Assise à même le sol en se massant la cheville, la douleur que Juliet ressentait lui fit monter les larmes aux yeux. Cela faisait maintenant plusieurs jours que ça durait. Cette fois, on l'avait poussée dans les escaliers. Même après coup, elle entendait toujours ces maudits gloussements qui résonnaient dans sa tête. Les gloussements qui la suivaient partout à chaque fois qu'elle le se trouvait seule. Et les Poufsouffle de septième année en profitaient en la croisant.

Au pied des escaliers du quatrième étage, Juliet aurait du se douter que cette partie du château était moins fréquentée et qu'elle aurait du s'y attendre. Cependant, elle avait souvent la tête ailleurs et ses pas la conduisaient machinalement sans faire attention où elle allait. Ses nombreuses expéditions nocturnes lui avaient permis de se déplacer aisément et sans plus se perdre comme durant sa première année à Poudlard. Pourtant, elle aurait du vérifier ses arrières.

Soudain, au bout de cinq bonnes minutes à frictionner sa cheville en souffrant toujours autant, une main secourable à laquelle elle ne s'attendait pas du tout lui apparut devant ses yeux. C'était Victoria Finnigan, sa camarade de dortoir avec qui elle était plus ou moins restée en froid depuis qu'elle lui avait hurlé dessus en début d'année.

— Je t'emmène à l'infirmerie.

Sans rien ajouter, Juliet accepta la main qu'elle lui tendait et Victoria l'aida à se remettre debout. Malheureusement, Juliet n'arrivait pas à poser son pied gauche parterre sans ressentir une douleur atroce. Elle grimaça tandis que sa camarade l'aidait à la soutenir et lentement, mais sûrement, elles se dirigèrent vers l'infirmerie située un étage en dessous. Le bras passé autour des épaules de Victoria, cette dernière soutenait une grande partie de son poids mais c'était hélas insuffisant pour qu'elle ressente une vive souffrance à chaque fois qu'elle sautillait à cloche-pied.

Une affaire de quelques minutes plus tard sans s'être adressées la parole, Victoria poussa la porte de l'infirmerie et Mrs Pomfresh débarqua aussitôt en voyant les deux filles. Quand elle eut reconnu Juliet, elle ne put s'empêcher de soupirer. Juliet marmonna quelques mots, lui disant vaguement qu'elle était tombée dans les escaliers sans se soucier de ce que l'infirmière de l'école en pensait. Avec l'aide de Victoria, elle l'aida à s'installer sur le lit le plus proche. Quand Mrs Pomfresh s'affaira à aller chercher sa crème spéciale, Juliet s'autorisa un regard vers sa cheville. Elle avait légèrement enflé. « Ouch », fit—elle.

— J'espère que ce sera la dernière fois que ça t'arrive, lui confia alors Victoria d'un ton accusateur en s'installant sur la chaise d'à côté. Tu ne vas rien dire à personne sur ce qu'ils te font subir ? Tu vas continuer à te laisser faire ?

Juliet se retourna brusquement vers sa camarade, surprise qu'elle soit au courant. Victoria désigna du menton Mrs Pomfresh qui revenait, un tube bleu pâle dans la main, signe qu'elle s'expliquerait après qu'elles soient parties. Victoria Finnigan croisa les jambes, décontractée en regardant autour d'elle tandis que l'infirmière posait l'onguent avec ses doigts frais. Juliet eut un mouvement de recul, même ce contact léger lui avait fait un mal de chien. Mrs Pomfresh leva les yeux au ciel, irritée par la sensibilité de sa patiente, et elle lui maintint la jambe avec une force surprenante.

— C'est juste une foulure, miss, soupira-t-elle. Dans une heure, vous serez déjà repartie !
— Mais ça fait mal, protesta Juliet en grimaçant à nouveau.

Mrs Pomfresh l'ignora et continua de lui malaxer la cheville avec une sorte de crème bleutée jusqu'à ce qu'elle estime son travail terminé. Finalement, elle se releva et retourna voir l'un de ses patients qui était entouré par les rideaux à quelques mètres de là. De l'endroit où elles étaient situées, Juliet et Victoria pouvaient entendre clairement les gémissements de la personne dissimulée. Juliet se demanda vaguement de qui il s'agissait et de ce qu'il s'était passé avant qu'elle ne soit rappelée à l'ordre par sa camarade de dortoir.

— On t'a vue hier, avec Kenny, quand ils t'ont bousculée dans les armures... avoua Victoria d'un air sombre. Je pensais que tu allais te défendre mais... ça n'est jamais arrivé.
— Et je suis censée faire quoi, seule, contre cinq septième années ? répliqua Juliet, piquée à vif. Tu sais aussi bien que moi à quel point j'ai du mal à tenir debout face à une personne en duel alors cinq, tu imagines un peu ?

Victoria pinça les lèvres, hésitante à dire ce qu'elle avait en tête.

— Tu pourrais essayer, ça leur montrerait que tu ne te laisses pas faire et que tu n'es pas… faible. Et puis, Lloyd t'aide, n'est-ce-pas ?
— Comment tu sais ça ?
— Je sais tout sur tout le monde, tu te rappelles ? répondit Victoria, penaude. Ça faisait une semaine qu'on ne te voyait plus avec Rose et Albus alors Kenny et moi avons mené notre enquête et il s'est avéré que tu étais avec le fils Lloyd à chaque fois.

Juliet ouvrit la bouche, surprise. Et maintenant, elle se faisait espionner par ses camarades de maison ? Elle réalisa avec fatalité qu'elle ne serait jamais tranquille dans cette école, en particulier dans sa relation avec Cameron. Heureusement, Juliet le félicitait intérieurement de penser à tout à chaque fois qu'ils se voyaient et que la salle dans laquelle ils s'entraînaient était insonorisée.

— Écoute, Juliet, poursuivit Victoria après un moment de silence. Je sais que tu n'apprécies pas le fait qu'on se mêle de tes affaires, mais je te promets que c'est fini. Quand j'arrive dans le dortoir et que Rose et toi vous mettez à me regarder comme si j'avais la Dragoncelle, ça me rend malade. Et aussi... on sait que tu es accusée à tord de la rupture entre Potter et Collins, ce n'est pas sur lui que tu as des vues...
— Et comment je suis censée savoir que vous êtes sincères tous les deux ? la coupa Juliet, rougissante face à la déclaration de Victoria.
— Personne ne sait que Lloyd te donne des cours particuliers. Alors tu as le champ libre si tu veux sortir secrètement avec lui. Promis.

Interdite, Juliet fixait Victoria sans rien dire. Elle lui paraissait honnête, en tout cas. Et Victoria avait l'air de s'en vouloir pour cette histoire de rumeurs du début d'année. Puis sa dernière phrase lui revint en mémoire, lui apportant une nouvelle fois des joues roses de confusion.

En y réfléchissant, Juliet se fichait bien que leur relation soit secrète ou non, elle n'en avait rien à faire, tant que Cameron était là. Même dans le cas où Victoria avait raconté à qui voulait l'entendre qu'elle était dingue de lui, elle n'aurait pas réussi à lui en vouloir. D'ailleurs, peut-être que le fait que tout Poudlard soit au courant l'aurait réveillée une bonne fois pour toute pour avouer à Cameron ce qu'elle ressentait. Pourtant, elle n'en avait pas le courage, et ça la déprimait.

— Je ne comprends pas pourquoi tu te laisses faire avec ces trolls des montagnes, fit Victoria en remarquant que Juliet était de nouveau dans les nuages.
— Je ne sais pas... admit Juliet en haussant les épaules. Je crois que je me sens coupable quand même.
— T'es pas sérieuse, si ? s'étonna Victoria en se redressant sur sa chaise. Rien n'allait plus entre eux, ce n'est pas parce que t'as fait un tour dans le dortoir de James que c'est de ta faute. C'était limite si elle piquait une crise parce que Pince fixait Potter une seconde de trop…
— Ouais, je sais, admit Juliet, déconfite.
— Ou sinon, tu demandes à ton petit ami de te débarrasser d'eux ! proposa Victoria avec un petit sourire. Il le fera gratuitement pour toi !

Juliet la fusilla du regard avant d'attraper l'oreiller contre lequel elle était appuyée et l'envoya avec force sur sa camarade qui eut à peine le temps de se protéger de ses mains. Victoria poussa un petit cri de surprise, ce qui alerta immédiatement Mrs Pomfresh, qui sortit de derrière les rideaux de son patient. Victoria prit rapidement l'oreiller dans ses bras, l'air de rien. La vieille infirmière les dévisagea un instant, l'air revêche, avant de retourner voir le malade. Quand Juliet se retourna vers Victoria, elles éclatèrent toutes les deux de rire.

La tension du dortoir des filles allait enfin s'évaporer.


L'après-midi suivant sa chute dans les escaliers, Juliet fut plus prudente que jamais. Elle ne savait toujours pas quelle attitude adopter face aux Poufsouffle et elle devait s'avouer un peu apeurée face à la manière si simple et basique dont ils se servaient pour l'atteindre. Elle se refusait à aller les dénoncer à un professeur, quelque chose l'en empêchait, sûrement sa fierté qui lui jouait très souvent des tours. Certes elle faisait quelques progrès avec Cameron, mais ce n'était pas encore suffisant pour qu'elle ait l'assurance de se défendre aussi bien que ses propres camarades. Elle en était encore très loin.

Rêvassant la bonne partie de la journée, elle ne fit même pas attention qu'elle suivait Rose machinalement jusqu'à leur salle de métamorphose.

— Tiens, tu t'es souvenue que j'existais ? s'étonna Rose, un léger reproche dans la voix. Si je ne savais pas que tu passais tout ton temps libre avec Cameron, je pourrais croire que tu es en train de m'éviter, tu sais. Je ne t'ai pas vue du weekend. — Non, qu'est-ce-que tu racontes... dit platement Juliet en se cachant à moitié derrière ses cheveux.
— On travaille notre devoir d'histoire, après le cours ? proposa Rose en entrant dans la salle de cours.
— Euh... je rejoins Cameron, répondit Juliet d'une petite voix. Mais on peut faire ça après mon entraînement, ce soir ?
— D'accord ! conclut son amie avec un grand sourire.

Puis, elle croisa le regard de Aaron Lloyd une fois installée aux côtés de sa meilleure amie. Son sang se glaça dans ses veines en voyant qu'il ne la quittait pas des yeux, se contentant de la dévisager avec scepticisme et méfiance. Juliet prit peur : avait-elle fait quelque chose de répréhensible entre le dernier cours qu'ils avaient eu ensemble et aujourd'hui ? Non, elle avait arrêté de se mêler de ses projets en se focalisant sur son travail, ses cours particuliers avec Cameron et ses entraînements de Quidditch. Elle n'avait rien à se reprocher.

— Arrête, murmura Rose dont l'inquiétude perçait à travers la voix.

Lorsque Rose lui tira sa manche, Juliet reprit lentement ses esprits en se tournant vers elle. Ses grands yeux bleus exprimaient étrangement la détermination mélangée à l'angoisse.

— Ne t'attire pas plus d'ennuis avec lui.

Juliet acquiesça gravement, n'osant pas lever les yeux vers son professeur de peur de s'attirer ses foudres. Dans le silence, les deux filles attendirent patiemment que le cours ne commence pour avoir autre chose à penser que cette histoire de plans et de listes appartenant au professeur qui leur faisait cours actuellement. Lloyd allait fermer la porte quand Albus s'engouffra à l'intérieur au dernier moment, marmonnant des excuses à son professeur avant de s'empresser d'aller s'asseoir à côté d'un de leurs camarades de Gryffondor. Puis il se retourna discrètement, leur adressant un sourire rassurant.

— Tu sais où il était ? demanda Juliet en se penchant vers Rose.
— Aucune idée, répondit-elle en haussant les épaules. Je vais finir par croire que je fais fuir tout le monde.
— Weasley, Hardy ! s'exclama Lloyd du devant de la salle. Je vous retire cinq points chacune pour vos bavardages incessants.

Interdites, les deux Gryffondor n'osèrent même pas se regarder, de peur qu'il prenne ça pour une attaque.

— Aujourd'hui, je vais vous rendre vos devoirs sans plus attendre, reprit Lloyd en affichant un sourire éclatant face à la classe de Serpentard et de Gryffondor. Je dois vous avouer que certains d'entre vous m'ont surpris. Vraiment surpris. Bien, commençons. Mr Malefoy, c'était correct...

Juliet s'autorisa à reprendre sa respiration. Elle était tellement à cran dans son cours qu'elle angoissait même en passant devant la salle. Une fois qu'elle était à l'intérieur, c'était différent : elle était mortifiée à l'idée que son professeur soit de plus mauvaise humeur que la fois précédente et cela avait pour effet la malheureuse conséquence de ne pas pouvoir se concentrer sur les sorts qu'elle devait exécuter, trop occupée à imaginer comment éviter l'acharnement que Aaron Lloyd avait contre elle. Depuis qu'elle savait qu'il n'était pas très clair, ce n'était plus seulement le fait de faire perdre des points à sa maison qui l'épouvantait, c'était aussi et surtout le fait de ne pas savoir ce dont il était capable.

— Miss Weasley, remarqua Aaron Lloyd quelques minutes plus tard en lui tendant son parchemin. Je n'ai pas très bien compris votre opinion sur les métamorphoses partielles permanentes, mais bien dans l'ensemble. Juliet Hardy...

La sixième année ne bougea pas d'un pouce et n'osa même pas le regarder.

— Une aide extérieure, peut-être ?

Le professeur posa son parchemin devant elle sans attendre de réponse et passa au rang de devant. Un Effort Exceptionnel. Juliet n'avait pas eu une note aussi élevée depuis sa troisième année dans cette matière. Elle n'en croyait pas ses yeux. Le « E » rouge inscrit dans le coin supérieur de son parchemin lui fit presque oublier qui lui avait accordé.

Waouh, s'extasia Rose en jetant un coup d'œil au devoir de son amie.

Voilà qui expliquaient les raisons de l'attitude suspicieuse de leur professeur. Cependant, Juliet ne put s'empêcher de ressentir un très grand sentiment d'injustice : elle s'était énormément donnée de mal avec ce fichu devoir et y avait passé des heures. Cameron l'avait bien sûr aidée à lui corriger quelques fautes, mais lui-même avait été agréablement surpris de ne pas en trouver autant, justement.

— Nous arrivons en décembre, leur informa Aaron Lloyd une fois qu'il eut fait lévité une correction du devoir à chaque élève. Donc je trouverais assez logique que chacun d'entre vous soit capable de reproduire chaque sortilège étudié en classe de façon informulée. Dans une semaine, vous aurez un examen pratique, mais ne vous inquiétez pas, cela ne devrait pas poser de problème à la plupart d'entre vous.

Les doigts de Juliet se crispèrent sur sa plume mais elle mit tous ses efforts pour paraître la plus sereine et confiante possible. Si elle avait levé les yeux vers lui, il se serait rendu compte de la colère dans laquelle elle se trouvait et Juliet n'avait aucune envie de lui donner cette satisfaction. Pour se distraire, elle pensa à la soirée avec Rose qu'elle allait passer dans quelques heures, elles qui n'avaient pas passé de temps ensemble depuis longtemps.

Le reste du cours se déroula lentement, notamment à cause du fait que le professeur de métamorphose ponctuait ses explications de piques à son attention. S'il pensait qu'elle serait incapable de lancer des informulés, il se trompait : elle allait tout faire pour réussir, même si cela signifiait ne plus dormir ni même travailler ses autres matières. Au bout d'une heure, elle salua rapidement Rose, puis se dirigea d'un bon pas vers la bibliothèque où Cameron et elle avaient prévu de se rejoindre. Et après une telle journée remplie de confrontations, Juliet ne s'avouait pas totalement à quel point c'était l'occasion de souffler, même s'il s'agissait de travailler.

— Regarde ça.

Juliet plaqua son parchemin sur lequel un « E » était inscrit, brillant et triomphant. Cameron releva le nez de son propre devoir de potion qu'il était en train de rédiger et eut un petit sourire en coin.

— Il aurait pu mettre un Optimal si tu veux mon avis, précisa le Serpentard tandis que Juliet se laissait lourdement tomber sur la chaise d'à côté.
— Et ce n'est pas tout, soupira Juliet, abattue, il faut que je maîtrise les informulés pour la semaine prochaine.

Amusé, le Serpentard lui décocha le fameux regard « tu sais ce qui t'attends » et Juliet sourit à la perspective de passer à nouveau de longues heures à ses côtés. Pour dissimuler le fait que ces soirées de dur labeur lui faisait plus plaisir qu'autre chose, elle se détourna vers les rayons situés à sa droite. Dans le coin, ils étaient seuls et ce n'était pas pour déplaire à Juliet : depuis qu'elle avait parlé à Victoria le matin-même, elle avait fait plus attention au monde autour d'elle et la Gryffondor devait admettre que les gens se posaient des questions à son sujet. Ils la reluquaient comme si elle avait été atteinte d'une maladie trop contagieuse pour qu'on puisse l'approcher.

Quand Juliet se retourna face à son parchemin encore vierge, elle remarqua que la main de Cameron était suspendue au dessus de son devoir et que sa plume ne grattait plus frénétiquement le parchemin comme il avait l'habitude de le faire. Intriguée par ce qui l'avait interrompu – Cameron n'était pas du genre à se laisser distraire par des mouvements extérieurs, Juliet remarqua une jeune femme blonde qui déambulait près des étagères consacrées aux créatures magiques de classification X. Elle avait l'air complètement perdue. Et à la réflexion, Juliet ne l'avait jamais vue à Poudlard.

— Tu la connais ?
— Non, répondit simplement Cameron, les yeux plissés.

Juliet arqua un sourcil. Si elle, la fille amicale qui avait jusqu'à maintenant entretenu des liens cordiaux avec presque tout le monde à Poudlard, et lui qui en connaissait un rayon grâce à ses activités dans l'ombre, ne la connaissaient pas, c'était que la jeune femme n'avait très probablement jamais mis les pieds ici auparavant.

— Il n'y a qu'une façon de savoir qui elle est.

Juliet se leva et s'avança d'un pas rapide en direction de l'inconnue. A peine arrivée à sa hauteur, la blonde se retourna vers elle, interrogative. La jeune femme était grande et élancée et avait certainement une petite vingtaine d'années. Elle ne portait pas d'uniforme scolaire comme eux tous, mais une robe de sorcier bordée de fine dentelle. C'était si fin que Juliet resta un instant bloquée dessus : jamais elle n'avait vu pareils détails chez les vêtements sorciers, ni en Angleterre, ni en France, ni en Europe tout court.

— Vous avez besoin d'aide ? proposa enfin Juliet avec un petit sourire.
— Euh oui, je recherche des informations sur les montagnes d'Ecosse, hésita-t-elle avec un fort accent.

Une américaine. La Gryffondor n'aurait su déterminer de quelle région elle venait mais il était certain maintenant qu'elle n'était pas anglaise, et donc n'avait aucune raison d'être ici.

— C'est par là-bas, désigna Juliet en lui indiquant l'étage surplombant la partie inférieure de la bibliothèque. Excusez-moi, mais qui êtes vous ?

La jeune femme fronça les sourcils devant la curiosité non dissimulée de Juliet. Cependant, elle ne le prit pas mal et sourit largement avant de lui répondre.

— Je suis Rebecca Morris, l'assistante de Mr Rusard, se présenta-t-elle.
— Donc vous êtes la nouvelle concierge ? en conclut Juliet, alarmée tout à coup.
— Presque, je suis chargée de l'aider à temps partiel, répondit l'américaine d'un ton patient. Le professeur Flitwick a accepté que je puise dans les ressources de sa bibliothèque pour terminer ma thèse en échange de ce poste. Je viens de rencontrer Argus, il n'est pas facile, ajouta-t-elle, espiègle.
— Bonne chance alors, s'empressa de répondre Juliet.

La Gryffondor la salua prestement, peu désireuse d'avoir à faire à une adulte qui pourrait être la cause de retenues futures. Rebecca avait l'air d'être très sympathique mais elle serait certainement plus athlétique que son collègue, et ça, ce n'était pas bon du tout pour ses escapades nocturnes. Elle revint donc vers Cameron, qui suivait toujours la nouvelle arrivée du regard jusqu'à ce qu'elle ne disparaisse.

— Alors ? insista Cameron en se retournant vers elle.
— C'est l'assistante de Rusard, dit simplement Juliet avant de s'intéresser de nouveau à son parchemin. Il doit se faire trop vieux pour s'occuper seul du château.

Le silence s'imposa alors entre la Gryffondor et le Serpentard, chacun se remettant à son devoir respectif. Juliet, concentrée sur sa tâche, évitait de jeter des coups d'œil du côté de son voisin. Malgré le comportement troublant de Aaron et Maisie Lloyd qui auraient du l'inquiéter, des envies irrépressibles comme prendre la main de Cameron posée sur la table ou simplement le toucher la taraudait à chaque instant. C'était mal, mais elle n'arrivait pas à s'extirper ses pensées parasites de sa tête.

Les minutes s'écoulèrent pendant lesquelles la plume de Cameron grattait sans discontinuer sur son parchemin tandis que Juliet passait la moitié de son temps à vérifier une information dans l'un des trois énormes ouvrages. C'était long et fastidieux, mais si elle arrivait à avoir une aussi bonne note que pour son devoir de métamorphose, elle aurait gagné. Et maintenant, elle était persuadée d'en être capable.

Quand Cameron et elle quittèrent la bibliothèque une heure avant l'entraînement de Quidditch de la Gryffondor, elle avait terminé son devoir. Et fière d'elle, elle n'aurait pas à culpabiliser lorsqu'elle se retrouverait sur son balai à apprécier le vent dans ses cheveux et ayant pour seul objectif d'envoyer le Souaffle dans l'un des anneaux.

— Je dois y aller, lui annonça Cameron une fois dans le couloir, l'air pressé.

Juliet fronça les sourcils. Le Serpentard avait toujours besoin d'être quelque part et il cherchait très souvent des excuses pour s'éclipser à la fin de leurs cours particuliers. S'il n'y avait pas eu de drôles d'événements à l'école, elle aurait pensé que c'était dans sa nature et qu'il avait besoin de se retrouver souvent seul. Pourtant, elle n'y croyait pas. Une petite part d'elle continuait à penser que Cameron ne lui disait pas tout.

— Où vas-tu ? lui demanda-t-elle d'un ton plus agressif qu'elle ne l'aurait voulu.

Cameron eut un mouvement de recul en jaugeant l'attitude de Juliet.

— Tu aimes beaucoup disparaître, poursuivit la Gryffondor face à son absence de réponse.
— Et ?
— Tu ne veux rien me dire ?
— Es-tu réellement en train de me demander ce que je fais ? la questionna Cameron, sur la défensive. Je ne vois pas pourquoi je te ferais un compte rendu de mes activités, Hardy.

Juliet se figea, prise au dépourvu. Cameron la fixait, impassible, et Juliet regretta aussitôt d'avoir abordé le sujet avec lui. Elle se mit à tripoter nerveusement la hanse de son sac.

— Je… hésita-t-elle en devenant rouge. Je pensais qu'on était… Que tu me faisais confiance… Un peu.

Sa réponse parut mettre mal à l'aise Cameron qui la dévisageait comme s'il la rencontrait pour la première fois.

— Je vais juste à mon cours d'astronomie, lui dit enfin Cameron après avoir cligné des yeux. On se voit demain pour les informulés.

Juliet acquiesça lentement, prête à aller diner, même si son estomac paraissait se tortiller dans tous les sens. Puis elle les entendit. Ces voix. Ces gloussements qui étaient parvenus à la traumatiser dès qu'elle les entendait. Alors elle se retourna vers le Serpentard qui partait en sens inverse. Il lui avait dit qu'il avait un cours d'astronomie mais les paroles de Victoria firent mouche dans son esprit et bien qu'elle s'en sente cruellement mauvaise de l'utiliser à ces fins, elle savait qu'avec lui, les Poufsouffle n'oseraient pas l'approcher.

— Attends, Cameron !

Le Serpentard s'arrêta en entendant la voix aux accents paniqués de Juliet. Lorsqu'il fut de retour à ses côtés, Juliet se mit à triturer un pli de sa jupe, angoissée à l'idée de revoir les cinq Poufsouffle qui seraient dans le même couloir quelques secondes plus tard. Cameron, surpris, l'interrogeait du regard.

— Je... j'ai... balbutia-t-elle sans avoir aucune idée de ce qu'elle pouvait lui dire pour le retenir.

Tandis qu'il la fixait sans comprendre, le groupe de Poufsouffle de septième année passa à leur niveau en se parlant à voix basse. Juliet aurait juré être le sujet de leurs messes basses en surprenant leurs regards fuyants. Les yeux de Cameron firent l'aller-retour entre le teint cramoisi de Juliet et les cinq élèves de son année qui suivaient Audrey Collins habituellement.

— Tu as peur d'eux ? demanda Cameron, presque ahuri. Ils sont aussi bêtes que des lutins de Cornouailles...
— Non, pas du tout ! s'empressa-t-elle de répondre. Je te laisse, tu vas être en retard.

Rouge de honte, Juliet s'empressa de quitter ce couloir maudit avant de s'embarrasser un peu plus. Elle se sentait déjà assez mal à l'aise d'avoir recours à Cameron pour éviter une énième confrontation, mais ce fut bien pire quand elle réalisa qu'elle espérait que les Poufsouffle croient que Cameron et elle étaient suffisamment proches pour écoper des représailles du Serpentard. Juliet dévala une nouvelle volée d'escaliers, en proie aux tourments : elle se trouvait bien égoïste. Elle pouvait dire ce qu'elle voulait de sa sœur Andrea, elle-même ne valait pas mieux.

A deux mètres de la Grande Salle, Juliet se constitua un visage serein et entra seule dans le brouhaha perpétuel que constituaient normalement les repas à Poudlard. D'ordinaire, Juliet adorait l'atmosphère bon enfant qui régnait autour des quatre tables, on bavardait de façon insouciante autour des excellents mets préparés par les elfes, on retrouvait les gens qui n'étaient pas dans la même classe, et c'était aussi l'occasion de se distraire en observant les autres. Sauf qu'aujourd'hui, Juliet n'était absolument pas d'humeur et si elle n'avait pas sa séance d'entraînement juste après, elle aurait volontiers attendu Cameron pour qu'ils mangent ensemble aux cuisines.

Son regard balaya la table des Gryffondor pour remarquer que ni Rose ni Albus n'étaient ici. A la place, elle avisa James, assis seul au bout de la table, un coude sur la table et n'ayant pas l'air d'être au diner pour manger. Juliet ne l'avait pas vu depuis leur dernière séance de Quidditch la semaine précédente, et c'était déjà une chose. Ils n'avaient pas eu une conversation à proprement parler depuis le jour où elle l'avait rejoint dans les vestiaires. Depuis, lui et Collins avaient rompu et Juliet avait appris par Macmillan qu'il était inapprochable.

— Tu devrais avaler quelque chose, lui conseilla Juliet en s'asseyant en face de lui.

James leva le visage vers elle, la dévisagea pendant deux secondes, puis reprit son air vague et écrasa ses frites à l'aide de sa fourchette sans mot dire.

— J'ai eu un Effort Exceptionnel en métamorphose aujourd'hui, lui annonça Juliet en s'enhardissant. C'est génial, tu ne trouves pas ? Surtout avec ce prof...

Prenant une petite moue préoccupée, Juliet attendit une quelconque réaction de la part de son ami avant de se servir une assiette de haricots et de quelques toasts. Évidemment, elle ne dit pas à James que c'était grâce à Cameron, ces deux garçons se détestaient cordialement, elle en avait fait les frais. Inquiète à propos du mutisme de James, elle jeta un coup d'œil à la table des Poufsouffle où elle ne trouva pas Collins ni ses amis. En reportant son attention sur James, elle se rendit compte qu'elle ne savait pas quoi lui dire pour le consoler de sa rupture avec Audrey. Absolument rien.

— James, dit-elle d'un ton grave en posant sa fourchette. Ne plus parler à personne n'est pas la bonne solution si tu veux mon avis...
— Ton avis est bien la première chose dont je me passerais volontiers, Juliet.

Un lourd silence s'imposa alors. Seul le bruit des conversations et le tintement des couverts contre les assiettes parvint aux oreilles de Juliet. Elle n'arrivait pas à croire que James avait prononcé cette phrase avec tant de froideur et de colère. Même son regard habituellement malicieux paraissait dédaigneux. Ce fut comme si elle était rentrée dans un fantôme par inadvertance.

— Qu'est-ce-que…
— Arrête, la coupa James en se levant soudainement. Je n'ai pas envie d'entendre ta compassion ou tes bons sentiments, compris ? Tu es la dernière personne que j'ai envie de voir là maintenant, alors laisse-moi tranquille.

James lui lança un dernier regard neutre avant de sortir de la Grande Salle sous les regards intrigués d'une bonne demi-douzaine de Gryffondor qui avaient entendu leur conversation. Juliet, la bouche entrouverte, le suivit du regard jusqu'à ce qu'il ne passe les portes sans leur accorder un regard.

— Quoi ? Vous voulez une retenue ? Profitez-en, je suis généreux ce soir.

Albus s'assit brutalement en face de Juliet, prenant la place de son frère, défiant du regard tout camarade qui oserait les regarder d'un peu trop près. Juliet aurait pu être choquée par l'attitude agressive d'Albus, qui d'habitude restait constamment dans l'ombre sans vouloir se faire remarquer, mais les propos de James qui lui avaient fait l'effet d'un poignard en plein cœur étaient bien trop douloureux et choquants qu'elle n'aurait même pas eu l'idée de le lui faire remarquer.

Pourquoi James s'était montré si mauvais à son encontre ? Elle le savait pertinemment. Ces histoires de dortoir avaient finalement pris le pas sur la confiance qu'ils avaient établis entre eux et maintenant, il la prenait pour responsable de ce qui s'était passé entre Collins et lui. En faisant face à cette réalité, Juliet se retrouva d'autant plus blessée qu'elle ne l'était déjà. Elle qui croyait qu'ils étaient sur la même longueur d'onde et que James n'accorderait pas d'attention aux potins qu'on entendait souvent centrés sur eux, elle s'était trompée, encore une fois.

Un goût horriblement amer en bouche, Juliet regarda son assiette même pas touchée avec dégoût. Il serait impossible de manger ce soir.

— L'autre jour, il a sorti à Lily « qu'en tant que sale vipère, elle n'avait pas son mot à dire », cita Albus avec un sourire rassurant. Quoiqu'il t'ait dit, il ne le pensait probablement pas.
— Oh si, il le pensait. Ne cherche pas à le défendre, Al.
— Collins l'a mis dans tous ces états, poursuivit Albus.
— Ce n'est pas une raison pour se montrer aussi odieux, gronda Juliet. Qu'il me traite comme ça aujourd'hui... Je m'inquiète pour lui, je lui propose mon aide et tu vois comment il me remercie ? Je t'en prie, Al, je sais que tu n'aimes pas être pris entre deux partis, mais ne cherche pas à le défendre, au moins pour ce soir. Il a été purement et simplement...
— Con, acheva Albus, las.
— J'aurais dit cruellement mauvais, mais ta version me convient aussi.

Encore retournée, Juliet se fit la promesse que cette fois, elle ne lui pardonnerait pas aussi facilement.

— En plus, tu étais le premier à ne pas le supporter, continua Juliet, accusatrice.
— Hé, je ne sais pas ce qu'il t'a dit, mais quoiqu'il en soit, il n'a pas changé tant que ça depuis qu'on est entrés à Poudlard. Je l'admets, on était un peu en désaccord au début...
— Quel doux euphémisme, remarqua Juliet d'un air sombre.
— On est d'accord, ça été la guerre pendant longtemps, accorda Albus en levant les yeux au ciel. Mais James a toujours fait ce qu'il voulait et quand il a envie d'être blessant avec quelqu'un, il n'y va pas par quatre chemins. T'as juste été aveuglée par lui.
— Quoi ?
— Bah oui, il s'est toujours donné le rôle du grand-frère protecteur envers toi. Et tu t'es contentée de le suivre comme un Croup à son maître.

Juliet ouvrit la bouche pour répliquer, sans qu'aucun son n'en sorte. Elle n'était pas une vulgaire suiveuse, par Merlin !

— Tu es en train de me comparer à un animal de compagnie ?
— Les Croups sont coriaces, ajouta Albus en guise de défense. N'avoue pas le contraire, ça fait cinq ans que tu suis ton modèle, tout le monde le sait. Le Quidditch, vos petites sorties, ta notoriété... c'est James qui t'a entraîné dans son monde. Et là, il te lâche.

Albus vit avec inquiétude le visage de Juliet se décomposer. Seulement quelques places les séparaient du reste des Gryffondor mais les conversations ni les regards qu'on leur jetait de temps à autre ne les atteignaient.

— Rose a raison, tu devrais arrêter d'analyser les autres, annonça alors Juliet d'un ton froid. Tu devrais te demander pourquoi tu te mets tant de barrières. Tu es triste, comme personne.

Albus plaqua son lourd ouvrage de potions à côté de son assiette, l'air profondément agacé. Le choc contre la table alerta les élèves qui mangeaient à quelques mètres d'eux.

— Eh bien au moins, j'ai ma propre personnalité et je n'ai eu besoin de personne pour être quelqu'un. Tu vas faire comment l'année prochaine quand James ne sera plus là ?

Juliet se leva soudainement, sa fourchette toujours en main. Albus la défiait du regard, l'air déterminé.

— Des fois tu ferais mieux de ne rien dire. Je n'ai pas besoin de lui ni de personne pour être qui je suis.

Albus haussa un sourcil, visiblement peu convaincu par les propos de la jeune fille. De son côté, Juliet en avait assez entendu : elle ramassa son sac dans un geste rageur et quitta la Grande Salle sous certains regards condescendants que lui jetaient certains élèves. Elle sortit rapidement dans le parc et arriva même en avance sur le terrain de Quidditch où elle attendit avec impatience de pouvoir monter sur son balai et oublier ses soucis du moment.


Ce soir là, la séance de Quidditch ne la détendit pas ; elle eut même l'effet inverse. James ne s'était pas présenté sur le terrain et l'entraînement s'en ressentait. Les simulations de match se révélèrent désastreuses, ce qui ne fit qu'accroître le profond agacement qu'elle ressentait depuis son semblant de diner. Juliet n'avait cessé de hurler sur sa partenaire Emma Ellis parce que leurs stratégies ne se déroulaient pas comme prévu et elle ne pouvait pas admettre que cela était du à l'absence de James. Auparavant, il leur était arrivé de jouer l'un sans l'autre et Juliet s'était toujours montrée exceptionnellement douée. Toujours, sauf ce soir.

— Ecoute-moi, Emma ! s'exclamait Juliet une énième fois en une demie-heure. Je t'ai dit quoi tout à l'heure, hein ? Tu attends que j'arrive dans le troisième secteur avant de m'envoyer ce foutu Souaffle !
— Si James était là, on pourrait l'exécuter normalement ! répliqua Emma en volant jusqu'à elle, l'air revêche. Tu me demandes l'impossible, je me fais coincer dans tous les cas ! On a besoin de quelqu'un…
— Il n'est-pas-indispensable ! la coupa Juliet en haussant un peu plus la voix. Je suis meilleure que lui, tu le sais ! Alors maintenant, TU FAIS CE QUE JE DIS !
— ARRÊTE DE ME HURLER DESSUS !

Un long coup de sifflet retentit. Les deux Poursuiveuses tournèrent la tête vers les anneaux où on distinguait clairement Troy Macmillan faire un geste à Juliet. Le jeu s'était également arrêté pour les autres joueurs qui étaient tous tournés vers les filles qui se disputaient. A contrecoeur, Juliet lança un peu trop fort le Souaffle à Emma qui chancela en l'attrapant au dernier moment, puis elle empoigna férocement le manche de son balai et rejoignit le Capitaine des Gryffondor. La mâchoire étroitement serrée, il n'avait jamais paru aussi énervé, comme s'il était sur le point d'exploser.

— Quitte ce terrain immédiatement, je préfère ça à être sur le point de te suspendre, lui dit enfin Troy Macmillan d'un ton empreint de colère sous-jacente. En ce moment, je suis en train de considérer ma recommandation pour le titre de capitaine l'année prochaine. Si tu n'es pas capable mettre tes soucis personnels de côté et respecter ta propre équipe, tu n'as rien à faire sur un terrain de Quidditch et encore moins à la tête des Gryffondor.
— Je…
— Tais-toi, je t'ai assez entendue pour aujourd'hui.

La voix de Macmillan avait claqué dans l'air et Juliet mit plusieurs secondes avant de réagir. Quand enfin le jeune homme vola jusqu'à l'équipe qui se trouvait au milieu du terrain, elle se réveilla et fonça en piqué pour atterrir le plus rapidement possible. Elle se sentait tellement en colère qu'elle ressentait le besoin de frapper dans quelque chose et de balancer son balai contre le sol. La seule chose qui l'empêchait de fracasser son balai était le fait qu'elle y avait mis toutes ses économies, jusqu'aux dernières Noises. Elle atterrit trop brusquement, ce qui lui valut une légère douleur à sa cheville encore fragile.

Fulminante, Juliet regarda un moment les joueurs de son équipe voler dans les airs avant de se détourner. Le Quidditch, elle n'avait plus envie d'en entendre parler de la journée. Puis elle repensa à Rose qui l'attendait après son entraînement pour qu'elles puissent travailler ensemble. Pourtant Juliet ne la rejoindrait pas : il était hors de question qu'elle se mette une énième personne à dos aujourd'hui.