CH15-Proposition
Alors comme ça on aime pas Lexa/Gaïa :p
Un grand merci pour vos retours :D
Encore merci à Kouan pour la relecture.
Et je vous laisse sans plus attendre découvrir la suite !
Après la torpeur, une tempête de pensées se bouscula violemment dans son esprit, faisant presque vaciller Lexa. La coïncidence était trop grande, il n'y avait plus aucun doute : Clarke était forcément en vie. Néanmoins, son cœur se referma sur l'espoir naissant, refusant de souffrir à nouveau. Elle devait vérifier, elle devait en être certaine car souvent les dieux étaient cruels. Le fracas de livres jetés sur le sol la ramena à la réalité et son regard trouva Gaius qui se laissait glisser contre une bibliothèque jusqu'au sol, totalement abattu.
- Tu devais bien te douter que cela finirait par arriver, lui dit-elle après un lourd et long silence.
- Je pensais encore avoir le temps, répondit-il en relevant le visage de ses mains, ou bien que je pourrais convaincre mon père…
Peinée pour lui, Lexa alla silencieusement s'assoir à ses côtés avant d'à nouveau briser le silence :
- Gaius… Jamais ton père n'aurait autorisé que tu vives pleinement ton homosexualité. Il le tolère tout au plus en acceptant que tu sois toi-même à l'abri des regards mais c'est tout.
- J'espérais qu'il m'aimait suffisamment pour… Tu sais ce que va exiger ce mariage de moi. Je vais devoir lui faire un enfant ! Lui cria-t-il presque les larmes aux yeux.
Lexa le savait parfaitement et elle eut presque la nausée lorsqu'une image de Gaius et de Clarke ensemble traversa son esprit. Elle repoussa violemment cette idée et se concentra sur son ami qui avait désespérément besoin de soutien en cet instant.
- Peut-être te plaira-t-elle, tenta-t-elle tout en s'évertuant à ne pas penser à la possibilité qu'il s'agisse de sa Clarke.
- Elle pourrait être Venus en personne que je ne pourrais pas, Lexa. C'est un véritable cauchemar, s'effondra-t-il à nouveau, plongeant son visage dans ses mains.
- Gaius ressaisis-toi, le pria-t-elle en attrapant ses mains pour l'obliger à la regarder. Tu ne pourras pas échapper au mariage, si ce n'est pas celui-ci ce sera un autre, c'est ce que Rome exige.
- Je pourrais m'enfuir…
- Et vivre constamment traqué ou pire ? Ce n'est pas la solution alors que tu pourrais quand même être toi-même et heureux malgré un mariage.
- Comment ?
- Une fois, juste une fois, c'est tout ce qu'il pourrait suffire pour concevoir un héritier et après tu pourrais avoir tous les beaux romains que tu veux. C'est un moindre sacrifice pour survivre et satisfaire tout le monde.
- Qu'est-ce que tu en sais ?! J'aurais dû me douter que tu serais de son côté ! Se releva-t-il vivement et blessé qu'elle ose se ranger du côté de son père.
- J'en sais bien plus que ce que je ne le voudrais, crois-moi, se leva-t-elle à son tour. Et je ne suis du côté de personne, je te parle juste de la réalité de ta situation alors grandis et fais face en homme, claqua-t-elle avant de brutalement sortir de la pièce.
Lexa était dans sa chambre lorsqu'elle entendit des pas dans le couloir puis une silhouette apparue à l'entrée.
- Gaius ? S'étonna-t-elle.
Le jeune homme entra d'un pas timide et hésitant.
- Je… J'ai parlé avec mon père et je voulais m'excuser de la manière dont je t'ai parlé tout à l'heure… annonça-t-il piteusement avant de lui sourire sincèrement reconnaissant : Tu as été de bon conseil.
- Cela veut-il dire que tu acceptes ce mariage ?
- Oui et j'aimerai que tu m'accompagnes à Syracuse.
Son regard se teinta d'étonnement à cette annonce.
- Je sais que c'est un lieu chargé d'histoire pour toi et je comprendrai que tu refuses mais j'aurai grand besoin de tes conseils et de ton soutien là-bas.
- Et bien…
Bien que surprise et malgré son aversion pour Syracuse, Lexa ne pouvait nier l'opportunité de s'y rendre et d'en profiter pour vérifier par elle-même la survie ou non de Clarke. De plus elle pourrait demander des explications à Becca.
- … J'accepte, lui dit-elle finalement.
- Je te remercie infiniment, s'exclama-t-il dans un grand sourire.
- Quand partons-nous ?
- Dans deux jours.
- Bien alors je n'ai plus qu'à me préparer.
- Combien de temps ? Questionna Gaïa.
- Je l'ignore, répondit Lexa qui triait des papiers sur son bureau.
- Mais qui va gérer tes affaires ?
- Salmoneus va s'occuper des affaires de Becca durant mon absence, rassura-t-elle en arrêtant son regard sur un parchemin avant de le poser sur une pile.
- C'est un crétin !
- Mais un crétin avec le sens des affaires, pointa Lexa.
- Peu importe, souffla Gaïa, je ne parlais pas de ces affaires-là, ajouta-t-elle plus bas.
Lexa s'arrêta et se retourna enfin.
- Et bien une personne en qui j'ai toute confiance.
- Anya ?
- Toi.
- Moi ? S'étonna Gaïa.
Pour Lexa ce choix était évident : Gaïa connaissait ses méthodes et ses contacts, contrairement à Anya qui n'entrait pas en contact avec ses « petites souris » comme elle aimait les appeler.
- Tu connais mes méthodes et mes informateurs, ce qui n'est pas le cas d'Anya. Toutefois je compte sur vous pour collaborer, ajouta-t-elle, connaissant l'inimitié entre les deux femmes.
- C'est à Anya que tu devrais dire ça car je n'ai aucun problème avec elle. Quoiqu'il en soit c'est un honneur que tu me fais.
Lexa répondit à son sourire reconnaissant avant de se retourner vers ses parchemins. Elle en prit un qu'elle revint donner à Gaïa.
- Je ne serai pas là pour la prochaine cargaison mais tout est en place, il n'y a plus qu'à suivre ces instructions.
- Ce sera fait, lui assura-t-elle tout en se saisissant du parchemin.
Cependant Lexa ne le lâcha pas et plongea dans le regard sombre de la métisse.
- Soit prudente, si l'on remonte jusqu'à toi…
- Tout ira bien, la coupa Gaïa, je connais les risques et je les ai acceptés.
Lexa lâcha le parchemin tout en hochant la tête, acceptant ses paroles.
- Tu es certaine de vouloir y retourner ? S'inquiéta soudainement Gaïa.
- Gaius a besoin de mon aide, se détourna-t-elle.
- Tu pourrais refuser, il ne t'en voudrait pas, tu le sais d'ailleurs… Alors quelle est ta véritable motivation ?
Lexa sourit à la facilité avec laquelle Gaïa la comprenait. C'est ce qui aurait dû la faire fuir mais elle s'était rapprochée de la métisse. Malgré ses défenses, elle avait réussi à les contourner en étant présente dans les moments difficiles, dans ses moments de faiblesses, lui apportant alors réconfort. Bien que le cœur de Lexa fût impénétrable, ce dernier restant cloitré derrière des murs de pierre, elle lui avait tout de même ouvert son lit. Et si elles s'apportaient un mutuel réconfort dans ce monde cruel, Lexa devait honteusement admettre qu'elle se servait bien souvent du sexe pour éloigner Gaïa de son cœur lorsqu'il était sur le point de s'ouvrir ou bien comme dans cet instant pour l'éloigner d'un sujet bien trop sensible. Lexa fit volte-face et approcha doucement de la métisse, lui retirant alors délicatement le parchemin des mains tout en collant son corps au sien, son souffle se mêlant au sien.
- Tu es certaine que tu veux passer ma dernière nuit ici à me questionner ? Lui demanda-t-elle d'un regard plein de luxure.
- Lexa, je sais ce que tu essayes de…
Mais la brune la coupa d'un baiser affamé et Gaïa ne sut résister à une dernière nuit de passion.
Lexa inspira profondément, laissant l'air iodé de la mer la revigorer. Appuyée sur le bastingage du petit navire romain, elle observait l'horizon. Son estomac se nouait de plus en plus à l'approche de Syracuse qu'ils atteindraient d'ici quelques jours. Elle devrait être heureuse de bientôt retrouver la terre ferme alors que ce voyage avait été loin d'être agréable. Elle savait qu'il ne s'agissait pas du mal de mer, bien qu'elle aurait préféré, mais tout lui rappelait son précédent voyage pour Syracuse ainsi que la fuite de la ville.
L'obscurité de la nuit et les mouvements du bateau la ramenaient sans cesse à son premier voyage qu'elle avait passé à fond de cale, affamée, affaiblie et n'ayant aucune idée de ce que l'avenir lui réservait. Enfin ce n'était pas tout à fait juste, elle savait qu'elle finirait au marché des esclaves, seulement elle ignorait les horreurs qui l'attendraient ensuite. A l'époque la peur lui tenaillait le corps, rien à voir avec l'anxiété qui lui vrillait l'estomac en cet instant. Même si elle ignorait ce qui l'attendait à Syracuse aujourd'hui, Lexa était maintenant bien mieux armée, elle pouvait maitriser son destin.
- Est-ce que ça va ? S'approcha Gaius qui s'appuya à ses côtés.
- Si je dois être honnête, je n'ai pas vraiment hâte de quitter le navire, répondit-elle sans quitter l'horizon des yeux.
- Nous arriverons à la tombée de la nuit, personne ne te verra sur le trajet de la demeure Pramheda. Et je ferai le nécessaire pour que les Prime restent loin de toi.
- Je n'ai pas besoin d'être protégée, l'informa-t-elle tout en serrant les poings sur le bois du navire.
- J'ai vu ce qu'ils t'ont fait…
Lexa inspira profondément aux vivaces souvenirs mais surtout pour contenir son agacement à la pitié qui transpirait dans la voix du jeune homme.
- … et ce n'est sûrement pas toi que je protège mais eux… De ce que tu pourrais leur faire, précisa-t-il presque amusé.
- Je ne leur ferai rien, je ne suis pas stupide, merci pour la confiance, cingla Lexa en se repoussant du bastingage pour s'éloigner.
- Je te fais confiance ! Contra Gaius qui la suivit sur le pont. Sinon tu ne serais pas là.
- Parce que tu as besoin de moi, rit-elle amèrement.
- C'est vrai, concéda-t-il avant d'ajouter charmeur, mais c'est aussi pour ton agréable compagnie.
Lexa secoua la tête d'amusement puis elle ramassa deux Rudis posés dans un coin du bateau.
- Ne crois pas que je vais te ménager, le prévint-elle en lui lançant un glaive de bois.
Gaius le rattrapa au vol avec assurance.
- J'y compte bien.
Puis il s'élança sous la lumière des torches, entamant un entraînement de plus depuis leur départ de Rome. Les coups s'enchaînèrent en de brèves cessions puisque Lexa ne pouvait tenir bien longtemps avec ses blessures mais elle était largement capable de lui enseigner ses techniques. Gaius était attentif et un élève doué dont les progrès s'observèrent de jour en jour au cours de leur voyage.
- SILENCE ! Ordonna avec force un soldat en frappant sur les barreaux d'une charrette retenant des esclaves affaiblis et affamés qui pleuraient et geignaient.
De son regard bouffi, il les observa trembler à la lueur de sa torche : des hommes et des femmes recroquevillés les uns contre les autres. Il sourit satisfait de sa puissance puis il reprit sa ronde autour de la charrette. Ses yeux se tournèrent brièvement sur leur feu de camp, espérant que sa relève arriverait bientôt. Il y avait peu de soldats autour du feu, la plupart de la troupe étant déployée autour du camp, surveillant activement les alentours des bois.
Il raffermit sa prise sur le pommeau de son glaive en songeant à l'ennemi qui pourrait surgir de l'obscurité. Cela faisait plusieurs lunes que des convois d'esclaves se rendant aux mines étaient attaqués. Au début l'on avait pensé que des pillards s'étaient trompés sur le contenu de leurs convois mais Rome s'était rapidement compte que ce n'était pas le fruit du hasard. Tout était bien trop organisé et de plus en plus régulier. Quelqu'un était clairement en train d'attaquer les convois d'esclaves condamnés aux mines. Et récemment il y avait même eu des attaques hors de Rome, le chef de ces attaques prenant visiblement confiance.
Alors ils étaient sur le qui-vive, prêts à se défendre aux moindres signes d'attaques. Dans le silence de la nuit, un sifflement familier se fit entendre, bref et rapide, puis un bruit sourd comme quelque chose tombant lourdement sur le sol. Il s'arrêta, sortant son glaive de son fourreau. Une tension palpable se fit subitement sentir sur le camp. Il déglutit difficilement en tentant de se convaincre qu'il s'agissait de son imagination. Pourtant tout autour de lui il se mit à entendre un bruit après chaque sifflement puis le bruissement des feuilles jonchant le sol de la forêt.
Ce n'était pas possible, ils avaient usé de stratagèmes pour leur échapper. Deux convois étaient partis de Rome, l'un servant de leurre. C'est ce dernier qu'ils devaient suivre, pas le leur ! De plus ils avaient emprunté un chemin détourné et peu utilisé car trop accidenté pour rouler en charrette. Il y avait bien un risque que cela ne fonctionne pas mais tout de même ! Cela ne voulait dire qu'une chose : leur ennemi était bien informé.
Il vit les hommes du feu de camp se lever et sortir leurs armes. Il vit ensuite des silhouettes sortir de l'obscurité. Les soldats coururent sur elles, engageant le combat. Il vit ses camarades rapidement tomber les uns après les autres. Leurs adversaires se mouvant et frappant tels des démons. Prit d'une soudaine panique, il prit les clés à sa ceinture et ouvrit la porte de la charrette. Il attrapa avec force l'esclave le plus proche, un homme effroyablement maigre et faible. Il le sortit en tirant sur ses chaînes puis le colla à lui tout en plaquant son glaive sur sa gorge.
- Approchez et je le tue ! Menaça-t-il les différents guerriers encore du feu de camp.
Tous ses camarades étaient morts, il ne restait que lui pour protéger leur cargaison. Il réalisa avec horreur que ses ennemis n'étaient que quatre. Quel genre de démon étaient-ils pour mettre aussi facilement en déroute une troupe entière ? Ils baissèrent leurs glaives et il sourit, apercevant une issue à ce cauchemar. Il allait survivre. Il commença à s'éloigner de la charrette, reculant vers l'obscurité de la forêt. C'est alors que son sourire se figea tandis que ses yeux bouffis s'arrondirent de stupeur, une douleur fulgurante lui transperçant la gorge. Une dague plantée en pleine gorge jusqu'à la garde de l'arrière vers l'avant, l'ouvrant en deux.
Sa prise sur l'esclave céda instantanément. Ce dernier trébucha en avant, tentant de marcher vers les guerriers. Le soldat s'écroula au sol, le sang chaud giclant de sa gorge, se noyant purement et simplement dans son propre sang. La mort vint rapidement le chercher, réalisant dans son dernier souffle que ses ennemis n'étaient pas seulement quatre mais cinq et ce dernier guerrier n'était autre que l'ancienne championne de Rome, l'Amazone d'Artémis.
Dans la nuit de Syracuse, une fête dérangeait son silence avec sa musique, ses rires et ses discussions animées. Dans la demeure du fils Catilina, ce dernier fêtait son départ en campagne. Toute la noblesse de la cité avait été conviée. Les convives profitaient joyeusement des mets raffinés et du vin coulant à foison tandis que le jeune couple, hôtes de la soirée, prenaient le temps de parler à chacun. Finn en profitait clairement pour conforter ses relations haut placées pendant que Clarke s'ennuyait fermement à son bras mais s'efforçant de sourire agréablement et poliment comme toute femme romaine qu'elle était.
Le couple n'était pas ignorant des regards posés sur eux mais occupés, ils ne remarquèrent pas les regards suspicieux, soucieux et envieux qui les observaient. C'est ce dernier qui avait attiré l'attention de Becca Pramheda, se faufilant alors jusqu'à lui tel un serpent à travers la foule. Une coupe de vin portée à ses lèvres elle s'arrêta à côté d'une jeune à la longue chevelure brune et vêtue d'une robe blanche finement confectionnée qui montrait qu'elle n'avait rien à envier de la richesse du couple. Becca étira un léger sourire car ce n'était pas la richesse, ni le pouvoir qui émanait du couple que semblait envier la jeune femme. Son regard bien qu'envieux portait une profonde tristesse en lui si l'on prenait le temps de s'y plonger.
- Un beau couple n'est-ce pas ? Attira-t-elle son attention.
- Hum ?... Oh… Oui… Un beau couple… Confirma-t-elle faiblement en retournant son regard sur eux avant d'entendre le rire de Becca qui ramena son attention sur elle.
- Pardonnez-moi, s'excusa-t-elle face à sa surprise, mais j'ai déjà entendu bien plus convaincant.
- Je… Je ne vois pas ce que vous voulez dire ? Et qui êtes-vous ? Demanda-t-elle sur la défensive, la peur dans le regard.
- Mais ce que je peux être impolie, réalisa faussement Becca, je ne me suis même pas présentée, bien que je sois surprise que vous ne me connaissiez pas. Moi qui pensais que les ragots avaient déjà fait le tour de la ville. Becca Pramheda, se présenta-t-elle finalement, récente associée de Clarke dans notre commerce d'art.
- Oh… Sembla réaliser la jeune femme, son regard se tournant brièvement en direction du couple inconsciemment.
Becca suivit son regard et aperçut Finn regardant dans leur direction. Elle leva sa coupe à son attention et le jeune homme plissa les yeux d'agacement, visiblement peu enchanté de la voir parler avec cette femme. Clarke remarqua son attitude et se tourna à son tour dans leur direction, s'étonnant également de sa présence.
- Et bien Raven ce fut un plaisir, commença-t-elle à s'excuser, mais je suis certaine que nous nous reverrons bientôt.
- Comment connaissez-vous mon nom ? Paniqua-t-elle légèrement.
Becca se contenta de finement sourire en buvant à sa coupe puis elle s'éloigna dans la foule.
Plus tard dans la soirée, Becca s'approcha d'une Clarke laissée à l'abandon par son époux. Elles ne s'étaient pas revues depuis sa dispute avec Finn devant leur demeure. Elle avait d'ailleurs été étonnée de recevoir une invitation, le fils Catilina la détestant clairement et Clarke n'ayant guère apprécié son altercation avec son mari ou bien était-ce à cause de sa petite « leçon ».
- Merci pour l'invitation, approcha-t-elle doucement son amie.
-J'avais besoin d'un visage amical mais je commence à me demander si je n'ai pas eu tort, que manigances-tu avec Raven ? Lui demanda-t-elle dans une accusation évidente.
- Je faisais simplement connaissance, répondit-elle d'une innocence feinte.
- Becca si tu essaies d'interférer dans ma vie privée… Commença-t-elle quelque peu en colère.
- Les affaires se passent déjà si mal pour que tu t'énerves ma chère nièce, approcha Simone au bras de Russel.
- Nos affaires se passent à merveilles et devraient rapidement prospérer, s'empressa de contre-attaquer Becca.
- J'espère tout de même que Clarke pourra enfin consacrer son temps à son époux, piqua Simone.
- Il est vrai que tu devrais en profiter avant son départ, renchérit Russel dans un sourire mielleux.
- Ne serait-ce pas merveilleux qu'il rentre de guerre pour te trouver enceinte, reprit sa tante.
- Oui, ce serait fantastique, grinça Clarke sous le regard affligé de Becca qui bouillonnait.
- Ou bien peut-être qu'il voudrait être présent pour la grossesse ? La durée des déploiements sont si incertains qu'il pourrait rater la naissance, intervint finalement Becca en se tournant pleinement vers le couple.
- Raison de plus pour procréer avant son départ, pointa Simone.
- J'aurai plutôt pensé que vous préféreriez faire taire les rumeurs, non les accroître, car après tous ces échecs l'on pourrait penser que Clarke est allée voir ailleurs pour tomber enceinte en son absence…
- Becca ?! Claqua la concernée qui ne comprenait pas ce qu'elle faisait.
- Je ne vous permets pas ?! S'offusqua Simone tandis que le regard de Russel devint assassin.
- Moi non plus, trancha Clarke, et je refuse d'en entendre davantage, Finn n'a aucun problème et JE n'ai aucun problème, claqua-t-elle en regardant Becca pour lui rappeler sa promesse.
Elle s'en alla ensuite rejoindre son époux, fuyant son oncle et sa tante tout en étant consciente des regards curieux sur son couple, les invités trouvant sans doute étrange de ne pas la voir auprès de son mari. Ainsi elle le rejoignit, enroulant son bras au sien en se glissant à ses côtés, arborant alors un sourire de façade pour les convives.
- J'ignore à quoi vous pensiez en parlant d'adultère mais… Commença Russel.
- Seulement à la solution la plus simple si elle n'est pas infertile comme nous le craignons tous, le problème venant alors de son mari, le coupa Becca qui comptait bien défendre son amie tout en prenant garde à sa promesse.
- N'allez pas lui mettre vos idées tordues en tête, approcha d'un pas menaçant Simone.
- Je m'inquiète seulement pour elle, vous comme moi savons que cette histoire de bébé peut mal tourner, surtout si le problème vient d'elle car il n'est pas bon d'être une femme infertile dans un mariage.
- Vous vous inquiétez ? Étrange de la part d'une amie qui a fui la ville alors que Clarke venait de se faire lâchement poignarder à mort, pointa Russel.
- C'est amusant que vous parliez de cette blessure… Retourna-t-elle finement avant d'être coupée.
- Mon amour, laisse-nous veux-tu ? Demanda subitement Russel.
- Mais…
- Ne discute pas, grogna-t-il et Simone s'exécuta non sans montrer sa colère. Quant à vous je n'irai pas sur ce terrain-là à votre place, menaça-t-il ensuite Becca.
- Je ne vois pas de quoi vous parlez, feint-elle l'innocence.
Russel s'approcha un peu plus en arborant un petit sourire carnassier puis il vint presque lui murmurer à l'oreille :
- Vous savez très bien de quoi je parle, tout comme vous en savez beaucoup plus sur ce qu'il s'est passé cette nuit-là, ajouta-t-il en reculant légèrement mais restant bien trop proche.
- Je sais seulement qu'une fois de plus l'une de vos soirées de débauche à mal tournée.
- Ne me prenez pas pour un idiot et j'en ferai de même pour vous.
- Je serais restée au chevet de Clarke si je n'avais pas dû partir pour une affaire, tenta-t-elle de justifier son départ.
- Quel genre d'affaire est plus important que sa vie ? Pointa-t-il d'un regard connaisseur.
Becca soutint son regard, ne laissant rien passer, mais il était passé maître à ce jeu, il était convaincu qu'elle n'était pas étrangère aux événements de cette funeste nuit et qu'elle était une mauvaise influence pour sa nièce.
- Profitez bien de votre soirée, s'éloigna-t-il poliment.
- Vous aussi, lui retourna-t-elle avec un sourire tout aussi hypocrite puis ils se séparèrent à travers la foule de convives buvant et dansant.
Épuisée par son devoir de maîtresse de maison et de parfaite épouse, Clarke avait enfin trouvé un moment pour s'éclipser de la fête, profitant d'un peu de calme dans l'un des couloirs desservant l'Atrium. Seulement il fut de courte durée lorsque des pas approchèrent.
- Je n'ai pas vraiment envie de te parler, accueillit-elle Becca tout en s'éloignant dans le couloir.
- Clarke je t'en prie, je souhaite seulement t'aider…
- M'aider ? Parce que tu trouves que tu m'aides en jouant avec les limites du secret que je t'ai expressément demandé de garder ?!
- Ils se moquaient de toi ! Ils savent parfaitement que tu ne peux pas avoir d'enfant et ils remuent avec plaisir le couteau dans la plaie, alors non, je ne pouvais pas rester silencieuse.
- Ce n'est pas ton problème, argua Clarke en continuant de marcher.
- Tôt ou tard ton état ne sera plus un secret, et tu sais très bien ce qui arrivera, ils vont te répudier, t'exclure de la société, tu ne seras plus rien à leurs yeux…
- Que veux-tu que je fasse ?! Claqua-t-elle désespérée et non furieuse tout en faisant brutalement face à Becca, la stoppant dans leur marche.
- Laisse-moi t'aider.
- Il n'y a pas de solution, je te l'ai déjà dit. Si je le quitte, je serais remariée à bien pire, mais j'ai le choix de mon destin et je préfère prendre le risque de finir en paria plutôt que mariée à je ne sais quel monstre encore…
Clarke se détourna, certaine de ses options et de son choix mais Becca n'avait pas dit son dernier mot.
- Et s'il y avait une troisième option ? Une solution qui servirait réellement tes intérêts ? L'appâta-t-elle.
Clarke se figea, hésitante, mais elle finit par se retourner, une méfiance dans le regard cachant une once d'espoir. Un sourire victorieux naquit sur le visage de Becca qui franchit la distance qu'avait à nouveau instauré son amie.
- Je ne peux t'en parler pour l'instant, ou du moins pas ici mais sache que tu peux prendre pleinement ton destin en main. À condition de me faire confiance, termina-t-elle en posant une main rassurante sur son épaule et cherchant son regard.
- J'ai plus l'impression que tu cherches à me manipuler comme tous les autres, énonça-t-elle épuisée de ces petits jeux.
Becca retira sa main, quelque peu blessée par sa remarque, bien qu'elle n'ait pas tout à fait tort car dernièrement elle se jouait également de ses amis. Elle songea soudainement à Lexa dont elle trompait la confiance avec ses cachoteries.
- C'est vrai, finit-elle par dire alors que Clarke allait à nouveau se détourner, je ne suis pas sans intérêt dans cette histoire. Je te propose un autre mariage mais…
Clarke rit amèrement et cette fois reprit sa marche en ayant assez de tout ceci.
- Non, écoute-moi, la poursuivit Becca déterminée à se faire entendre, je te propose un mari qui n'exigera rien de toi si ce n'est ton soutien, rien d'autre, un mari bienveillant qui saura également t'épauler…
- Qui n'exigera rien ? Bienveillant ? Finn aussi était comme ça avant notre mariage, ce n'est qu'un masque, un tel homme n'existe pas et tu le sais très bien. Je me demande ce que tu y gagnes pour me vendre ainsi ! L'accusa-t-elle tout en entrant dans son atelier.
Clarke regretta brusquement son choix de destination lorsque Becca l'y suivit et que des images de leur dernière entrevue en ce lieu s'imposèrent à elle. Elle aurait voulu sortir mais son ancienne mentor lui bloquait inconsciemment le passage vers la sortie.
- J'ai une dette envers son père, un service à lui rendre, répondit-elle honnêtement et ne pouvant décemment pas lui dire qu'elle lui sauvait surtout la vie, mais ce mariage te rend bien plus service qu'à son fils que je sacrifie, ajouta-t-elle, sa voix trahissant sa peine sur ces derniers mots.
Clarke plissa les yeux en sentant parfaitement sa tristesse et commença soudainement à croire sa sincérité sur cette proposition.
- Qui est-il ? Demanda-t-elle curieuse.
- Je préfère ne rien te dire afin que tu apprennes à le connaitre par toi-même…
- Que j'apprenne à…
- Il sera bientôt là, j'organise une fête dans quelques jours où tu pourras le rencontrer.
- Tu as déjà tout prévu…
- Mais je ne ferai rien sans ton accord, alors pense à cette proposition, tu pourrais être plus que jamais proche de la liberté. Et c'est un homme bien.
- Je n'y crois plus Becca… Mais je vais y réfléchir… Merci…
- Je t'en prie… Tu mérites bien mieux Clarke… J'espère sincèrement que tu prendras la bonne décision.
Un léger silence les enroba puis Becca quitta la pièce retournant à la fête. Clarke prit quelques instants de plus pour reprendre ses esprits puis elle en fit de même pour ne pas attirer l'attention sur son absence.
Le regard rivé sur Clarke s'éloignant dans le couloir, Niylah sortit de l'ombre une fois certaine qu'elle ne serait pas vue. Elle n'avait pas prévu d'entendre leur conversation mais en revenant des cuisines où elle s'était assurée du bon déroulement de la suite de la soirée, elle avait été surprise par leur présence et n'avait pu s'empêcher d'écouter.
Maintenant, elle ignorait totalement quoi faire de ce qu'elle avait entendu. Becca manigançait clairement quelque chose et cela concernait le mariage de Clarke. Elle craignait pour son amie qui elle en avait bien peur se laissait influencer par Becca comme le redoutait Finn. Ce dernier lui avait demandé de veiller sur elle et de lui rapporter toute action suspecte de la part de Pramheda.
Et cette discussion loin des oreilles de la fête était des plus suspectes. Niylah ignorait ce qu'elle devait faire, elle était partagée entre son devoir envers son amie et son cœur qui lui hurlait de se méfier de Becca et protéger Clarke. Déchirée par ces deux sentiments contradictoires, elle décida de retourner à la fête, remettant à plus tard ses réflexions.
- Tu as l'air soucieux, mon fils ? Questionna Lucius alors que Finn avait vu revenir dans l'Atrium Becca puis sa femme.
- Je n'apprécie guère l'amitié de ma femme avec Becca Pramheda. Clarke est différente depuis son arrivée.
- À toi de lui interdire de la voir, tu dois être plus sévère avec ton épouse, trancha froidement son père.
- Elles sont associées, je ne peux les empêcher de se voir sans faire d'histoire…
- Ce fut une erreur de la laisser se lancer dans ce commerce d'art, tout comme la laisser peindre, elle devrait se contenter de filer la laine comme toute romaine qui se respecte…
- La manière dont je gère ma femme ne vous regarde pas père, osa-t-il lui répondre, une fermeté inhabituelle qui ébranla Lucius. Mais rassurez-vous j'ai pris mes dispositions pour garder un œil sur elle durant mon absence.
- J'espère que tu as aussi pris tes dispositions concernant ton autre problème ? Asséna-t-il durement et cherchant clairement à lui faire payer son précédent affront.
- Je ferai le nécessaire avant mon départ et si elle n'est pas enceinte à mon retour, j'envisagerai d'autres options…
- Bien, mais sache que si à ton retour il n'y a pas rapidement un héritier je m'en occuperai moi-même, suis-je clair ?
- Oui, père.
- Je te laisse rejoindre ta femme et lui prêter toute ton attention, dit-il dans un sourire mauvais.
Finn le regarda s'éloigner en serrant sa prise sur sa coupe de vin puis il rejoignit sa femme.
Dans son lit, Clarke roula légèrement sur le dos pour se tourner vers son époux. C'est sans surprise qu'elle trouva Finn profondément endormi, épuisé d'avoir été particulièrement actif et vigoureux dans l'exécution de leur devoir conjugal. Frémissant de dégoût au souvenir de ses mains posées sur son corps, Clarke sortit prudemment du lit. Les draps glissèrent de son corps nu l'exposant à la fraicheur de la nuit. Elle se leva et enfila une fine tunique avant de passer un léger châle sur ses épaules. Jetant un dernier regard prudent sur son mari, elle quitta silencieusement la chambre.
Dans la pénombre de la nuit, elle resserra le châle autour d'elle, comme cherchant un semblant de sécurité. Elle grimaça sous un petit élan de douleur, son corps marqué par la rudesse de Finn. A la veille de son départ et souhaitant ardemment un héritier, il avait été plus rude que d'habitude. Elle avait tenté de le repousser sachant qu'elle ne tomberait pas enceinte mais il n'avait rien voulu entendre, n'ayant aucune considération pour elle. Il l'avait faite taire, avait usé de sa force. Elle passa machinalement une main sur sa joue encore endolorie. Finn ne lui avait laissé aucun répit, tentant de la féconder jusqu'à l'épuisement. Elle refoula les déplaisantes images traversant son esprit ainsi que les désagréables sensations parcourant son corps, son sexe lui faisant mal comme jamais mais alors qu'elle marchait en direction de son atelier, elle ne put empêcher ses sentiments de la submerger.
D'abord la honte puis la tristesse se muant en désespoir alors qu'elle se sentait toujours de plus en plus seule et coincée dans les jeux de son entourage. Elle était prisonnière de ce mariage, tributaire des exigences de son époux et de la pression de son beau-père pour un héritier. Elle sentit l'angoisse s'emparer d'elle lorsqu'elle songea à ce qu'elle risquait s'ils découvraient la vérité sur son état. Puis elle pensa à la proposition de Becca. Une porte de sortie à sa prison actuelle mais elle ne pouvait croire qu'il n'y avait pas de piège dans cet autre mariage. Ce n'était qu'un jeu de plus, un contrat où chacun en tirerait des bénéfices et une fois de plus, elle n'était qu'un lot pour lequel on se battait.
Lorsqu'elle entra dans son atelier, le cœur oppressé et des larmes d'angoisse aux bords des yeux, son regard tomba instinctivement sur le tableau posé à même le sol. Le paysage de Poteidaia fit surgir de ses souvenirs un regard vert plein de vie et un sourire lui réchauffant le cœur. Pendant un court instant elle se rappela la sensation d'être aimée, ce qui la ramena à ce qu'elle avait perdu, d'abord ses parents, puis Lexa, lui rappelant qu'elle était vouée à être seule. Elle fixait le paysage sur la toile, souhaitant que la brune soit auprès d'elle, priant les dieux de lui accorder un miracle, même un court instant. Les larmes coulant alors sur son visage.
- Clarke ?
La blonde sursauta de surprise, son cœur ratant un battement en pensant entendre la voix de la brune mais lorsqu'elle se retourna elle découvrit Niylah qui l'observait avec inquiétude. Elle aurait juré entendre la voix de Lexa et ce mirage lui brisa le cœur, accentuant ses larmes.
Niylah franchit la distance les séparant pour la prendre dans ses bras, lui apportant tout son soutien et désirant ardemment lui apporter du réconfort. Elle la sentait sangloter contre elle, totalement désespérée. Elle savait qui l'avait mise dans cet état, elle l'avait suffisamment trouvée ainsi à chaque fois que Finn était présent. Pendant un moment, il avait réussi à lui faire oublier quel monstre il pouvait être avec Clarke en détournant son attention sur Becca.
Clarke submergée par ses émotions, se sentit soudainement apaisée par le corps de son amie, en sécurité dans ses bras l'entourant. Le fantôme de Lexa planait autour d'elle, son cœur lui jouant des tours, cherchant désespérément le bonheur passé. Elle s'accrocha à Niylah, ses mains se refermant sur sa tunique comme pour l'empêcher de partir, son corps réagissant aux souvenirs tandis que son esprit si perdait. Elle désirait simplement être aimée et c'est ainsi qu'elle se retrouva à cueillir les lèvres de Niylah, l'embrassant avec désespoir.
- Clarke… N… Non… Tenta-t-elle entre les lèvres qui dévoraient les siennes, sachant que son amie n'était pas dans son état normal.
Cette dernière se stoppa et plongea un regard larmoyant dans le sien avant de douloureusement la supplier de ses lèvres tremblantes :
- Je veux juste ressentir quelque chose… être aimée…
Niylah savait que c'était une mauvaise idée mais ses sentiments pour la blonde mirent fin à toute tentative de raisonnement. Elle plongea sur les lèvres de Clarke, l'emportant dans un doux baiser qui s'enflamma rapidement, ses mains caressant ses courbes tandis qu'elle était entrainée jusqu'au petit canapé de l'atelier…
A suivre…
Alors ? :D Je vais me faire taper pour le Niylah/Clarke ? :p Elles sont à égalité maintenant XD
Bon sinon chapitre plutôt court mais avec pas mal de chose qui s'y passe. Notamment Lexa en route pour Syracuse ! Ce n'est pas vraiment une surprise mais j'attends avec hâte vos retours.
Que pensez-vous de Gaius ? D'après vous comment va sa jouer la suite pour Gaius/Lexa/Clarke ?
Becca vous rassure-t-elle dans ses actions ou pas ? Que pensez-vous de ce plan mariage avec Gaius ?
Sur ce je vous dis à dans deux semaines avec un chapitre qui promet d'être intéressant :p
