Bonjour, je reviens avec ce dixième chapitre qui aurait du être beaucoup plus long mais étant en révision et en examen, je ne saurais écrire la fin avant septembre. Alors pour ne pas rester sans poster jusque là, je vous poste cette partie avant de pouvoir reprendre la suite. N'hésitez pas à me laisser une review, je prends toujours un grand plaisir à les lire et à vous répondre en privé.

Chloe : Je te réponds ici comme je ne pouvais pas le faire depuis te review. Je ne sais pas du tout le nombre de chapitres prévu :) même si j'ai une idée globale de la trame. Il y a au fil que j'écris des idées et des détails qui me viennent en tête afin de rendre l'histoire plus vivante et réaliste dans le sens évolution et interaction des protagonistes ^^'. Mais je suppose que ce sera un nombre assez conséquent.

Ventilathor : Zombie, la fan de resident evil en moi approuve chaleureusement ce nom 3 et Nymphaly est une de mes evolitions favorites avec aquali :D

Bref sur ce...Bonne lecture et à très vite :)


Couché sur le dos, bras croisés sous sa tête, écoutant la respiration lente et profonde de Nott, Hawthorn attendait en vain un sommeil, qui il le savait, ne viendrait pas. Il avait toujours eu du mal à entretenir un rythme de sommeil régulier.

La plupart des nuits, jamais il n'accédait à l'étreinte chaleureuse et reposante d'Hypnos et d'autres, plus rares, il peinait à la quitter...Son sommeil faisant alors concurrence à ceux des habitants des tombes et autres mausolées...

Sa tête glissa vers la droite, son regard se perdant dans les profondeurs sombres des eaux. Impossible de savoir si le lever du soleil était proche, mais d'instinct, il supposa qu'il devait encore s'écouler quelques heures avant que n'arrive l'heure minimale pour se rendre à la grande salle...

Le jeune sorcier soupira se levant sans un bruit et quitta la chambre, son livre précédemment laissé sur sa table de chevet sous le bras.

La salle commune paraissait encore plus sombre à cette heure tardive. Ayant pour toute lumière celle des quelques torches accrochées au mur et les dernières braises du feu mourant dans la cheminée.

Les yeux des serpents de granit s'enroulant en une ronde éternelle autour des colonnes soutenant le plafond de la salle commune n'en brillaient que plus, semblables à de patients prédateurs attendant qu'une proie trop naïve ou sûre d'elle s'approche, envoûtée par le vert émeraude de leur regard.

Hawthorn passa devant eux, descendant les marches amenant au coin de détente. Presque persuadé d'avoir entendu de légers sifflements à son passage.

À son entrée dans ce qui était le cœur de la salle commune de serpentard, certains chandeliers prirent vie, leurs bougies s'allumant par magie. Leur douce lueur éclairant à peine plus la pièce. Comme si le lieu sentait le désir de Walker de conserver cette ambiance sombre et tamisée.

Le jeune sorcier prit place dans un large club de cuir sombre, situé en retrait des autres et faisant face non pas à la pièce, mais à la verrière.

Le cuir grinça quand il s'y assit. Au-dessus de lui, la flamme d'une torche s'intensifia, diffusant assez de clarté pour lui permettre de lire.

Malgré le livre ouvert sur ses genoux, Hawthorn ne lut pas...Son regard se perdit au-delà des limites du verre, creusant les ombres du lac noir comme si les réponses à ses questions se trouvaient là...Perdues au plus profond des énigmes noircissant les eaux.

Par habitude, ses doigts se mirent à caresser le squelette en bois du fauteuil, s'arrêtant à peine sous la trace de deux trois griffes scarifiant la douceur froide et lisse du chêne.

Le monde magique...

C'était nouveau...

C'était inconnu...

Nouvelle règle, nouvelle mythologie, nouvelle symbolique.

Nouvelle Histoire.

Il n'aimait pas ne pas savoir...Le savoir c'était le contrôle, le contrôle c'était le pouvoir.

Il était souvent retourné sur le chemin de traverse avant la fin des vacances d'été. Il s'était perdu aussi longtemps qu'il le pouvait entre les rayons de livres chez Fleury et Bott...Il avait écouté les conversations assis à la terrasse de Florian Fortârome, savourant une glace comme tout jeune sorcier sans que personne ne fasse attention à lui.

C'est ainsi qu'il avait appris l'existence d'une guerre ayant déchiré le monde magique il y a moins d'une décennie et le déchirait encore quoi que de façon moins officielle...

Une chose dont Dumbledore s'était bien gardé de mentionner lors de leur rencontre...

Il avait alors cherché plus d'information sur la guerre. Sur le Pourquoi. Il n'avait rien trouvé...Ou...Plutôt il n'avait trouvé entre les pages des livres d'histoire que ce que les vainqueurs avaient décidés d'écrire...

Rien de vraiment politique, rien sur les enjeux intrinsèques du conflit...Rien sur les causes ayant mené l'autre camp, celui appelé vulgairement camp des ténèbres, à prendre les armes.

Rien...à part le désir, oh combien cliché, des vaincus n'ayant été qu'un groupe de dangereux radicaux souhaitant détruire la paix, les arc-en-ciels et les papillons pour répandre la terreur et repeindre en rouge sang les terres si vertes de Grande-Bretagne...

Hawthorn aimait l'Histoire, l'aimait assez pour ne pas du tout apprécier ce qu'il avait trouvé.

Une autre chose le taraudait...

Quelque chose au départ aussi nébuleuse que de la fumée se dissipant quand on essaye de l'attraper entre ses doigts, mais qui lentement devenait de plus en plus tangible.

La Magie...

Certains de ses usages, certaines de ses facettes semblaient être tabous. Secrets honteux que le monde magique de lui-même censurait.

Il sentait également que cela était, en partie du moins, lié à cette guerre ayant déchiré leur monde une décennie plus tôt.

Il sentait que cette guerre comme celle ayant embrasé le monde entier il y a 77 ans n'était que le catalyseur d'une tension bien plus ancienne, bien plus profonde. Et où, pour le monde magique, l'apparition d'un mage noir avait été l'étincelle ayant mis le feu aux poudres*.

Celui dont on ne doit pas prononcer le nom...

Le seigneur des ténèbres...

Celui ayant mystérieusement disparu après la nuit de Samhain en 1981.

Celui dont aucun livre ne parlait au-delà des murmures de ceux ayant eu peur et des sifflements venimeux de ceux ayant obtenu la Victoire.

Ni volonté, ni désir, ni identité...

Semblable à un fantôme, un symbole désincarné ayant peuplé rêves pour les uns, cauchemars pour les autres.

Semblable à un mythe que nul n'avait pu, ne serait-ce que du bout des doigts, en frôler l'essence.

Il pencha la tête en arrière, la reposant sur l'appuie-tête, ses yeux se fermant, ses doigts continuant de passer en un geste lancinant sur le bois du fauteuil.

Sa main s'arrêta, repassa lentement en arrière, la pulpe de ses doigts caressant plus lentement ce qu'il avait au départ pris pour de simples griffes alors qu'il se perdait dans les méandres de son esprit, lui semblait soudainement trop régulier.

À nouveau, il passa lentement son majeure et son index dans un mouvement horizontal cette fois.

C'était trop net pour être le hasard, pas assez profond pour être la signature d'un ébéniste.

Curieux, Hawthorn ouvrit les yeux, sortit du fauteuil, s'agenouilla à hauteur de ce que son toucher avait senti. Son regard s'étrécit, essayant de deviner ce dont il s'agissait, hélas, avec les ans ce qui y avait été gravé, c'était patiné devenant presque invisible...

Tout juste pouvait-il encore deviner ce qui fut jadis trois initiales gravées par un ancien étudiant de serpentard ayant considéré ce fauteuil suffisamment comme le sien pour vouloir y laisser sa marque.

Il passa les heures le séparant du lever du jour plongé entre les pages de Hellraiser. Il avait adoré dès sa première lecture l'univers sombre de Clive Barker. Fasciné par sa vision de l'enfer stérile et froide, par ses prêtres jugeant les actions des hommes non pas selon les notions de bien ou de mal, mais selon si leurs actions avaient créé ordre ou chaos. Intrigué par ce dieu géométrique surplombant cet univers labyrinthique sans que l'on ne sache ce qu'il souhaitait, ni ce qu'il était réellement.

C'était si loin de l'enfer de Dante ayant imprégné l'imaginaire des cultures européennes.


Quand les premiers rayons du soleil se reflétèrent au travers des eaux du lac créant un jeu de lumière rappelant ceux des vitraux peuplant les cathédrales, Hawthorn retourna dans sa chambre.

Nott dormait toujours, en silence Walker sorti son uniforme et se rendit dans la salle de bain.

Il y passa un moment sensiblement plus long que la veille, coiffant et peignant ses ondulations encore humide pour qu'elles encadrent délicatement son visage. Son uniforme enfilé, il sourit à son reflet, fronça ses sourcils puis replaça avec dextérité une de ses mèches pour que celle-ci retombe négligemment sur son front.

Maintenant, c'était parfait.

Quand il sortir de leur chambre en direction de la salle commune, Théodore se réveillait seulement, le jeune sorcier lui jetant un regard brumeux de sommeil alors qu'il invitait Madainn à prendre place dans la poche de sa robe. Ce qu'elle fit de suite, prenant juste un instant pour saisir entre ses serres une ficelle brillante qu'elle aimait garder auprès d'elle.

Avant de se rendre à la grande salle, Walker fit un détour par le parc du château. Le jeune sorcier inspira longuement l'air frais du parc, appréciant l'odeur de feuilles mortes portées par le léger vent venant de la forêt interdite. D'un sifflement, il invita son animal de compagnie à quitter sa cachette, son amie se posa sur son bras.

Leurs regards se croisèrent les yeux verts vifs croisant ceux d'un noir profond brillant d'intelligence. Le corbeau croassa une fois, lui pinça affectueusement le bras puis pris son envol. Il sourit, la fixant partir découvrir son nouveau domaine de jeu. Les oiseaux de Poudlard n'imaginaient pas ce qui allait leur tomber dans les plumes...


À cette heure matinale, la grande salle était presque vide. Quelques élèves étaient déjà installés aux tables de leur maison, majoritairement des serdaigles et des poufsouffles.

À la table de serpentard, trois élèves issus des dernières années se servaient déjà du thé. Ceux-ci ne lui jetèrent pas un regard, au plus, fut-il accueilli par des reniflements méprisants alors qu'il s'installait en bout de table comme la veille.

Un léger sourire fleurit sur ses lèvres. Les sang-purs étaient distrayants.

Le jeune sorcier parcourut du regard les différents plats d'argents sertis de mets attendant les ventres affamés des étudiants. Sa main se tendit vers un de porridge fumant, délaissant l'argenterie jonchée d'œufs mollets, de saucisses juteuses et de pommes de terre sautées.

Le jeune sorcier se servit une part moyenne dans un bol qu'il agrémenta de fruits frais, ravi de trouver dans une des corbeilles une grenade déjà coupée en deux, ses grains brillants comme autant de rubis attendant qu'on les cueille. Il avait toujours aimé ce fruit exotique qui était si rare de déguster quand on était dans sa situation.

Il venait juste de se servir une tasse de Earl grey et de la lever à ses lèvres quand un coup dans le dos lui fit renverser le contenu de sa boisson sur ses vêtements et dans son bol.

Il y eut des rires amusés provenant des trois serpentards déjà attablés et d'une voix aiguë venant de derrière lui.

Dans une froide lenteur, il reposa sa tasse à moitié vide, regard glacé, mâchoire serrée, il tourna la tête. Son regard vert poison se braquant dans celui brunâtre de Pansy Parkinson.

La sorcière le fixait haine et mépris, un sourire mauvais peignant ses traits avant qu'elle ne se tourne vers Malfoy et ne roucoule d'une voix donnant envie à Hawthorn de la gifler.

-Oh regarde Draco ! Le sang-de-bourbe ne sait même pas boire proprement...

Le blond lui jeta un regard hautain, son nez pointu se retroussant en une mimique dégoûtée.

-Rien de surprenant Pansy...Les sang-de-bourbes ne valent pas plus que des bêtes...

Cela fit éclater de rire la sorcière, le rire de Crabbe et Goyle se joignant au sien.

Les trois autres premières années, deux filles et un garçon, accompagnant Draco eurent juste un sourire amusé observant la scène quelque peu en retrait.

Hawthorn ne broncha pas, son regard ne quittant pas le jeune sorcier blond et la sorcière se pendant à son bras. Ne broncha toujours pas quand Goyle le bouscula délibérément en passant près de lui.

Toujours aussi raide et inébranlable, Walker se retint de ricaner également.

Une bête...

Oh oui...

Mais pas n'importe laquelle...Celle habitant les contes, tapie, attendant son heure. Celle prenant une autre forme, un autre visage en attendant que cette heure n'arrive.

Celle volant les traits d'un prince ou d'un vagabond. Celle amusée par ceux essayant de la tourmenter. Ceux trop aveugles pour comprendre ce qu'elle était.

Ignorant toujours les rires et moqueries de ceux de son année et de ceux d'années supérieures s'installant petit à petit et à qui Draco parlait, il continua son petit-déjeuner sans se départir de son calme froid.

Quand il quitta la grande salle, il n'y avait nulle trace de thé tachant son uniforme.


* Petit clin d'œil à la poudrière des Balkans dans le contexte ayant mené à la première guerre mondiale.