CH16-Rencontres

Me revoilà pour vous jouer un mauvais tour :p

Bon j'espère ne pas vous avoir perdu au vu des faibles retours sur le précédent chapitre :( , et que je ne vous perdrais pas davantage sur celui-ci, surtout sur la première scène, moi-même je me suis demandée en relisant ce matin ce qui m'était passé par la tête, je vous demande pardon XD

Si ma mémoire est bonne ce chap a été une vrai galère, beaucoup de chose à raccorder mais également une demande de Kouan qui n'a pas aidé ! :p

Un grand merci à ceux qui ont pris le temps de me laisser une review et toujours un grand merci à Kouan pour la relecture.

Enjoy ! :D


- Domina, vous m'avez demandé… Commença avec respect Niylah au cas où l'on pourrait l'entendre depuis le couloir.

Seulement, à peine eut-elle mis un pied dans la pièce abritant un bassin d'eau chaude fumante qu'elle fût plaquée contre une colonne de marbre et des lèvres étouffèrent fiévreusement ses paroles. Familière de ces délicieuses lèvres contre les siennes, Niylah posa instinctivement ses mains sur les hanches du corps se collant au sien, réalisant seulement qu'il était nu et mouillé. Elle sourit en sentant une langue caresser ses lèvres, avant de les entrouvrir pour approfondir avec passion leur baiser.

Le baiser finit par se rompre, leurs deux souffles erratiques s'entremêlant tandis que son regard chocolat rencontrait un regard bleu assoiffé de désir. Niylah se mordit la lèvre d'anticipation et d'amusement face à la ferveur dont faisait preuve Clarke et qui était incroyablement belle avec ses cheveux trempés, des perles d'eau coulant sur son corps nu. Depuis leur première nuit ensemble, la jeune femme était insatiable, avide de découvrir et apprécier le plaisir du sexe, ce dont elle avait été privée jusqu'à présent. Et Niylah se faisait un plaisir de la satisfaire en étant attentive à ses moindres réactions et envies.

Clarke replongea sur ses lèvres, les dévorant avec passion tandis que ses mains se faisaient plus entrepreneuses, caressant ses courbes avant de venir dénouer le nœud de sa tunique. Niylah aida le vêtement à glisser de son corps jusqu'au sol puis sans rompre leur baiser, Clarke la guida jusqu'au bassin, l'entraînant avec elle dans l'eau chaude. Si leur première nuit, Niylah avait mené la danse face à une Clarke hésitante et en total découverte. La jeune femme avait rapidement prit confiance, laissant ses envies la guider et dirigeant sans hésiter leurs ébats. Ce qui n'était pas pour déplaire à Niylah qui se laissait agréablement faire.

- Tu n'as pas peur qu'on nous surprenne ? Demanda Niylah en s'abaissant dans l'eau jusqu'aux épaules lorsque la blonde quitta ses lèvres.

- J'ai renvoyé tout le monde, répondit Clarke qui s'immergea également avant de nager à reculons vers le fond du bassin, son regard enflammé invitant clairement son amante à la suivre.

Niylah sourit tout en nageant après elle. Finn étant parti, Clarke était bien plus insouciante et libre mais surtout bien plus heureuse. Son cœur se gonfla de joie en songeant qu'elle y était pour quelque chose. Son corps frissonnait sous le regard brûlant que posait sur elle son amante. Niylah se mordit la lèvre d'excitation, avide de la sentir sous ses doigts et trembler de plaisir contre elle.

Clarke regardait avec envie Niylah approcher, son corps appelant le sien. Lorsque son dos toucha le rebord du bain, elle attendit que son amante soit suffisamment proche pour lui attraper une main et la retourner dans un mouvement de danse afin qu'elle se retrouve dos à elle. Elle referma un bras autour de sa taille, collant son dos à sa poitrine, la douce pression lui arrachant un soupir puis ses lèvres attaquèrent son cou, l'embrassant et le mordillant agréablement, extirpant des soupirs de plaisir à Niylah.

Le corps de Clarke frissonna à ce son malgré l'eau chaude et son entrejambe s'enflamma délicieusement puis douloureusement sous l'impatience, en désirant davantage. Elle referma une main sur l'un des seins de son amante puis elle glissa l'autre jusqu'à son intimité et la pénétra doucement de ses doigts, entamant de doux va-et-vient, ses soupirs s'accentuant puis se muant en d'agréables gémissements. Elle accentua le rythme de ses doigts lui arrachant des gémissements de plus en plus puissant jusqu'à ce que ce que son corps tremble contre le sien emporté par son orgasme.

Clarke la serra contre elle, lui laissant le temps de se remettre de son plaisir, puis Niylah se retourna dans son étreinte. Les lèvres de son amante capturèrent les siennes pour l'embrasser avec passion, ses mains caressant ses courbes de bas en haut, s'arrêtant sur sa poitrine, jouant tortueusement avec ses seins avant de descendre une main sur son intimité. Cependant, Clarke la stoppa en attrapant son poignet. Un sourire joueur au coin des lèvres, elle se détacha de Niylah et se hissa sur le rebord du bain puis écarta les jambes sous le regard dévorant de son amante.

Clarke aimait être en contrôle, prenant son amante comme elle le désirait et décidant de la manière dont Niylah allait la satisfaire. Cette nouvelle liberté, ce nouveau « pouvoir » était grisant tout comme le plaisir du sexe dont elle semblait ne plus pouvoir se passer. Le corps de son amante lui manquant dès qu'elles se séparaient. Clarke prenait plaisir à découvrir les plaisirs charnels, tout comme à se découvrir elle-même, découvrant son corps et ce qu'il aimait au contact de son amante ou bien seule, appliquant les conseils de Becca.

Niylah approcha et attrapa les cuisses de Clarke, y déposant de léger baiser en remontant jusqu'à son intimité. Impatiente, son amante passa une main derrière sa nuque et l'attira contre son sexe, Niylah venant alors cueillir son bourgeon de plaisir. Déjà sensible Clarke se cambra immédiatement sous les assauts de sa langue. Niylah resserra sa prise sur ses cuisses tandis que son amante l'attira encore davantage à elle.

Les coups de langue sur son bougeons de plaisir, augmentèrent douloureusement son plaisir et son désir, la poussant presque à supplier.

- Plus… Je veux plus… Ordonna-t-elle entre deux soupirs.

Niylah sourit contre son bourgeon de plaisir puis la pénétra de deux doigts aimants. Les assauts de sa langue couplés au rythme de ses va-et-vient firent monter en puissance les gémissements de son amante. Clarke se cambrait de plus en plus, sentant une boule de plaisir se former en elle, prête à violemment déferler. Niylah accentua une dernière fois le rythme de ses doigts emmenant alors son amante au bord du précipice.

Clarke se cambra violemment sous la vague de plaisir qui la submergea, son corps tremblant vague après vague, se noyant dans un foudroyant bien-être, expulsant le tout dans un puissant gémissement. La vague s'éloignant, elle retourna dans l'eau, s'accrochant alors à Niylah qui la soutint contre elle, la laissant reprendre ses esprits tout en déposant de doux baisers contre sa peau.

Clarke laissa les doux frissons procurés par les baisers de son amante la bercer de bien-être puis elle vint tendrement l'embrasser. Niylah laissa le baiser amoureusement l'emporter, partageant comme après chacun de leurs ébats un moment de douceur.


- J'aimerai que tu fasses livrer ces peintures à la boutique, ordonna Clarke en désignant plusieurs tableaux dans son atelier.

- Je vais les apporter avant de me rendre au marché, répondit Niylah.

- Quelqu'un d'autre peut s'en charger.

- Oui mais personne n'en prendra soin aussi bien que moi, argua-t-elle.

Clarke sourit, touchée par tant d'attention à son égard. Elle approcha alors de son amie pour venir prendre ses mains dans les siennes.

- Mais si tu délègues, tu rentreras plus tôt du marché et c'est de moi que tu prendras soin, lui dit-elle en se mordant la lèvre sous les idées qui lui traversaient l'esprit.

Niylah lui répondit par un baiser qui s'emballa rapidement.

- Je tombe mal on dirait ! Les interrompit brutalement Becca qui entrait dans l'atelier.

Les deux jeunes femmes se séparèrent incroyablement gênées d'avoir été surprise. Ne pensant qu'à s'amuser Clarke en avait oublié son rendez-vous avec Becca.

- Je… Je vais y aller…Balbutia Niylah de gêne.

- Reste, nous pouvons reporter notre rendez-vous et vous reprenez comme si je n'étais jamais venue, leur dit-elle dans un clin d'œil.

- Difficile de reprendre après ça, grommela une Clarke gênée sous le regard de son amie. Et de toute manière Niylah a du travail, pointa-t-elle quelque peu sévèrement.

- Oui, je devrai me dépêcher… Domina, salua-t-elle avec respect avant de quitter la pièce.

- Niylah hein ? Se tourna-t-elle vers Clarke, amusée et avide de détails croustillants.

- Oui, je ne m'y attendais pas non plus… Répondit Clarke qui n'avait effectivement rien prémédité mais qui ne regrettait rien.

- Je suis heureuse que tu t'amuses enfin, alors qu'est-ce que ça fait ? Dis-moi tout ! Exigea-t-elle toute excitée en s'installant sur un tabouret.

- Je… Il n'y a rien à dire, tenta-t-elle de lui échapper.

- Rien à dire ?! Ce baiser était tout sauf rien. Qu'est-ce que tu as ressenti ? N'avais-je pas raison ?

- Oui Becca, tu avais raison, c'était agréable… Capitula en espérant qu'elle laisserait le sujet mais c'était mal la connaître.

- Agréable ? Alors attend de goûter à la prochaine étape, rit Becca.

Clarke ne put s'empêcher de penser aux pures sensations de plaisir que lui faisait ressentir le sexe et cela dû se lire sur son visage.

- Tu y as déjà goûté ! Pointa presque avec fierté Becca à une Clarke rougissante.

- Je… Je n'ai vraiment pas envie d'en parler, s'éloigna-t-elle quelque peu.

- Clarke il n'y a aucune honte ou raison d'être gênée, reprit très sérieusement Becca.

-Je sais, j'aimerai simplement pouvoir m'amuser sans rendre de compte à personne.

- Je comprends…

Clarke hocha légèrement la tête en guise de remerciement puis elle se tourna vers ses peintures, cherchant à fuir le silence.

- Tu pourrais goûter davantage à cette liberté si tu laissais une chance à ma proposition.

- Tu ne lâches jamais.

- Pas quand il s'agit du bonheur de mes proches.

Clarke se tourna sur elle, un sourire touché sur les lèvres.

- Viens à ma soirée ce soir, je te le présenterai et s'il ne te plaît pas tu pourras toujours t'amuser, lui dit-elle l'œil brillant.

- Je ne sais pas…

- Tu pourrais amener Niylah et passer une agréable soirée avant de vous envoyer en l'air.

- Becca ! D'accord je viendrai mais arrête d'être aussi direct !

- Parfait ! S'enthousiasma Becca.


Une douce odeur de parfum exotique planait dans la villa Pramheda alors que des bâtonnets d'encens ramenés lors de ses voyages à l'Est étaient disséminés un peu partout dans l'Atrium. Des tables avaient été disposées autour de la pièce formant ainsi un espace dégagée en son centre où fauteuils et larges coussins à même le sol avaient été installés. Plantes décoratives et autres objets d'art dont des tableaux de Clarke avaient été placés en guise de décoration. Les tables débordaient de nourriture fraîche et de vin, ce dernier étant également généreusement servi aux invités par des serviteurs. Enfin, des musiciens jouaient des morceaux dansants pour accompagner la joie ambiante de ce début de soirée.

Clarke fut saluée par le personnel de maison qui la connaissait bien au vu du temps qu'elle passait et avait passé dans cette demeure. Elle leur souriait sincèrement en retour malgré son léger malaise en avançant dans l'Atrium. Elle cherchait des visages familiers mais elle n'en trouva aucun, regrettant alors de ne pas avoir invité Niylah. Elle avait renoncé à le lui proposer, préférant garder secret sa rencontre avec le prétendant de Becca et au fond elle devait admettre avoir voulu s'amuser sans entrave, sans devoir se soucier de Niylah. Cette dernière restait une affranchie et la tolérance de Becca n'était pas celle des autres invités qui auraient pu parler ou s'en prendre à elle. Ainsi elle avait préféré venir seule.

Clarke repéra enfin Becca dans la foule de convives et cette dernière croisant son regard, l'aperçut à son tour et l'invita avec enthousiasme à la rejoindre. La jeune femme obtempéra dans un sourire rassuré et rejoignit son ancienne mentor qui était en compagnie de plusieurs invités.

- Clarke je parlais justement de toi, l'accueillit-elle tout sourire et posant une main dans son dos pour l'encourager à se joindre à eux sans crainte.

Elle se retrouva face à deux hommes et une femme qui l'analysèrent de leur regard la mettant furieusement mal à l'aise.

- Tu ne taris pas d'éloge sur ta protégée mais tu nous avais caché sa beauté, lança l'un des deux hommes dans un sourire charmeur et la transperçant de son regard azur.

- Il faut toujours garder un peu de mystère, répondit Becca.

- Je suis Alcibiade, enchanté d'enfin vous rencontrer, se présenta-t-il en se saisissant délicatement de la main de Clarke pour la porter à ses lèvres, ses cheveux mi-longs et blonds dissimulant alors son visage.

Ce qui permit à Clarke de lancer un rapide regard interrogateur à Becca. Était-ce lui le prétendant qu'elle souhaitait lui présenter ? Becca comprit immédiatement le quiproquo qui se profilait et réagit immédiatement.

- Alcibiade c'est une femme mariée, va donc jouer de tes charmes ailleurs, le reprit-elle et clarifiant la situation pour son amie.

- Quel dommage, dit-il sans aucune conviction, se moquant éperdument de cette information.

- Si je voulais te la présenter, c'est uniquement pour son talent de peintre, précisa-t-elle avant d'également s'adresser aux deux autres invités, j'espérais obtenir votre aide pour notre expansion en Grèce.

- Becca, ne gâche pas la fête en parlant affaires, se plaignit Alcibiade, toute fois je serais ravi que vous me parliez de vos peintures, se tourna-t-il vers Clarke.

Il attrapa deux coupes de vin sur un plateau porté par un serviteur passant près d'eux puis il en tendit une à Clarke qui s'en saisit comme hypnotisée par son regard charmeur. A leurs côtés Becca allait protester car elle savait qu'Alcibiade était un coureur mais après tout elle avait fait venir Clarke pour qu'elle s'amuse alors pourquoi l'en empêcher. De plus d'après le dernier message de Gaius il devrait arriver tard dans la nuit alors il y avait largement le temps de s'amuser avant de gâcher la fête en parlant affaires.

- Je suis subjugué par votre technique et l'émotion que vous arrivez à mettre dans vos tableaux, quel est votre secret ? S'enthousiasma Alcibiade en entrainant Clarke vers l'une de ses peintures.

- Et bien… Réfléchit-elle tout en le suivant et se lançant finalement avec enthousiasme dans son explication.

Becca les regarda s'éloigner, heureuse face au sourire de sa protégée, puis elle posa un œil sur la soirée qui était agréable au rythme de la musique et des discussions animées. Elle nota quelques subtils rapprochements parmi les invités mais ces derniers restaient encore prisonniers des convenances. Ses invités, tous des artistes ou de riches commerçants venant de tout horizon, et tous de proches relations avaient l'habitude de ses fêtes et elle savait ce qu'ils attendaient. Becca Pramheda avait une réputation à tenir et elle comptait bien honorer ses invités et amis d'une fête mémorable.

Elle décida qu'il était donc temps de rendre cette soirée un peu plus intéressante. Elle fit signe à ses serviteurs qui augmentèrent la distribution de vin, remplaçant une coupe dès qu'elle était vide afin de désinhiber les invités. Espérant ainsi qu'ils se rapprocheraient chaudement en dansant au rythme de la musique.

Ils enlevèrent également l'encens déjà brûlé pour les remplacer par de petits pots contenant une plante provenant du Sud de l'empire, une plante aux feuilles en forme de palmier qui avait des vertus plus qu'intéressantes. Le regard de Becca s'illumina d'amusement et d'impatience alors que de nouveaux plats de nourriture étaient déposés sur les tables, des mets également agrémentés de cette fameuse plante.


Toujours au bras d'Alcibiade, Clarke pouvait sentir sous ses doigts ses muscles parfaitement dessinés. Agé d'une dizaine d'années de plus qu'elle, il était en pleine forme, chef militaire mais surtout philosophe, il ne se laissait pas aller à l'oisiveté comme la plupart des hommes de son rang.

- Je suis subjugué par votre talent, s'exclama Alcibiade devant ses peintures.

Becca avait aligné ses tableaux autour de l'Atrium, ainsi où que l'on soit l'on pouvait les admirer. Clarke toujours entraînée par l'enthousiasme d'Alcibiade en faisait le tour avec lui. Les découvrant par la même occasion car elle n'avait aucune idée des tableaux que Becca avait choisi mais la plupart étaient récents : des paysages ou bien des instants de vie de Syracuse.

- Vous dites cela uniquement pour me flatter, répondit-elle modestement.

- Je vous assure que non, j'ai vu nombre d'artiste et je peux vous assurer que vous êtes extrêmement talentueuse, contra-t-il sincèrement en passant à la peinture suivante. Regardez ! Comme l'on peut voir la légèreté de la lame sur celle-ci, ou bien encore sentir la liesse de la foule et cette silhouette pleine de force au centre de l'arène.

Clarke se figea un instant et remercia l'Olympe qu'Alcibiade ait lâché son bras pour s'approcher de la peinture, ainsi il ne vit pas son trouble en découvrant une peinture qu'elle avait faite de Lexa lors d'une de ses victoires dans l'arène. On ne discernait pas son visage alors qu'elle avait uniquement peint une silhouette mais c'était bien elle.

- Comment faites-vous ? Se retourna-t-il, dissipant alors son trouble.

- J'étais présente, peindre ce que j'ai vécu est beaucoup plus simple, c'est comme si je revivais la scène, lui expliqua-t-elle tout en fixant la silhouette, la scène se rejouant par bribe dans son esprit.

- Qui est-ce ? Demanda Alcibiade curieux en pointant la silhouette de la gladiatrice.

- C'était la championne de Syracuse, il s'agit de l'une de ses dernières victoires.

Elle s'étonna quelque peu d'être aussi ouverte avec Alcibiade alors qu'elle restait d'ordinaire très discrète sur ses peintures et encore plus sur ce qui concernait Lexa. À vrai dire elle se sentait quelque peu étrange, l'esprit léger, ses paroles allant plus vite que ses pensées.

- Et bien vous lui avez rendu un bel hommage en l'immortalisant ainsi, lui dit-il sincèrement en relevant l'emploi du passé et une note de nostalgie dans le regard de la jeune femme.

- Je l'espère, oui, sourit-elle en retour et détachant son regard de la toile pour revenir sur Alcibiade.

- Croyez-moi vous avez des doigts talentueux, assura-t-il en la reprenant par le bras pour reprendre leur marche, et ce serait un honneur de poser pour vous… Nu, bien évidemment, lui souffla-t-il à l'oreille.

Clarke rougit furieusement alors que ces paroles la faisaient frissonner.

- Je… Je ne peins pas ce genre de tableau, se défendit-elle faiblement, l'esprit quelque peu embrumé alors que la pièce était embaumée par le parfum des plantes exotiques.

- Clarke, je repartirai bientôt pour Athènes, si la guerre avec Rome n'est pour l'instant que l'affaire de Sparte et Corinthe, ce ne sera bientôt plus le cas alors qui sait ce qu'il m'arrivera, je souhaite donc immortaliser ma personne et mon corps de rêve, annonça-t-il sans modestie en reculant de quelques pas pour pointer son corps d'athlète avec ses mains.

- Je vous l'ai dit, je ne peins pas ce genre de tableau et même si j'essayais, je dois ressentir quelque chose pour…

- Si ce n'est que ça, la coupa-t-il, je pourrais vous faire ressentir mille choses si vous le désirez, lui dit-il en revenant brutalement à elle et se collant presque à son corps, la fixant d'un regard désireux et un petit sourire suggestif au coin des lèvres.

- Alcibiade écoutez, je suis mariée…

- Ce sera notre petit secret, ça n'en sera que plus plaisant… La rassura-t-il en l'attirant un peu à l'écart de la fête, les colonnes de marbre les dissimulant… Vous… Moi… Mon corps nu caressé par votre regard… Susurra-t-il en revenant contre elle.

- Non, je… Je ne peux pas vous peindre… Insista-t-elle une nouvelle fois.

Clarke se recula et percuta doucement une colonne avec son dos. Alcibiade approcha et apposa ses bras de chaque côté de son corps, l'emprisonnant contre la colonne mais étrangement elle ne ressentit aucune menace de sa part.

- Mais vous pourrez caresser mon corps de vos doigts si vous le souhaitez, lui susurra-t-il à l'oreille, la faisant à nouveau frissonner en plus d'allumer un feu dans son bas ventre.

Alcibiade attendit un instant et comme elle ne montra aucun signe de fuite, pas même lorsqu'il braqua son regard dans le sien tout en frôlant ses lèvres des siennes, il l'embrassa. Clarke s'attendit à la rudesse qu'elle connaissait avec son époux mais elle fut surprise de ne sentir que délicatesse, les lèvres du Grec capturant les siennes avec douceur. Elle lui répondit faiblement, hésitante puis lorsqu'Alcibiade posa une main sur sa taille, son corps se tendit. Alcibiade s'en rendit compte et rompit immédiatement leur baiser tout en se reculant.

Clarke totalement perdue voulut prendre la fuite mais à peine eut-elle fait un pas qu'elle sentit sa tête tourner, l'obligeant à fermer les yeux tout en vacillant. Alcibiade fut immédiatement à ses côtés pour l'aider à se stabiliser.

- Qu'est-ce que… Se passa-t-elle une main sur le visage quelque peu effrayée par cette sensation de vertige.

- Ce sont les plantes de notre hôte qui font leur petit effet, ne vous inquiétez pas, vous allez vite vous y faire, lui expliqua-t-il et la rassura-t-il.

- Ses plantes ?

- Une petite spécialité de Becca pour rendre ses fêtes inoubliables, quelques bouffées du parfum de ces plantes et vous vous sentez euphorique et prêt à vous amuser.

- Par s'amuser vous voulez dire baiser dans tous les coins ?! Se revigora-t-elle soudainement de colère. C'est ce que vous attendiez de moi n'est-ce pas ? Vous n'aviez rien à faire de mes peintures ! Asséna-t-elle en se détachant de lui.

- Je vous assure que ce n'était pas mon intention et que j'étais des plus sincères. J'aurais adoré que nous partagions plus mais si ce n'est pas ce que vous désirez, je serais ravi que nous continuions à parler de vos œuvres, se défendit-il avec sincérité. Mais nous devrions aller parler loin de cette débauche…

Clarke se retourna pour suivre son regard et découvrit que la plupart des convives avaient commencé à se rapprocher, les corps se touchant, s'embrassant. Son regard vagabondant tomba sur Becca et son visage se crispant de colère, elle se dirigea vers elle, abandonnant Alcibiade. Ce dernier la regarda s'éloigner, se délectant de ses courbes et du feu qui émanait d'elle.


La soirée s'était rapidement enflammée, vin et plantes montant à la tête des convives, l'esprit s'embrumant pour laisser les corps se rapprocher. L'orgie qu'elle espérait tant s'était enfin lancée et Becca souriait d'extase contre les lèvres d'une belle femme tandis qu'elle se pressait contre son corps, ses mains parcourant ses courbes. Elles étaient à l'écart des autres qui s'étaient pressés au centre de la pièce, les corps se mêlant et se démêlant au gré des envies et des soupirs.

Les musiciens jouaient maintenant des notes accompagnant parfaitement le rythme des corps dans leurs débauches charnelles. Chacun laissait libre cours à ses envies alors que dans ces orgies tout était permis et que rien n'en sortait. Becca sentait l'agréable odeur des plantes lui monter à la tête tout comme le délicieux parfum du corps s'échauffant contre le sien.

Becca avait délicatement descendu le haut de la robe de sa partenaire et s'attelait à délicieusement dévorer ses seins, bercée par le son mélodieux de ses soupirs mais elle fut soudainement sortie de sa bulle de plaisir.

- Becca… Becca… ? Entendit-elle alors qu'une main tapait doucement sur son épaule.

- Oui ? Tourna-t-elle la tête avec agacement pour découvrir une Clarke qui fermait les yeux en se pinçant le nez comme pour se concentrer.

- Il faut… Il faut arrêter cette débauche, bredouilla-t-elle en rouvrant des yeux brillants sur elle, clairement intoxiquée par les plantes comme tout ceux présents.

- Et pourquoi cela ? Amuse-toi donc un peu, profite des plaisirs de la vie, lui répondit-elle joyeusement avant d'ajouter dans un regard charmeur et venant caresser sa joue : Veux-tu te joindre à nous ?

- Que ? Quoi ? Non ! Repoussa-t-elle vivement sa main. Je pensais que cette soirée était pour les affaires ? L'accusa-t-elle en retrouvant une brusque lucidité.

- Clarke… ma petite nymphe… quel meilleur moyen que de lier de solides relations que par la fusion des corps ? Retourna-t-elle tout en plongeant un regard de braise dans celui de sa partenaire de sexe.

- Tu es infernale ! Se plaignit Clarke avant de se détourner en la voyant reprendre ses baisers enflammés.

Cependant Becca se détacha des lèvres de sa partenaire, déclenchant un soupir de frustration chez cette dernière.

- Ne bouge pas, je reviens vite, souffla-t-elle contre ses lèvres, la tentant d'un nouveau baiser avant de s'éloigner sans prévenir, la frustrant davantage.

Becca rattrapa Clarke et l'attrapa par la taille pour venir la coller à elle tout en marchant.

- Ne boude pas ma douce et innocente nymphe, au contraire tu devrais te détendre, profiter ! S'enjoua-t-elle un peu trop tout en désignant vaguement la débauche autour d'elles avec son bras libre.

- Que je me détende ? Et avec qui ? Alcibiade ? Que tu es bien capable d'avoir uniquement invité pour coucher avec moi ?! S'emporta-t-elle faiblement sa colère étouffée par les effets de la plante, et repoussant Becca.

Cette dernière recula seulement d'un pas alors que Clarke n'avait mis aucune force dans son geste, son esprit perdant pied avec la réalité.

- Ma ptite nymphe si innoceeente, je n'ai pas invité Alcibiade pour ça, sourit-elle pleinement et d'une lueur carnassière dans le regard avant de revenir passer un bras autour de ses épaules et lui désigner la salle toute entière : Tu peux prendre du plaisir avec la personne de ton choix, même si Alcibiade serait en effet un très bon choix.

- Ça ne m'amuse pas, la repoussa-t-elle contrariée.

- Alors plusieurs si tu as peur de t'ennuyer ! Corrigea Becca dont l'esprit embrumé lui fit mal interpréter son refus.

- BECCA ! S'horrifia Clarke qui prit la fuite vers l'un des buffets.

- Très bien, très bien, je n'insiste pas, capitula-t-elle tout en tournant un rapide regard vers son amante du moment en espérant qu'elle l'attendait alors qu'elle-même s'impatientait de la retrouver.

- Vr… Vraiment ? S'étonna Clarke qui se retourna les bras croisés et une moue d'enfant sur le visage.

- Evidemment, loin de moi l'idée de pousser dans la débauche une innocente nymphe comme toi, roucoula-t-elle presque sur la fin, mais je ne peux mettre fin à la fête sans décevoir nos invités et tu ne peux pas partir sans les vexer, ce serait mauvais pour nos affaires alors en attendant, détourne le regard et régale-toi de ces délicieux mets, lui dit-elle tout en lui tendant un plat appétissant de petits gâteaux.

Lorsque Clarke cessa de faire la tête et décida de se servir, le sourire innocent de Becca disparut pour laisser place à un regard plein de malice qui suivit le gâteau jusqu'aux lèvres innocentes de sa protégée.


Becca avait conduite son amante sur les coussins au centre de la pièce, s'allongeant parmi les autres corps entrelacés. Caressant et dévorant sa peau nue sous ses doigts alors que sa robe avait été retirée et jetée au loin. Noyée dans l'ivresse du plaisir et du chant des gémissements les entourant et qu'elle provoquait, son corps brûlait de désir et ne faisait que s'enflammer d'instant en instant. Tout en caressant son amante, ses mains descendant avidement vers son entrejambe, Becca croisa le regard d'une femme qui atteignait lentement l'orgasme sous les attentions d'un homme. Leurs regards s'accrochèrent et Becca remonta ses mains sur la poitrine de son amante, la frustrant d'un douloureux désir alors qu'elle savourait l'explosion de plaisir de la femme qui se cambrait dans un puissant gémissement sous les derniers assauts de son amant.

Becca étira un sourire carnassier à la femme qui retomba sur les coussins alors que l'homme se retirait en quête d'une autre proie. Becca replongea sur son amante, l'embrassant avec une brûlante ferveur, lui coupant le souffle. Lorsqu'elle quitta ses lèvres et releva la tête, l'autre femme était à leurs côtés. À la surprise de son amante mais néanmoins agréable, Becca se redressa à califourchon sur ses hanches puis tendit une main vers la nouvelle venue. Cette dernière approcha et vint farouchement l'embrasser tandis que son amante joua de ses hanches pour l'exciter davantage. Becca sourit de plaisir, prête à se noyer dans une nuit de débauche charnelle.

- Dame Pramheda, entendit-elle avec hésitation à ses côtés son serviteur, Cyrus, un vieil homme qu'elle avait affranchie mais qui avait souhaité rester à son service, et ce dernier dut se répéter plusieurs fois avant qu'elle ne prenne conscience de sa présence.

- Je suis occupée, grogna-t-elle contre les lèvres de sa partenaire et le souffle erratique.

- C'est que Maître Gaius est ici… Insista-t-il avec gêne.

- Et bien qu'il vienne s'amuser… Tourna-t-elle enfin vers lui un regard aux pupilles autant dilatées de désir que par les effets de la plante, sa nouvelle amante venant dévorer sa gorge.

- J'aimerais plutôt aller me reposer après ce long voyage alors si nous pouvions régler nos affaires rapidement ma tante, intervint Gaius qui se tenait juste derrière le vieux Cyrus.

- Gaius ! Se détacha-t-elle violemment de ses amantes en réalisant sa présence, une brusque lucidité dans le regard et un sourire heureux à la vue de son neveu.

Elle se leva rapidement pour venir l'enlacer chaleureusement puis se détachant elle sembla réaliser quelque chose, faisant alors demi-tour, revenant vers son serviteur d'un pas légèrement titubant.

- Occupez-vous d'elles pour moi, voulez-vous ? Lui dit-elle avant de pousser le pauvre Cyrus dans les bras des deux femmes.

Puis elle revint vers Gaius comme s'il n'y avait aucune orgie se déroulant à quelques pas d'eux.

- Je suis si heureuse de te voir, prit-elle ses mains dans les siennes. As-tu fais bon voyage ?

- Le voyage fut agréable, bien que j'aurais préféré resté à Rome, répondit-il incisif.

- Ah… Lâcha-t-elle ses mains, je vois que tu m'en veux, constata-t-elle presque légèrement sous l'effet des plantes.

- Evidemment que je vous en veux ! Vous m'avez vendu dans un mariage arrangé avec je ne sais quelle gourde !

- Un peu de respect jeune homme ! Le rabroua-t-elle telle une mère, Gaius se repliant presque penaud. Clarke est loin d'être une idiote, de plus elle est très belle…

- Je n'ai que faire de cela et vous le savez.

Becca passa un bras autour du sien et l'entraîna un peu plus à l'écart, à la limite de l'Atrium.

- À travers ce mariage ton père souhaite seulement stopper la montée en pouvoir de Lucius, avoir un héritier n'est pas sa priorité et quand ce problème se posera nous saurons le régler. En attendant, je te demande de me faire confiance car j'agis dans ton intérêt et celui de Clarke.

- Je ne vois toujours pas ce que j'y gagne et que gagne-t-elle ? Qui est-elle pour vous ?

- C'était une de mes élèves en art, une protégée, que je considère encore comme telle, une amie proche qui est prisonnière d'un mariage toxique qui pourrait finir par la tuer. Par ton père d'ailleurs qui pourrait l'assassiner pour stopper Lucius, tu le sais tout aussi bien que moi alors je te demande d'accepter ce mariage pour lui sauver la vie.

- Je ne la connais même pas…

- C'est pour cela que tu es là ce soir et qu'elle aussi, bien que je ne sache pas où elle est passée, s'interrogea-t-elle soudainement tout en tournant son regard en direction de l'orgie, grimaçant en craignant qu'elle ne soit entremêlée dans cet amas de corps, ruinant ainsi sa première rencontre avec Gaius.

- Nous devrions peut-être remettre cette rencontre à demain, suggéra Gaius qui n'avait nullement envie de rester à cette orgie et encore moins trouver sa promise dans une situation gênante.

- Tu as raison. Je te laisse aller te reposer et nous nous voyons demain, j'ai fait préparer une chambre pour toi. Quant à moi je vais retourner m'amuser, se tourna-t-elle le regard avide en direction des deux femmes qu'elle avait abandonnées à Cyrus.

- Ma tante attendez, la stoppa-t-il, je dois vous avouer que j'ai demandé à Lexa de m'accompagner, elle…

- Tu as fais quoi ?! Se retourna-t-elle paniquée.

- J'avais besoin de soutien et elle n'avait pas l'air perturbé en apprenant que vous étiez à Syracuse, ni par son passé…

- Petit idiot ! Lexa sait parfaitement cacher son jeu ! Elle pourrait être en train de tous les égorger pendant que nous parlons ! Où est-elle ?!

- Dans votre bureau…

Becca n'attendit pas un instant de plus et fila en direction de son bureau. Ses craintes sur la présence de Lexa grandissantes à chacun de ses pas et sa lucidité revenant tout aussi vite. Elle atteignit enfin sa destination et découvrit une silhouette encapuchonnée sous un châle rouge laissant passer quelques mèches brunes et vêtue d'une robe grise en lin protégeant de l'air marin, qui était penchée au-dessus de son bureau à lire des papiers et pas n'importe quels papiers, son cœur manquant alors brusquement un battement.

- Lexa ? L'appela-t-elle sa voix tremblant en espérant que le mal n'était pas fait.

C'est alors que deux émeraudes brillantes de la douleur de la trahison se tournèrent sur elle et Becca ferma les yeux attendant la tempête qui allait s'abattre.

- Alors c'est vrai ? Elle est en vie ? Demanda-t-elle alors qu'elle venait de lire sa signature sur les papiers de leur association commerciale.

- Lexa je peux t'expliquer mais par les dieux reste calme, la pria-t-elle en avançant d'un pas prudent et tournant les yeux en direction de la fête.

- Je t'ai posé une question ! S'emporta-t-elle vivement, stoppant Becca qui n'approcha pas davantage.

- Je t'en prie, même si je t'ai officiellement affranchie, tu sais ce qu'ils feront s'ils te trouvent ici, lui dit-elle l'inquiétude faisant trembler sa voix.

Il y eut soudainement un lourd silence, Lexa posant son regard sur les papiers qu'elle tenait en main et qui tremblaient sous sa poigne puis elle releva un regard brillant de larmes qui brisa le cœur de Becca.

- Elle est vivante ? Lui demanda-t-elle d'une voix fragile.

- Oui… Souffla-t-elle finalement.

Lexa inspira douloureusement de soulagement puis elle relâcha toute sa peine passée dans un souffle saccadé de larmes qu'elle retenait avec peine.

- Comment… Comment est-ce possible ? La dague… Tout ce sang… Se rappelait-elle les lèvres tremblantes. Tu m'as toi-même dit qu'elle était morte ? L'accusa-t-elle, la colère revenant subitement.

- Je le croyais jusqu'à ce que je la vois bien vivante devant moi… C'est tout simplement un miracle.

Lexa se passa une main sur le visage qu'elle remonta ensuite dans ses cheveux retirant au passage son châle et se détournant de Becca, accusant ses paroles avant de vivement se retourner.

- Pourquoi tu ne m'as pas prévenu ?! Lui reprocha-t-elle. Notre amitié n'a donc aucune valeur pour que tu me laisses dans l'ignorance alors que tu t'associes avec elle à peine retrouvée ! Le profit avant tout ! Pointa-t-elle en jetant férocement les papiers sur le bureau.

- Il ne s'agit pas de toi mais de Clarke, s'agaça finalement Becca. J'ai uniquement agi dans son intérêt et pour la protéger.

- La protéger ? En quoi ne pas me prévenir la… Attends… Tu veux dire la protéger de moi ? Retourna-t-elle surprise.

Becca soupira, peinée de devoir lui infliger ça mais elle lui devait la vérité. Après tout ce qu'elles avaient partagés depuis qu'elle avait quitté précipitamment Syracuse, emmenant une Lexa à moitié morte à bord de son bateau, et luttant des jours et des jours pour la maintenir en vie puis l'aidant à réapprendre à vivre jusqu'à devenir associées et amies, elle lui devait au moins d'être sincère avec elle.

- Tu n'as aucune idée de ce qu'est devenue sa vie. Clarke est mariée maintenant… Revenir dans sa vie ne ferait que lui apporter plus de problèmes.

- Je n'ai plus de sentiments pour elle si c'est ce que tu crains…

- C'est faux, rit doucement Becca.

Lexa prit son rire en plein cœur car elle-même n'était pas certaine de ces paroles. Elle s'était longtemps sentit coupable de s'être autant rapprochée de la blonde alors qu'elle appartenait à Costia puis lorsqu'elles étaient mortes, Lexa avait été autant dévastée par la perte de sa fiancée que par celle de Clarke. Une équivalence dans la douleur qu'elle avait trouvée injuste envers Costia, cette culpabilité s'ajoutant aux autres et la rongeant alors qu'elle se noyait dans le deuil. Alors au fond, Lexa savait qu'elle se mentait à elle-même en affirmant ne pas avoir de sentiment.

- Mais si ce n'était que ça, ajouta tristement Becca.

- Que veux-tu dire ? Plissa-t-elle les sourcils.

- Clarke n'a pas besoin de ta colère, de ta haine et de ta vengeance dans sa vie. Tu peux essayer de le nier, l'empêcha-t-elle de protester, mais je sais ce que tu as au fond du cœur, ça ne demande qu'à sortir.

- C'est faux, claqua Lexa. Et en attendant ce n'est pas moi qui la vends à Marcus pour épouser son fils !

- Je la protège ! Si Clarke n'épouse pas Gaius, Marcus la fera tuer pour empêcher Lucius de gagner davantage de pouvoir au sein du Senat !

- Et c'est moi qui la mets en danger ? Mais est-ce que tu t'entends ? Clarke n'est qu'une marionnette dans vos foutus jeux de pouvoir ! Retourna-t-elle avec sarcasme.

- Elle sera heureuse avec Gaius, bien plus qu'avec son mari actuel, crois-moi, ce mariage lui offrira la liberté qu'elle n'a jamais eue.

- Ce n'est qu'une prison dorée de plus, contra Lexa.

- Je suis certaine que non, Gaius et Clarke ont un grand potentiel, et s'ils s'étaient rencontrés comme prévu ce soir, ils…

- Clarke est ici ? La coupa-t-elle brutalement et pleine d'espoir.

Becca aurait voulu dire non mais le regard inquiet qu'elle tourna furtivement sur la porte la trahit à son tour. Lexa avança mais elle l'attrapa par les épaules pour l'empêcher de passer.

- Tu ne peux pas faire ça ! L'arrêta-t-elle fermement.

- Je veux la voir ! Se défit-elle de sa poigne.

- Tu ne peux pas lui faire ça ! Marcha-t-elle après elle et la rattrapant par le bras dans le couloir. Je te demande de penser à elle, ne sois pas égoïste.

Lexa ferma les yeux, cherchant à être raisonnable, à écouter son amie, mais elle ne le pouvait pas. Dès l'instant où elle avait compris que Clarke était en vie, l'envie dévorante de la voir s'était saisie d'elle. Elle devait la voir, elle devait s'assurer que ce n'était pas un rêve, qu'elle était bien vivante. Désirant ardemment effacer la dernière image qu'elle avait d'elle : son visage tordu de douleur, son sang sur ses mains qu'elle pouvait sentir rien qu'en fermant les yeux. Alors non, elle ne pouvait pas ne pas être égoïste.

- Juste un instant… J'ai besoin de la voir, insista-t-elle.

- Mais elle n'a pas besoin de te voir, retourna cruellement Becca alors qu'elle savait qu'il en était tout autre, Clarke n'ayant pas fait son deuil de leur relation.

Lexa comprit qu'il était inutile de la convaincre alors elle se débattit à nouveau mais Becca serra fortement son bras et appela les gardes. L'ancienne gladiatrice se figea un instant se sentant une fois de plus trahie alors que son amie savait qu'elle ne pourrait résister à leur force à cause des séquelles de ses combats dans l'arène. Elle se défit violemment de sa poigne, une expression choquée sur le visage alors qu'elle ne pensait pas Becca capable d'en arriver là. Cette dernière la fixait accablée par la tristesse de devoir user de la force contre elle. Les gardes entraient dans le couloir lorsqu'un bruit de vase brisé fit sursauter les deux femmes.

Elles se tournèrent de l'autre côté du couloir et découvrir avec stupéfaction l'objet de leur dispute. Clarke se tenait à quelques mètres d'elles, appuyée contre une petite colonne où un vase peint était précédemment posé. Elle semblait totalement délirante alors qu'elle riait face au vase brisé à ses pieds. Becca fit signe à ses gardes de s'arrêter avant d'accourir vers la blonde tandis que Lexa restait figée face à la vision d'une Clarke bien en vie.

Une multitude d'émotions transpercèrent violemment son cœur : joie, soulagement, colère, regret… Mais ce fut la culpabilité qui balaya tout le reste alors que la voir juste devant elle la renvoya violemment à cette nuit où elle avait tout perdu. Le couloir prit soudainement l'apparence de cette horrible chambre, elle entendit ensuite les hurlements de Joséphine alors que son cœur s'accélérait brusquement, puis elle vit le corps de Costia gisant au sol dans une marre de sang, son souffle devenant erratique jusqu'à douloureusement se couper lorsqu'elle vit la robe de Clarke se teinter de sang. Lexa alla s'appuyer contre le mur le plus proche en portant une main à sa poitrine alors qu'elle avait de plus en plus de mal à respirer, le choc et la panique l'écrasant totalement.

- Clarke, ça va ? S'enquit Becca qui l'avait rejointe avant de prendre son visage entre ses mains pour tenter de capter son attention.

- Parfaaaitemeent bien, répondit-elle dans un sourire grogui. Tes gâteaux étaient délicieux…

- Les gâteaux ? Tu les as tous mangés ! Réalisa-t-elle avec horreur.

Clarke acquiesça à moitié somnolente. Becca s'empressa de l'entraîner avec elle en direction de l'atelier, pièce la plus proche où elle savait trouver un canapé où l'allonger. Cependant, la blonde se laissa pendre de tout son poids dans un rire grogui, emmenant avec elle Becca au sol.

- Viens m'aider ! Interpella-t-elle Lexa et remarquant alors seulement son état de choc. Ce n'est pas vrai, ce n'est pas le moment, ressaisis-toi !

Mais Lexa resta sourde à ses appels, complètement noyée dans ses noirs souvenirs.

- Venez m'aider ! Ordonna-t-elle aux deux gardes les ayant rejointes et qui approchaient Lexa.

Ils attrapèrent Clarke puis ils suivirent Becca dans l'atelier, où elle leur fit signe de la conduire au canapé de la pièce. Ce dernier n'avait jamais servi autre que pour entreposer des toiles et du matériel de peinture. Elle poussa tout sur le sol en se fichant de casser quelque chose puis les gardes allongèrent Clarke qui laissa ses yeux somnolents vaquer sur la pièce.

- Lexa… Souffla-t-elle douloureusement tandis que son regard croisait les yeux verts de chaque tableau de la pièce.

Becca se rappela alors seulement de l'état de la brune toujours dans le couloir. Elle signifia à Clarke qu'elle allait revenir puis elle quitta la pièce suivit par les gardes, laissant la blonde totalement hypnotisée par les peintures.

- Lexa ? Lexa, est-ce que ça va ? Se précipita-t-elle vers son amie qui n'avait toujours pas bougé.

- Je… Je l'ai tuée… Tout ce sang… C'est impossible… Murmurait-elle entre deux respirations difficiles.

Becca la saisit par les épaules et la força à ancrer son regard dans le sien, tentant de la ramener de là où elle se trouvait.

- Elle est vivante… Clarke est en vie, tu m'entends, tout va bien.

Lexa s'accrocha à ses poignets comme pour s'ancrer dans la réalité puis elle acquiesça frénétiquement au propos de Becca. Cette dernière comprit pourquoi et à quel point Lexa avait besoin de voir Clarke.

- Clarke est dans l'atelier, va vérifier par toi-même, lui dit-elle tout en la poussant dans la bonne direction. Veille sur elle le temps que je revienne, ajouta-t-elle avant de se tourner vers les gardes leur ordonnant de surveiller la pièce puis de partir précipitamment.


Lexa observa l'entrée de l'atelier avec crainte avant d'enfin oser s'y diriger. Au fur et à mesure de ses pas, son esprit s'éloignait des souvenirs de cette nuit funeste pour lui rappeler ces nombreuses lunes à se reconstruire, à faire son deuil. Si le deuil de Costia avait été difficile celui de Clarke l'avait été tout autant peut-être même plus alors qu'elle pensait l'avoir elle-même tuée. Elle avait été dévorée par une sombre et douloureuse culpabilité. Elle avait détesté Joséphine, rejeté sa colère sur elle mais si elle était coupable pour Costia, pour Clarke, Lexa était la véritable coupable. Et non seulement elle l'avait tuée mais elle avait été horrible avec alors qu'elle n'avait fait que l'aider à survivre, allant même jusqu'à fomenter son évasion.

Lexa pensait avoir dépassé sa culpabilité et ses remords mais ils lui revenaient en plein cœur alors qu'elle faisait face à une Clarke bien en vie. Elle inspira profondément pour se donner du courage puis elle entra dans l'atelier pour trouver la blonde allongée sur le canapé. Lexa se figea en la découvrant si vulnérable, le regard perdu dans le vague, mais alors qu'elle aurait dû lui apporter son soutien, elle craqua complètement, des larmes coulant violemment sur son visage et brûlant ses yeux. Approchant alors de Clarke, elle se laissa tomber à genoux devant elle puis lui attrapa la main.

La douceur de sa peau contre la sienne et sa chaleur, lui firent l'effet d'un électrochoc réalisant pleinement qu'elle était bien vivante, la vérité la heurtant de plein fouet. Elle s'effondra de plus belle, soulagement et culpabilité entrant en collision.

- Je suis tellement désolée, je te demande pardon… La supplia-t-elle d'apaiser son cœur.

C'est alors qu'elle rencontra un regard océan rivé sur elle qui la tétanisa.


Grogui et son esprit comme hors de son corps, Clarke n'avait pas conscience de grand-chose mais malgré sa conscience troublée, son cœur était tout à fait alerte, ressentant pleinement et douloureusement la tristesse qui s'immisça en elle lorsqu'elle croisa les regards verts qui la fixaient tout autour d'elle. Elle entendit vaguement quelqu'un lui dire qu'elle revenait vite alors que son regard passait de peinture en peinture, chacune déclenchant des souvenirs bien réels. Les voyant prendre vie devant elle grâce aux hallucinations causées par les plantes.

Sous ses yeux perdus se dessina d'abord la silhouette flou d'une esclave meurtrie lui souriant pour la première fois et emballant son cœur, puis un peu plus nette celle d'une gladiatrice se mouvant sur le sable qui leva ensuite son glaive dans les airs gagnante du combat, et qui la rendit fière, elle vit ensuite apparaître une nouvelle silhouette bien visible, une Lexa au visage magnifique malgré des larmes couvrant son visage et la tristesse teintant ses beaux yeux verts.

Cette vision était la plus proche de ce qu'avait toujours été Lexa cachée derrière ses défenses. Elle lui avait toujours dissimulé du mieux possible ses émotions mais Clarke n'avait jamais été dupe et avait fait son possible pour lui apporter du réconfort. C'est également cette volonté et cette force à ne pas se laisser abattre qui lui avait plu mais elle avait aussi espéré que Lexa s'ouvrirait à elle, lui ferait suffisamment confiance pour lui montrer ses faiblesses comme dans cette vision qui lui faisait face.

Ces larmes et cette tristesse lui déchirèrent le cœur et malgré son état de somnolence lorsqu'elle plongea dans ce regard vert, elle n'eut qu'une envie et elle trouva la force de se redresser, ou bien l'imagina-t-elle seulement, pourtant lorsque ses lèvres capturèrent celles de cette parfaite illusion, elles lui semblèrent douloureusement réelles.


Lexa ne réalisa pas immédiatement, son cerveau se glaçant de surprise au contact inattendu des lèvres de Clarke contre les siennes. Elle sentit son cœur meurtri se réchauffer, la douceur de ses lèvres le réanimant alors qu'il était mort depuis des lunes. Un vide se combla brusquement et les battements de son cœur s'emballèrent tandis qu'elle répondait enfin au baiser. Ses lèvres embrassant pleinement celle de la blonde, ses larmes de tristesse se muant en larmes de joie.

Ses mains se refermèrent délicatement sur son visage pour l'attirer un peu plus à elle, frissonnant au contact de sa peau si chaude, la sentant bien en vie contre elle. Lexa aurait voulu que cet instant ne se termine jamais, elle aurait voulu se perdre dans l'éternité du temps et ne plus revenir à la dureté de la réalité mais en un instant leur bulle éclata lorsque Becca revint et lâcha la cruche d'eau qu'elle rapportait sur le sol, furieuse de les découvrir dans une telle position. L'instant d'après Lexa était violemment arrachée à Clarke.

La blonde vit Lexa disparaître tel un mirage hors de sa vue, son regard grogui fixant le vide devant elle tout en portant ses doigts à ses lèvres, où planait le souvenir et la sensation de celles de la brune contre les siennes.

Lexa n'eut le temps de comprendre qu'un garde la tirait dans le couloir, un second arrivant pour venir l'aider lorsqu'elle commença à se débattre. Sous la direction de Becca, ils l'entraînèrent vers l'arrière de la demeure pour la faire sortir en toute discrétion. Ainsi personne ne risquait de la voir ni même de l'entendre, les bruits de la fête couvrant tout alors qu'elle hurlait qu'on la lâche.

Lorsqu'ils arrivèrent dans la rue, les gardes la lâchèrent et la poussèrent presque comme une malpropre mais elle n'eut le temps de s'en offusquer que Becca lui administra une puissante gifle.

- Je te fais confiance ! Je te laisse avec elle un instant et je te retrouve en train de l'embrasser ! Et tu n'as pas plus de sentiments pour elle, c'est ça ?! Cria-t-elle furieuse à travers la nuit et les gardes s'éclipsant à l'intérieur.

- Je n'ai rien fait ! Attaqua à son tour Lexa tout en couvrant sa joue douloureuse. C'est elle qui m'a embrassé !

- Peu importe ! Le fait est que j'ai raison. Si tu reviens dans sa vie, vous serez incapable d'être de simples amies et tout tournera au cauchemar pour elle ! Tu ne feras que la mettre en danger.

- En danger ? Tu l'as bien vu ce soir ?! Qui la met en danger ? Elle est tellement droguée qu'il aurait pu lui arriver n'importe quoi ! Mais tu t'en fous tant que tu t'amuses n'est-ce pas ?! Qui veillait sur elle pendant que tu t'envoyais en l'air avec tes amis romains ?! Tu es bien comme eux finalement, tu t'amuses, tu joues avec les autres sans te soucier de ce qui peut leur arriver ou ressentir ! Termina-t-elle violemment, ses paroles dépassant sa pensée.

Elle vit le coup que portèrent ses mots sur le visage de Becca mais il était trop tard pour revenir en arrière. Trop tard pour lui dire qu'elle n'était pas comme tous ces monstres et qu'elle lui avait suffisamment prouvé en veillant sur elle.

- Alors nous en sommes là, déclara-t-elle atterrée.

- Becca…

- Je ne te reconnais plus, Lexa. Je pensais que tu avais dépassé tout ça, je voulais vraiment le croire. Dans une autre vie tu aurais pu retrouver Clarke mais dans celle-ci t'as haine va tout consumer, c'est inévitable. Tu n'es déjà plus capable de reconnaître tes amis.

- Tu n'agis pas vraiment en amie en m'empêchant de la voir, pointa douloureusement Lexa.

- Et toi agis-tu en amie en venant ici ? Que ce soit pour moi ou pour Clarke, la confronta-t-elle durement. Crois-tu réellement pouvoir échapper à ton passé ? Si ta haine ne te rattrape pas, c'est Russel qui le fera. Tes ennemis viendront après nous et si je peux fuir avant la tempête, ce n'est pas le cas de Clarke. Elle est prisonnière de cette ville et toujours liée aux Prime.

Cette fois Lexa resta silencieuse face au douloureux argument de Becca qu'elle ne pouvait nier. Elle serra les poings, son corps tremblant de colère face à l'inévitable conclusion de leur dispute.

- Si tu tiens à elle, si tu veux la protéger, quitte Syracuse et ne reviens jamais. Une part de toi sait que c'est ce que tu dois faire.

- Et si je refuse ? La défia-t-elle le cœur douloureux.

- Alors je serais obligée de te dénoncer aux autorités, asséna-t-elle sans faillir malgré son cœur se serrant de tristesse de devoir menacer ainsi son amie.

Lexa ouvrit la bouche et la referma à plusieurs reprises, choquée par sa menace et profondément blessée, mais aucune parole ne franchit ses lèvres alors que le visage de son amie n'avait jamais été aussi déterminé et clair. Becca ne mentait pas, elle le ferait, car se faisant elle s'innocenterait de son sauvetage tout en protégeant Clarke de sa présence. Lexa tourna un regard soudainement embué de larmes vers la demeure, faisant ses adieux à Clarke avant de revenir sur Becca, son visage se fermant d'une telle froideur qu'il fit frissonner la romaine.

- Je suis désolée… Tenta-t-elle désespérément de rattraper un fil du lien les unissant qui se dénouait sous leurs yeux.

- Pas autant que moi, retourna pleine d'amertume Lexa. Adieu, claqua-t-elle avant de se détourner et disparaître dans la nuit noire.

Après un temps indéterminé passé à fixer tristement la rue maintenant vide, Becca finit par retourner à l'intérieur. Elle rejoignit l'atelier où elle trouva Clarke profondément endormie, les effets de la drogue ayant finalement eut raison d'elle. Elle ignorait si elle avait eu conscience de ce qu'il s'était passé mais elle espérait que ce ne soit pas le cas car elle ne pourrait plus rien faire pour les tenir à distance. Elle savait qu'elle était hypocrite et injuste après avoir passé temps de temps à pousser Clarke dans les bras de la gladiatrice pour maintenant s'évertuer à les séparer. Au fond Lexa avait sûrement raison, elle ne valait peut-être pas mieux que les autres.

- Allons te trouver une chambre de libre, soupira Becca avant d'appeler les gardes pour la faire porter.


Le lendemain matin alors que les serviteurs de la demeure Pramheda s'activaient à nettoyer le désordre causé par la fête. Becca accueillit Clarke qui descendait de l'étage des chambres.

- Dur réveil, rit Becca face à une Clarke aux yeux légèrement rougis et cernes sous les yeux.

- C'est un euphémisme, grogna la blonde.

- Conséquence de la gourmandise, la taquina-t-elle tout en la guidant en direction des jardins où elle avait souhaité faire servir le petit-déjeuner.

- Si j'avais su ce qu'il y avait dedans…

Clarke ne termina pas sa phrase, se sentant assaillit par d'étranges sensations de déjà vu en entrant dans le couloir menant au jardin mais qui desservait également le bureau et l'atelier. Des flashs de la nuit passée la traversèrent rapidement, tout était flou à l'exception de deux orbes verts et elle se rappela à alors la douloureuse apparition de Lexa.

- Qui y-a-t-il ? S'inquiéta Becca, dissimulant parfaitement ses réelles craintes alors que Clarke s'était arrêtée et regardait en direction de l'atelier.

- Je… Est-ce que je suis venue ici hier soir ?

- Oui, tu n'allais pas très bien après tous ces gâteaux alors je t'ai conduite dans l'atelier pour t'y allonger, usa-t-elle d'une partie de la vérité pour lui répondre.

- Ça explique pourquoi j'ai cru la voir… Sembla-t-elle tristement comprendre avant d'ajouter en se tournant vers Becca… Pendant un moment j'ai vraiment cru que Lexa était là mais ça n'était qu'une illusion causée par la présence des tableaux.

- La drogue peut nous faire voir et croire des choses en effet, confirma Becca le cœur serré tout en l'invitant doucement à avancer vers le jardin.

- Becca je ne veux plus jamais revivre ça, lui dit alors Clarke, une pointe de colère dans la voix. Cette soirée, cette drogue…

- Clarke ça n'était qu'un peu d'amusement stratégique pour nos affaires, soupira Becca.

- Une orgie Becca ! Vraiment ? En quoi est-ce utile pour notre commerce ? Et ne me sors pas ton explication sur la « fusion des corps », l'esprit clair tu ne peux y croire, claqua-t-elle réellement agacée.

- Très bien je l'avoue, je voulais m'amuser et je voulais que tu t'amuses aussi, où est le mal à ça ?

- Où est le mal ? S'emporta Clarke. Peut-être dans le fait d'avoir fini complètement droguée et sans défense ?

- Je suis désolée pour ça, Clarke, sincèrement, mais tu aurais pu profiter de cette nuit toi aussi.

- Coucher avec Niylah est une chose mais publiquement et avec le premier ou la première venue ?! Je ne peux risquer que Finn l'apprenne !

- Rien ne t'en empêchait, tout est permis dans une orgie ! Personne n'aurait rien dit. Il faut que tu apprennes à saisir les moments de bonheur dans ta vie pour contre balancer le reste, lui retourna-t-elle vivement.

- Laisse-moi deviner ? C'est là que tu me revends ta proposition de divorce et de mariage ?

- Non, c'est là que je te le présente, annonça-t-elle en s'arrêtant devant l'espace de repas du jardin où Gaius était déjà installé.

Alors que Clarke se figeait, le jeune homme se leva de son coussin déposé sur l'herbe fraîche et vint la saluer.

- Bonjour, je suis Gaius, le neveu de Becca.

- Ton neveu ? Se tourna-t-elle surprise vers sa mentor.

- J'avais omis ce détail ? S'amusa-t-elle de sa réaction.

- Je vois que vous aussi vous subissez les petits jeux de ma tante, sourit Gaius qui ne comprenait que trop bien.

- Elle est toujours pleine de surprises, oui, confirma Clarke.

- Je prends ça pour un compliment, s'amusa Becca qui alla s'installer sur l'un des coussins laissant délibérément les places les plus proches l'une de l'autre aux deux jeunes gens.

Ce qu'ils remarquèrent mais ils ne dirent rien, se contentant d'un regard complice, le premier d'une longue série à venir.


Serrant les poings sur le bastingage du navire, Lexa regardait Syracuse s'éloigner de plus en plus. Si les eaux étaient calmes, en elle une tempête faisait rage. Elle était en colère contre Becca et cette cité qui semblait lui refuser le moindre bonheur mais également submergée par la tristesse et la douleur alors que Clarke disparaissait sous ses yeux. Son cœur lui hurlait de plonger et nager vers le port mais la raison la poussait à rester ancrée sur le navire. Elle n'avait pas le choix. Elle connaissait la détermination dont pouvait faire preuve Becca et son amie… Pouvait-elle encore l'appeler ainsi ?... Car elle n'hésiterait pas à exécuter sa menace.

Lexa devait se faire une raison car si elle avait besoin de voir Clarke, cette dernière n'avait pas besoin d'elle. En revanche Lexa avait des responsabilités qu'elle ne pouvait renier par égoïsme en prenant le risque de se faire arrêter. Elle devait donc rentrer, c'est ainsi qu'elle naviguait avec Emori en direction de Rome. Fuyant une nouvelle fois Syracuse en laissant Clarke derrière elle. Lexa serra à s'en faire blanchir les doigts sur le bastingage tandis qu'une unique larme s'échappait sur sa joue.

A suivre…


Ne m'en voulez pas ! Ayez confiance ! :p

Merci Kouan pour le contexte orgie, c'était bien la merde de faire débarquer Lexa en plein milieu XD

Trêve de plaisanterie, qu'avez-vous pensez de tout ça ? Que pensez-vous de la réaction de Becca vis-à vis de Lexa ? Vous l'adorez toujours :p De son petit jeu avec Clarke qu'elle pousse au vice ? Et au mariage avec Gaius ? :p Becca amie ou non du Clexa ?

Notre nouvel ami Alcibiade ?

Le Clexa evidemment ? :p Lexa qui repart ? Se résigne :(

Dites-moi tout ! Hâte de de vous lire :D En espérant que vous n'avez pas quitté le navire...

A dans deux semaines !