Juliette,
J'ai tellement de choses à te raconter que je ne sais pas par où commencer. Vivement les prochaines vacances que je te fasse un topo de tout ce qui se passe à Beauxbâtons. L'académie est tellement différente de Poudlard que j'ai encore du mal à m'y habituer. Le simple fait de rentrer tous les soirs à la maison est déjà déconcertant pour tout t'avouer. Et tout le monde parle au moins trois langues étrangères ! Oui, rappelle toi, seuls ceux qui n'habitent pas à proximité du château ont droit à une chambre sur place. Honnêtement, ça ne me dérange pas, je fais une coupure en rentrant, parce que comme tu peux l'imaginer, Valentine est une peste et elle n'a pas très bien pris le fait que j'empiète sur son terrain. Comment peut-elle être notre cousine pour être aussi odieuse ?
Il faudra que je te raconte les coups bas qu'elle fait à ceux qui se mettent en travers de son chemin. Vous, les Gryffondor, vous vous plaigniez de la soit disant guerre avec Serpentard, mais elle est bien pire que nos deux maisons réunies. Et ce n'est pas Damien qui l'en empêche.
Sinon, j'ai un peu le mal du pays, je l'admets. Vous me manquez tous. J'espère que tu vas bien et que tu ne prends pas de risques avec ton petit ami secret (Lloyd, vraiment ?).
Oh, et avant que j'oublie, ai-je raté cette nouvelle aussi ? A propos de papa et Gabrielle Delacour ? Dès que j'en ai parlé à papa, il s'est empressé de me répondre que ça ne me regardait pas. Tu étais au courant ?
Donne-moi vite de tes nouvelles,
Je t'embrasse,
Andrea H.
Un sourire étendit les lèvres de Juliet. Cela faisait maintenant une semaine qu'elle avait guetté avec appréhension l'arrivée du courrier pendant le petit-déjeuner. Et enfin, aujourd'hui, elle avait reçu des nouvelles d'Andrea. Au fil des jours qui passaient, Juliet avait ressenti de la frustration, pensant qu'elle ne représentait pas quelqu'un d'assez important pour sa sœur. Mais plus elle y avait réfléchit, et plus elle s'était rendue à l'évidence que changer d'école de magie au bout de cinq ans n'était pas un phénomène courant parmi les sorciers, et Andrea avait très probablement eu besoin de s'acclimater à son nouvel environnement avant de donner des nouvelles.
— Alors, elle va bien ? demanda Rose après avoir beurré son toast.
Juliet acquiesça. Elle éprouva même un certain contentement en apprenant que Rose se souciait d'Andrea. Pour elle ne savait quelle raison, Rose n'avait jamais apprécié sa sœur. Et il suffisait que cette dernière s'en aille pour que sa meilleure amie cesse de se tendre inexplicablement à chaque fois que leur sujet de conversation tournait autour des Serpentard, et d'Andrea en particulier. Il y avait également la culpabilité que Rose ressentait pour ne pas avoir prêté attention à Andrea le jour de sa disparition. A sa place, Juliet aurait éprouvé exactement la même chose, et elle ne pouvait pas blâmer Rose.
L'enquête quant au coupable n'avait toujours pas avancé de son côté. Ian Scott était très dynamique, on le voyait partout à Poudlard, il prenait des notes lors des trois repas de la journée, planté à l'entrée de la Grande Salle, il scrutait les élèves pendant les inter-cours et parfois, il embarquait quelqu'un pour l'interroger. Mais ses activités et interrogatoires n'étaient connus de personne et on ne savait pas très bien ce qu'il pensait de cette affaire. Juliet avait eu l'occasion de lui parler, quand il avait vérifié sa baguette magique, par simple précaution, et il lui avait parut plutôt sympathique, même s'il mettait un temps à répondre, comme si chacune de ses paroles était étudiée avec soin.
Ce n'était donc pas surprenant que Ian Scott était encore en train de griffonner sans discontinuer sur son calepin ce matin là. Juliet l'observa encore quelques instants avant de ranger la lettre d'Andrea, rassurée. A côté d'elle, Albus relisait l'un de ses devoirs qu'il devait rendre dans le courant de la journée. Il était tellement surchargé de travail que Rose et elle se demandaient comment il pouvait bien gérer toutes ses obligations. Juliet l'admirait pour sa motivation, elle qui pataugeait dans ses cours et était à deux doigts d'abandonner tous ses efforts.
— Après l'entraînement de ce soir, on travaille sur le devoir de botanique ? proposa Juliet à Rose qui buvait son chocolat chaud.
— Oui, ne traîne pas, hein ? J'ai trop de sommeil à rattraper, je pense me coucher de bonne heure ce soir...
Mais Juliet ne l'écoutait plus. La silhouette élancée de Cameron Lloyd venait de passer les portes de la Grande Salle, près de Scott qui le suivit des yeux au passage. Juliet se leva immédiatement, ne faisant pas attention à Rose qui lui demandait ce qui lui prenait. Il n'était pas question qu'elle le laisse filer une énième fois. Juliet en avait plus qu'assez de le suivre et pour une raison obscure, Cameron l'évitait. Ils ne s'étaient pas parlé depuis le matin où on avait annoncé la disparition d'Andrea, et depuis ce moment, le Serpentard s'était appliqué à la fuir.
L'inévitable se produisit une nouvelle fois quand Cameron remarqua Juliet qui s'était levée et remontait la table des Gryffondor à grands pas : il s'empressa de faire demi-tour et une fois passées les portes, il fut hors de portée de vue de Juliet. La Gryffondor se retint de jurer quand elle débarqua, furieuse, dans le Hall d'entrée. C'était la même chose depuis une semaine. Mais Juliet n'était pas prête d'abandonner aussi facilement. Il la connaissait très mal.
— C'était flagrant ce matin, remarqua Albus en arrivant à ses côtés. Il se prive de venir prendre son petit-déjeuner pour te fuir, c'est de la détermination pure.
Elle avait tout essayé pour le coincer : l'intercepter à la fin d'un de ses cours, le chercher dans les cuisines quand il ne se présentait pas aux horaires des repas, et même tenter de suivre Maisie dans l'espoir qu'elle le mènerait à lui. Mais voilà, Cameron semblait être le roi de la fuite. Il trouvait toujours le moyen de se fondre dans la masse pour disparaître et il ne semblait pas avoir de contact avec sa sœur du tout, ce que Juliet trouva bizarre. Néanmoins, elle n'abandonnait pas ses efforts et sa volonté de lui parler et de le voir était beaucoup trop forte pour qu'elle le laisse filer encore très longtemps.
Juliet accompagna Albus et Rose à la volière, se demandant ce qui clochait chez elle. Puis elle repensa à ce qu'Albus lui avait dit. Elle essaya de se souvenir si elle lui avait fait quelque chose qui aurait pu justifier le comportement de Cameron. Aurait-il pris peur quand elle lui avait confié vouloir passer du temps avec lui, qu'elle se fichait de ce que pensaient les autres tant qu'elle était avec lui ? Non, ce n'était pas possible. Il n'avait pas l'air de l'avoir mal pris en se réveillant le lendemain matin.
— Mais oui ! s'exclama Juliet à haute voix en se souvenant.
Albus se tourna vers elle alors qu'il attachait sa lettre à l'une des chouettes de l'école. Juliet se traita d'idiote pour la seconde fois de la matinée. Cameron avait pourtant été clair ce soir là. Il l'avait prévenue. Il avait insisté pour qu'elle le laisse tomber et qu'elle l'oublie. Tout s'éclairait dans son esprit. Aaron et Maisie Lloyd s'en étaient pris à elle, et Cameron avait voulu la tenir à l'écart. Cameron Lloyd était-il en train de l'éviter pour ne pas lui attirer de problèmes ? Et quels problèmes. Si les secrets de la famille Lloyd avaient un lien avec l'amnésie d'Andrea, elle était enfoncée dans les ennuis jusqu'au cou : l'idée de s'écarter du Serpentard la déprimait, quoi que soit sa part de responsabilité auprès d'Aaron et de Maisie.
Prise d'un éclair de génie, Juliet jeta un coup d'oeil à sa montre. Il leur restait une petite demi-heure avant leur premier cours de la journée. Prête à tout pour débusquer Cameron Lloyd, elle laissa Rose et Albus en plan et leur donna rendez-vous dans leur salle de sortilèges. A cette heure-ci, les gens devaient être en train de prendre leur petit déjeuner. Cependant, ce n'était pas le genre de James Potter de manger très tôt.
— Omelette au fromage, marmonna Juliet à la Grosse Dame, essoufflée par sa course effrénée.
Juliet fit irruption dans la salle commune bondée et attira quelques regards de curieux. Elle n'y prêta pas attention, cherchant une tignasse brune en bataille ou un rire caractéristique à la James. Elle fit rapidement le tour de la pièce où il y avait tellement de monde qu'elle se demandait comment ils arrivaient à s'entendre, sans trace de son ami. Prête à tout pour trouver le Serpentard, Juliet se dirigea d'un pas décidé vers le dortoir des garçons, ignorant royalement les exclamations provenant de la salle commune. « Cette porte, c'est le dortoir d'Al... », se souvint-elle tandis qu'elle recherchait activement le dortoir de James.
— Hé ! s'écria un cinquième année, torse nu, quand Juliet ouvrit la porte de son dortoir à la volée.
— Oups, désolée !
Les joues légèrement rosées, Juliet s'empressa de refermer la porte derrière elle et continua son inspection jusqu'à la dernière porte, espérant enfin tomber sur le dortoir des septième années. Et cette fois ne la déçut pas, elle fit face à Troy Macmillan qui s'apprêtait à sortir. Un instant choqué d'avoir presque foncé dans la petite brune, il prit vite un air suspicieux.
— Hardy ! Qu'est-ce-que tu fais ici ?
— Il faut que je parle à James, répondit Juliet en essayant de se faufiler entre lui et l'encadrement de la porte.
— C'est pas pour vous disputer, hein ? s'assura Macmillan, inquiet tout à coup.
— Pas aujourd'hui.
— Fais pas attention au bordel, Fred était de corvée ce weekend.
Macmillan la laissa enfin passer dans le bazar sans nom que constituait le dortoir des garçons de septième années. Un simple oubli de corvée ne pouvait pas justifier un dortoir dans cet état. Il lui fallut quelques secondes pour se dire que oui, tant de désordre était possible : les lits étaient bien entendu défaits, deux des cinq lits à baldaquin de la pièce n'avaient plus de rideaux, et c'était sans parler du plancher jonché d'objets en tous genres qui allaient des bouteilles vides de Whiskey pur-feu -Juliet haussa un sourcil- jusqu'aux vêtements et livres abandonnés à même le sol. Ayant une petite pensée pour les affaires bien ordonnées d'Albus, Juliet fit un pas en avant et roula sur une baguette magique.
Juliet jura, étendue dans les décombres qui lui arrachèrent un nouveau juron quand elle se vit offrir la vue sous le lit le plus proche. Dégoûtée, elle vit une main apparaître dans son champ de vision. C'était un ami de James et Fred, une cigarette coincée entre ses lèvres, il ne pouvait s'empêcher de rire de la position de la sixième année. Juliet se redressa tant bien que de mal grâce à l'aide du septième année qui retourna fumer, assis sur le rebord de la fenêtre, toujours secoué d'un rire silencieux.
— C'est con, t'as paumé ma baguette là dessous, lui dit-il regardant le lit et son tas de déchets. — Si elle ne traînait pas par-terre, ça ne serait jamais arrivé. Où est James ? Ne me dis pas qu'il est déjà descendu…
Le septième année lui désigna la porte de la salle de bains d'un signe de tête. Se détournant du spectacle qui s'offrait à elle, Juliet garda son objectif bien en vue et évita tous les obstacles jusqu'à la porte de la salle de bains. Puis elle frappa comme une démente à la porte, pressée d'en finir avec ces bordéliques de septième année. Néanmoins, quelque chose lui disait qu'elle n'en aurait pas fini de sitôt en entendant Fred Weasley chanter couvrant l'eau qui coulait.
— James, sors d'ici ! C'est urgent j'ai besoin de ton aide ! JAMES POTTER ! Ça leur prend souvent de se laver à cette heure là ? C'est bientôt le début des cours !
— Ils sont tombés sur Peeves en descendant à la Grande Salle, répondit le garçon au bord de la fenêtre. Et encore, ils n'ont rien reçu comparé à Melinda, elle avait plein de trucs collants dans les cheveux. Dégueu', si tu veux mon avis.
Encore plus dégoûtée qu'une minute auparavant, Juliet se remit à tambouriner à la porte sans discontinuer quand celle-ci s'ouvrit enfin. Juliet se força à ne pas se déconcentrer de la raison pour laquelle elle se trouvait dans cette situation. Plus vite elle sortirait d'ici et plus vite elle rejoindrait Cameron. James se tenait devant elle, seulement vêtu d'une serviette de bains à la taille, et bien qu'elle soit habituée à le voir se changer dans les vestiaires de Quidditch, elle ne put s'empêcher de remarquer à quel point James était attirant. Audrey Collins était chanceuse. Très chanceuse.
Puis elle se retint de se frapper la tête contre le mur. « Juliet, tu es en train de mater James ! », s'alarma-t-elle. Pour rendre la situation encore plus gênante, l'ami de James se mit à siffler d'un air appréciateur. Mais James, heureusement, ne remarqua pas le trouble de Juliet et ignora les sifflements de son camarade.
— Quoi, quoi, QUOI ? fit-il en prenant une voix nasillarde.
— Tu ne peux pas être sérieux deux minutes ? On a effacé la mémoire d'Andrea, tu crois que c'est drôle ?
Enervée contre lui pour elle ne savait quelle raison, tout ce qu'elle voulait était d'enfin sortir de cet enfer. Et inconsciemment, cette affaire d'agression d'Andrea devait lui porter sur les nerfs.
— J'ai besoin de ta carte. S'il-te-plaît, ajouta-t-elle subitement.
James passa une main dans ses cheveux encore trempés et dégoulinant sur lui, encore déconcerté par le changement de ton de Juliet. Sa colère contre lui le laissa même plus stupéfait que le fait qu'elle soit au courant pour la carte des Maraudeurs.
— Comment tu... hésita-t-il, son air moqueur définitivement envolé.
— Je le sais, c'est tout. S'il-te-plaît, James, juste pour aujourd'hui, je te la rends dès ce soir, l'implora-t-elle d'une voix aux accents désespérés.
James la poussa doucement sur le côté pour entrer dans le dortoir, et après avoir murmuré un « ah » contrit, il chercha du regard où il pouvait avoir bien laissé la fameuse carte. Fred l'avait utilisée le matin même pour suivre son ex-petite amie et il ne l'avait pas revue depuis. Ne sachant pas où chercher, il tâtonna l'endroit où aurait du se trouver sa baguette magique puis se rappela qu'avec ce qui le recouvrait, il ne risquait pas de l'avoir sur lui. Il se retourna vers une Juliet gênée avec ses bras croisés sous sa poitrine, n'ayant aucune idée de l'endroit où se trouvait sa baguette.
— Appelle-la.
— Qui donc ? s'étonna Juliet.
— La carte, Juliet, la carte, répondit James d'un ton blasé.
— Accio carte des Maraudeurs ! lança-t-elle après avoir sorti sa baguette.
Rien ne se produisit, pas même un bruissement parmi toutes les affaires entreposées sur le sol. Juliet haussa un sourcil interrogateur en direction du septième année qui se contenta de marmonner que la carte était pourtant bel et bien dans la pièce. James entreprit alors ses recherches, bien que Juliet ne sache pas s'il cherchait sa propre baguette ou la carte des Maraudeurs. Et il n'était pas question qu'elle touche au moindre objet dans cette pièce. Sa patience avait des limites et Fred qui chantait faux l'une de ses chansons préférées des WWW lui tapait sur le système.
— Par Merlin, James, va t'habiller ou garde cette serviette ! s'exclamait la sixième année en détournant le regard, une dizaine de minutes plus tard.
— Tu veux la carte oui ou non ? répliquait James, un paquet de Dragées Surprises de Bertie Crochue à la main.
Juliet était à deux doigts de shooter dans tout ce qu'elle pouvait trouver sur le sol. C'était complètement ridicule. Les cours n'allaient pas tarder à commencer et elle se retrouvait à quatre pattes dans le dortoir des garçons à tenir entre ses doigts des caleçons à l'aspect douteux. Fred avait fini par sortir de la douche, et habillé de son côté, il s'était mit à aider Juliet et James, avec la présence de leur camarade de dortoir qui fumait tranquillement en observant le paysage des montagnes environnantes. De son côté, Juliet était au bord de la crise de nerf et si elle n'arrivait pas à voir Cameron à la fin de cette journée, elle irait rechercher l'une de leurs bouteilles de Whiskey Pur-Feu pour oublier ses malheurs.
— J'étais pourtant certain de te l'avoir rendue, marmonna Fred en levant pour la vingtième fois sa baguette magique. Accio carte !
— C'est pas possible ! s'exaspéra James en jetant dans les airs un nouveau paquet de friandises. Elle n'a pas quitté le dortoir, cette maudite carte est forcément dans les parages !
— Je vous préviens, il n'est pas question que j'aille chercher dans votre salle de bain, dit Juliet en osant à peine imaginer l'état de la pièce.
— On peut aller y faire un tour tous les deux si tu veux, répondit Fred avec un clin d'œil suggestif.
Juliet le fusilla du regard en mettant le plus d'espace possible entre Fred et elle, préférant aller voir du côté de James si elle ne pouvait pas repérer un morceau de parchemin. Une minute plus tard, James trouva enfin sa baguette magique avec une exclamation victorieuse quand Juliet se stoppa dans ses recherches, le regard fixé sur un vieux morceau de parchemin. Elle n'y croyait plus, aussi elle se sentit incapable de pouvoir sortir le moindre mot. A la place, elle désigna d'un doigt tremblant la carte sur laquelle était assis l'ami de James et Fred. A un mètre d'elle, James suivit du regard la destination qu'elle montrait, interloqué qu'elle montre le derrière de Carlton.
— Carl, t'es assis sur quoi là ? demanda-t-il calmement, même si à l'intérieur, il bouillonnait.
Le dit Carlton leva sa tête blonde sale vers James, étonné qu'il soit devenu aussi subitement le centre d'attention de Juliet, James et Fred. Il se leva finalement, libérant enfin la carte des Maraudeurs qui fila droit sur Fred. Juliet n'en croyait pas ses yeux d'avoir face à elle un garçon pareil. Déjà, il perdait sa baguette en la laissant traîner, mais en plus, ils les laissait chercher pendant un quart d'heure un objet sur lequel il était assis. En la regardant plus attentivement, Carlton sembla finalement réaliser quelque chose :
— Eh mais attends, tu serais pas la sœur de celle qu'est partie la semaine dernière ?
Fred leva les yeux au ciel et rejoignit Juliet, qui trop choquée pour avoir bougé entre temps, prit d'un air absent la carte qu'il lui donnait.
— Il serait pas un peu... lent d'esprit ? lui demanda Juliet, ahurie.
— Ouais, il a toujours été comme ça, confirma Fred, affligé de son côté. Mais on se marre bien avec lui.
— Je vois ça, murmura Juliet en jetant un dernier coup d'œil aux alentours.
James secouait lentement la tête de droite à gauche, se demandant comment ils avaient fait pour ne pas avoir perdu patience face à Carlton. Il était complètement dans les nuages la plupart du temps, et ajouté au fait que ce qu'il fumait n'était pas toujours légal, certains jours se révélaient être très difficiles pour ses camarades qui essayaient de le couvrir. James soupira en détournant enfin son attention de Carlton et s'apprêtait à adresser la parole à Juliet, au moins pour lui dire comment effacer la carte lorsqu'elle aurait fini de l'utiliser, mais son amie n'était plus là.
— Elle sait l'utiliser au moins ? lui fit remarquer Fred en se jetant sur son lit.
Mais James l'écoutait à peine, il s'était précipité sur la porte du dortoir pour la rattraper. La carte des Maraudeurs était bien trop précieuse pour que Juliet se fasse avoir avec et n'ait pas le temps de la cacher aux yeux des professeurs ou des yeux trop curieux. Il sauta les marches quatre à quatre et déboucha finalement dans la salle commune.
— Juliet, attends ! s'écria-t-il en la voyant disparaître par l'ouverture du portrait.
Les regards se tournèrent vers lui et à la réflexion, James remarqua qu'il y avait plus de monde que d'habitude chez les Gryffondor. Pas très loin de lui, il reconnut la fille du dortoir de Rose et Juliet qui donnait de l'argent à son pote avec réticence et une fille se mit même à rire en plaquant une main sur sa bouche. Avec horreur, James se rappela de sa tenue très légère dans laquelle il se trouvait. Ce n'était absolument pas le genre de spectacle qu'il aimait donner.
— Nom d'un Scroutt.
Une surprise de taille attendait pourtant les Gryffondor et Serdaigle à leur dernier cours de la journée, celui de métamorphose. Juliet avait eu beaucoup de mal à se concentrer, et plus particulièrement dans ce cours tenu par Aaron Lloyd en personne. Depuis l'épisode de l'infirmerie dans lequel le quadragénaire avait complètement aveuglé Andrea par sa bonté, il avait été continué à être aussi sec envers Juliet dans la semaine qui avait suivi. Il se comportait avec elle comme si elle était un cas irrécupérable et ne cessait de vanter les exploits magiques dont Andrea était capable. Son attitude n'avait échappé à personne, mais on la mettait sur le compte du fameux « tu prends du bon temps avec son fils dans les placards à balais de l'école ».
La sixième année en venait parfois à se demander si elle ne devenait pas folle et qu'elle se faisait des idées.
— Juliet, concentre-toi, la réprimanda Rose. Tu ne voudrais pas encore lui donner une raison de nous enlever des points ?!
Rose attendit patiemment que Juliet se concentre sur le sort qu'elle devait lancer en ignorant les bavardages tout autour d'elles. La partie pratique était toujours légèrement plus bruyante que la partie théorique du professeur. Pour l'instant, ils étaient chargés de s'entraîner par binôme pendant que Lloyd passait dans les rangs pour donner des conseils ou pour le seul cas de son amie, l'enfoncer. Rose s'efforça alors de la conseiller du mieux qu'elle pouvait tant que son professeur faisait lentement, mais sûrement, le tour de la classe. Rose vit avec dépit quelques minutes plus tard que le professeur était arrivé près d'elles et que Juliet n'avait toujours pas réussi à lancer convenablement ce maudit sortilège.
— Mr Lloyd !
Les deux amies se tournèrent dans un mouvement vers le devant de la classe où Ian Scott, l'auror chargé de l'enquête, se tenait dans l'encadrement de la porte. Aaron Lloyd fronça les sourcils, paraissant de mauvaise humeur face à l'intervention inopportune dans son cours.
— Votre présence ainsi que celle de vos élèves est demandée immédiatement dans la Grande Salle.
— S'agit-il de... commença le professeur de métamorphose.
— Oui, c'est bien ce dont il s'agit, le coupa Scott après un bref regard vers Juliet.
Et il disparut, laissant place à un brouhaha dans la classe que même Aaron Lloyd n'arriva pas à arrêter. Tous les élèves parmi les Gryffondor et les Serdaigle de sixième année s'empressèrent de ranger leurs affaires pour se rendre dans la Grande Salle, sous les directives de leur professeur qui tentait vainement de leur imposer le silence. Un grand rassemblement ne pouvait signifier qu'une chose et vu l'air déterminé de Scott, il y avait de bonnes chances pour que le coupable ait été enfin démasqué.
Juliet était dans un état second, elle suivait Rose sans faire attention où elle marchait, partageant à peine l'excitation des autres à l'idée de découvrir le coupable. Elle était déçue. Cette déception était due au fait que l'auteur du crime ne pouvait être Aaron Lloyd, qui de toute évidence n'avait pas été considéré comme tel par Scott. Elle s'était lourdement trompée, et son état mental l'inquiéta de plus en plus. Pourtant, ce n'était pas dans l'ordre de ses préoccupations, elle appréhendait de connaître l'identité de celui qui avait effacé la mémoire de sa sœur.
Quand Albus débarqua à ses côtés alors qu'ils descendaient les escaliers mobiles et à la vue de son regard troublé : elle sut qu'il pensait à la même chose qu'elle. Si Aaron Lloyd n'était pas suspecté, qui pouvait l'être ?
A deux pas de la Grande Salle, ils se retrouvèrent mélangés avec tous les autres élèves, eux aussi appelés à rejoindre le rassemblement. Juliet se sentait fébrile. Tout un tas de scénarios s'imposèrent à son esprit dans lesquels Cameron Lloyd avait été nommé grand coupable. Cependant, en entrant dans la Grande Salle, bien trop bruyante et en effervescence, Juliet remarqua tout de suite le Serpentard dans un coin de la pièce, observant avec attention le professeur Flitwick. C'était le moment où jamais, Juliet allait aller le rejoindre et il n'aurait pas l'occasion de s'enfuir, révélation du coupable ou non.
Mais alors que Juliet avait parcourut trois mètres dans la direction de la table des Serpentard, on la retint fermement par l'épaule pour la rediriger vers sa propre table. La poigne étant forte, elle se doutait qu'il ne s'agissait pas de Rose qui la forçait à les suivre. Telle ne fut pas sa surprise quand elle croisa le regard de Aaron Lloyd, froid et sûr de lui.
— Par là, Hardy.
Juliet fronça les sourcils en rattrapant Rose et Albus au milieu de la table des Gryffondor. Tout ceci ne prouvait qu'une chose aux yeux de Juliet : son professeur l'avait dans le collimateur et il était décidé à l'éloigner de son fils. Elle se demanda vaguement si c'était lui qui avait obligé Cameron à l'éviter.
— Au moins tu ne t'es pas pris un nouveau vent par ton Roméo, remarqua Rose tandis que les élèves s'installaient autour des tables.
— Mon Roméo ?
Rose leva les yeux au ciel, exaspérée par le manque de culture moldue de son amie. Et en remarquant le regard interrogateur de son cousin, lui non plus n'avait pas compris l'allusion. Même si Rose aimait lire, livres moldus ou non, ce n'était pas le cas de ses amis, à son plus grand malheur.
— Roméo et Juliet, précisa Rose d'un ton de maître d'école. Un classique. C'est une belle histoire d'amour, pas la meilleure à mon goût, mais elle a réussi à me faire pleurer quand je l'ai lue.
— Laisse-moi deviner, se moqua Albus après avoir lancé un regard noir à la personne qui l'avait bousculé. Comme dans tous les contes moldus, ils ont fini par se marier et ont eu de nombreux enfants ?
— Pas du tout. Ils meurent tous les deux.
Rose ponctua sa réplique d'un regard appuyé en direction de Juliet qui la contemplait. Essayait-elle de lui faire passer un message ? Quoiqu'il en soit, elle oublia bien vite ce que Rose venait de raconter : la Grande Salle était pleine à craquer et Ian Scott venait d'arriver fermant les battants de la grande porte avec grand fracas. Le bruit occasionné fit taire toutes les conversations et tous les regards se tournèrent vers lui. Ensuite, le menton en l'air, Scott remonta l'allée centrale, prêtant peu d'attention à tous les regards de la pièce concentrés sur lui.
Du côté des Serpentard, Scorpius Malefoy, William Leighton, et leurs amis chuchotaient frénétiquement en lançant des regards réguliers à l'estrade professorale vers laquelle Scott se dirigeait. Avec un peu de tristesse, Juliet songea qu'il manquait décidément quelqu'un à leurs côtés, mais elle se détourna rapidement et son regard tomba cette fois sur Cameron Lloyd. Les bras croisés, il fixait son père sans s'en écarter. Mais ce dernier n'avait pas l'air de lui prêter attention : auprès des autres professeurs, il parlait avec Neville Londubat à voix basse.
Le cœur battant à tout rompre, Juliet se reporta sur Filius Flitwick qui, après avoir échangé quelques mots avec Ian Scott, se retourna vers l'assemblée. Il balaya la salle du regard, ses yeux s'arrêtant de temps à autre sur tel ou tel élève. Derrière lui, pas un professeur ne manquait. L'attente était bien trop longue.
— Chers étudiants de Poudlard, vous devez vous douter de la raison pour laquelle je vous ai tous réunis ici. Je tiens à m'excuser en premier lieu de vous avoir dérangé dans vos occupations. Or, j'ai une nouvelle de première importance à vous faire partager. Elle concerne votre ancienne camarade qui a quitté l'école suite à son agression. J'estime donc que tout le monde mérite ici de savoir ce qui s'est réellement passé. Pour que cela n'ait plus à se reproduire au sein de cet établissement.
Rose, Albus et Juliet échangèrent des regards surpris, et autour d'eux des murmures avaient repris face à l'intervention du directeur de l'école. Celui-ci fit une pause, laissant le temps à ses paroles de faire son chemin dans l'esprit de son auditoire. Il continua ensuite son discours tandis que derrière lui, Scott faisait quelques aller-retours au devant de la table des professeurs.
— Ce qui s'est produit est inexcusable. Laisser vos différents prendre le dessus n'est pas la solution. C'est pourquoi cette personne a été expulsée de l'école et vous vous rendrez compte d'un moment à l'autre de son identité.
Flitwick fit une nouvelle pause face aux interrogations des élèves face à lui. Ian Scott rejoignit alors le directeur au devant des élèves. Près de Albus, Rose et Juliet, Fred Weasley se leva et demanda d'une voix parfaitement nette qui se détachait des chuchotements :
— Et qui est le coupable ?
L'enquêteur sourit, guère perturbé par l'intervention du jeune homme métisse aux yeux clairs.
— Fiona Dixon a décidé d'effacer la mémoire d'Andrea Hardy après une dispute. Le sortilège Oubliettes a bien été lancé de sa baguette, il n'y a aucun doute.
Le brouhaha reprit de plus belle et la voix de Ian Scott fut noyée dans la masse. Juliet n'en revenait pas. Fiona Dixon. Fiona Dixon, une Serpentard de leur année. Elle n'aurait pas pu être plus choquée que ça. Elle se rappelait encore de la fille qui avait la réputation de tricher à tous ses examens. Les seules autres fois où elle entendait son nom, c'était parce qu'elle était associée à sa donneuse d'ordre : Maisie Lloyd. Le sang de Juliet se glaça dans ses veines. Le sbire de Maisie était coupable.
— Votre attention, s'il-vous-plaît ! couina la petite voix du professeur Flitwick en s'avançant aux côtés de Scott.
Le calme revint peu à peu pendant que, la gorge nouée, Juliet échangeait un regard inquiet avec Rose assise face à elle.
— En raison du départ de miss Hardy, son amie Maisie Lloyd a été promue au rang de Préfète, leur annonça-t-il en se tournant vers la table des Serpentard.
— Elles ne sont même pas amies, répliqua Albus à voix basse.
— Et vive l'impartialité, la fille d'un prof… remarqua James assis à côté de son frère.
Devenue livide, Juliet se figea sur son banc tandis que les discussions reprenaient dans la Grande Salle. Albus la prit par le poignet dans un geste rassurant mais Juliet le repoussa doucement et se leva, attirant de nombreux regards vers elle. Puis, comme dans un état second, elle se dirigea alors vers la table des professeurs.
— Vous pouvez sortir ! s'exclama alors le directeur en s'adressant à tous les élèves. Le dîner sera servi dans une heure !
Décidée à avoir le fin mot de l'histoire, Juliet arriva rapidement auprès de l'enquêteur alors que les professeurs essayaient de remettre de l'ordre dans la salle. Elle sentait les regards lui vriller le dos et les murmures parvenaient jusqu'à elle. Pourtant, elle s'en fichait. Le fait que Maisie Lloyd ait été nommée Préfète pour remplacer sa soeur lui avait insufflé une poussée d'adrénaline.
— Vous êtes sûr de ce que vous avancez ? l'attaqua-t-elle. Vous connaissez les raisons de leur dispute ? Comment vous pouvez être certain qu'elle n'a pas été contrainte de lui effacer la mémoire à cause de quelqu'un d'autre ?
A ce moment là, Juliet croisa le regard de Maisie Lloyd, rayonnante, quelques mètres plus loin, son nouvel insigne de préfète de Serpentard épinglé à sa poitrine. Juliet serra les poings.
— On se calme… Juliet ? l'intima Scott en mettant ses mains en avant. J'étais en France hier soir et nous…
— Je n'y crois pas ! s'exclama Scorpius Malefoy en débarquant à côté de la Gryffondor. Je vous ai dit hier que Fiona et Andrea ne s'étaient jamais disputées ou quoi que ce soit… Elles se supportaient ! Fiona Dixon n'aurait jamais été capable de jeter un tel sort !
Derrière eux, la moitié des élèves étaient sortis, mais la plupart étaient en train de jeter des coups d'oeil curieux au petit groupe que Juliet Hardy, Scorpius Malefoy et Ian Scott formaient. Des premières années les montraient même du doigt tandis que les professeurs Londubat et Lloyd les rejoignirent à leur tour.
— C'est une situation délicate, monsieur Malefoy, se défendit Ian Scott. Miss Dixon m'a tout avoué hier, le sortilège a bien été lancé de sa baguette. Andrea m'a confirmé elle-même qu'elle avait des problèmes avec ses camarades de dortoir.
— Des problèmes ? demanda Juliet, de plus en plus pâle.
— Elle n'a jamais été vraiment appréciée des autres filles de Serpentard, lui expliqua Scorpius d'un ton patient. Mais cela n'explique pas le comportement de Fiona, elle n'aurait jamais fait de mal à un doxy !
— Et elle ne pouvait même pas donner une réponse d'elle-même à un examen ! s'emporta Juliet. Tout le monde le sait, elle obéissait à tous les ordres de Maisie !
Aaron Lloyd la foudroya du regard, ce qui aurait suffi à la Gryffondor en temps normal pour la refroidir. Pourtant, elle sentait la colère monter peu à peu en elle. Tout comme Scorpius Malefoy, elle avait du mal à croire que Fiona Dixon ait été capable d'effacer la mémoire d'Andrea. Neville Londubat adressa un avertissement silencieux à la jeune fille.
— Je sais que vous êtes inquiète à propos de votre soeur, concéda Scott, désireux de rompre l'atmosphère tendue qui régnait. Mais vous ne pouvez pas lancer de telles accusations.
— Je n'accuse personne, répliqua Juliet qui s'enfonçait les ongles dans ses paumes. Je rapporte les faits, Dixon était incapable de prendre des décisions sans Maisie Lloyd. Et vous la nommez préfète ?
Scorpius acquiesça avec sévérité et le silence se fit encore plus tendu entre les deux élèves et les trois adultes. Le professeur de métamorphose croisa les bras en fixant Juliet et Malefoy tour à tour, ne prenant cependant pas la peine de défendre et démentir les accusations portées sur sa fille.
— Juliet, venez avec moi, lui dit alors Londubat en rompant le cercle qu'ils avaient formé.
— Je…
Incertaine d'en avoir terminé avec l'enquêteur et le silence étrange de Lloyd, Juliet se vit néanmoins contrainte de suivre son directeur de maison qui prenait déjà la direction de la sortie. Profondément agacée, Juliet traînait le pas à contrecoeur. Londubat restait son professeur préféré, mais elle avait tellement de questions au sujet de l'agression de sa soeur qu'elle lui en voulait de l'avoir entraînée en dehors de la Grande Salle alors qu'elle avait besoin de réponses. Une fois sortis de la Grande Salle, Londubat se tourna vers elle.
— Vos intentions partent d'un bon sentiment, mais l'enquête est close. Fiona Dixon a réellement effacé la mémoire d'Andrea. Elle n'a pas pu contrôler sa magie et elle a effacé bien plus qu'elle ne l'avait prévu… Il n'y a plus rien à faire.
— Mais…
— Peut-être que cela vous semble injuste, mais vous ne pouvez pas accuser quelqu'un sans preuve, la coupa-t-il, l'air indulgent néanmoins.
Ils étaient dans le Hall d'entrée. Non loin, un groupe de Gryffondor les regardaient mais ils étaient trop loin pour entendre quoi que ce soit. Se sentant plus que jamais incomprise, Juliet lança un regard noir à l'entrée des cachots comme si c'était la cause de tous ces problèmes. Puis elle reporta son attention sur Neville Londubat qui la regardait avec un sourire bienveillant.
— J'ai l'impression que quelque chose ne va pas, ici, à Poudlard, lui confia-t-elle à voix basse.
— C'est normal, après ce qu'il vient d'arriver.
Juliet détourna le regard, agacée. Il ne comprenait pas et il ne pouvait pas comprendre. Certes, elle ne pouvait pas « accuser » Maisie Lloyd, mais entre Fiona Dixon et cette dernière, pour Juliet, il n'y avait aucun doute : c'était Maisie Lloyd qui avait le plus de raisons d'en vouloir à Andrea.
— Tu devrais aller rejoindre tes amis, ils t'attendent, lui dit-il après quelques instants en désignant le bas des escaliers. Mais avant, souviens-toi que tu peux venir me voir si tu as un problème, d'accord ? Ou si tu as le moindre doute…
Juliet acquiesça rapidement et Neville lui adressa un dernier sourire rassurant avant qu'il ne s'éloigne. Profondément plongée dans ses pensées, la jeune fille rejoignit lentement le groupe de Gryffondor qui, sans surprise, discutaient vivement de la nouvelle. Quand elle débarqua aux côtés de Rose et de Troy Macmillan, tous les regards se tournèrent vers elle. Rose la prit dans ses bras, et surprise, Juliet n'eut pas le temps de rendre son étreinte que son amie s'écarta d'elle pour mieux la regarder.
— Tu vas bien ? lui demanda Macmillan d'un ton inquiet.
La jeune fille hocha la tête mais son irritation reprit de plus belle quand elle constata que tout le monde la fixait avec un air soucieux. Elle s'apprêtait à leur faire remarquer que non, ce n'était pas elle qui s'était fait effacer la mémoire par l'une de leurs camarades, mais qu'il s'agissait bien de sa soeur Andrea, lorsqu'elle croisa le regard de James. Il la fixait sans pour autant avoir l'air anxieux des personnes qui les entouraient et il murmura silencieusement un « vas-y » que Juliet comprit au moment où ses yeux noisette tombèrent sur le sac de la jeune fille. La Carte des Maraudeurs.
Juliet bondit alors sur ses pieds et couru presque dans les escaliers s'enfermer dans les toilettes de Mimi Geignarde et sortir la carte de James de son sac. Elle allait pouvoir enfin retrouver Cameron et avoir une petite discussion à propos de sa soeur Maisie.
