CH18-Mariage
BONNE ANNEE ! :D
Bon oui j'ai un peu tardé mais me voilà !
J'espère que vous êtes toujours là et prêt pour le mariage :p
J'ai beaucoup aimé vos prédictions pour ce chapitre, vous imaginez le pire vous commencer à me connaître ! Mouahahah !
Encore et toujours Kouan à la relecture, un grand merci de me supporter et j'espère qu'on verra le bout de cette fic cette année comme celle de l'H ;)
Sur ce bonne lecture ! :D
Clarke fit glisser ses mains sur sa longue tunique blanche, s'observant sereinement dans le miroir lui faisant face. A ses côtés Niylah approcha avec une cordelette qu'elle vint nouer autour de sa taille afin de fermer sa tunique. Le nœud était suffisamment serré pour maintenir la robe mais pas assez pour empêcher son futur époux de le dénouer au moment voulu. Elle sentit une boule d'anxiété se former dans sa gorge en songeant à sa nuit de noce avec Gaius. Tous deux n'en avaient nullement envie mais la tradition imposait que le mariage soit consommé.
- Tu es magnifique, la sortit de ses pensées Niylah qui l'observait dans le miroir.
L'ancienne esclave souriait mais une légère tristesse teintait son regard alors que tout allait bientôt changer. Gaius n'était pas Finn, Clarke serait libre et heureuse alors elle ignorait si elle aurait encore une place auprès d'elle et un rôle à jouer car après tout, elle n'aurait plus besoin de son soutien. Elle n'avait déjà plus besoin d'elle physiquement, leurs relations charnelles ayant grandement diminuées depuis l'arrivée de cet Alcibiade. Niylah n'était pas dupe tout n'était plus qu'une question de temps.
- C'est arrivé bien plus vite que je ne le pensais, confia Clarke quant à la cérémonie qui l'attendait en ce grand jour.
- Tu seras bientôt libre, tu devrais te réjouir et t'amuser, lui suggéra Niylah face à ses craintes dans un sourire forcé.
- Tu as raison, je serai bientôt loin de cette demeure et de cette maudite famille, sourit-elle en s'éloignant du miroir.
Clarke alla prendre le voile qu'elle devrait porter lors de la cérémonie. Elle eut une nouvelle sensation de déjà vu alors qu'elle suivait le même schéma que lors de son premier mariage. Elle était de retour chez les Prime depuis qu'elle avait divorcé de Finn. En attendant le divorce elle avait pu vivre chez Becca mais Finn était finalement rentré de guerre et en divorçant, Clarke avait quitté la tutelle de son mari pour retourner sous celle de son oncle.
Si Finn avait été des plus furieux d'apprendre sa demande de divorce à son retour,une heureuse nouvelle avait rapidement suivie lorsqu'il avait découvert que Raven était enceinte de lui. Il s'était alors rebellé, en allant à l'encontre des ordres de son père qui lui ordonnait de reprendre en main sa femme en lui montrant qui commandait. Finn avait accepté la demande de divorce de Clarke et vivait maintenant son amour avec Raven qui l'avait soutenue et poussée dans la bonne voie. Inutile de dire que Lucius était des plus furieux. Il avait renié son fils pour cet affront mais ce dernier s'en moquait ayant sa propre fortune et la femme qu'il aimait à présent.
C'est ainsi que Clarke se préparait à épouser Gaius. Personne ne s'y opposait, pas même son oncle qui par ce mariage entrait dans une famille bien plus puissante que celle des Catilina, le père de Gaius étant Marcus Tullius, magistrat et consul au Sénat de Rome.
- Je vais voir où en sont les préparatifs, annonça Niylah.
- Je suis sûre que Gabriel a les choses bien en mains, l'arrêta-t-elle, viens plutôt te promener avec moi dans les jardins, l'invita-t-elle d'un sourire.
- C'est que… Hésita-t-elle en jetant un regard furtif en direction de la sortie.
Niylah était tentée d'accepter, elle en avait envie, mais pourquoi continuer à faire comme si elles n'allaient pas être séparées, il était bien plus simple d'imposer une distance dès à présent.
- Niylah, approcha doucement Clarke. Je sais quelles sont tes craintes mais je te promets que rien ne changera, tu auras toujours ta place auprès de moi.
- Gaius a déjà son personnel de maison, je ne…
- Tu n'as pas besoin d'être à mon « service », la coupa-t-elle, tu es mon amie avant tout.
« Amie », le cœur de Niylah se serra à ce mot, elle avait maintenant compris qu'elle ne serait jamais plus et bien que cela lui suffise, s'estimant chanceuse de ce que Clarke lui offrait, elle ne pouvait s'empêcher d'en souffrir.
- Niylah regarde-moi, attrapa-t-elle son regard, je t'en fais la promesse, rien ne changera, lui promit-elle en scellant leurs lèvres dans un doux baiser.
Le cœur de Niylah s'emballa, s'enrobant d'espoir à cette promesse.
- Et si tu tiens vraiment à travailler pour moi, nous trouverons quelque chose. Allez sortons d'ici.
- Père ! S'enjoua Gaius à l'arrivée de Marcus dans l'Atrium de la maison Pramheda où il logeait dans l'attente de son mariage.
- Mon fils comme je suis heureux de te voir ! Ouvrit-il grand les bras pour l'enlacer avec fierté.
Le grand sourire de Gaius s'effaça brusquement lorsque par-dessus l'épaule de son père il réalisa la présence d'Anya, Gaia et…
- L… Lexa ?! S'étonna-t-il dans une légère panique.
- Oui, j'ai pensé qu'elle te serait d'une aide bienvenue pour cette grande journée ! S'enjoua Marcus tout en rompant l'étreinte et lui tapant dans le dos, le poussant de quelques pas vers la concernée.
Gaius qui n'était plus ignorant de son lien avec Clarke resta pantois à ouvrir et fermer la bouche, incapable de réagir et Lexa ne l'aidant nullement en gardant le silence. Une éternité sembla s'écouler sous les yeux soudainement confus de son père et ceux inquisiteurs d'Anya et Gaia mais fort heureusement cette torture s'arrêta subitement :
- Marcus ! Arriva joyeusement Becca.
Gaius ferma les yeux dans la crainte de la tempête qui allait s'abattre sur l'Atrium. Le regard de Lexa s'assombrit pour se braquer sur Becca qui ne l'avait pas encore vue.
- Tu es arrivé juste à temps pour la cérémonie, je craignais que tu ne sois…
Becca se figea comme si la foudre de Jupiter venait de la frapper puis elle redirigera ce même éclair sur la source de sa stupeur.
- Que fais-tu là ?! Je pensais pourtant avoir été claire ! Fondit-elle sur Lexa qui ne bougea pas.
- Ma tante ! S'interposa Gaius entre elles.
- C'est moi qui lui ai ordonné de m'accompagner afin de soutenir Gaius, clarifia Marcus.
- Tu connais pourtant ses antécédents avec cette ville, avec la famille de la mariée ! Se retourna-t-elle vivement sur lui.
- Lexa est affranchie et sous ma protection, elle ne craint rien.
- C'est bien mal connaître les Primes, claqua Becca, et tu n'as aucune idée du risque que tu fais courir à ce mariage ! Pointa-t-elle sans pour autant mettre au grand jour les liens de Lexa et Clarke.
Lexa tiqua à cette soudaine protection que sembla avoir Becca envers elle ou bien protégeait-elle seulement Clarke, ignorant ce que ferait Marcus à l'une et à l'autre. Bien qu'il soit plus probable qu'il s'en prenne à Lexa, lui faisant promettre de ne pas s'approcher ou allant jusqu'à la chasser loin de cette famille.
- Becca, j'ai besoin d'elle auprès de Gaius alors je me fiche de ton avis, claqua-t-il vivement. Gaia suis-moi ! Ordonna-t-il avant de s'éloigner à l'intérieur de la demeure.
Un bref silence passa avant que Becca ne se retourne sur Lexa, une colère vive dans le regard :
- Évidemment tu n'as pas refusé !
- Je n'ai pas eu le choix, grinça Lexa.
- Comme ça t'arrange bien, lança-t-elle pleine de sarcasme.
- Ma tante, je m'engage personnellement à ce que Lexa ne s'approche pas de Clarke, intervint Gaius.
Becca souffla de colère et de frustration, son regard passant rapidement de Lexa à Gaius puis elle hocha la tête.
- Il ne s'agit pas seulement de Clarke… Revint-elle sur Lexa. Si les Primes te voient, ils n'auront que faire de la protection de Marcus, lui dit-elle sincèrement inquiète.
- Il n'y a encore pas si longtemps tu voulais me dénoncer, piqua Lexa.
Becca déglutit douloureusement, accusant le coup, puis elle s'éloigna à son tour, rapidement suivit par Gaius qui conscient de sa peine voulait la réconforter.
- Il va falloir m'expliquer ce qu'il vient de se passer, approcha Anya qui était totalement perdue.
- C'est une longue histoire… Répondit amèrement Lexa.
Lexa se racla la gorge pour s'annoncer. Gaius qui se préparait fit volte-face une cape verte en main.
- Ton père m'envoie t'aider, avança-t-elle dans la chambre.
- Tu n'es pas obligée de faire ça, je… je sais tout Lexa.
- Oh… S'arrêta-t-elle. Alors je suppose que tu me veux loin d'ici, amorça-t-elle sa sortie.
- Non ! Bien sûr que non ! Je suis heureux de t'avoir auprès de moi, rien ne me fait plus plaisir que d'avoir ton soutien. Mais l'ai-je réellement alors que je te prends celle que tu aimes ?
- Gaius, tu ne me prends rien, Clarke et moi ce n'est pas ce que tu crois… Nous avons une histoire compliquée, et oui j'aimerai être auprès d'elle, pouvoir lui parler, mais… C'est impossible, déclara-t-elle, ses propres paroles laissant un goût amer dans sa bouche.
- Alors tu me pardonnes ? S'étonna-t-il plein d'espoir.
- Il n'y a rien à pardonner, tu n'as rien fait de mal. Tu n'es qu'un pion de plus dans cette histoire. Clarke, toi, moi, nous subissons le jeu de ton père et de ta tante…Le jeu de Rome.
- Becca n'a agit que pour notre bien à tous, la défendit-il immédiatement.
- En quoi continuer de me laisser culpabiliser pour la mort de Clarke était un bien pour moi ? En quoi briser notre amitié en menaçant de me dénoncer aux autorités de Syracuse était un bien pour moi ? Non Gaius, si Becca a agi ce n'est sûrement pas pour mon bien, claqua-t-elle.
- Peut-être étais-tu le prix à payer pour protéger Clarke… Lexa, si Clarke ne se mariait pas avec moi mon père l'aurait fait assassiner pour stopper l'ascension des Catilina.
Lexa qui serrait les poings à s'en faire mal, renifla maladroitement, les yeux rougis par des larmes refusant de couler.
- N'en parlons plus veux-tu, c'est ton grand jour et tu dois te préparer, allez laisse-moi t'aider.
Gaius acquiesça tandis qu'elle lui prenait la cape des mains pour la draper autour de l'une de ses épaules et couvrir son flanc droit. Si Lexa masqua sa peine et ses sentiments envers son mariage et Clarke, Gaius n'était pas dupe mais comme elle l'avait soulignée, ils n'étaient que des pions et aucun d'eux n'avaient réellement le choix.
- Tu es superbe, lui assura-t-elle dans un sourire une fois terminé.
- Merci.
- Gaius… L'arrêta-t-elle avant qu'ils ne sortent pour se rendre à la cérémonie. Clarke a de la chance de t'avoir.
- Lexa…
- Je le pense sincèrement, leva-t-elle une main pour l'empêcher de la couper. Je sais que tu prendras soin d'elle et que tu la rendras heureuse, ajouta-t-elle sa gorge se nouant.
- Je t'en fais la promesse, lui assura-t-il en retour.
Cachée dans l'ombre, visage dissimulé sous un châle, son regard vert et triste rivé sur le couple se tenant au pied de la statue de Junon, Lexa savait qu'elle ne devrait pas être là. Cependant, elle n'avait pu s'empêcher de suivre la procession d'invités qui était parti de chez Becca pour accompagner Gaius jusqu'au temple comme le voulait la tradition. Elle s'était promis qu'elle n'irait pas plus loin mais ses pas l'avaient conduite jusqu'à l'intérieur.
Gaius et Clarke devant l'assemblée de proches et de riches politiques partageaient le pain d'épeautre, symbole de leur union. Elle serra les poings pour s'obliger à ne pas bouger alors qu'une part d'elle lui murmurait d'intervenir. Elle ferma brièvement les yeux en réalisant qu'elle s'était menti tout autant qu'aux autres vis-à-vis de ses sentiments, sinon pourquoi son cœur souffrait-il autant ? Elle les rouvrit, une larme douloureuse s'échappant sur son visage alors que les invités applaudissaient et criaient de joie au baiser échangé par les mariés.
Lexa avait mal mais elle n'avait pas le droit d'intervenir. Clarke rayonnait, son sourire illuminant la pièce. Elle avait compris ce qu'offrait ce mariage à Clarke. Elle obtenait enfin la liberté dont elle avait tant rêvé. Une liberté que Lexa ne pourrait jamais lui offrir. Elle n'était qu'une esclave, une affranchie, elle n'avait rien à lui offrir si ce n'était une vie de difficultés. Bien qu'elle ait ses différents avec Becca, elle devait reconnaître et accepter le fait qu'elle n'avait pas le droit d'être égoïste.
Elle n'avait aucun droit de débarquer dans la vie de Clarke pour tout chambouler. Depuis leur rencontre le destin s'était mis entre elles et il n'y avait aucune raison pour que cela change. Dans une autre vie elles auraient peut-être eu leur chance. Lexa sentit son cœur se fissurer mais elle refusa de lui céder, raisonnant avec sa tête.
Elle avait été sincère envers Gaius, elle savait qu'il la rendrait heureuse. Une vie stable et heureuse que Lexa ne pourrait jamais lui offrir. C'est donc sans crainte que Lexa renonçait à Clarke.
Une main se posa sur son épaule. Elle tourna la tête et rencontra le sourire triste d'Anya qui lui fit signe qu'il était temps de quitter le temple alors que la foule commençait à en faire de même.
Alors que la journée n'avait été que joie pour Clarke, elle avait ressentie une soudaine appréhension lorsqu'ils avaient quitté la maison des Primes où un banquet avait été donné. Gaius et Clarke avaient été conduits à la demeure qui serait la leur dans une nouvelle procession d'invités.
Ces derniers étaient maintenant en train de faire la fête dans l'Atrium tandis que Gaius et Clarke se rendaient à leur chambre, où leur mariage devait être consommé afin de valider leur union.
Devançant Gaius, Clarke sentit l'angoisse la saisir. Les souvenirs de sa première nuit avec Finn se rappelant à elle lorsqu'elle fit face au lit conjugal. Cette nuit là, elle avait commencé à se rendre compte que son époux était bien différent de la personne qu'il montrait au grand jour. Bien qu'elle veuille croire que tout serait différent avec Gaius, qu'il le lui ait assuré ainsi que Becca, une part d'elle commençait à douter. Refusant de souffrir elle décida de prendre les devants, moins elle lutterait, moins elle souffrirait et elle avait eu quelques leçons sur le plaisir dernièrement et la façon de faire pour contrôler un homme.
Allant contre toutes les traditions, elle dénoua le nœud que Gaius aurait dû lui-même retirer puis elle fit glisser sa robe au sol. Nue face au lit, elle fit volteface pour s'offrir à la vue de son nouvel époux dont elle entendit l'approche.
- Clarke, que fais-tu ?! Sursauta-t-il de surprise, s'arrêtant net.
Ce dernier était resté à la porte pour demander que tout le personnel et gardes s'éloignent de leur chambre sous couvert d'intimité. Lorsqu'il était entré dans la chambre, rejoignant sa femme, il fut plus que surpris de la trouver nue.
- Je veux qu'on en finisse au plus vite, lui dit-elle franchement.
- Il n'est pas question que je te touche, lui dit-il en ramassant sa robe et la couvrant avec.
Plus d'une femme se serait vexée mais Clarke attrapa sa robe qu'elle maintint sur son corps tout en le fixant simplement de surprise, le soulagement la gagnant lentement.
- Mais nous devons consommer le mariage, c'est la tradition…
- Tu en as envie ?
- Non…
- Alors pourquoi se soucier de la tradition, personne ne le saura.
- Les dieux le sauront…
- Tout comme ils savent qu'il n'y aura aucun enfant résultant de cette union, lui rappela-t-il sa condition qui n'était plus un secret entre eux depuis qu'elle avait décidé d'être totalement honnête avec lui. Cette tradition n'a que ce seul but alors les dieux seront sûrement cléments.
- Ce n'est pas dans leurs habitudes … Souffla-t-elle.
- Clarke… Commença-t-il en posant ses mains sur ses épaules… Si tu y tiens vraiment nous pouvons essayer de contenter les dieux mais aussi belle sois-tu je ne te garantis pas que mes glorieux attributs se dressent pour toi, s'amusa-t-il de sa propre situation.
Clarke laissa échapper un léger rire puis elle se dirigea vers le placard de la chambre pour trouver une robe plus légère pour la nuit. Remarquant la gêne évidente de Gaius face à sa nudité, elle prit un malin plaisir à se découvrir durant sa marche, exposant ses fesses rebondies au jeune homme.
- Comment se portent tes « glorieux attributs » ? Le taquina-t-elle alors qu'il se détournait par respect. Mais où sont mes vêtements ?! S'exclama-t-elle en découvrant uniquement des vêtements d'homme dans le placard de la chambre.
- Oh ! J'ai pensé que nous ferions chambre à part après cette nuit alors je les ai fait porter dans ta chambre.
- Tu n'as pas peur que les gens parlent ? S'inquiéta-t-elle bien qu'elle apprécie l'idée d'avoir sa propre chambre.
- Il suffira de partager quelques nuits ensemble pour les faire taire, lui sourit-il.
Clarke lui rendit son sourire, heureuse d'avoir finalement accepté de partager sa vie avec lui. En confiance, elle décida d'aller se glisser nue sous les draps. Gaius se dévêtit puis ce changea avant de la rejoindre, s'allongeant de son côté du lit. Les bras de Morphée les emportant rapidement vers l'aube d'une nouvelle vie.
Anya revint du comptoir de la taverne et déposa deux pintes d'hydromel sur la table.
- Il fait suffisamment sombre, tu pourrais retirer cette capuche.
- Je préfère ne pas prendre de risque, répondit Lexa.
- Tout le monde te pense morte, personne ne fera le rapprochement.
- J'ai été championne dans cette ville, tu es bien placée pour savoir qu'il y a toujours quelqu'un pour nous reconnaître.
Anya eut un sourire goguenard en songeant à sa notoriété à Rome et n'insista pas davantage. Lexa l'en remercia silencieusement puis elle but une gorgée de sa pinte. Passer son temps à se cacher ne lui plaisait pas mais elle n'avait pas le choix. Marcus avait décidé de prolonger son séjour afin d'aider Gaius à devenir magistrat à la place de Lucius. Il s'était donc lancé dans une campagne pour améliorer la côte de popularité de son fils auprès des habitants qui voteraient bientôt.
Cela signifiait pour Lexa qu'elle devait rester. Le problème étant qu'elle ne pouvait ni vivre chez Gaius et Clarke au risque de croiser cette dernière, ni chez Becca avec qui elle était en froid, donc elle vivait cachée depuis plusieurs jours sur le bateau qui les avait amenés. Anya l'avait trainée dans cette taverne afin de lui changer les idées.
- Comment allons-nous faire sans Gaia ? Demanda Anya.
- Je n'en sais rien, admit Lexa, elle seule connaît l'identité de nos contacts parmi les esclaves.
Marcus avait décidé d'offrir Gaia à Gaius afin qu'elle devienne l'intendante de sa maison. Elle allait donc vivre à Syracuse et cela contrariait grandement leurs plans concernant la libération des esclaves de Rome. En tant qu'esclave, Gaia pouvait discrètement approcher les esclaves des autres maisons afin de les rallier à leur cause et obtenir des informations. Sans cela, leur réseau était réduit à néant tout comme leur projet.
- Et bien c'est un problème pour notre retour à Rome, en attendant nous devrions nous amuser, reprit Anya. Surtout toi, la pointa-t-elle de sa pinte.
- Et bien je suis en train de boire avec toi non ? Lui fit-elle remarquer.
- Je ne parle pas de ça ! Choisis donc une de ces femmes qui ne demande qu'à te satisfaire et oublie donc cette Clarke ! Dit-elle en désignant les prostituées de la taverne.
« Je ne veux pas l'oublier » Songea fortement Lexa.
- Ce sont des esclaves, lui reprocha-t-elle.
- Si ce n'est pas avec toi, c'est avec un de ces porcs qu'elles termineront.
- Alors quoi, je leur fais une faveur ? Retourna-t-elle avec sarcasme.
- Gaia parle tu sais… Retourna-t-elle dans un sourire suggestif et haussant les sourcils.
- Désolée mais je passe, indiqua-t-elle tout en se levant, décidant d'ignorer sa remarque.
- Ne te fâche pas voyons, il est encore tôt !
- J'ai déjà trop tenté ma chance, je préfère rentrer. Amuse-toi bien, la salua-t-elle.
- Mais j'y compte bien, leva-t-elle sa pinte dans un sourire avant de boire une gorgée et braquer son regard sur un homme de la salle.
Lexa suivit son regard et hoqueta un rire avant de prendre la direction de la sortie. Une fois dehors, elle leva les yeux vers le ciel étoilé, songeant que c'était une belle nuit malgré les quelques nuages venant par moment voiler l'éclat de la lune.
- C'est une belle nuit, énonça Clarke en quittant le ciel étoilé des yeux pour se tourner vers Gaius. Merci pour cette sortie.
- Je t'en prie, je pense que nous en avions besoin tous les deux.
- Oui cette pièce de théâtre m'a fait le plus grand bien. Cela nous change des mondanités.
- Je suis désolé pour cela.
Gaius se sentait quelque peu coupable d'avoir dû entraîner avec lui Clarke dans toutes sortes d'événements officiels depuis leur mariage. Cela faisait seulement quelques jours et ils n'avaient pas un moment pour eux depuis que son père s'était mis en tête de le faire élire magistrat à la place de Lucius. Et encore cette nuit bien qu'ils se soient rendus à une simple pièce de théâtre, le couple avait dû jouer le jeu de la politique avec quelques personnalités rencontrées.
- Tu n'y es pour rien, cela fait parti du contrat, le rassura-t-elle. Et puis si cela permet d'évincer Lucius, je suis totalement pour.
Gaius lui sourit, rassuré, se sentant chanceux de l'avoir à ses côtés.
- Et puis nous n'avons pas croisé que d'ennuyeux politiciens.
- Oui, Alcibiade était rafraîchissant. Je le pensais de retour en Grèce ? S'enquit Gaius.
- Apparemment les plaisirs de Syracuse lui manquaient.
- Si tu souhaites le voir en privé rien ne t'en empêche.
- Oh non ! Je ne parlais pas de ça. Je ne me permettrai pas de…
- Clarke, rit-il. C'est tout l'intérêt de ce mariage alors si tu veux coucher avec lui ne t'en prive pas, ce n'est pas moi qui t'en voudrais.
- C'est gentil mais le fait que nous en parlions si franchement me gêne un peu, avoua-t-elle.
- Il ne faut pas mais je n'en parlerai plus si ça te gêne. Sache juste que tu es libre de voir qui tu souhaites.
- Merci… Hm Gaius… ? Ne sommes-nous pas sur la mauvaise route ? S'enquit-elle en regardant soudainement autour d'eux.
- Effectivement nous avons raté notre rue, nous devrions faire demi-tour.
- Pas la peine, nous pouvons passer par les jardins de la ville. C'est à deux rues d'ici et nous tomberons directement sur notre maison, l'arrêta Clarke d'une main sur le bras.
- Et bien je te suis, lui assura-t-il, confiant tout en entrelaçant son bras au sien.
Ils marchaient dans les rues vides et sombres de Syracuse alors que la nuit était déjà bien avancée. Seules les patrouilles de gardes, les vagabonds et quelques citoyens tardifs comme eux circulaient encore. Malgré le silence de la nuit, le couple marchait sereinement tout en discutant joyeusement. L'innocence des jeunes mariés les empêcha de prêter attention à l'ombre qui les suivait depuis quelques minutes déjà, cette dernière longeant les bâtiments en toute discrétion, disparaissant ou s'agrandissant face aux quelques torches fatiguées éclairant par endroit la rue.
La silhouette sournoise attendit que le couple pénètre dans le parc afin de les devancer en se dissimulant grâce aux arbres et buissons des allées. Utilisant le bruit d'une fontaine pour couvrir ses pas, tout comme la joyeuse discussion du couple inconscient du danger approchant. L'ombre sortit une dague dont la lame brilla légèrement au clair de lune.
On lui avait donné une simple mission afin de gagner sa liberté. Il n'avait qu'à assassiner ce couple et il pourrait quitter Syracuse en homme libre. Deux vies pour sa vie, ce n'était pas cher payé, qui plus est les vies de deux sales Romains.
Il resserra sa poigne sur la dague lorsque le couple passa devant lui, le léger rire de la femme atteignant ses oreilles. Il inspira profondément, puis il sortit de sa cachette pour fondre sur le couple, visant d'abord l'homme. Le bruit de ses pas rapides sur le gravier de l'allée finirent par alerter le couple mais trop tard. Le romain se retourna, levant instinctivement un bras protecteur devant sa compagne, son corps faisant barrage mais réagissant trop tard pour se protéger lui-même de la dague qui vint se planter dans son abdomen.
- GAIUS ! Hurla de terreur Clarke à la vision de la dague plantée dans l'abdomen de son mari.
L'agresseur retira la dague ensanglantée de Gaius puis il la leva dans sa direction. Elle recula de terreur mais avant qu'il ne puisse faire un pas, Gaius se jeta sur lui malgré sa blessure, roulant sur le sol. Il perdait beaucoup de sang et sentait déjà ses forces faiblir mais la vision de Clarke en danger lui avait donné suffisamment d'énergie pour s'interposer, même pour un court instant.
- Cours ! Lui ordonna Gaius alors que leur agresseur le renversait avec facilité.
Clarke hésita entre l'écouter et l'aider, se paralysant un instant qui suffit pour que leur assaillant se relève et fonde sur elle. Cependant Gaius attrapa la cheville de l'homme, le faisant trébucher. L'assassin lui décocha un puissant coup de pied en plein visage qui lui fit lâcher prise. Il se releva et se tourna ensuite sur Clarke, dague en l'air. Cette dernière réagit enfin et prit la fuite mais prise de panique, elle trébucha et l'homme la rattrapa avec aisance.
Il allait l'atteindre, la surplombant toujours dague levée pour s'abattre sur Clarke alors qu'elle était terrifiée lorsque Gaius intervint une nouvelle fois poussé par la force du désespoir. Il le prit en tenaille, le retenant de s'abattre sur sa compagne. L'agresseur le repoussa et se retournant il le frappa à nouveau de sa dague, le touchant à plusieurs reprises.
- NON ! GAIUS ! Cria Clarke alors que son mari s'écroulait au sol, sa tunique teintée de sang.
- La ferme ! Claqua l'homme qui revint sur elle.
Clarke se releva mais ses pieds dérapèrent sur le gravier, ce qui permit à son agresseur de la rattraper facilement. Il l'attrapa par les cheveux, la tirant violemment en arrière. Elle cria de souffrance en tentant de ne pas tomber, se laissant finalement entraîner pour amoindrir la douleur de sa poigne. Soudainement elle se retrouva coller à lui puis elle vit son bras armé approcher la lame de sa gorge. Dans un miraculeux réflexe Clarke bloqua son bras, arrêtant la dague à quelques centimètres de sa gorge. Elle mordit ensuite avec force dans sa chair.
Il ne lâcha pas sa dague mais la repoussa avec force dans un cri douloureux. Elle tomba à terre où il lui décocha un puissant coup de pied dans le ventre, ce qui lui coupa la respiration. Furieux, il lui en asséna plusieurs autres avant de se poser à califourchon sur elle, l'immobilisant de son poids. Clarke se débattit de toute sa hargne malgré son corps douloureux et la peur menaçant de l'étouffer à tout instant. Elle plaqua ses mains sur son visage, le repoussant et le griffant alors qu'il tentait de l'immobiliser pour abattre sa dague.
- AÏE ! SALE GARCE ! Cria-t-il furieux avant de lui décocher une puissante gifle qui lui fendit la lèvre et la sonna.
Clarke se sentit instantanément vidée de toute force, la douleur de son corps s'amenuisant tandis que son esprit luttait contre l'inconscience qui l'appelait dangereusement. La peur de sombrer dans l'obscurité et de ne plus jamais revoir le jour écrasa son cœur. Elle cligna lentement des yeux, ses paupières se faisant lourdes, ouvrant et fermant les yeux, elle vit l'homme approcher la dague de sa gorge puis elle sentit la froideur de la lame. Elle cessa alors de lutter, laissant l'obscurité l'emporter.
Lexa courait à travers le parc à la recherche du cri qui avait percé la nuit. Elle savait que c'était de la folie, qu'elle devrait rentrer au bateau et faire comme si elle n'avait jamais rien entendu mais ce cri plein de terreur avait éveillé tous ses sens. Elle avait brièvement songé à passer son chemin mais ses jambes s'étaient mises à courir avant même qu'elle n'y pense. La terreur dans ce cri l'avait touchée en plein cœur et elle ne pouvait consciemment s'en détourner. Elle courait donc dans sa direction en se disant qu'elle pourrait toujours faire demi-tour si des secours étaient déjà présents.
Sortant d'une allée, elle aperçut soudainement un corps sur le sol puis quelques mètres plus loin, une silhouette penchée sur un autre corps ainsi que l'éclat d'une lame. Agissant par instinct, Lexa se précipita sur l'agresseur, l'interpellant pour attirer son attention avant qu'il ne tranche la gorge de sa victime. L'homme se tourna vers elle, écartant légèrement sa dague de la chair, ce qui permit à Lexa de l'atteindre et de l'éloigner dans un puissant coup de pied au visage. L'agresseur fut projeté au sol dans un râle mêlé de douleur et de rage.
Il se releva rapidement et Lexa s'interposa entre lui et sa victime dont elle ne pouvait se soucier pour l'instant.
- Ne te mêle pas de ça ! Passe ton chemin ! Lui ordonna l'homme.
- Trop tard pour ça alors pose plutôt cette dague.
Lexa n'affichait aucune crainte. L'homme avait l'air d'un esclave sans aucune pratique du combat au vu de sa posture et la manière dont il tenait sa lame. En revanche, il était d'une imposante carrure. Si Lexa avait la technique pour elle, elle savait que sa force lui poserait rapidement problème.
- Je suis allé trop loin pour abandonner maintenant ! Grogna-t-il de désespoir avant de fondre sur elle.
Ne pouvant utiliser son élan contre lui au risque qu'il tombe sur la femme juste derrière eux, Lexa dû bloquer son bras armé de ses deux mains. Il fut surpris par son réflexe mais étira un sourire lorsqu'il sentit sa poigne trembler, montrant clairement la faiblesse de ses bras. Il retira subitement son bras armé puis profitant de la surprise de Lexa, il lui infligea un puissant coup de poing au visage qui l'envoya s'écraser au sol.
Lexa tomba lourdement à terre. Elle sentit ses vêtements s'imbiber d'une substance collante et ses mains s'appuyer sur de l'herbe poisseuse. Elle redressa la tête et se retrouva nez à nez avec le corps inerte de l'homme qui baignait dans son propre sang. Si proche de lui et le clair de lune aidant, elle reconnut avec horreur son visage.
- Gaius… Souffla-t-elle d'horreur avant que son cœur ne se fige d'une terrible réalisation.
Elle tourna brusquement la tête vers le corps de la femme, son cœur ratant un battement de terreur en réalisant qu'il s'agissait probablement de Clarke. Elle vit l'agresseur furieux revenir à l'attaque, c'est alors qu'une incommensurable rage s'empara d'elle à l'idée que le pire ne soit arrivé. Lexa se releva et se jeta sur lui. L'homme fendit l'air de sa dague mais elle l'esquiva puis passant avec agilité dans son dos, elle le frappa à l'arrière du genou. Il mit genoux à terre et Lexa vint passer un bras autour de sa gorge, l'étranglant. Il leva sa dague mais elle attrapa son poignet et le lui tordit douloureusement, la dague tombant alors sur le sol.
L'homme referma alors sa main libre sur le bras l'étranglant. Il appuya avec la force du désespoir pour la faire lâcher. Lexa serra les dents, retenant un gémissement douloureux alors qu'il appuyait sur ses muscles et nerfs abîmés. Elle resserra sa poigne sur sa gorge mais la force de l'homme couplée à l'appui sur son bras abimé finirent par avoir raison de sa prise. Elle céda, lui laissant suffisamment d'espace pour venir douloureusement la mordre. Elle lâcha sa prise, reculant sous la douleur. Tout en reprenant son souffle, l'homme vit la dague au sol et la reprit en main fondant alors l'air dans sa direction.
Lexa réagit trop tard et la lame vint effleurer sa cuisse, l'entaillant sévèrement. Elle posa à son tour genou à terre et l'homme lui décocha un nouveau coup de poing qui l'envoya au sol. Il vint ensuite la cueillir d'un coup de pied à l'estomac qui lui coupa le souffle.
- Tu n'es pas Romaine, pourquoi risquer ta vie pour deux sales Romains, cracha-t-il en lui assénant un nouveau coup. Je n'ai rien contre toi alors reste à terre pendant que je termine, lui indiqua-t-il avec un nouveau coup de pied.
« Qu'il termine ? » Releva-t-elle alors qu'il s'approchait à nouveau de Clarke. « Elle est vivante ! »
Lexa se releva, ignorant la douleur des coups, puis elle fondit sur lui alors qu'il venait de lever la dague et qu'il s'abaissait pour l'abattre sur Clarke. Elle passa à nouveau son bras autour de sa gorge, le surprenant puis attrapa son bras armé mais au lieu de le lui tordre pour le faire lâcher, elle retourna son élan contre lui, la dague venant se planter dans son propre cœur. L'homme écarquilla les yeux de stupeur puis cracha du sang. Lexa le relâcha complètement, retirant la dague, puis il tituba de quelques pas avant de s'écrouler sur le sol, mort.
- Clarke ?! S'inquiéta-t-elle immédiatement.
Elle tomba à genoux au côté de la jeune femme inerte. Remarquant l'absence de sang, elle posa une main sur son visage, cherchant un signe de vie.
- Clarke ? Réveille-toi, je t'en prie !
- G… Gaius… Gémit alors la blonde.
Lexa soupira de soulagement mais fut rapidement prise de panique en se rappelant de l'état de Gaius. Elle laissa Clarke pour courir auprès de son ami.
- Par les dieux non, Gaius, s'agenouilla-t-elle à ses côtés et paniquant elle posa ses mains sur la première plaie venue.
- L… Lexa ? Gargouilla difficilement Gaius qui la fixait faiblement.
- Gaius ! Ne dis rien, accroche-toi, appuya-t-elle plus fort sur la plaie.
- C… Clar…
- Elle va bien, le rassura-t-elle sur l'état de sa compagne.
- Toi ! Éloigne-toi tout de suite ! Cria à travers la nuit une voix grave.
Lexa sursauta et vit alors approcher une patrouille de soldats. Elle se figea, son regard tombant alors sur ses mains pleines de sang et tenant encore la dague de l'agresseur. Elle prit soudain conscience de l'impression que donnait la scène.
- Ce… Ce n'est pas ce que vous croyez ! Leur dit-elle d'une voix tremblante d'inquiétude pour son ami. Il faut l'aider ! Il est encore en vie !
- J'ai dit : éloigne-toi ! Réitéra le plus haut gradé, les cinq soldats l'encerclant en pointant leurs glaives sur elle.
Lexa se releva lentement et s'éloigna de Gaius.
- Lâche ta dague !
Lexa obéit, sachant qu'elle n'avait aucun moyen de lutter contre eux, se laissant donc faire lorsque deux des soldats se saisirent d'elle.
- La femme est seulement inconsciente, annonça l'un des autres soldats.
- C'est Gaius Tullius ! Il est encore en vie ! Constata l'autre soldat penché sur Gaius.
- Bordel, il ne manquait plus que ça. Emmenez-le vite au plus proche guérisseur ! Leur ordonna-t-il. Que je sois damné s'il meurt sous ma garde.
Les deux soldats s'empressèrent de prendre Gaius et de l'emmener. Le gradé s'approcha alors du corps de l'agresseur dont il ne put que constater la mort. Il ignora Clarke dont l'inconscience n'inquiéta personne dans l'immédiat pour revenir sur Lexa. Il s'attarda finalement sur elle, l'observant de haut en bas, s'arrêtant sur ses vêtements et ses mains maculées de sang puis son visage qui lui semblait familier.
- Je te connais… Souffla-t-il tout en plissant les yeux et cherchant dans sa mémoire.
Lexa soutint son regard, priant les dieux d'être pour une fois de son côté car bien que cela ne changerait rien à son arrestation, sa peine serait sans doute plus douce s'il ne la reconnaissait pas. Ses espoirs furent anéantis lorsqu'elle vit la réalisation sur son visage.
- Comment est-ce possible ?! Tu es l'ancienne championne de Syracuse. Tu es venu finir le travail c'est ça ?! L'accusa-t-il en venant la gifler avant de fermement l'attraper par la mâchoire. Tu n'as pas déjà fait assez de mal à cette jeune femme ?!
- C'est l'esclave… Je les ai sauvés… Réussit-elle à cracher compresser dans sa poigne.
- J'ai fais l'erreur de te ramener à la justice lors de ta tentative de fuite, une faute qui a terriblement touché la famille Prime par la suite. Et aujourd'hui tu recommences, mais je ne commettrai pas deux fois la même erreur, cracha-t-il avec haine.
Il la lâcha et recula d'un pas, la toisant d'un regard meurtrier. Lorsqu'il avait eu vent de l'agression de la gladiatrice sur la famille Prime, il s'était senti coupable de ne pas avoir châtié lui-même cette esclave lors de sa fuite sur le port. Il n'avait fait que suivre le protocole mais s'il l'avait tuée ce soir-là pour avoir tenté de fuir et s'être rebellée contre eux, elle n'aurait jamais eu l'occasion de lâchement poignarder la jeune femme gisant sur le sol non loin d'eux. Il ignorait comment elle avait survécu mais cette fois il allait s'assurer qu'elle ne reviendrait pas d'entre les morts.
Sans avertissement il lui asséna un puissant coup de poing à l'estomac. Lexa sentit l'air violemment la quitter puis ses poumons brûler à la recherche d'air. Un autre coup suivit, l'atteignant à la mâchoire, le goût cuivré du sang emplissant sa bouche. Un nouveau coup à l'abdomen, ses jambes défaillirent mais les deux soldats la retinrent, la redressant pour que leur supérieur puisse continuer à la frapper.
« Alors c'est comme ça que ma vie se termine ? » Songea-t-elle amèrement.
Elle tourna son regard sur Clarke. Soulagée qu'elle ne puisse assister à cela, triste d'être aussi proche d'elle sans pouvoir l'approcher, heureuse d'avoir été là pour lui sauver la vie. Un coup de poing l'obligea à détourner le regard vers l'autre côté du parc. Elle cracha du sang sur le sol déjà souillé du sang de ses proches puis elle cligna des yeux pour chasser les points noirs dansant dans son champ de vision.
- Tu ne vaux pas la peine que je me fatigue davantage, grogna le gradé.
Il se détourna brièvement pour ramasser la dague gisant sur le sol ensanglanté avant de revenir vers elle.
- Je vais te faire l'honneur de connaître la douleur que tu as infligé à tes victimes, annonça-t-il avec sadisme.
Lexa déglutit difficilement alors qu'elle était pleinement redressée, l'un des hommes tirant douloureusement ses cheveux pour qu'elle redresse la tête. Elle se débattit pour la forme, refusant de supplier ou de capituler, restant une guerrière malgré tout. Les deux soldats resserrèrent leur prise sur elle et c'est sans échappatoire possible qu'elle vit le gradé approcher. Il déchira le haut de sa tunique, exposant presque sa poitrine puis approcha la lame de son corps. Il appuya la pointe sur sa clavicule puis pressa légèrement pour percer sa chair avant de lentement la lacérer jusqu'au dessus de son sein droit.
- Tu vas comprendre leur souffrance crois-moi, lui dit-il alors qu'elle serrait les dents pour ne pas lui donner la satisfaction de sa douleur.
- Je n'ai rien fait ! Jamais je ne lui ferai de mal ! Se défendit-elle avant de lui cracher au visage.
Clarke ouvrit difficilement les yeux. Ses paupières étaient lourdes et son esprit embrumé. Revenant à elle, elle prit conscience d'être sur le sol froid du parc et tout lui revint brutalement en mémoire. Elle se réveilla pleinement et se redressa, grimaçant aux plaintes de son corps douloureux. Son regard tomba immédiatement sur le corps sans vie de son agresseur, bien qu'elle ne comprenne pas la situation, elle chercha instinctivement Gaius qu'elle savait au plus mal.
Cependant, elle ne le trouva pas à l'endroit où il gisait avant qu'elle ne tombe dans l'inconscience. À sa place elle découvrit quatre silhouettes. Chassant sa surprise et analysant la scène, elle réalisa rapidement qu'il s'agissait de trois soldats entrain de corriger une femme.
« Tu ne vaux pas la peine que je me fatigue davantage » Entendit-elle l'un des soldats qui alla ramasser quelque chose sur le sol.
« Je vais te faire l'honneur de connaître la douleur que tu as infligé à tes victimes » Dit-il ensuite en approchant de la femme.
Clarke se mit à réfléchir, totalement perdue face à ce qu'il se passait. Leur agresseur était mort, Gaius avait disparu et des soldats corrigeaient une femme en parlant de victime qu'elle aurait fait souffrir.
« Tu vas comprendre leur souffrance crois-moi »
« Je n'ai rien fait ! Jamais je ne lui ferai de mal ! »
« Cette voix ?! » Réalisa violemment Clarke.
« SALE CHIENNE ! » Hurla l'homme.
Clarke qui était perdue dans ses pensées se retourna vers la scène et vit l'homme frapper de rage à plusieurs reprises la femme. C'est alors que la lune éclaira vivement le parc, comme si Diane, déesse de la lune, voulait elle-même révéler la vérité que son cœur avait déjà comprise à l'entente de cette voix si familière et qu'elle pensait impossible.
Là, sous l'éclat de la lune, elle vit parfaitement les traits de Lexa lui apparaître. Elle ignorait comment mais Lexa était bien là, bien vivante juste sous ses yeux. Elle comprit brutalement ce qu'il se passait. Ces soldats la prenaient pour leur agresseur et allaient la tuer.
- Non… Arrê… ARRÊTEZ ! Se releva-t-elle vivement.
Elle courut dans leur direction sans plus réfléchir davantage, n'ayant qu'une idée en tête, celle de sauver Lexa. Elle s'interposa sans aucune prudence entre le gradé et Lexa, la dague qu'il comptait profondément plonger dans l'abdomen de Lexa s'arrêtant à quelques centimètres d'elle.
- Vous êtes folle ?! S'emporta le gradé.
- Elle n'a rien fait ! Elle nous a sauvé ! Cria-t-elle bras en avant pour l'empêcher d'approcher.
- Quoi ?! Vous avez reçu un coup à la tête, vous êtes troublée, c'est une criminelle, elle a déjà essayé de vous tuer !
- NON ! Je vous dis qu'elle n'a rien fait ! Vous allez la libérer ou je vous jure que vous serez envoyé aux galères pour avoir osé la toucher !
Le gradé hésita, refusant fièrement de se laisser traiter ainsi par une femme, mais le regard de Clarke était si brûlant de détermination qu'il finit par faire signe à ses hommes de s'écarter. Ils relâchèrent Lexa qui tomba à genoux.
- Donnez-moi votre cape ! Claqua Clarke.
Lexa qui avait du mal à réaliser ce qu'il venait de se passer, sentit soudainement une cape couvrir le haut de son corps dénudé puis deux mains s'emparèrent délicatement de son visage et elle rencontra deux orbes océan.
- Lexa, c'est vraiment toi ? Souffla Clarke, la voix tremblante de larmes et ne comprenant pas.
La brune hocha simplement de la tête puis elle fut happée dans une étreinte désespérée, soulagée, et tremblante de sanglots. Elle referma ses bras autour de Clarke, respirant son doux parfum et se sentant bien en vie.
A suivre…
Et voilà ENFIN les véritables retrouvailles ! :D Qu'en pensez-vous ? J'ai réussi à vous surprendre ? Je crois que de mémoire une personne avait deviné pour Lexa qui assiste cachée au fond de la salle au mariage :p (On commence à savoir comment j'aime vous torturer :p)
Alors on aime suffisamment Gaius pour qu'il survive ou bien il meurt pour laisser le champ libre au clexa ? :p Enfin sa mort n'apporterait peut-être pas que du bon pour Clarke...
Sinon Lexa semble bien embêté dans ses plans avec Gaia qui doit rester à Syracuse... et toujours en froid avec Becca qui ne peut pas faire grand chose concernant sa présence cette fois.
Vous comprenez que Lexa se résigne et reste cachée ? Je suis sûre que vous auriez préféré qu'elle sorte de l'ombre au mariage XD
Alors que va-t-il se passer dans le prochain chap ? Lâchez-vous ! :D
Enfin concernant la publication de la suite... comment dire que je n'ai absolument pas avancé pour le moment, malgré la fin de noël ça reste compliqué donc je posterais la suite en fonction de mon avancement mais au plus tard début février, enfin j'espère :(
En attendant j'attends vos review avec impatience ! A bientôt ! :)
