Éprouvante. C'était le mot qui décrivait le mieux la semaine de Juliet précédant sa sortie à Pré-au-Lard. Les regards se retournaient incessamment sur elle dans les couloirs, les inter-classes et les repas dans la Grande Salle. Parfois lorsqu'elle arrivait à un endroit les conversations se stoppaient instantanément. Juliet était loin d'être dupe. Son nom était toujours d'actualité dans les ragots de Poudlard et ceux-ci s'étaient renforcés depuis que Victoria avait appris que Juliet avait un rendez-vous. Juliet ne lui avait pas dit qu'il s'agissait de Cameron Lloyd, et elle se surprenait à regretter de n'avoir rien dit. Si Victoria l'avait su, la nouvelle aurait le tour de Poudlard pendant la semaine et elle aurait eut beaucoup moins de pression pour le week-end.

Cependant, elle n'avait rien dit et s'enfermait dans son silence de plus en plus souvent. Juliet aurait aimé en parler à Rose mais elles ne s'étaient toujours pas adressé la parole depuis l'épisode fâcheux de la bibliothèque. Sa meilleure amie lui manquait, et plus les jours passaient et plus elle cherchait à se convaincre d'aller la voir. Surtout que Juliet était persuadée que Rose savait parfaitement qui allait l'accompagner à Pré-au-Lard. Mais Juliet n'estimait pas être la seule à être en tord. Si elle était sa meilleure amie, alors Rose devrait la soutenir quelque soient ses choix, même s'ils concernaient un certain Serpentard.

En pensant à lui, Juliet se sentit bizarre. Elle ne savait pas quoi attendre de sa sortie avec Lloyd, elle ne le croisait plus et à vrai dire, elle croyait qu'il l'évitait. Au fil et à mesure que la semaine s'écoulait, elle s'était mise l'idée en tête qu'il n'allait pas venir ce fameux samedi à midi. Si elle l'avait invité à Pré-au-Lard, c'était parce qu'elle voulait apprendre à le connaître et découvrir qui se cachait derrière ce visage froid, distant et pourtant terriblement intriguant. Mais il y avait une autre raison qui lui paraissait beaucoup plus floue et sur laquelle elle n'arrivait pas à mettre de mots : elle était loin de dire qu'il ne lui était pas indifférent et que son comportement amical à ses égards l'encourageait vers cette voie.

Le jeudi soir, une nouvelle séance d'entrainement de Quidditch s'achevait sous les encouragements de Troy MacMillan, contrairement à l'année passée où ce dernier hurlait sur tous les joueurs. D'ailleurs, Juliet, Fred et James s'étaient vaguement demandé si l'été ne lui avait pas fait découvrir certaines drogues moldues, responsables de son calme et de son optimisme flagrant. Après, le fait que le premier match de l'année opposerait Serpentard à Poufsouffle retirait beaucoup de pression de ses épaules et il disait lui-même être satisfait de pouvoir analyser la composition de ces équipes avant de se plonger dans la compétition.

Quoiqu'il en soit, ce fut une grande bouffée d'air frais pour Juliet. Ses coéquipiers se fichaient éperdument de sa vie personnelle, tant que celle-ci n'entravait pas son talent pour le vol. Et puis, enfin, elle n'avait pas besoin de faire semblant avec James. Il lui avait fait cracher le morceau en début de semaine et Juliet lui en était reconnaissante de ne pas avoir réagi de manière trop emportée. Sans trop savoir pourquoi, elle s'était attendue à ce que le septième année lui fasse la morale et lui rétorque que Cameron Lloyd n'était qu'un abruti fini qui cherche la bagarre à tous les coins de couloirs, au lieu de quoi il avait écouté Juliet avec calme et patience et n'avait pas cherché à lui donner des leçons.

— Alors, prête pour samedi ? lui lança James alors qu'ils entraient dans les vestiaires.
— Pas vraiment, répondit honnêtement Juliet.

James lui fit la moue avant de se diriger vers ses affaires tandis que Juliet s'asseyait sur l'un des bancs, perdue dans ses pensées.

— Et qu'est-ce-qui t'angoisse mis à part le fait que Lloyd soit considéré comme le mec à éviter par excellence ?
— Très drôle, James.

Elle ignora le rire de ce dernier tandis qu'elle fixait d'un air sombre les vestiaires se vider et que Macmillan les saluait à son tour. Seul Blackwood, l'attrapeur de leur équipe, restait dans la pièce, ignorant les deux Poursuiveurs tandis qu'il fourrait sa baguette magique dans son sac. James quant à lui se changeait rapidement sous le regard vide de Juliet à ses côtés. Il allait rejoindre Collins juste après son entrainement, d'où son effort pour être présentable et ne pas se montrer couvert de boue.

— J'ai vraiment envie d'aller à cette sortie avec lui, hésita Juliet, mais tu sais aussi bien que moi ce que la rumeur a entraîné. Je n'ai vraiment pas envie d'être sous les projecteurs, et je ne crois pas que Lloyd soit du genre à aimer ça. Tu vois ?
— C'est le risque, soupira James en pliant rapidement ses affaires. En même temps, que tu le veuilles ou non, tout le monde te connait ici comme la gentille et mignonne petite Gryffondor. Les gens vont forcément se demander pourquoi tu t'accroches à ce Serpentard. Vous êtes aux opposés, tous les deux.

Gênée, Juliet rougit imperceptiblement aux compliments indirects que venait de lui dire James.

— Tu crois qu'on est trop différents pour s'entendre ? J'ai l'impression qu'il est bien plus que ce mec à éviter, tu comprends ?

James s'interrompit dans ce qu'il faisait et se tourna vers la sixième année. Il la fixa dans les yeux en semblant peser le pour et le contre. Puis, il soupira.

— C'est juste que... commença-t-il, les bras ballants.
— Oui ? l'encouragea Juliet en se redressant.
— Non rien. Allez, viens la grenouille. Audrey va m'assassiner si j'ai une minute de retard.

Juliet eut un petit sourire amusé, puis elle se leva et suivit James dans le parc.


Le lendemain, à une journée fatidique de son rendez-vous, Juliet n'était pas vraiment dans son assiette. Lloyd ne lui avait pas renvoyé de hibou pour lui dire qu'il avait changé d'avis, néanmoins, elle ne l'aperçut pas de la journée, ce qui l'incita à croire plus fortement qu'il n'osait pas la croiser pour lui dire qu'il ne viendrait pas. Bien sûr, ils ne s'étaient jamais parlé dans les couloirs de l'école, mais Juliet avait eu une tendance à s'imaginer plein de scénarios dans lesquels Lloyd se moquait d'elle ouvertement dans la Grande Salle face à tous les autres, bien que ce dernier n'ait jamais rien fait pour attirer une quelconque attention. Juliet en était arrivée à une conclusion, elle devenait folle.

En ce vendredi matin, Albus et Juliet étaient installés à une table dans la salle commune des Gryffondor pour travailler, bien que le groupe de septième années comprenant James, Fred et Troy Macmillan était bien trop bruyant pour pouvoir se concentrer correctement. Albus ne cessait de leur envoyer des regards noirs, la plume suspendue au dessus de son parchemin. Juliet quant à elle avait l'esprit trop occupé pour travailler sur son devoir efficacement. De plus, Victoria Finnigan et Kenny Clarks, installés à la table d'à côté, ne cessaient de l'épier, ce qui l'agaçait fortement. Elle était sur le point de demander à Albus s'il voulait quitter la salle commune quand les deux commères lui envoyèrent une note qui se posa sur le devoir de Juliet.

C'est qui ? Albus ou James ?

Rouge de colère, la Gryffondor chiffonna le morceau de parchemin dans son poing. Elle en avait marre. Si les gens n'étaient pas aussi curieux, elle en était persuadée, sa sortie du lendemain l'aurait beaucoup moins angoissée. Cependant, c'en était trop. A cause de cette histoire, Rose ne lui parlait plus et elle devait supporter les regards insistants de tous. Juliet se leva d'un seul coup, sous le regard surpris d'Albus. Elle n'était pas du genre à créer des conflits mais les choses étaient allées trop loin. Juliet se dirigea à grands pas vers ses deux camarades. Elle leur jeta la boule de papier chiffonnée tandis qu'ils la regardaient légèrement inquiets.

— Vous savez quoi tous les deux ? s'écria-t-elle. J'en ai marre que vous me regardiez comme si j'allais me transformer en Scroutt ou je ne sais quoi ! Je ne peux plus vous supporter, ni en cours, ni ailleurs. Albus et James sont mes amis rien de plus, alors si vous avez une remarque à me faire à ce sujet venez me voir directement au lieu de faire toutes ces messes basses dans mon dos. MAINTENANT, LAISSEZ-MOI TRANQUILLE ET ALLEZ VOIR AILLEURS !

Rose Weasley, qui était entrée dans la salle commune une poignée de secondes avant que Juliet n'explose, avait assisté à la scène, la mine déconfite. Elle ne put se s'empêcher de se sentir coupable : Juliet était à cran depuis plusieurs jours, cela se voyait autant que son nez sur son visage. Rose la vit lancer un regard dédaigneux à Finnigan et Clarks avant de partir dans son dortoir en bousculant Troy Macmillan. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la salle commune de Gryffondor avait réussi à être calme un vendredi midi.

Les yeux étaient rivés sur Finnigan et Clarks qui n'en menaient pas large, et n'ayant pas bougé d'un pouce, ils fixaient les escaliers menant au dortoir des filles, dans la crainte que Juliet redescende leur hurler dessus à nouveau. Personne ne les remettait à leur place et en général, on les craignait dans le sens où ils étaient capables de lancer des rumeurs qui faisaient très mal. Rose parcourut la salle du regard et elle remarqua enfin Albus, tout aussi choqué que les autres personnes présentes dans la salle commune.

— C'était quoi le problème ? demanda Rose à Albus alors que tout le monde retournait à ses occupations en gardant tout de même un œil sur Victoria et Kenny.
— Ne me dis pas que tu n'as pas entendu parler du pari ? répliqua Albus en tournant les pages de son livre de potions. Celui que Victoria et Kenny ont lancé.
— Oui, oui, toi, James et Juliet, je suis au courant.
— Eh bien, entre ce pari et son rendez-vous de demain, je suppose que le mot qu'ils lui ont envoyé à l'instant a été la goutte de trop. Et tu lui manques.

Rose soupira. Elle lui manquait aussi. Juliet était décidément beaucoup trop bornée... Rose décida à ses risques et périls d'aller la voir. Elle rassembla les affaires de Juliet sur la table qu'elle avait laissées en plan, puis elle s'engouffra dans l'escalier menant au dortoir de filles après avoir croisé le regard encourageant de Fred un peu plus loin.

Une fois dans le dortoir, elle fut surprise de trouver Juliet en train de fouiller le moindre recoin de l'armoire de Victoria Finnigan. Fizwizbiz, le chat sauvage et indomptable de la jeune fille, la regardait passer au crible les chemises de Finnigan. Rose largua son sac et celui de Juliet sur son lit et se tourna vers son amie qui avait l'air d'être à la recherche de quelque chose.

— Qu'est-ce-que tu fais ?

Les mains sur les hanches, Rose contempla sa meilleure amie l'ignorer et rassembler ses longs cheveux bruns sur le côté avant de se pencher sur le contenu de la table de chevet de leur camarade. Rose s'approcha, il fallait qu'elle l'empêche de faire n'importe quoi et d'agir sous le coup de la colère.

— Juliet ! Réponds-moi, que comptes-tu faire ?

Juliet se retourna pour lui envoyer un regard noir.

— Je n'ai pas envie de te dire quelque chose de regrettable, alors dégage, Weasley.

Cette dernière leva les yeux au ciel. Elle ne se laissa pas démonter et continua à rester plantée là, jusqu'à ce que son amie en ait assez d'avoir ses yeux fixés dans son dos. Rose la connaissait, et c'était pour cette raison qu'elle savait que cette dernière en aurait bientôt marre d'être épiée de la sorte. Juliet claqua brusquement un tiroir de la table de chevet puis se releva brusquement pour lui faire face. « Enfin ! », pensa Rose avec exaspération.

Quoi ?
— Tu crois que ça va te servir à quelque chose de te venger sur un objet lui appartenant ? Ou de trouver un de ses points faibles ? Tu la connais, si tu t'attaques à Victoria, elle va répliquer et crois-moi, tu as déjà fait assez tout à l'heure.
— Et en quoi ça te regarde ? rétorqua Juliet avec une moue détestable que Rose aurait voulu lui arracher.
— Que tu le veuilles ou non, je suis toujours ta meilleure amie et je n'ai pas l'intention de te voir faire des bêtises inutiles. Et te venger de Finnigan en fait partie.

Juliet ricana, toujours de mauvaise humeur. Elle croisa les bras. Mais Rose se sentait vainqueur, son amie était prête à l'écouter.

— Parce qu'il existe des « bêtises utiles » d'après toi ?

Rose détourna le regard, elle n'aurait pas voulu entamer ce sujet alors que Juliet était loin d'être réceptive. Elle souffla un bon coup et entama le sujet qu'elle redoutait depuis des jours et des jours.

— Oui. Sortir avec Lloyd en est une. Mais je ne peux pas t'empêcher d'aller le voir si tu as l'air de l'apprécier à ce point. J'ai eu tord de m'emporter l'autre jour, tu fréquentes qui tu veux, tu es libre. Je suis bien sortie avec un con pendant deux ans alors peut être que je me trompe au sujet de Lloyd. Seulement, je n'ai pas envie qu'un garçon fasse du mal à ma meilleure amie. Et encore moins lui.

Rose détourna une nouvelle fois le regard, inquiète de la réaction de Juliet mais aussi soulagée à l'idée de lui avoir fait part de ce qu'elle ressentait. De son côté, Juliet se mordit la lèvre, se sentant encore plus coupable qu'elle ne l'était déjà. Elle avait dépassé les limites tout à l'heure et voilà que Rose faisait le premier pas vers elle. Elle était une sombre idiote.

— Je suis désolée, murmura Juliet en s'asseyant sur le lit de Victoria. Je n'aurais jamais du être aussi cinglante avec toi, tu étais juste inquiète.

Rose sourit et rejoignit Juliet en s'asseyant à côté d'elle.

— C'était ridicule, hein ? marmonna Rose, honteuse.
— Al avait raison, nous sommes des gamines, acquiesça Juliet en ayant un petit sourire.

Rose eut un rire nerveux, l'atmosphère tendue des dernières minutes disparaissant peu à peu.

— Ils l'ont mérité, tout à l'heure, ajouta Rose à leur hilarité.
— Je les déteste, eux et leur petit air suffisant !

Juliet repensa à son altercation avec Finnigan et Clarks : elle n'avait absolument pas prévu de se donner en spectacle mais cela aurait été inévitable à un moment ou à un autre. Juliet prit Rose dans ses bras, heureuse d'enfin la retrouver, et son humeur vengeresse presque oubliée. Elle s'en voulait toujours autant de ne pas avoir été plus rapide à avoir présenté ses excuses à Rose, et que cette dernière se soit sentie obligée de le faire parce qu'elle s'était encore emportée.

— Tu portes quoi demain ? demanda Rose une demi-heure plus tard alors qu'elle s'apprêtaient à descendre pour le déjeuner. Pas que je ne cautionne vraiment ce qui se passe, mais... c'est quand même un rendez-vous.

Rose ponctua sa phrase d'un clin d'œil suggestif, ce qui fit rosir les joues de Juliet. Décidément, elle avait retrouvé sa meilleure amie, mais son angoisse était toujours aussi présente.


— C'est lui, n'est-ce-pas ? lui demanda Andrea alors qu'elles étaient à la bibliothèque.

Andrea avait cherché à parler Juliet toute la semaine, sans succès. Cette dernière s'était majoritairement recluse dans sa salle commune, où Andrea n'avait pas accès. Et puis, par principe, les Serpentard ne traînaient pas dans les environs de la tour Gryffondor. Elle aurait pu intercepter sa sœur dans la Grande Salle, bien sûr, mais encore une fois, elle n'était pas si folle à ce point. En plus Andrea avait été très occupée cette semaine entre ses devoirs de préfète, ses nombreux devoirs et cette idiote de Maisie Lloyd qui cherchait constamment à lui voler la vedette dans l'antre des Serpentard. Le simple fait de penser à elle la mettait dans tous ces états. Andrea Hardy était la princesse de Serpentard, et tout le monde le savait.

Finalement, elle avait trouvé l'occasion inespérée en la croisant à la bibliothèque où sa sœur travaillait avec ses amis Rose Weasley et Albus Potter. Elle-même était accompagnée de Will et de Scorpius et ils savaient combien elle avait besoin de lui parler. Andrea lui avait donc fait un petit signe pour que Juliet la suive entre deux rangées d'étagères, où elle était sûre que personne n'écouterait leur conversation. Qu'on la voit avec Juliet ne lui posait pas de problème, mais qu'on écoute ce qu'elle avait à lui dire était défendu. Ses inquiétudes devaient rester confidentielles.

— En quoi ça pourrait bien te concerner ? lui répondit Juliet d'un ton blasé.
— Eh bien, pour commencer, je suis ta sœur et il est de mon devoir de garder un œil sur toi. Ensuite, tu n'es pas sans savoir qu'il est le frère de Maisie Lloyd. Si tu te mets à sortir ouvertement avec lui, je serais impliquée personnellement et tu sais à quel point je la déteste. Elle aura un point de pression sur moi et...
— Tais-toi, franchement, Andrea. Je ne suis pas d'humeur à écouter tes caprices de petite fille égoïste. Tu ne m'empêcheras pas de faire ce que je veux.
— Pardon ?

Andrea la dévisagea intensément, ne revenant pas à ce que Juliet venait de dire. Elle, égoïste ? Elle ne pensait qu'au bien de sa sœur !

— Tu as très bien entendu ce que j'ai dit, répliqua Juliet avec humeur. Je pensais que tu serais plus intelligente que tout le monde et que tu me comprendrais, mais j'ai eu tord. Tu ne penses qu'à toi, Andrea, à ce que personne ne s'oppose à toi et à ce que tu restes au dessus de tout le monde. Toi, toi, ET ENCORE TOI ! Et c'est comme ça depuis que tu as appris à parler, ne t'inquiète pas, c'est pas nouveau !

La bouche légèrement entrouverte d'Andrea ne laissa aucun son en sortir. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, ni pourquoi Juliet était tant en colère après elle. Juliet tapait du pied, les sourcils froncés, comme si elle n'en avait pas fini. Mais soudain, la vieille bibliothécaire, Mme Pince, débarqua et s'écria de sa voix stridente :

— Mais que se passe-t-il ici ? Vous n'avez jamais entendu le règlement de la bibliothèque ? Vous allez me faire le plaisir de s...
— Sortir, on sait, merci ! répliqua Juliet en tournant les talons. De toute façon, on avait fini !

Andrea resta alors droite en subissant les remontrances de la bibliothécaire. D'habitude, elle aurait ressenti une terrible honte à l'idée de se faire faire la morale par le personnel enseignant, mais elle était tellement absorbée par sa discussion avec Juliet qu'elle ne lui prêta qu'une infime intention. Certes, sa sœur avait toujours été la plus impulsive dans la famille, et elle n'hésitait pas à dire ce qu'elle pensait au moment où l'on s'y attendait le moins, mais aujourd'hui... si Juliet lui avait fait de telles remarques, c'était qu'elle les pensait vraiment.

Quelques instants plus tard, Andrea retourna s'asseoir auprès de Will, son petit ami, raide et sans un mot.

— Qu'est-ce-qui s'est passé ? lui demanda-t-il d'une voix douce en voyant qu'Andrea n'était pas dans son état normal.
— On vous a entendu, ajouta Scorpius, assis en face. Elle a du passer une mauvais journée.

Andrea ne répondit rien. C'était comme si elle venait de prendre une douche froide. Les lèvres étroitement pincées, elle ne dit rien de l'heure, Scorpius Malefoy et Will Leighton se résignant à la voir parler pendant un moment. Cependant, Scorpius n'en pensait pas moins. Andrea était sa meilleure amie depuis leur premier jour à Poudlard et pourtant il était le premier à avouer qu'Andrea avait de nombreux défauts.

Ce ne fut qu'à l'heure du diner qu'Andrea daigna enfin recouvrir l'usage de la parole en faisant comme si le petit incident de l'après-midi n'était pas arrivé. Scorpius n'était pas du genre à chercher la petite bête - c'était même plutôt le contraire, mais il allait falloir qu'il parle avec Andrea de cette histoire. William et lui n'avaient entendu qu'une partie de la discussion entre Andrea et Juliet. Et Scorpius n'avait pas pu s'empêcher d'être d'accord avec la Gryffondor, même si cela avait du donner un coup à l'ego de la préfète de Serpentard. Scorpius pensa alors à sa propre situation et pour une fois, il s'estima heureux d'être fils unique pour éviter les disputes entre frères et sœurs.

— Hé, Scorp', l'interpella son ami William en haussant un sourcil. J'ai remarqué que Fiona Dixon te tournait pas mal autour en ce moment.
— Ah ouais ? s'étonna Malefoy en jetant un coup d'œil vers la concernée assise un peu plus loin.
— T'es sérieux là ? Tout le monde l'a remarqué, sauf toi apparemment.

Scorpius Malefoy réfléchit intensément à ce qu'il venait de lui dire tandis qu'Andrea lui demandait de quoi il parlait. Effectivement, Dixon lui disait souvent bonjour en ce moment, elle allait le voir quand il était assis seul dans leur salle commune, mais Scorpius ne voyait pas ça comme une tentative de rapprochement. Fiona Dixon était la copine de Maisie Lloyd, qui n'était autre que sa cousine diabolique et manipulatrice mais aussi très sociable. Il n'était pas rare de la voir parler avec des gens différents chaque jour. Fiona obéissait aux moindres ordres de Maisie, c'était bien connu.

Ils terminèrent de diner tandis que Malefoy jetait de temps à autre des coups d'œil intrigués vers Dixon, mais celle-ci ne lui accordait pas un regard, absorbée par sa conversation. Leighton avait du rêvé ou le mener en bateau, comme il aimait si bien le faire à longueur de temps. Les trois Serpentard quittèrent donc la Grande Salle en même temps et ils rejoignirent leur coin préféré de la salle commune et qui, accessoirement, était place réservée. Scorpius s'assit confortablement dans un fauteuil, prêt à lire distraitement son livre d'histoire de la magie. C'était sa matière la plus faible, et il avait bien l'intention de s'assurer un Acceptable au moins durant toute l'année. « Réviser un vendredi soir, je commence à devenir comme Andrea », s'alarma-t-il.

Une demie heure plus tard, Zane Parker et Maverick Nott les rejoignirent tandis qu'Andrea et Will, assis dans le même fauteuil, s'embrassaient passionnément depuis un bon quart d'heure. Scorpius soupira longuement, habitué à la situation. Si les deux amoureux s'étaient toujours détestés depuis leur première année, le fait qu'ils aient été nommé préfets ensemble l'année précédente les avait considérablement rapprochés, au point qu'ils soient inséparables et qu'ils représentent le couple de Serpentard par excellence au jour d'aujourd'hui.

D'ailleurs, Scorpius s'était demandé à plusieurs reprises si Andrea n'était tout simplement pas jalouse de l'attention que sa sœur attirait aujourd'hui. D'abord, il y avait eu l'histoire du placard à balais qui avait fait beaucoup parlé de lui, et puis ensuite il y avait les rumeurs qui courraient sur le rendez-vous de Juliet Hardy. Évidemment, tout portait à croire que cela se dirigeait vers les frères Potter, mais en entendant leur conversation de cet après-midi, Scorpius dut admettre qu'il était impressionné par la Gryffondor pour fréquenter ouvertement Cameron Lloyd. Et ça, c'était du jamais vu à Poudlard.

Bien sûr, si les Gryffondor et les Serpentard se détestaient par principe, il fallait nuancer les choses. Lui-même s'entendait bien avec quelques Gryffondor, incluant Albus Potter et Rose Weasley, et il ne s'en sentait pas honteux pour autant. Avant lui, son père lui avait raconté qu'ils trouvaient tous les moyens possibles pour mener une guerre sans merci contre les Gryffondor, mais Scorpius n'avait rien vu de tel aujourd'hui. De plus, quand Drago Malefoy voulait lui donner une anecdote censée être drôle aux dépens de ces derniers, sa mère débarquait dans la pièce en convainquant d'un regard son mari de ne pas corrompre leur fils. Astoria Malefoy avait beau être allée à Serdaigle, il n'empêchait qu'elle avait un caractère de feu.

Malefoy sourit en repensant à ses parents. Il était conscient que leur histoire était sombre et que leur famille n'avait pas fait les bons choix, mais Drago et Astoria s'étaient efforcés de l'élever loin des préjugés que les gens pouvaient avoir à leur encontre. Scorpius avait grandi au manoir Malefoy et avait eu une enfance normale, et Scorpius après avoir découvert Poudlard leur en avait été entièrement reconnaissant. Ses débuts avaient été difficiles, de nombreux élèves avaient entendu parler de son nom, et à onze ans, Scorpius n'avait pas toujours su s'il devait de sentir responsable de ce qui s'était passé durant la guerre à l'époque de ses parents. Avec un sourire, il repensa à sa rencontre avec Andrea, qui l'avait pris tel qu'il l'était, c'est à dire un garçon comme les autres.

Tous les deux, ils avaient été longtemps seuls contre tous, mais ils s'étaient beaucoup apporté mutuellement.

— Salut, Malefoy ! lança Fiona Dixon en passant près du groupe des cinq sixième années, un sourire au visage.

Scorpius lui sourit en échange, un peu gêné. Il la suivit du regard alors qu'elle rejoignait Maisie Lloyd, déjà installée auprès d'un groupe de septième années au fond de la salle commune. Malefoy secoua sa tête, comme pour reprendre des pensées cohérentes, puis il se rendit compte qu'Andrea le fixait d'un regard noir alors que William lui lançait un clin d'œil.

— Scorpius. J'ose espérer que tu ne pactises pas avec le diable ? demanda Andrea entre ses dents. Elle te drague souvent ?

William retint un fou rire, mais pour ne pas contrarier sa petite amie, il préféra rester silencieux. Scorpius remarqua même Parker et Nott échanger un regard intéressé alors qu'il étaient en train de discuter avec des filles installées derrière eux quelques secondes auparavant. Scorpius se détendit, en quoi était-il fautif de quelque chose ? C'était elle qui venait vers lui, et non l'inverse.

— Et si c'était le cas, qu'est-ce-que tu pourrais y faire ?
— Scorpius... murmura Andrea.
— Hé, on se contente de se dire bonjour, rien de plus ! se défendit-il face au regard inquisiteur de son amie.

Andrea le fixa en plissant ses yeux bleus pendant encore une dizaine de secondes avant de se décider à se mettre au travail. Elle avait un devoir en potions à rendre la semaine suivante et il n'était pas question qu'elle passe à côté d'un Optimal à cause de cette pimbêche de Lloyd. Néanmoins, Andrea ne pouvait pas s'empêcher de jeter des coups d'œil furtifs à son ami blond assis en face d'elle. Il était clair que Fiona Dixon avait des vues sur Scorpius Malefoy pour la destituer et rompre la confiance et l'amitié qu'Andrea avait tout fait pour apporter dans son cercle d'amis. Elle en était certaine, Maisie Lloyd était à l'origine de ce complot. Et comme cette pauvre Fiona Dixon ne faisait qu'obéir aux ordres de Lloyd, l'intérêt de Dixon pour Scorpius ne pouvait qu'être faux.

La salle commune des Serpentard se vida peu à peu et très vite, il ne resta que des élèves plus âgés dans la pièce à l'atmosphère verdâtre grâce au lac de Poudlard. Dans un coin de la salle, Maisie Lloyd riait à gorge déployée pour la vingtième fois de la soirée à une blague que racontait l'un de ses amis. Andrea lui envoyait de nouveau un regard noir avant de passer ses doigts dans ses cheveux dorés et brillants. Elle était fatiguée, mais elle n'irait pas se coucher avant de connaître son philtre de Mort-vivante sur le bout des doigts. A ses côtés, Will baillait ostensiblement.

— Je vais me coucher, lui dit-il après quelques minutes. Bonne nuit, Andy-jolie.

Andrea lui répondit à peine, trop absorbée par son livre. William, au physique de surfeur californien, l'embrassa sur le front avant de rejoindre son dortoir au fond de la pièce. Bientôt, il ne resta plus que Scorpius et elle dans leur petit groupe. Celui-ci était maintenant allongé de tout son long sur le canapé, s'amusant à créer des volutes de fumée avec sa baguette magique. Andrea lui jeta un regard désespéré avant de retourner à son apprentissage.

Puis, tout à coup, Scorpius se redressa en position assise, lui posant une question de sa voix traînante que la jeune fille détestait tant :

— Et en quoi ça te concernerait, que je sorte avec telle ou telle fille ?
— Tu es au courant que tu parles de Fiona Dixon, le petit toutou de la fille qui veut me détruire ? Elle n'est pas telle ou telle fille.

Et pour justifier ses paroles, Andrea lui désigna la concernée, désormais seule à une table, penchée sur un lourd ouvrage. La blonde était persuadée que Maisie voulait la battre dans tous les domaines : arriver à obtenir un point de pression sur Scorpius et avoir d'excellents résultats mettrait Andrea dans une rage folle. Elle était major de sa promotion aux côtés d'Albus Potter et Maisie n'en était pas très loin.

— Ou peut-être que tu te fais des idées, suggéra Scorpius, une lueur de défi dans le regard. Tu sais, Andrea, tu deviens presque insupportable en ce moment.
— Oh non... tu ne vas pas commencer toi non plus !
— Si, et c'est pour ton bien, répliqua Scorpius en faisant attention à ne pas élever la voix. Avant, quand on était tous les deux, tu étais moins... centrée sur toi-même mais depuis que la compétition avec les BUSE est arrivée, et depuis que tu sors avec Will, tu as pris la grosse tête. Cite-moi un moment où tu ne fais pas quelque chose qui pourrait rendre service uniquement à ta petite personne ?

Andrea n'avait pas envie de répondre à sa question. Elle n'en croyait pas ses yeux. Scorpius lui faisait la morale. A elle. A sa moitié. Parce que c'était ce qu'il était. Andrea Hardy ne se serait jamais vue rester à Poudlard quand tout le monde la traitait alors de lèche-bottes insupportable si elle n'avait pas le soutien de Scorpius. C'était avec lui qu'elle avait forgé son caractère, qu'elle était devenue brillante, qu'elle avait appris à ignorer le regard des autres et à devenir celle qu'elle était aujourd'hui. Une personne que visiblement Scorpius critiquait. Il tapait là où ça faisait mal.

— Je ne comprends pas, répondit Andrea d'une voix douce. Je sors avec Will parce que je l'aime et tu sais très bien que je dois avoir d'excellents résultats... il faut que je sois la meilleure pour être prise à Sainte Mangouste !
— Mais ton succès t'a monté à la tête. Ne dis pas le contraire. La Andrea que je connais ne parlerait pas aux autres comme s'ils étaient de la bouse de dragon sur ses chaussures. Et le pire, c'est que tu te permets de me dire ce que je dois faire ou non. Tu te rends compte ?

Décontenancée, Andrea se retrouva de nouveau sans voix dans la même journée. Scorpius était devenu son frère quand, séparée de Juliet, elle s'était retrouvée seule et abandonnée de son côté. Elle ne pouvait pas se permettre de le perdre, pas lui. Qu'est-ce-qu'elle avait fait de travers ces dernières années qui aurait pu changer son attitude aux autres ? Elle avait été longtemps considérée comme la petite fille sage et levant la main à la moindre question de ses professeurs, cela avait toujours énervé les autres, elle le savait, mais c'était Andrea Hardy. C'était elle, avec ses défauts détestables. Et Scorpius l'acceptait comme elle était.

Plus elle avait grandi, et plus elle avait réussi à faire face aux moqueries des autres au lieu de se laisser faire. Andrea se souvenait particulièrement de ces périodes où elle avait l'impression que tous ses camarades l'évitaient et la détestaient, et à côté, Juliet s'épanouissait avec sa petite bande de Gryffondor tous plus heureux les uns que les autres. Andrea avait trop souvent songé à quitter Poudlard tellement elle se sentait mal-aimée et malheureuse. Mais elle avait Scorpius. Et il était la seule et unique clé à sa prise de confiance en elle.

Peut-être avait-elle pris trop confiance, justement ?

— Je suis désolée, Scorpius. Tu sais, je n'ai jamais cherché à te persécuter ou je ne sais quoi, tenta de s'expliquer Andrea alors que Scorpius l'écoutait attentivement. Tu n'as pas tord... je ne devrais pas te dire de ne pas aller la voir. Je crois que je suis trop aveuglée par mes propres problèmes.

Les lèvres de Malefoy s'étendirent doucement en un sourire sincère. S'il lui avait permis d'ouvrir les yeux sur sa propre conduite sans qu'elle ne le prenne mal, alors il avait réussi. Ils restèrent silencieux tous les deux, savourant ce moment de calme en se retrouvant comme avant, isolés de leur groupe d'amis. Jamais au grand jamais Andrea ne voudrait entraver son amitié avec Scorpius Malefoy.

— Salut les blondinets !

Maisie Lloyd s'installa avec un sourire suffisant à leurs côtés. Andrea songea avec dépit que son ennemie s'était encore embellie depuis la dernière fois où elle l'avait vraiment détaillée. Ses lourdes boucles brunes retombaient avec grâce sur ses épaules et ses grands yeux bleus étaient certes mesquins, mais malheureusement magnifiques. Andrea se retint de ne pas sortir sa baguette magique pour la virer de son coin de la salle commune. C'était son territoire, et Maisie le savait parfaitement.

— Hardy, j'espère que tu as bien révisé ce devoir, lui dit-elle d'un ton doucereux en désignant le livre de la blonde. J'ai entendu dire qu'il serait très difficile pour des sixième années.
— Et comme d'habitude, ma note sera naturellement plus élevée que la tienne. Mais ne perds pas espoir.
— C'est ce qu'on verra lundi ! s'exclama Maisie en tournant subitement la tête vers Scorpius. Dis-moi, Scorpius, ça te dirait d'aller à Pré-au-Lard avec moi, entre cousins ?
— Désolé, je ne crois pas que ce soit possible, Andrea et moi passons la journée ensemble, répondit lentement Scorpius avant de lancer un clin d'œil à son amie. Une autre fois ?

Maisie Lloyd, loin de se laisser abattre par ce refus, lui servit un sourire éblouissant dévoilant des dents d'une blancheur immaculée.

— Bien sûr, je comprends que vous ayez beaucoup de choses à vous dire, dit-elle en ne quittant pas son sourire. Et si tu changes d'avis, je crois savoir qu'il y a quelqu'un d'autre qui aimerait passer la journée avec toi. Fiona t'apprécie énormément, Scorpius. Mais je ne t'ai rien dit.

Et elle lui lança un clin d'œil avant de tourner brusquement la tête derrière son fauteuil. Il était maintenant plus de minuit et le mur de la salle commune venait de laisser apparaître une grande silhouette que Maisie parut reconnaître instantanément. La Serpentard se leva brusquement sous le regard étonné de Scorpius et d'Andrea et les salua rapidement avant de se précipiter sur la personne qui venait d'entrer. C'était son frère. Cameron Lloyd. Andrea et Scorpius continuaient de les fixer tandis que Maisie l'attrapait par le bras.

— Cameron ! appela Maisie d'un ton grave qui contrastait avec le ton faussement amical qu'elle avait employé quelques secondes plus tôt.
— Lâche-moi, répliqua son frère en la essayant vainement de la repousser.
— Pourquoi tu n'es pas venu hier soir ? J'avais besoin de toi, on avait besoin de toi...

Andrea et Scorpius échangèrent un regard interrogateur. C'était tellement rare de les entendre parler entre eux. Leurs échanges n'étaient pas nombreux et ils s'arrangeaient toujours pour que personne ne les écoute. Mais visiblement, ce soir Maisie en voulait à Cameron. Et Andrea mourut d'envie de savoir pourquoi. Veillant à ne pas montrer qu'elle s'intéressait à leur conversation, elle posa un coude sur l'accoudoir du fauteuil où elle était assise et posa sa main sur son visage tandis que Scorpius se renfonçait dans son canapé, l'air trop éveillé pour faire semblant d'être assoupi.

— Je te l'ai déjà dit, ses plans foireux ne m'intéressent pas, répliqua Cameron d'une voix basse et grave. Vous devrez faire sans moi.
— Non, non et non ! s'exclama Maisie, perdant son sang froid. Tu crois que te battre avec ces moins que rien est aussi important que notre famille ?

Son frère ne répondit pas et se détacha sèchement de Maisie, tout en lui lançant un regard noir. Cependant, Maisie ne semblait pas en avoir terminé avec son grand-frère et repartit à la charge.

— A moins que ce soit la petite Hardy qui te fasse changer d'avis ? Ce n'est qu'une bouffondor comme une autre, ne t'approche pas d'elle.
— Ferme-la, Maisie.
— Tiens donc ! ricana celle-ci en croisant les bras. J'aurais du m'en douter, tu l'aimes bien, c'est ça ?
— Non, ce n'est pas ça, répondit calmement Cameron. Je te conseille juste de te calmer maintenant si tu ne veux pas que tes petits amis entendent ce que tu as à me dire.

Le sang d'Andrea se glaça dans ses veines. Elle aurait parié mille Gallions que le septième année les désignait, Scorpius et elle. Andrea ferma les yeux, priant pour que le garçon ne leur envoie pas un maléfice de son cru. Le cœur battant à tout rompre, elle attendit que quelqu'un brise ce silence lourd et tendu. Puis, des pas pressés se firent entendre et Andrea s'autorisa enfin à bouger. Elle vit disparaître Maisie Lloyd à l'entrée des dortoirs tandis que son frère était déjà hors de vue.

Scorpius la fixait de ses yeux gris, n'osant pas parler de ce qu'ils venaient d'entendre. Et Andrea était complètement d'accord avec lui. Maisie Lloyd était sûrement la personne qu'elle détestait le plus à Poudlard et bien qu'elle pensait que Maisie avait des plans pour la détrôner de son piédestal, il était clair que Maisie Lloyd avait autre chose en tête que ses petites vengeances de collégienne. Des choses qui donnèrent la chair de poule à Andrea, même si elle serait incapable de deviner de quoi il s'agissait.

Repensant à sa conversation avec Scorpius datant de quelques minutes plus tôt, Andrea décida de mettre sa petite personne de côté et d'en apprendre plus sur les dits projets de Maisie Lloyd. Si Juliet venait à sortir avec Cameron Lloyd, Andrea ne voudrait pas que sa sœur ait à en subir les conséquences.