CH19-Retrouvailles

Bonsoir !

Un lundi presque mardi pour changer.

Encore un grand merci pour vos retours, ça me boost, Merci ! :D

Fidèle au poste, Kouan à la relecture !

Bonne lecture


- Où est Gaius Tullius ?! S'enquit Clarke en arrivant avec Lexa chez le guérisseur l'ayant pris en charge.

Il avait été emmené dans une bâtisse accueillant plusieurs guérisseurs qui pouvaient s'occuper de nombreux patients en même temps.

- Dans l'arrière salle où les guérisseurs sont en train de s'occuper de ses blessures, leur répondit un assistant qui circulait entre les lits des malades.

- Conduisez-nous à lui, ordonna Clarke.

- Je suis désolé mais nous ne pouvons les déranger dans leur travail.

- Je suis sa femme ! Claqua-t-elle. Je dois être auprès de lui, insista-t-elle la voix tremblante d'inquiétude.

- Très bien, mais seulement vous, indiqua-t-il fermement et fixant Lexa.

Clarke se tourna vers la brune, encore ignorante de son lien avec Gaius mais inquiète qu'elle ne disparaisse de nouveau.

- Vas-y, je t'attends ici, la rassura-t-elle.

- Il faut que quelqu'un regarde tes blessures, pointa Clarke soucieuse.

- Ne t'inquiète pas pour moi, Gaius à besoin de toi, vas-y.

Clarke l'observa un instant et eut la sensation que la brune ne prendrait pas soin de ses blessures. Elle hésitait à la laisser lorsqu'elle vit passer une autre assistante non loin d'elles.

- Vous ! Cette femme a besoin de soin ! L'interpella-t-elle tout en prenant doucement Lexa par le bras pour la conduire à la soignante, tout en ne forçant pas le rythme alors qu'elle boitait à cause de sa blessure.

- Installez-vous ici, leur montra-t-elle une chaise.

- Clarke, je vais bien, je…

- Tais-toi, la coupa-t-elle tout en la forçant à s'assoir, ce qui fit grimacer la brune à cause de l'appui sur sa cuisse.

Lexa fut plus que surprise par son attitude, elle n'avait pas souvenir qu'elle pouvait faire preuve d'une telle autorité. Elle esquissa un fin sourire face à ce changement.

- Il faut soigner sa cuisse et son épaule, ordonna Clarke à la soigneuse.

- Je vais m'en occuper, la rassura-t-elle.

- Tu ne bouges pas d'ici jusqu'à mon retour, ordonna-t-elle ensuite à Lexa qui sentit un frisson la traverser sous son regard autoritaire.

Lexa se contenta d'acquiescer puis Clarke suivit l'assistant, accrochant son regard dans une promesse silencieuse de rapidement se retrouver avant de finalement se détourner. Lexa les regarda s'éloigner puis disparaître derrière une porte. Malgré son état, elle se sentait heureuse d'avoir retrouvé Clarke et elle tentait de ne pas penser aux conséquences.

- Savez-vous si Gaius Tullius va s'en sortir ? Demanda-t-elle à la soigneuse, le cœur serré pour son ami.

- Les guérisseurs font tout leur possible.

La soigneuse entreprit de lui retirer sa cape qu'elle tenait toujours autour de ses épaules. Lexa eut le reflexe de s'y accrocher comme si on allait lui retirer un souvenir de Clarke.

- Il faut que je regarde votre blessure à l'épaule, lui expliqua-t-elle d'une voix rassurante.

Pendant que la femme s'attelait à nettoyer et bander ses plaies à la cuisse et à l'épaule, elle se perdit dans ses pensées. Elle se repassa les paroles de l'esclave, son attitude, et elle acquit la certitude que ce n'était pas une attaque opportuniste. Il n'avait pas pour but de leur voler leur argent. Il avait clairement eu l'intention de les tuer, c'était son travail, sa mission. Lexa serra les poings en songeant que quelqu'un était derrière tout cela et elle se promit de trouver la personne responsable.


Gaius était par miracle sortit d'affaire. Cependant, il restait faible et en prise à un sommeil quasi constant. Les guérisseurs avaient conseillé de ne pas le bouger mais Marcus avait insisté pour qu'il rentre chez lui, tout comme Clarke, afin de pouvoir le protéger de toute autre attaque car personne n'était dupe. Et bien qu'il soit reconnaissant envers les guérisseurs qui s'étaient occupés de son fils, une fois chez lui Marcus avait fait venir le meilleur soigneur de Sicile à son chevet.

Les soldats avaient tenté de garder Lexa afin de l'emmener en prison mais Marcus s'était interposé annonçant clairement que Lexa avait déjà été jugée pour ses crimes et qu'elle était maintenant affranchie et sous sa protection. Les soldats s'étaient rétractés à regret, le gradé menaçant d'être là au moindre faux pas de la brune.

Clarke avait été plus que surprise face à la familiarité dont avait fait preuve Marcus à l'égard de Lexa. Encore plus lorsqu'elle avait entendu Lexa lui répondre qu'elle n'avait fait que protéger son ami lorsqu'il l'avait vivement remercié en lui annonçant qu'il avait une dette envers elle. Elle n'avait pourtant rien dit alors que Gaius était la priorité. Ainsi ils l'avaient ramené puis avec l'aide de Niylah et Gaïa, elle l'avait installé dans sa chambre tandis que Marcus s'était retiré en quête des commanditaires de l'attaque.

Après un temps interminable passé à attendre dans l'Atrium, Lexa vit enfin Clarke redescendre de l'étage des chambres accompagnée par Niylah. Cette dernière n'était aucunement ravie de son retour alors qu'elle ne cessait de lui jeter des regards assassins.

- Niylah laisse-nous, lui demanda Clarke lorsqu'elles furent face à Lexa.

Elle détesta visiblement cette demande mais elle obéit non sans jeter un autre de ses regards assassin à Lexa, lui promettant mille tourments si elle faisait du mal à Clarke. Lexa se contenta de soutenir son regard sans montrer aucune émotion.

- Raconte-moi… Dis-moi ce qu'il s'est passé… On m'a dit que tu étais morte… Lui demanda-t-elle des explications dès qu'elles furent seules dans l'Atrium.

Lexa planta son regard dans son océan, laissant sereinement le silence se poser avant de replonger dans les souvenirs douloureux :

- Je l'étais… Souffla-t-elle. J'étais à moitié morte lorsque ton oncle m'a vendu à un bordel.

- Par les dieux Lexa, s'horrifia Clarke les yeux rapidement rougis par les larmes en songeant aux horreurs qui allaient suivre.

- Ce n'est pas ce que tu crois, la stoppa-t-elle, car avant même que les sinistres plans de Russel ne se réalisent, Becca m'a racheté.

- Becca ? S'étonna Clarke, fronçant les sourcils d'incompréhension.

- Le soir même, elle m'a sorti de ce bordel et évacué de Syracuse. Elle m'a emmené à Rome, dans la demeure Tullius où elle m'a soigné puis affranchie.

- C'est pour cela que Marcus est si familier avec toi, réalisa-t-elle.

- Oui… C'est avec lui que je suis venue à Syracuse, il voulait que je sois présente pour Gaius.

- Gaius ? Tu… Vous êtes proches ?

- C'est un ami, c'est en partie grâce à lui que j'ai repris pied après la mort de Costia et la tienne…

Clarke se détourna, passant une main dans ses cheveux alors qu'elle digérait ces révélations. Lexa la pensait morte, c'est pour cela qu'elle n'était pas revenue ou n'avait pas donné signe de vie pendant tout ce temps. Elle aurait dû se sentir heureuse, être soulagée, seulement elle se rappela de quelque chose qui brisa cet instant qui aurait dû être heureux.

- Tu étais là, n'est-ce pas ?

- Comment ça ?

- Chez Becca, je n'ai pas halluciné, tu étais là ! Se retourna-t-elle la plaquant d'un regard accusateur.

Lexa se figea d'une culpabilité évidente.

- Tu savais que j'étais en vie alors pourquoi tu ne t'es pas montrée plus tôt ? Te serais-tu seulement montrée s'il n'y avait pas eu cette attaque ?! S'emporta-t-elle quelque peu.

- Clarke…

- Ne me mens pas, je veux la vérité, tu me dois bien ça ! Claqua-t-elle.

- Non, si Marcus n'avait pas voulu rester plus longtemps, je serais déjà repartie, lui avoua-t-elle en plongeant courageusement dans son regard.

Elle vit la blessure dans les yeux de Clarke avant qu'elle ne se détourne pour cacher ses larmes.

- Clarke tu as vu la réaction des gardes, je ne pouvais pas revenir sans risquer de me faire prendre.

- Pourtant tu es venue pour Gaius, tu étais là pour le mariage, et tu n'allais rien dire.

- Je…

- As-tu seulement idée de ce que j'ai pu ressentir en te pensant morte ? De la culpabilité avec laquelle je vis depuis ce jour ?! Avança-t-elle sur elle.

- Je pensais t'avoir tué alors oui je le sais, répondit-elle douloureusement à la question en reculant d'un pas et les larmes la menaçant à son tour.

- Alors comment as-tu pu songer à me laisser vivre avec ça ? Je compte si peu à tes yeux ?! Lui reprocha-t-elle en avançant à nouveau, se retrouvant à un souffle d'elle.

Les yeux dans les yeux, leur souffle se rencontrant, une vérité silencieuse faisait son chemin vers la surface mais avant qu'elle ne puisse enfin s'exprimer, des pas affolés la stoppèrent, les deux femmes se séparant.

- Clarke ? Où est Gaius ? Comment va-t-il ? Je suis venue dès que j'ai su, approcha une Becca paniquée.

Une claque résonnant dans l'Atrium lui répondit. Becca apposa une main sur sa joue en feu, les yeux écarquillés de surprise face à une Clarke au regard furieux et plein de larmes.

- Comment as-tu pu me le cacher ? Souffla difficilement la blonde.

Becca toujours abasourdie ne comprit pas le sens de sa question. Jusqu'à ce qu'elle aperçoive Lexa qui se tenait derrière elle. La colère s'emparant alors d'elle.

- Tu n'as pas pu t'en empêcher ! Il a fallu que tu l'approches ! Je savais qu'on ne pouvait pas te faire confiance, accusa-t-elle Lexa en avançant sur elle.

- Si elle ne s'était pas montrée nous serions morts Gaius et moi !

- Quoi ? S'arrêta Becca, son regard passant de la blonde à la brune.

- Lexa nous a sauvé en tuant notre assassin, clarifia Clarke.

Becca qui avait vaguement eut une explication des évènements par le messager envoyé par Marcus, comprit que Lexa était intervenue pour leur sauver la vie. Bien qu'elle ait brisé sa « promesse » de ne pas se montrer, si Gaius et Clarke étaient encore en vie c'était uniquement grâce à elle.

- Merci, oublia-t-elle soudainement toute colère.

Lexa hocha simplement de la tête car bien qu'elle connaisse l'importance de Gaius aux yeux de Becca, elle ne l'avait pas fait pour elle.

- Clarke si je ne t'ai rien dit…

- Je ne veux rien savoir, je te faisais confiance Becca, tu savais à quel point… Elle s'arrêta, ne souhaitant pas parler de ses sentiments pour Lexa devant elle. Je n'ai été qu'un pion dans ton jeu depuis ton retour ! S'emporta-t-elle de nouveau.

- C'est plus compliqué que ça…Tenta-t-elle mais ne pouvant décemment révéler que Marcus allait la faire tuer si elle était restée avec Finn et rajouter Lexa dans l'équation n'aurait en rien aidé à la sauver, bien au contraire.

- Tu avais juste à me le dire, rien de plus simple, trancha Clarke. J'en ai fini, je ne veux plus te voir.

- Je comprends… Répondit-elle, ne cherchant pas à se défendre davantage, Clarke était bien trop en colère pour le moment. Mais je t'en prie, laisse-moi voir Gaius, la supplia-t-elle alors qu'elle était en droit de la chasser de sa demeure.

Clarke sembla hésiter.

- Je t'en prie, il est comme un fils pour moi, tu le sais, insista Becca.

- Je le sais… Dit-elle d'une lueur douloureuse, signifiant à Becca qu'elle pouvait lui faire ce qu'elle lui avait fait avec Lexa, néanmoins elle lui devait aussi la vie de Lexa, malgré sa colère elle en était consciente… Tu peux le voir, il est dans sa chambre.

Becca la remercia puis elle prit la direction de l'étage, les laissant à nouveau seules.

- Elle pensait bien faire, elle te protégeait, la défendit Lexa malgré ce que Becca lui avait fait.

- C'est à cause d'elle que tu ne t'es pas montrée plus tôt n'est-ce pas ? Se tourna-t-elle vivement vers elle avec l'espoir que Becca soit l'unique raison.

- Oui et non… Admit-elle. Je n'ai plus ma place dans ta vie…

- Ça, c'est à moi d'en juger, claqua-t-elle le cœur serré et s'éloignant alors d'un pas rapide, n'en supportant pas davantage.


Après le départ de Clarke, Lexa s'était promenée à travers la demeure qui était presque aussi grande que celle de Rome. Ses pas l'avaient finalement conduite aux écuries. Elle y entra en quête d'un peu de calme, espérant se retrouver seule avec ses pensées malgré la présence des chevaux. Elle passa devant les différents box sans leur prêter attention alors qu'elle songeait à trouver une botte de foin où s'installer, voir s'allonger pour soulager sa jambe blessée. C'est alors qu'un des chevaux s'agita plus que les autres, attirant son attention dans un sursaut.

- Phobos ? Reconnut-elle immédiatement le bel étalon noir.

Le cheval renâcla à son approche puis il colla avec joie son chanfrein à sa main qu'elle leva pour le caresser. Lexa vint poser sa tête sur son encolure, le caressant et lui chuchotant :

- Je suis si heureuse de te revoir, j'avais peur que Russel se soit aussi débarrassé de toi à la mort de Clarke.

Le cheval souffla comme pour lui dire qu'elle se trompait au sujet de Clarke.

- Je sais qu'elle est en vie, tout comme moi comme tu le vois, continua-t-elle de le caresser. Merci d'avoir essayé de m'aider ce soir-là…Tiens, ça vaut bien une pomme.

Phobos renâcla de plus belle alors qu'elle s'éloignait pour piocher une pomme dans un tonneau avant de revenir la lui offrir. Elle sourit au cheval qui la mangea avec gourmandise.

- Te voilà enfin ! S'éleva la voix de Gaïa.

Phobos s'agita à l'intrusion et le sursaut de Lexa sembla déclencher un instinct protecteur envers elle.

- Ce n'est rien, c'est une amie, le rassura-t-elle.

- Tu vas bien ? Approcha Gaïa qui prit conscience des plaies et bleus de la brune.

- Tout va bien ne t'inquiète pas, dit-elle en interceptant la main que la métisse voulut poser sur sa joue. Pourquoi me cherchais-tu ?

- Marcus te demande, lui dit-elle en tentant de ne pas relever son geste afin d'éviter son contact.

- Très bien. Je te suis. A plus tard Phobos !

Elles sortirent sous le hennissement joyeux du cheval puis Gaïa la conduisit à travers la demeure jusqu'au bureau, où Marcus l'attendait.

- Dominus, le salua-t-elle avec respect après avoir laissé Gaïa dehors.

- Où étais-tu ? Je n'aime pas attendre tu le sais, lui reprocha-t-il.

- Pardon, j'étais aux écuries, j'avais besoin de me retrouver seule après tout cela.

- Je comprends, j'ai moi-même réfléchi à ce qu'il s'est passé et je suis certain que cet acte n'était pas anodin mais une tentative d'assassinat.

- J'en suis également venue à cette conclusion.

- Bien alors tu comprendras ma décision, j'en suis certain.

Lexa ne dit rien malgré le silence qui passa mais son expression montrait clairement son appréhension.

- Je veux que tu restes à Syracuse pour assurer la protection de Clarke.

- Pardon ? Vous… Vous voulez que je joue les gardes du corps pour Clarke ?

- Tu m'as parfaitement compris.

- Mais j'ai des affaires à gérer à Rome, je…

- Non, ce sont les affaires de Becca et elles sont déjà gérées en votre absence donc je ne vois pas en quoi c'est un problème.

- Très bien, ne put-elle protester face à l'argument, mais pourquoi Clarke ? Gaius était sûrement la cible de l'attaque.

- Anya s'occupera de la protection de Gaius. Ne m'en veut pas mais je veux le meilleur pour lui.

Lexa tenta de ne pas se sentir blessée dans son orgueil car il était vrai qu'Anya était en meilleure condition qu'elle pour combattre et donc protéger.

- Je veux également assurer la protection de ma belle-fille. Je ne doute pas que les ennemis de Gaius n'hésiteront pas à s'en prendre à elle. Lexa, j'ai pleinement confiance en toi pour cette tâche.

« Mais si j'échoue à cause de ma faiblesse physique c'est un moindre mal de la perdre en comparaison de Gaius » Songea-t-elle amèrement. Au final Marcus était un pur Romain, tout n'était que calcul, même la vie de ses proches.

- Je veux que tu l'accompagnes partout, tu ne la quitteras pas un instant. Je veux que ta vie toute entière soit dédiée à la sienne et je te paierai généreusement pour cela, termina-t-il en posant une bourse pleine de pièces sur le bureau. Tu auras la même chaque mois.

Lexa resta silencieuse, légèrement secouée par la somme qu'il lui offrait.

- J'ai une dette envers toi mais je n'accepterai pas un refus, je veux le meilleur pour leur protection et vous êtes les meilleures Anya et toi.

- Je la protégerai, affirma-t-elle, acceptant cette proposition qui n'en était pas une.

- Très bien, j'aimerai également qu'avec Anya vous recrutiez quelques hommes afin de vous assister, notamment lors de grands évènements.

- Où voulez-vous que nous les recrutions ? Dans la garde ?

- Où bon vous semble, je veux le meilleur c'est tout ce que je demande.

- Comptez sur moi, lui assura-t-elle d'un sourire en coin.


Clarke s'était occupée à travers la maison tout le reste de la journée. Elle avait d'abord supervisé l'organisation des tâches et notamment l'entente entre Niylah et Gaïa. L'affranchie cédait avec une certaine résistance sa place d'intendante à l'esclave de la famille Tullius, Clarke pouvait sentir qu'elle avait peur d'être totalement remplacée et de devoir quitter leur service, bien qu'elle lui ait assuré que cela n'arriverait pas. Elle s'efforçait donc de faire des deux femmes un duo solide qui gérerait formidablement bien la demeure des Tullius.

Elle avait ensuite pris la direction de son atelier, espérant continuer à s'occuper l'esprit. Devant sa toile, elle laissa glisser son pinceau, libérant ainsi ses pensées, se vidant la tête, trouvant enfin un instant de répit. Seulement elle réalisa bien vite que son œuvre prenait l'apparence d'un visage bien familier. Elle stoppa son pinceau puis le serra avec force alors qu'elle ne comprenait pas comment la belle brune revenue d'entre les morts pouvait à la fois lui apporter sérénité et colère.

Son cœur était comme coupé en deux par le bonheur et la colère. Elle était heureuse de la retrouver, elle pouvait sentir le vide qui l'avait accompagné depuis l'annonce de sa mort se combler mais elle lui en voulait terriblement d'être restée cachée, de l'avoir laissée dans sa souffrance. Elle se sentait une fois de plus trahie. Clarke jeta son pinceau de colère et quitta l'atelier frustrée et furieuse.

Elle croisa alors Gaïa qui venait la prévenir du départ de Becca. Clarke la remercia puis elle prit la direction de la chambre de son époux. Lorsqu'elle entra dans la pièce, son cœur se serra à la vue de Gaius allongé dans son lit, le visage si pâle qu'elle douta un instant qu'il soit en vie. Elle s'approcha et s'assit sur la chaise à ses côtés, prenant alors sa main dans la sienne. Elle tressaillit à la froideur de sa peau.

- Je suis désolée… Souffla-t-elle coupable. Je suis restée paralysée, j'aurai dû t'aider…

Quelques larmes lui échappèrent et elle les essuya rapidement avant de poser son regard sur le visage endormi de Gaius, sa respiration calme étant l'unique signe de vie du jeune homme. Elle s'en voulait d'avoir été si inutile et remerciait les dieux d'avoir permis à Lexa d'être là. Une fois de plus son esprit revenait sur la brune. Tout semblait lié à elle soudainement.

- Toi aussi tu savais qu'elle était là, pointa-t-elle, mais étais-tu seulement au courant de notre relation ? Est-ce que toi aussi tu te joues de moi ? Lui demanda-t-elle ignorant si elle souhaitait une réponse.

Seul le silence lui répondit. Elle était attristée de le voir ainsi et espérait sincèrement qu'il se réveille. Cependant, elle avait peur de l'avenir. Que ferait Gaius en apprenant que Lexa était dorénavant assignée à sa protection, ne devant pas la quitter un instant ? Que se passerait-il lorsqu'elle ne serait plus capable de repousser les sentiments que le retour de la brune avait éveillés en elle ? D'après Lexa, Gaius et elle étaient amis, et son époux n'avait fait que lui prouver qu'elle n'avait rien à craindre de lui, pourtant son précédent mariage ne cessait de la pousser à se méfier.

Clarke sentit à nouveau des larmes couler sur son visage : des larmes de frustration alors que son cœur était déchiré de toute part. Elle les essuya d'un geste vif, comme pour tenter de balayer ses émotions. Elle repoussa tout, à l'exception de sa colère à laquelle elle s'accrocha pour ne pas sombrer. Cette colère qui lui murmurait qu'elle souffrait déjà du retour de Lexa. Il n'y avait que mensonge et trahison autour d'elles alors Clarke pouvait-elle réellement songer à lui confier son cœur ? Que ce soit en amitié ou bien plus…

Son débat intérieur fut brutalement stoppé par de légers mouvements de la part de Gaius. Ce dernier papillonna des yeux puis grimaça à la douleur provoquée par ses mouvements. Clarke posa doucement ses mains sur lui pour l'empêcher de bouger tout en lui murmurant des paroles apaisantes :

- Reste calme, ne bouge pas, tu es en sécurité à la maison…

- C… Clarke… Réussit-il à souffler lorsqu'il discerna son visage tout en luttant pour rester conscient.

- Tout va bien… Voilà, rendors-toi… Le rassura-t-elle alors qu'il sombrait à nouveau.

Bien qu'encore très faible, son réveil était un excellent signe.


Lexa brossait calmement Phobos dans les écuries lorsque Gaïa et Anya firent leur entrée. Il était tard, la demeure dormait alors elle avait choisi ce lieu de rendez-vous afin de parler des derniers évènements. Les écuries étant suffisamment éloignées des espaces vitaux de la maison, elles ne risquaient pas d'être dérangées.

- Qu'est-ce qu'on va faire maintenant qu'on est bloquées sur cette île ? Demanda de but en blanc Anya.

Lexa continua de brosser Phobos, imposant son silence.

- Nous n'avons personne pour coordonner nos actions à Rome, continua Anya.

Lexa brossait toujours silencieusement l'étalon qui souffla à l'encontre de l'ancienne championne de Rome qui semblait le déranger, étirant un sourire à la brune.

- Lexa ! Ce n'est pas le moment de bichonner ce cheval ! Que va-t-on faire pour Rome ?! S'agaça-t-elle.

- Nous allons oublier Rome, répondit-elle toujours concentrée sur son brossage.

- Nous ne pouvons oublier nos frères toujours prisonniers !

- J'ai dit Rome, pas nos frères, trancha-t-elle en tournant un regard incisif sur elle.

- Lexa, soit plus clair, nous ne te comprenons pas, intervint Gaïa.

- Nous sommes coincées ici, très bien, cessa-t-elle de brosser Phobos pour enfin se tourner sur elles, alors c'est ici que nous allons déployer notre plan. Syracuse est le premier port où s'arrête les marchands d'esclaves, c'est d'ici que la plupart de nos frères sont vendus avant de repartir aux quatre coins de l'empire.

- Tu veux les intercepter avant, comprit Anya.

- Je veux libérer nos frères et prendre Syracuse, clarifia Lexa.

- Prendre Syracuse ? S'étonna Gaïa car c'était bien plus que ce dont elles avaient parlé jusqu'à présent.

- Si nous prenons Syracuse, nous paralysons Rome. C'est par ici que passe la majorité de leur économie ainsi que l'approvisionnement de leurs armées.

- En prenant Syracuse, on peut prendre toute l'île, ajouta Anya.

- Oui, et nous pourrions même offrir une porte d'entrée aux armées grecques pour fondre sur Rome, rêva Lexa.

- C'est ambitieux, souffla Gaïa qui semblait dépassée.

- Ne t'en fais pas, nous allons tout reprendre à zéro, avancer à notre rythme, ne pas se précipiter et surtout ne pas agir au-delà de nos capacités, la rassura Lexa. Vous êtes avec moi ?

- Évidemment, assura Anya.

- Gaïa ? La poussa-t-elle face à son silence et une hésitation visible à parler.

- Qu'en est-il de ma mère ? Si loin de Rome, nous…

- Gaïa, je t'ai fait la promesse de la retrouver, la coupa Lexa, cela prendra plus de temps je le crains mais si elle est encore en vie, nous la retrouverons. Alors je peux compter sur toi ? Tu me fais confiance ?

- Oui, bien sûr, j'ai confiance en toi, assura-t-elle finalement.

- Bien alors commence à prendre contact avec les esclaves autour de toi, vois qui peut nous renseigner. Anya et moi allons profiter de nos positions auprès de Gaius et Clarke pour appréhender la situation à Syracuse. Pour le moment l'information est notre priorité.

Ses camarades acquiescèrent puis une fois d'accord sur toutes les questions elles se séparèrent. Lexa resta encore un peu avec Phobos, réfléchissant à ses projets mais songeant surtout à son plus gros problème qui était de passer ses journées aux côtés de Clarke.


Lexa était épuisée, elle n'aspirait qu'à sombrer dans les bras de Morphée alors qu'elle se rendait dans la chambre qui lui avait été attribuée à l'étage dans la demeure de Gaius et Clarke. Marcus avait refusé qu'elle loge dans l'aile des esclaves après ce qu'elle avait fait pour sa famille. De plus il la voulait au plus proche du couple. Pour son plus grand désarroi, il avait jugé que de part ses liens avec Gaius et Clarke, cela ne les dérangerait pas qu'elle soit aussi proche d'eux, contrairement à Anya que Clarke ne connaissait pas. Lexa se retrouvait donc chargée de leur protection durant la nuit et ce malgré la présence des gardes.

Elle se frotta les yeux, fatiguée par cette nuit mouvementée et pleines de surprises et de problèmes. Lexa avait l'esprit en ébullition suite à sa nouvelle situation. Elle espérait que le sommeil lui apporterait un peu de sérénité mais lorsqu'elle entra enfin dans sa chambre, une nouvelle contrariété l'y attendait :

- Niylah ?! Fut-elle surprise de sa présence.

- Je n'irai pas par quatre chemins, se tourna-t-elle d'un regard tranchant sur elle, reste loin de Clarke.

- Difficile étant donné que je dois passer mes journées à ses côtés pour la protéger, retourna-t-elle incisive.

Elle savait que Niylah ne l'avait jamais appréciée et bien que Lexa n'ait rien contre elle, elle en avait assez de cette journée et n'avait nullement l'intention de se laisser intimider.

- Tout le monde semble avoir oublié que c'est toi qui l'as poignardé, mordit Niylah en approchant d'un pas afin de signifier qu'elle n'avait pas peur d'elle.

- Tu ne sais rien de cette nuit, grogna Lexa.

- Que ta véritable cible ait été Joséphine, ne change en rien ton acte…

Lexa n'aurait pas dû être étonnée que Niylah en sache autant, après tout elle était l'amie de Clarke et cette dernière avait dû se confier à elle.

- … Tu l'as presque tuée.

- Je le sais, claqua Lexa touchée en plein cœur.

- C'est de toi qu'elle doit être protégée alors va-t-en.

- Je n'ai pas le choix, c'est un ordre de Marcus, se défendit Lexa.

- Tu es affranchie, tu n'as aucune obligation envers lui.

- ça ne fonctionne pas comme ça tu le sais très bien, mais si on parlait de toi, toujours au service de Clarke ? Pourquoi n'es-tu pas partie ? Toujours à espérer qu'elle te remarque ? Attaqua-t-elle en avançant froidement sur elle, une pointe de jalousie la saisissant.

- Elle est mon amie, je lui suis loyale c'est tout… Et je n'espère plus que ce que j'ai déjà, précisa-t-elle dans un sourire narquois.

Lexa fut légèrement déstabilisée par sa remarque, des questions l'assaillant sur leur relation.

- Tu n'as plus ta place dans sa vie, alors va-t-en, asséna Niylah en la dépassant tout en la bousculant de son épaule.

- ça, c'est à elle d'en juger, reprit-elle les paroles de Clarke dans un sourire malicieux.

Niylah lui jeta un regard noir puis elle quitta la chambre. Lexa soupira, laissant tomber son masque pour révéler toute sa fatigue et sa vulnérabilité. Elle marcha d'un pas las jusqu'au lit sur lequel elle se laissa tomber puis sombra rapidement dans les bras de Morphée.


Lexa enfila sa modeste tunique d'affranchie couvrant ainsi son corps nu jusqu'à ses cuisses. Elle s'approcha ensuite de son lit, où un esclave avait déposé un peu plus tôt un plastron en cuir noir ainsi que des protèges poignets et tibia assortis. Reposaient également sur le lit une dague accrochée à une ceinture et un glaive d'excellente facture avec son fourreau.

Elle attrapa le plastron qu'elle examina du regard. On avait sans doute dû lui trouver rapidement car elle avait vu et eu de bien meilleures protections, et Marcus avait pourtant les moyens de l'équiper avec le meilleur. Ou alors il surestimait ses capacités au combat et la croyait invincible, ne lui fournissant ainsi que le minimum. En revanche il n'avait pas oublié l'esthétique, ornant l'arrière du plastron d'un fin tissu rouge qui couvrait le haut de son épaule pour ensuite traverser son dos pour terminer accroché à sa hanche.

Lorsque Lexa l'enfila et qu'elle referma les sangles latérales une à une, elle sentit une sensation familière l'envahir. Sensation qui ne fit qu'augmenter en enfilant ses protèges poignets puis tibias. Elle s'empara ensuite de la ceinture ornée d'une dague qu'elle serra autour de sa taille puis elle sangla le fourreau du glaive dans son dos. Elle prit le glaive en main, le soupesant avant de tendre le bras et d'examiner la lame qui eut de légers reflets sous les rayons du soleil matinal qui frappait la chambre. Elle sourit finement puis rangea son fourreau attaché à son dos.

Elle ressemblait soudainement bien plus à une guerrière qu'à une simple citoyenne et le sentiment de « puissance » que cela lui conféra lui avait manqué. Un sentiment à la fois grisant et effrayant. Elle chassa son léger trouble puis quitta la chambre pour prendre son poste auprès de Clarke. Lorsqu'elle sortit, elle se figea à la vue de Clarke enlaçant Niylah devant la chambre de Gaius. Une pointe de jalousie lui piquant à nouveau le cœur.

Elle s'approcha des deux jeunes femmes qui échangeaient maintenant quelques paroles. Clarke avait le regard fatigué, sans doute n'avait elle pas trouvé le sommeil au chevet de Gaius. Niylah lui avait-elle tenu compagnie ou était-elle seulement venue la chercher au petit matin ? Quoi qu'il en soit elle avait été présente pour la réconforter, quand Lexa ignorait comment agir en sa présence. A son approche, Clarke se tourna vers Lexa et lui offrit un visage fermé. En vérité Clarke s'était totalement figée en la découvrant dans cette tenue proche de la gladiatrice qu'elle avait été.

- Ne t'approche pas plus, s'interposa soudainement Niylah en fixant la dague à sa ceinture.

Le regard que Clarke laissa glisser inconsciemment sur le corps de la brune fut dissimulé par Niylah qui se tenait entre elles. Elle constata que Lexa était encore en bonne forme malgré l'arrêt des combats, les muscles de ses bras finement dessinés et ses jambes fines et élancées ne cachaient rien de leur fermeté. Un léger frisson la traversa, la sortant de sa rêverie et lui faisant réaliser que les deux femmes se défiaient ouvertement du regard, celui de Lexa bouillonnant d'agacement.

- Niylah, elle ne me fera rien, tu connais la vérité, la reprit Clarke en venant doucement l'attraper par le bras pour la faire reculer.

Elle recula à contre cœur sous le regard insistant de Clarke mais démontra parfaitement sa méfiance dans un regard dirigé droit sur Lexa.

- Comment va Gaius ? Demanda la brune soucieuse et désireuse de rompre le silence qui s'était installé.

- Il reprend conscience parfois mais il a encore besoin de repos, répondit platement Clarke.

- Il est solide, il sera vite sur pieds j'en suis certaine.

- Si tu le dis. Tu le connais mieux que moi visiblement, piqua douloureusement Clarke qui lui en voulait encore clairement pour ses secrets.

Lexa soutint le regard accusateur de la blonde, un concours de qui lâcherait la première semblant s'engager. A leurs côtés Niylah se sentit soudainement de trop, ayant été totalement oubliée par Clarke. Lexa prit d'ailleurs un malin plaisir à quitter les yeux de la blonde pour narguer l'affranchie d'un petit sourire mutin. Clarke sursauta presque lorsque le contact visuel se rompit, se rappelant alors la présence de Niylah.

- Clarke ! L'interpella soudainement Marcus qui approchait des trois femmes. Lexa tu es là aussi, parfait !

- Marcus, salua Clarke tandis que Lexa et Niylah l'accueillirent d'un « Dominus ».

- Gaius n'étant pas en état, j'aimerai que tu te rendes à sa place à l'arène, annonça-t-il.

- A l'arène ? S'étonna-t-elle.

- Oui, il devait assister aux combats afin de se faire voir auprès du peuple.

- Ne peut-on pas reporter cela ? Tenta Clarke en jetant un regard à Lexa.

- Non, Clarke. Te rendre là-bas montrera que Gaius et toi êtes soudés. Et cela prouvera à quiconque veut vous attaquer, que vous êtes forts.

- Marcus, le peuple sera bien plus intéressé par les combats que par ma présence dans la loge. De plus il n'y aura que ma famille et Lucius, il n'y a rien à gagner auprès d'eux.

- C'est un ordre, Clarke, trancha Marcus, et je suis persuadé que Lucius n'est pas étranger à cette attaque, sa réaction le confirmera. Lexa je compte sur toi pour l'observer.

- Oui, Dominus.

- Bien ! J'attends ton rapport à votre retour, ajouta-t-il à Lexa avant de partir.

- Niylah je te laisse rejoindre Gaïa afin de l'assister, la congédia gentiment Clarke.

L'affranchie obtempéra non sans serrer les dents d'être ainsi mise sur la touche et une fois seule, Clarke se tourna enfin vers Lexa sur qui elle posa cette fois un regard soucieux, montrant toute son inquiétude à son égard. La brune n'avait presque pas réagi mais Clarke n'était pas dupe et savait qu'elle n'était pas indifférente à ce qu'elles allaient devoir affronter à l'arène.

- Pourquoi tu n'as rien dit ? Lui reprocha-t-elle.

- C'est un ordre direct, je ne peux refuser, grinça Lexa.

Clarke hocha silencieusement la tête face à cette excuse déjà entendue. Elle aurait pu s'en agacer mais elle avait raison. De plus Lexa était payée pour la protéger, elle ne pouvait refuser les assignations de Marcus. Encore moins refuser de suivre Clarke, elle était maintenant son ombre, qu'elle le veuille ou non.

- Très bien, souffla-t-elle.


Un frisson traversa Lexa lorsque les cris du peuple firent trembler les murs de l'arène. Elle n'aurait su dire s'il s'agissait d'une réaction liée aux mauvais souvenirs de ce lieu ou bien son corps répondant à l'excitation du combat toujours ancré en elle.

- Tu es sûre que ça va aller ? Demanda Clarke alors qu'elle avait été silencieuse durant tout le trajet.

- Ne t'inquiète pas, la rassura Lexa bien que ses instincts commençaient à s'affoler.

- Tu peux m'attendre en bas, je doute d'être en danger là-haut, dit-elle en s'arrêtant au milieu des escaliers qu'elles montaient.

- C'est une véritable fosse aux lions, hors de question que je te laisse seule avec eux, répondit la brune, en montant une marche pour plonger dans son regard avec détermination.

- D'accord, mais je t'en prie ne fais rien d'inconsidéré.

Lexa se recula, soufflant amèrement alors que derrière ses inquiétudes à son égard, Clarke était également soucieuse qu'elle ne fasse une bêtise : elle ne lui faisait pas confiance.

- Ne le prends pas comme ça, souffla-t-elle en attrapant instinctivement sa main.

Elles se figèrent toutes deux, leur regard tombant sur leurs mains, l'instant se stoppant dans le temps alors qu'un léger frisson les parcourait. Clarke n'avait initié aucun contact depuis l'instant de leurs retrouvailles, instaurant une distance certaine depuis les révélations concernant sa survie. Son geste les surprit donc tout autant l'une que l'autre.

- Je te fais confiance… Clarifia avec douceur Clarke.

Lexa releva les yeux et rencontra les siens plein de sincérité. Elle se rendit également compte que Clarke s'était rapprochée en lui attrapant la main. La blonde sembla aussi en prendre conscience et baissa les yeux sur les lèvres de la brune. Lexa le remarqua et elle se recula.

- On devrait y aller, lui dit-elle maladroitement.

- Hum… Oui… Répondit-t-elle en lâchant sa main.

Lexa passa alors devant mais Clarke l'arrêta une nouvelle fois.

- Je suis sérieuse Lexa, c'est en eux que je n'ai pas confiance, je sais qu'ils vont tenter de t'atteindre.

- Qu'ils essaient, retourna-t-elle d'un sourire assuré qui fit frissonner Clarke.

Clarke gravit les marches les séparant puis reprit les devants.

- J'ai hâte que Gaius puisse reprendre ses obligations, soupira-t-elle.

Elle ne faisait que son devoir d'épouse en remplaçant Gaius et cela la servait aussi en renforçant au passage sa propre crédibilité et sa popularité. Cependant elle aurait préféré ne pas devoir assister aux combats de l'arène en présence des Prime et des Catilina. Cela était déjà compliqué pour elle de leur faire face mais avec la présence de Lexa cela allait être bien plus difficile. Toutefois, une part d'elle était impatiente de voir la tête de Russel lorsque Lexa lui serait révélée.

Alors qu'elles approchaient de la tribune, les cris du peuple dans l'arène leur parvinrent de plus en plus nettement. Ils scandaient avec impatience le début des combats, appelant le sang. Clarke jeta un discret coup d'œil derrière elle et son cœur se serra à la vision d'une Lexa se crispant au son de leurs cris. Elle repoussa l'irrépressible envie de la prendre dans ses bras, de la protéger de cet endroit et de son passé, car elles étaient enfin à l'entrée de la loge. Clarke s'annonça aux gardes et ils les laissèrent entrer. Elle inspira profondément, rassurée par la présence de Lexa puis arbora un masque assuré, se forçant à être forte car Lexa allait avoir besoin de son soutien.

S'étant inconsciemment stoppée dans l'entrée, elle sentit Lexa effleurer sa main, lui signifiant silencieusement qu'elle était là. C'est donc ensemble qu'elles entrèrent dans cette fosse aux lions.


Clarke entra la première dans la loge de l'Editeur qui présidait les combats. Son cœur accéléra lorsque son regard lui confirma la présence des Prime et des Catilina. Les deux familles semblaient soigneusement s'éviter. Russel échangeait des mots avec Nia qui présentait également des gladiateurs dans l'arène. Plus loin Lucius discutait avec le mari de Joséphine, Quintus étant influant parmi les marchands de Syracuse pouvait sans doute lui apporter des voix dans les proches élections. Joséphine était assise avec Simone et Raven dont le ventre s'arrondissait de jour en jour. Finn devait également être là car malgré le rejet de son père sa fortune personnelle lui conférait une place parmi l'élite de Syracuse. Elle le cherchait parmi les invités lorsqu'ils se tournèrent sur elle en remarquant sa présence. Les Prime se figèrent avant que la foudre de Jupiter ne s'abatte.

- GARDES ! ARRÊTEZ CETTE ESCLAVE ! Hurla Russel.

- NON ! Les arrêta Clarke qui se plaça entre eux et Lexa.

Cette dernière ne bougea pas, se contentant d'un petit sourire en coin tout en crucifiant du regard Russel.

- Que se passe-t-il ?! Intervint l'Editeur.

- Oui, expliquez-vous ? Se joignit à lui Lucius.

- Cette esclave est une criminelle ! Pointa-t-il du doigt Lexa.

- Je suis affranchie et j'ai payé pour mes crimes, réagit enfin la brune qui serra inconsciemment la dague à sa ceinture.

- Affranchie ? Comment ? Grogna Russel qui avança d'un pas, une fureur bouillonnante sous la peau.

- Vous m'avez vendu, j'ai été racheté, puis affranchie, expliqua-t-elle défiante.

- Lexa est sous la protection de Marcus Tullius, et assure ma protection, annonça Clarke afin de couper court à leur affrontement.

- Ta protection ? Rit Joséphine.

Lexa raffermit sa prise sur sa dague tandis qu'elle tourna un regard assassin sur cette folle. Du coin de l'œil Clarke nota sa réaction, tout comme Russel.

- Doit-on te rappeler chère cousine que c'est elle qui t'a poignardé à mort ? Rit-elle de plus belle.

Des regards de stupeur se posèrent sur Lexa lorsque l'assemblée comprit sa véritable identité. Lexa tressaillit sous leurs yeux accusateurs alors que sa propre culpabilité refaisait surface.

- Peut-être devrions-nous en rappeler les raisons ? Mordit-elle en retour.

- Clarke ! Claqua Russel, furieux.

- Cela suffit ! Vos querelles de famille n'ont rien à faire ici ! Les reprit l'Editeur.

- Oui, pardonnez-nous, courba-t-il l'échine dans un regard meurtrier pour Clarke et Lexa, leur annonçant clairement que ce n'était pas fini.

Tous reprirent leurs discussions, oubliant du mieux que possible la présence de Lexa. Bien que cette dernière puisse sentir leurs coups d'œil assassin. Clarke l'observa avec inquiétude mais elle lui fit silencieusement comprendre que tout allait bien. La blonde rejoignit donc un siège, où elle se fit rapidement approcher par les curieux concernant la santé de Gaius.

Lexa resta légèrement en retrait, sa main n'ayant nullement quitté sa dague alors qu'elle se sentait cernée par le danger. L'Editeur annonça les premiers combats ou plutôt les exécutions des prisonniers qui ne pourraient se défendre contre les gladiateurs. A moins d'avoir les dieux en leur faveur comme Lexa. En y repensant l'arène était le seul moment où les dieux semblaient avoir veillés sur elle.

Les combats s'enchaînèrent sous les cris du peuple et les rires des convives de la loge. Ils finirent par oublier sa présence, Lexa ne ressentant que le regard de Clarke sur elle. Elle était discrète mais elle pouvait sentir son inquiétude alors que c'était à elle de veiller sur elle, pas l'inverse. Lexa restait en alerte, attentive à Clarke mais également aux autres invités, notamment les Prime. Simone restait proche de sa fille, craignant sûrement que Joséphine ne vienne la voir. Lexa aurait juré que la jeune femme brune et enceinte avait également à plusieurs reprises attirée l'attention de cette folle sur elle, la détournant de Clarke et elle. Elle ignorait qui elle était et pourquoi agissait-elle en alliée mais elle l'en remercia silencieusement car malgré sa promesse, elle n'était pas certaine de ne pas se jeter à la gorge de Joséphine.

Lexa fut attirée par la voix de Russel qui exulta de joie à l'annonce du prochain combat. Elle porta son regard sur le sable et vit une gladiatrice à la peau sombre, glaive et bouclier en main. La foule se mit à scander son nom :

« Indra ! Indra ! Indra ! »

Lexa approcha inconsciemment du rebord de la loge, se concentrant sur la femme en songeant que Syracuse offrait bien des surprises.

Le combat commença sur ordre de l'Editeur. Lexa fut surprise par la férocité de la gladiatrice. Elle enchaînait dans des cris de rage des coups plus violents les uns que les autres, son adversaire se retrouva rapidement submergé et écrasé sous la pression des attaques. Sa défense finit par céder, son bouclier s'abaissa et la gladiatrice lui coupa son bras armé d'un coup sec du glaive avant de le décapiter dans un terrifiant cri d'agonie. La gladiatrice se tourna, la mâchoire serrée et le regard sombre vers la loge, brandissant son glaive, tandis que la foule scandait son nom.

Indra, un nom peu commun qu'elle avait déjà entendu dans les histoires de Gaïa lorsqu'elle lui parlait de sa mère. Une mère qu'elle avait promit de retrouver en mettant à profit leur réseau mais sans succès jusqu'à présent. Les dieux les avaient-ils bloqués à Syracuse pour ensuite les conduire à Indra ? Le destin était bien ironique alors qu'elle avait sous les yeux la nouvelle championne de Syracuse, la nouvelle championne de Russel.

Lexa avait fait une promesse à Gaïa, celle de libérer sa mère lorsqu'elle la retrouverait et pour cela elle allait devoir affronter Russel. Elle se retourna sur les invités, trouvant les Prime en train de rire, bien inconscients de ce qui se mettait en place. Alors qu'elle passait son regard sur les Romains, elle pouvait voir chaque pièce se mettre en place, ils étaient tous des pions dans le jeu qui commençait. Son regard se posa finalement sur Clarke qu'elle espérait pouvoir épargner, se promettant de tout faire pour la garder éloigner de ses plans.

Pour le moment, elle revint à ses côtés, échangeant un bref regard, presque complice, chacune s'assurant que l'autre allait bien en tentant d'ignorer ce que le destin leur réservait.

A suivre…


Alors ces retrouvailles ? :p J'ai été gentille ça va ?

Bon elles se sont un peu engueulées mais normal que Clarke prenne mal les mensonges non ? Elle loupe pas Becca par contre :p

Sinon beaucoup de chose dans ce chap : Lexa garde du corps de Clarke, Lexa qui complote pour prendre Syracuse, Russel and co furax, Niylah qui menace Lexa, Indra ! Que pensez-vous de tout ça ?

Et Gaius est vivant évidemment ! :D On allait pas se débarrasser d'un allié clexa quand même. :p

Dites-moi tout ! Comme toujours j'attends vos retours avec impatience :D

Encore d'immense merci !

Bon sinon c'est un peu tendu en ce moment, j'ai eu la bonne idée de me lancer dans des cours par correspondance qui me prennent pas mal de temps, au boulot c'est covid sur covid donc je fais des remplacement à gogo donc je n'ai absolument pas le temps d'écrire et quand j'en ai, des mauvaises nouvelles me tombent sur la tronche histoire de bien m'assommer les neurones :( Bref je fais mon possible pour avancer et ne pas vous faire trop attendre ;)

Sur ce à bientôt ! :)