Après une absences de plus d'un mois en raison de mes examens, me revoici. J'espère que vous prendrez toujours plaisir en lisant cette histoire :). N'hésitez pas à me faire parvenir vos réflexions en commentaire je prends toujours plaisir à les lire.


Il y a fort longtemps, la Vie créa la magie et en fit cadeau à certains de ses enfants.

Ce jour là, les êtres magiques naquirent. Avec le temps, ils grandirent, devinrent de plus en plus forts, de plus en plus uniques. Magia grandit également s'épanouissant telle une fleur aux multiples pétales chatoyant.

Ce jour-là, pour la première fois, la Mort envia la Vie. Envia son don de création...

Dans ses jardins d'éternité, elle approcha trois âmes nouvelles, trois âmes fortes que Magia, un jour, bénirait de sa lumière. Mais avant cela, la Mort se pencha sur elles et leur offrit la seule chose qu'elle pouvait offrir.


Le fil brillait, dansant dans le vent. Hypnotisé, il tendit la main l'attrapant entre ses doigts, c'était chaud et doux au toucher. Si doux et si chaud. Il voulait le garder avec lui pour toujours.

Son professeur haussa la voix sur un élève distrait, il sursauta, sa main se resserra, le fil se brisa, son esprit d'enfant n'y prit pas garde ayant déjà quitté ce lieu entre songe et réalité.

Il passa la fin du cours sans plus aucune pensée pour le fil doré. Sans plus rêver.

La sonnerie annonçant la fin de la journée scolaire hurla dans le couloir. Comme les autres il rangea ses affaires, comme les autres il sortit dans la courre, comme les autres il enjamba le cadavre d'un oisillon tombé d'un des nombreux nids d'hirondelle courant le long des façades de l'orphelinat.


Hawthorn s'était levé avant que ne s'éteignent les dernières étoiles enluminant le ciel nocturne. L'aube commençait seulement à peindre de reflets roses et or pâle l'horizon. Son réveil ne devait pas sonner avant deux heures, mais qu'importe...Il n'avait pu trouver le sommeil et il ne pouvait supporter de rester allonger ne serait-ce qu'une minute de plus.

Il se sentait fébrile.

C'était aujourd'hui...

Aujourd'hui, il partait pour Poudlard. Aujourd'hui, il quittait les sans-magie pour une année complète. Une année loin d'eux.

Devant le miroir de sa chambre, il inspecta une nouvelle fois sa tenue. Elle était simple mais correcte. Son pantalon sombre et sa chemise bordeaux complimentaient le vert intense de ses yeux.

Nonchalamment, il passa ses doigts dans ses cheveux, jouant un instant avec une mèche pour que celle-ci retombe en une boucle rebondie sur son front. C'était mieux ainsi. Plus proche de l'enfant qu'il devait être, plus proche de l'image que chaque matin il s'évertuait à lisser sur les arêtes et les bords tranchants de qui il était vraiment.

Une dernière fois, il vérifia sa malle, se félicitant de l'avoir achetée dans une petite boutique de seconde main. Jamais il n'aurait eu les moyens de s'offrir un modèle lui permettant d'emporter nombres de ses livres préférés sans cela.

Son regard se glissa vers l'unique fenêtre de sa chambre. Entre les branches de l'arbre planté près de son dortoir, une ombre plus noire que toutes les autres approcha.

Un croassement résonna dans la cours endormie.

Hawthorn sourit. Il ne s'était pas attendu au cadeau d'Hagrid. Mais elle avait poussé en lui.

Il l'aimait...

Sa chère amie, sa douce Madainn assez intelligente pour comprendre qu'elle devait rester dans les arbres entourant l'orphelinat, assez intelligente pour agir comme n'importe quel corbeau.

Le regard de Walker se baissa vers ses serres, entre les pattes noires et griffues reposait le cadavre d'une hirondelle, une des dernières à ne pas être partie en même temps que la majorité de la colonie vivant ici.

Terrible et magnifique Madainn.

Son sourire s'agrandit alors que du sang perlait du plastron blanc tandis que le bec cruel du corbeau ouvrait son petit-déjeuner.

Elle était parfaite pour lui.

Hawthorn adressa un dernier sourire à son animal de compagnie ne faisant plus attention à lui.

Madainn dévorait l'autre oiseau avec appétit, Walker s'humecta les lèvres, il était temps qu'il aille prendre son petit déjeuner également. Avec un petit peu de chance aucun enfant ne serait levé et il pourrait rester parfaitement seul.

D'un pas énergique, légèrement sautillant, sourire joyeux en coin faisant ressortir sa fossette, Hawthorn descendit les escaliers menant vers le réfectoire. Ses yeux verts brillant du même éclat que la bonne humeur suintant de son costume quand il manqua de tomber, se rattrapant de justesse à la rampe.

Un rire s'éleva sur sa gauche alors qu'un adolescent de deux ans son ainé ayant rejoint l'orphelinat il y a peu le dépassait.

Ses yeux verts absinthe accrochèrent ceux bruns ternes saturés de moqueries.

Le regard de Walker s'étrécit de rage, sa prise sur la rampe blanchissant sous sa colère. En général, il aurait ignoré pareille insolence. Pierce était nouveau, il n'avait pas encore eu le temps d'apprendre au près des autres.

Mais ce matin...Hawthorn ne se sentait pas dans un jour clément...Surtout pour un sans-magie...

Walker tendit la main, ses yeux brillèrent, l'or pulsant s'enroula autour de ses doigts, d'un coup sec, il tira...

Un cri, les bruits de chutes, des gémissements entre coupés de pleurs.

Hawthorn ricana descendant les dernières marches d'un pas calme et altier, son regard pétillant de joie fixé sur le corps sanglotant devant lui.

-Tu vas bien ? Demanda-t-il inquiet en se penchant sur Pierce, son regard vert absinthe ne quittant jamais le visage de l'autre enfant. Tu aurais pu te briser le cou...

Son souffle glacial balaya le visage de Pierce alors qu'il se penchait un peu plus vers lui, savourant derrière son masque le gémissement effrayé entre deux sanglots. Sa main se tendit, s'approchant de la blessure rougissant son front sans se soucier du geste de recul que cela provoqua.

La peur...Son sourire perdit son angle inquiet se faisant carnassier.

C'était si facile...

-Oh mon Dieu ! Que s'est-il passé ?!

De suite, son illusion reprit place cachant ce qu'il y avait en dessous de son visage enfantin. Son mépris joyeux se cachant pour laisser place à l'inquiétude la plus authentique en apparence alors qu'il se tournait vers sa surveillante préférée.

-Je...Je...Madame Sterling...C'est Pierce il...Il...Sa voix était hachée, serrée par l'inquiétude. Il était si fier de son art. Il courait dans les escaliers quand il a trébuché et il est tombé...Il ira bien n'est-ce pas. Il ajouta ses derniers mots d'une voix plus basse alors que ses yeux s'humidifiaient.

La surveillante se pencha elle aussi vers Pierce, obligeant le jeune adolescent à relever sa tête pour qu'elle puisse inspecter sa blessure. Elle soupira se frottant les yeux. Si tôt et déjà des ennuis...Ils allaient la tuer un jour...Combien de fois fallait-il encore leur répéter pourquoi c'était dangereux de courir dans les escaliers et que ce n'était pas les ennuyer que c'était interdit.

Son regard noisette se releva dans celui vert tendre d'Hawthorn, de tous les enfants, il avait toujours été son préféré...C'était un enfant si doux, si calme, si sensible...Elle n'arrivait toujours pas à comprendre pourquoi il n'avait jamais trouvé de famille. Si elle pouvait, elle aurait tant aimé devenir sa mère.

-Ne t'inquiète pas Hawthorn. Sourit-elle. Ce n'est rien de plus qu'une vilaine bosse. Je vais l'emmener à l'infirmerie et il sera vite sur pied. Va manger. Tu dois prendre des forces. C'est le grand jour aujourd'hui.

Hawhtorn lui rendit son sourire en se détournant. Il avait une faim de loup.


Déjeuner fini, malle parfaitement emballée, walkman vissé sur ses oreilles, Walker quitta l'orphelinat. Le temps était étonnement frais pour un premier septembre, mais cela ne le dérangeait pas, il avait toujours aimé la fraicheur que l'automne apportait, chargée d'odeur de mousse, de feuille en décomposition et de champignon.

D'un pas énergique alimenté par la chanson pet semetary, Hawthorn s'éloigna des routes bordant l'orphelinat suivi dans le ciel grisâtre par un corbeau volant à hauteur des toits et s'amusant à poursuivre quelques pigeons.

Une fois qu'il fut satisfait de la distance le séparant de son lieu de vie, il s'arrêta tendit le bras et siffla. Une ombre fondit sur lui, dans un battement de plume Madainn se posa sur son épaule ignorant, avec toute la grâce des grandes dames de ce monde, le bras lui étant tendu.

Le jeune sorcier soupira, enlevant son casque pour éviter que le corvidé ne coupe les fils comme ceux du précédent.

-Comment vas-tu ma chère? Ronronna-t-il en lui caressant délicatement le bec. J'ai bien peur que tu m'en veuilles. Ajouta-t-il en sortant de sa malle la cage dans laquelle Hagrid la lui avait offert.

À sa vue, le plumage de Madainn gonfla de contrariété, le jeune corvidé poussant un croassement outré.

-Ce ne sera pas long. Poursuivit Walker. Je te le promets, tu deviens trop grande pour te cacher dans les poches de mes vêtements. Un corbeau même en cage attirera déjà bien assez l'attention des sans-magies.

La gare n'était plus très loin, Hawthorn remit son casque reprenant son chemin sans dissimuler son sourire amusé face au comportement du jeune corvidé ayant caché sa tête sous son aile pour ne plus voir le visage de son maitre.

Qui aurait cru que les corbeaux pouvaient bouder...


La gare était aussi grande que dans ses souvenirs. Plus grande, en fait, maintenant qu'il devait s'aventurer dans ses entrailles de pierre et d'acier.

Hawthorn grinça des dents. Les jours de rentrées étaient toujours bruyants et désordonnés. D'autant plus dans une gare.

Partout des voyageurs criaient, se bousculaient, couraient, pointaient les panneaux d'information dans de grands gestes, jetaient des regards curieux à son charriot et au jeune corbeau ayant cessé de bouder. Ses yeux noirs brillants comme des billes observant avec le plus grand des intérêts ce lieu bruyant et agité. Puis au plus grand désespoir de Walker, heureuse d'ajouter sa pierre au bruit environnant elle se mit à partager ses plus belles vocalises dans le hall principal.

Jurant entre ses dents, son regard glissant furieusement sur son oiseau chanteur, il se dépêcha de quitter le hall principal en direction des voies 9 et 10.

Hagrid ne lui avait pas mentionné comment se rendre à la voie 9 3/4 mais par déduction celle-ci devait se trouver à proximité des voies 9 et 10. Toujours par déduction, celle-ci devait être dissimulée aux sans-magies.

Il s'appuya contre un des nombreux piliers soutenant les anciennes verrières servant de toiture. Ne restait plus qu'à attendre, par chance lassée ou bien moins amusée par le ''calme'' des deux voies Madainn avait cessé son récital. Les jours de rentrées étaient toujours bruyants et désordonnés, aucune famille n'y faisait exception, son train ne partirait pas avant une heure et demie. Son regard ne lâchait pas la foule se précipitant autour de lui, ses yeux cherchant ce qui sortait de l'ordinaire. Il avait vu assez de sorciers près du chaudron baveur du coté moldu avant la fin des vacances pour savoir que ceux-ci se dissimulaient fort mal parmi les sans-magies.

Il n'eut pas à attendre longtemps. Son regard croisa une famille de sorcier après tout aucun moldu ne se promènerait avec un chapeau surmonté d'un vautour empaillé et à sa réflexion aucun sorcier ne le devrait non plus. Ce chapeau était hideux.

Étouffant son rire moqueur, il suivit la vieille sorcière trainant dans une poigne d'acier un jeune garçon sans se soucier du moment où celui-ci trébucha peinant à suivre les grandes enjambées de la vieille dame.

Hawthorn pencha la tête vers la gauche alors que tout deux avançaient droit dans un mur, le traversant comme s'il n'était que fumée.

Intéressant...Etonnant aussi...Un mur entre deux voies bondées de voyageurs dépourvus de magie...Les sorciers étaient ou très arrogants ou les moldus étaient aveugles...Peut-être un peu des deux.

Il marcha fermement en direction du mur, son sourire se faisant malicieux sous le piaillement indigné venant de la cage quand ils eurent l'impression de traverser une brume glacée.

Le jeune sorcier souffla d'admiration, la voie 9 3/4 semblait sortie d'un autre monde tout en appartenant encore à une gare des plus normales si on oubliait les hiboux volant en serrant dans leurs serres de petits colis, les étudiants passant avec des balais, les sorciers et sorcières portant des vêtements semblant dater de l'époque victorienne ou bien du début du vingtième siècle. Et surtout la sublime locomotive à vapeur de rouge et d'or ruisselant.

Comme à chaque fois qu'il s'était rendu au chemin de traverse, ce qui l'émerveilla le plus fut la magie. La magie ambiante qu'il sentait partout autour de lui. La magie du lieu, celles appartenant aux autres sorciers et sorcières l'entourant. Il avait presque l'impression de pouvoir la gouter sur sa langue. Peu importe le nombre de fois, c'était toujours aussi merveilleux et accablant.

Un vrai sourire prit place sur son visage.

La Magie était sa maison.

Un croassement pressant le ramena à l'instant présent.

-Mes excuses...

D'un geste du doigt, il ouvrit sans y penser la cage de Madainn. Il n'y avait plus aucune raison pour qu'elle reste prisonnière de ces barreaux indignes.

D'un battement d'aile, son aurore noire reprit sa place, reposant avec toute la dignité de son espèce sur sa frêle épaule d'enfant.

-Allons nous trouver un compartiment vide ma chère amie.

Il y avait nombre de compartiments vides, Walker s'installa dans le premier sur son chemin. Rapidement, il rangea sa malle après avoir choisi un livre pour lui tenir compagnie durant le trajet.

Assis près de la fenêtre, Madainn toujours trônant sur son épaule, il jeta un regard en direction des voies. Des parents serraient leurs enfants, embrassaient leurs joues, leur faisaient promettre d'écrire...

Hawthorn détourna le regard reprenant sa lecture. Il n'avait pas besoin d'une famille, il avait toujours su se débrouiller sans. Ça lui avait permis de devenir fort, de devenir plus fort que les autres.

Son doigt caressa la page, ses yeux parcourant les mots sans les lire. Il connaissait l'œuvre par cœur. Chaque lettre, chaque mot, chaque virgule, chaque point...Il avait appris à lire avec lui, il avait appris seul...

Seul...Sans personne pour le féliciter d'y arriver si tôt, si jeune, sans personne pour l'aider...

C'était mieux ainsi...être un monstre dans une famille était pire qu'être un monstre orphelin. Les surveillants ne voyant de lui, ne voyant en lui que ce qu'ils voulaient voir.

Ignorant le reste...

Voyant juste un orphelin parmi les autres. Le plus beau, le plus intelligent, le plus sage. Mais juste un orphelin comme les autres...

Le plus solitaire.

-Putain ! Cracha Hawthorn, refermant son livre d'un geste sec avant de l'envoyer loin de lui sur la banquette lui faisant face.

D'où cela lui venait-il...

Cela faisait des années qu'il n'avait plus réagi ainsi, des années qu'il n'avait songé à une famille. Il se l'était interdit. Interdit depuis si longtemps, depuis la première fois.

Le jeune sorcier siffla entre ses dents serrées, se massant les tempes.

Bientôt, le train allait démarrer, bientôt, il n'y aurait plus ce bruit en sourdine. Ce bruit d'aurevoir, de mots d'affections, de promesses d'écrire...

Jetant un regard en coin vers la fenêtre, il fixa venimeusement une jeune sorcière quitter l'étreinte chaleureuse de sa mère. Les doigts d'Hawthorn se tordirent, elle trébucha en montant dans le train.

Walker ricana ravi, rappelant son livre d'un geste du doigt.

Il lui semblait que le train avait seulement démarré quand la porte de son wagon s'ouvrit, une voix douce lui demandant s'il pouvait s'asseoir ici. Hawtorn releva la tête, cligna une fois des yeux avant de croiser le regard d'un étonnant turquoise appartenant à un jeune garçon aux traits délicats et nobles.

D'un geste de la tête Walker acquiesça puis repris sa lecture. L'autre enfant pris également un livre avant de s'asseoir du côté de la fenêtre, en face de lui.

-Il est vraiment beau.

Hawthorn retint un soupir, son regard se reportant sur l'autre sorcier. Celui-ci regardait Madainn jouer avec une clochette brillante qu'elle avait volée pendant les vacances Magia seule sait où.

-Elle. Le corrigea Walker. Tu peux l'appeler Madainn.

Pour son plus grand bonheur, après cette précision l'autre enfant ne chercha plus à lui parler reprenant sa lecture. Hawthorn fit de même, jetant de temps à autre un regard vers le sorcier. Il n'avait pas l'habitude d'être entouré par quelqu'un de son âge et encore moins que cela ne lui semble pas effroyablement pesant...

Ses pairs étaient si inutilement bruyants d'habitude.


Le trajet s'écoula ainsi tout deux lisant sans s'adresser la parole, adressant à peine un non merci quand la vendeuse de bonbon passa par leur wagon. Madainn avait cessé de jouer se posant sur la banquette, sa clochette fermement tenue dans une de ses pattes. Il était presque arrivé à l'affrontement entre Mordred et le roi Arthur quand la porte coulissante les séparant du reste du monde, une nouvelle fois s'ouvrit,

-Excusez-moi, vous n'auriez pas vu un crapaud ? Neville a perdu le sien et nous sommes entrain de le chercher...oh tu lis la légende du roi Arthur !

Ravalant son gémissement exaspéré d'être dérangé une énième fois, Hawthorn se détourna de son livre.

En face de lui, l'autre garçon n'avait pas bronché de sa lecture, ses épaules raides et ses doigts serrés sur les bords de l'ouvrage alors qu'il fixait le livre sans cligner des yeux comme s'il n'avait ni vu, ni entendu. Ce qu'il aurait aimé faire comme lui, mais cela ne convenait pas à l'image qu'il se forçait à donner.

Alors son regard se leva dans celui de la jeune sorcière ayant interrompu sa lecture et sur le jeune sorcier qu'il avait croisé sur la voie 10. Celui-ci restant en retrait, à moitié caché par l'abondante chevelure de la sorcière.

Ce fut d'ailleurs cette chevelure qu'il remarqua en premier chez elle, puis ses incisives assez grandes et enfin son regard noisette brillant d'intelligence. Il s'autorisa un instant supplémentaire pour voir l'autre chose avant de lui sourire.

-Nous n'avons pas vu de crapaud, mais je peux vous aider à le retrouver.

Elle sembla vraiment surprise par sa réponse, lui renvoyant un sourire des plus éclatants sans pouvoir cacher l'éclat incertain ayant nimbé le fond de ses yeux noisette le temps d'un battement de cil. L'autre jeune sorcier lui sourit légèrement sans que son regard n'ose se fixer dans celui de Walker.

'' Difficultés sociales et timidités...''

Le sourire d'Hawthorn prit une courbe plus carnassière alors qu'il quittait le wagon sans remarquer l'éclat turquoise s'étant posé sur lui.

-Au fait, je m'appelle Hermione...Hermione Granger.

Elle lui tendit la main, une lueur incertaine dansant dans ses iris.

Pas d'origine magique comme lui et aussi assez intelligente pour savoir quel type de réaction cela pourrait engendrer.

Son sourire s'élargit, son regard absinthe ne quittant pas celui noisette alors qu'il prenait sa main, la portant à ses lèvres.

-Un plaisir de vous rencontrer Hermione de Sicile. Votre humble chevalier se nomme Hawthorn Walker.

-Tu connais le Conte d'hiver de Shakespeare.

Son sourire était éblouissant de joie, ses joues légèrement rosées alors qu'elle reprenait sa main.

-Et toi. Continua Hawthorn en lui offrant sa main. Tu es Neville, je suppose ?

-Je..Hum..Oui, oui. Je suis Neville héritier Londubat.

À son tour, il serra la main de Walker, évitant encore de croiser son regard trop longtemps.

Walker continua de sourire, luttant contre son envie d'essuyer sa main sur son pantalon. L'autre garçon avait les mains moites...

Pendant leur recherche du crapaud fugueur, Hermione ne cessa de parler de son impatience, de son envie d'apprendre, des livres qu'elle avait déjà lu, sa joie irradiant quand Hawthorn répliqua qu'il avait également lu tous ses livres de première. Et évidemment...Elle parla du sujet animant les fantasmes de tous les premières années. La maison à laquelle ils espéraient appartenir.

-Je pourrais surement aller à Serdaigle mais j'espère être une Griffondor. Forte et courageuse telle une lionne.

''Pour ne plus jamais être intimidée par ceux ne pouvant comprendre ton intelligence, ta soif d'apprendre.'' Ajouta mentalement Walker. ''Montrer que tu es plus qu'une fille aimant les livres.''

-Je...Commença Neville d'une voix légèrement bégayante alors qu'il jouait avec les pants de sa robe. Ma grand-mère veut que je sois à Griffondor comme mes parents...Mais je..je ne suis pas comme eux...Je vais encore la décevoir...

-Oh Neville...Souffla Granger...Je suis sûre que tu te trompes...Comment pourrais-tu décevoir quelqu'un qui t'aime en étant juste toi...

Sa main se posa amicalement sur l'épaule du timide sorcier.

Hawthorn s'humecta les lèvres, son regard se faisant songeur.

Quel soulagement de n'être qu'un orphelin.

Sans famille magique, sans attente, sans héritage, semblable à une page blanche de tout sauf du nom qu'il portait. Une page n'ayant pas à se soucier de celles l'ayant précédée pour se parer d'encre au gré de ses envies.

-Et toi Hawthorn, où penses-tu aller ? Lui sourit la jeune sorcière.

Il haussa les épaules nonchalamment.

-Je ne désire être que dans celle qui me permettra de m'épanouir.

-Tu es vraiment sage. On sera peut-être tous les deux à Serdaigle si Griffondor ne veut pas de moi.

Hawthorn lui renvoya un sourire léger. Oui, il était sage, assez sage pour se cacher là où personne ne cherchait ceux comme lui.


Trouver le crapaud leur prit encore une demi-heure, parcourant les différents couloirs du train dans un silence agréable quand Neville cria.

-Trevor !

Le batracien tourna sa tête vers eux, ses yeux globuleux se posèrent sur Hawthorn et il fuit. Neville se précipita sur lui, ses mains se refermant sur son animal de compagnie quand celui-ci relâcha dans un geste de défense le liquide acide contenu dans ses glandes.

L'héritier Londubat se redressa en grimaçant, ses mains couvertes de fluide.

-Désolé. Marmonna-t-il alors que Granger lui offrait un mouchoir en papier, son crapaud ne cessant d'essayer de se libérer de sa prise serrée. Je ne sais pas ce qui lui prend. Il n'agit jamais ainsi...

-C'est de ma faute. Souffla Walker en baissant les yeux, embarrassé. J'ai rarement un bon contact avec les animaux. Au début, je pensais que c'était parce que j'étais un sorcier et que je ne côtoyais que des animaux vivant dans le monde moldu, mais visiblement ils ne m'aiment tout simplement pas.

-Ce n'est pas si grave. Répliqua Hermione alors que Neville hochait également la tête. Je dois dire que je ne suis pas particulièrement proche des animaux non plus. Mes parents n'en veulent pas et puis...Le corbeau du garçon dans ton wagon ne semblait pas te craindre plus qu'un autre humain...Je suis surprise qu'il ait pris un corbeau d'ailleurs...Le règlement stipulait clairement que les animaux autorisés étaient les chats, les hiboux ou bien les crapauds. Et les règlements sont là pour...

-En fait...La coupa Walker. Madainn est à moi. C'est la personne appartenant au personnel de l'école qui me l'a offerte lors de notre visite au chemin de traverse donc je suppose que c'est autorisé.

À ses mots, l'expression de la sorcière se figea un instant la faisant ressembler à un chat venant de recevoir un seau d'eau froide.

-Oh...Alors ça ne devrait pas te poser de problème même si elle ne faisait pas partie des animaux sur la liste. Elle se mordilla les lèvres, son regard se faisant fuyant. Je ne voulais pas sous-entendre que tu...Que tu devais avoir des ennuis pour ne pas avoir respecté le règlement...Et d'ailleurs, elle est vraiment très très belle. Mon père ne veut absolument pas de hibou, mais peut-être qu'un corbeau, il acceptera...Même si les corbeaux n'ont pas toujours une belle image parmi les moldus. Tes parents n'ont pas été trop surpris en te voyant revenir avec ? Après tout, ils ne devaient pas s'y attendre. Comment tu as fait pour les convaincre de la garder même si elle était un cadeau ça reste du travail et de l'espace et une nourriture spéciale et...

-Hermione ! La coupa une nouvelle fois Hawthorn d'un ton un peu plus sec que ce que son costume lui permettait. Hermione, je n'ai eu à convaincre personne. Je suis orphelin, Madainn a passé le reste de vacances dans les arbres longeant la cours de mon orphelinat.

Si apprendre que le corbeau lui appartenait avait semblé lui faire l'effet d'un jet d'eau glacée. Sa dernière réplique sembla lui faire l'effet d'une gifle.

-Je...Mon dieu...Je suis tellement désolée Hawthorn...Sa main se leva vers sa bouche, ses yeux noisettes s'humidifiant de honte. Je ne savais pas. Je ne voulais pas. Je suis désolée.

-Hermione...Je ne t'en veux pas...Tu n'étais pas au courant et tu n'es pas responsable de ma situation.

-Mais je ne voulais pas te faire de la peine. Souffla la sorcière à voix basse, sa main essuyant son œil droit.

Walker ravala son rictus excédé.

-Et tu ne m'en a pas fait. Je suis orphelin depuis toujours. Je n'ai jamais connu que ça et ça ne me peine pas d'en parler. C'est juste ainsi du plus loin que je m'en souvienne. Ne te fais pas de soucis avec ça. Ajouta-t-il en lui donnant un coup de coude complice.

-Tu es sûr ?

Hawthorn hocha la tête en souriant.

Oui il était sûr.

Un jour, il y a longtemps, il s'était demandé d'où il venait, qui il était, qui étaient ses parents, qui étaient ceux partageant son sang.

Il avait toujours été orphelin.

Son envie de savoir s'était tue depuis longtemps, si longtemps.

Il était un orphelin sans héritage, sans famille. Un livre aux pages blanches dont il noircirait lui-même les pages.


Le prochain chapitre est en cours d'écriture étant donné que j'ai encore scindé en deux ce que je prévoyais de ne faire qu'en un chapitre. Bref petite note, je pense élargir le temps de publication entre deux chapitres pour plusieurs raisons. La première est que je possède d'autres activités et qu'en voulant poster trop souvent je néglige le reste ce qui risque de me faire saturer à un moment donné (c'est du vécu je connais la chanson). Deuxièmement en laissant plus d'espace entre les publications j'espère pouvoir prendre de l'avance sur les chapitres déjà préparés si au cas où je ne pouvais plus écrire pendant une période plus ou moins importante.