POV Jasper
J'avais voulu aider Bella à marcher, j'aurais pu la porter jusqu'à la salle de bain, mais à chaque fois que j'avançais, elle reculait. Alors quand Rosalie m'avait donné une tape sur la tête, je pris sur moi de ne pas riposter devant Bella. Ce n'était pas le bon moment pour faire sortir le monstre en moi. Je grognai bas pour qu'elle ne l'entende pas et lançait un regard noir à ma sœur. Mais c'est sûr qu'elle allait me le payer. Je la vis déglutir et cela me fit sourire.
On entendit Bella sauter à cloche-pied jusqu'à la salle de bain. Elle avait même pris son sac avec elle. Mais elle se rendrait vite compte qu'il n'y avait pas de fenêtre dans cette pièce.
En effet, quand elle s'en rendit compte, elle jura dans sa barbe. Son envie de fuir était à son maximum. Mais il fallait qu'on arrive à la convaincre de rester. On l'entendit ouvrir et fermer les placards de la salle de bain.
- Que fait-elle ? Demanda Esmé doucement.
- Elle cherche comment fuir, soufflais-je.
- Mais… elle ne peut pas… S'inquiéta Esmé. Elle doit laisser sa cheville guérir.
- Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne raison pour rester dans une maison avec des inconnus pour elle, soupirais-je, défaitiste.
- Elle a l'air si… commença Esmé.
- Craintive, finis Rose.
Je sentis son inquiétude et sa préoccupation. Plusieurs émotions négatives traversèrent Rose.
La porte s'ouvrit et je me redressai, Rose me lança un regard noir et je grondai contre elle. Je n'aimais clairement pas être réprimandé et je ne comptais pas me laisser faire même si j'aimais Rose.
- Jasper, elle n'a clairement pas envie d'être touchée alors arrête d'essayer de l'approcher. Tu ne feras que la faire fuir encore plus vite, dit-elle rapidement.
Je grondais pour la forme même si je savais qu'elle avait raison, je ne pouvais pas m'en empêcher.
J'entendis Bella soupirer dans le couloir, elle commençait à s'essouffler.
- Hum… Rosalie ? Appela-t-elle.
Je sentis la joie de ma sœur alors qu'elle rejoignit Bella, tandis que je boudais dans mon coin. Esmé posa une main rassurante sur mon bras et me souria. J'entendis Rose demander à Bella où elle voulait aller, mais elle ne répondit pas, elle hésitait. Esmé les rejoignit.
- Bella, commença Esmé, tu es la bienvenue si tu souhaites rester ici, du moins quelque temps. Nous avons de la place, plus qu'il n'en faut.
- Hum… C'est gentil, mais… je ne veux pas déranger, je ferais mieux d'y aller…
- Tu ne déranges pas du tout ma chérie, dit Esmé. Et puis comme ça Carlisle pourra t'examiner régulièrement.
Bella ressentit beaucoup de doute et d'hésitation, mais ce qui me touchait le plus était son dégoût d'elle-même.
- Pourquoi… Pourquoi feriez-vous ça ? Demanda-t-elle.
- Il y a un proverbe danois qui dit "Qui aide son prochain, Dieu s'en souviendra", répondit Esmé.
- Oh, vous êtes Danois ? Demanda Bella.
- Non, répondit Esmé amusée.
- Et vous êtes croyante ?
- Encore moins.
J'entendis Esmé et Rose rire et malgré toutes ses émotions négatives, Bella s'amusa aussi.
- J'aurais… Quelques questions…
- Je serais ravie d'y répondre.
- Est-ce que vous êtes des psychopathes qui comptent me tuer ?
- En même temps, même si on l'était, on te dirait que ce n'est pas le cas, dit Rosalie.
- Bien vu. Alors… Qu'est-ce qui m'a attaquée dans la forêt ? Parce qu'il avait clairement une apparence humaine, mais il était prêt à me sauter à la gorge.
Il y eut un silence.
- Peut-être que Jasper pourra répondre vu qu'il était là.
Je l'entendis sautiller à travers le couloir alors que Rose me disait de sortir assez bas pour que Bella n'entende pas, mais je me retrouvais figé sur place.
Quand elles entrèrent dans la cuisine, Rosalie me traita d'imbécile.
- Jasper, dit Bella, tu pourrais m'expliquer ce qui s'est passé tout à l'heure ?
J'ouvris la bouche, mais la refermai. Qu'est-ce que j'étais censé répondre ? C'était Edward, mon "frère", et c'est un vampire. Et en fait, on est tous des vampires, mais tu n'as absolument rien à craindre de nous, d'habitude, nous nous nourrissons de sang d'animaux, pas de celui des humains. Je ne savais absolument pas quoi faire. Bella s'impatientait clairement et je restais muet comme une carpe.
- Bien. Merci pour le repas et les soins et… tout le reste, mais je vais y aller.
- Non, s'il te plaît, dit Esmé, mais Bella la coupa.
- À moins que ne comptez m'attacher ou me séquestrer, je vais partir d'ici, maintenant.
Rosalie se mit devant elle.
- Attends Bella, franchement, je comprends tout à fait ta réaction. Tu ne nous connais pas, et à vrai dire, on ne te connaît pas non plus. Mais je te promets, personne ne te veut de mal ici. On aimerait juste… T'aider. Ça peut paraître suspect, mais franchement, tu comptes aller où avec un pied et une main en vrac ?
- Je peux me débrouiller toute seule, répondit Bella avec aplomb.
- Bien sûr. Et à quoi ça va t'avancer ? Tu ne vas même pas faire vingt mètres avant de t'effondrer. On te propose juste un endroit pour ta convalescence, ça ne durera pas plus de trois semaines.
Bella semblait réfléchir aux paroles de Rose, et bien que je savais que c'était mal, j'essayais d'envoyer une vague d'acceptation vers elle, mais elle me fut retournée.
- Et… en échange ?
Rose haussa les épaules.
- Une oreille attentive quand je voudrai me plaindre d'Emmett. Alice en a marre d'entendre nos histoires.
Bella ressentait encore beaucoup de doutes, mais aussi un peu de résignation.
- Et il est possible qu'Alice veuille te faire un relooking, continua Rose.
Bella grimaça en regardant ses habits.
- Urgh, je passe, grogna-t-elle.
- T'inquiètes, je connais quelques trucs pour la distraire, je t'apprendrais, dit Rose en lui faisant un clin d'œil. Alors, qu'est-ce que tu en dis ?
Bella réfléchit quelques secondes puis soupira.
- Euh… Vous êtes sûrs que je ne vais pas vous déranger ? Demanda-t-elle timidement.
- Bien sûr que non, sinon, on ne te le proposerait pas. Rose va te montrer ta chambre, on en a une de libre au rez-de-chaussée comme ça, tu n'auras pas à prendre les escaliers.
- Euh, okay… Merci…
Ses joues prirent une teinte rosée la rendant encore plus belle. Elle prit la main que lui tendit Rose pour l'aider à rejoindre sa chambre tandis qu'Esmé alla chercher des draps et que j'essayais de contenir ma joie. Bella allait rester là pendant au moins trois semaines.
- Alors ?
La voix d'Alice me surprit, chose très compliquée pour un vampire. Elle affichait un grand sourire et elle était fière d'elle.
- Tu sens la conspiration à plein nez, lui dis-je.
Elle haussa les épaules en riant.
- Elle va rester trois semaines. On va faire quoi avec Edward ? Demandais-je soucieux alors que Carlisle entrait dans la pièce.
- Il vient d'appeler, dit-il. Je l'ai informé de la… situation. Il a dit qu'il allait passer la semaine chez les Denali. Emmett rentrera ce soir.
Je m'en voulais qu'Edward dû s'éloigner, mais j'étais heureux que Bella soit ici, et puis je n'aurais aucune intrusion dans mes pensées.
- Je pense que Bella est sa chanteuse, continua Carlisle. Et puis, il n'a pas réussi à lire dans ses pensées.
- Vraiment ? Demandais-je.
- C'est ce qu'il m'a dit.
- C'est logique, intervint Alice. J'ai beaucoup de mal à voir son avenir, c'est toujours très flou.
- Et mon don ne marche pas sur elle. J'arrive à ressentir ses émotions bien qu'elles soient comme atténuées, mais quand j'essaye de lui envoyer une émotion, c'est comme si elle m'était renvoyé.
- Eh bien, je n'ai encore jamais rencontré d'humain qui possédait un don, mais ce n'est pas impossible, je suppose. Je ferais quelques recherches.
J'acquiesçai en réfléchissant à quel genre de pouvoir elle pouvait avoir.
- Il faudra enlever toutes les photos avec Edward, dit Alice.
Esmé répondit de la pièce d'à côté qu'elle allait s'en charger.
- Bien, je vais aller me présenter, dit-elle en sautillant jusqu'à la chambre de Bella.
- S'il te plaît Alice, n'en fait pas trop, tu risques de la faire fuir.
- Ne t'inquiète pas, je vais me contenir.
Une seconde plus tard, elle toqua à la porte. Je soupirai de frustration. J'avais tellement envie d'aller la voir, mais je n'étais pas sûr d'être bien accueilli.
- Tu veux en parler ? Demanda Carlisle.
Parler de quoi ? Que cette humaine me fait ressentir des choses que je n'avais jamais ressentis dans toute ma putain d'existence de vampire ? Non merci.
- Je vais faire un tour.
Je pris les clés de ma moto et partis à grande vitesse pour réfléchir.
