Petit mot de l'auteure : j'ai un stage youhou !
Jour 5 : Caprice
Contexte : post série
- Et là... j'installerai une belle tapisserie narrant tous mes exploits.
Jaime retint de justesse un « ah oui, à ce point... » légèrement condescendant. À la place, il se contenta d'hocher la tête en signe d'encouragement, avant de joindre la parole au geste.
- C'est une très bonne idée.
- Merci. Et là... cette pièce est vraiment trop chargée. Un bon coup de balais pour virer toutes ces babioles de nobliaux, et on aura une salle claire, lumineuse, épurée.
Là encore, Jaime ne fut pas vraiment convaincu par l'idée, mais ne fit aucun commentaire. Après tout, c'était le moment de Bronn, pas le sien. Et quel moment ! Après tant d'années, le mercenaire avait enfin obtenu son château. Pour fêter l'événement, il avait invité Jaime à le visiter. Comme il le lui montrait depuis une demi-heure maintenant, il avait des idées plutôt radicales concernant sa réappropriation des lieux.
- Oh par les Sept, j'avais oublié cette horreur... gémit Bronn en ouvrant une nouvelle pièce. Ça, ça vire, et desuite.
Pour la première fois, Jaime intervint pour marquer son mécontentement.
- Mais tu ne peux pas jeter ce vase !
- Tu appelles cette horreur un vase ?
- De un, oui, c'est un vase. De deux, ce n'est pas une horreur, mais un précieux héritage de famille qui témoigne du style léonin qui s'est développé il y a maintenant de cela deux siècles et... Tu as finis de faire semblait de dormir ? Le fusilla-t-il du regard.
- Je ne faisais pas semblant, je dormais vraiment, répliqua Bronn. Qu'est-ce que j'en ai a faire que ce putain de vase a deux cents ans ? Je vais pas le garder sous prétexte qu'il a appartenu à un mec qui nourrit les vers !
- C'est un morceau d'histoire ! On ne se débarrasse pas de l'histoire comme ça ! Alors arrête avec tes caprices et respecte le fait que ce vase nous dépasse en importance !
- Pardon ? S'insurgea le brun. Je fais des caprices ?
- Qui c'est qui veut carrément tout enlever dans le château ?
- Et qui c'est qui fait des petits caprices à tout bout de champ pour tout garder ?
- Je n'ai absolument rien dit !
- Mais tu le penses ! Alors excuse moi, mais tu fais des caprices tout autant que moi ! Mais parce que môsieur est un Lannister, là c'est plus du caprice, c'est du bon goût. Et bien tu sais ce que j'en dit moi ?
Ils en était là de leurs considérations lorsque la porte s'ouvrit brusquement, révélant la figure d'un Tyrion sur les nerfs.
- Vous avez terminés vos enfantillages ? Oui ? Génial. Parce que ma femme aimerait se reposer, merci bien.
À la mention de Sansa, enceinte de six mois et alitée dans une chambre du couloir, leur colère redescendit en un clin d'oeil. Lorsque Tyrion referma la porte, aussi sèchement qu'il ne l'avait ouverte, Bronn et Jaime se regardèrent, piteux.
- Garde le ton horreur, finit par dire Bronn. Après tout, c'est chez toi.
- C'est chez toi aussi, maintenant, lui rappela Jaime.
- Ouais mais bon, Castral Roc, c'est ton château surtout, moi j'y suis car je suis avec toi et...
- Castral Roc est ton château aussi, coupa le blond. C'est pour ça qu'on fait cette visite, non ? Pour que tu me montres ton château, et ce que tu veux changer pour te sentir bien.
Et c'était vrai – Jaime l'avait suggéré au moment d'emménager ensemble. « Fait moi visiter ton château » avait-il dit après leur première nuit ensemble. Vu son enthousiasme, il avait pensé que Bronn c'était rapidement fait à l'idée, mais il lui faudrait encore du temps pour se sentir complètement à sa place. C'était somme toute logique. Alors Jaime prit sa main dans la sienne, embrassa tendrement ses lèvres.
- Allons visiter notre château.
