elle ne lui dirait pas. Becca avait décidé de lui cacher le fait que Clarke était en vie. C'était cruel, elle le savait, tout comme elle savait qu'à cette nouvelle Lexa se précipiterait à Syracuse et cela n'engendrerait que du malheur.

Cette crainte de vengeance la poussait à le lui cacher mais elle le faisait surtout pour les protéger. Clarke et Lexa n'étaient pas faites pour être ensemble. Si tout les opposait en tant que maîtresse et esclave, aujourd'hui rien n'avait changé. Bien que libre, Lexa restait inférieure à Clarke dans les lois Romaines mais surtout Clarke était mariée, il n'y avait pas de place pour leur amour. Et même si Clarke se retrouvait libérée de Finn, elle serait de nouveau mariée et…

- Mais oui… C'est ça ! Se redressa vivement Becca.

Elle quitta son lit, emmenant avec elle le drap pour y enrouler son corps nu puis elle partit d'un pas rapide vers la volière. Elle écrivit rapidement un message puis l'accrocha à un pigeon qu'elle s'empressa d'envoyer. Becca le regarda s'envoler le cœur battant et le regard confiant.


- Vous m'avez demandé, Dominus ? S'annonça avec méfiance Niylah a l'entrée du bureau de Finn.

- Oui, entre, assis-toi, l'accueillit-il étrangement bienveillant.

Non pas qu'il eut été malveillant envers elle par le passé mais il ne lui prêtait guère attention, étant plus souvent désagréable qu'autre chose. Elle entra et s'installa avec hésitation sur la chaise faisant face au bureau, comprenant l'ordre dissimulé. C'est nerveuse qu'elle attendit qu'il lui explique la raison de sa présence.

- Je sais que tu tiens à Clarke, commença-t-il.

Niylah se tendit soudainement, craignant qu'il n'ait compris ses sentiments pour sa femme.

- Tu es son amie…

Niylah se détendit, soulagée.

- … Et tout comme moi, tu te soucies d'elle…

Elle empêcha tout commentaire de franchir ses lèvres, outrée qu'il puisse sincèrement penser qu'elle puisse croire un tel mensonge alors qu'elle était témoin de son comportement envers Clarke.

- … J'aimerai donc que tu gardes un œil sur elle en mon absence, je te confis la tâche que je ne pourrais accomplir, celle de la protéger.

- Dominus, je suis sûre que vos gardes…

Il leva la main pour la stopper et reprit :

- Je ne parle pas de sa sécurité mais de personnes malveillantes dans son entourage qui pourrait profiter de mon absence pour abuser d'elle, la corrompre…

- Dans son entourage ? Osa-t-elle le couper. Je ne vois pas qui ?

- Parlons un peu de Becca Pramheda…


- Russel, merci d'être venu, l'accueillit Lucius, un sourire poli aux lèvres.

- C'est un plaisir de répondre à votre appel, répondit-il mielleux alors qu'avoir été « convoqué » par le magistrat lui déplaisait.

- Allons profiter du soleil voulez-vous, l'invita-t-il en direction de son grand jardin.

La demeure du magistrat bénéficiait d'un immense jardin jonché de parterres de fleurs, d'arbustes finement taillés et de fontaines à l'eau clair et fraîche. Lucius les mena à une table de marbre où un esclave déposait une cruche de vin et deux coupes qu'il remplit. Le magistrat le congédia et prit les coupes en mains, en donnant une à Russel.

- A nos enfants et leur fructueux mariage, trinqua Lucius.

- A nos enfants, leva-t-il sa coupe en réponse.

Les deux hommes burent une gorgée de vin en silence. Les lèvres de Lucius s'étirèrent en un fin sourire en quittant la coupe tandis que Russel l'analysa de son regard par-dessus la sienne.

- Enfin… « Fructueux » n'est pas le bon mot, corrigea malicieusement Lucius.

- Il est vrai qu'ils ont quelques difficultés, choisit de reconnaître Russel après un léger silence.

- Quelques difficultés ? Répéta-t-il presque avec amusement sous l'euphémisme. Cela fait un an et votre nièce n'est toujours pas enceinte.

- Une année où votre fils a été largement absent, tenta-t-il d'éloigner l'accusation.

- Quelques ébats auraient dû suffire, contra-t-il calmement, à moins que vous ne mettiez en doute la virilité de mon fils ?

- Non, bien sûr que non.

Russel n'en pensait pas un mot car Finn n'était à ses yeux qu'un gamin qui obéissait la queue entre les jambes aux ordres de son père, il n'avait aucune envergure, aucune ambition si ce n'est celle dictée par Lucius alors oui il doutait de sa virilité. Cependant le problème venait bien de Clarke.

- Mais vous n'ignorez pas que cela peut prendre parfois du temps…

- Ils sont jeunes et en parfaite santé, le coupa Lucius montrant alors son agacement. Parlez-moi de l'agression qu'a subit votre nièce.

- Vous connaissez sûrement l'histoire, elle a fait le tour de la ville, éluda-t-il en tentant de cacher sa nervosité.

- Je m'intéresse aux détails que Syracuse ignore, précisa Lucius avant de boire une nouvelle gorgée.

- C'est-à-dire ? S'inquiéta brutalement Russel en tournant nerveusement son vin dans sa coupe.

- Sa blessure ? Où la dague a-t-elle frappé exactement ?

- A l'abdomen.

- Où précisément ?! Claqua Lucius qui perdait patience.

- Lucius, où voulez-vous en venir ? De quoi cherchez-vous à m'accuser ? Confronta-t-il le magistrat, lui tenant tête alors qu'il n'appréciait aucunement le ton qu'il prenait.

- Russel ne jouez pas au plus malin avec moi, dit-il calmement tout en posant sa coupe sur la table.

- Nous avons déjà eu cette conversation avant le mariage, Clarke va très bien, la blessure n'a fait aucun dégât, mentit-il sans crainte, alors je vous serais gré de ne pas la déshonorer de vos accusations ou bien annulez ce mariage, je n'ai rien à perdre comparé à vous !

Ce furent les paroles de trop. Lucius l'attrapa vivement et fortement par la gorge avant de venir violemment le plaquer sur la table de marbre. Russel totalement pris de court par sa force malgré son âge avancé ne put rien faire et se retrouva à sa merci, étouffant.

- Je vous avais prévenu de ne pas jouer, le foudroya-t-il du regard.

Russel attrapait et tirait vainement sur son bras pour se libérer. Souriant d'amusement, Lucius desserra légèrement sa prise pour qu'il puisse respirer un minimum puis il prit sa coupe de vin pour en boire une gorgée, ignorant ses plaintes étouffées.

- Ne croyez pas que j'ignore l'importance de ce mariage pour vous, lui révéla-t-il, et ce n'est pas parce que vous avez vos propres plans que je vais vous laisser saborder mes projets. C'est compris ? EST-CE QUE C'EST COMPRIS ?! Aboya-t-il face à son manque de réaction.

Russel acquiesça comme il le put et Lucius le libéra brutalement de sa prise. Il expira violemment, cherchant son air tout en s'écartant de la table et du magistrat. En se massant son cou douloureux, il releva un regard meurtrier sur Lucius qui arborait un sourire moqueur, nullement inquiété.

- J'ose espérer que vous avez fait le nécessaire, personne ne peut attester de l'infertilité de votre nièce ? Demanda-t-il.

La gorge douloureuse, Russel se contenta d'acquiescer.

- Bien… Et inutile de vous préciser que s'il arrivait malheur à votre nièce, je vous détruirai vous et votre famille. Alors je vous conseille d'oublier son héritage et de commencer à réellement veiller sur elle, suis-je clair ?

Russel interloqué par son niveau de connaissance sur ses plans n'eut d'autre choix que d'acquiescer une nouvelle fois.

- Parfait ! Je suis ravi que nous nous comprenions, ce fut un plaisir Russel, vous connaissez la sortie, le congédia vulgairement Lucius.

Le magistrat s'éloigna sans attendre de réponse, Russel le foudroyant d'un regard orageux et meurtrier. C'est blessé dans sa fierté qu'il quitta les lieux.


- Qu'est-ce que te voulais Lucius ? Que s'est-il passé ? Demanda une Simone soudainement paniquée lorsque son mari entra dans l'Atrium, furieux.

- IL SAIT ! Ragea-t-il tout en tournant en rond tel un lion enragé.

- De quoi tu parles ?

- POUR L'HÉRITAGE ! Répondit-il en jetant au sol une amphore servant de décoration sur un piédestal en pierre.

- Que… Quoi ?!... Calme-toi, tu n'arriveras à rien ainsi, l'attrapa-t-elle par les épaules avant de l'apaiser par de douces caresses sur ses bras.

- Tu as raison, expira-t-il un peu plus calme. Lucius est au courant de tout, il m'a menacé de nous détruire s'il arrivait quelque chose à Clarke, expliqua-t-il en serrant les poings de colère.

- Comment ? C'est impossible…

- Il n'y a qu'une seule explication : nous avons un espion dans notre maison. GABRIEL ! Hurla-t-il brusquement ce qui fit sursauter Simone.

Gabriel arriva au pas de course, surprit par un tel appel.

- Dominus ? S'inclina-t-il respectueusement en comprenant que ce n'était pas le moment d'oublier sa place.

- Réunis tous les esclaves de cette maison dans l'Atrium… TOUT DE SUITE ! Ordonna-t-il lorsque Gabriel ne bougea pas immédiatement.

- Oui, Dominus, répondit-il avant de s'exécuter.

- Que comptes-tu faire ? Demanda sa femme.

- Je vais tous les interroger, un à un, je vais trouver le misérable qui a parlé et lui faire connaitre milles souffrances… Je vais lui faire regretter sa trahison en me privant de MON héritage !

- Et pour Lucius ?

- Nous n'avons d'autre choix que de lui obéir, déclara-t-il alors que les premiers esclaves entraient dans l'Atrium.


Dans la demeure des Tullius le personnel de maison ainsi que Lexa furent surpris par des éclats de voix entre le père et le fils. Si les esclaves s'étaient concentrés sur leurs tâches afin d'éviter tout problème, Lexa faisait tout le contraire en se rapprochant.

- TU FERAS CE QUE JE T'ORDONNE ! Claqua violemment Marcus, mettant ainsi fin à la dispute.

Un souffle plus tard, il sortit en trombe de son bureau, ne prêtant attention à rien ni personne. Un silence faillit s'abattre sur la demeure lorsqu'on entendit un soudain fracas provenant du bureau. Lexa s'y précipita instinctivement et découvrit Gaius qui venait de jeter au sol tout ce qu'il y avait sur le bureau de son père.

- Gaius ? L'appela-t-elle prudemment et faisant fit de tout respect.

- QUOI ?! Se retourna-t-il vivement et toujours furieux.

Lexa ne bougea pas malgré la menace irradiant de son corps. En réalisant la présence de la brune, Gaius se calma brutalement.

- Pardonne-moi, s'excusa-t-il immédiatement.

- Que se passe-t-il ? S'enquit-elle sans détour alors qu'elle ne l'avait jamais vu dans un état pareil, tout comme son père.

Père et fils étaient proches, leur lien renforcé par la mort en couche de la mère de Gaius. Ce dernier était tout pour Marcus et vice-versa. Comme tout le monde ils pouvaient avoir des désaccords mais jamais elle ne les avait vus se disputer.

Les épaules de Gaius s'affaissèrent, la dissipation de la colère le vidant de ses forces en réalisant le poids de ce qu'exigeait son père de lui. Il recula d'un pas et s'appuya abattu contre le bureau.

- Gaius ? Le poussa-t-elle sincèrement inquiète pour le jeune homme qu'elle avait appris à apprécier et qui avait été présent pour elle.

- Mon père… Il veut… Il veut que je me marie… Révéla-t-il dévasté.

Lexa comprit parfaitement la douleur qu'elle vit dans son regard. Elle savait quel sacrifice exigerait de lui le mariage.

- Je ne suis qu'un pion dans sa politique ! S'écarta-t-il du bureau, la colère revenant. Il veut anéantir le mariage Catilina et Prime…

- Prime ? Le coupa abruptement Lexa, le souffle coupé d'angoisse.

- Enfin Griffin, balaya-t-il d'une main colérique, mon père et ma tante veulent orchestrer un divorce pour que j'épouse cette Clarke et récupérer le pouvoir de sa famille…

Lexa le souffle totalement coupé, le cœur éclaté et l'esprit martelé par les noms « Prime » et « Clarke » n'entendit plus rien, figée sur place, comme si la foudre de Zeus venait de s'abattre sur elle.

A suivre…


Alors ce grand retour que vous attendiez tant ? :D Que pensez-vous de son sauvetage ? On aime encore plus Becca ou bien on commence à se demander à quoi elle joue avec Clarke et Lexa ? :p

Que pensez-vous de Gaïa mouhahaha ? XD Et vous pensiez que j'allais faire une histoire sans Anya :p

Et cette annonce de mariage ? Comment pensez-vous que Lexa va réagir ? Et n'oublions pas Russel, Lucius and co :p

Je vous dis à très vite pour la suite ! Et j'attends avec impatience vos retours. :D

PS : Vous aussi vous faites confiance à Kouan pour écrire une fic pompier après l'Héritage n'est-ce pas ? On sait que ça demande de l'énergie mais on sait qu'elle peut le faire mouahahahah Je l'aurais mon Clexa pompier, je l'aurais ! :p