CH22-Les Caristia
Joyeuses Pâques !
Merci pour vos retours même si y en a pas eu beaucoup,
je crois que cette fois je vous ai perdu avec le clexa qui traîne.
Mais bon les courageux et les fidèles irréductibles seront récompensés, accrochez-vous ;)
Merci à Kouan pour la relecture, même si je pense qu'elle se venge en me faisant refaire dix milles fois des scènes ! :p
Sur ce bonne lecture ! :)
Le soleil couchant de l'hiver vidait lentement l'Atrium de sa lumière, laissant les torches prendre le relais. Clarke resserra son châle autour de son corps, le froid l'assaillant légèrement malgré les manches longues de sa robe faite de laine. Elle reprit ensuite ses prières silencieuses, le regard fixe sur Lararium, petite cavité contenant les statues des Lars, protecteurs de leur famille. La cavité était sculptée dans le mur de l'Atrium, telle l'entrée d'une demeure, représentant deux colonnes et un toit.
Les Caristia avaient commencé, trois jours durant lesquels ils honoraient en privé la famille et leurs ancêtres. Diverses offrandes avaient été déposées aux pieds des statues. Celle du Lar de la famille était bien évidemment la plus garnie, chacun demandant sa protection pour l'année à venir. À ses côtés, une petite statue de Vénus symbole d'amour et de fécondité, celle que Clarke avait déposé suite à son mariage comme le souhaitait la tradition. Si la fécondité ne faisait pas partie des préoccupations de leur couple, l'amour était bien présent, pas celui que l'on attendait d'un couple mais Clarke tenait à Gaius, bien qu'en toute amitié, elle l'aimait alors cette statue avait toute sa place dans le Lararium familial.
Son regard se déporta sur les petites bougies éparpillées dans la cavité qui représentaient leurs ancêtres disparus. C'est à eux qu'allaient ses prières, plus précisément à ses parents dont elle avait très peu de souvenirs.
- Il est encore temps d'aller sur leur tombe, approcha Gaius soucieux alors qu'elle n'avait pas souhaité se rendre au caveau familial pour les honorer.
- Je n'ai pas besoin d'une tombe pour leur adresser mes prières, encore moins d'une tombe vide, répondit-elle sereinement malgré sa tristesse.
Gaius passa un bras autour de sa taille et l'attira contre lui, déposant un baiser sur sa tête en espérant lui apporter réconfort car il savait combien la situation lui pesait. Clarke avait réellement tout perdu dans cet incendie, ses parents dont les corps avaient été réduits en cendre, le moindre souvenir, son enfance heureuse…
- Et je ne supporterais pas de croiser ma « famille » là-bas, ils n'ont aucun respect pour notre famille, ce ne sont que des hypocrites…
- Hypocrites qu'il te faudra supporter demain, lui rappela-t-il.
- Je m'en serais passée, quitta-t-elle son étreinte, toujours contrariée par son insistance à respecter cette tradition du repas familial pour clôturer les fêtes en l'honneur de la famille.
- Moi de même mais il est nécessaire de garder des rapports cordiaux avec ta famille, que nous le voulions ou non, ce sont les Prime qui ont de l'influence à Syracuse, non les Tullius.
- Tu as été élu magistrat avec une écrasante majorité, lui rappela-t-elle.
- Essentiellement grâce à l'éviction de Lucius et à notre mariage. Cependant aussi puissant soit le nom des Griffin et aussi talentueuse sois-tu, tu sais aussi bien que moi que cela ne suffira pas sur le long-terme, il nous faut des appuis.
- Je déteste quand tu as raison, bougonna-t-elle.
Gaius rit tendrement face à sa réaction.
- Tu sais qu'ils vont passer la journée à nous mettre la pression sur un héritier, lui rappela-t-elle agacée.
- Je voulais justement t'en parler… Dit-il d'un air secret, l'invitant à le suivre.
Lexa poussa Phobos au galop à travers les champs. Clarke l'avait autorisée à l'emprunter. Elle aurait pu prendre n'importe quel cheval mais étrangement c'est avec lui qu'elle voulait partager ce moment. Étant affranchie, Lexa était considérée comme étrangère à la famille contrairement aux esclaves, ainsi sa présence durant les Caristia n'était pas requise, voir interdite. La famille étant la seule concernée. Elle était libre de tout devoir envers eux et disposait donc de son temps comme elle le souhaitait.
Le vent glacial de l'hiver frappait son visage qui se crispait, tout comme ses doigts sur les rênes, contrairement à son corps chaudement enveloppé dans un manteau en fourrure de loup. Ses jambes dénudées étaient quelques peu réchauffées par la chaleur du corps musclé de Phobos, suant sous l'effort. Elle le poussa au galop jusqu'aux falaises de Syracuse puis elle le fit ralentir, trottant le long du précipice, suivant les indications de Gabriel à la recherche d'un grand rocher mousseux qu'elle finit par apercevoir. Elle stoppa Phobos puis elle descendit, sa gorge se nouant brutalement lorsqu'elle posa son regard au-delà du rocher, sur le précipice plongeant vers l'océan.
Lexa ne se rendit compte qu'elle avait marché jusqu'au bord que lorsqu'elle vit l'océan déchainé par les vents se fracasser sur les rocher en contrebas. Ces mêmes vagues heurtèrent violemment son cœur puis elle tomba à genoux, se brisant dans un flot de larmes en songeant à sa douce Costia précipitée sans cérémonie dans l'océan.
- Je suis tellement désolée Costia… Je te demande pardon…
Seul le vent lui répondit de ses murmures glacials. Lexa fondit un peu plus en larmes puis lorsqu'elle sentit le souffle chaud de Phobos dans son cou, elle accepta son étreinte lorsque son chanfrein se frotta à son visage. Elle finit par se calmer. Levant alors les yeux vers le ciel, elle sentit qu'un poids avait quitté son cœur tandis que des souvenirs heureux le traversaient. Plus sereine mais affichant un regard déterminé Lexa se releva, faisant alors face à l'horizon elle serra les poings dans une promesse :
- Je te vengerais, je leur ferais payer.
Elle allait leur faire payer sa mort mais également de l'avoir privé de la dignité d'un passage dans l'au-delà en osant jeter ainsi son corps à l'océan. Comme si elle n'était rien, comme si sa vie ne signifiait rien. Une larme de rage glissa sur son visage alors que Costia avait été tout l'opposé pour elle, elle avait été tout pour elle : sa joie, sa raison de vivre. Elle essuya cette larme brulante de colère puis elle leva une dernière fois les yeux vers le ciel :
- Adieu…
Elle se détourna, libérant Costia de son cœur, espérant qu'elle trouve la paix dans l'au-delà tandis qu'elle lui rendrait justice dans le monde des vivants.
Le grand salon des Tullius avait été décoré en l'honneur des Lars de la famille, offrandes, bougies et statuettes disposées sur les meubles. Des canapés avaient été installés autour d'une grande table basse pleine de nourriture et boisson. Dans la discrétion des ombres du salon, quelques esclaves étaient silencieusement sur le qui-vive afin de satisfaire la moindre demande de leurs maîtres. Ces derniers mangeaient et buvaient en enchainant les conversations, toutes plus ennuyeuses et hypocrites les unes que les autres, un véritable jeu politique en famille. Gaius et Clarke étaient installés en bout de table tandis que Russel et Simone leur faisaient face, puis de part et d'autre de la table se tenaient Quintus et Joséphine, Becca leur faisant face.
- Cela fait une lune que ces attaques sur les convois d'esclaves ont commencées et leur fréquence ne fait qu'augmenter, il est temps que vous agissiez, fit remarquer Quintus en pointant Gaius de sa coupe de vin.
Clarke qui était déjà bien agacée par ce repas familial fut coupée de justesse par son oncle alors qu'elle allait répondre de manière cinglante à l'accusation de Quintus contre son époux.
- Vendez vos esclaves à Syracuse et non dans les terres et vous n'aurez plus de problème, dit Russel, sous-entendant quelque chose.
- Ne détournez pas le sujet Russel, je n'y suis pour rien si vos gladiateurs perdent. Je vous vends autant d'esclave que j'en vends à Nia et ils sont tous de la même qualité.
Russel fut quelque peu soufflé, Clarke rit discrètement dans sa coupe de vin alors qu'il était parfaitement vrai que lors des derniers jeux, les gladiateurs de son oncle avaient tous perdu leur combat, à l'exception de la championne.
- Nous avions le même problème à Rome et j'ai entendu dire que les attaques avaient cessé, je ne vois aucune raison de s'alarmer, intervint Becca.
- Les problèmes vous suivent on dirait, rit d'un air mauvais Joséphine.
Becca qui buvait une gorgée de vin se figea légèrement à la remarque mais la conversation continuant, elle ne s'y attarda pas plus.
- Vous n'allez pas me faire croire que cela va s'arrêter tout seul, d'après les rapports le nombre d'assaillants ne fait qu'augmenter à chaque attaque, ils enrôlent, insista Quintus.
- Ils n'attaquent que vos convois me semble-t-il, s'agaça définitivement Clarke tandis que Gaius restait silencieux, si vos gardes sont incompétents ce n'est pas le problème de Syracuse.
Bien que Clarke vienne de briser toutes les règles de respect en oubliant sa place, tous les convives étirèrent un sourire moqueur à l'encontre de Quintus.
- Maîtrise déjà tes devoirs de femme ma chère cousine avant de parler d'affaires d'homme ! Claqua Joséphine qui ne tolérait aucune humiliation venant de sa part.
Les deux cousines échangèrent un regard assassin, prêtent à en découdre, mais si Simone étira un sourire fier envers sa fille, tandis que Quintus méprisa Clarke de son regard, Russel se crispa et s'agaça des propos de sa fille qui ramenait encore le problème de fécondité de sa nièce et donc leur secret à la surface.
- Je vous en prie ne nous disputons pas en ce jour, intervint enfin Gaius. Mon épouse a raison, cela ne concerne que vous Quintus, soutint-il Clarke, cependant il est vrai que ces attaques prennent de l'ampleur et elles ne sont donc pas à prendre à la légère, je vais donc faire en sorte de sécuriser les voies commerciales.
- Merci Magistrat Tullius.
- Quant au devoir de femme de mon épouse, appuya-t-il en fixant Joséphine, sachez qu'elle s'y applique assidument et que je n'ai pas à m'en plaindre, bien au contraire, défendit-il dans un petit sourire largement suggestif.
A ses côtés Clarke ne put cacher sa gêne, ses joues légèrement rougissantes, pas plus que son amusement devant une Joséphine qui s'était presque figée la bouche ouverte de surprise. Pourtant, il en fallait bien plus pour l'arrêter :
- Pourtant les dieux ne l'ont toujours pas gratifié d'un enfant, pointa-t-elle, un sourire presque carnassier sur les lèvres.
- Et ils t'ont repris le tien ! Ne put s'empêcher d'asséner Clarke.
- Clarke ! Excuse-toi immédiatement auprès de ta cousine, se révolta Simone qui se leva pour prendre dans ses bras Joséphine, l'enfermant dans une étreinte maternelle et protectrice, bien qu'elle semblait moins touchée qu'elle par son attaque.
- On dirait que Clarke gagne ce duel, rit doucement Becca.
- Ce n'est nullement sujet à plaisanterie, se leva Quintus furieux contre la brune, nous pleurons cet enfant tous les jours mais que savez-vous de cela ? Avec vos mœurs douteuses vous êtes loin de pouvoir connaître le sens d'être parents !
- Cela suffit ! Se leva à son tour Clarke alors que Becca avait perdu son sourire, le souvenir de la perte de son enfant remontant violemment sous l'accusation.
- Gaius tenez votre femme ! Ce rôle n'est plus le mien malheureusement, intervint Russel.
- Et que fait-elle ici d'abord ? Elle n'est pas de la famille, continua Quintus dans la cohue.
- Que tout le monde se calme ! Se leva finalement Gaius.
- Becca fait partie de cette famille, elle a pratiquement élevé Gaius et elle est également ma plus proche amie et mentor, défendit Clarke malgré l'intervention de son époux.
Ce dernier se plaça devant elle, la coupant du reste de la famille. Il caressa tendrement ses bras pour l'apaiser puis il capta son regard furieux :
- Clarke, calme-toi, lui murmura-t-il néanmoins avec force et lui transmettant silencieusement qu'ils devaient jouer le jeu.
Sa femme acquiesça, s'excusant du regard d'avoir perdu son sang-froid. Joséphine avait le don de la mettre hors d'elle et cette attaque à l'encontre de Becca était tout bonnement cruelle bien que Quintus ne soit au courant de rien. Elle connaissait la triste histoire de sa mentor qui était loin d'ignorer la douleur de la perte d'un enfant. Lorsqu'elle avait subtilement pâli sous l'attaque, Clarke n'avait pu se contenir.
Becca croisa le regard de son ancienne protégée lorsqu'elle retourna à sa place. Elle se demandait si elle avait réellement pensé ses paroles ou si ce n'était qu'un moyen de faire enrager un peu plus Quintus et sa femme. Le sourire timide qu'elle reçut de la part de Clarke ainsi que son regard reconnaissant la rassura, tout comme la sincérité dans ses yeux ainsi que la compassion qu'elle y vit. Elle sourit à son tour en songeant que leur amitié avait peut-être encore une chance.
- Que serait un repas de famille sans dispute ? Rit Russel dans l'espoir d'alléger les tensions et désireux d'éloigner tout sujet de discussion concernant leurs descendances et donc de l'infertilité secrète de sa nièce.
Cela lui valut des regards courroucés, notamment de la part de Simone et Quintus qui ne décolérait pas, ce dernier outré que Clarke n'ait pas été proprement remise à sa place par son époux.
- En effet… Appuya Gaius en forçant l'amusement. Néanmoins Joséphine a raison, lui accorda-t-il dans un regard faussement complice, les dieux nous refusent malheureusement les joies d'un enfant… mais je ne doute pas que cela viendra, ajouta-t-il en venant entrelacer sa main à celle de Clarke, échangeant un véritable regard complice et aimant avant de revenir sur la famille : En attendant, nous avons décidé d'adopter.
- Adopter ?! S'égosilla presque Simone dans sa coupe de vin.
- Nous avons récemment recueilli deux orphelins, continua Gaius, un jeune garçon et une jeune fille.
- Recueilli ? Vous voulez dire des esclaves ? S'écœura Simone en direction de sa nièce.
- Ils étaient esclaves, oui, confirma Gaius.
- Pfff… Pouffa Joséphine, encore une idée de ma cousine et de l'amour inconditionnel qu'elle porte à ces maudits esclaves puants et stupides je parie !
- Vous ne pouvez renoncer à une descendance pure, surtout pas au moment de vous lancer en politique, intervint Russel, noyant la pique de sa fille et très agacé par cette nouvelle.
- Nous n'y renonçons pas, nous aurons un enfant quand les dieux nous l'accorderont, défendit Gaius. J'ai toujours souhaité être père d'un grand nombre d'enfants, c'est l'occasion de commencer.
Russel contrôla sa colère montante, surtout lorsqu'il croisa le regard de sa nièce, leur secret pesant lourd sur la pièce. Elle ne mettrait jamais au monde un enfant et cela l'arrangeait mais une adoption remettait tout en question car ces sales petits esclaves pourraient hériter de l'héritage qui lui revenait de droit à la mort de Clarke. Il aurait dû se débarrasser d'elle bien plus tôt.
- Aussi louable soit cette adoption, reprit-il pleinement hypocrite, cela ne fera que vous rendre faible aux yeux de vos pairs. La rumeur d'une impuissance ou d'une infertilité pourrait se mettre à circuler, osa-t-il mentionner.
- Les attributs de mon époux vont très bien, je peux vous l'assurer, mon oncle, nargua Clarke qui défia sa famille d'oser l'accuser d'infertilité.
Étonnement pas même Joséphine n'osa, cette dernière se contentant d'observer avec amusement son père qui bouillonnait sous la surface. Elle ne manquait pourtant pas d'argument sachant que l'ancien époux de sa cousine avait eu tôt fait de mettre enceinte sa nouvelle femme à peine le divorce acté.
- Je n'oublie pas mes ambitions politiques, rassura Gaius. Le précepteur des enfants ne tarit pas d'éloge à leur égard, ainsi je ne doute pas qu'ils feront honneur à la maison Tullius. Et bien que cette adoption soit d'abord un acte de cœur, nous y trouvons également un intérêt politique.
Russel leva un sourcil, intrigué, mais néanmoins agacé par l'utilisation du « nous », Clarke semblant avoir bien trop d'emprise sur son époux.
- Nous avons des projets concernant les esclaves, nous souhaitons améliorer leur quotidien, leur considération et quoi de mieux que de montrer l'exemple pour se faire entendre.
- Vous n'atteindrez pas les sommets de Rome en défendant les esclaves ! Claqua finalement Russel.
- Vous comptez tous les affranchir ? Même le peuple ne vous suivra pas. Jamais ils ne renonceront aux combats de l'arène, argua Quintus.
- Ou aux cuisses des catins, ajouta Joséphine bien que certaines soient des affranchies.
- Calmez-vous, j'ai bien d'autres projets pour atteindre les sommets de Rome comme vous le dites, mais l'un n'empêche pas l'autre, mit-il fin à tout débat avant d'ajouter en se tournant vers Clarke, serrant tendrement leurs mains enlacées : De plus j'ai promis de rendre ma femme heureuse et la condition des esclaves lui tient à cœur alors…
- On se demande bien pourquoi, pouffa à nouveau Joséphine en captant le regard de sa cousine qui lui lança des éclairs à cette insinuation peu subtile sur Lexa.
- Alors pourquoi ces enfants ne sont-ils pas avec nous ? Demanda soudainement mais joyeusement Becca.
Elle était fière de la manœuvre de Gaius car si cette adoption ferait sans aucun doute parler, elle serait vite oubliée au profit de leur projet politique, éloignant par la même occasion les suspicions sur l'absence d'une descendance. Ce qui protégeait Clarke de la cruauté de sa famille et du peuple.
- Nous attendions de vous l'annoncer, répondit Clarke.
- Gaia, peux-tu aller les chercher ? Demanda Gaius.
L'intendante qui veillait dans l'ombre de l'Atrium avec les esclaves s'occupant du service, acquiesça puis disparut à la recherche des enfants. Gaia avait assisté à toutes les conversations, ainsi elle comprenait un peu mieux qui était les Prime. Elle se rendait maintenant compte de l'enfer qu'avait dû connaitre sa nouvelle maîtresse mais également ce que Lexa avait pu traverser lorsqu'elle était à leur service. Tout comme elle comprenait un peu mieux ce que pouvait ressentir Lexa pour Clarke. Gaia avait été témoin de la bienveillance de sa maîtresse envers les esclaves et ces deux enfants récemment affranchis étaient une preuve de plus.
Il n'y avait aucun doute sur le fait que Clarke avait été la seule alliée de Lexa, la seule relation un tant soit peu humaine qui lui restait, lui apportant réconfort et soutien dans l'horreur de l'esclavage. Ainsi Gaia comprenait parfaitement le lien les unissant et les sentiments que Lexa pouvait avoir. Il n'y avait qu'à les regarder interagir pour savoir qu'elle n'avait aucune chance face à Clarke.
Elle chassa ces tristes pensées car il y avait bien plus important que ses états d'âme. Une fois les enfants amenés à Gaius, elle devrait informer au plus vite Lexa de ce qu'elle venait d'entendre au sujet de la protection des routes commerciales. Ce qui allait sans aucun doute ralentir leurs plans…
Lexa tomba lourdement sur la plage, le sable froid et mouillé se collant à son dos.
- On s'entraine depuis l'attaque de Quint et je ne vois aucun changement Lexa, pointa durement Anya.
- J'y arriverais, grogna-t-elle en se relevant malgré son égo blessé.
Son égo. C'est bien cela qui l'avait poussé à demander à Anya de l'entrainer à nouveau. Quint avait failli l'avoir, telle une débutante, et Lexa ne supportait pas cette idée. Elle refusait d'admettre qu'elle n'était plus que l'ombre de la championne qu'elle avait été.
- Je ne vois pas comment, quand tu persistes à faire la même erreur, insista-t-elle.
- C'est que tu es une mauvaise entraineuse, ragea Lexa en portant une attaque.
Son glaive de bois frappa contre celui d'Anya, le choc la repoussa mais elle attaqua à nouveau, rencontrant à nouveau le bois de son adversaire avant de brusquement s'accroupir pour trancher ses jambes mais la blonde esquiva de justesse dans un bond. Lexa se releva et abattit son Rudis en direction de la tête d'Anya mais elle stoppa son attaque du plat de son glaive, engageant un duel de force avant de violemment la repousser. Lexa recula de quelques pas et frustrée de n'arriver à rien, elle attaqua de toutes ses forces, enchainant les attaques qu'Anya para avec aisance, la faisant reculer à chaque coup.
Les bras de Lexa se faisaient douloureux, des grimaces de souffrance se dessinant sur son visage au fil de leurs échanges, ce qui décida l'ancienne championne de Rome à mettre fin à son calvaire. Anya contre-attaqua, l'obligeant à se défendre, enchainant violemment les coups que Lexa ne réussissait pas à bloquer, ses bras cédant sous le choc. Anya la fit reculer jusqu'à la naissance des vagues et c'est là qu'elle profita de son déséquilibre pour fortement la repousser, envoyant ainsi Lexa s'écraser dans l'eau glaciale.
- Aaaaaah ! Tu es folle ! Se releva-t-elle trempée jusqu'aux os sous le rire de la blonde.
- Rien de tel que l'eau glacée pour te remettre les idées en place ! Rit-elle davantage alors que Lexa se frottait désespérément les bras en quête de chaleur, la fraicheur de l'hiver mordant sa chair.
- Les idées en place ? Mes idées vont très bien !
Anya secoua la tête toujours amusée et alla récupérer le glaive de Lexa dans l'eau avant de le lui lancer.
- Attrape !
Lexa eut à peine le temps de le rattraper qu'Anya se jeta sur elle avec la force et la vitesse d'une lionne. Elle bloqua son glaive à quelques centimètres de son visage, ce dernier se crispant de douleur alors que ses muscles paralysés par le froid et ses tendons blessés hurlaient.
- Tu laisses tes émotions prendre le dessus, quelques provocations, quelques coups infructueux et ta frustration t'empêche de réfléchir, lui cracha-t-elle presque au visage avant de la repousser.
Lexa se figea de honte en réalisant qu'elle avait effectivement une fois de plus laissé ses émotions prendre le dessus. Elle souhaitait tellement oublier l'impuissance qu'elle avait ressentie face à Quint et qu'elle ressentait encore en s'entrainant avec Anya, qu'elle commettait la plus basique des erreurs.
- Tu ne retrouveras jamais la pleine force de tes bras, indiqua calmement Anya en lançant une nouvelle attaque que Lexa stoppa. Mais la force n'a jamais été ton point fort, se recula-t-elle avant de se lancer à nouveau sur elle.
Seulement cette fois Lexa anticipa et esquiva l'ancienne championne en se déplaçant sur le côté. Anya étira un fin sourire avant de parer la contre-attaque de la brune qui échoua à la surprendre car elle s'attendait à son esquive. Anya tourna sur elle-même pour lui faire face puis elle enchaina plusieurs coups que Lexa esquiva à nouveau. La brune était agile et rapide, des qualités dont elle avait toujours su tirer le meilleur et aujourd'hui plus que jamais elle devait réapprendre à s'en servir. Cependant, Anya disposait des mêmes qualités et plus le combat s'éternisait, plus Lexa épuisait ses forces en parant les coups car elle ne pouvait pas tous les esquiver. De plus toutes ses attaques rencontraient inexorablement le glaive d'Anya, créant des ondes de choc douloureuses qui vibraient dans ses bras remontant jusqu'à sa colonne vertébrale.
- Est-ce que ça va ? S'enquit la blonde suite à une parade plutôt violente qui fit lâcher son glaive à Lexa.
- Rien qu'un peu de repos ne puisse soulager, la rassura-t-elle.
- C'était mieux, beaucoup mieux, la félicita Anya.
- Merci… Mais même en utilisant ma tête et en évitant les chocs, le glaive finit par peser lourd dans ma main, s'agaça-t-elle.
- Malgré sa légèreté, ne compter que sur une dague serait de la folie.
- Je sais… Confirma-t-elle en ramassant son glaive.
Lexa relança l'entrainement en fendant l'air de son glaive. Anya para puis se déplaça sur le côté jusqu'à se retrouver derrière la brune, frappant son dos du plat de son arme.
- On pourrait aussi te trouver un garde du corps, lança-t-elle très sérieusement.
- Un garde du corps qui a besoin d'un garde du corps, autant crier ouvertement que je ne peux pas protéger Clarke et on me renverra à Rome. Et ça, ce n'est pas envisageable pour nos projets, répondit-elle avant d'attaquer.
- Tout comme te faire tuer n'est pas envisageable, notre cause sombrera sans toi, para-t-elle avec aisance et se rendant compte que Lexa ne mettait plus toutes ses forces dans l'attaque, tentant de les économiser.
Lexa tenta diverses attaques, toutes repoussées avec aisance par Anya qui ne semblait pas fatiguer au contraire de la brune dont la respiration devenait lourde alors que le duel s'éternisait à nouveau. Elle attaqua et cette fois elle se fit lamentablement désarmer par Anya, son glaive tombant sur le sable avant qu'elle ne le rejoigne suite à un coup de pommeau en plein visage.
- Ton cas n'est pas désespéré, tu as fait de nets progrès, énonça Anya en lui tournant autour avant de s'immobiliser devant elle.
Lexa qui se massait la mâchoire après le coup de pommeau, attrapa son glaive sur le sable puis la main qu'elle lui tendit et la laissa la tirer sur ses pieds.
- Mais ce n'est pas suffisant. Russel ne m'enverra peut-être pas un gros lourdaud comme Quint la prochaine fois, ajouta-t-elle en craignant de devoir faire face à McCreary.
« Et Lincoln ne sera pas là » Pensa-t-elle.
- Tu penses qu'il va encore oser s'en prendre à toi ?
- Si ce n'est pas à moi c'est à Clarke qu'il pourrait s'en prendre. Je l'ai peut-être détourné un temps de ses plans en le menaçant mais il ne renoncera pas à son héritage et si Gaius annonce ses intentions d'adoption comme je le suspecte, ce ne sera qu'une question de temps avant qu'il ne tente quelque chose.
- S'il y a des héritiers, cela signifie pas d'héritage pour lui à la mort de Clarke car tout ira aux enfants.
- Exactement, je dois donc être capable de la protéger.
- Clarke n'est pas nécessaire à nos plans, pointa Anya. Que tu puisses la protéger ou que tu échoues, Gaius te gardera à son service tu le sais bien et il ne repartira pas à Rome, il est coincé ici en tant que magistrat, la corrigea-t-elle sur ses craintes d'y retourner.
- On m'a confié une mission que je compte bien respecter, répondit-elle simplement.
Anya sourit d'amusement à sa flagrante esquive des véritables raisons. Lexa savait faire preuve de pragmatisme et si elle ne tenait pas à Clarke, elle ne prendrait pas la peine de se mettre en danger en jouant contre Russel et en risquant sa vie pour la sienne.
- Et il serait dommage d'abîmer un aussi joli corps, la taquina-t-elle d'un regard explicite.
Lexa secoua la tête d'agacement.
- Je suis étonnée que Gaia ne t'ait pas fait de scène quand on voit la manière dont tu regardes Clarke, appuya-t-elle un peu plus.
Pour réponse le glaive de Lexa fendit l'air dans sa direction. Elle le bloqua aisément du sien alors que la brune n'avait mis que peu de force.
- Gaia comprend très bien ! Et ça n'a rien avoir avec Clarke, je n'ai juste pas le temps ni la tête à m'amuser, dit-elle avant de relancer une attaque.
- Gaia doit être ravie d'apprendre qu'elle est un « amusement », autant que Niylah au vu du mur de glace qui semble s'être levé entre elle et Clarke, pointa Anya en repoussant son glaive. Mur de glace qui a bien fondu entre vous dernièrement, ajouta-t-elle, accompagné d'un sourire goguenard.
- On retrouve simplement une entente cordiale pour le travail.
Anya leva les sourcils dans un regard peu convaincu.
- Très bien, « amicale » serait plus juste je l'admets… Corrigea Lexa.
Cette fois Anya attaqua et Lexa bloqua à quelques centimètres de son visage, luttant dans une grimace pour repousser son adversaire.
- Plus de Gaia, plus de Niylah, tu as le champ libre, sourit Anya.
Bien trop concentrée à la taquiner, elle se laissa surprendre par la retraite subite de Lexa. Sa force l'entraina en avant puis la brune se glissa derrière elle, glaive sur sa gorge.
- Qui laisse ses pensées la déconcentrer maintenant ? Sourit-elle victorieuse.
Elle relâcha Anya qui grogna honteuse de s'être fait avoir.
- Il n'empêche que j'ai raison, pointa-t-elle.
- Je ne peux pas me le permettre. Tu as toi-même dit que je ne dois pas laisser mes émotions me distraire.
- Qui a parlé d'émotion ? Je parle seulement d'évacuer cette tension sexuelle entre vous, haussa-t-elle les épaules d'amusement. Et Clarke semble plus qu'encline à s'amuser.
Lexa dissimula difficilement la lueur de colère qui la traversa à cette remarque car même venant d'Anya ce manque de respect envers Clarke était insupportable. Pourtant elle avait jeté ces mêmes accusations aux visages de Clarke peu de temps auparavant. Accusations qui lui avaient coûté cher, perdant la confiance et l'amitié de la blonde, voir plus. Elle n'espérait guère autre chose que son amitié à présent.
- Allez rentrons, tu pourras te morfondre en la reluquant, l'attrapa-t-elle par les épaules pour l'entrainer sur le chemin de la ville.
Lexa se défit de sa prise dans un soupir, fatiguée de ces taquineries puis elles marchèrent silencieusement sur le sable de la plage.
- Tu as eu des nouvelles de Lincoln ? Demanda Lexa après quelques instants.
- Nos rangs grandissent vite, Quintus n'a que des incompétents dans sa garde.
- Bien, très bien.
- Tu n'as pas l'air heureuse de cette nouvelle ?
- Si, bien évidemment mais il nous faut également une armée à l'intérieur de Syracuse et pour le moment ça n'avance pas. Nous n'avons aucun moyen de contacter régulièrement Indra et à elle seule, je doute qu'elle puisse faire grand-chose.
- Elle pourrait peut-être trouver un appui parmi les gladiateurs de Russel ?
- Trop dangereux, il y a plus de chance qu'elle tombe sur un serpent que sur un allié, pointa-t-elle sans remarquer la grimace d'Anya. Et ceux de l'arène encore faudrait-il qu'elle puisse entrer en contact, si c'est comme pour moi, elle doit être isolée avant les combats et…
- Lexa ? S'arrêta subitement Anya.
- Qu'est-ce qu'il y a ? S'inquiéta-t-elle de son air hésitant, voir craintif.
- Tu me fais confiance ?
- Pourquoi cette question ? S'inquiéta-t-elle définitivement.
- Est-ce que tu me fais confiance ? Insista-t-elle avec empressement.
- Évidemment, je te confierai ma vie sans aucune hésitation. Mais qu'est-ce qu'il te prend, tu commences à m'inquiéter ?
- Je connais quelqu'un qui pourrait nous aider, dit-elle, le regard brillant.
La nuit tombée, Lexa s'apprêtait à sortir lorsqu'elle entendit un vacarme causé par des objets tombant sur le sol. Sans hésitation, elle se précipita dans la direction du bruit puis se laissa guider par des bougonnements qui la conduisirent jusqu'à l'atelier de Clarke. Elle trouva la jeune femme en train de ramasser pinceaux et peintures au sol.
- Attends je vais t'aider, attrapa-t-elle un chiffon avant de s'agenouiller à ses côtés.
- Merci mais tu n'es pas obligée, précisa Clarke tout en ramassant sa palette de peinture.
- Que s'est-il passé ? Demanda-t-elle à la place en récupérant les pinceaux et les donnant à la blonde.
Se faisant leurs doigts se frôlèrent, un doux frisson les traversant comme à chaque fois, et leurs regards s'accrochèrent un bref instant mais suffisamment pour les secouer.
- Je… Je me suis énervée car je n'arrive toujours pas à peindre, répondit-elle finalement, fuyant alors son regard.
Clarke se saisit des pinceaux puis elles se séparèrent de gêne, Lexa essuyant alors la peinture sur le sol. La blonde se releva pour déposer son matériel sur une table dans le coin de la pièce. La brune se releva à son tour car bien qu'ayant enlevé le plus gros des tâches, elle avait besoin d'eau. Cependant, en se redressant son regard accrocha une peinture bien particulière accrochée à l'un des murs. Elle sentit son cœur se serrer de nostalgie devant cette image d'un village au milieu des champs de blé.
« Poteidaia »
Lorsque Clarke se retourna, elle découvrit une Lexa comme hypnotisée et lorsqu'elle suivit son regard, sa gorge se serra d'embarras. Le regard que la brune posait sur la peinture ne trompait pas : la mélancolie des souvenirs du passé pouvait se lire sur son visage.
- Je… J'ai essayé d'être au plus proche de ta description, souffla-t-elle timidement.
- C'est… C'est réussi… Sortit-elle de sa contemplation.
Clarke rougit légèrement à son compliment tandis que Lexa s'approcha un peu plus de la toile pour laisser glisser ses doigts sur les champs de blé, fermant brièvement les yeux.
- Tu… Tu es rentrée chez toi depuis… ? Laissa-t-elle trainer.
- Non...
En vérité Lexa avait eu peur de rentrer chez elle. Elle aurait pu rentrer et espérer reprendre sa vie d'avant mais elle n'aurait sans doute pas supporté les constants rappels d'une vie perdue. Tout lui aurait rappelé la perte de Costia. De plus, après tout ce qu'elle avait fait pour survivre… se battre, vendre son corps… Lexa avait trop honte et peur de lire la déception dans les yeux de ses proches. Elle avait toutefois fait envoyer un message pour informer le village de la triste perte de Costia mais elle n'avait rien dit de sa survie car il était mieux pour tout le monde qu'on la pense morte.
- Ils ne te manquent pas ?
- Constamment… Avoua-t-elle tristement… Mais plus rien ni personne ne m'attend là-bas.
Clarke l'observait avec peine alors qu'elle était une nouvelle fois témoin de sa douleur.
- Tu ne devrais pas forcer ton inspiration, se détacha-t-elle soudainement du tableau pour revenir vers Clarke.
- Quoi ?
- J'ai vu tes peintures les plus personnelles…
Clarke rougit à nouveau dans un regard fuyant de gêne alors que la brune faisait mention des tableaux à son effigie qu'elle avait pu voir chez Becca.
- … et comme pour ce tableau, ramena-t-elle son attention sur Poteidaia, il est clair que tu peins avec ton cœur et non avec ta tête, alors ne force pas, laisse venir.
Clarke ramena son regard océan sur Lexa, visiblement touchée par ses paroles, un silence gênant s'installant.
- Mais qu'est-ce que j'en sais ? Je n'ai jamais touché un pinceau de ma vie, tenta-t-elle d'alléger l'atmosphère mal à l'aise sous son intense regard.
- C'est un très joli conseil, la remercia-t-elle d'un sourire qui lui réchauffa le cœur.
- Je… Je devrais y aller…
Sa soudaine tentative de fuite vers la sortie fit presque sursauter Clarke.
- Comment se fait-il que tu étais encore en bas ? Remarqua-t-elle alors car il était impossible que Lexa l'ait entendu depuis l'étage, de plus la brune montait toujours tôt dans sa chambre.
- J'étais sur le point de sortir pour rejoindre Anya à la taverne… Hm… Et bien… pour décompresser.
Clarke tiqua à cette information, perdant son sourire. Imaginant déjà Lexa en train de « décompresser » avec bien plus que de l'alcool, les femmes prêtes à offrir une nuit de plaisir à l'ancienne championne ne manquant pas à la taverne.
- Ce n'est pas ce que tu imagines, se sentit obligée de clarifier Lexa.
- Tu n'as pas de comptes à me rendre, sourit-elle amèrement, tu es libre maintenant.
- Clarke, je…
- Anya va s'impatienter non ? Tu devrais y aller, la coupa-t-elle.
Lexa tenta de ne pas se laisser atteindre par sa rudesse, la congédiant clairement, et hocha simplement la tête avant de quitter l'atelier. Clarke retourna à sa toile et tenta de suivre le conseil de la brune, bien que son esprit soit ailleurs, plus précisément sur ce que pouvait faire Lexa à la taverne. Les premiers coups de pinceaux furent sans énergie puis après quelques inspirations pour se vider la tête, Clarke laissa son cœur guider son inspiration et sa peinture prit vie.
Dans sa bulle, elle ne remarqua pas Gaius qui l'observait depuis l'entrée, un sourire aux lèvres alors qu'il n'avait rien manqué de leur discussion.
- Je peux savoir pourquoi nous sommes là à boire et non avec ton contact ? S'impatienta Lexa une pinte en main.
- Un peu de patience, la rabroua Anya, il ne peut pas se montrer comme ça avec nous.
Cela aiguisa la curiosité de Lexa car cela voulait dire que la personne qu'elles attendaient était suffisamment importante pour être reconnue en leur compagnie.
- Nous en sommes à notre troisième tournée, pointa-t-elle néanmoins agacée, je commence à me demander si tu n'essayes pas juste de me souler, l'accusa-t-elle alors qu'elle sentait son esprit s'alléger sous les effets de l'alcool.
Anya se dandina mal à l'aise sur sa chaise avant de boire une gorgée de sa propre boisson.
- Sérieusement ?! S'insurgea la brune.
- J'ai juste besoin que tu te détendes un peu !
- Et pourquoi ça ? Qui est ce contact, bon sang ? Pressa-t-elle soudainement inquiète et baissant la voix afin que seule son amie l'entende.
- Je vais nous rechercher à boire, esquiva-t-elle en se levant brusquement pour fuir vers le comptoir à l'autre bout de la salle.
- Anya !
Elle ignora son appel et Lexa contrariée attrapa sa pinte pour en boire une nouvelle gorgée, laissant la boisson brouiller un peu plus son esprit avant de la reposer un peu fortement sur la table. Elle ne comprenait pas l'attitude d'Anya, jamais elle n'avait agit de cette manière, les cachoteries n'étaient pas son genre et cela commençait à l'agacer. Elle la chercha des yeux et quand elle la vit accoudée au comptoir, elle ne semblait pas pressée de revenir, son amie buvant une nouvelle chope tout en scrutant l'entrée de la taverne.
Lexa termina sa boisson tout en observant la salle. La clientèle était composée de gens du peuple en quête de bon temps que ce soit avec l'alcool ou les filles de joie. Ces dernières souriaient et riaient avec les clients, assises sur leurs genoux, ou bien circulant entre les tables en quête de mains baladeuses avant de finir par disparaitre dans l'une des chambres à l'étage. La brune allait reporter son attention et son impatience sur Anya lorsqu'elle crut apercevoir une silhouette familière. Ses yeux accrochèrent un beau regard azur, un sourire aussi rayonnant que les boucles blondes ondulant au rythme de ses pas assurés entre les tables.
« Clarke ?! » Aboya son esprit.
La brune secoua la tête afin de clarifier son esprit embrumé car il était impossible que Clarke se trouve en ce lieu. Elle reporta son attention sur la salle, le cœur battant d'appréhension mais il n'y avait nulle trace de la blonde.
- C'est moi que tu cherches ? Susurra soudainement une douce voix à son oreille tandis que deux mains glissaient sur ses épaules.
Lexa tourna vivement la tête et rencontra le regard azur qu'elle avait cru avoir rêvé. La belle blonde qui ressemblait à Clarke sourit, ravie de son petit effet et ses doigts sur ses épaules commencèrent doucement à les masser. D'agréables frissons traversèrent son corps, fermant les yeux dans un soupir d'aise qui la surprit. Elle les rouvrit sur le généreux décolleté qu'offrait la robe de la belle blonde. Elle détourna le regard, quelque peu gênée lorsqu'elle vit le sourire amusé de la blonde, bien consciente de ses charmes.
- Ne sois pas timide championne, tu peux regarder et bien plus encore…
- Je ne suis pas intéressée, la rejeta-t-elle ce qui fit cesser le massage.
- Ton corps me dit pourtant le contraire, sourit-elle contre son oreille, son souffle chaud la faisant frissonner.
Lexa maudit son corps de réagir ainsi à sa proximité et ses attentions mais il était vrai qu'elle n'avait pas goûté aux plaisirs charnels depuis sa dernière étreinte avec Gaia à Rome. Elle mentirait si elle disait ne pas avoir envie de céder aux charmes de cette belle blonde, les courbes de son corps appelant le sien. Toutefois, la brune n'avait pas l'intention de trahir ses principes, elle ne coucherait pas avec une esclave qui y était forcée pour remplir les poches de son maître. De plus, elle avait assuré à Clarke qu'elle ne venait pas pour chercher du sexe et bien qu'elle n'ait aucun compte à lui rendre, une petite voix lui murmurait de respecter sa parole. Elle attrapa subtilement une des mains de la blonde et la porta délicatement à ses lèvres pour y déposer un léger baiser tout en plongeant son regard désolé dans le sien.
- Ce n'est pas contre toi… Je suis obligée de décliner ton offre mais je suis certaine que tu trouveras de la compagnie pour la nuit…
La blonde libéra sa main de celle de la brune pour venir cueillir sa joue avant de plonger sur ses lèvres, l'emportant dans un baiser auquel Lexa répondit presque immédiatement malgré la surprise, son corps prenant le dessus sur son esprit embrumé. La belle blonde rompit le baiser dans un sourire narquois alors que la brune avait le souffle coupé.
- Si tu changes d'avis, tu sais où me trouver…Championne de Syracuse, lui souffla-t-elle avant de s'éloigner.
Lexa déglutit difficilement en la regardant disparaitre entre les tables, son esprit se recomposant difficilement.
- On dirait que tu t'es enfin détendue, la nargua Anya qui se réinstalla à table avec deux pintes, dont une qu'elle poussa devant elle.
- Tu es sûre que ton contact va venir ? J'ai franchement mieux à faire que d'attendre, s'agaça-t-elle.
- J'ai vu ça, la taquina-t-elle en buvant une gorgée de sa pinte avant d'ajouter : Et tu devrais la rejoindre.
- Anya, je suis sérieuse.
- Mais moi aussi…
- On est pas là pour s'amuser, la coupa-t-elle.
- Je ne m'amuse pas, trancha-t-elle sérieusement. Notre rendez-vous va devoir avoir lieu dans l'une des chambres à l'étage afin de ne pas éveiller les soupçons…
- C'est quoi ce plan, Anya ? On ne peut pas tout simplement discuter autour d'un verre ?
L'ancienne championne de Rome inspira profondément, de nouveau mal à l'aise avant de lui répondre.
- Disons que je n'ai pas l'habitude de m'assoir avec lui à table…
- Comment ça ? Je ne vois pas de… Tu plaisantes j'espère ?! Éleva-t-elle subitement la voix.
- Lexa ! Lui fit-elle signe de baisser d'un ton.
- Ton contact est ton plan cul ?! S'égosilla-t-elle presque.
- Oui ! Et nous n'avons pas pour habitude de boire avant de monter …
Lexa enfouit son visage dans ses mains, grimaçant car elle n'en croyait pas ses oreilles.
- Alors à moins que tu ne veuilles qu'on pense qu'on va coucher tous ensemble, tu devrais monter avant nous avec cette catin, ça n'éveillera pas les soupçons.
- Tu connais parfaitement mon opinion et je n'utiliserai pas cette femme pour nos manigances, releva-t-elle la tête.
- C'est pour notre cause Lexa, ce n'est qu'un tout petit sacrifice… et un plutôt plaisant, appuya-t-elle.
- Est-ce que ton contact est vraiment fiable ?
- Oh que oui... confirma-t-elle d'un sourire salace.
- Je ne parle pas de ça, la rabroua-t-elle écœurée.
- T'ai-je déjà donné une raison de douter de moi ? Non. Alors fais-moi confiance et dépêche-toi de la rattraper, pointa-t-elle la fille de joie qui s'était arrêtée à une table en quête d'un client.
Le regard de Lexa devint assassin lorsque l'un des hommes assis à la table posa avec rudesse sa lourde main sur ses fesses. Elle n'arrivait pas à se retirer le visage de Clarke de la tête, son esprit la confondant avec la fille de joie.
- Tu me payeras ça, grogna Lexa avant de boire une bonne gorgée de sa pinte comme pour se donner du courage.
Anya étira un sourire à sa réaction et rit intérieurement lorsqu'elle se leva pour voler à la rescousse de la copie conforme de Clarke. Une ressemblance qui ne lui avait nullement échappé et elle se demandait si Lexa s'en était rendue compte.
La brune s'éloigna et malgré l'alcool faisant son effet, elle avança avec assurance vers la table où la belle blonde usait de ses charmes sur le groupe d'hommes visiblement ivres. Ils s'éclaffèrent lorsque celui ayant une main sur ses fesses la lui claqua et Lexa vit parfaitement l'inconfort de la jeune femme malgré son effort pour ne rien laisser paraitre. La brune serra les dents et s'efforça de ne pas fondre sur eux pour leur dire sa façon de penser avec ses poings. L'un des autres hommes allait attraper la belle blonde pour l'attirer sur ses genoux lorsque Lexa se glissa subtilement entre eux.
- Désolée Messieurs mais cette jeune femme est déjà prise, annonça-t-elle tout en prenant la main de la belle blonde pour à nouveau l'embrasser, plongeant un regard charmeur dans le sien.
- Hey ! Va t'en trouver une autre à baiser ! Celle-là est à nous ! Protesta l'homme à la main lourde en attrapant la blonde par l'autre bras.
- Je te conseille de la lâcher, menaça-t-elle d'un regard brûlant.
Concentrée sur l'homme elle ne vit pas la jeune femme faire signe à ses camarades les plus proches. Un souffle plus tard, deux filles de joie s'incrustèrent sur les genoux des hommes, calmant immédiatement la situation. La belle blonde se libéra de l'homme maintenant distrait puis poussa doucement Lexa afin de s'éloigner, cette dernière refermant son bras autour de sa taille.
- Je ne pensais pas que tu changerais d'avis, lui souffla-t-elle à l'oreille tout en se collant à elle.
- Tu as su être persuasive, retourna-t-elle d'un sourire malicieux.
- J'ai vu ton regard lorsqu'il m'a touché… Jalouse ? La chercha-t-elle, son souffle la faisant frissonner.
Lexa ferma brièvement les yeux tant sous l'agréable sensation que pour se préparer à donner un spectacle aux témoins de la salle. Elle attrapa la taille de la belle blonde de ses deux mains avant de l'embrasser avec ferveur, lui coupant le souffle. Elle lui arracha un gémissement lorsqu'elle la plaqua doucement contre le comptoir de la taverne, attirant les regards les plus proches. La brune rompit le baiser en lui mordant doucement la lèvre avant de lui souffler, le regard désireux :
- Je n'aime pas partager.
- Je suis tout à toi, championne, lui assura-t-elle, le regard plein de promesses et refermant ses bras autour de sa nuque.
La brune étira un sourire presque carnassier, grisée par le moment et se sentant légère. Un sentiment qu'elle n'avait pas ressenti depuis un moment. Elle était tentée de se laisser simplement aller dans l'instant présent, son esprit embrumé lui faisant presque oublier la raison de sa présence et ses responsabilités. Elle ouvrit la bourse à sa ceinture et en sortit plusieurs pièces qu'elle lança sur le comptoir, le tavernier les attrapant avant de lui faire signe qu'elles pouvaient monter, la nuit étant à elle. Lexa se détacha de son amante d'une nuit et cette dernière lui attrapa la main pour la guider à l'étage.
Elles gravirent les escaliers puis une fois arrivée dans le couloir des chambres, où derrière certaines portes s'élevaient déjà des cris de plaisirs, Lexa n'eut le temps de penser que la belle blonde la fit entrer dans une chambre. La porte se referma et son amante la poussa contre, attaquant alors ses lèvres, l'emportant à son tour dans un fiévreux baiser tout en laissant ses mains parcourir son corps. Toutes ces agréables sensations qu'elle provoquait en elle, chassèrent toutes pensées cohérentes de sa tête. Lorsque la blonde se détacha, la laissant essoufflée et l'esprit embrouillé, c'est en croisant son regard azur, bien loin de celui qu'elle aimait tant qu'un éclair de Zeus la foudroya. La blonde s'approcha à nouveau de ses lèvres mais cette fois Lexa réagit :
- Non, arrête, lui ordonna-t-elle tout en saisissant ses poignets pour éloigner ses mains qui avaient cessé leurs caresses.
- Je… J'ai fait quelques choses de mal ? S'inquiéta la jeune femme, inquiète.
- Non, tu étais parfaite mais je ne peux pas faire ça.
- Je vois… Il y a quelqu'un d'autre alors… Déduit-elle.
La belle blonde étira un sourire en lisant la réponse dans le regard de la brune. Elle se pencha alors à son oreille, sentant son corps se tendre contre le sien.
- Je peux être qui tu veux pour la nuit, si c'est ce que tu désires, lui susurra-t-elle.
Lexa déglutit difficilement, fermant brièvement les yeux afin de contrôler le désir s'emparant de son corps, puis elle repoussa gentiment la blonde.
- Ne le prends pas mal mais tu ne lui arriverais pas à la cheville.
La belle blonde se recula dans un léger rire, visiblement nullement blessée par ces paroles.
- Je suis jalouse, cette femme a de la chance, lança-t-elle réellement envieuse mais touchée par l'attitude de la brune qui la changeait de ses clients habituels. Et que fait-on maintenant ? Après tout tu as payé pour une nuit de sexe, lui rappela-t-elle en s'asseyant sur le bord du lit et dans une position qui mit en avant sa poitrine, tentant d'attirer Lexa.
- J'ai besoin que tu restes dans cette chambre jusqu'à ce que je revienne te chercher… Annonça-t-elle plus froidement avant de décrocher sa bourse et de la lui tendre… Cet argent est à toi en échange de ton silence, et pour tout le monde je suis restée dans cette chambre avec toi.
- Et mon maître ? Demanda-t-elle hésitante.
- Il pensera que j'ai été pleinement satisfaite entre tes bras tant que tu respecteras notre accord. Alors ?
- Et que vas-tu faire de mieux que gémir de plaisir entre mes cuisses ? Demanda-t-elle, curieuse.
- Il vaut mieux que tu l'ignores. Avons-nous un accord ? Dit-elle en secouant la bourse tendue.
La belle blonde sembla réfléchir un instant, tout de même hésitante avant d'acquiescer puis attraper la bourse. Le silence qui tomba fut brisé par des coups soudains à la porte qui les firent sursauter. Lexa alla prudemment ouvrir, entrebâillant à peine la porte afin de ne pas montrer l'esclave.
- Anya ? Comment m'as-tu trouvé ? S'étonna-t-elle qu'elle ait trouvé la bonne porte parmi toutes les autres.
- C'est la seule chambre d'où aucun cri de plaisir ne se fait pas entendre, pointa-t-elle, désespérée par son cas, Lexa n'ayant visiblement pas cédé aux plaisirs charnels.
Anya lui fit ensuite signe qu'il était temps d'y aller, leur contact étant enfin là. La brune se tourna une dernière fois vers la belle blonde qui lui sourit timidement, confirmant qu'elles avaient bien un accord. Lexa suivit ensuite son amie jusqu'à une autre chambre dans laquelle elles entrèrent en s'assurant de ne pas être vues. La porte se referma derrière elles et Lexa prit conscience de la présence d'une personne puis lorsque l'homme se retourna, son cœur rata un battement de surprise puis la peur la saisit en le reconnaissant : Gustus.
- Ton contact est un des hommes les plus loyaux de Russel ? Tu as perdu la tête ?! Se retourna-t-elle sur Anya.
- Lexa calme-toi…
- Que je me calme alors que Russel a peut-être déjà encerclé le bâtiment avec ses hommes, paniqua-t-elle tout en allant vérifier à l'une des fenêtres, cherchant déjà une échappatoire.
- Gustus ne nous vendrait pas, défendit Anya alors même que l'homme restait silencieux.
- Pourquoi ? Parce que c'est un bon coup au lit ?! Retourna-t-elle furieuse.
- Parce que je ne suis pas stupide ! Claqua-t-elle à son tour furieuse de sa réaction.
Les deux femmes se faisaient silencieusement face, leurs yeux se lançant des éclairs lorsque Gustus intervint prudemment :
- Ai-je déjà agis contre toi ?
- Tu ne m'as pas aidé en tout cas.
- Et je le regrette… Confessa sincèrement le Doctoré.
Lexa secoua la tête, prête à quitter la chambre et le sentant, Anya lui attrapa le bras.
- Ecoute-le, laisse-lui une chance.
La brune regarda son amie puis Gustus, notant alors des changements depuis leur dernière rencontre. Il semblait avoir vieilli de plusieurs années, une certaine fatigue marquait son corps musclé et le brun de sa barbe n'était bientôt plus que poivre et sel. Lexa libéra son bras d'un geste vif puis fit signe à Gustus qu'elle l'écoutait.
- Je n'ai jamais adhéré aux actions de Russel, si ce n'est pour survivre… Ce qu'il t'a fait subir… Je regrette de ne pas être intervenu…
Lexa serra inconsciemment les poings. Anya baissa un regard prudent sur ses mains, prête à agir si elle s'élançait sur Gustus.
- Mais aujourd'hui, je peux t'aider, je veux t'aider…
- Comment ? Demanda-t-elle après un lourd silence, où elle dû reconnaitre la sincérité de ses paroles.
- Je sais que tu as contacté Indra…
Lexa tourna un regard accusateur sur Anya tout en hoquetant un rire amer à l'idée des conversations qu'elle avait pu avoir sur l'oreiller avec lui.
- … Je fais déjà en sorte de la protéger du mieux que je le peux de Russel, ignora-t-il sa réaction, mais je peux également t'aider à lui transmettre des messages ou bien même l'aider à rallier des gladiateurs à ta cause.
- Tu lui as tout dit ?! Reprocha-t-elle vivement à Anya.
- Je lui fais confiance. Lexa, tu n'as jamais mis en doute mon jugement, une nouvelle fois je te demande de me faire confiance.
Lexa se détourna, son regard se perdant sur la fenêtre et l'extérieur, toujours vide de danger. Si elle pouvait douter de Gustus, il est vrai qu'Anya ne lui avait jamais fais défaut. Jamais elle n'aurait organisé cette rencontre s'il y avait eu un danger. Quant au Doctoré, il est vrai qu'il n'avait jamais rien fait contre elle en dehors des ordres de Russel et s'il s'était rebellé pour la protéger, il serait mort. Comment lui en vouloir d'avoir voulu survivre ? Même à ses dépends… Si elle faisait fi du passé, Gustus pourrait se révéler être un allié de poids car il avait accès à Indra, à l'arène et même à Russel. Elle ne pouvait pas tourner le dos à une telle opportunité. Alors lorsqu'elle se retourna ce fut pour sceller une alliance.
Lorsque Lexa et Anya rentrèrent à la demeure Tullius, seul le crépitement des torches se faisaient entendre. Les gardes et quelques esclaves semblaient être les seules personnes encore debout. Les deux anciennes gladiatrices se souhaitèrent bonne nuit puis Lexa rejoignit silencieusement sa chambre.
Elle détachait son manteau en pénétrant dans sa chambre lorsque ses doigts se figèrent, son regard fixant l'un des murs. Ses doigts bougèrent à nouveau puis elle retira son manteau qu'elle jeta sur le lit en avançant vers l'objet de son attention. Elle se stoppa face au tableau nouvellement accroché au mur. Elle y fit glisser sa main, sentant les tracés de peinture sous ses doigts mais ressentant la chaleur des champs de blé en son cœur. Ses doigts s'arrêtèrent sur le petit papier qui était accroché dans un coin. Elle le prit délicatement et l'ouvrit :
« Il a toujours été à toi »
Le cœur de Lexa rata un battement puis un doux sourire naquit sur son visage, sincèrement touchée par le cadeau de Clarke.
A suivre…
Alors ? :D
Petit rapprochement de notre clexa à travers le tableau du village de Lexa. Un jolie cadeau mais surtout le retour de l'inspiration de Clarke grâce à Lexa... vous en pensez quoi ?
Lexa qui continue de comploter et Anya qui prend plaisir à la mettre dans l'embarras :p Et un allié de poids avec Gustus, piège ou pas piège ?
Bon ok Lexa fricotte avec une femme qui n'est pas Clarke mais sa réaction est plutôt encourageante quand elle la repousse non ? Je vais me cacher ? :p
Et Russel qui n'apprécie pas l'adoption mouahhahah :p
Allez j'attends vos retours avec impatience :D C'est vraiment la source de ma motivation et croyez-moi je vais en avoir besoin pour les chapitres qui arrivent.
Je vous dis à bientôt !
