CH27-Pour la cause
Bonjour, bonjour :D
Merci pour vos retours sur le précédent chapitre !
Contente de ne pas avoir perdu tout le monde.
Kouan fidèle au poste pour la relecture, merci !
Bonne lecture !
- Où est-ce que tu nous emmènes ? Rit doucement Clarke alors qu'elle suivait Lexa sur la plage de Syracuse.
Pour toute réponse la brune lui décrocha un sourire mystérieux tout en attrapant sa main, entrelaçant leurs doigts. Elles marchèrent côte à côte jusqu'au bout de la plage, Lexa regardant régulièrement si elles n'étaient pas suivies. Malgré l'inquiétude d'être découvertes, la gladiatrice avait la sensation de pouvoir être enfin elle-même avec sa compagne en dehors des murs de la villa. Elles échangèrent un regard complice, partageant ce même sentiment.
- On est presque arrivé, annonça joyeusement Lexa avant d'accélérer le pas d'impatience.
Elle entraîna Clarke avec elle en direction de l'amas de rochers terminant la plage de sable. Tout en marchant dans le sable légèrement humide, la gladiatrice leva un regard inquiet sur le ciel noyé de nuages gris. Elle espérait sincèrement que la pluie n'allait pas venir gâcher ses projets car cela faisait plusieurs jours que la pluie printanière ne les épargnait pas. Elle avait repoussé cette escapade en espérant une éclaircie mais Zeus ne lui avait accordé que ce ciel grisâtre. Pourtant, elle comptait bien profiter de cette accalmie car il s'agissait sûrement de la dernière occasion avant le combat. Lexa grimpa sur les rochers puis invita sa compagne à en faire de même.
- Sérieusement Lexa, qu'est-ce qu'on fait là ? Perdit-elle quelque peu son sourire en léger déséquilibre sur la roche avant d'immédiatement le retrouver. Mais qu'est-ce que… ?
Elle descendit de l'autre côté des rochers, aidée par Lexa qui l'empêcha de glisser sur la roche légèrement humide tandis qu'elle avait le regard rivé sur le reste de la plage qu'elle découvrit. Bien qu'elle ignorait qu'une petite bande de sable continuait après ces rochers, ce ne fut pas la raison du sourire radieux qui s'étira sur son visage. En revanche, la couverture où reposait un panier de nourriture ainsi que deux coupes et une petite amphore de vin, fut la raison de ce sourire.
- J'espère que tu as faim, sourit Lexa, heureuse de son petit effet.
Clarke empoigna son plastron puis l'attira à elle et l'embrassa langoureusement, lui coupant le souffle et lui faisant presque tourner la tête.
- Je suis affamée, lui répondit-elle en se détachant de ses lèvres et plongeant un regard sans équivoque dans les émeraudes de son amante.
Lexa se mordit la lèvre tandis qu'un frisson la traversait. Cependant, Clarke s'éloigna, ravie de l'effet qu'elle venait de provoquer chez sa compagne. La brune dévora du regard la belle blonde qui s'installa sur un pan de la couverture puis elle la rejoignit. Elle remplit les deux coupes de vin, en tendant une à Clarke.
- C'est magnifique, souffla la romaine qui venait de perdre son regard sur l'horizon que la mer leur offrait.
- Oui… magnifique… confirma d'une voix presque distraite la brune.
Au contraire de sa compagne, Lexa ne s'était pas perdue sur l'horizon mais son regard s'était posé sur la romaine dont la chevelure d'or dansait au gré d'un léger vent. Vent taquin qui caressait sa peau, le tissu de sa robe flottant légèrement sous son passage. Clarke remarqua son regard sur elle et ses joues rougirent légèrement en comprenant que ce compliment lui était destiné.
- A nous, leva-t-elle sa coupe en plongeant amoureusement dans les yeux de sa compagne.
- A nous… Retourna Lexa, sourire aux lèvres.
Elles entamèrent ensuite leur repas, simplement heureuses dans cette bulle à l'abri des regards.
- Hmm Clarke… Soupira la gladiatrice qui remonta ses mains des hanches de sa compagne pour venir caresser de ses doigts ses seins à travers le tissu de sa robe.
La romaine à califourchon sur la brune, gémit contre ses lèvres avant de gentiment la pousser en arrière, l'obligeant à se laisser aller contre le sable humide. La gladiatrice frissonna délicieusement lorsque la belle blonde donna un coup de hanche qui fit rencontrer leurs intimités ensemble. Bien qu'elles soient encore recouvertes par leurs vêtements, l'effet en était tout aussi délicieusement excitant. Les émeraudes de Lexa plongèrent dans le regard brillant de désir de la blonde qui ne cachait pas la moindre trace de plaisir qu'elle avait de mener ainsi leurs ébats. Clarke se mordit la lèvre d'excitation, émoustillée d'avoir ainsi son amante à sa merci. Cependant, Lexa remonta sa cuisse, surprenant la belle blonde qui tomba sur elle, se rattrapant de justesse en plantant ses mains dans le sable. La gladiatrice captura ses lèvres tout en la faisant rouler sur le sable, inversant habilement leur position.
- Je croyais que cette surprise était pour moi, s'offusqua faussement Clarke.
- C'est vrai, concéda son amante, mais je compte bien savourer le dessert, s'amusa-t-elle dans un regard pétillant de désir avant de plonger sur ses lèvres.
Tout en l'embrassant, elle se saisit délicatement de ses mains, entrelaçant leurs doigts dans le sable. Elle quitta ensuite ses lèvres pour parsemer sa mâchoire puis son cou de baisers, descendant au doux rythme de ses soupirs jusqu'à ses seins. Elle écarta délicatement le tissu les couvrant puis elle les cueillit amoureusement de sa langue, arrachant de délicieux gémissements à son amante.
Une des mains de la gladiatrice se détacha de celle de sa compagne pour doucement caresser ses courbes jusqu'à sa cuisse, remontant ensuite sa robe pour tortueusement se rapprocher de son intimité. Souriant contre son sein, ravit de son effet sur son amante, Lexa sentit quelque chose de froid et humide s'écraser sur son épaule, déclenchant un léger frisson au contact de sa peau en ébullition. Elle sentit un autre impact, puis un autre, jusqu'à ce qu'elle réalise la nature de ce qui les attaquait : la pluie s'abattit soudainement sur elles.
Elles crièrent sous la température et la force du rideau d'eau que les nuages déversaient avec force sur la côte. Lexa se redressa et attrapa la couverture sur laquelle elles avaient mangé, renversant le panier et les plats au passage. Elle recouvrit Clarke avec, espérant la protéger de la pluie tombant à grosses gouttes.
- Et toi ?! Demanda la romaine lorsqu'elle vit que Lexa ne s'abritait pas sous la couverture.
- Ne t'en fais pas pour moi ! Viens ! Répondit-elle tout en lui attrapant la main.
Elles grimpèrent prudemment les rochers maintenant trempés puis elles coururent sur la plage puis à travers la ville jusqu'à la demeure Tullius. Elles arrivèrent trempées jusqu'aux os et essoufflées.
- Préparez un bain pour Domina, ordonna Lexa au premier esclave qu'elle aperçut dans l'Atrium.
- Tu te joins à moi, lui souffla la romaine tandis que la brune lui retirait des épaules la couverture trempée et rapidement devenue inutile sous la pluie torrentielle.
- Tu sais bien que ce ne serait pas prudent avec l'arrivée de Marcus, répondit-elle à contrecœur.
- J'avais oublié…
Son beau-père devait arriver dans l'après-midi afin de passer les fêtes florales avec eux. Fête en l'honneur de la déesse Flore, déesse des fleurs, des jardins et du printemps. Les célébrations consistaient en offrandes et jeux de l'arène afin de s'attirer ses faveurs pour les prochaines récoltes de céréales et floraisons d'arbres fruitiers.
- Merci pour ce moment, lui dit-elle sincèrement touchée par les efforts de sa compagne pour lui faire oublier le combat approchant et simplement profiter ensemble.
- Une promesse est une promesse, et tu le mérites.
Clarke aurait voulu l'embrasser mais elles n'étaient plus seules. Entourées de témoins, elles n'étaient plus que la Domina et sa garde du corps. La romaine se contenta alors d'un simple sourire puis elle dû s'éloigner alors que l'esclave revenait la chercher pour son bain.
Le soir même Lexa se retrouvait à jouer les gardes du corps avec Anya alors que Gaius et Clarke rejoins par Becca, avaient emmené Marcus assister à une pièce de théâtre ouvrant les fêtes florales. Elles marchaient légèrement en retrait du quatuor qui discutait en sortant du théâtre lorsqu'Anya se rapprocha d'elle.
- Est-ce que ça va ? Lui demanda l'ancienne championne de Rome.
- Oui, pourquoi cette question ? Retourna-t-elle sans quitter des yeux le trio qui s'engouffrait dans la foule quittant les lieux.
- Je t'ai senti quelque peu ailleurs durant la représentation, tu semblais fébrile.
- La pièce était ennuyeuse c'est tout, répondit-elle avant d'accélérer le pas pour coller au quatuor et mettant ainsi fin aux questions de son amie.
En vérité Lexa s'était bel et bien sentie mal pendant le spectacle. Elle avait soudainement eu l'impression que sa vue se troublait avant de ressentir une légère sensation de vertige. Cela faisait plusieurs jours qu'elle était régulièrement assaillie par des vertiges. Il fallait dire qu'elle dormait d'un sommeil troublé depuis l'annonce de son combat contre Indra et la journée, son esprit bouillonnait à la recherche d'une solution. Solution qu'elle n'avait toujours pas trouvée ou du moins, aucune ne lui convenait. La dernière en date venait d'Anya qui avait proposé d'empoisonner Indra afin de la mettre hors jeu. Lexa avait refusé car bien qu'il ne s'agisse pas de la tuer mais seulement de la rendre suffisamment malade pour la rendre inapte au combat, une erreur de dosage n'était pas à exclure. De plus, Russel refuserait par fierté de déclarer forfait et enverrait une Indra malade combattre.
Lexa n'avait donc toujours pas trouvé de solution et cela la tiraillait dès qu'elle croisait Gaia. Cette dernière avait étonnement pardonné son agression à la gladiatrice. Pas plus tard que le lendemain matin, la métisse lui avait rendu visite pour s'excuser de l'avoir menacé, expliquant qu'elle avait agi sous le coup de l'émotion. Ce que Lexa comprenait parfaitement et la gladiatrice s'était également excusée, admettant qu'elle avait été trop loin dans son geste. Malgré tout, un certain malaise restait palpable, mais elles s'efforçaient de reconstruire leur amitié.
Lexa chassa ses pensées troublées puis recentra son esprit sur l'instant présent et sur le trio dont elles avaient la mission de protéger.
Lorsqu'ils sortirent enfin du théâtre de pierre, la foule se dispersa, ce qui soulagea les deux gardes du corps, rassurées que le quatuor ne soit plus noyé dans la foule. Cependant, Lexa se crispa à nouveau lorsqu'elle vit approcher Russel et sa femme de Gaius, Clarke et Marcus.
- Marcus, quel honneur de vous avoir à Syracuse, s'enjoua Russel en découvrant le patriarche Tullius.
- Jamais à court de flatteries, piqua Becca.
- Becca, voyons ma chère, la reprit Marcus.
- Je prends cela pour un compliment, ne vous inquiétez pas, rétorqua dans un sourire sournois Russel avant de reprendre : Gaius c'est une chance de vous voir ici, je devais justement m'entretenir avec vous.
- Il se fait tard, pourquoi ne pas venir chez moi demain, nous pourrons…
- Comme le veut la tradition, j'organise une fête la veille du combat, une fête où comme chacun s'y attend les combattantes seront exhibées, je compte donc sur la présence de votre gladiatrice, à moins que vous ayez également prévu de nous priver de ce plaisir ? Mordit-il mielleusement.
Gaius accusa sa question qui n'était autre qu'un coup bas. Il tourna le regard vers Clarke, s'excusant silencieusement pour ce qui allait suivre. Il savait qu'elle comprendrait qu'ils ne pouvaient pas combattre toutes les traditions au risque de se mettre tout le monde à dos. Ils devaient faire bouger les choses progressivement.
- Bien sûr que non, et notre gladiatrice sera présente, assura-t-il dans un sourire.
Clarke se tourna vers Lexa dont tout le monde semblait avoir oublié la présence. Bien que la gladiatrice tenta de ne rien laisser paraître, la romaine lut en elle comme dans un livre ouvert, elle su lire son désarroi dans son regard, apercevant les frissons de crainte de ce corps qu'elle connaissait à présent par cœur.
- J'en suis ravie, s'enthousiasma Russel. Cela nous rappellera les anciens jours de gloire de votre championne, cingla-t-il d'un regard vicieux sur la brune.
Clarke vit rouge, serrant les poings pour ne pas se jeter sur son oncle qui prenait un malin plaisir à jouer avec sa compagne. Malgré tout, elle n'allait pas le laisser gagner.
- Il est hors de question que cette exhibition s'organise chez vous, claqua-t-elle fermement.
- Et pourquoi cela ? Demanda-t-il d'un regard perçant.
- Je sais en quoi consistent vos exhibitions et si vous voulez vendre le corps de votre gladiatrice au plus offrant, ce n'est pas notre cas.
- Et bien je ne vendrais que la mienne, répondit-il en balayant de sa main les airs.
- Comme si nous pouvions vous faire confiance, hoqueta-t-elle de dédain.
- Gaius remets donc ton épouse à sa place, intervint Marcus outré par le manque de respect de Clarke mais surtout par l'image qu'elle donnait de son fils en contrôlant ainsi la discussion.
- Clarke s'il-te-plait, l'arrêta Gaius en posant une main sur son bras et s'imposant devant elle, la coupant du groupe. Pardonnez mon épouse qui se laisse emporter par sa ferveur. Ferveur que je partage. Nous voulons changer les choses pour nos gladiateurs et nos esclaves, et cette tradition d'exhibition en fait partie. Néanmoins nous vous la concédons Russel. Cependant, nous refusons de participer à de quelconques ventes de leur personne. La fête se fera chez nous, sous notre contrôle, c'est à prendre ou à laisser, énonça-t-il intransigeant.
Russel fulminait intérieurement alors qu'il se retrouvait ridiculisé suite à l'intervention de sa nièce. Il pouvait sentir les regards de Marcus et Becca sur lui, tout comme celui de sa nièce. Quant à celui de la gladiatrice, son regard dégoulinait de fierté pour sa nièce. Ô combien il aurait rêvé remettre cette chienne d'esclave dans son Atrium, enchaînée à la merci de ses convives, il l'aurait vendue pour les plaisirs d'un homme et cette fois il se serait assuré qu'elle n'en ressorte pas vivante. Cependant les Dieux refusaient de lui accorder ce plaisir mais ce n'était que partie remise, il en faisait la promesse.
- J'accepte que la fête ait lieu chez vous, dit-il difficilement.
Lexa s'appuya sur la table de sa chambre, fermant les yeux afin de chasser les vertiges qui l'avaient assaillie après avoir monté les escaliers. Elle se savait fatiguée mais cela ne lui avait jamais posé problème par le passé. Elle sursauta légèrement lorsque quelqu'un se racla la gorge derrière elle. Se retournant elle découvrit Gaia, un plateau repas en main.
-Est-ce que ça va ? S'enquit la métisse face à son teint quelque peu livide.
-Que fais-tu là ? Ignora-t-elle sa question et se redressant pour ne pas montrer sa faiblesse.
- J'ai vu que tu étais absente au dîner alors je t'ai apporté à manger.
- C'est gentil mais je n'ai pas faim.
Gaia acquiesça silencieusement tout en allant déposer le plateau sur la table.
-Est-ce que tu as une solution pour le combat contre ma mère ? Demanda-t-elle d'une petite voix empreinte d'hésitation.
-Toujours pas, admit-elle à la fois désolée et fatiguée par cette question et cette même réponse.
Gaia hocha plusieurs fois de la tête en se pinçant les lèvres, se gardant bien de tout commentaire qui pourrait envenimer les choses.
- Tu devrais manger, tu as vraiment mauvaise mine, lui conseilla-t-elle.
- Je vais y penser, merci.
Un sourire timide s'étira sur les lèvres de la métisse, sourire que Lexa lui rendit alors qu'elles marchaient sur des œufs afin de maintenir leur amitié brisée.
Clarke n'en pouvait plus de ce dîner qui s'éternisait. Marcus et Gaius semblaient vouloir se raconter chacun des jours de leur séparation. Bien qu'elle soit heureuse que son mari ait l'approbation de son père pour tout ce qu'il avait entreprit, les pensés de Clarke n'étaient tournées que vers sa compagne qui brillait par son absence.
Elle l'avait bien vu se séparer de leur groupe pour monter à l'étage à leur retour du théâtre mais elle pensait qu'elle allait redescendre pour se joindre à eux pour le dîner alors elle ne s'était pas inquiétée. Ce qui était maintenant tout le contraire.
Elle savait que la demande de Russel avait touché sa compagne, la ramenant à son douloureux passé, et Clarke aurait souhaité être à ses côtés pour la réconforter. À la place, elle était coincée à ce maudit dîner à écouter Marcus et son mari faire leur louange mutuelle.
Mais ce n'était pas le pire. Assise en face de Marcus et Becca, elle était spectatrice de leurs mains de plus en plus baladeuses au fur et à mesure que le vin coulait. Elle était étonnée de ce rapprochement mais en même temps elle aurait dû s'en douter au vu de leurs liens.
Becca se pencha à l'oreille de Marcus, lui murmurant quelque chose tout en fixant d'un regard amusé Clarke. Cette dernière grimaça à l'idée des péchés charnels qu'elle lui murmurait sans doute.
- Il se fait tard, lança brusquement Marcus, je vais raccompagner Becca chez elle.
- D'autant que Clarke a déjà l'air ailleurs, déjà la tête dans le lit conjugal ? Ajouta Becca en se levant et lançant un clin d'œil à la concernée.
- Tu as raison, rit Marcus, mais profitez-en plutôt pour me faire un héritier.
Il y eut un léger malaise que Becca dissipa en attirant Marcus avec elle pour l'entraîner vers la sortie.
- Ne gâche pas leur plaisir en leur mettant la pression, le rabroua-t-elle.
Il y eut à nouveau un silence lorsqu'ils disparurent.
- Je croyais que ton père nous laisserait tranquille concernant un héritier ?
- Je le pensais aussi… mais nous parlerons de ça plus tard. Mon père ne va pas rentrer de la nuit alors va rejoindre Lexa, la poussa-t-il d'un regard complice.
- Merci…
Elle se leva sans plus attendre puis partit vers la sortie du salon avant de brutalement faire volte-face :
- Becca et ton père vraiment ?
- Ce sont deux esprits volages, haussa-t-il les épaules comme si cela expliquait tout.
Clarke secoua la tête face à sa désinvolture et quitta la pièce, Lexa s'imposant à nouveau à son esprit.
Lorsqu'elle entra dans la chambre de Lexa, la romaine fut accueillie par la douce lumière de quelques bougies. La plupart étaient posées sur la table à côté d'un plateau repas à peine touché. Elle ne s'y attarda pas et chercha du regard sa compagne. Elle vit au sol son plastron et ses différentes protections qui dessinaient un chemin jusqu'au lit, où elle y trouva la belle brune. Clarke franchit la distance les séparant et s'assit doucement sur le bord du lit.
- Tu dors mon amour ? Souffla-t-elle tendrement pour ne pas la réveiller si elle s'était déjà endormie.
Clarke écarta plusieurs mèches rebelles de son visage et elle fronça soudainement des sourcils en sentant la légère sueur les collant sur ses doigts.
- Lexa ? S'inquiéta-t-elle en écartant la fourrure puis le drap couvrant sa compagne.
La brune tourna un regard vague sur elle, prenant seulement conscience de sa présence. Clarke pouvait voir son corps trembler de froid, contrastant avec la sueur visible sur sa peau. Elle se rapprocha à nouveau de sa compagne et posa une main sur son front qu'elle sentit sans surprise brûlant contre sa peau.
- Clarke ? Souffla faiblement Lexa avant de toussoter.
- Tu as sûrement attrapé froid avec la pluie, pourquoi n'as-tu rien dit ? Tu serais restée ici, la rabroua-t-elle gentiment.
- J'allais bien avant de rentrer…
- Quant bien même je sais que tu n'aurais rien dit, tu es une vraie tête de mule, s'exaspéra Clarke, ce qui fit sourire Lexa malgré son état.
La romaine retira le drap légèrement trempé de sueur, puis elle sortit un instant de la chambre, revenant avec un drap propre ainsi qu'une bassine d'eau et plusieurs chiffons propres. Elle lui retira délicatement sa tunique puis elle trempa l'un des chiffons dans une bassine avant de le passer sur son corps, chassant la sueur de sa peau.
- Tu n'as pas à faire ça… Souffla Lexa, malgré le bien-être que cela lui apportait.
- Quoi ? Prendre soin de toi ? Ne sois pas bête, répondit-elle en terminant.
Elle l'aida ensuite à enfiler une tunique propre pour lui tenir chaud malgré sa fièvre puis elle quitta la pièce avec la bassine. Elle revint dans la chambre avec de l'eau propre dans laquelle elle trempa un nouveau chiffon qu'elle apposa ensuite sur le front de sa compagne. Clarke sourit en la voyant soupirer d'aise. La romaine la recouvrit ensuite du drap propre puis de la fourrure avant de faire le tour du lit pour venir se glisser à ses côtés. Elle serra le corps tremblant et fiévreux de sa compagne contre elle, cette dernière venant attraper ses mains pour les serrer contre sa poitrine.
- Essaie de dormir, souffla Clarke en l'embrassant tendrement sur la tempe.
Lexa acquiesça silencieusement, grelottante, et se laissa bercer entre les bras de sa compagne.
- Lexa ? Murmura avec confusion une Clarke sortant du sommeil à cause de sa compagne s'extirpant de son étreinte pour quitter leur lit.
- Le reste de la maison ne va pas tarder à se lever, donna-t-elle pour toute réponse.
Bien qu'elle sache qu'il ne fallait pas qu'on les trouve ensemble, notamment par Marcus, Clarke attrapa le bras de Lexa pour l'empêcher de se lever, l'obligeant ainsi à rester assise au bord du lit.
- Tu dois rester au lit étant donné ton état, lui ordonna-t-elle presque tout en se redressant et venant se coller à elle.
- Je me sens beaucoup mieux, la rassura la brune en prenant sa main sur son bras pour la porter à ses lèvres et l'embrasser reconnaissante de son attention.
- Laisse-moi en juger par moi-même, contra Clarke en venant poser une main sur son front.
- Tu vois, lança-t-elle dans un sourire malicieux alors qu'elle savait que sa compagne ne lui trouvait aucune fièvre.
- Il serait tout de même plus prudent que tu vois le guérisseur.
- Je t'assure que je vais bien, réitéra-t-elle en se levant pour aller prendre une tunique propre pour la journée dans son placard.
- On ne guérit pas en une nuit d'un coup de froid, pointa-t-elle sérieusement et déterminée à ne pas lâcher sa compagne.
- Et pourtant tu en as la preuve devant toi, persista Lexa.
Clarke souffla d'exaspération tout en écartant d'un geste dramatique la fourrure et le drap qui la couvrait encore. Sincèrement soucieuse de l'état de sa compagne et agacée par son entêtement, elle ne profita nullement du spectacle que la belle brune lui offrit en retirant ses vêtements de la veille afin d'en enfiler des propres.
- Tu pourrais à nouveau te sentir mal, tu devrais vraiment te reposer, nous devrions également repousser le combat, cela…
- Clarke, je vais bien, il est inutile d'annuler le combat, la coupa un peu trop vivement Lexa.
- Est-ce ta fierté de gladiatrice qui parle ? Piqua-t-elle en retour.
Lexa détourna le regard en soupirant avant de revenir sur sa compagne :
- En partie oui, je l'admets, reconnut-elle pour le plus grand étonnement de Clarke, mais cela ferait également bien trop plaisir à Russel et il pourrait retourner cet abandon contre nos projets. Le risque que nous perdions les faveurs du peuple est bien trop grand, je ne peux pas les décevoir.
- Tu ne leur dois rien Lexa, pas plus qu'à Gaius et moi, pas quand ta vie est en jeu, assura-t-elle avec ferveur.
« Mais je me le dois à moi-même et à la rébellion » songea-t-elle fortement.
Clarke profita du silence s'étirant pour se rapprocher de sa compagne. Elle glissa une main sur sa joue pour amener son regard à plonger dans le sien.
- Promets-moi que tu iras voir le guérisseur avant la fête de ce soir.
- Si cela peut te rassurer.
- Grandement oui.
- Alors c'est promis.
Clarke déposa alors un doux baiser sur ses lèvres.
- Merci.
Elles se séparèrent et Lexa ramassa ses protections puis enfila celles de ses poignets.
- Laisse-moi t'aider, souffla tendrement Clarke en venant attraper son poignet pour serrer les lanières.
Elle en fit de même avec le second puis elle aida sa compagne à enfiler et attacher son plastron. Tandis qu'elle nouait les sangles de cuir sur son côté, elle décida d'aborder le sujet pour lequel elle était venue la veille :
- Je suis désolée pour l'exhibition de ce soir.
- Tu as fais ce que tu as pu, au moins grâce à toi cela n'a pas lieu chez Russel.
- J'aurais aimé t'épargner cela, insista-t-elle d'une voix empreinte d'une légère détresse.
- Clarke… Soupira-t-elle tout en lui prenant les mains et lui faisant face. On ne peut pas les priver de toutes leurs traditions, il faut y aller pas à pas… il faut choisir nos combats, termina-t-elle en remettant une mèche blonde derrière son oreille.
- Je le sais bien mais pourquoi est-ce toujours toi qui en pâtit ? Pointa-t-elle peinée.
- Tout ira bien, je te le promets, lui assura-t-elle dans un sourire attendri, touchée par son inquiétude.
Clarke qui allait contredire cette promesse qu'elle ne pouvait être certaine de tenir, fut coupée par les lèvres de Lexa qui l'emportèrent dans un baiser plein de tendresse. Son cœur battant faisant alors taire son esprit, leur discussion et ses inquiétudes prenant fin.
Lexa chevauchait Phobos le long des falaises de Syracuse. Elle eut une brève pensée pour Costia lorsqu'elle passa à proximité du lieu où son corps avait été lâchement jeté. Son souvenir la confortant dans ses projets de rébellion. Elle chevaucha jusqu'à la forêt naissante aux pieds des montagnes puis elle y entra, trottant à travers les arbres. Elle finit par stopper Phobos avant de descendre. Ses pieds touchant terre, elle sentit un léger étourdissement s'emparer d'elle. Elle se figea pour se stabiliser avant de se ressaisir.
Une légère culpabilité s'empara d'elle alors qu'elle avait menti à Clarke sur son état. Bien qu'elle n'ait plus de fièvre, les vertiges l'avaient accompagné dès sa sortie du lit. Elle avait réussi à les cacher à sa compagne alors qu'elle l'avait accompagné toute la matinée. Cette escapade qu'elle avait réussie à obtenir sous prétexte de se libérer l'esprit avant le combat du lendemain, lui permettait au moins de ne plus ouvertement mentir en face de sa compagne.
La brune se détacha finalement de Phobos contre qui elle avait légèrement pris appui dans son étourdissement puis après l'avoir attaché à un tronc, elle s'enfonça à pieds dans les bois. Elle marcha jusqu'au bord de la falaise, où la forêt s'arrêtait puis elle chercha le chemin escarpé qui descendait le long de la roche. Elle marcha un long moment, la fraicheur de l'océan et l'air iodé l'accompagnant alors qu'elle prenait garde à ne pas glisser. Elle finit par atteindre une petite plage formée par des galets, les vagues venant s'écraser sur d'imposants rochers dépassant de l'eau. Elle longea le pied de la falaise jusqu'à se retrouver face à une grotte. L'une des nombreuses entrées menant aux galeries des montagnes de Syracuse. Lexa n'attendit pas longtemps avant de voir apparaitre Lincoln.
- Tu as fais attention ? Lui demanda-t-il, inquiet tout en refermant sa main sur son poignet en guise de salut, la brune en faisant de même.
- Evidemment, répondit-elle sans s'offusquer car elle comprenait ses craintes d'être découvert.
Il lui fit signe de la suivre à l'intérieur. Lexa lui emboita le pas, tout en se préparant mentalement à ce qui allait suivre, se rappelant les conseils d'Anya. Ils s'enfoncèrent dans la caverne, croisant plusieurs opportunités de chemin qui perdraient quiconque ne connaissait pas les lieux, comme par exemple des soldats romains à la poursuite de rebelles. Ils finirent par déboucher dans un plus large espace, où une dizaine de rebelles les attendaient torches en main. La grotte n'était évidemment pas leur lieu de vie, ce n'était qu'un lieu de rendez-vous et une sortie parmi d'autres. Les rebelles bougeaient sans cesse à travers les galeries et la montagne. Ils s'étaient également séparés en plusieurs groupe afin de ne pas tous tomber en même temps en cas d'attaque.
A leur arrivée les rebelles se tournèrent vers eux. Lexa avait demandé à Lincoln de lui amener les plus réticents quant à leur projet, elle ne fut donc pas étonnée lorsqu'une voix s'éleva à son encontre :
- Alors c'est toi « Heda », lança avec sarcasme l'un des rebelles.
Heda était le nom que lui avait trouvé Lincoln lorsqu'il avait commencé à parler d'elle aux rebelles recrutés afin de préserver son identité secrète. Ils ne pouvaient se permettre le risque d'une trahison en dévoilant son identité. Sa présence face à eux était un risque mais les rebelles n'avaient aucun moyen de la reconnaître à moins d'avoir assisté à un combat de l'arène, et ce n'était pas le cas puisqu'ils avaient débarqué au port avant d'être convoyé hors de la ville puis libéré par Lincoln. Toutefois le risque zéro n'existait pas mais Lexa n'avait d'autre choix que de les rencontrer afin de calmer les tensions naissant au sein de la rébellion.
- Une femme ?! Nous suivons une femme ?! Sais-tu seulement lever autre chose qu'une aiguille à tricoter ? S'emporta-t-il.
La gladiatrice le fixait d'un regard froid, se gardant bien de laisser ses émotions transparaitre et encore moins la guider. Elle devait admettre que comparé à elle, le rebelle avait une forte carrure et était tout aussi musclé. Et quelque chose dans sa posture lui laissait penser qu'il avait été soldat avant d'être capturé, voir sûrement un gradé au vu de son jugement et la défiance qu'il lui portait.
- Milo ça suffit, intervint Lincoln.
- Regardez le bon toutou qui vole à sa rescousse ! Elle doit bien te baiser pour te tenir en laisse comme ça ! Se moqua-t-il et faisant ricaner les autres.
Lincoln, furieux décocha un coup de poing que Milo reçut en pleine mâchoire.
- Ça suffit ! Je n'ai pas fait tout ce chemin pour perdre mon temps avec vos stupides querelles ! Claqua la voix de Lexa, ce qui fit cesser les rires.
- Pourtant perdre notre temps est tout ce que nous faisons ici ! Retourna vivement Milo en crachant un peu de sang sur le sol de la caverne.
- Nous ne sommes pas prêts, défendit Lexa.
- Nous avons recrutés suffisamment d'hommes, contesta-t-il, nous sommes prêts, celle qui ne l'est pas c'est toi ! La pointa-t-il d'un doigt accusateur. Mais que peut-on espérer d'autre que de la lâcheté venant d'une femme ! Se tourna-t-il vers ses camarades.
Lui tourner le dos fut son erreur, tout comme celle de sous-estimer la brune. Sa voix galvanisant ses camarades se tut brusquement dans un gargouillis de douleur lorsque la main de la gladiatrice vint attraper ses parties intimes pour les lui broyer d'une forte poigne. Les rebelles se turent face à la douleur qui terrassait Milo. Ce dernier tourna la tête, son visage rouge pivoine rencontrant le regard perçant de Lexa seulement à quelques centimètres du sien.
- Tu n'as aucune idée de ce dont je suis capable, lui dit-elle sur le ton de la confession mais suffisamment fort pour que tous entendent.
Elle resserra sa prise, lui faisant plier les genoux sous la douleur.
- Je n'hésiterais pas à me débarrasser de toi ou même de chacun d'entre vous, si vous deviez mettre en péril nos projets. Est-ce que c'est clair ?
N'obtenant pas de réponse, elle resserra sa prise.
- Suis-je clair ?
- Oui… oui… Répondit-il finalement entre deux grimaces.
Lexa le relâcha et il s'effondra les mains sur ses parties douloureuses. Elle ne lui prêta qu'un rapide regard froid qu'elle tourna ensuite sur le reste des rebelles, s'adressant alors à eux :
- Je n'étais qu'une paysanne lorsqu'on m'a privé de ma liberté. Il est donc vrai que je ne connais rien à l'art de la guerre mais je connais notre ennemi. Contrairement à vous je n'ai pas eu la chance d'échapper à une vie d'esclavage, vous n'avez pas idée de ce que l'on doit faire pour survivre…
Milo se redressa légèrement, attentif à ses paroles comme le reste des rebelles.
- … la paysanne que j'étais est morte, les romains m'ont rempli de haine et d'envie de vengeance. Il n'y a pas plus impatiente que moi de les voir payer, croyez-moi, mais je sais que la patience est notre meilleur atout.
Elle tourna à nouveau le regard sur Milo s'adressant directement à lui cette fois :
- Si vous attaquez maintenant, sans aide de l'intérieur, vous ne ferez que vous écraser sur les murs de la ville, et les romains vous écraserons comme de vulgaires insectes.
- Crois-tu être la seule à réclamer vengeance ? Accusa Milo. Ce n'est pas parce que nous n'avons pas connu l'esclavage que nous n'avons perdu personne ou connu d'atrocité.
- Mourir stupidement ne les ramènera pas et ne rendra justice à personne, claqua-t-elle.
Elle se tourna à nouveau sur les rebelles alors qu'ils murmuraient favorablement à ses paroles.
- Je travaille activement à la libération de l'armée dont nous aurons besoin à l'intérieur mais je ne peux pas m'y consacrer pleinement si je dois aussi lutter pour nous garder unis. J'ai besoin que vous me fassiez confiance alors est-ce que je peux compter sur vous ?
Il y eut un lourd silence, durant lequel chaque rebelle échangea un regard puis ils se tournèrent vers Milo, ce dernier étant clairement leur leader. Le rebelle se redressa, toisant Lexa de toute sa stature.
- Tu peux compter sur nous, Heda.
Ils échangèrent un regard respectueux puis la brune lui tendit la main, une main que Milo attrapa, scellant ainsi leur accord. Des cris excités résonnèrent alors dans la grotte, scandant dans un grondement effrayant « Heda ! Heda ! Heda ! ».
Lexa réajusta machinalement son plastron doré orné de l'emblème familial de Clarke tout en inspirant profondément pour se donner du courage avant de se lancer dans les escaliers menant à l'Atrium. Les convives se tournèrent sur elle alors que la voix de Gaius annonça son entrée. Lexa se ferma complètement, arborant un regard froid afin de se protéger de leurs regards qui la perçaient telles des lames de couteaux. Les invités s'écartèrent de son chemin pour la laisser rejoindre le centre de l'Atrium, malgré tout elle se sentait acculée, oppressée alors qu'elle était cernée.
Indra était déjà présente sur le petit podium installé pour leur exhibition, vêtue d'une armure qui ne cachait presque rien de son corps et pieds et poings liés par des chaînes. Lexa retint avec difficulté sa révolte en constatant qu'elle était présentée en esclave alors qu'elle arrivait libre à ses côtés. Lexa se plaça silencieusement sur la marche lui étant dédiée, fixant la foule mais fuyant leurs regards, notamment celui de Clarke qu'elle sentait sur elle. Gaius entama alors son discours, Russel se joignant à lui une coupe de vin à la main pour se pavaner auprès du maître des lieux.
Cependant ils perdirent rapidement l'attention de la gladiatrice lorsqu'elle croisa un regard familier parmi la foule, celui de Prisca. Elle paniqua intérieurement alors que sa présence ne pouvait que lui causer des ennuis. Prisca n'était pas la seule prostituée présente, plusieurs d'entre elles riaient et dansaient avec les convives. Lexa comprit que Gaius les avait fait venir pour divertir les invités et cela la révolta, le foudroyant alors d'un regard noir. Comment pouvait-il cautionner cette pratique ignoble alors qu'il luttait pour l'amélioration des conditions des esclaves ?
Le discours de Gaius prit fin lorsqu'il invita les convives à profiter de la fête, et Russel les invitant dans un enthousiasme malsain à profiter de la présence des championnes. Les riches romains se rapprochèrent soudainement des deux gladiatrices, coupant toute échappatoire à Lexa. Son corps se crispa totalement, le souvenir écœurant de leur contact contraint et forcé se rappelant à elle. À ses côtés, Indra ne bougeait pas, fixant un point sur le mur d'en face, occultant ainsi les mains qui se posaient déjà sur elle. Lexa sortit de son calme apparent lorsqu'elle sentit une main la toucher. Elle s'écarta vivement comme brûlée, un réflexe incontrôlé. Comprenant alors qu'elle ne pourrait pas jouer leur jeu.
- Si vous me touchez, je vous casse le poignet, prévint-elle férocement.
Le romain qui venait de la toucher, afficha un air outré avant de se muer en colère face à son manque total de respect pour sa personne. Il allait faire savoir son mécontentement lorsque Gaius le coupa, approchant en écartant les bras d'enthousiasme :
- Ah voici donc cette fierté et cette rage qui définissent les meilleurs des champions ! Voilà pourquoi elle gagnera dans l'arène ! S'exclama-t-il en attrapant avec fierté Lexa par les épaules en se hissant à ses côtés.
Son enthousiasme fut communicatif, les convives cernant la gladiatrice acquiesçant avec ferveur, ce qui fit taire le romain qu'elle venait de contrarier, ce dernier ne voulant pas se retrouver exclu de l'avis général sourit tout en allant dans leur sens.
- Veuillez m'excuser mais je dois vous emprunter notre championne quelques instants, ajouta-t-il ensuite tout en entraînant la brune avec lui.
Ils firent quelques pas dans la foule puis Gaius se pencha à son oreille, la réprimandant quelque peu :
- Je sais qu'il y a des limites à ce que je peux te demander de supporter mais la soirée commence à peine.
- Quoi ? Tu n'as pas commandé assez de prostituées ? Tu veux que je me joigne à elles ? Piqua-t-elle tout en se libérant de son étreinte.
Elle s'éloigna de la foule pour chercher un peu de calme sur les côtés de l'Atrium, Gaius la suivant de près.
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire et tu le sais très bien, claqua-t-il légèrement agacé en revenant à son niveau. Quant aux prostituées, je ne pouvais pas faire autrement, nos invités ont certains besoins…
- Le besoin de violer de pauvres esclaves ?! Retourna-t-elle vivement, contenant à peine le volume de sa voix.
- Je te prierai de ne pas me manquer de respect en pensant si peu de moi, murmura-t-il vivement et sincèrement blessé par sa remarque. Ce n'est peut-être pas parfait mais je jongle comme je peux avec les règles de ce monde. Sache que toutes ces femmes sont volontaires, j'ai envoyé Niylah pour s'en assurer…
« Niylah » grinça intérieurement Lexa maintenant qu'elle avait sa réponse concernant la présence de Prisca.
- … et elles seront toutes gracieusement payées pour leurs services. De plus, j'ai demandé à ce que les gardes surveillent afin d'assurer leur sécurité à toutes. Je ne tolérerai aucune violence, termina-t-il.
- Tu es plein de bonne volonté mais tu ne peux pas totalement garantir leur sécurité et tu le sais. Rétorqua-t-elle amèrement.
- Gaius, Lexa ? Il y a un problème ? Demanda soudainement Clarke en les rejoignant.
- Tout va bien, j'allais justement retourner à ma tâche, répondit Lexa avant de brutalement retourner dans la foule de convives.
Clarke aurait voulu la suivre mais elle s'en empêcha, luttant ardemment contre ses sentiments afin de ne pas éveiller de soupçons sur son attachement à la gladiatrice.
- Elle est seulement contrariée au sujet des prostituées, la rassura Gaius en passant un bras autour de sa taille.
- Elle n'est pas la seule…
- Clarke…
- Je sais, je sais… Allons rejoindre nos convives avant qu'on ne pose des questions, conseilla Clarke.
Gaius l'embrassa sur la tempe puis il l'entraîna vers le groupe que formaient Russel et Marcus accompagné de Becca.
- Ah Gaius, je vois que vous avez fini de recadrer votre gladiatrice, les accueillit Russel tout en pointant Lexa qui se mêlait à contrecœur parmi les convives.
- Je suis étonné par son attitude, Lexa a toujours montré beaucoup de respect envers l'autorité romaine, pointa Marcus.
- C'est que vous n'avez pas essayé de la mettre dans votre lit, elle devient bien moins docile dans ces cas-là, s'immisça la voix de Joséphine à son apparition dans le groupe suivit par sa mère qui alla s'accrocher au bras de Russel.
- Dois-je rappeler qu'elle n'est plus une esclave, claqua Clarke malgré elle.
- Une affranchie ne nous doit pas moins le respect, rappela Marcus.
- Rien d'étonnant venant de l'ancienne esclave de ma chère cousine, elle est beaucoup trop tendre avec eux, piqua Joséphine.
- Je croyais qu'elle vous appartenait ? S'étonna Marcus à l'égard de Russel.
- C'est une longue histoire mais…
- Et beaucoup trop ennuyeuse, coupa Becca. L'heure n'est pas aux comptines mais à la fête !
- Cependant n'espérez pas le genre de fête à laquelle vous pensez ma tante, s'amusa Gaius.
- Que ces jeunes sont rabat-joies, s'offusqua-t-elle faussement sous le rire du groupe.
- Voyons ma chère, Gaius a tout de même pensé à notre bon plaisir. J'ai remarqué une rousse aux formes généreuses qui saura sûrement égayer notre soirée.
Accompagnant le geste à la parole, il entraîna Becca en direction de la rousse. Il fit néanmoins un arrêt aux côtés de son fils.
- Tu devrais en faire autant avec ton épouse, lui souffla-t-il tout en pointant du regard un bellâtre servant les invités.
Gaius fut désarçonné par la suggestion de son père. Non pas parce qu'il lui suggérait d'inviter un homme dans le lit conjugal avec son épouse, mais parce qu'il semblait réellement décidé à lui mettre la pression pour un héritier.
- Tout va bien ? Lui demanda Clarke.
- Oui, tout va bien, il a juste été un peu trop explicite sur ses intentions avec ma tante, mentit-il afin de ne pas bouleverser inutilement sa compagne et surtout pas devant Russel et Joséphine qui en profiteraient.
La nuit était bien avancée lorsque Lexa réussit à s'isoler vers l'un des buffets. Elle attrapa une coupe de vin et commença à la boire, songeuse, le regard perdu en direction d'Indra qui continuait de subir les assauts des convives. Elle serrait de rage son verre lorsqu'un corps se colla à elle, des bras entourant sa nuque, mais avant qu'elle ne le repousse une voix familière lui souffla à l'oreille :
- Tu m'as l'air bien tendu championne.
- Pas maintenant Prisca, la repoussa-t-elle, agacée en l'attrapant par les poignets et consciente des risques.
Risques déjà franchi lorsqu'elle croisa au loin le regard de Clarke posé sur elle, la belle blonde ne cachant rien de sa contrariété vis-à-vis des avances de la prostituée.
- C'est pas vrai… grogna Lexa qui s'écarta un peu plus de Prisca qui avait visiblement bu.
- C'est elle ta belle romaine, pointa Prisca qui avait suivi son regard, ou bien celle qui s'approche de nous ?
Lexa tourna la tête dans la direction opposée pour découvrir une Joséphine au sourire carnassier.
- Tu perds ton temps avec elle, elle n'a pas un sous, en revanche je peux te couvrir d'or, pointa la romaine.
- Voyez-vous ça, répondit Prisca clairement appâtée.
- Tu ne la toucheras pas, s'interposa Lexa.
- Et bien on dirait que si tu refuses d'écarter les cuisses, tu n'es pas aussi catégorique quand il s'agit d'écarter celles d'une belle esclave. Quoi que j'ai entendu dire par nombre de romaines que tu n'étais plus si difficile une fois dans leur lit, lui rappela-t-elle douloureusement ce qu'elle avait dû faire dans l'espoir d'acheter sa liberté.
- Qu'est-ce que tu veux à la fin ? Commença-t-elle à perdre patience, sa haine à l'encontre de la romaine remontant à la surface.
- Te voir souffrir le martyre, te faire payer d'avoir ruiné ma vie, se rapprocha-t-elle de la gladiatrice avant de faire mine de vouloir caresser son visage qui la fixait avec une fureur non dissimulée, pour finalement dévier sa main pour attraper le bras de Prisca : Mais avant je vais inviter cette belle blonde à se joindre à mon époux et moi.
- Prisca non ! Voulut-elle la stopper.
- Fais donc un esclandre que je puisse te voir souffrir sous le fouet plus vite que prévu, s'interposa à son tour Joséphine devant Prisca. Savoure donc sagement ton vin, ajouta-t-elle avant de s'éloigner accompagnée de la belle esclave.
Lexa, furieuse déposa son verre sur la table puis elle parcourut la salle à la recherche de quelqu'un. Concentrée sur son objectif, elle manqua totalement Gaia qui se rapprochait d'Indra afin d'entrer en contact avec elle malgré les risques. La gladiatrice repéra enfin celle qu'elle cherchait et l'attrapant par le bras, elle intima Niylah de la suivre. Elle la poussa à l'abri d'une colonne, espérant se dissimuler des curieux alors que son attitude ne passait pas inaperçue.
- Tu voulais me causer du tort en faisant venir Prisca ici mais c'est elle que tu mets en danger ! Alors tu vas m'aider à la protéger maintenant, l'agressa-t-elle d'un doigt furieux pointé sur elle.
- Te causer du tort ? En danger ? Mais de quoi tu parles ?! Réagit avec confusion Niylah.
- Tu sais très bien de quoi je parle ! TU as fais venir Prisca ici en espérant que Clarke remarquerait quelque chose mais c'est Joséphine qui a vu qu'on se connaissait et maintenant Prisca est entre ses mains de vipère !
- Tout ne tourne pas autour de toi ! Retourna Niylah. Je n'ai pas agi contre toi en m'adressant à Prisca.
- De toutes les auberges tu ne pouvais pas aller chercher des catins ailleurs, pointa-t-elle avec sarcasme.
- Je suis allée là-bas car je connais les filles, je peux leur faire confiance pour ne pas faire de vagues et pour ne vouloir poignarder personne. Et pour Prisca elle s'est portée volontaire comme les autres, je me suis contentée d'énoncer l'offre de Gaius, rien de plus.
- Ca t'arrange bien, claqua mauvaise Lexa. Mais peu importe, Prisca ne peut pas rester entre les mains de Joséphine, encore moins quitter la demeure avec elle, tu…
Elle s'arrêta brusquement lorsque Clarke apparut d'un pas vif :
- Bon sang Lexa qu'est-ce qu'il se passe ? Les gens commencent à se poser des questions sur ton comportement et moi aussi ! Lança-t-elle tout en tentant de garder sa voix basse.
- Clarke, écoute…
- C'est au sujet de cette prostituée avec laquelle je t'ai aperçu ? Elle pose problème ? Posa-t-elle cette seconde question à Niylah.
L'affranchie se figea, hésitant à répondre car cela la mettrait dans l'embarras puisqu'elle avait elle-même embauché les filles.
- Et que t'as dit Joséphine ? Revint-elle sur sa compagne. J'ai vu à quel point votre conversation t'a touchée.
Lexa ouvrit plusieurs fois la bouche sans savoir quoi dire puis son regard passa de Clarke à Niylah à plusieurs reprises, ce qui amena la romaine sur une autre piste :
- Ne me dis pas que c'est encore à mon sujet ? Accusa-t-elle Lexa de s'en prendre à Niylah comme elle s'en était prise à Gaia.
- Non ! S'indigna Lexa.
- Alors dites-moi ! Niylah ! Intima-t-elle, un ordre clair dans la voix.
La blonde hésita longuement mais Lexa vit clairement dans son regard le moment où elle décida de dire la vérité. Elle ferma les yeux, impuissante à ce qui allait suivre.
- Elle m'accuse d'avoir manigancé pour que cette prostituée soit présente ce soir. Lexa la connait et elle ne voulait pas que tu le saches.
Le visage de Clarke se voila d'une profonde peine.
- Mais je n'ai rien fait de tel, continua Niylah, car ce serait voué à l'échec vu que tu lui pardonnes tout, termina-t-elle amère.
- Clarke, je t'en prie, il faut la sortir des griffes de Joséphine, elle va lui faire du mal juste pour m'atteindre…
- Ca suffit, les coupa-t-elle d'une main levée et reprenant enfin ses esprits.
- Niylah tu vas aller de ce pas extirper cette femme des mains de ma cousine.
L'affranchie opina sous son autorité puis retourna d'un pas rapide au cœur de l'Atrium pour retrouver Prisca.
- Quant à toi…
- Clarke, il n'y a rien eu…
- Je ne veux rien savoir, la coupa-t-elle durement. On a chacune un rôle à tenir ce soir et tu vas retourner faire le tien. On discutera plus tard.
Lexa l'observa, hésitante, mais à son attitude fermée elle comprit qu'il n'y avait aucune chance d'en discuter maintenant. Elle finit par tristement acquiescer puis s'éloigner à son tour pour l'Atrium.
Lexa ignora les regards curieux qui se tournèrent sur elle à son retour au cœur de la fête. Ses pensées étaient tournées sur ce qu'il venait de se passer. Elle marchait mécaniquement parmi les convives afin de reprendre sa place d'attraction de la soirée aux côtés d'Indra. Lorsqu'elle approcha du podium son attention fut brusquement attirée par le tumulte provoqué par la gladiatrice qui tenta de quitter sa place pour suivre une Gaia visiblement chamboulée mais elle fut vivement bloquée par le garde la surveillant. Lexa fronça les sourcils d'inquiétude à la présence de Gaia auprès de sa mère mais également par sa fuite, la jeune femme étant clairement bouleversée.
Indra se défit de la prise du garde, reprenant calmement sa place, mais tournant un regard remplit d'inquiétude sur Lexa, la priant silencieusement de suivre sa fille. Lexa hésita, cherchant Clarke à travers la foule car elle ne souhaitait pas s'attirer davantage ses foudres, ni faire davantage de vagues avec son comportement déjà suffisamment étrange. Elle vit sa compagne et Gaius en pleine discussion avec un haut dignitaire, le couple lui tournant le dos ils n'avaient rien vu de la scène causée par Indra. Tout comme le reste des convives qui sous l'effet du vin ne songeaient qu'à s'amuser, beaucoup commençant à s'intéresser à la présence des prostituées, leurs mains devenant baladeuses.
Lexa profita donc que l'attention de tous soit détournée pour partir à la suite de Gaia. Elle quitta donc l'Atrium pour la direction que l'intendante avait prise. Dans le couloir elle fut surprise par une nuée d'esclaves quittant les cuisines avec des plateaux remplis de nourritures et boissons. Elle fut intriguée par leur hâte alors qu'il ne semblait manquer de rien sur les buffets. Elle pénétra dans la cuisine et manqua d'être bousculée par un retardataire. Elle se tourna vers l'intérieur et y trouva Gaia en train de verser du vin dans des coupes qu'elle déposa ensuite sur un plateau.
- Gaia ? S'annonça-t-elle prudemment.
La métisse sursauta légèrement et versa du vin à côté de la coupe qu'elle remplissait, lâchant un juron.
- Pardon, je ne voulais pas te faire peur.
- Qu'est-ce… Qu'est-ce que tu fais là ? Lui demanda-t-elle d'une voix tremblante tout en se retournant.
Ses yeux rougis par les larmes cherchèrent à se poser n'importe où dans la pièce, plutôt que dans son regard.
- Je t'ai vu discuter avec ta mère puis… Est-ce que ça va ? Alla-t-elle finalement droit au but.
Gaia braqua soudainement son regard sur elle, une étincelle de fureur l'embrasant soudainement par cette simple question.
- Demain ma mère va se sacrifier pour la cause, elle est prête à plonger sur ta lame s'il le faut, alors d'après toi comment je me sens ?! Claqua-t-elle tranchante.
- Je…
- Épargne-moi tes excuses ou ta compassion ! Ce que je veux entendre c'est un plan, une solution ! Et tu n'en as pas.
- Toute cause à un prix… Asséna-t-elle douloureusement la cruelle vérité, sincèrement désolée malgré tout.
- Mais ce n'est pas toi qui le paies, accusa-t-elle la voix engloutie par un sanglot avant de ravaler ses larmes.
- Ne crois pas que je sois épargnée ou que je le serais, retourna Lexa bien consciente qu'elle aurait également son prix à payer. Et je n'ai pas encore renoncé à trouver une solution, il reste encore du temps d'ici le début du combat…
Gaia hocha de la tête tout en chassant ses larmes et reprenant peu à peu contenance. Lexa était intelligente alors s'il y avait eu une solution, elle l'aurait déjà trouvée. Attendre, lui faire confiance, était un risque bien trop grand. Même si elle voulait croire en Lexa comme elle avait toujours cru en elle jusqu'à présent, elle savait que la brune serait celle qui ressortirait en vie de l'arène. Et c'était un risque qu'elle n'était pas prête à prendre.
- Tu devrais retourner à la fête avant que l'absence de la championne ne fasse parler.
- Tu veux plutôt dire leur distraction pour la soirée, grimaça-t-elle à l'idée d'y retourner.
Gaia sourit tristement, ne pouvant s'empêcher de songer à sa mère qui n'avait pas le luxe d'être libre comme Lexa et d'ainsi fuir momentanément son calvaire. Elle se tourna vers le plateau qu'elle préparait et se saisit de l'un des verres avant de le tendre à la gladiatrice.
- Une dose de courage, l'invita-t-elle à boire dans un sourire désolée.
Lexa s'en saisit et le but presque d'une traite, le liquide étanchant sa soif et l'apaisant.
- Merci… Et je suis sincèrement désolée...
Lexa reposa le verre puis dans le silence s'étirant, elle s'éloigna pour retourner à la fête. Une fois seule, Gaia s'empara du verre de vin que la brune avait bu. Elle fixa son contenu puis souffla le cœur serré :
-Désolée, mais toute cause à un prix…
Lexa poussa les derniers invités sur son chemin puis s'engouffra dans un couloir. Elle tira sur le haut de son plastron alors qu'elle avait l'impression de bouillonner de l'intérieur, son corps brûlant, transpirant à grosses gouttes. Elle était aux côtés d'Indra lorsque les vertiges étaient subitement revenus. Elle les avait contrôlés tant bien que mal mais ensuite des bouffées de chaleur l'avaient assaillies avant de se sentir étouffer, son corps bouillonnant. Hors de vue, elle pouvait enfin se laisser aller, elle tituba contre le mur du couloir, sa fraicheur la frappant de plein fouet en comparaison de la température de son corps.
Reprenant sa marche en quête d'air frais dans l'espoir d'aller mieux, Lexa réussit à défaire les sangles de son plastron, qu'elle retira avant de le laisser tomber dans son sillage. Elle continua de marcher malgré ses jambes tremblantes, titubant d'un mur à l'autre. Sa vue se brouillait de plus en plus et les vertiges se faisaient plus intenses. Elle atteignit enfin les jardins, sentant l'air frais s'engouffrer dans le couloir, venant caresser sa peau teintée de sueur. Frissonnante, elle eut un élan de soulagement en songeant que l'air extérieur lui ferait sûrement le plus grand bien.
Elle se força à se redresser et accélérer le pas du mieux qu'elle le put. Elle entendait déjà Clarke la sermonner pour avoir sous-estimé la pluie et ce coup de froid qu'elle avait eu. Elle étira un fin sourire malgré son état en songeant à sa compagne. Sourire qui s'éteignit dans une subite quinte de toux. Elle songea que Clarke allait réellement lui en vouloir de ne pas être restée au lit. Elle mit enfin un pied dehors, la fraicheur de la nuit l'enveloppant. Lexa inspira profondément pour chasser son mal mais cela déclencha une nouvelle quinte de toux. Lorsque la crise cessa, ses yeux s'écarquillèrent de surprise puis la terreur s'y lut à la vue du sang tâchant sa main.
Elle comprit alors que quelque chose n'allait vraiment pas. Lexa voulut faire demi-tour mais une nouvelle quinte la saisit, plus puissante, lui coupant la respiration. Elle tituba sur quelques mètres, tentant de reprendre son souffle, le gout cuivré du sang emplissant sa bouche. Elle se sentit soudainement très faible et lorsqu'elle voulut faire un pas de plus, tout tourna brusquement autour d'elle et ses jambes cédèrent sous son poids. Elle tomba lourdement dans l'herbe trempée par la fraicheur de la nuit. Elle se tourna difficilement sur le dos, les yeux exorbités par la peur. Elle fut assaillie par une nouvelle quinte de toux qui lui arracha ses dernières forces. Elle papillonna lentement des yeux quelques secondes puis son regard se ferma sur le ciel étoilé, seul témoin de sa détresse.
A suivre…
Mouhahahah :p Et oui je ne pouvais pas rester longtemps sans drama, j'espère que vous avez profité !
Alors qu'arrive-t-il à notre Lexa ? Comment avez-vous trouvez le clexa ? Les réactions de Clarke ? Et Lexa qui s'affirme enfin en tant que cheffe de la rébellion ? Niylah a-t-elle réellement cherché à foutre la merde ou vous la croyez ? Dites-moi tout ! :D
J'attends avec impatience vos retours et encore merci au petit groupe de fidèle qui a pris le temps de laisser une review sur le précédent. J'espère ne pas avoir perdu les autres !
A très vite !
