POV Jasper
J'étais parti à la chasse avec Edward et Emmett. Nous étions dans la forêt, mais pas très loin de la maison encore lorsque l'odeur de sang nous parvint. Une odeur divine, exquise. Ma gorge le brûla instantanément. Mais je compris que la soif d'Edward était encore plus grande que la mienne. Il se mit à courir dans la direction d'où provenait le sang. Merde ! C'était le plus rapide, il fallait qu'on se dépêche. Sans se concerter avec Emmett, nous avons couru après lui. J'étais plus rapide qu'Emmett alors j'arrivai avant lui. Il était sur le point d'attaquer… Bella ? Je ne perdis pas plus de temps et le bousculai. Nous roulions quelques mètres avant qu'on ne se redresse. Il essaya de nouveau d'aller l'attaquer, mais je l'en empêchai.
- Arrête Edward, tu ne veux pas faire ça ! Lui dis-je alors qu'Emmett nous rejoignit.
- Son sang, il est trop tentant !
Son regard était d'un noir profond, ses lèvres retroussées, du venin coulant sur son menton. Il perdait la raison.
- Tu ne peux pas l'attaquer, c'est une humaine. Tu ne veux pas faire ça.
Il finit par poser son regard sur moi, semblant comprendre la situation alors que je le tenais fermement. Emmett prit la relève.
- Occupe-toi de lui, dis-je. Je vais voir comment elle va.
Edward ne se débattit pas et suivit Emmett alors que je rattrapais Bella. Je m'arrêtais à une bonne distance d'elle avant de l'appeler. Au départ surprise, elle finit paralysée par la peur. Elle avait peur de moi et cela me brisait le cœur. Je ne lui ferai jamais de mal. Elle recula alors que je m'approchais.
- Non, ne m'approche pas !
Je levai les mains devant moi pour lui prouver que je ne lui voulais aucun mal.
- Je ne vais pas te faire de mal Bella, je te le promets. Tu n'as rien à craindre de moi.
- Qu'est-ce que… qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda-t-elle.
Je regardai derrière moi pour vérifier qu'Edward et Emmett étaient bien partis en cherchant une réponse à sa question. Mais je ne pouvais rien lui dire qui l'inquiéterait encore plus.
- Tu es blessée. J'habite à côté, mon père est médecin, il peut te soigner.
J'essayais de détourner son attention. Je fis un pas en avant, mais elle recula. Je ressentis sa douleur et elle tomba sur ses fesses. Je voulus la rejoindre, mais elle leva les mains vers moi. Elles étaient pleines de sang et je n'avais pas chassé. Son odeur était enivrante, mais bizarrement, je n'avais pas envie de la mordre, tout ce que je voulais, c'était la protéger. Elle rapprocha sa main d'elle et je la sentais nauséeuse en voyant son sang.
- Ne… n'approche pas…
Elle tomba, inconsciente. Son corps mou gisait sur le sol de la forêt et je m'approchai d'elle pour la porter. Je la pris comme une princesse et partis en direction de la villa en prenant son sac au passage. En arrivant, Carlisle m'attendait sur le porche.
- Alice m'a prévenu, elle a fait sortir tout le monde. Dépose-la dans mon bureau.
Je montai et la déposai sur un lit d'hôpital dont il disposait.
- Tu devrais aller chasser maintenant, me dit-il.
C'est vrai, j'avais soif, et son sang était un appel au péché, mais je n'avais pas envie de la quitter.
- Ne t'inquiète pas, je m'occupe d'elle. Plus vite tu pars, plus vite tu reviendras.
J'acquiesçai et sortis. Ce n'est que lorsque je fus dans la forêt, assez éloigné que je repris ma respiration que j'avais coupé jusque-là. Après avoir chassé quelques biches, je sentis l'odeur d'Alice me rejoindre.
- Je suis désolé, Jasper, je ne l'avais pas pu arriver, dit-elle en mettant une main sur mon épaule pour me réconforter.
- Ce n'est rien Alice. Comment va Edward ?
- Il s'en veut. Mais tu l'as empêché de commettre l'irréparable.
- Elle va s'en remettre ?
- Elle ira bien. Mais elle aura beaucoup de questions.
Je soupirais d'avance. Qu'est-ce qu'on allait bien pouvoir lui dire ?
- Carlisle a fini. Rentrons.
Je la suivis à travers la forêt. Esmé et Rosalie étaient rentrées à la maison. Je me dirigeai directement vers le bureau de Carlisle qui était en train de nettoyer ses outils chirurgicaux et de brûler les tissus imprégnés de sang. L'odeur de l'alcool était bien présente, mais son odeur était plus forte.
- Je lui ai donné un sédatif pour qu'elle se repose. Elle devrait dormir quelques heures, m'avertit Carlisle.
- Comment elle va ?
- J'ai pu soigner ses blessures récentes, elle s'était entaillé les paumes profondément. Mais elle a une entorse au pied. Elle va avoir du mal à marcher pendant quelque temps.
Je ne pus réprimer un soupir, de soulagement, mais aussi de frustration.
- Elle voudra partir rapidement, elle risque de fuir à son réveil.
- Tu la connais ?
- En quelque sorte… mais tu as parlé de blessures récentes ?
Il fronça les sourcils, soucieux.
- Je l'ai examiné et… j'ai trouvé de nombreuses blessures anciennes. Des brûlures, des entailles dans son dos…
Je ne pus empêcher un grognement de sortir en pensant à ce qu'elle avait pu subir. J'entendis Rosalie nous rejoindre.
- Qu'est-ce… qu'est-ce qui lui est arrivée ? Demanda-t-elle, incertaine.
- Elle a été maltraitée, dit Carlisle. Certaines de ses blessures datent de plusieurs années.
Rosalie mit sa main devant sa bouche, compatissant avec l'humaine toujours endormie. Et moi, j'avais envie de casser quelque chose. J'étais en colère contre tous ceux qui lui avaient fait du mal. Je ne sais pas pourquoi je réagissais comme ça alors que ce n'est qu'une humaine. Et heureusement qu'Edward n'était pas là, car j'aurais pu lui arracher la tête pour l'avoir attaqué.
Carlisle avait fini de nettoyer son bureau.
- Sortons, elle va dormir encore un peu.
Il se dirigea vers la cuisine où Esmé cuisinait pour Bella. Je retrouvai Alice dans le salon avec Rosalie. Alice avait le regard dans le vide, signe qu'elle était plongée dans une vision. Quand elle revint à la réalité, elle me regarda.
- Edward et Emmett ne rentreront pas ce soir.
Ses yeux repartirent dans le vide. Rosalie reprit la parole.
- Tu connais cette humaine Jasper ?
- Oui. Enfin, plus ou moins, dis-je alors qu'Esmé et Carlisle nous rejoignaient. Je l'ai rencontré il y a un mois à Port Angeles. Elle… Elle a essayé de voler mon portefeuille, dis-je avec un petit sourire en repensant à notre rencontre. J'ai tout de suite vu qu'elle avait besoin d'aide alors… je lui ai offert un repas et je lui ai donné un peu d'argent…
- Elle est SDF ? Demanda Esmé, compatissante.
- Oui, je crois. Elle ne m'a rien dit sur elle, seulement son prénom, Bella. Mais j'ai ressenti sa souffrance et sa… solitude.
Je ressentis la compassion de toute ma famille au même moment. Quand on entendit le cœur de Bella accélérer, nous comprenions qu'elle allait bientôt se réveiller. Je me levais, mais je restais immobile, ne sachant que faire. Tiraillé entre l'envie d'aller la voir, et la peur de la faire fuir, me rappelant l'effroi qu'elle avait ressenti dans la forêt. Carlisle nous devança en montant la voir.
