Bonjour me revoici avec le cinquième chapitre de vert absinthe et rouge folie. Je vous remercie pour vos reviews je prends toujours grand plaisir de les lire et d'y répondre :). Le prochain chapitre est presque entièrement écrit et je pense le poster soit le week-end prochain soit dans le milieu de la semaine qui vient. par contre je vais bientôt être en examen jusque fin juin. Il n'y aura pas de chapitre durant cette période et je m'en excuse d'avance. Bref, j'espère que ce chapitre vous plaira. Comme toujours n'hésitez pas à me laisser vos retours, impressions, théories en commentaires j'y répondrais avec grand plaisir. Bonne lecture :).


Il existe des arts si sombres tapis dans les abysses de la sorcellerie que même les enfants d'Hécate à défaut de les anéantir les ont transformés en murmures peuplant les légendes d'un lointain passé.


Il était si jeune la première fois que cela était arrivé. L'âge d'apprendre à lire...Lire, il le savait déjà, il avait appris seul.

Assis près de la fenêtre, regard perdu dans le bleu du ciel, il rêvassait quittant sa salle de cours pour un monde bien plus lointain. Construisant, modelant, détruisant, moult intrigues n'existant que pour lui.

Partir en quête d'un dragon voleur de trésor, voyager dans les tréfonds d'une galaxie lointaine, piller des navires imprudents sous pavillon noir, résoudre des énigmes gardant les portes d'un univers infernal.

C'est alors qu'il avait attiré son attention...

D'abord, il avait cru que c'était un jeu de lumière entre la fenêtre et les rayons du soleil ricochant sur le verre. Mais il se trompait, ce n'était pas un jeu de lumière. C'était autre chose...Une chose se balançant dans le vide, semblable à un fil d'or tressé.


Il s'était préparé avec soin. Tissant avec doigté le costume que l'on attendait de lui. Cheveux coiffés, mais gardant une impression sauvage rappelant l'impulsivité des jeunes enfants. Sourire en coin accrochant sa fossette, yeux brillants, jean foncé et chemise clair ressortant légèrement comme rentrée dedans par une main n'y faisant pas trop attention.

Hawthorn admira son costume dans le miroir de sa chambre. Il le portait bien. Avec les années, il portait ses costumes de mieux en mieux. Devenant de plus en plus doué pour, tel un magicien, changer d'apparat en un battement de cils.

Un dernier sourire candide et il se détourna, son regard redevenant parfaitement vide alors qu'il rejoignait la salle de vie commune.

Les autres enfants s'écartèrent à son arrivée. Sans un bruit, il prit place dans un fauteuil en retrait des autres. Son regard se leva vers l'horloge murale, autour de lui les conversations reprirent, il lui restait une demi-heure à attendre. Ses condisciples firent comme s'ils ne pouvaient le voir. Hawthorn en fit autant, ses yeux verts ne quittant jamais le mouvement régulier de l'aiguille courant après le temps qui passe.


Hawthorn était un garçon spécial. Un garçon différent des autres. Pas à cause de son intelligence supérieure à la moyenne. Ni parce qu'il pouvait faire de la magie.

Il avait compris bien avant de rencontrer Dumbledore ce qu'il pouvait faire. Il y avait bien trop de légendes peuplant le monde des hommes pour que cela ne soit que pur hasard.

Il avait toujours su au plus profond de son âme qu'il ne devait pas être le seul à pouvoir créer de la lumière par pure volonté, à pouvoir se réchauffer en y croyant assez fort, à pouvoir déverrouiller une porte en imaginant au plus profond de son esprit le mécanisme interne s'ouvrir.

Hawthorn était différent...

Hawthorn était un monstre.

Il était un monstre ayant appris au fil des récits contenus dans ses livres ce qu'il arrivait à ceux de son espèce rendu trop téméraires, oubliant de se cacher aux yeux du monde. Il avait appris à se dissimuler, ne laissant l'ombre de la bête visible que pour certains.

Les enfants avaient raison de le craindre.


L'ami de Dumbledore était pour le moins intéressant. Hawthorn avait dû étouffer un rire face aux expressions stupéfaites devant l'homme immense à la barbe et la chevelure touffue venant le chercher.

Grand et imposant, il aurait pu passer pour un descendant du terrible Barbenoire si son regard n'avait pas porté une douceur candide rappelant celle vibrant dans les yeux foncés de certains molosses dont l'allure terrible cache un cœur emplit de courage et de bonté.

Le géant...Demi-géant...Si les géants étaient eux aussi réels en dehors des contes écrit par les êtres non-magiques lui tendit une main immense.

-Bonjour, tu dois être le petit Hawthorn ? Le professeur Dumbledore m'a demandé de t'accompagner et...Oh, suis-je bête, j'oublie de me présenter. Je suis Rubeus Hagrid, gardien des clefs à Poudlard.

Hawthorn lui rendit sa poignée de main, son sourire joyeux finement fixé sur ses lèvres.

-Ravi de vous rencontrer monsieur Hagrid, j'ai tellement hâte de découvrir le chemin de traverse.

-Appelle-moi Hagrid, Hagrid suffit petit. Tu as prévenu tes surveillants que tu ne reviendrais pas avant la fin de la journée ?

Hawthrn opina d'un signe de tête son regard brillant de joie alors qu'il suivait le demi-géant en dehors de l'orphelinat et dans les rues de Londres. Écoutant d'une oreille distraite, alors qu'il mémorisait le chemin, le gardien des clefs lui parler de son amour profond pour les animaux et surtout les animaux magiques et dangereux.

-Et toi Hawthorn, tu aimes les animaux ?

-Oh oui Hagrid, je trouve leur présence inspirante et revigorante. Mais je n'ai pas souvent l'occasion d'en côtoyer ou d'en avoir un à cause...Et bien, ce serait gênant si chaque orphelin demandait un chat ou un chien...Soupira-t-il s'attirant un regard compréhensif du gardien des clefs.

Une main géante lui tapota gentiment le bras comme pour atténuer sa peine de ne pouvoir posséder un compagnon à poil. Hawthorn se sourit intérieurement. Il devenait de plus en plus doué pour offrir la réponse attendue sans mentir pour autant.

L'entrée du chemin de traverse était inspirante, il prit grand soin de retenir sur quelles pierres Hagrid frappait avec un parapluie, dont Walker savait, n'en était pas un.

Le chemin de traverse quant à lui semblait tout droite sorti d'un roman d'heroic fantasy. Des hommes, des femmes et des enfants vaguaient à leurs commerces portant des tenues que Walker n'avait vu que dans des histoires.

Les devantures des magasins présentaient objets et ingrédients également sortis d'un de ses romans. Plumes pouvant écrire toutes seules, balais volants, boules de cristal, os pour esquisser l'avenir.

Des hiboux volaient dans le ciel, serrant entre leurs serres lettres et parchemins et surtout...Surtout

L'air sentait la magie. Elle imprégnait tout.

Hawthorn la sentit couler sur lui, sa propre magie se tendant dans son corps tel un courant électrique voulant s'échapper de lui pour sentir et embrasser celle les entourant. C'était grisant. C'était accablant. C'était merveilleux.

Walker s'arrêta un instant, laissant le frisson d'énergie le parcourant de part en part se calmer puis redevenir humble ruisseau plutôt que flots déchainés. Son regard balaya les lieux se demandant si eux aussi ressentaient cette euphorie liquide courir dans leurs veines.

Hagrid se tourna vers lui haussant un sourcil.

-Tout va bien Hawthorn ?

-Oui c'est juste...

Il se pinça les lèvres cherchant quel mot pourrait décrire tout ce qu'il avait ressenti au plus profond de lui. À quel point c'était beau et fort. À quel point la magie lui semblait déjà être tout.

-Je comprends. C'est assez dépaysant du monde moldu n'est-ce pas ? Lui sourit le gardien des clefs.

Hawthorn lui rendit son sourire. Non, il ne comprenait pas...


Les achats dans les premières boutiques furent aisés. Les magasins n'étant pas assiégés de parents en retard pour une course de dernière minute lors d'une veille de rentrée. De plus, Hagrid avait pris la liberté de récupérer le montant de sa bourse alloué pour sa première année.

Ce ne fut qu'une formalité de récupérer parchemin, encre et plume. Hawthorn se laissant séduire par un lot de plumes d'un noir délicatement irisé.

L'apothicaire fut une visite intéressante à défaut de meilleurs mots. L'odeur d'ingrédient de potion imprégnait les lieux d'une senteur aussi étrange que tenace. La grande variété de diverses parties d'animaux magiques contenus dans des bocaux de verres attira le regard de Walker, celui-ci écoutant d'une oreille distraite le monologue enjoué du vendeur sur la qualité de ses produits tous choisis avec le plus grand soin et conservés de la meilleure des façons.

Vint ensuite le tour du magasin d'astrologie. il y trouva ses cartes du ciel et son télescope tout en jetant des regards en coin au demi-géant qui à mesure que le temps s'écoulait, jetait des regards de plus en plus fréquents en direction de sa montre de poche.

Hawthorn s'humecta les lèvres. De nature, son caractère le poussait à préférer faire les choses le concernant seul, sans chaperon le suivant pas à pas. Mais il n'avait pas voulu attirer l'attention du vieux sorcier. Un enfant normal n'aurait pas aimé, aurait eu peur de devoir se rendre dans un lieu inconnu abritant un monde tout aussi inconnu.

-Excusez-moi Hagrid, j'ai remarqué que vous regardiez souvent votre montre et que vous trépignez légèrement sur place. Sommes-nous en retard ? Demanda-t-il poliment, ses bras chargés de carte et du télescope.

Ne l'ayant pas remarqué s'approcher, Hagrid sursauta, sa montre manquant de tomber au sol.

-Non, il n'y a pas de retard petit. Le contredit le gardien des clefs en faisant un geste du bras comme pour chasser un dérangeant insecte. Avant d'ajouter face au regard septique qu'Hawthorn lui jeta.

-Je dois juste récupérer quelque chose pour Dumbledore et qui concerne l'école. J'ai mal calculé le temps qu'li nous faudrait et l'heure avance.

-Ah...Souffla Hawthorn. Avant de laisser fleurir un léger sourire sur son visage. Si vous voulez, je peux continuer seul pendant que vous allez récupérer la chose qui concerne l'école. Ainsi, on fait d'une pierre deux oiseaux.

-Tu es certain que cela ne te dérange pas de finir seul ? Lui demanda le gardien des clefs.

-Non, non. Appuy a-t-il. J'ai l'habitude de faire ce qui me concerne seul. Quand on est...Enfin, quand on est dans ma situation on apprend vite à devenir indépendant.

-Oui, je comprends cela. Hagrid plongea ses yeux sombres dans ceux verts vifs, sa voix prenant une teinte mélancolique. Moi aussi, j'ai du vite apprendre à me débrouiller seul. Ça devient une grande fierté de pouvoir le faire même si c'est douloureux.

Hawthorn pencha légèrement la tête vers la droite classant cette phrase énigmatique dans un coin de son esprit alors que le géant changeait de ton.

-Et bien, il te reste à récupérer...Voyions voir...Les livres, une malle, tes robes et surtout ta baguette. Que dirais-tu que l'on se retrouve d'ici environ deux heures trente chez Florian Fortarôme. Pendant ce temps, moi j'irai à Grin...Il bafouilla son visage rougissant. Pendant que je récupère ce qui concerne l'école.

Semblant craindre d'en dire d'avantage, il partit laissant Walker seul dans le magasin. Hawthorn laissa son sourire se faire malicieux. Alors l'objet se trouvait à la banque des sorciers et Hagrid semblait très embêté de son lapsus. Intriguant...Ce serait un mystère à analyser plus tard. D'abord, il devait finir ses emplettes.


Fleury et Bott était...Magnifique ! Tant de livres, tant de sujets, tant de savoirs à parcourir d'une main avide frôlant du bout des doigts leurs mystères d'encres et de papiers.

Hawthorn aurait pu y rester des heures, des jours, des semaines. Dévorant, caché entre deux rangées, tout ce qu'il ne pouvait se permettre d'acheter. Le cœur battant sous l'émotion, son regard parcourait, classait, retenait les divers titres et leurs emplacements pour une date ultérieure. Il n'avait pas le temps pour cela aujourd'hui. Il pourrait revenir plus tard, quand il serait seul. Le chemin de traverse n'état pas bien loin de l'orphelinat.

Ce fut une torture de quitter la librairie sans pouvoir étancher sa soif, abandonnant les livres aux pages immaculées et aux tranches jamais pliées. Fleury et Bott n'était pas la seule librairie du chemin de traverse. Juste la plus connue et la plus chère.

Hawthorn en avait remarqué une plus petite, plus humble cachée dans une des ruelles perpendiculaires à l'allée commerçante principale. Ce serait là qu'il achèterait ses livres. Peu importe leurs apparences. Seul leur contenu lui importait le reste n'était qu'accessoire. Il ferait de même pour sa malle et une partie de ses vêtements. Sauf pour ses robes. Elles, il les prendrait neuves. Il espérait ainsi économiser quelques galions qu'il garderait précieusement cachés pour une prochaine visite.


Livres écorchés et vêtements de secondes mains rangés dans une malle au cuir sombre délicatement patiné par les caresses du temps, Hawthorn poussa la porte de chez Madame Guipure. À peine fut il rentré qu'une sorcière à l'air distingué l'accueillit chaleureusement.

-Pour Poudlard, jeune homme ?

-Oui madame, je viens pour mes robes.

-Alors c'est par ici pour que je puisses prendre tes mesures.

D'un sourire, elle l'entraina à l'arrière du magasin dans une salle remplie de miroir pour que le client puisse inspecter sous tous les angles son futur achat.

Un autre enfant se tenait là, debout sur un tabouret pendant que des mètres ensorcelés prenaient ses mesures.

Madame Guipure installa Walker sur le tabouret voisin du sien puis repartit à l'avant de la boutique quand la cloche suspendue au dessus de la porte d'entrée tinta.

-Toi aussi, tu viens pour Poudlard.

Hawthorn cligna une fois des yeux, distrait par ce qu'il avait vu avant de poser son regard sur l'autre jeune sorcier.

Il avait une peau aussi pâle que la sienne. Un visage fin, un nez légèrement pointu, un regard gris perçant tirant vers le bleu et des cheveux d'un blond si pâle qu'il semblait blanc. Son physique dégageait une image éthérée et pure, cependant ternie par l'éclat hautain tapis dans ses yeux et dans la courbe de son sourire en coin.

-Mon père est parti chercher mes livres et ma mère s'occupe de récupérer ma baguette. Ajouta-t-il sans laisser l'opportunité à Walker de lui répondre. Nous voulons finir au plus vite. Ils sont déjà trop présents à parader dans l'allée comme si notre monde était le leur.

Son regard suintait le dégout au mot ils. Hawthorn étrécit légèrement ses yeux, il semblerait que Dumbledore ait omis certains détails sur le monde sorcier.

-Au moins. Continua le blond. À Poudlard serpentard n'accueille que ce qu'il y a de meilleur et de plus pur. Ils disent que toutes les maisons se valent, mais c'est la meilleure. Toute ma famille y a été et j'y serai également même si serdaigle peut être acceptable également. En revanche, je préfère mourir que de faire l'affront à mon père de finir à griffondor ou pire à poufsouffle. Et toi dans quel maison veux tu aller ?

Pour la première fois son regard gris regardait vraiment Hawthorn attendant une réponse de sa part.

-Dans celle qui me conviendra. Répliqua, de façon neutre, Walker.

L'autre enfant plissa les yeux, semblant surpris par sa réponse nébuleuse.

-Tu parles comme un serdaigle. Il sont plutôt ennuyeux avec leur amour du savoir et des livres mais au moins ils accueillent majoritairement des vrais sorciers. Tu es un vrai sorcier n'est-ce pas ?

Il se permit un sourire fin, son regard vert printemps devenant glacial. Il ne savait pas avec exactitude ce que l'autre sous-entendait mais il connaissait suffisamment l'histoire et le genre humain pour savoir vers où cela convergeait.

Il connaissait aussi ce genre de regard, ce genre de timbre de voix. C'étaient les mêmes que ceux des gosses de riches méprisant les autres pour ne pas avoir eu la chance de naitre au même rang qu'eux.

-Qu'en penses-tu ? Ronronna-t-il permettant au masque de glisser le long de son regard vert intense.

L'enfant sorcier le balaya d'un regard critique.

-Tu portes des vêtements et une malle de seconde main, mais tu as des traits me rappelant ceux de la famille de ma mère.

Il se pencha vers Walker son regard gris se verrouillant à celui absinthe.

-Comment t'appelles-tu ?

-Hawthorn.

L'enfant siffla avant d'ajouter en insistant.

-Hawthorn comment ?

Avant qu'il ne puisse lui répondre la vendeuse revint avec ses robes.

D'un pas léger, Hawthorn se détourna.

-Tu ne m'as toujours pas donné ton nom de famille. Réclama l'autre jeune sorcier d'un ton impérieux.

-Et toi, tu ne m'as donné ni nom ni prénom. Répliqua froidement Walker. Pour quelle raison devrais-je alors te faire la politesse de t'offrir également mon nom.

Semblant surpris de se voir refuser sa demande et de se faire tenir tête l'enfant blond souffla.

-Draco. Sa voix reprit son assurance hautaine. C'est Draco M...

-Non ! Le coupa Walker sans se soucier du regard outré que cela lui valut. Tu apprendras mon nom à Poudlard Draco comme j'y apprendrai le tien.

Le garçon blond lui adressa alors un sourire moins faux que les précédents

-Finalement, il semblerait que tu sois aussi un serpentard.

D'un pas altier, il quitta son tabouret, tendant sa main en direction d'Hawthorn.

-Seuls les vrais sorciers possèdent l'esprit du grand et noble Salazar.

Son regard vert brillant plongé dans celui gris argent, il serra la main offerte.

Seuls les vrais sorciers...Comme c'était intéressant...