Le weekend était presque passé, déversant sa vague de nouvelles au sein de l'école : Juliet Hardy et Cameron Lloyd avaient passé une journée ensemble, mais ce qui faisait le plus parler était sans aucun doute la séparation de Rose Weasley et Stephen Brown. Les rumeurs allaient bon train entre les élèves. On disait que Weasley avait failli se battre avec Brown en allant prendre son petit déjeuner le dimanche matin, mais ses amis de toujours l'en avaient empêchée avant qu'elle ne lance le moindre maléfice au garçon. Partout où ils allaient, Juliet, Rose et Albus étaient épiés comme s'ils étaient le centre d'attention de toute l'école.

Et c'était bien pour cette raison que Juliet et Albus décidèrent de passer la journée à travailler à la bibliothèque. Rose les avait suivis à contrecœur, mais elle devait avouer que cela avait été leur meilleure décision de la journée : là-bas, au moins, ils s'étaient installés à une petite table au fond de l'antre de Mme Pince et n'étaient dérangés que lorsque celle-ci faisait des rondes et leur jetait des regards soupçonneux. Ce qui était bien plus agréable que certains élèves qui les fixaient comme des bêtes de foire. Juliet restait silencieuse mais se faisait souvent la réflexion qu'elle n'allait pas tenir la semaine sans exploser si la situation perdurait.

Rose avait passé la veille au soir à se goinfrer de chocolats qu'elle avait acheté à Pré-au-Lard, Juliet se contentant de mâchonner le même chocolat toute la soirée. Et encore, cet unique chocolat était très mal passé. La vérité, c'était qu'elle ne se sentait pas dans son état normal. Juliet mettait ce sentiment sur le compte des changements qui étaient intervenus au cours des derniers jours. Rose était d'humeur massacrante, et Juliet quant à elle récoltait des regards de travers de la part de ses camarades comme si elle était contagieuse.

Et puis, il y avait ce Serpentard. Ce Serpentard auquel elle avait pensé avant de s'endormir. Elle aurait été incapable de dire si elle avait rêvé de lui cette nuit là, mais une chose était sûre : il avait été la première personne à qui elle avait pensé en se réveillant. Juliet se demanda même si elle développait une sorte d'obsession à son sujet tellement il marquait son esprit à chaque instant de la journée. Elle l'avait cherché du regard ce matin, dans la Grande Salle, espérant croiser son regard captivant, mais il ne s'y était pas montré, ni même le midi. Juliet arrivait à s'en sentir coupable, alors que sa meilleure amie vivait une rupture difficile, mais elle n'arrivait pas à le sortir de ses pensées.

— Page combien le sortilège Patronus ? demanda Rose en gardant les yeux rivés sur son livre.
— Quarante sept, répondit Albus.

Juliet croisa le regard d'Albus avant que celui-ci ne retourne rapidement à son devoir de potions. Juliet se mordit la lèvre, il avait essayé de lui demander comment s'était passée sa journée de la veille, mais ne voulant pas brusquer Rose qui avait encore du mal avec le sujet tabou « Lloyd », ne préférait pas lui parler ouvertement étant données les circonstances. Et Albus avait aussi remarqué la façon glaciale dont Juliet avait ignoré James en descendant de son dortoir. Il ne savait pas ce qui s'était passé, mais il se rendait compte que tout ceci avait un rapport avec le rendez-vous de sa meilleure amie.

— Hé, salut. Je peux ?

Albus, Juliet et Rose furent tout aussi surpris les uns que les autres. Scorpius Malefoy leur demandait s'il pouvait s'installer avec eux, ce qui n'était vraiment pas commun. C'était même presque incroyable compte tenu du fait qu'il ne s'était jamais assis avec eux pendant leurs cinq années à Poudlard. Depuis la veille, Juliet sourit enfin en songeant que partager son chocolat chaud avec Rose Weasley avait du changer la donne entre temps. Amusée, Juliet tourna une page de son livre tandis que Scorpius s'asseyait à côté d'Albus.

— Andrea est devenue insupportable, dit-il tout naturellement comme s'ils étaient amis. Elle ne parle que de toi, Hardy. J'ai beau lui dire que tu es assez grande pour te défendre toute seule, elle ne m'écoute pas.

Malefoy soupira. Rose et Albus échangèrent un regard à la fois surpris et intrigué.

— Hmm, sans vouloir te vexer, Malefoy, que fais-tu ici ? demanda Juliet d'un ton suspicieux en plissant les yeux.

Le blond platine la fixa sans comprendre, l'air de ne pas savoir pourquoi elle lui posait cette question.

— Je viens travailler, ça me semble évident.
— Avec nous ?
— Ça vous dérange ? demanda Malefoy en les regardant tour à tour.
— Non, répondit Rose. T'es juste bizarre.

Scorpius Malefoy eut l'air de prendre la remarque de Rose comme un compliment puis il sortit ses affaires, pas le moins du monde gêné par le regard des trois Gryffondor fixé sur lui. Cependant, à la grande surprise de Juliet, la présence du Serpentard détendit considérablement l'atmosphère et à plusieurs reprises, Juliet remarqua le petit sourire de Rose quand Malefoy faisait une remarque anodine sur la nouvelle coupe de Barbara Hopkins. Juliet elle-même devait admettre qu'il leur fit du bien, et voir quelqu'un agir comme si de rien était en leur présence sauva leur dimanche pluvieux.

Deux heures plus tard, Juliet, Rose et Albus accompagnés de Scorpius Malefoy quittèrent les rayons poussiéreux et calmes de la bibliothèque pour se rendre au diner. Rose en avait presque oublié sa mauvaise humeur jusqu'à ce qu'elle croise le groupe d'amis de Brown dans le Hall d'entrée. Et rien ne la retint de leur lancer le plus sèchement possible :

— Ah, vous avez donc lâché votre pourriture d'ami. Grand bien vous fasse.

Mais avant que l'un d'eux n'ait pu répliquer quoi que ce soit, Albus avait déjà pris les devants et avait entrainé Rose sans ménagement. Scorpius regarda les deux cousins entrer dans la Grande Salle, les sourcils froncés. Juliet le rattrapa.

— Merci, Malefoy.

Et sans un mot de plus, Juliet suivit les traces de Rose et d'Albus, les rejoignit au bout de la table des Gryffondor, ignorant royalement les murmures sur son passage.

— Rose, il va vraiment falloir que tu prennes sur toi, conseilla prudemment Albus. Tu vas finir par en attaquer un et ça va se terminer en retenue. Et là, tu lui feras plaisir. C'est ce que tu veux ?
— Non, jamais de la vie, mais regarde-le, Al, dit-elle en désignant d'un coup de tête la table des Poufsouffle. Il fait comme si rien ne s'était passé, je ne peux pas rester de marbre...
— Je sais, compatit Albus. Tu es plus forte que ça, alors montre-le lui.

Rose sourit. Albus et elle se disputaient souvent pour des broutilles, mais au final, c'était lui qui était toujours là, et non ce stupide Stephen Brown. Juliet les écouta vaguement en se servant de la soupe, elle faisait tout pour ignorer James, au milieu de la table, qui la fixait avec insistance. Pourtant elle l'ignorait avec soin : le souvenir de la veille aux Trois Balais était encore cuisant dans sa mémoire. Elle lui en voulait encore pour envisager d'avoir une discussion posée avec lui.

Et malheureusement pour ce soir, Cameron Lloyd ne se montra toujours pas à la table des Serpentard. Ceci joua considérablement avec son humeur, même si elle ne se résolvait pas à l'admettre.


— Juliet ! Tu comptes m'éviter encore combien de temps, histoire que je revienne quand tu te seras décidée à m'adresser la parole ? s'écria James tandis que Juliet sortait précipitamment des vestiaires de Gryffondor.

La jeune fille ne se retourna pas pour autant. Plusieurs jours étaient passés depuis l'altercation à Pré-au-Lard et elle avait décidé de laisser passer le temps pour effacer sa rancœur envers lui. Néanmoins, comme Troy Macmillan l'avait prévu et surtout redouté, l'entraînement de Quidditch avait été désastreux : Juliet et James n'avaient cessé de se hurler dessus pendant deux heures et la pauvre Emma Ellis, coincée entre les deux, était redescendue sur le sol sans que personne ne s'en rende compte. Macmillan n'avait osé le dire quand il mit fin à la séance d'entraînement, mais toute l'équipe avait compris qu'il s'agissait de leur plus mauvaise séance depuis le début de l'année.

— Ne m'oblige pas à utiliser la force, grenouille.

Juliet leva les yeux au ciel, continuant sa route vers le château d'un bon pas, guère inquiète par les menaces de son ami.

Petrificus Totalus !

Avec horreur, Juliet sentit son corps entier se raidir et elle s'étala lamentablement dans la pelouse trempée, incapable de faire le moindre mouvement. Totalement pétrifiée et allongée sur le dos, elle ne voyait qu'une chose : le ciel gris dont la luminosité commençait à dangereusement baisser. Juliet pesta intérieurement contre James Potter. S'il souhaitait se faire pardonner auprès d'elle, il allait falloir qu'il soit extrêmement convainquant. Une fois qu'elle serait libérée du maléfice, elle le détruirait.

— Potter, qu'est-ce-que tu as fait ? s'écria Macmillan en accourant à leurs côtés.
— On règle nos problèmes, répondit James tandis qu'il apparaissait au dessus de Juliet et donc dans son champ de vision.

« Ah non, on ne risque pas de le régler si je suis incapable d'ouvrir la bouche ! », hurlait Juliet sans sa tête. Elle espérait tout simplement que Macmillan allait être assez intelligent pour l'aider, elle, lui qui disait qu'elle était la meilleure Poursuiveuse de Poudlard et son meilleur espoir pour gagner la Coupe de Quidditch cette année.

— Ok, dans ce cas, je vous laisse. Ne vous blessez pas, hein ?

Juliet fulminait, elle venait de trouver une nouvelle cible après James. Ce dernier se pencha alors vers elle pour s'accroupir. La Gryffondor aurait eu envie de lui faire avaler son sourire de vainqueur.

— Bon, je pourrais te laisser là pour ne pas m'avoir adressé la parole depuis samedi, mais comme je suis sympa, généreux, amical, et prêt à aider mon prochain, je vais te donner une chance de pouvoir repartir si tu acceptes de me parler. Compris ?

Le fusillant du regard, Juliet espéra qu'elle y mettait assez de haine car c'était la seule partie de son corps qu'elle pouvait contrôler. James le remarqua et eut un sourire amusé, ses yeux à nouveau rieurs. Puis il s'approcha un peu plus de Juliet et cette dernière le contempla avec un regard affolé. Qu'allait-il lui faire ? Mais il s'avéra qu'il fouilla les poches de Juliet et finit par en retirer la baguette magique de celle-ci. Comment pouvait-il se permettre d'agir de cette façon ? Satisfait, James se releva et pointa sa baguette à lui vers elle.

Aussitôt, elle se ressentit capable de bouger et se redressa en un quart de seconde. La rage circulant dans ses veines, elle se retint de ne pas sauter à la gorge de James. Et il osait se moquer d'elle.

— Tu es malade ou quoi ? Tu penses sérieusement que je vais t'écouter après ce que tu viens de me faire ? Je-te-déteste-James-Potter !

Juliet, prise d'une crise de fureur, se précipita sur James et se mit à le ruer de coups de poings. James perdit son sourire et tenta de repousser Juliet comme il le put, puis il la menaça de sa baguette. Alors Juliet tenta d'attraper sa propre baguette qu'il lui avait lâchement dérobée.

— Arrête ou je te pétrifie une nouvelle fois, la menaça James. Je veux juste qu'on parle.

Fixant sa baguette dans la main de James d'un œil envieux, elle se calma dans le silence et attendit que James dise quelque chose. De son côté, elle n'avait absolument rien à se reprocher, elle n'attaquait pas ses amis dans leur dos et elle ne gâchait pas non plus leur rendez-vous.

— Je suis désolé. J'aurais jamais du te parler comme je l'ai fait. Quand tu m'as dit que tu allais passer la journée avec Lloyd, j'ai été sceptique, je dois l'avouer. Parce que... peu importe. La prochaine fois, je te promets que je n'interviendrai pas. Et Audrey m'a bien fait comprendre que... hésita-t-il. Qu'il y a un truc entre vous.

Dans le plus grand silence, James attendit une réponse qui ne venait pas de la part de sa coéquipière de Quidditch. Elle se contentait de le dévisager, pesant le pour et le contre. Elle s'était décidée à ne pas le pardonner ce soir, ce serait trop facile. Elle était indépendante et Juliet voulait lui montrer qu'elle pouvait faire ses choix et fréquenter qui elle voulait. Elle n'était plus la petite Juliet de première année qu'il avait prise sous son aile cinq ans auparavant, il n'avait pas à interférer sans raison apparente dans sa vie.

— Alors ? demanda James en lui lançant un regard craintif.
— Alors quoi ?
— Amis ?

Juliet leva les yeux au ciel, exaspérée.

— Bien sûr qu'on est amis, mais tu n'as pas le droit de chercher à trouver un prétexte pour prouver que Cameron est foncièrement mauvais. Il ne l'est pas. Compris ?
— Si Cameron est un gentil garçon...
— James, ferme-la, dit Juliet entre ses dents. Tu viens de me faire un promesse, je te rappelle.
— T'énerve pas ! s'exclama James. Je te taquine, c'est mon langage affectif !

Juliet le jaugea du regard, comme si elle se demandait s'il était digne de sa présence, puis elle tendit sa main vers lui, n'ayant certainement pas envie de passer la soirée avec lui dans le parc de Poudlard. James hésita à lui rendre sa baguette magique, mais il dut se rendre compte que priver une sorcière de sa baguette n'était pas un bonne solution si lui-même voulait se faire pardonner de cette dernière. Avec appréhension, il la lui rendit et Juliet la rangea dans sa poche avant de repartir sans un mot.

James la rattrapa en quelques foulées, mais remarquant avec déception que la jeune fille n'était pas encore prête à faire comme si rien ne s'était passé entre eux, il fit la conversation à lui tout seul à propos de leur séance d'entraînement, de la vieille chouette, et même de la fête à la Cabane Hurlante qui aurait lieu dans moins de trois mois maintenant.


— Voyons ce dont Miss Hardy est capable aujourd'hui, allez-y, tout le monde vous regarde.

Juliet déglutit difficilement. Le professeur Lloyd s'était décidé à lui mener la vie dure depuis quelques temps, lui qui pourtant était l'enseignant le plus apprécié du château. Et il n'était pas non plus détesté de la gente féminine à Poudlard : à environ quarante cinq ans, il avait énormément de charme avec son physique d'acteur de film moldu et on se demandait souvent pourquoi il avait divorcé. Il était également très sympathique avec tous ses élèves et aidait avec patience les cas difficiles comme Juliet. Cependant, c'était du passé depuis que les rumeurs avaient couru sur son fils et la Gryffondor.

La main qui tenait sa baguette trembla légèrement face à Rose qui servait de cobaye. D'ailleurs, celle-ci lui faisait de gros yeux menaçant en serrant les poings, visiblement très nerveuse. Et pour cause, Juliet était censée changer la couleur de ses cheveux. Et Juliet savait combien les cheveux roux et bouclés de Rose étaient sacrés.

Multicorfors !

Rien ne se produisit. Interdite, Juliet n'osa pas bouger ni retenter l'expérience alors que toutes les têtes étaient tournées vers Rose et elle. Timidement, Juliet leva le regard vers son professeur qui apparemment n'attendait qu'une seule chose : qu'elle réessaie.

Multicorfors ! se répéta-t-elle en mettant toute sa concentration dans son sort.
— Miss Hardy, je retire cinq points à Gryffondor pour vos efforts insuffisants, lâcha le professeur d'un ton sec avant de retourner au devant de la classe. Bien, vous avez là l'exemple à ne pas suivre pour la prochaine classe. Tâchez de vous entraîner.

Soulagée, Rose se remit à respirer normalement et passa une main dans ses cheveux qui n'avaient rien subi. Le professeur Lloyd leur souhaita un bon après-midi puis tous les élèves rangèrent leurs affaires avant de sortir de la salle de classe. Juliet suivait la masse, complètement démoralisée. Elle était une piètre sorcière, elle le savait. Et le pire, c'était qu'elle faisait beaucoup d'efforts pour s'améliorer. Le matin même, en classe de défenses contre les forces du Mal, ils avaient fait des duels et elle n'avait pas été capable d'en remporter un seul. Son sac dans la main, elle passa à son tour le seuil de la classe en traînant des pieds, bientôt rattrapée par ses amis.

— On va s'entraîner, ne t'inquiète pas, la rassura Albus en posant une main réconfortante sur son épaule. Mais là, je vois aller à mon cours d'arithmancie, on se voit tout à l'heure !

Juliet lui répondit vaguement en le voyant déjà se faufiler entre les élèves pour se rendre à son cours. Elle avait juste envie de plonger son malheur et ses inaptitudes scolaires au fond du lac pour que le calamar géant s'en débarrasse. Mais hélas, ce n'était pas possible. Rose la rattrapa alors et la prit par le bras, l'air pressée :

— Euh, Juliet, je sais qu'on devait aller à la bibliothèque ensemble mais j'ai un truc urgent à régler. Je te rejoins un peu plus tard, d'accord ?

Mais elle avait à peine terminé sa phrase qu'elle avait déjà tourné les talons. « Génial, tout le monde m'abandonne », pensa amèrement Juliet en prenant la direction de la bibliothèque, avec son unique compagnie. Sur son chemin, elle fusilla du regard un Serpentard de première année qui avait osé la regarder d'un peu trop près, puis elle partit s'asseoir seule au fond de la bibliothèque. Elle repensa à l'heure précédente avec amertume, elle n'aimait pas savoir que son professeur la détestait parce que des histoires la reliaient à Cameron.

Quand elle pensa à lui, son humeur ne fit qu'empirer. Elle ressentait de la déception à chaque fois qu'elle le cherchait, tout simplement parce qu'elle ne le trouvait pas. Elle faisait même quelques aller-retours à la cuisine plusieurs fois par jour alors que ses fringales nocturnes avaient cessé dans l'espoir de le trouver dans cet immense château. Mais Cameron Lloyd demeurait inlassablement introuvable, et Juliet mourrait d'envie de le voir. Tout ce qu'elle craignait était qu'il ressente l'exact opposé à son égard et cette pensée avait le mérite de lui mettre le moral à zéro.

Avec des gestes lents et une motivation à travailler absente, Juliet sortit son devoir de métamorphose. Elle n'y comprenait plus rien, tout était tellement confus dans sa tête qu'elle commençait à tout mélanger dans cette matière.

— Salut, Hardy.

Le cœur de Juliet manqua un battement, ou deux. Cameron Lloyd était apparu d'un seul coup, sans qu'elle s'y attende. Bien sûr, elle espérait tout le temps le croiser dans les couloirs, mais il était tellement discret qu'il en devenait surprenant. Le Serpentard s'assit en face d'elle et bizarrement, Juliet en oublia presque son humeur triste et morose.

— Je ne t'ai pas vu depuis samedi, chuchota Juliet en tripotant nerveusement sa plume.
— J'ai été... occupé.

Juliet n'ajouta rien, un peu trop heureuse qu'il soit venu s'asseoir avec elle. Elle se contenta de garder le regard rivé sur son parchemin, bien qu'elle n'ait aucune idée de quoi écrire. Cameron Lloyd quant à lui se mettait à lire comme d'habitude l'un de ses livres avec lesquels elle le voyait à chaque fois qu'elle le rencontrait. Pour se donner bonne conscience, Juliet se força à fouiller dans un bouquin avec un air ennuyé. Elle ne pourrait définitivement pas se concentrer aujourd'hui.

Les minutes passèrent sans que personne ne dise un mot. Néanmoins, Juliet ne pouvait s'empêcher de jeter des coup d'œil curieux au Serpentard. Ses cheveux bruns bouclés paraissaient si soyeux que Juliet aurait eu envie d'y toucher. Puis elle rougit pour avoir eu cette pensée et son regard dériva vers les yeux bleus de Lloyd qui passaient d'une ligne à l'autre sans qu'il ne remarque qu'elle l'observait. « C'est sûrement malsain cette obsession de l'admirer tout le temps », se dit-elle, alarmée. Soudain, Cameron leva les yeux vers elle et Juliet, terriblement gênée, détourna le regard avec un sourire dédié à sa propre stupidité.

— Besoin d'aide ?
— Hein ? s'exclama Juliet, surprise.
— Ça fait un quart d'heure que tu n'as pas écrit un mot, remarqua le Serpentard en désignant le parchemin de Juliet.
— C'est que... je vais attendre qu'Albus m'aide, ne t'inquiète pas.

Lloyd ne répondit rien et se pencha au dessus de la table pour regarde quoi s'agissait le devoir à peine commencé. Il eut un sourire quand il vit que le sujet relevait de la métamorphose. En plus, son père ne s'était pas donné trop de mal et avait donné aux sixième années le même devoir que lui avait du effectuer l'année précédente. Il n'avait aucune idée du niveau de la Gryffondor, mais Cameron avait le sentiment qu'elle ne se sentait pas aussi à l'aise pour ses cours que pour le vol sur balais. Il se leva et alla s'asseoir à côté de Juliet.

— Pour commencer, je te conseille de ne pas évoquer ses ressemblances avec les sortilèges que Wright a inventé en 1516. C'est une erreur très commune et mon pè... enfin, ce professeur met systématiquement un Piètre à ton devoir et trouvera toutes les erreurs possibles pour justifier cette note.

Ensuite, Cameron Lloyd lui donna tout une panoplie de conseils que Juliet s'empressa de mémoriser et il lui montra aussi les pages qui étaient susceptibles d'être d'une très bonne aide dans la rédaction de son essai. Juliet l'écoutait attentivement, pendue à ses lèvres, heureuse de trouver un prétexte pour pouvoir le regarder et non le faire à la dérobée comme quelques minutes plus tôt.

— Je peux ? demanda-t-il en lui montrant sa plume pour lui noter un autre ouvrage qui pourrait l'aider.

Juliet acquiesça, de toute façon incapable de lui dire non. Sa main frôla la sienne et Cameron esquissa un léger sourire puis lui nota les références du livre en question.

— C'est ta matière préférée ? demanda Juliet tandis qu'il lui rendait sa plume.
— Je préfère de loin les défenses contre les forces du Mal, répondit-il, l'air songeur.

Repensant à ses mésaventures de la matinée concernant sa défaite cuisante face aux duels, les pensées déprimantes de Juliet frappèrent cette dernière de plein fouet et son visage s'assombrit. Elle allait devoir mettre les bouchées doubles pour pouvoir pallier à ses faiblesses et quelque chose lui disait que ça n'allait pas être facile cette année.

— Ça va ? lui demanda Lloyd tout à coup.
— Ouais, mentit-elle en gardant le regard fixé sur son livre.
— Tu vas y arriver, c'est facile quand on a toutes les infos, lui dit-il sincèrement jetant un coup d'œil au parchemin.

Juliet releva le regard vers lui et plongea son regard dans celui du Serpentard. Comment les gens pouvaient-ils le détester ? Il était si adorable en sa présence alors pourquoi les élèves le fuyaient comme la peste ? Juliet n'arrivait pas à croire que son petit commerce à lui seul pouvait être responsable de son isolement. Non, ça, elle ne pouvait pas le croire. Il y avait une lueur chaleureuse et terriblement intrigante dans son regard et la Gryffondor était incapable de croire que personne ne le voyait comme elle le voyait.

— Enfin.

Juliet et Cameron se détournèrent l'un de l'autre. Rose était là, en face d'eux, la respiration haletante et ses yeux faisaient l'aller-retour entre sa meilleure amie et le Serpentard. Elle serrait son sac contre elle en essayant de reprendre une respiration normale. Soudain, Lloyd ferma son propre livre d'un coup sec et esquissa un geste pour se lever quand Rose s'exclama :

— Non !

Cameron Lloyd s'interrompit dans son geste et attendit que Rose daigne lui donner une explication à son ordre.

— En fait, je te cherchais, Lloyd.

Celui-ci haussa les sourcils, surpris. Juliet quant à elle fixait Rose, commençant lentement à comprendre là où elle venait en venir.

— J'ai besoin de te parler en privé, précisa-t-elle en s'adressant à Cameron.

Rose enjoignit alors le geste à la parole en se levant et l'air décidé, elle attendit que le Serpentard fasse de même. Mais avant qu'il n'ait pu faire le moindre mouvement, Juliet l'attrapa par l'avant bras. Il n'était pas question que Rose utilise les services de Cameron pour se venger de Stephen Brown. Rose savait pertinemment que Juliet et Albus étaient opposés à ce qu'elle entreprenne de se venger de lui. Voilà pourquoi Rose avait voulu contacter Lloyd sans en parler avec ses amis.

Puis, voyant que Lloyd n'était pas prêt à bouger, sûrement troublé par la poigne de Juliet sur son bras, Rose se rassit.

— J'ai besoin de ton aide, dit Rose en s'efforçant de mettre un maximum de confiance dans sa voix.
— Pas ici, se contenta de répondre Cameron, le visage impassible.
— Pas ici ni ailleurs ! s'exclama Juliet en fixant Rose. Tu n'as pas le droit de faire ça...
— Ce ne sont pas tes affaires, Juliet, répliqua Rose d'un ton glacial.

Rose se retourna vers le Serpentard, ignorant Juliet qui paraissait ne pas en croire ses yeux. Cette dernière se tourna à son tour vers Cameron, prête à le convaincre de ne pas écouter sa meilleure amie. Elle agissait simplement sous le coup de la colère, et surtout Juliet ne voulait pas que Cameron soit le responsable d'un nouvel envoi à l'infirmerie. Elle l'observa plus attentivement, ses yeux étaient redevenus froids et distants, et le regard fixé sur Rose Weasley, Juliet crut y déceler une lueur qu'elle le connaissait pas, peut-être l'appel de la tâche inaccomplie.

— Je te ferai parvenir une heure et un endroit, lui dit-il sans ciller.

Juliet demeura bouche-bée alors que Cameron se levait à nouveau sans qu'elle ne le retienne encore une fois. Le cœur serré, elle le vit disparaître entre les rayonnages. Elle se retourna face à son devoir, les pensées en ébullition et tâchant de ne pas regarder Rose ; après tout, elle l'avait fait fuir et Rose pouvait maintenant comprendre à quel point il était difficile de tomber sur lui dans le château.

— Tu ne l'empêcheras pas de faire ce que je lui demande, lâcha Rose tout à coup.

Surprise, Juliet releva le regard vers elle. Rose la fixait, l'air déterminée mais aussi inquiète. Dans un geste nerveux, Juliet fit tourner sa plume entre ses doigts. Rose n'en avait pas fini.

— Arrête de te prendre la tête pour cette histoire qui ne concerne que moi et lui. Tu ne peux pas te mêler de son commerce, même si je ne comprends pas pourquoi vous avez l'air d'être ensemble.
— Ensemble ? répéta Juliet en fronçant les sourcils.
— Je vous ai vus juste avant que je m'assois ici. J'ai vu comment vous vous regardiez.

Sans voix, Juliet dévisagea Rose en train de tripoter la reliure de son livre d'histoire de la magie. Elle ne la regardait plus dans les yeux, ce qui signifiait que le sujet la gênait autant que Juliet. Cette dernière se mordit la lèvre, elle-même ne savait pas ce qu'elle ressentait vraiment pour Cameron Lloyd.

— Tu n'as rien vu du tout, murmura Juliet.

Rose ricana avant de baisser d'un ton en guettant l'arrivée de Mme Pince. Puis elle se pencha sur la table en posant ses avant-bras dessus, très sérieuse.

— Je m'inquiète pour toi, Juliet. Lloyd a sa réputation ici et toi tu... tu es tout le temps en train de le chercher quand on va manger dans la Grande Salle, tu gardes sa lettre comme marque page... Tu n'as jamais été comme ça avec Finch-Fletchey.
— C'est gentil de te faire du souci, mais tout va très bien, rétorqua Juliet, douchée. Tu m'excuseras mais j'ai des trucs urgents à régler.

Juliet mit précipitamment ses affaires dans son sac et laissa Rose plantée seule à la table de la bibliothèque. Elle était bien décidée à empêcher Cameron Lloyd d'obéir à Rose. Certes, les élèves de l'école devaient faire appel à lui sans qu'elle n'en ait aucune idée, mais Juliet ne pouvait décemment pas laisser une telle chose se produire sous ses propres yeux. Elle était témoin, dans ce cas précis. Cameron Lloyd n'aiderait pas Rose à se venger de son ex-petit ami.

Une fois sortie de la bibliothèque cependant, elle n'eut aucune idée de l'endroit où il avait pu partir. Juliet n'était jamais clairement partie à sa recherche mais maintenant qu'elle se retrouvait sous le fait accompli, elle se retrouva dans le couloir, sans indice, comme elle le serait face à une copie de métamorphose où elle n'avait rien appris. Néanmoins, elle prit la décision de descendre les étages et de se rendre sur un terrain miné : les cachots.

Quand elle quitta la quiétude des couloirs et pièces chaleureuses des étages, elle dut avouer qu'elle ne se sentit pas dans son élément. Ayant abandonné les potions, Juliet n'avait plus aucune raison de se rendre dans ses labyrinthes sous-terrains qu'étaient les cachots sombres et humides de Poudlard. Juliet passa devant une ancienne salle de classe quand elle se demanda vaguement jusqu'où elle allait s'arrêter.

Trois ans plus tôt, James et Fred lui avaient montré l'entrée menant à la salle commune des Serpentard, mais elle n'y était pas retournée depuis. On entendait régulièrement les histoires de certains pièges que les Serpentard tendaient aux autres élèves quand ils s'approchaient d'un peu trop près. Juliet hésita à sortir sa baguette magique : si on la voyait brandir sa baguette à chaque tournant de couloir, elle aurait l'air bien ridicule.

Cela faisait bien un quart d'heure que Juliet avait entrepris de retrouver cette salle commune qu'elle se rendit compte d'un phénomène très étrange : ce n'était pas la première fois qu'elle passait devant cette gravure en forme de V sur le mur de pierre. Juliet se frappa le front du dos de sa main. Elle avait tourné en rond. Elle continua néanmoins sa marche quand elle repassa devant cette drôle de marque. C'était certain, elle était perdue.

Exaspérée, Juliet se plaqua contre le maudit mur et se prit la tête entre les mains, elle aurait mieux fait de chercher Cameron dans les étages avant de s'engouffrer dans l'inconnu. Puis bizarrement, elle se mit en colère contre lui, s'il n'était pas aussi secret et solitaire, elle n'aurait pas eu à venir ici. Sortant sa baguette, Juliet marmonna des menaces incompréhensibles à l'encontre des Serpentard et donna des petits coups du poignet dans le vide, juste pour passer son excès de rage.

Juliet regarda d'un œil vague la poussière se soulever en petits amas pour être éjectés quelques mètres plus loin. Il était exclu qu'elle se mette à hurler pour qu'un Serpentard lui vienne en aide. Elle avait sa fierté, tout de même. En revanche, Juliet espéra secrètement que ce soit Andrea qui la découvre ici. Elle éviterait alors les moqueries des Serpentard, se contentant de celles de sa sœur de retour dans la famille.

Soudain, un éclat de rire retentit à l'autre bout du couloir et Juliet redressa subitement la tête, surprise. C'était Scorpius Malefoy qui pouffait, ses cheveux blonds platine d'ordinaire bien coiffés maintenant en pagaille. Juliet tenta de se remémorer Malefoy riant à gorge déployée ; elle n'y arriva pas.

— Qu'est-ce-qui est drôle, Malefoy ? demanda Juliet en le menaçant de sa baguette.
— Ça fait combien de temps qui tu es dans de couloir ? la questionna-t-il après s'être calmé.
— Vingt minutes, supposa Juliet en se demandant vaguement pourquoi il lui posait la question. Pourquoi ?
— Tu te trouves actuellement dans le couloir sans fin. Il est maudit pour tous les élèves qui ne sont pas Serpentard. Tu es donc condamnée à tourner en rond jusqu'à...
— QUOI ?
— Ne t'énerve pas ! s'exclama Scorpius en mettant ses mains devant lui comme pour se protéger. Je disais donc que tu étais condamnée à tourner en rond jusqu'à ce qu'un Serpentard arrive, ça rompt le maléfice. Donc tu es chanceuse aujourd'hui, personne ne passe par là en général, moi je viens juste pour le silence.

Juliet le contemplait avec un regard affolé. S'il n'était pas arrivé, elle serait coincée dans ce maudit couloir des cachots. Hors d'elle, Juliet se retint de ne pas déverser un flot d'insultes à l'intention des vicieux Serpentard qui avaient mis en place ce maléfice. Quoiqu'il en soit, Juliet s'empressa de suivre Malefoy quand celui-ci tourna les talons. Quand la Gryffondor le rattrapa, Scorpius Malefoy vit avec soulagement qu'elle avait rangé sa baguette. Un peu plus et il aurait été la victime d'un sortilège raté. Mieux valait ne pas la chercher pour rester entier.

— Alors, tu faisais quoi dans les profondeurs des cachots ?
— Je cherchais Cameron Lloyd, murmura Juliet tandis qu'ils remontaient une volée d'escaliers.
— Ah, fit Malefoy comme si la réponse de la Gryffondor voulait tout dire.
— Tu ne saurais pas où il se trouve, par hasard ?
— Pas vraiment, répondit-il en haussant les épaules. Honnêtement, je crois que tu le vois plus que n'importe quel Serpentard. Parfois, je me demande comment on peut être cousins.

Juliet s'arrêta, surprise. Scorpius Malefoy était le cousin de Cameron Lloyd ? Malefoy se stoppa à son tour et se retourna vers la Gryffondor. Penchant légèrement la tête, il se demandait comment elle ne pouvait pas le savoir.

— Nos mères sont sœurs, précisa Malefoy. Quand ma tante Daphné était encore avec Aaron, on...
— Attends, l'interrompit Juliet, complètement perdue. Qui est Aaron ?
— Ton professeur de métamorphose ? répondit Malefoy comme si Juliet devait le savoir. Bref, ils ont divorcé quand j'étais en première année, quand Maisie est entrée à Poudlard. Depuis, on n'a plus revu Maisie et Cameron aux réunions familiales. Si tu veux mon avis, Daphné a bien fait de le quitter, le professeur Lloyd a beau être très populaire à Poudlard, c'est un autre homme dans la vie privée. Il m'a toujours donné des frissons dans le dos.
— Tu crois qu'il cache quelque chose ?
— Oh oui. Quand on allait chez eux il y a des années, il y avait toujours le bureau d'Aaron que personne ne devait approcher. Une fois, Cameron et moi - oui, ne me regarde pas comme ça, on s'entendait bien quand on était gamins -, on a cherché à entrer et Aaron nous a découvert. Il est entré dans une colère noire. Si tante Daphné n'était pas arrivée à ce moment, je ne sais pas ce qu'il nous aurait fait. Mes parents ne m'ont plus jamais laissé aller là-bas tout seul.

Juliet frissonna. Leur professeur de métamorphose semblait bien cacher son jeu si Malefoy disait vrai. Mais après tout, pourquoi mentirait-il ? Malefoy n'était pas le pire des Serpentard dans ce château, elle pouvait faire confiance à ce qu'il disait. Même le père de Juliet ne leur cachait rien à Andrea et elle : son bureau était ouvert à tous, à condition que personne ne mettre le bazar dans ses papiers. Cependant, Juliet devait avouer qu'elle était piquée par la curiosité. Ainsi, Scorpius Malefoy se méfiait de son bel oncle. C'était curieux.

— Hardy, promets-moi que tu ne raconteras ça à personne, dit Scorpius, l'air inquiet tout à coup. Je me méfie des Lloyd, sérieusement.

Stupéfaite, Juliet ne répondit rien. Malefoy enchaîna :

— Cameron a l'air d'être le plus menaçant, surtout avec ses activités mais je crois bien que c'est Maisie qui m'inquiète le plus. Elle a changé en quelques années. Bien sûr, je te dis ça à titre d'information, hein ?!

Le mystère de la famille Lloyd intrigua alors énormément Juliet. Il y avait tellement autour de secrets autour d'eux et pourtant ils étaient exposés avec un père qui était enseignant. Tout ce que Malefoy venait de lui raconter plongeait la Gryffondor dans un état de profonde curiosité. Cameron n'était pas le seul à être mystérieux, mais sa sœur et son père également. Au bout de quelques secondes, Juliet ouvrit la bouche pour poser une nouvelle question à Scorpius quand elle interrompit son geste.

Une ouverture venait d'apparaître dans le mur un peu plus loin et Andrea en sortit, l'air pressée. Elle ne les remarqua pas tout de suite mais Malefoy lui fit un signe de la main. Andrea sourit en les rejoignant.

— Quelle surprise, Juliet, la salua-t-elle. Scorpius, je t'attendais depuis cinq minutes déjà, où tu étais passé ?
— Ta sœur s'était perdue, répondit simplement Malefoy.
— Ouais, enfin, si vous ne passiez pas votre temps à barder les couloirs de maléfices, ça ne serait jamais arrivé, bougonna Juliet, les pensées encore tournées vers les révélations de Scorpius.
— Vous parliez de quoi ? demanda Andrea, un air curieux au visage.
De rien !

Juliet et Malefoy avaient répondu en même temps. Ils se regardèrent et éclatèrent de rire sous le regard peu amène d'Andrea.

— Bande de gamins...